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 Les saints dominicains

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Fée Violine



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MessageSujet: Les saints dominicains   Dim 12 Fév 2012, 01:18

Tous les saints, les bienheureux, ceux dont la béatification est en cours, ceux qui sont morts en odeur de sainteté, plus quelques autres qui sont intéressants.
Mes sources sont : divers sites dominicains, des sites hagiographiques, les Petits Bollandistes (oeuvre du 19ème siècle), wikipédia, le site Nominis, la liste des béatifications en cours, etc. etc., le tout en diverses langues que je traduis de mon mieux (allemand, anglais, italien, espagnol, portugais, catalan).

8 février Maria Magdalena Lorger de Hadamar, née à Offheim, près de Limburg (Hesse), 12 septembre 1734, † 8 février 1806.
Elle entre très jeune au monastère des dominicaines de Hadamar. Elle contemple tellement la passion du Christ que chaque vendredi elle ressent ses douleurs, et encore plus le Vendredi saint. Elle reçoit les stigmates. Quand il l’apprend, le prince-électeur archevêque de Trèves, Clemens Wenzeslaus de Saxe, envoie en 1787 une commission d’enquête à Hadamar, mais le rapport de 400 pages disparaît pour longtemps dans un cabinet secret.
Puis, un Vendredi saint, deux religieux de Mayence arrivent au monastère pour voir Maria Magdalena. Du sang sort de son crâne, aux endroits de la couronne d’épines, son dos porte les marques de la flagellation, mais le lendemain il n’y a plus trace de blessures. Les deux visiteurs à leur retour informent l’évêque de Mayence.
Comme Hadamar appartient au diocèse de Trèves, l’information est donnée à l’évêque de Trèves ; celui-ci envoie un religieux, un médecin et un secrétaire, qui soumettent la sœur à une cruelle enquête. Le médecin emploie des traitements de cheval et des élixirs, il se met à genoux sur elle, au point que les Hadamariens se plaignent à un fonctionnaire, qui expulse aussitôt la délégation.
Maria Magdalena Lorger meurt à l’âge de 71 ans. Sa tombe, dans la chapelle du monastère, a été redécouverte dans la deuxième moitié du 20ème siècle.

10 février Alexandre Baldrati de Lugo, Lugo (Ravenne) 1595-10 février 1645 à Chios, dominicain, évêque d’Imola.
Il voulut évangéliser les Turcs, et comme tant d'autres chrétiens, principalement orthodoxes, connut le martyre par fidélité au Christ qu'il ne voulut jamais renier.

11 février Benedikt Hronek, né le 12 février 1907 à Kluky, Písek (république tchèque), + 11 février 1945 à Terezín, Litoměřice (id.), prêtre dominicain, martyr.

12 février Bx Réginald d'Orléans, St-Gilles du Gard 1180/1183- Paris 1er février 1220.
À 18 ans il vient à Paris où il fait de brillantes études et enseigne le droit canon de 1206 à 1211, puis il est nommé doyen de la collégiale Saint-Aignan d'Orléans. Les intérêts considérables du Chapitre de Saint-Aignan réclamaient à cette époque un homme expert dans l’art de la procédure. Réginald fut élu prévôt du Chapitre, mais rêvait de devenir pauvre et libre. En 1216, l’évêque d’Orléans, ayant fait vœu d’aller en pèlerinage aux Lieux Saints, le prend comme compagnon de voyage. À Rome, Réginald rencontra saint Dominique (c’est l’époque où celui-ci est auprès du pape Honorius III pour faire approuver son Ordre), et fut saisi par sa parole. Le plan du pauvre de Dieu, son zèle, son affranchissement vis-à-vis de toutes choses humaines, sa liberté pour l’œuvre de Dieu, son intelligence des besoins du temps et spécialement des milieux qu’avait fréquentés l’ancien professeur, c’était le rêve secret de Réginald réalisé… Du coup, il se met à l’entière disposition de st Dominique. Mais voilà que Réginald tombe gravement malade. Dans la nuit la Vierge Marie lui apparaît, avec ste Catherine et ste Cécile. « Demande-moi ce que tu veux et je te le donnerai », dit la Vierge. Réginald s’en remet à son bon plaisir. La Vierge fit des onctions sur ses membres malades, puis, des mains de Catherine prenant le scapulaire, elle dit à Réginald : « Voici l’habit de ton Ordre. » La Vierge disparut, Réginald se trouva guéri. Il fut aussitôt mis par st Dominique à la tête du couvent de Bologne.
A peine arrivé, il prêche et Bologne accourt. Diane d’Andalo, future fondatrice du monastère dominicain Sainte-Agnès de Bologne, est aussi retournée. Elle deviendra sa fille spirituelle et aidera à la mise en place du couvent des frères. En huit jours donc, par sa parole, Réginald a conquis la ville. L’université est entamée. Les maîtres et les étudiants s’empressent autour de sa chaire, plusieurs demandent l’habit de l’Ordre. En 1219, après trois ans en Espagne, st Dominique retrouvait une communauté nombreuse et vivante, là même où quelques frères languissaient auparavant. Il envoie Réginald à Paris à l’automne de cette même année, mais Réginald dut renoncer à toute prédication. Il eut juste le temps de décider Jourdain de Saxe à entrer dans l’Ordre avant de mourir. Jourdain le raconte dans son Libellus :
"Frère Réginald, de sainte mémoire, s'en vint donc à Paris et se mit à prêcher avec une ferveur spirituelle infatigable, par la parole et par l'exemple, le Christ Jésus et Jésus crucifié. Mais le Seigneur l'enleva bientôt de la terre. Parvenu vite à son achèvement, il traversa en peu de temps une longue carrière. Enfin, il tomba bientôt malade et, arrivant aux portes de la mort charnelle, s'endormit dans le Seigneur et s'en alla vers les richesses de gloire de la maison de Dieu, lui qui, durant sa vie, s'était manifesté l'amant résolu de la pauvreté et de l'abaissement. Il fut enseveli dans l'église de Notre-Dame-des-Champs, car les frères n'avaient pas encore de lieu de sépulture.
La nuit même où l'esprit de ce saint homme s'envola vers le Seigneur, j'eus une vision. Je n'étais pas encore un frère selon l'habit, mais j'avais déjà émis ma profession entre ses mains. Je voyais donc les frères portés par un navire à travers les eaux. Puis le navire qui les portait coula ; mais les frères sortirent indemnes des eaux. J'estime que ce navire est frère Réginald lui-même, que les frères de ce temps, vraiment, considéraient comme le nourricier qui les portait.
Un autre eut également une vision avant la mort du frère. C'était une fontaine limpide qui se fermait ; deux autres jaillissaient aussitôt pour la remplacer. Je n'ose décider si cette vision disait vrai, car je suis trop conscient de ma propre stérilité. Mais je sais une chose, c'est qu'à Paris frère Réginald n'a reçu à la profession que deux personnes, dont je fus la première ; la seconde était frère Henri, le futur prieur de Cologne, l'ami le plus cher dans le Christ à mon affection singulière, je le crois, entre tous les mortels, vase d'honneur et de grâce, plus rempli de grâce qu'aucune créature que j'aie souvenir d'avoir aperçue dans la vie d'ici-bas. Puisque, dans sa maturité précoce, il s'est hâté de pénétrer dans le repos du Seigneur, il ne sera pas inutile de rappeler quel homme il fut et de quelles vertus. "

Jourdain se souvient de ces paroles de Réginald qui ont valeur de testament dans l’Ordre :
"Je crois n'avoir aucun mérite à vivre dans cet ordre, car j'y ai toujours trouvé trop de joie."
Il meurt en odeur de sainteté. Son tombeau à Notre-Dame-des-Champs s'illustra de miracles et c'est là que commença son culte, qui fut confirmé en 1875.
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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Lun 13 Fév 2012, 15:46

13 février Bx Jourdain de Saxe, v1190 sur le Borgberg près d’Osnabrück (Basse-Saxe), † 12/13 février 1237 au large de la côte de Syrie.
Il acheva de donner à l'Ordre ses assises institutionnelles et engagea sa première expansion missionnaire.
De la famille des comtes d'Eberstein, dès sa jeunesse et il continua quand il fut étudiant, il avait pris l'habitude de donner chaque jour une aumône au premier pauvre qu'il rencontrerait. Étudiant à Paris, chaque nuit il allait à Notre-Dame pour l'office de matines.
En 1219 il est sous-diacre et bachelier en théologie. Les frères prêcheurs viennent de s'installer rue Saint-Jacques et sont dans un dénuement extrême. Saint Dominique les visite et les réconforte à son retour d'Espagne. Sa parole suscite l'enthousiasme dans le monde universitaire. Emporté par le courant, Jourdain vient l'entendre, se confesse à lui et lui confie son âme. Cependant il n'entre pas tout de suite dans l'Ordre. C'est au Bx Réginald qui, à son tour en 1220, bouleverse l'Université de Paris, que revient la joie de donner l'habit à Jourdain, ainsi qu’à son ami frère Henri de Cologne, et frère Léon, qui entrent avec lui au couvent Saint-Jacques, le mercredi des Cendres (12 février 1220), au moment où les frères chantent “Immutemur habitu...”
Deux mois plus tard, saint Dominique réunit à Bologne le premier Chapitre général de l'Ordre. Jourdain est l'un des quatre frères de Saint-Jacques désigné pour y prendre part. Quand il revint à Paris, ce fut pour enseigner l'Écriture Sainte. En 1221, saint Dominique le nomme premier provincial de Lombardie.
En 1222 ses qualités exceptionnelles le font choisir comme premier successeur de saint Dominique. Il va gouverner l'Ordre seize ans pendant lesquels il attira une multitude de vocations, étudiants et maîtres (plus de 1000, dit-on, notamment Albert le Grand), "séduits" par sa parole. Tel jour, à Saint-Jacques, il donne l'habit à vingt novices. Une autre fois, à Verceil, en quelques jours, il attire “treize clercs renommés et savants” ; c'est là que Maître Walter, régent ès arts, disait à ses collègues et à ses élèves : “Prenez garde d'aller à ses sermons : comme une courtisane il polit ses discours de manière à séduire les hommes !” Mais lui-même s'y rendit et fut pris dans les filets ! Au Chapitre général on reprocha même à Jourdain de Saxe d'aller un peu vite en besogne et de recevoir de trop jeunes frères : “Laissez ces enfants, répondit-il. Vous verrez qu'ils étendront leur action sur des hommes plus instruits”.
Pendant son généralat, quatre nouvelles provinces furent établies, 240 nouveaux couvents de frères ou de sœurs furent créés. On sait la part importante qu'il prit dans la mise au point des Constitutions de l'Ordre ; comment il institua à Bologne le chant du Salve Regina après les Complies, coutume qui se répandit rapidement en Lombardie, puis dans tout l'Ordre ; comment il procéda à la translation du corps de saint Dominique en 1233, puis présida aux fêtes de la canonisation en 1234. C'est alors qu'il rédigea le Libellus, source la plus sûre pour les historiens de notre bienheureux Père. Cet écrit, dit le P. Vicaire, “est la base de l'historiographie dominicaine primitive. Il l'est par sa date : aucune relation écrite de la vie de saint Dominique ne l'a précédé et toutes les autres dérivent de lui. Il l'est par sa valeur : de tous les récits qu'il inspire, il est le plus autorisé. (Jourdain) est maître de sa plume et sait conter avec agrément, brièveté, précision, bonhomie et humour. Des réflexions spirituelles pleines de saveur émaillent sans lourdeur un récit qui marche avec rapidité”.
Dans la lutte entre le sacerdoce et l'empire, Jourdain joua un rôle de premier plan. Pacifique par tempérament, il fut intrépide quand il le fallut, n'hésitant pas à aller au camp de Frédéric II pour lui reprocher sa conduite et l'adjurer de mettre fin au scandale que provoquait son opposition.
Pauvre à l'extrême, il aimait la compagnie des pauvres. Doux pour les frères, compatissant à leurs infirmités, il les aidait de tout son pouvoir. Mais il était ferme aussi, parfois avec humour. Un procureur lui ayant demandé à être relevé de sa charge, il lui répondit : “Mon fils, cette charge a quatre annexes : la négligence, l'impatience, le travail et le mérite ; je vous décharge des deux premières et je vous laisse les deux autres.”
En 1236, il alla en Terre Sainte pour visiter les frères. Au retour, le navire fut englouti par une tempête à proximité des côtes de Syrie. La mer rejeta son corps, qui fut enseveli au couvent de Ptolémaïs. Il n'avait pas 50 ans.
Il a donné à l'Ordre une impulsion décisive. C'est l'un des témoins les plus prestigieux de la ferveur que suscita l'Ordre au XIIIe siècle. Par son livre sur les Origines de l'Ordre des Prêcheurs, il est un témoin privilégié de la vie de saint Dominique et des débuts de l'Ordre.
Béatifié en 1826.

13 février Ste Catherine de’ Ricci, 1522-1590 à Prato en Toscane.
Elle collabora par correspondance avec le pape saint Pie V, avec l'archevêque de Milan, saint Charles Borromée et sainte Marie-Madeleine de Pazzi. Elle soutenait tous leurs efforts en ces temps du grand mouvement réformateur de l'Église, et s’appliqua à honorer sans relâche les mystères de la passion de Jésus-Christ, qu’elle mérita même d’éprouver. Elle garda, dans une vie de haute mystique, un parfait équilibre dans les hautes charges spirituelles et temporelles qu’elle eut à assumer.
Canonisée en 1747.


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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Mer 15 Fév 2012, 00:54

14 février Bx Nicolas Pullia ou Palea ou Paglia, Giovinazzo (région de Bari) 1197- Pérouse 11 février 1255, napolitain, une des premières conquêtes de st Dominique.
De parents nobles, il fut élevé avec beaucoup de soin. À Bologne où il faisait ses études de droit, il entendit la parole vibrante de saint Dominique qui l’attira et le décida à suivre la vie des frères prêcheurs. À Pérouse en Ombrie, il reçut de saint Dominique l’habit et la mission de prédication, et devient son fidèle compagnon dans ses pérégrinations apostoliques. Son exemple et son talent de prédicateur aidèrent l’Ordre à se développer en Italie. Homme instruit et visionnaire il promeut l'étude de l'Écriture Sainte et la compilation des Concordances bibliques. Son dynamisme lui fit ouvrir une maison à Pérouse en 1233, une à Trani en 1254, d’autres à Brindisi, Orvieto, Naples, peut-être aussi Todi près de Bari. Il fut, par deux fois, provincial de la Province de Rome, qu’il dirigea avec force et douceur. Le pape Grégoire IX le chargea de visiter des monastères et de prêcher la Croisade contre les Sarrasins. Après de longues années de travaux apostoliques, il se retira au couvent de Pérouse. C’est là que lui apparut frère Raone Romano, cher ami de ses plus beaux jours de vie religieuse, qui lui annonça de la part de la Vierge sa mort prochaine, qui fut sainte comme toute sa vie.
Son culte fut confirmé en 1828.

14 février Servante de Dieu Teresa Titos Garzón (Teresa de Jesús), née 4 janvier 1852 à Grenade, + 14 février 1915 à Grenade.
Dès son enfance elle manifesta une profonde inclination spirituelle. En 1871 elle entre au couvent Saint-Dominique, fait profession l’année suivante. À 31 ans elle fut élue supérieure et consacra toute son énergie au renouveau spirituel et matériel du couvent, cherchant toujours plus de perfection. Passionnée de Jésus-Christ, des enfants et des jeunes, spécialement les plus pauvres, elle voulut apporter la lumière de la vérité et de l’amour à tout le monde. Elle élargit les horizons du couvent en ouvrant un collège à Motril. Ainsi se constitua en 1907 la congrégation Saint-Dominique qui a comme apostolat particulier, depuis ses origines, l’éducation chrétienne, spécialement en faveur de l’enfance et de la jeunesse pauvre.
“Notre perfection consiste à faire bien les oeuvres ordinaires. Le Seigneur qui nous donne tout, on ne peut le laisser affamé. La bourse de Dieu est grande et toujours pleine... Personne qui a fait confiance au Seigneur n’a été trompé... Que nous sommes folles de ne pas être saintes! Mettez le temps à profit, mes filles, ne le gaspillez pas.”
“Nous sommes les auxiliaires de Dieu. Travaillez pour étudier, corriger et perfectionner selon les vues de Dieu le cœur et l’intelligence des enfants dont vous avez la charge. Cette oeuvre exige de la part des enseignantes une foi ardente, un grand soin, beaucoup de discernement et de prudence, la science, une constante attention et un recours continuel à Dieu. Formez l’intelligence des enfants au goût du vrai et prévenez-la contre la contagion des erreurs. Veillez aussi à ce que les enfants avancent dans toutes les branches qui composent l’éducation complète d’une jeune fille. Comme la principale mission de la religieuse dominicaine est de former des cœurs pour Dieu, ne laissez pas passer l’occasion de les instruire des maximes de notre sainte religion, surtout de la doctrine chrétienne, présence de Dieu, amour du Saint Sacrement, dévotion à la Sainte Vierge, prière du rosaire, méditation et examen de conscience. Toutes les veilles que les religieuses y mettent seront peu de chose à côté de la haute mission que la femme catholique est appelée à remplir dans la société.”
“Aucun service rendu au prochain ne peut jamais vous dispenser de travailler à votre propre sanctification... Les saints avec toutes leurs vertus acquises dérobaient de longues heures à leurs travaux apostoliques pour vaquer aux choses de Dieu...”

Personne n’a parlé avec elle sans être édifié. Elle était de cœur noble, généreuse pour donner et pardonner, franche, simple, joyeuse, compatissante, sacrifiée, d’humeur égale, humble. Elle eut deux grands amours : Jésus Eucharistie et la Vierge Marie. Dans sa manière d’agir elle ne donna jamais lieu à discussions, agit toujours avec prudence et discrétion, étant pour cela objet d’admiration et d’affection.
Béatification en cours. nihil obstat 20 janvier 1990.

