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 Plus près du ciel

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Chrysostome



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MessageSujet: Plus près du ciel   Mer 08 Mai 2013, 21:26

Plus près du ciel

Giotto peint l'Ascension


Rome, 8 mai 2013 (Zenit.org) Rodolfo Papa | 63 clics

L’Ascension du Christ est un des événements de la vie de Jésus que l’histoire de l’art a toujours aimé représenter. Il existe en effet de très belles représentations artistiques de ce mystère, dont une, particulièrement jolie, se trouve dans la chapelle des Scrovegni à Padoue, peinte par Giotto.

Giotto avait été sollicité pour réaliser les décors de la nouvelle chapelle, érigée sur ce qui était autrefois un amphithéâtre romain et que la famille Scrovegni avait acheté vers l’an 1300.

Giotto reçut la charge de peindre la Chapelle entre 1303-1304, directement d’Enrico Scrovegni, fils du célèbre Reginaldo, usurier, évoqué par Dante Alighieri dans le chant XVII de son Enfer. Le fait que Dante ait mis Reginaldo parmi les usuriers, permet d’imaginer la réputation de cet homme et les richesses qu’il avait accumulées, mais aussi la probable impopularité de la famille Scrovegni.

Il est possible qu’Enrico, en érigeant cette Chapelle et l’ouvrant à la visite de tous les citoyens, après l’avoir faite entièrement décorer par Giotto, et après avoir obtenu l’indulgence du pape Benoît XI, ait voulu racheter la mauvaise réputation de sa famille.

Les fresques réalisées par Giotto s’étendent sur quatre zones superposées. Le peintre a utilisé un programme complexe et rigoureux de peinture, à partir de sujets tirés de la Légende Dorée du dominicain Jacques de Voragine (ou Jacopo de Varazze) : le premier registre, en haut, illustre l’Histoire de Joachim et Anne et l’Histoire de Marie; les deuxième et troisième, c’est à dire dans la bande centrale, les Histoires de Jésus; la partie inférieure, les représentations allégoriques des Vices et des Vertus séparées par des glaces en faux marbres ; sur la contre-façade le Jugement Dernier.

Le dernier panneau du troisième registre, en partant du haut, dans la partie gauche par rapport au visiteur qui entre dans la Chapelle, présente la scène de l’Ascension de Jésus au ciel. Pour bien comprendre cette peinture, il est utile de recourir au précieux texte de Jacques de Voragine, qui en est la base.

Au chapitre LXXII de la Legenda Aurea, Jacques de Voragine écrit : « Notre Seigneur monta au ciel quarante jours après sa résurrection. Il y a sept considérations à établir par rapport à l’Ascension : 1° le lieu où elle se fit ; 2° pourquoi J.-C. n'a pas monté au ciel de suite après sa résurrection, mais pourquoi il a attendu quarante jours ; 3° de quelle manière il monta; 4° avec qui il monta; 5° à quel titre il monta ; 6° où il monta ; 7° pourquoi il monta. ».

Les liens entre la peinture de Giotto et le texte de la Légende Dorée nous font par ailleurs comprendre l’intérêt que la culture portait à l’art et l’importance qu’il y ait concordance entre le texte et l’image pour permettre au prêcheur et à l’auditoire de se comprendre, à travers des images parlantes et édifiantes.

Giotto organise la fresque de cette scène de manière apparemment simple, mais en parfaite cohérence avec les près profondes analyses théologiques qui apparaissent dans le texte littéraire.

En bas, les apôtres sont peints à genoux, divisés en deux groupes, avec Marie un peu séparée du groupe de gauche, qui apparaît dans toute sa splendeur, le visage priant et captivée par ce qu’un ange est en train de lui dire, en lui indiquant Jésus qui, comme sur un nuage, les bras levés, sort fresque du champ de vision.

