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 Livre des Juges 1, 29-39a

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Thy Kingdom come
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MessageSujet: Livre des Juges 1, 29-39a   Jeu 22 Aoû 2013, 10:47

Bonjour,

Aujourd'hui le texte du jour est tiré du livre des Juges et j'ai beaucoup de mal à en comprendre le sens, ou du moins comment Dieu a pu permettre cela... J'aimerais donc connaitre votre réflexion ?

Voici ce passage :

Livre des Juges 1, 29-39a

Citation :
Jephté était un vaillant guerrier. L'esprit du Seigneur s'empara de lui, et il traversa les pays de Galaad et Manassé, et Mispa de Galaad. De là il passa la frontière des Ammonites.
Jephté fit alors ce vœu au Seigneur : « Si tu livres les Ammonites entre mes mains, la première personne qui sortira de ma maison pour venir à ma rencontre quand je reviendrai victorieux appartiendra au Seigneur, et je l'offrirai en sacrifice d'holocauste. »
Jephté passa chez les Ammonites pour les attaquer, et le Seigneur les livra entre ses mains. Il les battit depuis Aroër jusqu'à proximité de Minnith et jusqu'à Abel-Keramim, soit le territoire de vingt villes. Ce fut une très grande défaite, et les Ammonites durent se soumettre aux Israélites.

Lorsque Jephté revint à Mispa, comme il arrivait à sa maison, voici que sa fille sortit à sa rencontre en dansant au son des tambourins. C'était son unique enfant ; en dehors d'elle, il n'avait ni fils ni fille.
Dès qu'il l'aperçut, il déchira ses vêtements et s'écria : « Hélas, ma fille, tu m'accables ! C'est toi qui fais mon malheur ! J'ai parlé trop vite devant le Seigneur, et je ne peux pas reprendre ma parole. »
Elle lui répondit : « Mon père, tu as parlé trop vite devant le Seigneur, traite-moi donc selon ta parole, puisque maintenant le Seigneur t'a vengé de tes ennemis, les Ammonites. »
Et elle ajouta : « Je ne te demande qu'une chose : laisse-moi un répit de deux mois. J'irai me cacher dans la montagne avec mes amies, pour pleurer le malheur de mourir sans avoir connu le mariage. »
Il lui dit : « Va », et il la laissa partir pour deux mois. Elle s'en alla donc, elle et ses amies, dans la montagne, et elle pleura son malheur.
Les deux mois écoulés, elle revint vers son père, et il accomplit sur elle le vœu qu'il avait prononcé.
D'aucun prétendront que ce passage rappelle l'épisode du sacrifice (qui n'a jamais eu lieu) de Isaac par son père Abraham. Ou encore, par anticipation, celui du Christ.

Mais si je ne me trompe ce n'est pas Dieu qui a tué son fils, Il a juste permis sa mort pour notre salut, car Il savait qu'Il allait le ressusciter.

Comment un Père peut-il tuer sa fille (ou son fils) unique en prétendant que cela est pour Dieu et comment Dieu peut il agréer cela ? (Si Dieu ne l'avait pas agréé cela ne figurerait pas dans la Bible il me semble ?)

Si un père aujourd'hui tuait son fils unique (les faits divers d'infanticides sont nombreux aujourd'hui) il serait jugé à la fois par les hommes et par Dieu qui a bien dit dès la Loi de Moîse "tu ne tueras pas".

Comment comprendre dès lors ce passage du livre des Juges ? Peut on qualifier ce père d'infanticide ? Peut on croire que Dieu a bien agréé cet holocauste ? Et si Dieu est immuable comment peut Il approuver un tel meurtre à cette époque et ne plus le permettre aujourd'hui (et heureusement !!).

Aujourd'hui on pourrait dire que ce passage fait penser à des parents qui offrent leur enfant par exemple à Dieu à travers la vie religieuse, il s'agit d'une mort quelque part, cet enfant ne connaitra jamais le mariage comme cette jeune fille vu qu'il s'offre à Dieu (de sa propre volonté généralement). Mais la comparaison est un peu difficile à avaler vous ne trouvez pas ? On oublie que cette jeune fille a vraiment été coupé en pièces par son père...