15 février Servante de Dieu Maria de León Delgado (Maria de Jesus), née le 23 mars 1643 à El Sauzal, Tenerife (Espagne), +15 février 1731 à La Laguna (Tenerife).
Le 21 mai 1669 elle fait profession au monastère Sainte-Catherine de Sienne, au centre ville de Sant Cristóbal de la Llacuna, et y mène une vie exemplaire. Sa vie est pleine de miracles et de guérisons. Elle mourut à l’âge de 87 ans. Plusieurs années après sa mort, on découvrit que son corps était incorrompu, c’est pourquoi le monastère se change chaque 15 février en lieu de pèlerinage, environ 45 000 pèlerins accourent chaque année, son corps est exposé dans un sarcophage avec un couvercle de cristal. Cette femme simple, qui a consacré sa vie à Dieu, est l’objet de la vénération générale. Elle est considérée comme la plus grande mystique des Canaries. Le maire d’El Sauzal a déclaré, à l’inauguration du nouveau Musée Sœur María de Jesús, que cette religieuse, appelée la Siervita, à qui on n’attribue pas moins de 1251 miracles, "a été prophète en son pays". Dans la modeste maison où elle est probablement née, son village natal offre la possibilité de voir comment elle vivait. C’est une petite maison traditionnelle restaurée intégralement, avec jardin, patio, cuisine, chambre, salon, la chambre où les femmes se réunissaient pour coudre. L’évêque de Tenerife a déclaré que cette maison-musée reconnaît « la vie exemplaire d’une femme toute donnée à Dieu et aux autres ». Il a rappelé que le processus de béatification a été ouvert en décembre 1992, et il a souhaité qu’un jour on puisse la vénérer comme bienheureuse et plus tard comme sainte.
Nihil obstat 1992.
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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Sam 18 Fév 2012, 00:51

17 février Patrik Maria František Kužela, né le 15 novembre 1915 à Vlčnov, Uherské Hradiště (République tchèque), + 17 février 1942 à Auschwitz, diacre dominicain, martyr.
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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Sam 18 Fév 2012, 22:04

18 février Bx Jean de Fiesole (Guido Nada di Pietro), Frà Angelico, v1387 à Vicchio di Mugello (Toscane) - 18 février 1455 à Rome.
Né de parents inconnus, son éducation artistique se déroule à Florence à l'époque de Lorenzo Monaco et Gherardo Starnina. Du premier, il reprend l'usage de couleurs accentuées et peu naturelles, mais aussi une lumière très forte qui annule les ombres et participe au mysticisme des scènes sacrées, thèmes qu'on retrouve dans ses miniatures et dans ses premières compositions.
En 1418 il entre chez les Dominicains observants au couvent Saint-Dominique à Fiesole. Il commence sa carrière comme enlumineur dans le scriptorium du couvent. Il réalise la décoration d'un autel pour la chapelle Gherardini de l'église Saint Étienne à Florence. Le triptyque de saint Pierre Martyr est daté d'environ 1425. En 1427, il est ordonné prêtre.
Entre 1430 et 1433 il réalise le Jugement Dernier, encore très influencé par le style de Lorenzo Monaco, mais le rythme des plans démontre un intérêt naissant pour l'organisation en perspective de l'espace. En 1430 il peint l'Annonciation, une œuvre où apparaissent de nouvelles techniques inspirées de Masaccio. Pour la première fois est utilisée une lumière diaphane qui enveloppe la composition, exaltant les couleurs et les masses plastiques des figures, et unifie l'image. Entre 1434 et 1435 il peint a tempera sur bois.
En 1436, les dominicains de Fiesole s'installent au couvent Saint-Marc à Florence, récemment reconstruit par Michelozzo. L'Angelico, aidé parfois d'assistants, peint de nombreuses fresques pour le cloître, le chapitre et une vingtaine de cellules. Les travaux sont dirigés par son ami st Antonin de Florence.
En 1445 il est invité à Rome par le pape Eugène IV, il peint une chapelle. En 1447 il se rend à Orvieto pour peindre la nouvelle chapelle de la cathédrale en collaboration avec son élève Benozzo Gozzoli. De 1449 à 1452, Fra Angelico est prieur de son couvent. Il meurt à Rome, où il est enterré. C'est seulement après sa mort qu'il est appelé Beato Angelico.
« Fra Giovanni fut un homme simple et de mœurs très saintes. Il ne cessa de pratiquer la peinture et ne voulut jamais faire que des sujets religieux. Il aurait pu être riche et ne s’en soucia point. Il fut d’une profonde humanité, sobre, menant une vie chaste, et échappa ainsi aux pièges du monde. Jamais les frères ne l’ont vu en colère; il avait coutume d’admonester ses amis avec un simple sourire. Avec une gentillesse incroyable, il disait à tous ceux qui lui demandaient une œuvre de se mettre d’accord avec le prieur, et qu’ensuite il ne manquerait pas de les satisfaire. Nul autre n’offre des saints qui aient autant l’air de saints. Il ne retoucha et ne transforma jamais aucune de ses peintures. Il n’aurait jamais touché ses pinceaux sans avoir auparavant récité une prière. » (Giorgio Vasari)
La représentation du mystère pour l'Angelico ne peut se réduire à une simple figuration, car la finalité de la peinture, objet matériel en soi, est contradictoire avec le désir de représenter l'immatériel absolu, c'est-à-dire le divin. La peinture de l'Angelico est profondément liée aux réflexions théologiques menées à l'époque autour de l'œuvre de saint Thomas d'Aquin par les dominicains florentins. Il ne peignit jamais d’autres visages que ceux du Seigneur, de la Vierge, des saints et des anges. Jean- Paul II, qui l’a béatifié en 1982 et déclaré saint patron des artistes en 1984, a défini son œuvre comme “une prière peinte”.
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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Lun 20 Fév 2012, 22:37

19 février Bx Alvaro de Cardona ou Alvárez de Cordoue, Zamora (León) v1350 - Cordoue 19 février 1430.
Il fut après la Reconquista l’apôtre de l’Andalousie, tandis que st Vincent Ferrier évangélisait le nord de l’Espagne. De noble famille, il entre en 1368 au couvent Saint-Pierre à Cordoue. Il devint célèbre par son ardente prédication et par sa contemplation de la Passion du Seigneur. Désireux de vivre dans la solitude et la perfection où pouvoir fortifier son esprit pour un apostolat plus fructueux, il fonde près de Cordoue, avec l'aide du roi Juan II de Castille dont il était le confesseur, le monastère de la Scala Cæli où il opéra la réforme initiée par le Bx Raymond de Capoue et ses disciples. Au retour d'un pèlerinage à Jérusalem (où il fut attristé par l’endurcissement des mauvais catholiques) il introduisit dans son couvent, et de là dans tout l’Occident, la vénération du chemin de croix, qu’il avait découverte là-bas. De nuit il se retirait dans une grotte distante du couvent. À l’imitation de st Dominique, il y priait et se flagellait. Avec le temps, elle devint un lieu de pèlerinage pour les fidèles. Il avait le don de prophétie et fit des miracles. On dit que les anges l’ont aidé à construire Scala Caeli, en apportant de nuit des matériaux. Comme un jour le garde-manger ne contenait plus qu’une salade, Alváro invita les frères à table, dit le Benedicite et envoya le serveur à la porte, où un étranger arrivait justement avec une voiture à âne pleine de nourriture. Une fois il trouva dans la rue un mendiant mourant ; il l’enveloppa dans son manteau et le porta au couvent; quand il ouvrit le manteau, il trouva un crucifix qui est encore actuellement à Scala Caeli. La cloche de la chapelle où se trouvent les restes d’Alvaro sonne toute seule, encore aujourd’hui, quand quelqu’un dans le couvent va mourir. Plusieurs fois ses reliques devaient être portées à Cordoue, mais chaque fois une forte tempête empêcha le transport.
Béatifié en 1741.
http://ca.wikipedia.org/wiki/%C3%80lvar_de_C%C3%B2rdova

19 février Rosina Ferro, née à Villareggio (Turin) 14 mai 1851, +Turin 19 février 1912.
Elle était la domestique du curé d’un village voisin. À l’âge de 24 ans, elle eut des apparitions de la Vierge : elle vit au bord de la route la Mère des douleurs, silencieuse et entourée d’anges. Pendant tout juillet et août 1875 elle la voyait tous les jours à la même heure et au même endroit. Plus tard elle reçut les stigmates et souffrit la passion chaque vendredi. Sa vie fut assez tourmentée et elle dut plusieurs fois déménager. Elle put aussi rencontrer le pape Pie IX. Finalement elle s’installa à Turin. Elle entra chez les tertiaires dominicaines. Elle mourut abandonnée de tous dans une petite chambre près du sanctuaire de la Consolata. Après sa mort, son corps redevint miraculeusement jeune, comme il lui avait été prédit dans une des apparitions.
Sa cause de béatification a été introduite. Une biographie a été écrite à sa mémoire.

19 février Servante de Dieu Ana (Maria Rosa) de la Torre Guerrero, née le 3 mai 1880 à Mexico, +19 février 1958 à Mexico.
Fondatrice des sœurs dominicaines de st Thomas d’Aquin.
Nihil obstat 20 mai 1996, décret de validité de l’enquête diocésaine 18 décembre 1998.

20 février Juan Tomas Gonzalez Arintero, né le 24 juin 1860 à Lugeros, León (Espagne), + 20 février 1928 à Salamanque.
À 10 ans il sentit une vraie passion pour l’étude. Ses parents l’envoyèrent étudier à Boñar, avec un professeur, puis il alla au couvent dominicain de Corias (Asturies) où il prit l’habit à l’âge de 15 ans. Dans ce couvent avait commencé la restauration de la Province d’Espagne, effectuée par les frères de la Province des Philippines, si bien que le jeune Arintero se sentit attiré par les missions. À Corias il y avait un vrai enthousiasme dans l’Ordre pour restaurer la doctrine de saint Thomas d’Aquin; enthousiasme qui fut à échelle universelle peu après avec l’encyclique Aeterni Patris de Léon XIII. Il reçut une bonne formation philosophique, il connut bien la pensée philosophique de saint Thomas et l’histoire de la philosophie en général. Mais il dut interrompre ses études de théologie au bout de deux ans, parce que les supérieurs l’envoyèrent à Salamanque étudier la physique et la chimie, en vue d’être envoyé plus tard au collège royal de nobles de Vergara (Guipúzcoa), dirigé alors par les dominicains. La nécessité d’être autodidacte en ses études de théologie lui donna une ouverture intellectuelle à laquelle il n’aurait peut-être pas accédé sans cela.
À Salamanque, au couvent Saint-Étienne il lia une amitié durable avec le dominicain français Marie-Joseph Lagrange (voir 10 mars), futur fondateur de l’École Biblique de Jérusalem.
À l’université de Salamanque il expérimenta l’affrontement qui existait entre le monde de la science et le monde de la foi. Depuis lors il se proposa de se servir de la science pour défendre la foi. Il vécut la préoccupation d’harmoniser la science et la foi. Arintero fut non seulement un ecclésiologue et un mystique, mais aussi un apologiste (défenseur de la foi).
De Salamanque il passa à Vergara, où il enseigna mathématiques, physique, chimie et sciences naturelles, et travailla à l’organisation du musée de sciences naturelles, classant minéraux et plantes, et disséquant les animaux. Ses œuvres de cette époque, Le déluge universel de la Bible et de la tradition et Le Paradis et la géologie (recueil d’articles) sont bien accueillis par la critique.
Après avoir été professeur à Vergara, il revient à Corias, où il forme les jeunes dominicains. Durant ces années, il écrit une œuvre en 8 volumes sur l’évolution. Arrivent dans son horizon de préoccupations, à cause de diverses expériences personnelles, le dynamisme de la grâce, son action dans les personnes et le charisme qui imprègne l’expérience mystique. Un de ses biographes dit que “les âmes l’amenèrent à la doctrine, et la doctrine aux âmes; ce furent principalement les âmes et la doctrine qui lui ouvrirent les yeux pour résoudre de façon satisfaisante le grand problème de sa propre vie, et même de la vie chrétienne en général dans son sens le plus profond, essentiel et salvateur”.
En 1898 on l’envoie à Salamanque enseigner la théologie au couvent Saint-Étienne aux jeunes théologiens dominicains. Durant ces années, il a l’occasion d’approfondir ses intuitions initiales sur l’expérience mystique. Consacré entièrement à l’étude, il commence à programmer ce qui sera plus tard quelques-unes de ses œuvres principales. De Salamanque il fut envoyé à Valladolid (1900-1903) où verront le jour trois livres importants :
L’hexameron et la science moderne ; La Providence et l’évolution ; Téléologie et théophobie.
De retour à Salamanque, il publie en 1908 le 3ème volume de sa grande œuvre Développement et vitalité de l’Église : III. Évolution mystique.
De 1909 à 1911, Arintero se trouve à Rome, où il enseigne à l’Angelicum récemment fondé, qui deviendra l’Université pontificale Saint Thomas. En 1911, de retour à Salamanque, il publie le second tome de son ecclésiologie, intitulé Évolution doctrinale, qui reçoit de la critique des accusations très dures. Certaines de ses thèses sur la vie mystique et la contemplation acquise (celle qui met en relief surtout l’activité et l’effort de l’orant, supposant toujours qu’il s’agit d’une activité informée par la grâce) face à la contemplation proprement dite (celle que l’Esprit Saint infuse par l’action de ses dons), ne furent pas bien comprises. Il y eut aussi un rejet de celles-ci, notamment de la part de certains membres de l’Ordre carmélitain.
Cette expérience de rejet l’amena à se renfermer et garder le silence pendant un temps. Il utilisa la revue Science Thomiste comme organe d’expression de ses idées sur l’expérience mystique. Mais en 1925 il publie une œuvre avec la prétention d’éclaircir au maximum les malentendus que ses thèses avaient produits. Cette œuvre s’appelle La vraie mystique traditionnelle.
Fondateur de la revue Vie Surnaturelle, qui existe toujours, il l’entendit toujours comme un moyen d’apostolat qui lui permette d’arriver plus loin qu’avec ses livres, destinés à un public plus spécialisé et plus réduit.
Après la mort d’Arintero, un de ses camarades et collègues de Salamanque, J. D. Berruela, traça son portrait moral: « Je n’ai pas connu, à la fac, de compagnon plus humble, plus timide, plus désireux de passer inaperçu que cet Arintero, qui termina ses études de sciences à Salamanque en 1886. Quand, 20 ou 30 ans après, je le vis transformé en Maître de théologie, il était toujours le même : candide, ingénu, plein d’enfance spirituelle, sans ombre d’arrogance, à mille lieues de toute pédanterie. Si de beaucoup de personnes vaines on peut dire avec raison qu’elles s’écoutent parler, du P. Arintero on peut affirmer qu’il était sourd à lui-même. Tout son langage, comme chez les enfants, était pour communiquer sa pensée, avec sincérité, à qui voulait l’écouter. »
Béatification en cours.
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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Ven 24 Fév 2012, 00:04

23 février Vble Carlo Samuele Agostino Mazzuchelli, né 4 novembre 1806 à Milan, + 23 février 1864 à Benton, Wisconsin.
Samuel Mazzuchelli descendait d’une riche famille de commerçants et banquiers. À 17 ans il entre chez les dominicains, contre la volonté de son père et à une époque où l’Ordre avait des difficultés. À l’âge de 22 ans, en 1828, il vint en Amérique. Après son ordination, Edward Fenwick, évêque de Cincinnati, l’envoya comme missionnaire dans tout le territoire nord-ouest. Le P. Mazzuchelli voyagea à cheval, en canoé indien, à pied, pour servir les populations éparpillées sur ce vaste territoire, depuis les Grands Lacs jusqu’au Mississippi et au-delà. Ceux qui l’appelaient étaient des familles indiennes, de nouveaux émigrants, colons, mineurs, fermiers, aussi bien que des leaders politiques catholiques et protestants.
Il fonda la Congrégation du Très Saint Rosaire de Sinsinawa. Il établit beaucoup de communautés paroissiales locales qui existent toujours, projetant et construisant plus de 24 églises et bâtiments civils, avant de mourir à l’âge de 57 ans. Depuis ce moment jusqu’à maintenant, un nombre croissant de personnes ont demandé son aide dans la prière.
Vénérable 6 juillet 1993.
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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Ven 24 Fév 2012, 19:06

24 février Bx Constant de Fabriano (Costanzo Servoli), 1410 à Fabriano -24 février 1481 à Ascoli Piceno (Marches).
Les anciens historiens de l’Ordre l’appellent « illustre et très brillante étoile du ciel dominicain ».
De famille modeste, il entra dans l’Ordre à 15 ans et eut comme maîtres st Antonin puis le Bx Conradin de Brescia. Avec de si bons guides, il devint un parfait frère prêcheur. Homme zélé menant une vie austère et homme de paix, il prit part à la réforme de l'Ordre. De 1440 à 1467 il fut prieur à Fabriano, en 1445 à Pérouse, en 1459 et 1470 à Ascoli. Dans la ville d’Ascoli, presque détruite par la discorde civile, il ramena la paix. Il restaura entièrement le couvent Saint-Dominique, où il fit refleurir les études et la discipline régulière, et où il termina sa carrière. Âme de prière, il disait que le Seigneur ne lui avait jamais refusé une grâce quand il récitait le Psautier entier. En plus de l’office divin, il récitait l’office des morts chaque jour. Son corps est encore vénéré dans l'église Saint-Pierre-Martyr d’Ascoli Piceno, alors que son chef l'est dans la cathédrale de Fabriano, sa ville natale, qui l’a choisi comme patron. Pie VII en 1821 a accordé la Messe et l’office propre.