Giotto ne construit pas les plans des sphères célestes, comme on pourrait s’attendre dans une composition gothique, mais se limite à nous faire comprendre que l’endroit vers lequel Jésus est en train de monter est au-delà de la dimension du tableau, en dehors. En effet, Jacques de Voragine écrit : « Jésus-Christ monta au-dessus de ces cieux jusqu'au ciel supersubstantiel. Le Psaume porte qu'il monta au-dessus de tous les cieux matériels quand il dit (Ps 8, 2) : « Seigneur, votre magnificence a été élevée au-dessus des cieux. ».

Giotto peint jésus en train de monter au ciel, entre deux files d’anges, une à sa droite et l’autre à sa gauche; ces anges ont l’air de trépider, dans un mouvement à la fois ordonné et ondulatoire, dont les paroles de Jacques de Voragine font écho: « Il monta au ciel avec joie, au milieu des concerts des anges ; Le Psaume dit (Ps 46, 6) : « Dieu est monté au milieu des cris de joie. ».

Au-dessus des deux premières rangées d’anges, on observe d’autres figures, que nous pouvons identifier grâce aux écrits de Jacques de Voragine Jacopo concernant le point quatre, soit « Avec qui a-t-il monté? Il faut savoir qu'il monta avec un grand butin d'hommes et une grande multitude d'anges ».

Mais où monte-t-il et pourquoi? Ce lieu vers lequel il s’élève, qui est en dehors du cadre visuel est le centre de toute la peinture, est le lieu de l’art de Giotto, est le cœur de notre foi. Jacques de Voragine écrit: « car de même que le premier Adam a ouvert les portes de l’enfer, de même le second a ouvert les portes du paradis […] L'Ascension de Jésus-Christ est le gage de notre élévation, d'autant que là où la gloire du chef a précédé, le corps espère y parvenir […] « Je vais vous préparer une place » (Jn 14,2)».

Une homélie de Benoît XVI, en 2009, le jour de l’Ascension, accompagne merveilleusement ce contexte : « L'Ascension du Christ signifie donc, en premier lieu, l'établissement du Fils de l'homme crucifié et ressuscité dans la royauté de Dieu sur le monde. […] Il existe cependant un sens plus profond, qui n'est pas immédiatement perceptible. Dans la page des Actes des apôtres, il est tout d'abord dit que Jésus fut "élevé" (cf. v. 9), et il est ensuite ajouté qu'"il a été assumé" (cf. v. 11). L'événement est décrit non pas comme un voyage vers le haut, mais plutôt comme une action de la puissance de Dieu, qui introduit Jésus dans l'espace de la proximité divine.

La présence de la nuée qui le fit "disparaître à leurs yeux" (v. 9), rappelle une très ancienne image de la théologie vétérotestamenaire, et inscrit le récit de l'ascension dans l'histoire de Dieu avec Israël, de la nuée du Sinaï et au-dessus de la tente de l'alliance du désert, jusqu'à la nuée lumineuse sur le Mont de la Transfiguration. Présenter le Seigneur enveloppé dans la nuée évoque en définitive le même mystère exprimé par le symbolisme de "s'asseoir à la droite de Dieu".

Dans le Christ élevé au ciel, l'être humain est entré de manière inouïe et nouvelle dans l'intimité de Dieu; l'homme trouve désormais pour toujours place en Dieu. Le "ciel", ce mot ciel, n'indique pas un lieu au dessus des étoiles, mais quelque chose de beaucoup plus fort et sublime: il indique le Christ lui-même, la Personne divine qui accueille pleinement et pour toujours l'humanité, Celui en qui Dieu et l'homme sont pour toujours inséparablement unis. L'être de l'homme en Dieu, tel est le ciel. Et nous nous approchons du ciel, ou mieux nous entrons au ciel, dans la mesure ou nous nous approchons de Jésus et entrons en communion avec Lui. Aujourd'hui, la solennité de l'Ascension nous invite donc à une communion profonde avec Jésus mort et ressuscité, présent de manière invisible dans la vie de chacun de nous. » [1].

Traduction d'Océane Le Gall

NOTE

[1] Benoît XVI, Homélie. Solennité de l’Ascension du Seigneur, 24 mai 2009.