Merci d'éclairer ma lanterne Smile

Il faut reconnaitre que si un non croyant lit ce genre de texte il aura du mal à comprendre l'amour de Dieu...

_________________
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Livre des Juges 1, 29-39a   Jeu 22 Aoû 2013, 13:05

C'était la mentalité de l'époque d'offrir en sacrifice des animaux ou des personnes auxquelles on tenait le plus.

Sur le serment que Jephté fait, on peut dire que c'est un enseignement sur le serment fait à Dieu dont Jésus parle:

Matthieu 5, 33-37 a écrit:
"Vous avez encore entendu qu'il a été dit aux ancêtres : Tu ne te parjureras pas, mais tu t'acquitteras envers le Seigneur de tes serments. Eh bien ! moi je vous dis de ne pas jurer du tout : ni par le Ciel, car c'est le trône de Dieu ; ni par la Terre, car c'est l'escabeau de ses pieds ; ni par Jérusalem, car c'est la Ville du grand Roi. Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux en rendre un seul cheveu blanc ou noir. Que votre langage soit : Oui ? Oui, Non ? Non : ce qu'on dit de plus vient du Mauvais."
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Mister be



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MessageSujet: Re: Livre des Juges 1, 29-39a   Jeu 22 Aoû 2013, 13:10

Il faut d'abord voir ce que représente le vœu pour un juif
But des voeux : se rapprocher de l'Eternel
Que disent les lois sur les vœux
Mt 5
Vous avez encore appris qu'il a été dit aux anciens: Tu ne te parjureras point, mais tu t'acquitteras envers le Seigneur de ce que tu as déclaré par serment.
5.34
Mais moi, je vous dis de ne jurer aucunement, ni par le ciel, parce que c'est le trône de Dieu;
5.35
ni par la terre, parce que c'est son marchepied; ni par Jérusalem, parce que c'est la ville du grand roi.
 
une parole avec une offrande = contrat
offrande = sacrifice
: La, loi n'oblige personne à faire un voeu. Un voeu prononcé doit être respecté
Ne pas respecter un voeu c'est casser une relation de confiance
Traité Haguiga, page 10a:
Michnah : [Les lois de] l'annulation des voeux flottent dans l'air et n'ont pas sur quoi s'appuyer.
Cette phrase laconique fait référence à un pan entier de la loi juive. Lorsqu'une personne majeure prononce un voeu, qu'il s'agisse d'accomplir telle ou telle action, ou inversement de s'imposer une restriction, elle doit se conformer à sa décision. Toutefois la personne peut par la suite s'adresser à un tribunal rabbinique et celui-ci est habilité à délier la personne de son voeu. Le principe est le suivant : le tribunal constate qu'un événement imprévu s'est produit conduisant la personne à regretter le voeu qu'elle a prononcé. L'engagement ayant été pris sans tenir compte de la survenue ultérieure de l'événement, le tribunal à la fois constate et décide que cet engagement est nul et non avenu. En fait la décision n'en était pas une, ce n'était qu'une pseudo-décision, de sorte qu'elle est annulée rétroactivement par le tribunal.
La Michnah observe cependant que le texte de la Torah ne mentionne nulle part explicitement la possibilité d'annuler un voeu. Il s'agit donc d'une loi appartenant uniquement à la tradition orale, à la torah chebealpe , et cela, dans son principe même, ce qui est une anomalie. Habituellement le principe des lois est énoncé dans le texte écrit, leurs modalités d'application étant confiées à la tradition orale. Il est toutefois aisé de rendre compte de cette anomalie car elle ne fait que refléter l'anomalie constituée par la notion même d'annulation des voeux. Comment peut-on justifier que celui qui prend un engagement trouve par la suite un prétexte pour ne pas le remplir ? L'homme est un être libre, doué de raison et de volonté, maître de ses engagements qu'il se doit de respecter. Il doit se conformer aux décisions qu'il a lui-même prises. Telle est la règle, et il est normal que la Torah ne mentionne pas explicitement une législation qui ouvre la possibilité d'y déroger. Une telle législation doit rester confiée à l'enseignement oral.