24 février Anna Moes (Maria Dominika Klara de la Sainte Croix), née 27 octobre 1832 à Bous, Remich (Luxembourg), + 24 février 1895 à Limpertsberg (Luxembourg).
Anna Moes, qui est à peine connue, a été, cependant, une des plus extraordinaires mystiques du 19ème siècle. Père instituteur, mère de piété simple, 11 enfants, un oncle prêtre en Amérique, 3 frères prêtres. Le lendemain de sa naissance, Anna fut baptisée, avec des circonstances intérieures que sa mémoire transcrivit extraordinairement :
« Éclairée par une lumière surnaturelle, j’acquis aussitôt le plein usage de ma raison. Cette lumière, qui formait trois rayons quoique n’étant qu’une lumière, fit connaître clairement à mon âme le Dieu un et trine, Créateur, Rédempteur et Sanctificateur, mon aptitude en face de lui en tant que créature et les dons qu’il me faisait par le Saint Baptême. En même temps, Dieu me fit connaître la vocation de ma vie entière : ma mission au sujet de l’Ordre de Saint Dominique et de la fondation d’un couvent de religieuses contemplatives selon l’esprit du Saint Patriarche. Le Seigneur m’annonçait qu’il me demanderait des prières et des souffrances continuelles en vue de ce but et me laisserait en proie aux persécutions des hommes et des esprits infernaux. Saint Dominique et Sainte Catherine de Sienne, accompagnés d’une foule de Bienheureux de l’Ordre, assistaient à la cérémonie ».
« Dieu me laissait libre d’être bonne ou mauvaise. Il permettait souvent que je fusse assaillie de tentations de toutes sortes ; à côté de cela venaient les inspirations intérieures et les secours des anges pour m’encourager à aimer le bien et à fuir le mal ; mais toujours je sentais ce pouvoir de choisir entre les deux voies. »

Son ange gardien lui apprend des foules de choses. Elle souffre des yeux et reste beaucoup seule dans les coins sombres de la maison. Tous les 4 août, st Dominique lui apparaît.
À 6 ans elle fait vœu de virginité. Elle fait toutes sortes de pénitences. Elle demeurait avertie des répercussions immenses qu’obtenait sa vie obscure. Le jour de la fête du Sacré-Coeur, en 1849, elle sut qu’un événement considérable, avec son aide, se préparait pour l’Ordre dominicain ; et, le jour de Noël 1850, il lui fut révélé que cet événement était accompli, mais elle en ignora les conjonctures. Or, le 1er octobre 1850, le pape Pie IX, « passant par-dessus les pouvoirs du Chapitre général », venait de nommer vicaire général de l’Ordre, le Père Jandel, prieur du couvent de Nancy. Lacordaire déclara cette nomination « miraculeuse », personne ne s’y attendait ; on peut dire qu’elle allait être le salut de l’Ordre revivifié. Il fallait un supérieur comme le Père Jandel, un saint et un prudent, un homme d’un zèle tenace, positif à la manière des grands mystiques, pour imposer partout la règle primitive, la faire durer, ranimer, avec l’esprit de renoncement, la volonté d’expansion, l’ardeur de savoir, la confiance de l’amour triomphant.
Le 20 janvier 1850, à la messe, au moment de la communion, Anna vit Jésus, en présence de la Vierge, de saint Dominique et de sainte Catherine de Sienne, s’approcher d’elle et lui passer au doigt une alliance en or, avec des gemmes translucides où elle voyait le visage vrai de son âme. Le même jour, elle reçut de Dieu l’ordre de fonder à Luxembourg un couvent de Dominicaines où serait pratiquée l’ancienne observance :
« Les Soeurs imiteront fidèlement la vie cachée du Sauveur à Nazareth. Elles pourvoiront autant que possible à leur subsistance par le travail manuel. Leur monastère et leur façon de vivre seront très simples, leur vêtement pauvre et d’étoffe commune. Elles garderont les jeûnes et l’abstinence perpétuelle prescrite dans le grand Ordre. L’Office divin se fera aussi solennellement que possible ; les Matines auront lieu à minuit. La clôture et le silence seront strictement observés... Les soeurs s’exerceront, chacune selon sa mesure, à un complet renoncement, et regarderont comme perdue la journée où elles n’y auraient pas fait de progrès... Elles s’offriront chaque jour à Dieu, en réparation de l’impiété des hommes, particulièrement des persécuteurs de l’Église, et pour obtenir à l’épouse du Christ la force et la victoire dans ses combats. »
Elle ne peut fonder immédiatement ce monastère, car elle doit pendant deux ans tenir le ménage de son frère prêtre. Puis il meurt et elle assume une bonne partie de son purgatoire. Elle n’eut pas simplement à endurer les tortures qu’appelait sur elle son libre vouloir compatissant. Sauf le Curé d’Ars, il n’y a pas eu, peut-être, au 19ème siècle, une créature harcelée par les démons comme Anna Moës le fut presque jusqu’à sa mort.
En 1860, elle reçoit les stigmates et à nouveau l’ordre de fonder un monastère dominicain. On lui donne une masure pourrie et en 1861 elles commencent à y vivre à deux, puis d’autres sœurs viennent. En 1873 on leur permet de faire profession dans le Tiers-Ordre, mais sans l’habit, et elles n’ont pas le droit d’avoir l’eucharistie dans leur couvent. Puis sœur Klara fonde un monastère à Clairefontaine en Belgique et reçoit l’habit en 1882. Quatre ans après, elles reviennent au Luxembourg où elle fonde le monastère définitif à Limpertsberg. Elle est prieure.
« Les austérités doivent être pratiquées avec un esprit vrai d’humilité et de renoncement ; sans cela elles sont vides de mérites et peuvent devenir une abomination aux yeux de Dieu... Mieux vaut faire peu avec suite et allégresse que de se charger de fardeaux qu’il faut déposer presque aussitôt. »
« L’obéissance extérieure, sans la soumission de la volonté et du jugement, est comme l’enveloppe d’une noix sans son fruit. »
« La vraie liberté consiste dans l’obéissance. »


Elle aimait la nature et les animaux, elle admirait les insectes et les oiseaux, et les exhortait à louer Dieu. Dans sa cellule elle était entourée de petites bêtes et d’oiseaux.
Il ne semble pas que sa mort ait suscité autour de sa vie une immédiate rumeur de vénération. Elle devait être de ces âmes cachées qui émergent peu à peu du silence et d’une sorte de nuit surnaturelle. Sa vie extraordinaire fut empreinte de souffrance, de sacrifices, de prière, d’obéissance à la volonté de Dieu. « Ma vie fut tissée de souffrances intérieures et extérieures ». Elle a écrit ses expériences sur l’ordre de son confesseur.
- Elle s’est rendue disponible, elle a cru inébranlablement à sa mission de prière et de souffrance.
- Son but n’était pas de fonder un Ordre mais d’accomplir la volonté de Dieu.
- Elle voyait à long terme, elle n’a pas abandonné, elle ne s’est pas laissé déconcerter par les divers obstacles ni détourner de son chemin.
- Son attitude envers l’inapparent, le silencieux et le caché est impressionnante. Selon les estimations humaines, elle n’avait pas de gros poissons dans son filet, mais elle a toujours continué à le lancer. http://www.biblisem.net/etudes/baummoes.htm
Béatification en projet.

24 février Bse Ascension du Cœur de Jésus (Florentina Nicol Goñi), Tafalla (Navarre) 14 mars 1868-Pampelune 24 février 1940.
D’une famille de commerçants, elle reçoit une bonne éducation chrétienne qu’elle poursuit à partir de 14 ans à Huesca, à l’Internat Sainte Rose de Lima tenu par les moniales dominicaines. Elle réfléchit depuis longtemps à sa vocation religieuse et décide de rester d’abord une année à la maison pour clarifier son appel. Le 22 octobre 1885, âgée de 17 ans, elle entre au noviciat, fait profession l’année suivante et prend le nom de Ascensión del Corazón de Jesús. Elle devient professeur dans le collège où elle a été élève. Ce sera son premier champ d’apostolat pendant 28 ans. Les témoins garderont d’elle le souvenir d’une excellente éducatrice, à la fois douce et forte, compréhensive et exigeante. Dès cette époque, avec d’autres sœurs, elle désire aller vers les plus pauvres, même dans les pays lointains dont elles reçoivent des nouvelles par les revues missionnaires. Or, voici qu’un événement négatif va lui permettre de réaliser ses aspirations. L’État anticlérical ferme l’école en 1912. Les sœurs écrivent des lettres en Amérique et aux Philippines pour proposer leurs services. Mère Ascension est “prête pour tout sacrifice”. Un dominicain dynamique, missionnaire au Pérou, le Père Ramón Zubieta, vient en Espagne et accepte leur proposition.
Les religieuses partent à cinq en 1913, avec trois Pères missionnaires. Sœur Ascension a 45 ans. Après un séjour de deux ans à Lima, elle est invitée avec deux autres sœurs à œuvrer dans le tout nouveau Vicariat apostolique de Puerto Maldonado dont le Père Zubieta est nommé évêque. Le lieu qui leur est dévolu est un endroit perdu dans la forêt où vit une tribu d’Indiens ; mais atteindre ce but paraît impossible pour les gens de Lima : jamais personne n’a tenté un tel itinéraire, car il faut franchir la Cordillère des Andes et voyager sur de dangereuses rivières. Elles y arrivent pourtant, à l’étonnement de tous, après 24 jours de voyage.
La sœur Ascension fonde une école de filles, mais à côté des ‘natives’ il y a les ‘étrangères’ et les rapports ne sont pas faciles ; les sœurs accueillent tout le monde mais privilégient les ‘natives’. Sur la suggestion d’un Père dominicain, elle fonde le 5 octobre 1918 les Missionnaires dominicaines du Très Saint Rosaire, dont elle est Supérieure générale. Elle exerce une véritable maternité spirituelle toute empreinte de douceur ; en même temps, c’est une lutteuse pleine de courage, à l’esprit entreprenant.
Peu à peu, sa congrégation devient internationale. Elle fait de nombreux voyages au Pérou et en Espagne, allant même deux fois en Chine.
La croix est le prix de cet apostolat fructueux. “On ne sauve pas les âmes sans se sacrifier soi-même”, dit-elle souvent aux sœurs. Elle s’offre comme victime à l’amour miséricordieux de Dieu (comme la Petite Thérèse en 1895). Peu après avoir été élue une troisième fois Supérieure générale, elle tombe malade et meurt.
Béatifiée en 2005.
« l’une des grandes missionnaires du siècle passé ». « Elle avait la trempe d’une combattante intrépide et infatigable ainsi que la tendresse maternelle capable de conquérir les cœurs ».
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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Mer 29 Fév 2012, 18:16

26 février Serviteur de Dieu Antonio de Valdivieso, né à Villa Hermosa, Burgos, v1495/1500, †León, Nicaragua, 26 février 1550, protomartyr d’Amérique pour la défense des Indiens, disciple de Bartolomé de las Casas.

En décembre 2000, des fouilles dans les ruines de la cathédrale de León Viejo (Nicaragua) mirent à jour au pied des marches du grand autel trois tombes. Une équipe de scientifiques établit que ces restes étaient bien ceux des trois premiers évêques du Nicaragua (qui englobait à l’époque toute l’Amérique centrale). Ceux-ci furent solennellement transférés à la cathédrale de León le 26 février 2008.

Il s’agit de Diego Álvarez de Osorio (1534-1536), Francisco de Mendavía (1540) et Antonio de Valdivieso (1544-1550), qui furent vertueux et charitables envers les Indiens. Ils ont donné leur vie pour leurs brebis.

*Mgr Osorio mourut à l’hôpital, abandonné.

*Mgr Mendavía venait d’arriver comme évêque. Malgré les menaces des alliés du gouverneur Rodrigo Contreras qui ne voulait pas de juge ecclésiastique à León, il ordonna doyen de la cathédrale son frère, Pedro Mendavía, et mourut subitement le lendemain. Pedro affronta vaillamment Contreras, qu’il envoya en Espagne, accusé par l’inquisition de violer les lois ecclésiastiques en relation avec les droits des Indiens et des veuves. Mais Contreras revint, absous par l’évêque de Tolède qui était son ami. En mai 1543 Pedro Mendavía fut arrêté et envoyé en Espagne sous l’inculpation de déloyauté envers le roi, durant sa captivité furent assassinés 4 laïcs loyaux envers l’Église et 1 frère franciscain.

*Mgr Valdivieso arriva en 1544 avec sa mère et sa sœur.
Après être entré au couvent dominicain Saint-Paul de Burgos (qui fut peut-être fondé par st Dominique lui-même en 1218), il était parti en 1540 comme missionnaire à Lima (Pérou) dans une équipe de dominicains qui apportait un morceau de la Vraie Croix (d’où la ville de Veracruz) et fonda l’université Saint-Thomas. Rentré en 1543 en Espagne au couvent Saint-Paul de Valladolid, il y fit connaissance de Bartolomé de Las Casas, qui, connaissant sa vocation de service et son appui à la cause de l’évangélisation des Indiens, suggéra son nom à Charles Quint pour un évêché en Amérique. C’est ainsi que Bartolomé fut nommé évêque du Chiapas et Antonio du Guatemala. Ils se retrouvèrent à la consécration d’Antonio le 9 novembre 1545 à Gracias a Dios (Honduras). Ils avaient les mêmes idées sur la doctrine et la pastorale.

Les indigènes du Guatemala étaient les Indiens Chorotegas, Náhuatl, Chontales, Sutiavas de la côte Pacifique.
Avec son évêché, il reçut aussi de Charles-Quint la charge d’apporter et imposer au Nicaragua les Nouvelles Lois des Indes dictées en 1542, enlever aux encomenderos et autorités royales les terres des Indiens.
Pour Valdivieso, la famille Contreras était la cause principale de l’agitation au Nicaragua.
Il écrivit au roi douze lettres qui sont un témoignage de la difficulté et de la frustration que l’évêque rencontra. Le roi ne semble pas avoir compris la gravité des problèmes que l’évêque lui décrivait, l’impossibilité de faire appliquer les Nouvelles Lois.
Rodrigo de Contreras dut aller en Espagne en 1549-1550 pour se défendre devant le roi en appel des sentences du juge de Résidence Diego de Herrera, et pour demander qu’on lui rende les encomiendas qui lui avaient été enlevées en vertu de ces sentences et des Nouvelles Lois des Indes, chose qu’il n’obtint pas, certainement grâce aux dénonciations de Mgr Valdivieso qui influencèrent le roi contre lui. Ses fils Hernando et Pedro Contreras, à qui il écrivait, voulurent le venger.

En juin 1549 eut lieu une première tentative d’assassinat contre l’évêque.
Le mercredi des Cendres 26 février 1550, après la messe, Valdivieso se reposait dans la cathédrale, où il jouait aux échecs avec le frère Alonso de Montenegro op. Survint un groupe d’assassins guidés par Hernando de Contreras, Valdivieso tenta de fuir, Hernando le frappa à terre de multiples coups de poignard. L’évêque agonisant se confessa au frère Alonso, dit deux fois le Credo et mourut au milieu du deuxième. La violence de l’assassinat fut telle que la dague se cassa. Il mourut dans les bras de sa mère et fut enterré sommairement dans la cathédrale.
Hernando conquit ensuite Panama et ses richesses, et finit bientôt misérablement.

Étrangement, on ne connaît aucune déclaration de Las Casas à la mort de Valdivieso. Mais un dominicain de l’entourage de Valdivieso alla à Valladolid, sans doute pour dénoncer le crime, et revint au Nicaragua en septembre 1550 avec l’aide de Las Casas, occupé à la fameuse controverse.

Délicate question de l’intervention de l’Église dans la juridiction civile et criminelle, pour la défense des “misérables, très pauvres et très impuissants indigènes”, selon l’expression employée par Valdivieso et Las Casas dans la lettre pastorale du 19 octobre 1544.

Pour le 450ème anniversaire de son assassinat, la famille dominicaine du Nicaragua demanda au Saint-Siège de béatifier le Serviteur de Dieu Antonio de Valdivieso, « vu les motivations et circonstances de cet acte de violence contre un homme juste et droit, défenseur des indigènes marginalisés et maltraités ».
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giacomorocca



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Mer 29 Fév 2012, 20:57

Chère Fée Violine, il y a également sur Google Book "Histoire des hommes illustres de l'ordre de St-Dominique" en plusieurs tomes du Révérend Père A. Touron. Si vous ne les trouvez pas, je peux vous les faire parvenir en PDF.

Bonne soirée!
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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Mer 29 Fév 2012, 21:16

En fait, ceux qui sont illustres, je les connais déjà. Ce sont les autres qui m'intéressent! Mais je veux bien, oui, merci!
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giacomorocca



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Mer 29 Fév 2012, 21:47

Fée Violine a écrit:
En fait, ceux qui sont illustres, je les connais déjà. Ce sont les autres qui m'intéressent! Mais je veux bien, oui, merci!
Voici le lien sur Google Book:
http://www.google.ca/search?q=Histoire+des+hommes+illustres+de+l%27ordre+de+St-Dominique&btnG=Chercher+des+livres&tbm=bks&tbo=1&hl=fr

Vous devriez trouver les 4 tomes à télécharger en fichier PDF; sinon il faudra me fournir votre adresse courriel en MP pour que je vous les envoie.
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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Jeu 01 Mar 2012, 23:25

1er mars Bx Christophe de Milan, Milan 1410- Taggia (Ligurie) mars 1484, l’apôtre de la Ligurie.
Ste Catherine de Sienne avait ardemment désiré que l’Ordre devînt un “jardin tout délicieux”. Raymond de Capoue et les autres disciples de la sainte recueillirent comme un testament son vœu fervent, et protégés par elle ils inaugurèrent heureusement la Réforme. Ainsi au 15ème siècle il y eut toute une floraison de saints et de bienheureux qui donnèrent à l’Ordre dominicain une nouvelle splendeur. De cette illustre troupe fait partie Christophe de Milan. La sainteté de vie, la sainte passion des âmes, la parole enflammée et éloquente, firent de lui un grand et efficace prédicateur. Il prit l’habit au couvent Saint-Eustorge. En 1446 il fut maître des novices à Mantoue. Il déploya un vaste apostolat en diverses régions d’Italie et spécialement en Ligurie occidentale. En 1460 à Taggia, à la demande des citadins, il fonda un couvent et une église qu’il consacra à Marie Mère des Miséricordes. Sous son gouvernement fleurirent la discipline et l’éclat du culte. À ces nobles fins, il disposa qu’à l’imitation des prêtres antiques qui servaient au Temple, les religieux chargés chaque semaine de diriger l’Office divin ne devaient plus sortir du couvent, ni avoir d’autres engagements, parce que, occupés uniquement du culte, il pourraient être médiateurs auprès de Dieu au nom de leurs frères retenus par d’autres services.
Christophe promut avec zèle les études et, en bon dominicain, attira à l’Ordre de nombreuses vocations. Il fut appliqué au culte divin et à la théologie. Il fut un des plus célèbres prédicateurs de son temps. La prédication doctrinale, la passion pour le décorum liturgique, la pratique édifiante de l’humilité, la pauvreté évangélique et l’attrait de la pureté firent de lui un fidèle imitateur de saint Dominique. Son corps repose dans l’église Sainte-Marie Mère des Miséricordes à Taggia.
Culte confirmé en 1875.
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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Sam 03 Mar 2012, 12:26

3 mars Servante de Dieu Columba (Marianne) Schonath, 11 décembre 1730 à Burgellern près de Bamberg (Bavière), † 3 mars 1787 à Bamberg.
Fille du meunier Johann Georg Schonath et de son épouse Katharina Popp, élevée par sa grand-mère paternelle jusqu’à 8 ans, enfant très pieuse. Sa mère meurt en 1742 à l’âge de 37 ans. Marianne entre le 27 mai 1753 comme soeur converse au monastère dominicain du Saint Sépulcre à Bamberg, sous le nom de soeur Maria Columba, à cause de la Bse Colomba de Rieti, OP. Elle prononce ses vœux le 24 septembre 1754. Peu après commencent ses douleurs, qui atteignent leur paroxysme en 1763 avec les stigmates, qui sont attestés en décembre 1763. Elle avait aussi des visions, qui dépassaient ses forces physiques. Elle mena désormais jusqu’à sa mort une vie lourdement éprouvée par des souffrances physiques et morales, une vie d’expériences mystiques et de grâces, qu’elle décrivit dans des écrits mystiques. Columba est morte en réputation de sainteté. Sa tombe est un lieu de pèlerinage.
Béatification en cours, nihil obstat juillet 2000.

3 mars Servante de Dieu Adela Soldevila Galiana de Casesnoves, née le 5 mai 1906 à Xàtiva, Valencia, + 3 mars 1988 même lieu, laïque dominicaine, mariée.
Manuel et Adela, parents de 10 enfants, étaient très connus pour leur générosité. Ils avaient une pharmacie, qui fut vraiment le lieu de leur charité. Ils offraient les médicaments nécessaires à de très nombreuses personnes, qui ne pouvaient pas payer en ces difficiles années de l'après-guerre. Manuel ne cessa jamais de prêter l’argent sans demander d'intérêt ni de garantie. «Tu me le rendras lorsque tu pourras», telle était sa réponse et il ne faisait signer aucune note. Tout, toujours, avec le consentement d'Adela, qui partageait la bonté et la générosité de son mari.
Nihil obstat 2009; ouverture de l'enquête diocésaine 25 mars 2009. Manuel (mort en 1958) est aussi en cours de béatification.