( 8 mai 2013) © Innovative Media Inc.

http://www.zenit.org/fr/articles/plus-pres-du-ciel
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Plus près du ciel   Mer 08 Mai 2013, 21:26

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Espérance
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MessageSujet: Re: Plus près du ciel   Jeu 09 Mai 2013, 15:02

Ascension du Seigneur (Homélie à l'Abbaye de Tamié)


Le temps de Pâques qui se terminera le jour de Pentecôte est un temps liturgique qui essaye de nous habituer au temps de Dieu. Ce temps de Dieu qui vient à nous, le temps du Royaume, n'entre pas dans le cadre de nos calendriers. Il échappe à nos prises mais il insère dans notre temps historique une présence, celle d'un vivant, le Christ ressuscité. Chaque eucharistie nous permet d'entrer dans ce temps de Dieu et de communier à cette présence. Voilà pourquoi la liturgie ne parle pas de jours après Pâques mais de l'unique jour de Pâques, un jour qui est au-delà de la durée. Le temps entre Pâques et Pentecôte est vécu comme un seul jour, celui de la présence de Jésus ressuscité à son Église.

Aussi est-ce avec grande discrétion que les Évangiles évoquent l'Ascension car elle ne met pas fin à cette présence de Jésus, bien au contraire, elle l'inaugure. Si nous regardons de près chacun des évangiles, que remarquons-nous ? Celui selon saint Jean se termine par la rencontre de Jésus au bord du lac de Tibériade en Galilée avec la pêche miraculeuse et un repas de quelques pains et quelques poissons, allusion eucharistique semblable à celle de la multiplication des pains. Après la triple question de Jésus à Pierre: m'aimes‑ tu ? Jésus lui dit par deux fois : Suis-moi ! La veille de sa mort, Jésus lui avait déclaré : Là où je vais tu ne peux me suivre maintenant, mais tu me suivras plus tard. Pierre avait alors affirmé devant tous : Pourquoi ne puis-je te suivre à l'instant ? Je donnerai ma vie pour toi ! (Jn 13, 36-37) Et Jésus lui avait annoncé son triple reniement. Maintenant, après sa triple confession d'amour, Jésus lui demande de le suivre. L'évangile s'achève sur cette scène d'une très grande présence et cette injonction : Suis-moi.

Saint Matthieu, au chapitre 28, nous situe également en Galilée mais sur la montagne : Quant aux onze disciples, ils se rendirent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Jésus leur dit : Allez donc : de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit... Et moi je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin des temps. Aucune mention du départ de Jésus mais bien plutôt celle de sa présence tous les jours jusqu'à la fin des temps.

Saint Marc nous parle de la résurrection comme d'un jour unique à Jérusalem. Ressuscité le matin du premier jour de la semaine, Jésus apparut d'abord à Marie de Magdala... Après cela, il se manifesta sous un autre aspect à deux d'entre eux qui faisaient route pour se rendre à la campagne. Et ceux-ci revinrent l'annoncer aux autres... Ensuite il se manifesta aux onze alors qu'ils étaient à table... Et il leur dit : Allez par le monde entier... Après leur avoir parlé, le Seigneur Jésus fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils partirent prêcher partout : le Seigneur agissait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l'accompagnaient. (Mc 16, 9-20) L'allusion à l'Ascension reste discrète : on ne voit pas Jésus s'élever de terre. L'expression Jésus enlevé au ciel et assis à la droite de Dieu, fait penser à la vision qu'aura Étienne durant son procès : Tout rempli de l'Esprit Saint, Étienne fixa son regard vers le ciel il vit alors la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. « Ah ! dit-il, je vois le ciel ouvert et le fils de l'homme assis à la droite de Dieu. » (Ac 7, 55-56) Les derniers mots de Marc réaffirment, eux aussi, la présence de Jésus accompagnant les disciples dans leur mission.