 
Au nom du conseil d'en haut
et au nom du conseil d'en bas,
avec le consentement
de l'Omniprésent — loué soit-Il —
et avec le consentement
de cette sainte congrégation,
nous déclarons
qu'il est permis de prier avec les transgresseurs
Kol Nidre
Tous les vœux que nous pourrions faire
depuis ce jour de Kippour
jusqu'à celui de l'année prochaine
(autre version : depuis le jour de Kippour passé
à ce jour de Kippour)
(qu'il nous soit propice),
toute interdiction ou sentence d'anathème
que nous prononcerions contre nous-mêmes,
toute privation ou renonciation que,
par simple parole, par vœu ou par serment
nous pourrions nous imposer,
nous les rétractons d'avance ;
qu'ils soient tous déclarés non valides,
annulés, dissous, nuls et non avenus ;
qu'ils n'aient ni force ni valeur ;
que nos vœux ne soient pas regardés comme vœux,
ni nos serments comme serments1
 
Conclusion
Et il sera pardonné
à toute la communauté des enfants d'Israël
et à l'étranger qui séjourne parmi eux ;
car l'erreur a été commune à tout le peuple2
 
 
Kol Nidre (judéo-araméen: כָּל נִדְרֵי « Tous les vœux ») est une prière d’annulation publique des vœux. Déclamée trois fois en présence de trois notables à la synagogue, elle ouvre l’office du soir de Yom Kippour et a, pour beaucoup, fini par le désigner.
Elle n'en est pas moins restée, du fait de sa mélodie, l'une des pièces les plus populaires de la liturgie juive et a fait l'objet de maintes adaptations.
 
http://www.youtube.com/watch?v=AFxv_gI70ZU
Aujourd'hui Parasha 42 : MATTOT tribus Nombre 30:1- à 32:42 Jér 1:1 à 2:3 Matthieu 5:33-37 + Parasha 43 Maassei (départ-étape) Nb 33:1 - 36:13 Jérémie 2:4-28 Jacques : 4:1-12
Un responsable peut annuler un voeu pour protéger les jeunes qui disent des voeux à la légère
l' expérience des parents est importante et fait autorité en matière de foi(Transmission et selon la parole d’exode 20,11
יא כַּבֵּד אֶת-אָבִיךָ, וְאֶת-אִמֶּךָ--לְמַעַן, יַאֲרִכוּן יָמֶיךָ, עַל הָאֲדָמָה, אֲשֶׁר-יְהוָה אֱלֹהֶיךָ נֹתֵן לָךְ.  {ס} 11 (5)"Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent sur la terre que l'Éternel ton Dieu t'accordera.
e :
 
Ephésiens 5:22
 
5.22
Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur;
 
Matthieu 5:33-35
 
Vous avez encore appris qu'il a été dit aux anciens: Tu ne te parjureras point, mais tu t'acquitteras envers le Seigneur de ce que tu as déclaré par serment.
5.34
Mais moi, je vous dis de ne jurer aucunement, ni par le ciel, parce que c'est le trône de Dieu;
5.35
ni par la terre, parce que c'est son marchepied; ni par Jérusalem, parce que c'est la ville du grand roi.
 
