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 L'enchantement du pape François

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RFCD



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MessageSujet: L'enchantement du pape François   Mar 30 Avr 2013, 18:41


L'enchantement du pape François

Sa popularité est, dans une large mesure, liée à l'art avec lequel il s'exprime. Tout lui est pardonné, même lorsqu'il dit des choses qui, affirmées par d'autres, feraient l'objet de nombreuses critiques. Mais voici que les premières protestations commencent à apparaître

par Sandro Magister

ROME, le 29 avril 2013 – L’allusion critique à l’Institut pour les Œuvres de Religion (IOR), la très controversée "banque" du Vatican, que le pape François a faite au cours de l’homélie de sa messe matinale à la Domus Sanctæ Marthæ, le mercredi 24 avril, a fait du bruit dans les médias :

"Lorsque l’Église veut se vanter de sa grandeur et crée des organisations, des services, lorsqu’elle devient quelque peu bureaucratique, elle perd sa substance principale et court le risque de se transformer en une ONG. Or l’Église n’est pas une ONG. C’est une histoire d’amour... Mais il y a ici des gens de l’IOR… Excusez-moi, eh !… Tout est nécessaire, les services sont nécessaires… d’accord ! Mais ils sont nécessaires jusqu’à un certain point : en tant qu’aide à cette histoire d’amour. Mais lorsque l’organisation prend la première place, l’amour diminue et l’Église, malheureusement pour elle, devient une ONG. Et ce n’est pas la bonne voie".

Ces homélies que le pape Jorge Mario Bergoglio prononce le matin sont entièrement improvisées. Et les phrases que l’on vient de lire sont la transcription littérale qui en a été donnée quelques heures plus tard par Radio Vatican.

Mais le même jour, rendant compte de manière différente de cette même homélie, "L'Osservatore Romano" a supprimé la phrase : "Mais il y a ici des gens de l’IOR… Excusez-moi, eh!".

Cette disparité entre la radio et le journal du Saint-Siège est un indice de l'incertitude qui règne encore au Vatican quant au traitement médiatique qu’il convient de donner aux homélies prononcées par le pape les jours ordinaires, celles de la messe de 7 heures du matin, à la chapelle de la résidence où il habite.

C’est un public sélectionné, différent chaque matin, qui a accès à ces messes. Et, le 24 avril, il y avait, parmi les personnes présentes, un bon nombre d’employés de l’IOR.

Ces homélies du pape sont enregistrées dans leur intégralité. Cependant elles ne suivent pas le même parcours que ses discours officiels, pour les parties improvisées.

Cela veut dire qu’elles ne sont pas transcrites à partir de l’enregistrement audio, puis mises au propre pour ce qui est de la langue et des concepts, ensuite soumises au pape, et enfin rendues publiques dans la version qui a été approuvée.

Le texte intégral des homélies prononcées par le pape Bergoglio les jours ordinaires reste secret. Il n’en est fourni que deux comptes-rendus partiels, l’un par Radio Vatican et l’autre par "L'Osservatore Romano", qui sont rédigés indépendamment l’un de l’autre et donc en accordant une place plus ou moins importante aux citations textuelles.

On ne sait pas si cette manière de procéder – qui a pour objectif aussi bien de protéger la liberté de parole du pape que de la défendre contre les risques de l'improvisation – va être maintenue ou modifiée.

Il est indiscutable que ce que l’on connaît de ces homélies semi-publiques constitue désormais une partie importante de l'art oratoire caractéristique du pape François.

*

C’est un art oratoire concis, simple, familier, qui s’appuie sur des mots ou des images ayant un impact immédiat du point de vue de la communication.

Par exemple :

- l'image du "Dieu spray", employée par le pape François, le 18 avril, pour mettre en garde contre l’idée d’un Dieu impersonnel "qui est un peu partout mais dont on ne sait pas ce qu’il est" ;

- ou bien l'image de "l’Église baby-sitter", employée, le 17 avril, pour stigmatiser une Église qui se borne à "s’occuper de l’enfant pour qu’il s’endorme", au lieu d’agir comme une mère avec ses enfants ;

- ou encore la formule "chrétiens satellites", dont il a affublé, le 20 avril, ces chrétiens qui se laissent dicter leur conduite par le "sens commun" et par la "prudence de ce monde", et non pas par Jésus.

Stefania Falasca, qui est une amie de longue date de Bergoglio – celui-ci lui a téléphoné le soir même où il a été élu pape – lui a demandé, après une messe matinale à la Domus Sanctæ Marthæ : "Père, mais comment ces expressions vous viennent-elles à l’esprit ?

"Un simple sourire a été sa réponse". L’opinion de Falasca est que l'utilisation de formules de ce genre par le pape "s’appelle, dans le vocabulaire littéraire, 'pastiche' ; cela consiste à rapprocher des mots de niveau différent ou de registre différent, ce qui a des effets sur l’expression de la pensée. Le style 'pastiche' est aujourd’hui un trait caractéristique de la communication sur le web et du langage postmoderne. Il s’agit donc d’associations linguistiques qui sont inédites dans l’histoire du magistère pétrinien".

Dans un éditorial paru le 23 avril dans "Avvenire", le quotidien de la conférence des évêques d’Italie, Falasca a fait un rapprochement entre l'art oratoire du pape François et le "sermo humilis" théorisé par saint Augustin.