Enfin chez saint Luc le jour de Pâques est un jour qui ne finit pas. Il y a les apparitions du matin, celle du soir aux disciples d'Emmaüs et leur retour à Jérusalem auprès des onze. Jésus apparaît alors et leur explique longuement dans les Écritures tout ce qui le concernait. C'est l'évangile que nous venons d'entendre. Puis il les emmena jusque vers Béthanie et levant les yeux, il les bénit. Or, comme il les bénissait, il se sépara d'eux et fut emporté au ciel. Eux, après s'être prosternés devant lui, retournèrent à Jérusalem pleins de joie, et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu. (24, 50-53) Luc veut simplement affirmer que l'exaltation de Jésus est inséparable de sa résurrection. Tout ce dernier chapitre insiste sur le nouveau mode de présence de Jésus ressuscité avec les siens dans l'Écriture et le repas partagé qui nous oriente vers l'Eucharistie.

Nulle part dans les évangiles il n'est fait mention de 40 jours. Cette précision figure dans les Actes des Apôtres. Ce fut la première lecture de cette messe : pendant 40 jours Jésus était apparu aux disciples et leur avait parlé du Royaume de Dieu... Après ces paroles, ils le virent s'élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée... (Ac 1, 3 et 9) Jésus transfiguré fut ainsi enveloppé d'une nuée.

Pour saisir le sens de ces 40 jours il faut se rappeler l'Exode qui décrit la naissance du peuple élu, figure de l’Église. La marche de 40 ans dans le désert fut une période d'épreuve mais surtout une expérience de foi en la présence de Dieu au milieu de son peuple. Le prophète Osée y verra comme les fiançailles du peuple avec son Dieu en préparation à l'Alliance du Sinaï qui représente les noces.

Après son baptême, Jésus a voulu vivre symboliquement ce cheminement par 40 jours de tentation au désert au cours desquels il approfondit dans son humanité l'expérience de sa relation unique avec le Père. Au terme de ce temps de foi et d'épreuve, son premier signe fut celui accompli aux noces de Cana où Jésus manifesta sa gloire en annonçant le vin de l'Alliance nouvelle en son sang.

Or, voici que l'histoire de l'Église débute elle aussi par 40 jours durant lesquels Jésus ressuscité habitue les disciples à vivre de sa présence mystérieuse et à ne pas craindre les épreuves qui les attendent. S'ils sont invités à retourner en Galilée c'est pour relire, à la lumière de la résurrection, tout ce qu'ils ont vécu avec Jésus. Le récit de l'apparition au bord du lac avec la pêche miraculeuse et l'invitation adressée à Pierre : Suis-moi ! renvoie explicitement au premier appel de Jésus adressé à Pierre et aux fils de Zébédée.

Ainsi, frères et soeurs, cette fête de l'Ascension, loin d'être celle du départ de Jésus est bien plutôt celle de sa présence mystérieuse auprès des siens : présence différente de celle de sa vie terrestre, mais présence tout aussi réelle grâce au don de son Esprit. Cette présence se manifeste dans l'Écriture, dans le partage du pain eucharistique, dans les sacrements et la communauté des croyants. Oui, Jésus ressuscité est présent au milieu de nous, c'est lui qui nous parle ce matin dans l'Écriture, c'est lui qui se donne en nourriture dans cette Eucharistie, c'est lui qui nous rassemble en Église. Et à chacun de nous il adresse son appel : Suis-moi !

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Julie



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MessageSujet: Re: Plus près du ciel   Jeu 09 Mai 2013, 15:07

Simon1976 a écrit:

Magnifique Simon I love you
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Plus près du ciel   Jeu 09 Mai 2013, 15:12

Commentaire du jour
Bienheureux John Henry Newman (1801-1890), théologien, fondateur de l'Oratoire en Angleterre
Sermon « The Spiritual Presence of Christ in the Church », PPS, t. 6, n°10

« Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde »

Le retour du Christ à son Père est à la fois source de peine, parce qu'il implique son absence, et source de joie, parce qu'il implique sa présence. De la doctrine de sa Résurrection et de son Ascension jaillissent ces paradoxes chrétiens souvent mentionnés dans l'Écriture : nous sommes dans l'affliction, mais sans cesser de nous réjouir, « comme n'ayant rien et possédant tout » (2Co 6,10).