 
On peut jurer de rien !
On s’engage par l’unique sacrifice de yéshoua donc ce n’est pas anodin lorsqu’on jure
Lo yahel devaro ::il ne profanera pas sa parole
Les règles relatives aux vœux sont spécifiquement(Nbre 30,2) communiquées aux chefs des tribus des Fils d’Israël
Cet interdit est spécifique à Israël.
A priori, cela semble évident :
la Torah tout entière développe une législation applicable à Israël et non aux nations !
Le midrash pourrait faire penser que le verset met en garde contre tout manquement à la Parole donnée, à un engagement pris qu’elle qu’en soit la nature.
Si c’est le cas toutes les nations sont concernées. Comment une société pourrait-elle tenir si la parole n’a aucune valeur ?
Il serait impossible de vivre en paix, tant serait grande la défiance entre les membres d’une telle société. S’il est précisé que seuls les fils d’Israêl sont concernés par l’interdit, c’est que nous ne trouvons pas dans ce « droit commun  des nations» mais une dimension particulière, exclusive à Israël.
Les nations dans leur ensemble doivent respecter la parole donnée en tant qu’elle est une valeur fondamentale de notre société.
Ce verset pointe autre chose :il pèse sur Israël une contrainte supplémentaire par rapport aux nations au plan de la parole et de son utilisation
Une contrainte qui ne peut être comprise  qu’en reliant à l’impératif général spécifique  à Israël,celui de la sainteté.
La parole doit être sainte comme en (Lév 19,2)
19.2
Parle à toute l'assemblée des enfants d'Israël, et tu leur diras: Soyez saints, car je suis saint, moi, l'Éternel, votre Dieu.
 
Lorsqu’elle faillit, elle devient « houllin »(profane)
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Abenader



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MessageSujet: Re: Livre des Juges 1, 29-39a   Jeu 22 Aoû 2013, 15:40

C'est une question bien difficile que vous posez là.

Simon et Be ont donné quelques éléments de réponse, qu'il serait bon de completer.

L'opinion commune de la Tradition est celle qu'a formulée saint Jérôme et que saint Thomas d'Aquin a consignée dans la Somme: in vovendo fuit stultus, et in reddendo impius (Il fut insensé en promettant, et cruel en l'exécutant; S. T. IIa IIae, qu. 88, a. 2, ad 2).

Jephté n'avait pas le droit de faire un tel voeu à Dieu, et prétendre imiter le geste d'Abraham. Vu que ce voeu était contraire à la Loi, il aurait pu le faire commuer. Mais il n'osa pas, par exemple, aller chez le Grand-Prêtre pour le faire commuer, et commit ce crime horrible. Il avait un tel respect de la parole donnée, et une telle crainte de paraître offenser Dieu qui lui avait fait gagner la bataille après son vœu, qu'il préféra marcher sur son cœur et immoler sa fille plutôt que de reprendre sa promesse. Saint Augustin dit qu'il commit une erreur, mais cette erreur eut un certain mérite de foi religieuse, car ce fut la crainte de Dieu qui lui fit accomplir sa promesse. Jephté espérait que Dieu retiendrait sa main comme il le fit pour Abraham, mais il était résolu à aller jusqu'au bout si telle était la Volonté divine. Or ce fut le cas, il reconnut la volonté de Dieu en voyant sa fille s'avancer vers lui.

L'exemple de Jephté nous enseigne que nous devons être prêts à tout sacrifier plutôt qu'à manquer de parole à Dieu qui nous a exaucés.

Sur un plan allégorique, l'immolation de cette jeune fille est une figure de celle de Jésus-Christ. Dieu le Père a fait vœu d’immoler son Fils unique pour racheter le genre humain comme il l'avais promis à Adam, et cette divine Victime, comme la fille de Jephté, accepte la volonté de Son Père et devient l'Agneau immolé pour le rachat des hommes.

A noter enfin que saint Paul range Jephté parmi les Saints (Hébreux, 11, 32).
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Mister be



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MessageSujet: Re: Livre des Juges 1, 29-39a   Ven 23 Aoû 2013, 11:44

Abenader a écrit:
C'est une question bien difficile que vous posez là.

Simon et Be ont donné quelques éléments de réponse, qu'il serait bon de completer.

L'opinion commune de la Tradition est celle qu'a formulée saint Jérôme et que saint Thomas d'Aquin a consignée dans la Somme: in vovendo fuit stultus, et in reddendo impius (Il fut insensé en promettant, et cruel en l'exécutant; S. T. IIa IIae, qu. 88, a. 2, ad 2).