4 mars Servante de Dieu Luisa Piccarreta, Corato près de Bari 23 avril 1865 - 4 mars 1947, tertiaire dominicaine, mystique, "la petite fille de la volonté divine", auteur, connue pour n’avoir vécu que de l’eucharistie pendant 65 ans.
L’archevêque de Trani a ouvert sa cause de béatification en 1994. L’enquête et documentation du diocèse fut achevée fin 2005, et le Vatican a ouvert l’examen en mars 2006. Quelques années avant sa mort, le Bx Annibale Di Francia écrivit ce bel éloge:
«Il semble que Notre-Seigneur Jésus-Christ, Lui qui multiplie toujours plus les merveilles de son Amour, ait voulu former en cette vierge (dont Il disait qu’elle était la plus petite qu’Il ait pu trouver sur cette terre, dépourvue de toute instruction), un instrument adapté pour accomplir une mission si unique et si sublime qu’elle ne peut être comparée à aucune autre, à savoir le Règne de la Divine Volonté sur la terre comme au ciel. »
http://www.luisapiccarreta.ca/bio_2.htm
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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Mer 07 Mar 2012, 20:13

7 mars Servante de Dieu Josefa Berride Bureth, née le 4 novembre 1648 à Siétamo, Huesca (Espagne), + 7 mars 1717 à Siétamo, tertiaire dominicaine.
Selon sa volonté, après sa mort ses disciples et son confesseur fondèrent en 1725 les Béates de Sainte Marie-Madeleine et de Sainte Rose de Lima. C’est l’origine de l’actuel collège Sainte-Rose de Huesca.
Béatification en cours. Nihil obstat 2000.


Dernière édition par Fée Violine le Jeu 08 Mar 2012, 15:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Mer 07 Mar 2012, 20:14

giacomorocca a écrit:
Fée Violine a écrit:
En fait, ceux qui sont illustres, je les connais déjà. Ce sont les autres qui m'intéressent! Mais je veux bien, oui, merci!
Voici le lien sur Google Book:
http://www.google.ca/search?q=Histoire+des+hommes+illustres+de+l%27ordre+de+St-Dominique&btnG=Chercher+des+livres&tbm=bks&tbo=1&hl=fr

Vous devriez trouver les 4 tomes à télécharger en fichier PDF; sinon il faudra me fournir votre adresse courriel en MP pour que je vous les envoie.
Merci!
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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Jeu 08 Mar 2012, 15:33

Hier 7 mars, c'était l'anniversaire de la mort de saint Thomas d'Aquin I love you I love you I love you , le saint patron de ce forum.

Mais dans l'Ordre dominicain, il n'y a pas de saints pendant le carême, pour laisser toute la place à Dieu. C'est pourquoi saint Thomas est fêté à une autre date, le 28 janvier, je ne me rappelle d'ailleurs plus pourquoi (ça doit être la date de la translation de ses reliques).

Les dominicains que je vous présente pendant le carême ne sont donc pas des saints, mais pour la plupart des personnes en cours de béatification, que j'ai placés à la date de leur mort (date qui ne sera pas forcément celle où ils seront fêtés une fois béatifiés!).
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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Ven 09 Mar 2012, 17:57

9 mars Barbara Pfister, née à Wattenheim 1er septembre 1867, + Spire 9 mars 1909.
Fille de Balthasar Pfister, menuisier, et de Margaretha Maltry, dès l’enfance Barbara eut des visions sur la vie de Jésus. Sa piété l’isolait des autres enfants. Elle se mettait souvent à genoux devant le Saint Sacrement. À 17 ans elle entre chez les moniales dominicaines de Spire. Comme parfois après la communion elle s’évanouissait et qu’on devait l’emporter hors de l’église, on la renvoya au bout d’un trimestre. La supérieure à cette époque ne se doutait pas que ces évanouissements étaient dus à des visions. Barbara travailla d’abord comme employée de maison à Spire, pour aider un peu sa famille financièrement.
Le 30 juin 1890 les cinq plaies du Christ ainsi que les marques de la couronne d’épines devinrent pour la première fois visibles sur son corps. Barbara voulait absolument garder cela secret, mais n’y réussit pas longtemps. Quand les stigmates furent connus, elle se vit exposée à de méchantes accusations. Mais les interrogatoires policiers et médicaux ne purent établir aucune fraude et ses directeurs spirituels confirmèrent toujours la limpidité de son caractère. Les attaques et calomnies augmentaient, mais Barbara supportait tout avec patience et esprit de sacrifice. L’expiation de substitution pour les fautes des autres était son désir. Chaque année, à l’époque de la passion et particulièrement aussi pour la fête du couronnement d’épines, qui était encore fêté à cette époque dans le diocèse de Spire, Barbara devait particulièrement supporter beaucoup de souffrances. Quand alors son directeur spirituel lui lisait quelques passages de la liturgie du jour, c’était pour elle un allègement et une musique consolante.
À partir de 1896, elle vécut sous la protection des soeurs de charité de Spire, rue de l’Ange. Friedrich Molz fut son directeur spirituel, dessina ses visions et publia en 1928 sa biographie.
Barbara Pfister est une des très rares personnes en Allemagne qui ont eu des visions sur la vie du Christ et portaient en même temps des stigmates visibles, étudiés scientifiquement.
En 1938, le diocèse de Spire a nommé une commission pour rassembler tous les témoignages, les comptes rendus, et notamment les nombreux exaucements de prières, sur la défunte mystique. Nikolaus Lauer a utilisé ces matériaux pour écrire une biographie, publiée en 1939 à de nombreux exemplaires, mais la guerre interrompit les démarches pour la béatification. Récemment, à Ludwigshafen, un cercle amical Barbara Pfister a été créé pour relancer le processus en faveur de l’unique stigmatisée du Palatinat, mais il n’y a rien de nouveau côté béatification. Mais sa tombe est un lieu de pèlerinage.

9 mars Servante de Dieu Assunta Viscardi, Bologne 11 août 1890 – Bologne 9 mars 1947, tertiaire dominicaine.
Diplômée de l’École Normale d’institutrices de Bologne en 1909, elle fonde en 1928 une œuvre caritative : l’œuvre de Saint Dominique pour les enfants de la Divine Providence, reconnue par l’Église en 1948 et par la République italienne en 1955.
Elle ouvre en 1933, près de la place San Domenico, "La Porte de la Providence" adossée au couvent dominicain, pour donner des secours matériels aux pauvres.
Saint Dominique, pour qui elle a une fervente dévotion, est son modèle pour aider les enfants des rues. Beaucoup furent placés dans des institutions où ils purent recevoir une éducation intégrale. Assunta les suivait tous avec sollicitude et attention personnalisée. Elle avait une petite équipe de collaboratrices, dominicaines comme elle. Une grande partie du financement provenait des écrits qu’elle éditait, car Assunta avait un don pour l’écriture, et ainsi elle diffusa et a légué à l’histoire des milliers de pages, qui seront précieuses pour le procès.
Le collège « Nid de Farlottine » est aujourd’hui florissant. Une école publique de Bologne porte le nom d’Assunta Viscardi.

Le procès de béatification a été ouvert le 9 mars 2009, clôture de l’enquête diocésaine 16 avril 2011. Nihil obstat 2009.
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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Sam 10 Mar 2012, 11:44

Aujourd'hui deux grands hommes, français, dont le premier sera béatifié dans moins de 3 mois:

10 mars Vble [bientôt Bienheureux] Alcide-Vital Lataste (Jean-Joseph), né le 5 septembre 1832 à Cadillac, Gironde, + 10 mars 1869 à Frasne-le-Château, Haute-Saône.
Fondateur des Soeurs Dominicaines de Béthanie.
Dernier d'une famille de sept enfants. Ses parents, Vital Lataste et Jeanne Grassiet, étaient propriétaires de quelques arpents de vigne et d'un négoce de tissus. Son père, libre penseur, ne s'opposait pas à la piété de son épouse, qui éleva chrétiennement ses enfants. À la suite de graves problèmes de santé, Alcide dut aller vivre à Loupiac, où il resta trois ans. Il en revint guéri, et attribuera ultérieurement cette guérison à ses profondes et nombreuses prières à la Sainte Vierge. Ses parents l’envoyèrent au petit séminaire de Bordeaux, où il rencontra Henri Lacordaire pour la première fois. La vocation sacerdotale grandissait dans l'esprit d'Alcide, mais il craignait d'en être indigne. Admis au collège de Pons pour la poursuite de ses études, dans la section laïques, sur ordre de son père, ses supérieurs ne l'encouragèrent pas à approfondir sa vocation. Seule sa sœur Rosy le soutint et l'empêcha d'abandonner et de devenir indifférent à toute forme de vie religieuse. En 1850 après son bac il retourne chez ses parents pendant un an : il écrit des poésies, consacre beaucoup de temps à la lecture. Puis il devint fonctionnaire dans les impôts (1851-1857). Il fréquenta un groupe de jeunes gens chrétiens, où il découvrit l'adoration nocturne du Saint Sacrement, fondement et force de leur action caritative, et fit connaissance avec la Société Saint-Vincent-de-Paul dont il sera un membre très actif.
« Doué d'un cœur bon et compatissant, il ne fut pas longtemps novice dans l'exercice de la charité. (…) Ses visites étaient longues et respiraient la plus franche cordialité ; aussi étaient-elles attendues avec impatience et accueillies avec joie. »
Dans toutes les villes où il passait, soit il participait activement aux Conférences existantes, soit il en fondait là où il n'y en avait pas encore.
En 1853 il est nommé à Privas, où il rencontre une jeune fille qu’il désire épouser, mais son père s'y oppose et fait muter son fils à Pau, puis la jeune fille meurt. Malgré son chagrin, Alcide continue ses activités au sein des Conférences, réfléchit de plus en plus à sa vocation, et finalement entre en 1857 au noviciat des Frères Prêcheurs de Flavigny. L’Ordre dominicain venait de renaître en France grâce à Lacordaire. Alcide est heureux.
Un problème de santé retarde sa profession, qui a lieu en mai 1859 à Toulouse. Le lendemain, il part pour le couvent de Chalais, près de Grenoble, et en juillet Lacordaire transfère la communauté à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume. C'est en ces lieux que le frère Jean-Joseph Lataste va approfondir sa vie spirituelle, et faire connaissance avec Marie Madeleine qui sera l'inspiratrice de sa vocation de fondateur.
« Il est donc vrai, les plus grands pécheurs, les plus grandes pécheresses ont en eux ce qui fait les plus grands saints ; qui sait s'ils ne le deviendront pas un jour ? »
En mai 1862 il fit profession solennelle, en février 1863 il fut ordonné prêtre à Marseille.
Il est envoyé à Bordeaux. Il prêche, anime des retraites, confesse, instaure l’adoration perpétuelle. Déjà, lors de son séjour dans les Pyrénées, il avait été sensibilisé à la détresse des femmes en difficulté, bien avant la rencontre décisive avec les détenues de Cadillac en septembre 1864, lors d'une retraite où ses supérieurs l'avait envoyé prêcher. D'emblée, le prédicateur aborde les détenues en leur adressant des mots qu'elles n'avaient pas l'habitude d'entendre :
« ...Et moi, ministre de Dieu, consacré quoique très indigne, au service de ses autels, voué pour toute ma vie à la privation absolue de tout ce dont vous avez abusé, volontairement lié par les vœux perpétuels de pauvreté, d'obéissance et de chasteté, moi je viens à vous de moi-même, sans attendre que vous m'ayez appelé, et vous tendant les mains, je vous appelle : mes bonnes, mes pauvres, mes chères sœurs ».
Parallèlement, il entend longuement les détenues en confession, et parle avec une foi profonde de la miséricorde divine. Et c'est là, entre la découverte du monde carcéral, inspiré par l'exemple de Marie Madeleine, et conforté par l'espérance profonde qu'il avait dans le pardon divin, que le Père Lataste entrevit ce qui allait être un projet novateur, la fondation de Béthanie. Dans l'enthousiasme de sa jeunesse (il avait 32 ans), et dans l'intime conviction que c'était là l'œuvre voulue par Dieu, il se lança immédiatement dans les démarches de fondation d'une congrégation qui accueillerait des détenues en fin de peine, afin qu'elles retrouvent le chemin de la prière et du pardon, au milieu d'autres religieuses. Les réticences furent nombreuses, il n'était pas dans l'esprit du temps d'imaginer une quelconque rédemption pour ces personnes que la société considérait comme définitivement perdues pour elle. Le père Lataste continuait de son côté son intense activité de prédicateur, tout en vivant les troubles occasionnés par la restauration de la Province de Toulouse et les divergences entre les partisans des idées de Lacordaire et celles d'autres penseurs dominicains.
C'est en 1865 qu’il put retrouver les détenues de Cadillac, et l'attitude des femmes lors de l'Adoration et des confessions qu'il reçoit, lui font envisager encore plus intensément l'urgence de la fondation qu'il souhaitait pour elles.
« J'ai eu l'occasion une fois de plus d'admirer le travail de la grâce dans ces âmes et de constater la nécessité et l'opportunité de cette fondation, non seulement pour plus tard, mais dès maintenant ».
Toutefois, nommé maître des novices, ses charges pastorales au couvent de Flavigny ne lui laissèrent pas grand loisir. Il rédige une biographie de la Bse Imelda Lambertini (voir 12 mai). Il publie aussi d’autres brochures, dont la plus importante sera celle du projet de fondation de Béthanie, intitulée Les Réhabilitées, publiée en mai 1866.
Il existait déjà quelques établissements qui accueillaient des femmes sortant de prison, comme les refuges tenus par les sœurs du Bon-Pasteur d'Angers, mais ces femmes, si elles y trouvaient accueil et lieu de prière, ne pouvaient jamais y devenir religieuses. Le Père Lataste souhaitait, lui, qu'il y ait fusion entre les religieuses et les repenties, sans tenir compte du passé des unes et des autres. Faire accepter cette idée novatrice, trouver des locaux, faire venir des religieuses pour la fondation de l'institution ne fut pas facile. Avec confiance et pugnacité, le Père Lataste envoya sa brochure sur Les Réhabilitées à de nombreuses personnalités, s'appuyant sur les écrits de Lacordaire mais aussi sur ceux de Victor Hugo dont la publication récente des Misérables avait marqué l'opinion publique.
C'est alors que Mère Henri-Dominique, religieuse déjà sensibilisée aux problèmes de la réhabilitation des détenues, rencontra Jean-Joseph Lataste à Flavigny. Ce fut le début d'une étroite collaboration. Après de nombreuses vicissitudes pour trouver un lieu où implanter la fondation, la congrégation put s'installer à Montferrand-le-Château (diocèse de Besançon) en 1866. Pour le fondateur, Béthanie n'est pas son œuvre, mais sera toujours celle de Dieu.
« Je désire que nulle excepté vous ne sache de nos enfants la cause ni la durée de leur détention. Il faut que le passé soit absolument enterré, mis dans la tombe ; qu'il n'y soit jamais fait allusion devant qui que ce soit, mais seulement en confession et en direction, entre vous et elles ».
En mai 1867, l'œuvre de Béthanie comptait 12 personnes, dont 4 réhabilitées. Et c'est en la fête de sainte Marie-Madeleine, le 22 juillet 1868, que le Père Lataste remit l'habit aux deux premières réhabilitées. Actuellement, les sœurs dominicaines de Béthanie ont des implantations en France, en Italie et en Suisse.
Guéri d’une ostéomyélite en 1863, le P. Lataste tombe à nouveau malade en 1868. En janvier 1869, il dicte à Mère Henri-Dominique le début des constitutions de Béthanie, qui ne seront terminées qu’après sa mort. À l'approche de la mort, il pria pour ses filles et rendit grâce :
« Je remercie bien l'ordre de Saint Dominique tout entier de m'avoir donné son saint habit.
Je remercie bien et je bénis en mourant toutes les personnes qui m'ont approuvé et m'ont aidé de leurs prières, de leurs conseils, de leur influence, de leurs dons.
Je pardonne à tous ceux qui ne m'ont pas approuvé et même qui m'ont contredit et combattu : je prie Dieu de les bénir tous, tous. »

Un an plus tard, la communauté de Béthanie quittait Frasne-le-Château où il avait été enseveli. Sa dépouille incorrompue fut alors exhumée pour être transportée dans le cimetière du nouveau couvent de Montferrand-le-Château, jusqu'à la translation dans la chapelle des sœurs lors de l'ouverture du procès en béatification en 1937. Sur sa tombe il est écrit : « Parvenu à la perfection en peu de temps, il a connu la plénitude des longues vies ». Il avait offert sa vie pour que saint Joseph soit déclaré le saint patron de l'Église universelle.
Vénérable 1er juin 2007. Béatifié le 2-3 juin 2012 à Besançon.
« Dieu ne regarde pas ce que nous avons été, il n'est touché que par notre amour »
« Venez à Jésus, il a du baume pour toutes les blessures »
« Dieu ne pèse les âmes qu'au poids de leur amour »
« Mon Dieu, faites de moi un prêtre toujours fidèle, un religieux selon votre cœur, un saint ! »


10 mars Marie-Joseph (Albert) Lagrange, né à Bourg-en-Bresse 7 mars 1855, + Saint-Maximin 10 mars 1938. À l’âge de trois ans, il reçoit la bénédiction du saint curé d’Ars.
Après des études classiques au petit séminaire d’Autun, il poursuit à Paris des études en droit jusqu’au doctorat. Attiré par l’idéal de saint Dominique, il entre au séminaire d’Issy-les-Moulineaux (1878-1879), puis au noviciat de Saint-Maximin où il reçoit l’habit dominicain des mains du prieur provincial, le Bx Hyacinthe-Marie Cormier (voir 21 mai). Dès la fin du noviciat en 1880, un décret d’expulsion des religieux oblige tous les frères dominicains à quitter la France. Ils sont accueillis par les dominicains espagnols dans leur couvent de Salamanque, où le frère Lagrange étudie la théologie de saint Thomas d’Aquin et la doctrine mystique de sainte Thérèse d’Avila. Il est ordonné prêtre le 22 décembre 1883 à Zamora.
Habité par un goût passionné pour l’étude de la Bible, il est envoyé à Jérusalem au couvent Saint-Étienne, où il fonde une école biblique inaugurée le 15 novembre 1890. Désormais, et jusqu’au dernier jour, sa vie est consacrée au service de la Bible : chercheur, professeur d’exégèse, directeur de l’École biblique et de la Revue biblique (1892), auteur de nombreux livres et articles, prédicateur… Il passe à Jérusalem 45 ans de sa vie. Son livre le plus connu est L’Évangile de Jésus-Christ, traduit en plusieurs langues.
Son œuvre d’exégète a le mérite de rendre à la pensée catholique droit de cité dans le monde savant. La contradiction et les épreuves, sur ce terrain de combat apostolique pour le salut des âmes, n’ont pas manqué. Fidèle et fervent, le père Lagrange poursuit jusqu’au bout son service d’Église.
En 1935, il rentre définitivement en France pour des raisons de santé, à Saint-Maximin, d’où il part vers le Père. Sa dépouille mortelle est ramenée à Jérusalem en 1967 dans le chœur de la basilique Saint-Étienne.
Les conditions précaires de la fondation en 1890 de l’Ecole biblique de Jérusalem nous laissent pantois quand on mesure ce qu’en a fait, au fil du temps, Marie-Joseph Lagrange. Ce Dominicain voulait autant recevoir la Bible comme la Parole de Dieu que jouer à fond le jeu de la critique. Sa méthode est de joindre l’observation du sol à l’étude des textes, de lier la méthode historique à la règle de la foi, en pratiquant une exégèse théologico-critique. Il n’en est pas moins un spirituel, enracinant sa vie dans la prière, ce qui en fait un vrai exégète en quête de Dieu. Une telle activité scientifique ne se fait pas sans heurts avec l’institution ecclésiale, confrontée à la crise moderniste. Lagrange connaît les affres de la censure et fait face aux critiques de sa Méthode historique et de son commentaire de la Genèse. Il voit certains de ses écrits interdits. Rome le considère comme suspect. Il doit quitter Jérusalem et se retire à Paris. À l’heure de la réconciliation, il s’en retourne à Jérusalem où il prépare la relève. Il continue à publier et a la joie d’être reconnu par ses pairs comme un grand serviteur de l’Eglise lors de son Jubilé sacerdotal.
Sa cause de béatification a été initiée et progresse. Parmi une multitude de témoins des bienfaits de sa vie, de son œuvre et de son intercession, les papes Paul VI et Jean-Paul II ont fait l’éloge de ce savant qui a relié la foi et la science. http://www.mj-lagrange.org/?p=473
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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Dim 11 Mar 2012, 22:47

Citation :
Il est donc vrai, les plus grands pécheurs, les plus grandes pécheresses ont en eux ce qui fait les plus grands saints
Instruisez-moi s'il-vous-plaît ! Ou priez notre Seigneur de m'instruire !