Telle est en effet notre condition présente : nous avons perdu le Christ et nous l'avons trouvé ; nous ne le voyons pas et pourtant nous le discernons. Nous étreignons ses pieds (Mt 28,9), mais il nous dit : « Ne me retiens pas » (Jn 20,17). Comment cela ? C'est que nous avons perdu la perception sensible et consciente de sa personne ; nous ne pouvons pas le regarder, l'entendre, parler avec lui, le suivre de lieu en lieu ; mais nous jouissons spirituellement, immatériellement, intérieurement, mentalement et réellement de sa vue et de sa possession : une possession plus réelle et présente que celle dont les apôtres jouissaient aux jours de sa chair, justement parce qu'elle est spirituelle, justement parce qu'elle est invisible.

Nous savons que dans ce monde plus un objet est proche de nous, moins nous pouvons le percevoir et le comprendre. Le Christ est venu si près de nous dans l'Église chrétienne, si je puis dire, que nous ne pouvons pas le fixer du regard ou le distinguer. Il entre en nous, et prend possession de l'héritage qu'il s'est acquis. Il ne se présente pas à nous, mais il nous prend avec lui. Il fait de nous ses membres... Nous ne le voyons pas ; nous ne connaissons sa présence que par la foi, parce qu'il est au-dessus de nous et en nous. Ainsi, nous sommes dans la peine, parce qu'inconscients de sa présence..., et nous nous réjouissons parce que nous savons que nous le possédons : « Sans le voir, vous l'aimez ; sans le voir encore vous croyez en lui ; et vous tressaillez d'une joie inexprimable qui vous transfigure, car vous allez obtenir votre salut, l'aboutissement de votre foi » (1P 1,8-9).
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Plus près du ciel   Jeu 09 Mai 2013, 15:15

Ascension du Seigneur, solennité


Solennité de l'Ascension de Notre Seigneur

Extraits de l’Homélie du Bx Jean-Paul II
(Rome, 24 mai 1979)

Chers fils et frères et amis en Jésus-Christ,


A l'occasion de cette fête de l'Ascension le Pape est heureux d'offrir le saint Sacrifice Eucharistique avec vous et pour vous. [...]


Avec joie et animés de nouvelles résolutions pour l'avenir, réfléchissons un moment sur le grand mystère que célèbre la liturgie d'aujourd'hui. Toute la pleine signification de 1'Ascension du Christ est exprimée dans les lectures de la Sainte Écriture. La richesse de ce mystère est contenue dans ces deux affirmations : « Jésus donna ses instructions... » puis « Jésus prit place... ».

Selon la Divine Providence - dans l'éternel dessein du Père - l'heure était venue pour le Christ de quitter la terre. Il allait prendre congé de ses apôtres et, avec eux, de Marie sa Mère, mais non sans leur avoir d'abord donné ses instructions. Les apôtres avaient maintenant une mission à accomplir conformément aux instructions laissées par Jésus, et ces instructions étaient à leur tour l'expression fidèle de la volonté du Père.

Ces instructions indiquaient avant tout que les apôtres devaient attendre l'Esprit Saint qui était le don du Père. Il devait être absolument clair dès le début que la source de la force des apôtres était le Saint-Esprit. C'est l'Esprit qui guide l'Église sur les voies de la vérité, l'Évangile doit être propagé par la puissance de Dieu et non par la sagesse ou la puissance de l'homme.

En outre, selon ces instructions, les apôtres étaient chargés de proclamer la Bonne Nouvelle dans le monde entier. Et ils devaient baptiser au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Comme Jésus, ils devaient parler clairement du Royaume de Dieu et du salut. Les apôtres devaient rendre témoignage du Christ "jusqu'aux confins de la terre". L'Église primitive comprit parfaitement ces instructions et c'est ainsi qu'elle inaugura l'ère missionnaire. Et chaque communauté savait que cette ère ne prendrait fin que le jour où le même Jésus qui était monté au ciel, serait revenu.