Jephté n'avait pas le droit de faire un tel voeu à Dieu, et prétendre imiter le geste d'Abraham. Vu que ce voeu était contraire à la Loi, il aurait pu le faire commuer. Mais il n'osa pas, par exemple, aller chez le Grand-Prêtre pour le faire commuer, et commit ce crime horrible. Il avait un tel respect de la parole donnée, et une telle crainte de paraître offenser Dieu qui lui avait fait gagner la bataille après son vœu, qu'il préféra marcher sur son cœur et immoler sa fille plutôt que de reprendre sa promesse. Saint Augustin dit qu'il commit une erreur, mais cette erreur eut un certain mérite de foi religieuse, car ce fut la crainte de Dieu qui lui fit accomplir sa promesse. Jephté espérait que Dieu retiendrait sa main comme il le fit pour Abraham, mais il était résolu à aller jusqu'au bout si telle était la Volonté divine. Or ce fut le cas, il reconnut la volonté de Dieu en voyant sa fille s'avancer vers lui.

L'exemple de Jephté nous enseigne que nous devons être prêts à tout sacrifier plutôt qu'à manquer de parole à Dieu qui nous a exaucés.

Sur un plan allégorique, l'immolation de cette jeune fille est une figure de celle de Jésus-Christ. Dieu le Père a fait vœu d’immoler son Fils unique pour racheter le genre humain comme il l'avais promis à Adam, et cette divine Victime, comme la fille de Jephté, accepte la volonté de Son Père et devient l'Agneau immolé pour le rachat des hommes.

A noter enfin que saint Paul range Jephté parmi les Saints (Hébreux, 11, 32).
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Livre des Juges 1, 29-39a   Ven 23 Aoû 2013, 12:09

Philippe B. a écrit:
Bonjour,

Aujourd'hui le texte du jour est tiré du livre des Juges et j'ai beaucoup de mal à en comprendre le sens, ou du moins comment Dieu a pu permettre cela... J'aimerais donc connaitre votre réflexion ?

Voici ce passage :

Livre des Juges 1, 29-39a

Citation :
Jephté était un vaillant guerrier. L'esprit du Seigneur s'empara de lui, et il traversa les pays de Galaad et Manassé, et Mispa de Galaad. De là il passa la frontière des Ammonites.
Jephté fit alors ce vœu au Seigneur : « Si tu livres les Ammonites entre mes mains, la première personne qui sortira de ma maison pour venir à ma rencontre quand je reviendrai victorieux appartiendra au Seigneur, et je l'offrirai en sacrifice d'holocauste. »
Jephté passa chez les Ammonites pour les attaquer, et le Seigneur les livra entre ses mains. Il les battit depuis Aroër jusqu'à proximité de Minnith et jusqu'à Abel-Keramim, soit le territoire de vingt villes. Ce fut une très grande défaite, et les Ammonites durent se soumettre aux Israélites.

Lorsque Jephté revint à Mispa, comme il arrivait à sa maison, voici que sa fille sortit à sa rencontre en dansant au son des tambourins. C'était son unique enfant ; en dehors d'elle, il n'avait ni fils ni fille.
Dès qu'il l'aperçut, il déchira ses vêtements et s'écria : « Hélas, ma fille, tu m'accables ! C'est toi qui fais mon malheur ! J'ai parlé trop vite devant le Seigneur, et je ne peux pas reprendre ma parole. »
Elle lui répondit : « Mon père, tu as parlé trop vite devant le Seigneur, traite-moi donc selon ta parole, puisque maintenant le Seigneur t'a vengé de tes ennemis, les Ammonites. »
Et elle ajouta : « Je ne te demande qu'une chose : laisse-moi un répit de deux mois. J'irai me cacher dans la montagne avec mes amies, pour pleurer le malheur de mourir sans avoir connu le mariage. »
Il lui dit : « Va », et il la laissa partir pour deux mois. Elle s'en alla donc, elle et ses amies, dans la montagne, et elle pleura son malheur.
Les deux mois écoulés, elle revint vers son père, et il accomplit sur elle le vœu qu'il avait prononcé.
D'aucun prétendront que ce passage rappelle l'épisode du sacrifice (qui n'a jamais eu lieu) de Isaac par son père Abraham. Ou encore, par anticipation, celui du Christ.