Chapeau-bas Fée Violine pour ce travail ! J'en ai lu un peu, mais pas tout, hein, je l'avoue... Je suis dans l'admiration du nombre innombrable de ces âmes, connues ou inconnues, qui ont embrassé littéralement notre Seigneur. Cela met mon coeur en fête...
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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Lun 12 Mar 2012, 22:29

Merci pour vos encouragements!
Oui, les saints sont innombrables et tous différents. C'est magnifique! sunny
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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Dim 18 Mar 2012, 12:49

17 mars Bx Tommasello, +1270 à Pérouse.
Selon un document historique quasi contemporain du Bx, le Nécrologe du couvent dominicain St Dominique de Pérouse, Tommasello entra au couvent quand il était encore enfant. Il fut pendant des années élève de st Thomas d’Aquin, sans doute quand celui-ci enseignait à Rome (1265-67) et à Viterbe (1267-1268). Tommasello a laissé le souvenir de sa grande doctrine, de son enseignement et de sa prédication à Pérouse et dans les cités voisines, de sa vie religieuse exemplaire et sainte. Le Nécrologe exalte aussi son esprit de mortification, rappelant par exemple la fois où il alla à Naples pour un Chapitre provincial, avec une chemise de fer sur la chair. On lui attribue beaucoup de miracles, que par humilité il cherchait à tenir cachés; le clergé et le peuple de Pérouse le tenaient pour saint, même de son vivant. Il était aussi favorisé du don de prophétie. Le Nécrologe dit que Tommasello mourut à l’âge de 28 ans, mais vu tout ce qu’on dit qu’il a fait, ce doit être une erreur d’écriture (38 ans ?). Il fut enseveli dans l’église de son couvent, près de l’autel de la Vierge Marie. Plus tard, en 1285, on lui fit une tombe plus digne. À présent, ses restes sont dans l’église St-Dominique de Pérouse, avec ceux du Bx Nicola Paglia de Giovinazzo.

18 mars Vble Róża Filipa Białecka (Maria Kolumba), née 23 août 1838 à Jaśniszcze, Podkarpackie (Pologne), + 18 mars 1887 à Cracovie.
Fondatrice des Soeurs Dominicaines de Pologne (sœurs du tiers-ordre dominicain).
Enfant, Róża avait beaucoup de dons naturels et surnaturels, elle était très obéissante. Quand ses sœurs n’étaient pas sages, c’est elle qui demandait pardon à leur mère. Le père, Franciszek Białecki, très chrétien, accueille des prêtres jésuites persécutés. La mère, Anna Ernestyna, pieuse et intègre, a vécu longtemps et supporté de lourdes croix avec liberté d’esprit.
Voyant les dons exceptionnels du Seigneur dans cette enfant, les prêtres ont convaincu la mère que Róża ferait une bonne religieuse. À 19 ans elle entre au noviciat des sœurs dominicaines de Nancy, en France, fait ses premiers vœux (soeur Maria Kolumba) puis revient en Pologne fonder la congrégation des sœurs dominicaines : en 1861 elle ouvre un couvent à Wielowies (c'était le rêve du P.Vincent Jandel, Maître de l’Ordre, de ressusciter le Tiers-Ordre des soeurs dominicaines en Pologne).
Connaissant les besoins de ces paysans pauvres et illettrés, elle commence sa mission de charité en organisant un réseau d’écoles paroissiales où enfants et adultes peuvent apprendre à lire et écrire, et viennent à une meilleure connaissance de la foi. Elle se dévoue aux malades et aux mourants, et fait un spécial effort pour leur apporter une aide matérielle et sacramentelle, de sorte qu’ils retrouvent leur dignité et meurent réconciliés avec Dieu.
À sa mort en 1887, la jeune congrégation a tellement grandi que quatre autres couvents sont ouverts. Ses filles spirituelles continuent la mission que leur avait confiée leur fondatrice et se consacrent à l’éducation chrétienne, soin aux malades et assistance aux pauvres à travers le monde.
Déclarée Vénérable le 20 décembre 2004.
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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Mar 20 Mar 2012, 22:28

19 mars Bx Clément, évêque 1233-1258, le premier dominicain de Grande-Bretagne et Irlande à devenir évêque.
Saint Dominique l'avait accueilli dans l'Ordre qu'il venait de fonder et lui confia la mission de le répandre en Écosse où il devint évêque de Dunblane (ou Strathearn), diocèse en situation difficile. Il oeuvra à restaurer la viabilité financière de l'évêché, ce qui impliqua de difficiles négociations et une visite au pape à Rome. Clément réussit à sauver l’évêché d'un déménagement vers l'abbaye d'Inchaffray. Il regagna aussi assez de revenus pour commencer les travaux de la nouvelle cathédrale de Dunblane.
Il dut affronter des difficultés semblables avec l'évêché appauvri d'Argyll dans les années 1240. Il fut chargé de restaurer la viabilité du diocèse, ce qui lui permit de créer des liens d’amitié avec le roi Alexandre II d'Écosse, auprès de qui il se trouvait quand ce roi mourut durant une campagne à Argyll en 1249. En 1250 il installa un nouvel évêque à Argyll.
Dès 1250 il avait gagné la réputation d’être l’un des réformateurs dominicains les plus actifs en Grande-Bretagne. Clément contribua à la canonisation de st Edmond d'Abingdon (1246) et de la reine ste Marguerite d’Écosse (1250).
Après sa mort, il fut vénéré lui-même comme saint, mais il n’a jamais été formellement béatifié.

20 mars Bx Maurice Csaky (Ugod?, Hongrie, v1281 - Györ, Croatie, 20 mars 1336).
Fils de Demeter III, seigneur de Csak, et d’une fille du noble Miklós Kőszegi, dès l’enfance il montre de l’attrait pour la dévotion, et quand un dominicain lui lit la vie de saint Alexis de Rome, il veut entrer au couvent. Mais son père l’oblige à se marier en 1301 avec Catherine, fille d’Amédée, prince palatin. Trois ans après, ils furent d’accord pour se séparer. Il entra chez les dominicains de l’île Sainte-Marguerite à Budapest. Le gouverneur de Budapest, Ladislas, met Maurice en prison pendant 5 mois pour tester la fermeté de sa résolution, l’accusant d’avoir abandonné le service du prince palatin. Quand on le libéra, il n’avait pas changé d’idée ; mais les supérieurs du couvent préférèrent l’envoyer à Bologne, où il fit ses études et sa profession. Puis il revint en Hongrie, où il y avait la guerre. Il s’interposa entre les combattants. Il vécut à Györ, où il fut nommé sacristain et diffusa la dévotion au Saint Sacrement.
Son procès de canonisation était en cours et devait se conclure au concile de Ferrare, mais fut interrompu par l’invasion turque qui détruisit son tombeau en 1438. Ce qui n’empêche pas l’Église hongroise de l’honorer d’un culte très officiel depuis 1494, quand il fut inclus au calendrier liturgique.

20 mars Sébastienne de Sainte-Marie, 1602 à Pasig (Philippines)-1642, tertiaire OP.
Elle mène une vie très austère : cilice, discipline, jeûne presque en permanence (les 15 dernières années de sa vie, elle ne prend quasiment que l’eucharistie), et dort très peu : la nuit elle passe 4 ou 5 heures à genoux en prière, s’offrant au Seigneur comme victime pour expier les péchés commis dans les îles. Sébastienne était consumée d’amour divin, d’une humilité profonde, d’une obéissance scrupuleuse. Elle obtient des guérisons, fait des prophéties ; elle va dans les prisons et les hôpitaux pour consoler ceux qui souffrent. Exténuée, elle rend à Dieu sa belle âme à l’âge de 40 ans.
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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Mar 20 Mar 2012, 23:30

Merci.
Je lis toujours...
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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Jeu 22 Mar 2012, 21:33

Merci!
En voici encore:

22 mars Jeanne de Saint-François, 1612 dans les Côtes d’Armor, + 22 mars 1650 à Dinan.
De famille noble, elle entre à 25 ans comme converse au monastère dominicain Sainte-Catherine de Dinan. C’est une religieuse parfaite, humble, obéissante, mortifiée, aimant Dieu, charitable envers le prochain. Une fièvre contagieuse se répand dans le couvent, elle soigne les sœurs malades, est contaminée et meurt, âgée de 38 ans.

22 mars Vénérable Maria Geltrude Salandri, née 14 janvier 1690 à Rome, + 22 mars 1748 à Valentano, Viterbe.
Elle entra très jeune comme pensionnaire au monastère Sainte-Catherine de Viterbe, mais c’est à Valentano qu’elle professera sa foi en fondant le monastère du Très Saint Rosaire puis l’hôpital public, avec l’aide financière du marquis De Angelis de Montefiascone. Sa vie était très mortifiée et d’intense recueillement. Elle fut très aimée et vénérée durant sa vie, stigmatisée, et mourut en réputation de sainteté.
Déclarée vénérable le 10 février 1884.
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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Ven 30 Mar 2012, 15:45

28 mars Venturino de Bergame, 9 avril 1304 à Bergame -† 28 mars 1346 à Smyrne.
Son père, le célèbre maître Lorenzo de Apibus (de la famille Artifoni di Almeno), docteur en grammaire et logique, précepteur des neveux du cardinal Longo à Avignon; sa mère, de la noble famille Caracosa. Ses frères et sœurs : Pierina, Caterina (qui devint moniale dominicaine) et Jacopo Domenico (qui fut ami de Pétrarque).
À 14 ans, Venturino entra chez les dominicains au couvent Saint-Étienne à Bergame. Il finit ses études à Gênes, fut ordonné prêtre et devint maître des novices. Il s’inscrivit à la Société des Frères pèlerins, instituée par l’Ordre pour les Missions d’Orient. Arrivé à Venise pour s’embarquer, il fut, en fait, envoyé à Chioggia, à Vicence, et à Bologne. Il s’imposait déjà comme orateur, souvent contraint de prêcher en plein air vu le nombre d’auditeurs (1328-1335).
En 1335 il organisa pour des pénitents un pèlerinage Bergame-Rome, dans l’intention de faciliter la conversion des pécheurs à la pénitence, d’amener guelfes et gibelins à faire la paix, et de réconcilier avec le pape les nombreux excommuniés bergamasques. 3000 personnes partirent le 5 février 1335, avec une halte à Florence. Arrivé à Rome le 21 mars, il prêcha pendant 12 jours, puis (laissant le pèlerinage se terminer dans le désordre) il partit avec son frère Jacopo voir à Avignon le pape Benoît XII, qui se méfiait peut-être (comme Clément VI par la suite) du tempérament enthousiaste de Venturino, qu’on pouvait juger utopiste, et de ses apparences d’agitateur. Son projet fut mal compris : Benoît XII crut que Venturin voulait se faire pape. Suivit un interrogatoire, puis l’interdiction de prêcher et de confesser, et l’exil à Aubenas dans un couvent pendant 8 ans, qu’il passa à écrire des lettres et des traités spirituels : De Spiritu Sancto, In Psalterio decacordo, De humilitate, De Profectu spirituali, De remediis contra tentationes spirituales.
Finalement il fut libéré en 1343 par Clément VI qui le réhabilita publiquement et l’envoya à Milan prêcher la Croisade contre les Turcs. Il pressa le pape de nommer comme chef de la croisade Humbert II de Dauphiné, dont il avait été l’ami et le conseiller spirituel, mais Humbert se révéla incapable. Venturino accompagna les croisés de Marseille en Orient, entouré d’un extraordinaire enthousiasme. Mais à peine arrivé à Smyrne, il succomba aux fatigues apostoliques et aux pénitences.
Venturino fut maître de grammaire comme son frère et son père, mais surtout prédicateur populaire très efficace, contemplatif de rude tempérament, convaincu et ardent dans sa mission de réformateur; il fut aussi thaumaturge. Visage émacié et ascétique ; parole facile et prompte, en latin ou en italien (il savait aussi le français et un peu d’allemand). Ses sermons avaient des couleurs effrayantes, son tempérament était passionné, sa vie spirituelle intense, son mysticisme hardi, son prophétisme accentué. Toute l’Italie venait l’écouter.
Venturino correspondait avec des Italiens, Allemands, Français, Anglais, Espagnols. Ses lettres sont structurées comme celles de ste Catherine de Sienne. Avec les lettres il envoyait aussi des instruments de pénitence.
Étranger aux intérêts politiques, il était soutenu par la conscience d’être inspiré par Dieu.
Il était ami avec les dominicains Jean de Tambach et Jean Tauler, qu’il influença ainsi que les autres mystiques allemands du 14ème. Un tableau, à Bergame, le représente méditant, un livre ouvert dans les mains, avec l’inscription: Beatus Venturinus Ceresolus.

28 mars Servante de Dieu María Sara Alvarado Pontón, fondatrice des sœurs dominicaines filles de ND de Nazareth, née 12 septembre 1902 à Bogotá, +28 mars 1980.
Treizième enfant de Dámaso Alvarado et Felisa Pontón. Dès l’enfance, la maladie (rhumatisme) la tient éloignée des jeux mais aussi des vanités. La première communion lui laisse le souvenir inoubliable de l’appel à la sainteté. Les plaisirs du monde l’attirent aussi. Sa santé ne lui permettant pas d’aspirer aux missions, elle fait divers essais de vie religieuse (active ou contemplative) qui sont des échecs. Elle sent qu’elle est appelée à quelque chose de spécial. Prière, adoration nocturne. C’est en 1938 qu’elle entreprend son Oeuvre avec la corporation des servantes, les plus méprisées de la société. Beaucoup sont des campagnardes, sans éducation, exploitées, humiliées et maltraitées par leurs patrons, parfois elles arrivent sur le trottoir, en danger physique et spirituel.
Le 11 février 1938, Sara quitte définitivement la maison de ses parents, elle s’installe aux environs de Bogotá, dans une ferme nommée San Gregorio, où les filles peuvent loger et recevoir les attentions dont elles ont besoin. Toute œuvre porte la marque de son auteur. Cette femme frappée par la grâce entreprend son œuvre sous l’inspiration du Saint Esprit. En prière devant le Saint Sacrement du 4 au 6 mars 1938, la fondatrice écrit son projet pour l’oeuvre des servantes qui aura comme fin “la plus grande gloire de Dieu et le bien du prochain”. La situation des filles demande une solution rapide: un asile pour les vieilles et malades, éducation et instruction scolaire et religieuse pour toutes.
“Notre vie sera simple et commune, à l’imitation de Jésus, Marie et Joseph à Nazareth. Vie cachée de prière et de travail, nous emploierons ces deux moyens pour l’apostolat; nous observerons dans notre façon d’être une dignité aimable, une douceur et humilité qui inspire confiance... nous exercerons la charité avec toutes... comme des servantes de la Sainte Vierge, nous aurons comme devoir sacré l’accomplissement de ses paroles, en étant comme elle profondément et sincèrement humbles”.
À partir de 1940, l’oeuvre Nazareth est soutenue par le frère Enrique Alberto Higuera Barrera OP, qui par la suite sera nommé cofondateur de la congrégation.
Le 9 novembre 1948, après une grave crise dans l’Oeuvre, Notre-Dame de Chiquinquirá, patronne de la Colombie, est couronnée généralissime, reine et maîtresse de l’Oeuvre.
En janvier 1964 l’œuvre est approuvée comme congrégation de droit diocésain, le 15 avril elle est déclarée agrégée à l’Ordre, et avec une grande joie les soeurs revêtent l’habit blanc et noir.
En septembre 1975, la congrégation est approuvée par le pape.
En 1980 la Mère Sarita meurt en réputation de sainteté. Sa béatification est en cours. Nihil obstat 2001.
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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Sam 31 Mar 2012, 16:07

1er avril Giuseppe Girotti, Alba (Piémont), 19 juillet 1905 – Dachau, 1er avril 1945.
De famille humble et estimée, à 13 ans il entre au séminaire dominicain de Chieri (Turin), fait profession en 1923, est ordonné prêtre le 3 août 1930. En 1931 il finit sa théologie à Turin. Il se spécialise à l’École Biblique de Jérusalem, puis enseigne l’Écriture Sainte au séminaire dominicain de Sainte-Marie des Roses à Turin et au collège des missionnaires de la Consolata.
En 1937, il publie un commentaire de l’Ancien Testament, sur le livre de la Sagesse, en 1942 un commentaire sur Isaïe. Dans ces deux volumes, il répand toute sa profondeur de réflexion, exposée avec une admirable clarté. Apprécié pour sa vaste culture, il aimait exercer le ministère sacerdotal aussi parmi les pauvres, spécialement à l’hospice voisin du couvent. « Tout ce que je fais est seulement pour la charité », est sa devise.
À cause de son attention aux problèmes sociaux et de son regard critique sur la politique de ces années-là, il fut suspendu de l’enseignement et surveillé par le régime fasciste.
Pour avoir aidé les juifs persécutés, il est arrêté le 29 août 1944, emprisonné à Turin, Milan et Bolzano, puis déporté à Dachau, toujours en compagnie de son ami don Angelo Dalmasso, qui a survécu et donné son témoignage sur lui.
Dans ce camp, pendant six mois, il se distingue par sa foi et sa douceur, fortifié par l’Eucharistie et les Écritures (qu’il étudie en compagnie d’un luthérien avec qui il a lié amitié), et consacrant ses dernières forces à réconforter les autres déportés.
Il mourut le jour de Pâques, peut-être d’une injection létale, parmi le regret et la vénération de tous les déportés, qui le considérèrent aussitôt comme saint.
Cause introduite en 1988.
Déclaré le 14 février 1995 Juste parmi les nations.