Les paroles de Jésus constituèrent pour l'Église un trésor qu'il fallait garder en dépôt et proclamer, méditer et vivre. Et, en même temps, l'Esprit Saint enracina dans l'Eglise un charisme apostolique qui avait pour objet de garder intacte cette révélation. Par ces paroles Jésus allait vivre toujours dans son Église : « Je suis avec vous pour toujours ». Et la communauté ecclésiale tout entière prit ainsi conscience de la nécessité de la fidélité aux instructions de Jésus, au dépôt de la foi. Cette sollicitude devait se transmettre de générations en générations, jusqu'à nos propres jours. [...] La parole de Dieu - et seulement la parole de Dieu - est à la base de tout ministère, de toute activité pastorale de toute action sacerdotale. L'autorité de la parole de Dieu a constitué la base dynamique du Concile Vatican II et Jean XXIII l'a mis en évidence dans son discours d'ouverture : « Le souci principal du Concile œcuménique, a-t-il dit, sera celui-ci : que le dépôt sacré de la doctrine chrétienne soit toujours plus effectivement gardé et enseigné » (Discours du 11 octobre 1962). [...] notre plus grand défi est d'être fidèles aux instructions du Seigneur Jésus.


Et la seconde réflexion sur la signification de l'Ascension est basée sur cette phrase : « Jésus prit sa place... ». Après avoir subi l'humiliation de sa passion, Jésus prit sa place à la droite de Dieu. Il prit sa place avec le Père éternel. Mais ainsi il pénétra dans les cieux comme notre Tête. Et là-haut, selon l'expression de Léon le Gand « la gloire de la Tête » devint « l'espoir du corps » (cf. Sermo I de Ascensione Domini). Jésus a pris pour toute l'éternité sa place comme « le premier-né parmi de nombreux frères » (Rm 8, 29). En raison de notre nature nous sommes près de Dieu dans le Christ. Et, comme homme, le Seigneur Jésus est vivant pour toute l'éternité pour intercéder près de son Père en notre faveur (cf. He 7, 25). Et en même temps, du haut de son trône de gloire, Jésus envoie à toute son Église un message d'espérance et une invitation à la sainteté.

Par les mérites de Jésus et grâce à son intercession près de son Père, nous sommes capables d'obtenir en lui la justice et la sainteté de vie. L'Église peut rencontrer des difficultés, l'Évangile peut subir des échecs, mais comme Jésus est assis à la droite du Père, l'Église ne sera jamais vaincue. La puissance du Christ glorifié, du Fils bien-aimé du Père éternel n'a pas de limites et surabonde pour défendre chacun de nous et nous tous dans la fidélité de notre dévouement au Royaume de Dieu et dans la générosité de notre célibat. L'efficacité de l'Ascension du Christ touche chacun de nous dans les réalités concrètes de nos vies quotidiennes. A cause de ce mystère, l'Église tout entière a pour vocation d'attendre « dans une joyeuse espérance la venue de notre Sauveur, Jésus-Christ ».


Chers Fils, soyez imprégnés de l'espérance qui est si fortement une part du mystère de l'Ascension de Jésus. Soyez profondément convaincus de la victoire et du triomphe du Christ sur le péché et la mort. Ayez conscience que la puissance du Christ est plus grande que notre faiblesse, plus grande que la faiblesse du monde entier. Tâchez de comprendre et de partager la joie que Marie a éprouvée en sachant que son Fils avait pris sa place près de son Père qu'il aimait infiniment. Et aujourd'hui renouvelez votre foi dans la promesse de Notre Seigneur Jésus-Christ qui est parti pour nous préparer une place, de sorte qu'il pourra revenir et nous prendre avec lui.

Voilà le mystère de l'Ascension de notre Chef. Rappelons-nous toujours : « Jésus a donné ses instructions » et ensuite « Jésus a pris sa place ».

Amen.

Source principale : vatican.va (« Rév. x gpm »).

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