Le pape Bergoglio introduit également ce style dans ses homélies et dans ses discours officiels. Par exemple, au cours de l’homélie de la messe chrismale célébrée le Jeudi Saint à la basilique Saint-Pierre, il a produit une forte impression lorsqu’il a exhorté les pasteurs de l’Église, évêques et prêtres, à percevoir "l'odeur de leurs brebis".

Une autre caractéristique de sa prédication est sa façon de dialoguer avec la foule, à qui il demande de lui répondre en chœur. Il l’a fait pour la première fois - à de multiples reprises - à l’occasion du "Regina Cæli" du dimanche 21 avril, par exemple quand il a dit : "Merci beaucoup de me saluer, mais vous devez aussi saluer Jésus. Criez fort 'Jésus' !". Et le cri de "Jésus" est effectivement monté de la place Saint-Pierre.

*

La popularité du pape François s’explique dans une large mesure par ce style de prédication qui est le sien et par le facile et très large succès qu’obtiennent les concepts dont il parle avec le plus d’insistance – la miséricorde, le pardon, les pauvres, les "périphéries" – et que l’on voit se refléter dans ses gestes et dans sa personne même.

C’est une popularité qui étend un voile sur d’autres choses plus embarrassantes qu’il ne manque pourtant pas de dire – par exemple dans les fréquentes références qu’il fait au diable – et qui, si elles étaient dites par d’autres, déchaîneraient les critiques, tandis qu’à lui, on les pardonne.

En effet, les médias ont jusqu’à maintenant couvert d’indulgence et de silence non seulement les références du pape actuel au diable mais également toute une série d’autres déclarations qu’il a faites à propos de points de doctrine aussi capitaux que controversés.

Le 12 avril, par exemple, parlant devant la commission biblique pontificale, le pape François a réaffirmé que "l'interprétation des Saintes Écritures ne peut pas être seulement un effort scientifique individuel, mais elle doit être toujours confrontée à, insérée dans et authentifiée par la tradition vivante de l’Église". Et donc "cela implique qu’est insuffisante toute interprétation qui serait subjective ou se limiterait simplement à une analyse incapable d’accueillir en elle ce sens global qui, au cours des siècles, a constitué la tradition de tout le peuple de Dieu".

En raison du silence général des médias, pratiquement personne n’a remarqué cette volée de bois vert que le pape a administrée aux formes d’exégèse prédominantes y compris dans le monde catholique.

Le 19 avril, dans son homélie matinale, il s’en est pris aux "grands idéologues" qui veulent interpréter Jésus selon une grille de lecture purement humaine. Il les a qualifiés d’"intellectuels sans talent, moralistes sans bonté. Et ne parlons pas de beauté, parce qu’ils n’y comprennent rien".

Dans ce cas aussi, silence.

Le 22 avril, dans une autre homélie matinale, il a affirmé avec force que Jésus est "l'unique porte" pour entrer dans le Royaume de Dieu et que "tous les autres chemins sont trompeurs, ils ne sont pas vrais, ils sont faux".

En disant cela, il a donc rappelé cette vérité irrévocable de la foi catholique qui reconnaît en Jésus-Christ l'unique sauveur de tous les hommes. Mais lorsque, au mois d’août 2000, Jean-Paul II et le cardinal Joseph Ratzinger publièrent, précisément à ce sujet, la déclaration "Dominus Jesus", ils furent violemment contestés, dans l’Église et au dehors. Tandis qu’aujourd’hui, le pape François ayant dit la même chose, tout le monde reste muet.

Le 23 avril, fête de saint Georges, au cours de l’homélie prononcée lors de la messe célébrée avec les cardinaux à la Chapelle Pauline, il a déclaré que "l’identité chrétienne est une appartenance à l’Église, parce que trouver Jésus hors de l’Église, ce n’est pas possible".

Et, cette fois encore, silence. En dépit du fait que la thèse "extra Ecclesiam nulla salus", qu’il a ainsi réaffirmée, est presque toujours le point de départ de polémiques…

*

Cette bienveillance des médias à l’égard du pape François est l’un des traits caractéristiques de ce début de pontificat.

La finesse avec laquelle il sait dire les vérités, y compris les plus embarrassantes, favorise cette bienveillance. Mais il est facile de prévoir que, tôt ou tard, celle-ci se refroidira et laissera la place à une floraison de critiques.

Un premier signe avant-coureur s’est manifesté après que le pape Bergoglio eut confirmé, le 15 avril, la ligne de conduite sévère adoptée par la congrégation pour la doctrine de la foi dans le traitement de l’affaire des religieuses américaines réunies au sein de la Leadership Conference of Women Religious.

Les protestations qui ont été immédiatement formulées par ces religieuses et par les courants "liberal" du catholicisme, aux États-Unis mais pas seulement, sont apparues comme le début de la rupture d’un enchantement.

http://chiesa.espresso.repubblica.it/articolo/1350508?fr=y



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Cécile



Féminin Messages : 10442
Inscription : 03/05/2006

MessageSujet: Re: L'enchantement du pape François   Mar 30 Avr 2013, 19:06

Très intéressant ! Je fais suivre le lien !
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