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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Jeu 05 Avr 2012, 19:25

5 avril Disciples de st Vincent Ferrier (qui est fêté le 5 mai dans l'Ordre dominicain, mais le 5 avril dans le reste de l'Église), religieux dominicains :
* six Catalans:
- Juan de Alcoy et Pere de Maya, furent les premiers à se mettre à la suite de st Vincent, aussi étaient-ils ses disciples les plus chers. Ils le remplaçaient quand il était malade.
- Pere Queralt, de famille noble, brilla d’un vif éclat dans la compagnie de st Vincent.
Sa brillante éloquence fascina la reine María de Castille, épouse d’Alphonse V le Magnanime. Mort en 1462, enseveli au couvent de Lérida (corps incorrompu vu en 1808).
- Bx Pere Cerdà, né 1370 à Collioure, +7 décembre 1422 à Graus (Osca).
De famille modeste, sourd-muet, il entre comme frère convers au couvent dominicain, où il fait d’humbles tâches domestiques, vu ses limites et son manque de formation. Selon la tradition, il guérit quand Vincent Ferrier visite son couvent en 1409 : alors, Pere est vêtu de la chape noire du Père Ferrier et à son contact il recouvre l’ouïe et la parole. Dès lors, il entre dans l’Ordre comme frère, accompagne Vincent dans beaucoup de ses voyages de prédication, et va devenir lui-même un grand prédicateur, obtenant beaucoup de conversions, spécialement parmi les juifs. En 1420 il est élu prieur du couvent de Collioure. Au cours d’un séjour à Graus avec Vincent, il tombe malade et meurt en odeur de sainteté, sur un lit de sarments qui était sa couche habituelle. On dit que les cloches de la ville sonnèrent toutes seules pour annoncer sa mort. Il est enterré au sanctuaire de la Mère de Dieu de la Penya, à Graus. On l’a toujours honoré d’un culte public, à Collioure (le 7 décembre) et dans l’Ordre dominicain, bien qu’il n’ait pas été béatifié officiellement. Des guérisons ont été attribuées à son intercession.
- Bx Antoni Fuster, Catalogne fin 14ème – début 15ème.
On a très peu d’informations sur sa vie. Il entre chez les dominicains, il est un des premiers disciples de saint Vincent Ferrier, qu’il accompagne dans ses voyages en 1403. Il avait un talent merveilleux pour pacifier les ennemis. À la demande du roi Martin I l’Humain (1356-1410), en 1409 il pacifie, avec les chanoines Bernat Despujol, Berenguer Despruners et Jaume Roca, les factions qui déchiraient la ville de Vic. Pour cela on l’appela l’Ange de la Paix. Il est vénéré comme bienheureux à Vic et dans l’Ordre dominicain, bien qu’il n’ait pas été formellement béatifié.
- Bx Jofré de Blanes, né à Barcelone, + 11 novembre 1414 à Barcelone.
De famille riche, peut-être fils du chevalier Ramon de Blanes et de Blanca de Palau (et donc frère de Francesc de Blanes, évêque de Gérone et Barcelone), il prend l’habit dominicain au couvent Sainte-Catherine de Barcelone. Très ami de Vincent Ferrier, avec lui et à la demande du roi Martin I l’Humain il intervient pour faire la paix entre Martí d'Orís et Pere de Centelles, ainsi qu’entre les dels Malla et les Sancitorra de Vic, ville où ils prêchent avec d’autres dominicains en 1409. Il accompagne Ferrier dans quelques voyages de prédication à Valence, en Catalogne et en Aragon. Ferdinand I d'Aragon demande à Vincent Ferrier d’autoriser Jofré, grand prédicateur, à rester au palais pour prêcher le carême 1413. La même année, Jofré accompagne le saint à Valence et retourne à Barcelone. D'une grande dévotion envers la Sainte Vierge qui lui apparut plusieurs fois, il écrit Le rosaire perpétuel de la Très Sainte Vierge.
Il fut enseveli au couvent Sainte-Catherine, et sur sa tombe ont eu lieu des miracles. Bien qu’il n’ait pas été formellement béatifié, il est vénéré comme vénérable et bienheureux. Le culte public cessa en 1835 quand le couvent fut démoli et les reliques perdues.
http://ca.wikipedia.org/wiki/Jofr%C3%A9_de_Blanes

* et 2 Français:
- Bx Blaise d’Auvergne, renonça à son riche patrimoine pour devenir dominicain.
Il mourut après la canonisation de son maître. Ses reliques étaient au couvent de Sisteron où on lui rendit toujours le culte des saints.
- Jean de Gentilpré, était étudiant à Toulouse en 1417 lorsqu’il fut gagné par la parole du saint et entra dans l’Ordre avec deux autres. Il avait demandé à Dieu la grâce de prêcher toujours et de mourir en prêchant. Le jour de sa mort il y avait du monde (religieux et séculiers) dans sa cellule, il leur parla du Royaume de Dieu et mourut au milieu de cette suprême exhortation.
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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Mar 10 Avr 2012, 14:34

9 avril Bx Reginaldo Montesmarti, né à Montesmarti près d’Orvieto 1292, + Piperno 1348, dominicain à Viterbe ou Orvieto.
Culte approuvé en 1877.

9 avril Bx Antonio Pavoni, Savigliano 1326 – Bricherasio (Piémont) 9 avril 1374, martyr.
D'une noble famille piémontaise, enfant pieux et intelligent, il entre à quinze ans chez les dominicains de Savigliano, près de Cuneo. Au couvent il continue ses études, il est ordonné prêtre en 1351 et aussitôt s’engage dans le combat contre l’hérésie des Lombards (Vaudois). En 1360, le pape Urbain V le nomme inquisiteur général pour la Lombardie, la Ligurie et le Piémont (il succède à Pierre Cambiani). Pendant 14 ans, il exerce ce job difficile et dangereux pour un jeune prêtre, c’est même quasiment une sentence de mort. Sur un territoire comme le Piémont cette charge était très importante : dans les vallées alpines vivaient de nombreuses communautés hérétiques, et leurs rapports avec l’Église catholique étaient assez tendus. Pavoni pense pouvoir résoudre ces luttes avec seulement la parole et le zèle apostolique. Il est nécessaire d’argumenter avec des hommes très instruits dans une hérésie subtile. Sa pauvreté de vie était un reproche aux hérétiques. Il vint parmi les pauvres et leur fit voir qu’il était l’un d’eux, ce qui déconfit tant les hérétiques, furieux du succès de sa prédication, qu’ils décidèrent de le tuer. Il le sait, mais continue son œuvre. En 1368 il est élu prieur du couvent de Savigliano et fait construire un nouveau couvent, ce qu’il accomplit sans qu’on critique son luxe, critique que les hérétiques sont toujours soucieux de faire contre les constructions catholiques.
Le samedi après Pâques, veille de sa mort, il dit au barbier du village : « Fais-moi beau, car je dois sous peu aller à la noce ». Étonnement du barbier qui n’avait entendu parler d’aucun mariage dans les environs. Il passe la nuit en prière, le matin il célèbre la messe dans un village près de Turin et prêche avec vigueur contre l’hérésie. À la sortie, sept hérétiques le poignardent. Sa sépulture à Savigliano fut un lieu de pèlerinage jusqu’en 1827 (divers miracles). Son corps est conservé dans l’église dominicaine de Racconigi.
Béatifié en 1868.

9 avril Servante de Dieu Rachele Lalia (Maria Antonia), née 17 mai 1839 à Misilmeri, Palerme, + 9 avril 1914 à Ceglie Messapico, Brindisi.
De famille chrétienne, elle passa son enfance à Palerme, mais pour raison de santé, à 15 ans elle fut confiée aux moniales dominicaines de Misilmeri, où le climat était meilleur. À 17 ans elle prit l’habit dominicain au collège, sous le nom de soeur Maria Antonia du Sacré-Coeur. Son zèle pour l’observance fut tel que peu d’années après, lui fut confié le gouvernement de la communauté, fonction qu’elle assuma avec sagesse et amour pendant 24 ans. Outre son bon gouvernement, le souci spirituel et la réforme religieuse, elle eut à cœur aussi les œuvres sociales: elle reconstruisit le monastère, agrandit l’école primaire, et s’occupa de la formation des sœurs enseignantes. Femme volontaire et attentive aux problèmes sociaux du moment, en même temps elle passait des heures en profonde union à Dieu, qui se manifestait à elle par des dons particuliers, locutions, inspirations, qui se transformèrent en une grande aspiration missionnaire et oecuménique. Elle sentait qu’elle devait passer le seuil du cloître pour porter le Christ aux autres.
C’est avec cette flamme ardente qu’animée d’un grand zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, le 1er septembre 1891, avec l’accord de l’autorité ecclésiastique et de son directeur spirituel, Mère Lalìa partit à Rome, d’où elle voulait aller en Russie fonder un collège pour enfants pauvres et initier le mouvement de retour à l’unité de l’Église. Le P. Alberto Lepidi OP, maître du saint palais apostolique, sous la direction de qui elle se mit à son arrivée à Rome, lui dit: “Ta Russie, c’est Rome. Tes filles y iront, pas toi” et il lui suggéra de fonder une congrégation qui formerait des missionnaires dans l’esprit de st Dominique et de ste Catherine. Dans les moments difficiles elle ne perdait pas confiance en Dieu, au contraire elle aimait chanter le Te Deum et répétait: “Que tu es digne d’amour, ô Divine Volonté !”
Munie des autorisations nécessaires, le 17 janvier 1893, en compagnie de deux soeurs de Misilmeri venues à Rome, marchant dans la neige et récitant le rosaire, Mère Lalìa faisait finalement son entrée dans l’antique monastère Saint Sixte, berceau de l’Ordre dominicain en Italie. Le même jour naissait la Congrégation des Soeurs Dominicaines de Saint Sixte Vieux.
Prière assidue et fervente, dons extraordinaires, confiance illimitée dans la Providence, profonde humilité dans l’acceptation des épreuves. Destituée en 1910 de son rôle de Prieure générale, elle passa ses dernières années en s’offrant comme victime pour l’unité de l’Église et pour les prêtres. Enterrée au couvent Saint Sixte.
Nihil obstat 13 novembre 1985, décret de validité de l’enquête diocésaine 10 octobre 1986, dossier déposé à Rome en 1999.

10 avril Bx Antoine Neyrot ou Antoine de Rivoli, Rivoli (Turin) 1425-Tunis 10 avril 1460.
Il entra tout jeune au couvent Saint-Marc de Florence, dont st Antonin (voir 10 mai) était alors prieur et Fra Angelico (voir 18 février) un des frères. Antonin insistait toujours sur l’importance de l’étude, de la prière et de la patience pour faire un bon dominicain. Mais Antoine n’était pas patient. Il voulait vite aller en première ligne. Ses supérieurs lui ayant dit non, il s’adressa à Rome et finit par obtenir d’être envoyé en Sicile où il n’avait que faire sinon que de quitter Florence. En 1458, il quitte la Sicile et s’embarque pour Naples (ou selon certains, pour l’Afrique), il est pris par des pirates et emmené captif à Tunis. Lui qui voulait évangéliser l’Afrique, il trahit ses vœux : pour ne pas devenir esclave, il devient musulman et se marie. Il entreprit de traduire le Coran en italien, mais n’y trouvant qu’un tissu de fables, il reconnut son erreur et son péché, d’autant plus qu’il apprit la mort de saint Antonin (en mai 1459) qu’il vénérait. Il retourna à Jésus-Christ, renvoya sa femme, reprit l’habit dominicain le Jeudi Saint 1460 et alla trouver le dey pour lui dire qu’il regrettait son apostasie. Il fut aussitôt lapidé. Racheté par des marchands génois, son corps fut enterré à Gênes, puis transféré à Rivoli. Des miracles eurent lieu sur sa tombe. Un grand nombre de fidèles se déclarèrent redevables aux mérites du Bx Antoine de grâces très insignes.
Le culte du martyr s'accrut et se propagea de jour en jour, et fut autorisé en 1767.
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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Lun 16 Avr 2012, 13:26

13 avril Bse Marguerite de Castello ou de Metola, née en 1287 à Metola (province de Pesaro et Urbino), +13 avril 1320 à Città di Castello (Ombrie).
Née aveugle, naine et difforme, ses parents l'enfermèrent pendant 14 ans. Bien que nobles et riches, ils trouvèrent que cette fillette handicapée était un poids trop lourd et humiliant, et un jour, après l’avoir emmenée en pèlerinage à Città di Castello, voyant que leurs prières n’étaient pas exaucées ils l’abandonnèrent dans l’église. Margherita ne pleura pas, elle fit confiance à Dieu. Elle fut recueillie par la charité publique, passa de famille en famille et finit par être acceptée par pure pitié dans un couvent, mais ce n'était pas suffisant pour elle qui voulait aller de l'avant. Elle fut éloignée du monastère, parce que sa vie semblait un reproche aux religieuses tièdes. Après épreuves et humiliations, elle fut finalement acceptée par les dominicaines du Tiers Ordre de la pénitence de st Dominique, dont elle reçut avec joie l’habit et embrassa généreusement le programme de prière et de pénitence. Elle soignait et guérissait des malades, enseignait aux enfants, visitait les prisonniers et évangélisait la ville de Citta di Castello où elle vécut pendant 33 ans. Sa mauvaise fortune ne la détourna jamais de la foi profonde qu'elle vouait à Jésus. Elle garda toute sa vie un cœur confiant dans le nom de Jésus.
Elle avait appris le Psautier par cœur et en expliquait les sens les plus cachés. Elle fit sans bruit beaucoup de bien aux âmes, et tous recherchaient sa compagnie. Elle avait une tendre dévotion pour la Sainte Famille et pour le mystère de l’Incarnation, et après sa mort, on trouva dans son cœur trois perles, sur lesquelles étaient sculptées les images de Jésus, Marie et Joseph. Son corps non corrompu se trouve dans l’église Saint Dominique à Città di Castello.
Le pape Paul V, en la béatifiant en 1609, concéda aux Dominicains de cette ville la Messe et l’Office propres. En 1675 le pape Clément X étend ce privilège à tout l’Ordre.
En 1988 l’évêque d’Urbino et Città di Castello la proclame patronne diocésaine des non-voyants.
Patronne des causes pro-life.
Lire : Une petite sainte de rien du tout, de William R. Bonniwell, o.p., traduit de l'américain par E. Aimont, Maison de la Bonne Presse, 1953.

14 avril Bx Pierre González (st Elme ou Telme), Astorga, Leon (ou Palencia) avant 1190- Tui, Galice 15 avril 1246.
Après un début de vie ecclésiastique très mondain (chanoine, doyen de la cathédrale de Palencia). Très ambitieux dans sa jeunesse matérialiste et ramené aux réalités par une chute de cheval dans une fête. Après sa nomination comme doyen de sa ville natale Astorga, comme il chevauchait un cheval magnifiquement paré, réclamant des applaudissements à travers les rues, le cheval s’emballa et le fit tomber dans la boue, ce qui fit rire tout le monde. Pedro se retira quelques mois dans un ermitage, puis entra chez les dominicains. Il fut le confesseur et conseiller très apprécié du roi Ferdinand III. Il réforma la Cour, encouragea le roi à chasser les Maures, mais obtint aussi que les prisonniers maures de Cordoue et de Séville soient traités de manière plus humaine.
Après des années à la Cour, il se consacra aux pauvres à la campagne et allait prêcher dans les endroits les plus reculés. Il devint aussi humble qu’il avait recherché la gloire et se dépensa pour venir en aide aux miséreux, surtout aux marins et pêcheurs, il va jusque sur leurs bateaux. Il prêche aux paysans de Castille, Galice et Asturies. Il remporte un grand succès comme prédicateur et de nombreuses conversions s'ensuivent. Il mourut le jour de Pâques. Culte approuvé en 1741. Il est le patron des marins, qui l’invoquent dans les tempêtes et contre les tremblements de terre, sous le nom de Saint Elme ou saint Telme. On lui attribue une présence protectrice contre les feux st Elme (ce sont des décharges d'éclairs au sommet des mâts des navires durant les orages). Il est quelquefois représenté avec cette flamme sur le front.

14 avril Filippo Carisi de Verceil, né à Carisio (Vercelli), + après 1266.
Il fut d’abord chanoine de la cathédrale de Verceil. En 1219 nous le trouvons à Bologne, où après avoir entendu prêcher saint Dominique, il demanda à entrer chez les dominicains. Il fonda un couvent dominicain à Verceil et devint deux fois provincial de Lombardie.
Par son exemple et sa prédication, il convertit beaucoup d’âmes. En 1233 à Bologne il fut désigné comme prieur et par les frères de Saint Nicolas comme promoteur ou procurateur de la cause de saint Dominique. Du 6 au 15 août il présenta aux commissaires désignés par le pape Grégoire IX les témoins choisis par lui. Ceux-ci déposèrent aussi pendant un jour entier. Le soir de la première audience, le Bx Philippe rédigea un questionnaire qui servit de plan pour les dépositions.
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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Mer 18 Avr 2012, 16:53

17 avril Bse Claire (Tora) Gambacorta, Florence ? 1362- Pise 17 avril 1420.
Fille de Pietro Gambacorta, fiancée à 7 ans, mariée à 12 ans à Simone Massa, veuve à 15 ans, elle refusa de se remarier, selon les conseils de Catherine de Sienne qu’elle avait rencontrée en 1375 à Pise. Elle entre à l’insu de sa famille chez les Clarisses, mais ses frères la ramènent de force au palais paternel, où on l’enferme pendant quelques mois. Finalement, ils se résignent à la laisser partir, non au couvent des Clarisses, mais, sous le nom de sœur Claire, au monastère dominicain Sainte-Croix. C’est l’époque où le pape Grégoire XI, pressé par Catherine, quitte Avignon pour revenir définitivement à Rome (janvier 1377). Pietro Gambacorti, patron de Pise, l’accueille solennellement durant la halte à Livourne. Cependant il fait construire à Pise pour sa fille le monastère Saint-Dominique. Il voudrait aussi pouvoir recevoir à nouveau dans la ville Catherine de Sienne. Celle-ci ne put accepter car elle était malade, mais lui écrivit pour le remercier et pour l’avertir de changer de vie et de comportement : «Ne tardez pas, car le temps est court et la mort vient sans que nous nous en apercevions ». Catherine meurt en 1380. Douze ans après, il y a à Pise une conjuration contre les Gambacorti, appuyée par les Visconti de Milan : Pietro est assassiné avec ses fils Benedetto et Lorenzo.
Dans son monastère, Claire fut un exemple constant de douceur et de miséricorde évangélique. Ses exemples ranimèrent la ferveur dans la communauté: elle était la plus humble et la plus pauvre. Devenue prieure, elle fut davantage encore le modèle de ses religieuses, et fera de sa communauté un centre de diffusion du mouvement réformateur dans l’Ordre. Elle gouverna ses sœurs avec prudence et charité. Les biens des Gambacorti lui servirent à faire un centre d’accueil pour toutes sortes de pauvres. Un jour frappèrent à sa porte la femme et les filles de l’homme qui avait tué son père et ses frères : elles trouvèrent plein accueil.
Près de mourir, Claire disait dans ses souffrances: "Seigneur, me voici en Croix avec Vous!" Le jour de sa mort, au lieu du Requiem, les sœurs entonnèrent le Gloria. Son corps se trouve encore dans son monastère.
Culte confirmé en 1830. Patronne de Pise.