Mais si je ne me trompe ce n'est pas Dieu qui a tué son fils, Il a juste permis sa mort pour notre salut, car Il savait qu'Il allait le ressusciter.

Comment un Père peut-il tuer sa fille (ou son fils) unique en prétendant que cela est pour Dieu et comment Dieu peut il agréer cela ? (Si Dieu ne l'avait pas agréé cela ne figurerait pas dans la Bible il me semble ?)

Si un père aujourd'hui tuait son fils unique (les faits divers d'infanticides sont nombreux aujourd'hui) il serait jugé à la fois par les hommes et par Dieu qui a bien dit dès la Loi de Moîse "tu ne tueras pas".

Comment comprendre dès lors ce passage du livre des Juges ? Peut on qualifier ce père d'infanticide ? Peut on croire que Dieu a bien agréé cet holocauste ? Et si Dieu est immuable comment peut Il approuver un tel meurtre à cette époque et ne plus le permettre aujourd'hui (et heureusement !!).

Aujourd'hui on pourrait dire que ce passage fait penser à des parents qui offrent leur enfant par exemple à Dieu à travers la vie religieuse, il s'agit d'une mort quelque part, cet enfant ne connaitra jamais le mariage comme cette jeune fille vu qu'il s'offre à Dieu (de sa propre volonté généralement). Mais la comparaison est un peu difficile à avaler vous ne trouvez pas ? On oublie que cette jeune fille a vraiment été coupé en pièces par son père...

Merci d'éclairer ma lanterne Smile

Il faut reconnaitre que si un non croyant lit ce genre de texte il aura du mal à comprendre l'amour de Dieu...
Rien qu'au plan historique, ce passage est passionnant : Il montre pourquoi, au néolithique, partout dans le monde, sont apparus les sacrifices humains. C'était juste pour faire le plus beau cadeau de reconnaissance au Dieu mystérieux et terrible qu'ils ne connaissaient pas.

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MessageSujet: Re: Livre des Juges 1, 29-39a   Ven 23 Aoû 2013, 14:26

Tout faux Arnaud.

D'abord, il ne s'agit pas du néolithique, mais de la période des Juges. L'écriture y était connue depuis belle lurette.

Ensuite, les sacrifices humains étaient déjà pratiqués depuis bien longtemps, et Dieu et les Hébreux les avaient en horreur.

Enfin, le Dieu mystérieux et terrible était bien connu, des Egyptiens d'abord, et des habitants de la Palestine ensuite. Quant aux Hébreux, Il s'adressait régulièrement à eux, dans le Tabernacle.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Livre des Juges 1, 29-39a   Ven 23 Aoû 2013, 15:19

Cher Abenader, je ne vous dis pas que le livre des juges est du néolithique. C'est un livre de l'âge du bronze.

Je vous dis qu'il manifeste ce qu'y s'est passé au néolithique, c'est à dire très exactement quand les peuples sont passés du nomadisme (époque de Moïse) à la sédentarité, avec toutes les misères qu'ont apportées les débuts de l'agriculture pas au point.

Sur cette époque terrible, une video :




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MessageSujet: Re: Livre des Juges 1, 29-39a   Ven 23 Aoû 2013, 15:43

Au Proche-Orient, le néolithique prend fin vers 3300 avant Jésus Christ et l'époque des Juges semble se situer vers 1150 à 1130 avant JC.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Livre des Juges 1, 29-39a   Ven 23 Aoû 2013, 15:47

Simon1976 a écrit:
Au Proche-Orient, le néolithique prend fin vers 3300 avant Jésus Christ et l'époque des Juges semble se situer vers 1150 à 1130 avant JC.
Mais le néolithique commence vers 700 ap. JC dans certaines civilisations d'Amérique du Sud alors que, en Amérique du Nord, ils sont au paléolithique à l'époque de l'arrivée des européens.

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Arnaud
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