17 avril Bse Maria Mancini, Pise 1355- 22 janvier 1431.
Mariée à 12 ans avec le noble Baccio Mancini, mère de deux enfants, elle devint veuve à 16 ans. Remariée avec Guglielmo Spezzalaste, elle eut six enfants, qui moururent vite aussi. Grande était sa miséricorde pour les pauvres. Deux fois veuve, ayant perdu tous ses enfants, à l’âge de 25 ans elle entra au monastère dominicain de Sainte Croix dont la jeune Claire Gambacorta fut la première prieure et que Marie dirigea pendant dix ans avec les encouragements de sainte Catherine de Sienne. Elle réalisa pleinement sa vocation de contemplative et de mystique.
Culte confirmé en 1855.

18 avril Bse Savina Petrilli, Sienne 29 août 1851 – 18 avril 1923.
À 15 ans elle entre dans la congrégation des Filles de Marie, dont elle est aussitôt élue présidente. En 1869 elle est reçue par le pape Pie IX, qui l’exhorte à cheminer sur les traces de ste Catherine. Le 15 août 1873, dans la chapelle de la maison paternelle, avec 5 compagnes elle fait voeu de chasteté, pauvreté et obéissance, en présence du confesseur et avec l’autorisation de l’archevêque qui les autorise à fonder la congrégation des sœurs des pauvres de ste Catherine de Sienne. Dès 1874 elle mène la vie commune avec trois compagnes. En 1881 naît la première fondation à Onano (Viterbe) et en 1903, la première mission au Brésil, à Belem. La congrégation a plus de 25 maisons en Italie et des œuvres au Brésil, Argentine, Inde, USA, Philippines et Paraguay. La constitution de la congrégation, qui devient de droit pontifical, sera définitivement approuvée en 1903.
Mère Savina fait vœu de "ne rien refuser volontairement au Seigneur", le vœu de "parfaite obéissance" au directeur spirituel, le vœu de "ne pas se lamenter délibérément dans les souffrances extérieures et intérieures", le voeu de "complet abandon" à la volonté du Père. Le charisme transmis par mère Savina à ses sœurs est celui de vivre radicalement le sacerdoce du Christ dans l’adoration et dans la totale dépendance de la volonté du Père jusqu’à l’immolation, faisant de l’Eucharistie le centre de la vie; continuer la mission du Christ qui annonce le Père dans un service d’évangélisation et de promotion des frères, spécialement des pauvres. Pour Savina le pauvre est le sacrement du Christ et peut être considéré comme mystère de foi, comme l'Eucharistie. C’est pourquoi la Congrégation est au service des pauvres "de toutes couleurs qui souffrent et sont opprimés".
Béatifiée en 1988.
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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Ven 20 Avr 2012, 22:37

19 avril Bx Isnard de Chiampo, né à Chiampo (près de Vicence), + Pavie 19 mars 1244.
Très jeune, en 1218 ou 1219, il reçut l'habit dominicain des mains de saint Dominique lui-même. « Vir religiosus et fervens et graciosus admodum predicator (homme religieux et fervent, prédicateur très influent) », il fut envoyé d’abord à Milan (ainsi que le Bx Guala de Bergame, qui deviendra ensuite évêque de Brescia), où il gagna beaucoup d’hommes pour l’Ordre. Il obtint leur respect par sa façon exemplaire d’accomplir ses voeux. Il fut un grand et accompli prédicateur, puissant en paroles et en oeuvres, grâce au don des miracles. Il ramena à Dieu d’innombrables âmes de pécheurs et d’hérétiques, rien que par la puissance de sa parole. Il menait une vie d'intense pénitence, ce qui ne l'empêchait pas d'être tellement gros que tout le monde riait de lui et qu'il en souffrait moralement et physiquement. Ce fut là l'une de ses croix difficiles à supporter.
À partir de 1230 il fut surtout l’apôtre de Pavie. Cette ville, en lutte contre la papauté par la mauvaise influence de Frédéric II, frappée d’interdit, était dans un état pitoyable, l’esprit religieux quasi éteint et les mœurs complètement relâchées. La venue d’Isnardo fut comme un souffle de renouveau et l’esprit chrétien refleurit. Par la générosité du saint évêque Rodobald (ou Réginald), Isnardo put fonder le couvent Sainte-Marie de Nazareth, qu’il gouverna sagement jusqu’à sa mort. Il fut enterré dans l’église dominicaine de Pavie; ses restes reposent dans la basilique St-Gervais St-Protais.
Son culte fut confirmé en 1912.

19 avril Bse Sibylline (Sibillina) Biscossi, Pavie 1287-19 mars 1367.
Elle vécut toute sa vie à Pavie en Lombardie. D’origine modeste, orpheline très jeune, elle était servante, mais devint aveugle à l'âge de douze ans. Au début elle priait Dieu de lui rendre la vue, dont elle avait besoin pour gagner sa vie ; puis une apparition de saint Dominique lui fit comprendre que cette cécité pouvait être une lumière pour les autres. À quinze ans elle entra chez les sœurs de la Pénitence de Saint Dominique (Tertiaires dominicaines) et se fit recluse près de l'église des dominicains. Par l'une des lucarnes, elle devinait l'autel et recevait l'Eucharistie. Par l'autre, donnant sur l'extérieur, elle donnait des conseils et faisait la catéchèse aux enfants. Elle vécut là de 15 à 80 ans, dans la plus sévère pénitence, vêtue en toute saison du même vêtement, mangeant peu, dormant sur une planche sans matelas ni couverture, et éclairant les nombreux visiteurs qui venaient lui demander des conseils spirituels et qu’elle écoutait avec une charité inlassable. Prélats et puissants, dévots et gens en recherche venaient la voir. Elle était la sibylle chrétienne qui répondait à toutes les demandes de conseils et de réconfort. Elle était l’œil lumineux de toute la ville de Pavie, qui reconnaissait dans cette voyante aveugle une maîtresse spirituelle. Le secret de tant de courage et de sagesse était puisé dans l’amoureuse contemplation de la Croix.
Les dominicains l’entourèrent à ses derniers moments, dont l’heure lui avait été révélée. Elle fit des miracles. Culte confirmé en 1854.
En Italie, elle est la sainte patronne des servantes et employées de maison.

19 avril Servante de Dieu María Antonia de Jésus Tirado Ramirez, née le 13 décembre 1740, à Jerez de la Frontera (Cadiz), +19 avril 1810.
Sœur de deux prêtres, élevée par sa grand-mère maternelle et une tante, à 7 ans elle est réclamée par sa mère pour l’aider aux tâches ménagères, à 9 ans elle tombe gravement malade, elle a toujours dit qu’elle avait été sauvée par l’intercession de saint Dominique. À 16 ans elle trouve un bon directeur spirituel. L’année suivante elle commence à avoir des visions et des révélations. À 19 ans, son directeur lui demande de faire des pénitences corporelles. À 21 ans elle entre dans le Tiers Ordre de Saint Dominique. Un autre prêtre lui conseille d’écrire ses expériences spirituelles. En 1779 elle fait vœu de chasteté pour 3 ans. Pendant deux ans elle reste muette, au pain et à l’eau, + eucharistie. Son directeur meurt, elle en trouve un autre, le P. Andrés Ruiz OP (il mourra en 1797, ensuite elle sera suivie par un autre dominicain, Francisco Gonzalez), prend l’habit de tertiaire qu’elle ne quittera plus. La même année elle a l’idée de fonder un Beaterio (sorte de béguinage). En 1790 elle fait vœu de clôture dans la plaie du côté du Christ. Sa réputation de thaumaturge augmente. En 1799 des compagnes la rejoignent dans sa maison. En 1806 Maria Antonia décide d’ouvrir un collège pour l’enseignement des plus pauvres (il ouvrira après sa mort, en 1812, et existe toujours).
Elle meurt tandis que les troupes françaises sont dans la ville. Elle est enterrée au Beaterio.
Ce fut une grande mystique, amoureuse du Saint Sacrement. En 1915, le Beaterio fut érigé en congrégation sous le nom de Dominicaines du Saint Sacrement, la seule congrégation originaire de Jerez de la Frontera. Frère Diego José de Cádiz a dit que « cette création est un trésor qui garde Jerez».
La réputation de sainteté ne fit que croître après sa mort, surtout après publication de ses écrits. Nihil obstat 2008.

20 avril Ste Agnès de Montepulciano (Agnese Segni), 28 janvier 1268 à Graciano-Vecchio - 20 avril 1317 à Montepulciano (près de Sienne).
À 4 ans, elle cherchait la solitude pour mieux prier. À 9 ans, l'âge des fiançailles, elle obtient de ses parents, riches et chrétiens, d'entrer en religion. Désormais, sa vie ne sera plus qu'une continuelle oraison. Elle entre chez les Sœurs du Sac (ainsi nommées parce que leur habit, de toile grossière, ressemblait à un sac), où on lui confiera bientôt la charge d'économe. En 1283, à 15 ans, elle entre dans une communauté nouvelle à Precesso, près d’Orvieto. Très douée et pleine de sagesse spirituelle, elle ne tarde pas à être nommée abbesse de ce couvent où elle passe une grande partie de sa vie dans la joie et les souffrances (rhumatismes).
À 32 ans, en 1306, elle revient à Montepulciano pour y fonder un couvent de sœurs dominicaines, à l'extérieur de la ville, à l'endroit d'une maison fréquentée par des prostituées. Avec l'accord de l'évêque d'Orvieto, elle y construit un oratoire dédié à la Vierge, qui sera agrandi en 1311. Elle acheta donc une partie de la petite colline attenante à celle de Montepulciano, avec l'argent qu'elle reçut des riches et des pauvres. Elle devint prieure de ce monastère et mourut à 49 ans.
Les religieuses, la voyant mourir, la suppliaient de demander sa guérison. "Si vous m'aimiez vraiment, leur dit-elle, vous vous réjouiriez de ma mort, puisque je m'en vais à mon Bien-Aimé. Je vous serai plus utile au paradis qu'ici; ayez confiance, je serai toujours avec vous". Puis, levant les yeux et les mains vers le ciel, elle dit avec un sourire ravissant : "Mon Bien-Aimé est à moi, je ne le quitterai plus".
Son corps non corrompu repose au couvent des Dominicaines de Montepulciano.
Elle fut béatifiée en 1608 et canonisée en 1726.

Sainte Agnès est avant tout une âme contemplative. Pour elle, Dieu est le Bien-Aimé: elle Lui manifeste une amitié sans réserve, une tendresse sans limite, une confiance sans borne; Il la comble de faveurs extraordinaires, répond à ses désirs et satisfait même ses moindres caprices. Aussi la représente-t-on caressant l'Agneau de Dieu qu'elle tient dans ses bras et dont elle porte le nom. On la représente aussi avec les 'trois cailloux' qu'elle aurait reçus de la Vierge pour construire son monastère.
Un jour une extase lui fit manquer la messe. Revenue à elle, elle se mit à pleurer de ne pouvoir ce matin-là recevoir son Bien-Aimé. Jésus lui envoie alors porter la communion par l'ange qui l'avait assisté dans son agonie. C'est encore cet ange qui viendra annoncer à Agnès les souffrances et la mort qu'elle aura à endurer: "Prends ce calice, ô bien-aimée du Christ, lui dira-t-il, bois comme Lui jusqu'à la lie".
Sainte Catherine de Sienne (voir 29 avril) avait une grande vénération pour elle. Elle aimait se rendre à Montepulciano pour prier auprès de la tombe d'Agnès. Elle s'y rendait comme au mont Thabor, et l'accueil reçu dans cette petite communauté monastique lui semblait si paradisiaque qu'elle écrivait à une amie : « Savez-vous que l'envie me prend de dire : 'Faisons ici trois tentes'... »
Selon Raymond de Capoue, si Catherine avait un si ardent désir de prier auprès d'Agnès, c’est parce qu’elle « avait appris par révélation qu'elle serait placée dans le royaume des cieux avec la bienheureuse Agnès de Montepulciano, qu'elle jouirait du même degré de gloire et l'aurait ainsi comme compagne d'éternelle béatitude. (…) Catherine avait avoué confidentiellement, tant à moi qu'à son autre confesseur », que cette révélation « lui avait mis au cœur un vif désir de visiter les reliques de cette bienheureuse et de recevoir ainsi, dès cette vie, les premières arrhes d'un bonheur sans fin, que pareille compagnie devait lui procurer dans l'éternité».
Catherine fait un lien entre Marie Madeleine et Agnès, entre l'apôtre du Christ, «passionnée pour son Maître », et la contemplative, toute imprégnée d'humilité et de charité, « qui voulait toujours s'abaisser elle-même..., en reconnaissant que toutes les grâces et les vertus lui venaient de Dieu ». Catherine considère ces deux saintes, avec la Vierge Marie, comme ses deux mères.

20 avril Agathe de la Croix, née près de Tolède, +1621, tertiaire dominicaine.
Foi à toute épreuve, charité brûlante, humilité profonde, soif intarissable de mortification, incomparable charité envers les âmes du purgatoire pour lesquelles elle fit des pénitences étranges et pour lesquelles le Seigneur lui apprit lui-même des oraisons ; et surtout immense compassion pour les âmes coupables de péché mortel. Agathe se fit pour elles, comme saint Paul, « anathème » devant le souverain Juge, et en sauva une multitude des flammes de l’enfer.
Chargée des mérites d’une longue vie pleine de travaux, elle succomba sous le poids de ses pénitences. Dieu honora son tombeau de beaucoup de grâces et de faveurs.

20 avril Servante de Dieu Anastasia (Colomba) Ilario, Casale di Posillipo, Naples, 29 septembre 1859 - 20 avril 1934, la “Santarella du Pausilipe”, figure singulière d’une sainteté en dehors des règles, signe de la bonté de Dieu, qui cueille ses fleurs de sainteté dans les plus diverses conditions.
Née dans un lieu d’une beauté incomparable, qui ferme le golfe de Naples au nord, seconde de 10 enfants, dès l’enfance Anastasia attira l’attention de son entourage par sa simplicité, son amour de la prière, de la vie cachée, de la mortification ; simple et pure comme une enfant, brûlante d’amour pour Jésus-Christ, pleine d’une innocence qu’elle conserva jusqu’à la mort. Dans son quartier natal, elle passa sa vie, humble et cachée, dans une continuelle élévation d’esprit. Quand elle était jeune elle ne sortait de la maison que pour aller à l’église paroissiale en face de chez elle, puis quand elle obtint une petite chapelle dans sa maison, elle ne sortit plus.
Sa maison fut le but de milliers de personnes de toute classe sociale, et pour tous elle fut un soulagement, un guide, un réconfort, une lumière spirituelle; elle introduisit dans le quartier la pratique du mois de Marie, réunissant chez elle les jeunes filles et les enfants, faisant réciter et chanter des louanges à la Vierge.
Elle avait le don de prophétie, dont elle se servait pour porter les âmes à la vie chrétienne.
Un an avant sa mort, en 1933, gravement malade elle reçut l’habit du Tiers Ordre dominicain et le nom de Colomba ; dans sa simplicité elle disait: “J’espère être un jour une colombe du paradis”.
Béatification en cours, nihil obstat 1954.
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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Sam 21 Avr 2012, 23:44

21 avril Bx Bartolomeo Cerveri, Savigliano 1420- 21 avril 1466.
De famille noble (son père était seigneur de Cuffia, Cervere et Rosano), il entra très jeune au couvent dominicain de Savigliano, où furent aussi les Bx Antoine Pavoni, Aimon Taparelli et Pierre Cambiani.
Dès sa jeunesse il montre une grande ferveur pour les études et pour la vie monastique. Il fut alors envoyé poursuivre ses études à Turin où, cas unique dans les annales de l’école, le 18 mai 1452 il réussit en même temps la licence, le doctorat et le diplôme de professeur. Il enseigna la théologie à Turin, fut deux fois élu prieur du couvent de Savigliano, dont il fit agrandir l’église, et fut en outre directeur des monastères féminins de Savigliano et de Revello.
En 1451 il fut nommé inquisiteur de la foi pour le Piémont et la Ligurie, charge dangereuse vu le grand nombre d’hérétiques, mais où il obtint de bons fruits grâce à sa parole et à sa renommée de sainteté, plutôt qu’avec les méthodes fortes en usage à l’époque. Son activité ne tarda pas à lui attirer la haine des hérétiques et il savait qu’il était appelé à donner sa vie en témoignage de sa foi.
Il sembla être averti surnaturellement de la fin qui l’attendait, quand le 21 avril 1466 il se mit en chemin vers Cervere avec les frères Giovanni Boscato et Gian Piero Riccardi pour le travail apostolique habituel. Il se confessa à un des frères, puis, comme en plaisantant, il lui confia que ce serait la première et dernière fois qu’il viendrait à Cervere, ce lieu dont il portait le nom. Ayant quitté Bra, à environ 1 km de Cervere près d’un vallon appelé depuis « la combe de la mort », les trois religieux furent entourés par cinq hérétiques, qui en blessèrent un gravement et frappèrent mortellement au ventre Bartolomeo de plusieurs coups de lance. Le troisième frère réussit à se sauver. Le martyr expira en priant pour ses assassins.
Sa mort fut suivie de faits miraculeux. On dit qu’au moment du crime, les habitants de Savigliano virent le soleil en direction de Cervere, c’est-à-dire à l’est, alors que c’était le soir. Sur le lieu du crime, où aujourd’hui s’élève une chapelle en son honneur, poussa un arbre avec les branches en forme de croix. Arrivée à Savigliano, la dépouille fut enterrée avec de grands honneurs, obtint de nombreuses grâces et le martyr commença à être invoqué contre la foudre et la grêle. En 1802, avec la suppression du couvent de Savigliano, il fallut transporter les reliques à Cervere, où elles reposent encore aujourd’hui dans une urne sous le grand autel de l’église paroissiale.
Culte confirmé en 1853.

21 avril Marie-Alexandrine Conduché (Marie-Anastasie), née le 17 novembre 1833 à Compeyre, Aveyron, + 21 avril 1878 à Bor, Aveyron.
A 15 ans, elle se consacre au Seigneur. A 16 ans, avec son oncle l'abbé Gavalda, elle jette à Bor les fondements de la Congrégation des Dominicaines du Très-Saint-Rosaire pour évangéliser la jeunesse à travers l'éducation. A 45 ans, elle entre, en chantant, dans la Vie ; c'est le jour de Pâques, fête de la Résurrection : Anastasis, en grec.
Âme limpide, elle cherche Dieu droitement, simplement, assoiffée d'oraison et enveloppée de silence, elle nous laisse l'image vivante et lumineuse d'une vie toute donnée dans la joie au service de tous. Cette famille religieuse, dès sa fondation, voit bientôt les vocations affluer et les écoles se multiplier dans la campagne aveyronnaise et bien au-delà. Malgré les conditions difficiles, rien n'arrête ces apôtres de l'Évangile qui bientôt répondent à des appels venus de loin :
1885 : Les Pères dominicains de Toulouse, partis au Brésil quatre ans plus tôt, font appel aux soeurs pour les seconder. Départ au Brésil pour y travailler, en particulier auprès des Indiens. Aujourd'hui la moitié de la Congrégation est brésilienne et poursuit là-bas son apostolat de façon adaptée.
1906 : Fondation en Belgique.
1954 : Implantation en Espagne, à Madrid : résidence pour étudiantes.
1955 : Fondation en Italie, à Rome.
1994 : Implantation en République Dominicaine.
1995 : Implantation au Pérou.
2003 : Implantation en Corée.
2003 : Affiliation d'un groupe de soeurs du Viêtnam.
2004 : Affiliation d'un groupe de soeurs du Paraguay.
La Congrégation compte aujourd'hui 5 Provinces, dont 3 au Brésil et 2 en France, soit environ 450 sœurs.
La cause de béatification a été introduite en 1993.
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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Mar 24 Avr 2012, 23:14

22 avril Pierre Strozzi, Florence début 14è – 22 avril 1362.
D’une illustre famille florentine, Pierre entre de bonne heure au couvent dominicain Sainte-Marie la Neuve. En 1339 il est envoyé à Paris faire ses études. Il enseigne la théologie à Paris, puis dans sa ville natale, jusqu’à ce qu’il devienne provincial de l’Ordre. Il manifeste beaucoup de dévouement et de charité pendant la peste de 1348 et années suivantes. Il détermine les magistrats à établir un mont-de-piété pour les pauvres. Innocent VI le charge de réformer la congrégation Saint-Barthélemy. C’est un prédicateur éloquent et zélé. L’évêque se décharge sur lui d’une partie du travail diocésain. Il meurt en odeur de sainteté.

24 avril Madeleine Angélique de Lorca, Valence 10 septembre 1549 - 1580, tertiaire dominicaine.
Ses maximes :
« Jamais Dieu n’abandonne une âme qui s’abandonne à lui sans aucun souci d’elle-même »
« Jamais il ne faut commettre une faute, si petite soit-elle, de propos délibéré »
« Il faut s’étudier à faire toutes ses actions avec le plus de perfection possible »
« Il faut s’offrir à Dieu pour souffrir beaucoup par amour pour lui ».

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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Lun 30 Avr 2012, 18:36

28 avril Bx Carino Pietro de Balsamo, né à Cinisello Balsamo, +1293 à Forli.
Carino est célèbre pour avoir été le meurtrier de st Pierre de Vérone en 1252, avec son complice Manfredo Clitoro, de Giussano. Incarcéré, il s’évada 10 jours plus tard, et erra à travers l’Italie. Épuisé et malade, il se réfugia au couvent des dominicains de Forli, où d’homme cruel, avare et sans scrupules qu’il était, il fut transformé par la Miséricorde divine. Il se confessa au prieur, le Bx Jacques Salomoni, ascète, mystique et appelé “le père des pauvres”, qui devint son père spirituel ; il demanda et obtint d’entrer dans l’Ordre comme convers. Il passa sa vie, une quarantaine d’années, dans la pénitence, la prière et le travail, pleurant son crime.
Quand il mourut, Carino était un homme complètement transformé intérieurement, au point que lui aussi fut objet de vénération et considéré comme bienheureux. Son corps est conservé à la cathédrale de Forlì. Le processus de reconnaissance du culte ab immemorabili commença en 1822 à Forlì, mais la mort de Pie VII et la disparition des nombreux actes du procès arrêtèrent le processus de la cause.
Comme on ne connaît pas avec certitude le jour de sa mort, sa fête a été fixée au 28 avril, date de la translation de sa tête de Forli à Cinisello Balsamo.

28 avril St Louis-Marie Grignion de Montfort, né 31 janvier 1673 Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine), + 28 avril 1716 Saint-Laurent-sur-Sèvres (Vendée), tertiaire dominicain.
LM Grignion de La Bacheleraie (par humilité il prendra le nom de sa paroisse natale) était l’aîné des 18 enfants d’un avocat breton. Il fut élève des Jésuites à Rennes, puis de St Sulpice à Paris, prêtre le 5 juin 1700, tertiaire dominicain, aumônier à l'hôpital de Poitiers, où il opéra une réforme aussi prompte qu'étonnante. Ballotté ensuite pendant quelque temps par les persécutions que lui suscitaient les jansénistes, il se rendit à Rome en vue de s'offrir au pape pour les missions étrangères, mais Clément XI l’envoya comme missionnaire apostolique dans l'Ouest de la France. Reprenant l'idée de saint Vincent Ferrier, il sut donner un style très populaire à ses missions. Se reconnaissant dans la spiritualité du Bx Henri Suso, il annonçait la Bonne Nouvelle de la sagesse et de l'amour du Christ. Pendant dix ans, il évangélise l'Ouest, qu'il remue et transforme par sa parole puissante, par la flamme de son zèle et par ses miracles. Il alimente sa vie spirituelle dans une prière continuelle et dans des retraites prolongées, il est l'objet des visites fréquentes de la Sainte Vierge. Ses cantiques populaires complètent les fruits étonnants de sa prédication; il plante partout la Croix; il sème partout la dévotion au Rosaire: il prépare providentiellement les peuples de l'Ouest à leur résistance héroïque au flot destructeur de la Révolution, qui surgira en moins d'un siècle.
Il fonde les Filles de la Sagesse (1703), la Compagnie de Marie (Pères Montfortains, 1712) et (au moins inspirateur) les Frères de Saint-Gabriel. Après 16 ans d'apostolat, il meurt en pleine prédication, à 43 ans. C'est un des plus grands saints des temps modernes, et le promoteur des prodigieux développements de la dévotion à la Sainte Vierge à notre époque. Il a laissé de nombreux écrits spirituels.
Béatification 1888, canonisation 1947.

29 avril Ste Catherine de Sienne, Sienne 25 mars 1347-Rome 29 avril 1380.
25ème enfant de Jacopo Benincasa, teinturier à Sienne, et de Lapa Piagenti, âgée de 6 ans elle reçoit sa première vision surnaturelle, et à 7 ans, elle fait voeu de virginité. Ayant résisté victorieusement aux projets matrimoniaux de ses parents, à 16 ans elle entre parmi les mantellate (les laïques dominicaines de Sienne), revêtant leur vêtement blanc et noir. Elle partage son temps entre l'église et l'hôpital-léproserie, où elle assiste les malades. Elle a tout juste 20 ans lorsque, au soir du jeudi gras 1367, lui est accordé le mariage mystique avec Jésus.
À Sienne, Catherine ne passe pas inaperçue : on la trouve absurde, scandaleuse ou exaltée. Mais autour d'elle se forme un cénacle de gens d'Église, prêtres et religieux, d'artistes et d'hommes cultivés, d'artisans et de travailleurs, de jeunes et de moins jeunes, de femmes du peuple et de dames de l'aristocratie. Cette compagnie se réunit autour de Catherine pour prier, réfléchir, méditer, dialoguer. Catherine ne manque certes pas de charme féminin, mais elle est plus riche encore de sainteté. Ascèse et oraison la font vivre en étroite union avec le Christ, tout en se préoccupant des réalités de la vie. Son principal souci est l'unité de l'Église. Sans complexe, elle écrit au pape, à Avignon, une lettre brûlante où elle le presse de revenir à Rome. Elle ira même le chercher. Lorsque la chrétienté occidentale sera divisée entre plusieurs papes, elle soutiendra Urbain VI et déploiera des trésors d'activité et de diplomatie pour rassembler l'Église autour de lui. Elle prend aussi parti dans les luttes où s'affrontent les villes italiennes. Elle, la recluse de Sienne, voyage inlassablement comme médiatrice dans le nord de l'Italie et le sud de la France. Mais cette activité débordante n'est que la face apparente d'une intense vie mystique, avec des extases durant lesquelles ses disciples, émerveillés, copient les prières qui s'échappent de ses lèvres. Son Dialogue, qui est un des classiques de la langue italienne, retrace ces entretiens enflammés avec le Christ. Elle s’appliqua à connaître Dieu en elle, à se connaître en Dieu et à reproduire l’image du Christ crucifié.
Avec force et inlassablement, elle lutta pour poursuivre la paix, ramener dans sa ville l’évêque de Rome et refaire l’unité de l’Église.
Elle mourut à Rome en 1380, laissant de précieux documents de très haute doctrine spirituelle.
Canonisée en 1461.
Seconde femme Docteur de l’Église (1970), patronne de l'Italie avec saint François d'Assise, patronne des laïcs dominicains, de l’Action catholique féminine, de Rome, des infirmières, des pompiers, copatronne de l'Europe. On la représente avec un cœur.
"Elle entra avec un regard sûr et des paroles de feu dans le vif des problèmes sociaux et politiques qui ont déchiré l'Europe de son époque" (Jean Paul II, 1999). "Catherine est pleinement femme, pleinement laïque, pleinement dominicaine, pleinement contemplative, pleinement apostolique : elle incarne l'être dominicain comme aucune autre femme."

30 avril St Pie V (Antonio Ghislieri), 17 janvier 1504 à Bosco Marengo près d’Alessandria-† 1er mai 1572 à Rome.
C’était un petit berger gardant les moutons dans la campagne lombarde. La générosité d'un voisin l'envoie à l'école chez les dominicains. À 14 ans, il entre dans l'Ordre sous le nom de frère Michel. En 1550, il est nommé inquisiteur dans un diocèse très exposé à la prédication protestante. C'est dans cette fonction épineuse qu'il se créa, en défendant les droits de l'Église, des ennemis implacables. Il dut aller à Rome justifier sa conduite. Les Dominicains du couvent de Sainte-Sabine, le voyant arriver avec un extérieur négligé, lui firent mauvais accueil; le supérieur alla même jusqu'à lui dire avec raillerie: "Que venez-vous chercher ici, mon Père? Venez-vous voir si le collège des cardinaux est disposé à vous faire pape?" Le religieux peu charitable ne se doutait pas qu'il prédisait l'avenir ! Le cardinal Caraffa, lui, reconnut sous cet extérieur modeste une grande âme destinée par Dieu à combattre vaillamment l'hérésie ; et plus tard, quand il fut devenu pape sous le nom de Paul IV, il donna en 1556 l’évêché de Sutri à Michel Ghislieri, chez qui on vit briller toutes les vertus apostoliques, surtout l'amour des pauvres et des humbles.
En 1557 il devient cardinal. À l’âge de 62 ans, il devient le 223ème pape, le troisième pape dominicain, grâce à l'opiniâtreté de saint Charles Borromée, archevêque de Milan qui sera d'ailleurs l'un de ses plus fidèles collaborateurs. Il garde son habit blanc de dominicain, d’où l’habit blanc des papes. Son pontificat de 6 années (1566-1572) exercera une influence profonde sur la vie de l’Église : il sera marqué par la victoire de Lépante, la dévotion au Rosaire, la publication du Missel et du Bréviaire romain, du Catéchisme du Concile de Trente. Pie V consacrera son pontificat à l'application de la Réforme Catholique définie au Concile de Trente, dans toute l'Église, avec une attention particulière pour les diocèses du Nouveau Monde. Les prêtres doivent donner l'exemple de la pureté des mœurs et du dévouement. Il combat passionnément la simonie et promeut le célibat. Les laïcs doivent fréquenter les sacrements et s'instruire dans la foi. Pour favoriser cette restauration de la piété, le pape fait refondre le missel, achever et traduire en plusieurs langues nationales le catéchisme officiel. Il encourage les théologiens, crée la Congrégation de l'Index pour protéger les fidèles contre les thèses hérétiques. Il n'hésite pas à excommunier la reine d'Angleterre Elizabeth 1ère. Il appelle les princes chrétiens à une croisade contre les Ottomans musulmans qui, un siècle plus tôt, avaient anéanti l'Empire chrétien d'Orient. La flotte turque, réputée invincible, sera écrasée à Lépante le 7 octobre 1571, victoire dont il eut la révélation à l'heure même où elle fut remportée, et qui fut à l’origine de la fête du Rosaire.
Toute sa vie, il sera fidèle à ses vœux religieux et gardera la pauvreté jusque dans les fastes pontificaux. En mourant il dit aux cardinaux : « Je vous recommande la Sainte Église que j’ai tant aimée ». Son visage austère présente un type de spiritualité assez différent de la jovialité de son contemporain st Philippe Néri, dont l’alacrité faisait alors la conquête de Rome.
Peu de papes ont vu autour d'eux le rayonnement de plus grands saints et de plus grands hommes; c'était l’époque des saints Jean l'Aumônier, Thomas de Villeneuve, Jean de Dieu, Jean de la Croix, Thérèse, François Borgia, Louis de Gonzague, Stanislas Kostka, Charles Borromée.
Canonisé en 1712.

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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Lun 30 Avr 2012, 18:42

Oups! J'ai oublié les saints du 26 et du 27 avril: les voici un peu en retard:

26 avril Bx Dominique et Grégoire d’Aragon (Aragon vers 1300 - Perarrua, Ribagorça, première moitié du 14ème).
On sait seulement qu’ils vivaient au couvent d’Osca (Aragon) et les circonstances de leur mort. Toujours sur les routes, sans or ni argent, ils quêtaient chaque jour leur nourriture, annonçaient à tous la parole de Dieu. Un jour, en allant de Besians à Perarrua, ils furent surpris par une grosse pluie et se mirent à l’abri dans une grotte à la Peña de San Clemente, mais la grotte s’écroule et les deux frères sont tués. Quand les habitants de la région voient que les frères ne sont pas arrivés à destination, ils les cherchent et, selon la tradition, des signes leur indiquèrent où ils étaient : lumière sur le lieu de la caverne, cloches qui sonnent toutes seules etc.
Les gens de Besians et de Perarrua n’étaient pas d’accord sur le lieu où enterrer ceux qu’ils considéraient déjà comme saints; ils les mettent sur un âne, qui traverse Perarrua et ne s’arrête qu’à l’église de Besians. C’est donc là qu’on les enterre, et qu’on les vénère comme martyrs puisqu’ils sont morts au service de Dieu. La coutume était qu’au moins une personne de chaque maison de Perarrua et environs aille à Besians le 26 avril.
Culte approuvé en 1842, béatifiés en 1854.
"Saint" Dominique de Besians est invoqué contre les risques d’accident quand on chemine en montagne.

27 avril Bse Osanna de Kotor (Catherine Kosic), Relezi (ou Kebeza) (Montenegro) 25 novembre 1493- Kotor 27 avril 1565.
Sa vie a un charme particulier. Petite bergère d’humble famille et de confession orthodoxe, elle s'adonne à la prière contemplative. Ravie par la beauté des magnifiques panoramas de son Montenegro, elle s’éprend du Créateur de tant de merveilles et avec une ardeur insolite elle lui demande de se montrer à elle. Et là, dans la solitude des montagnes, Jésus lui apparaît, d’abord petit enfant, puis crucifié, imprimant dans son cœur une marque indélébile.
Quand elle eut 12 ans, elle eut un fort désir d’aller en ville, où elle sentait qu’elle pourrait prier bien mieux. Sa mère la plaça à Kotor comme servante chez une riche catholique qui la laissait aller prier à l’église tant qu’elle voulait, et c’est ainsi qu’elle devient catholique. Ayant fait la connaissance des dominicains, à 22 ans elle prend une décision héroïque : devenir recluse pour toujours, en prenant l’habit et la règle du Tiers Ordre dominicain. Elle prend le nom d'Osanna en l'honneur de la bienheureuse Osanna de Mantoue. Elle s'installe dans une cellule, puis dans une autre (à côté de l’église dominicaine St-Paul) où elle suit la règle de st Dominique pendant 52 ans, offrant sa vie pour le salut du monde, immergée dans la contemplation des douleurs de Jésus et dans la complète immolation d’elle-même.
De nombreuses personnes venaient la consulter et un groupe de religieuses dominicaines vint s’installer près d’elle, elles finirent par être si nombreuses qu’un couvent fut construit pour elles. Elle continuait à avoir des visions, la Vierge, l’Enfant Jésus, divers saints, et même le diable. Elle fut maîtresse de sainteté pour d’innombrables âmes, mais surtout fut l’ange tutélaire de Kotor. Quand la ville fut attaquée par les Turcs, on demanda l'aide de ses prières et Kotor fut libérée ; et lors d’une épidémie de peste on dit qu'elle sauva la ville.
Son corps repose dans l’église Sainte-Marie de Kotor.
Culte ratifié en 1927 par Pie XI qui a invoqué son intercession pour l’unité des chrétiens.
Béatifiée en 1934.
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boulo
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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Mar 01 Mai 2012, 15:10

La baie de Kotor est classée patrimoine mondial . Elle est effectivement magnifique .

_________________
" Faux départ . Enquête sur les EMI/NDE " , par Sonia Barkallah , se trouve dans " Témoignages ... " . Dernière réponse le 31/12/2015 1h33 .
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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Jeu 03 Mai 2012, 22:09

http://fr.wikipedia.org/wiki/Kotor
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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Jeu 03 Mai 2012, 22:11

4 mai Bse Émilie (ou Amelia) Bicchieri, 1238 à Verceil (Piémont) - 3 mai 1314.
Emilia Bicchieri appartenait à la riche famille italienne des Borromée. Ses six sœurs firent des mariages avantageux. Quand sa mère meurt, Emilia prend Marie comme mère. Elle parle peu, jeûne, fait la charité. À 14 ans elle vit chez elle comme une religieuse, car son père hésite à la laisser entrer dans un monastère à cause de son jeune âge. Voyant sa détermination, il se décide à lui bâtir un monastère, Sainte-Marguerite, où elle entre avec plusieurs compagnes. Au bout d’un an de noviciat, elle prend l’habit du Tiers-Ordre dominicain et fait profession à 19 ans. Son père meurt. Elle devient prieure, avec tendresse, affection, elle est la plus humble de toutes, elle trouve son plaisir à faire les travaux les plus ordinaires. Elle vénérait particulièrement la passion du Christ, de qui elle reçut des grâces insignes. Douce pour les autres, sévère pour elle-même, elle faisait des miracles. À 76 ans, elle tomba malade et mourut.
Culte approuvé en 1769.
La prière du jour de sa fête fait particulièrement l’éloge de son « cœur reconnaissant » envers Dieu.
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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Jeu 10 Mai 2012, 15:38

8 mai Bx Bernard de Portugal (+5 août 1265)
Prêtre sacristain du couvent des dominicains de Santarem au Portugal, il aimait réunir les enfants pour leur faire le catéchisme et leur parler du Christ. Une vie toute simple. La communauté remarqua toutefois que Jésus venait s'entretenir souvent avec frère Bernard.

10 mai St Antonin de Florence (Antonino Pierozzi de Forciglioni) (Florence mars 1389-2 mai 1459).
Antonino (diminutif d’Antonio, car il était de petite taille), fils unique de Nicolas Pierozzi (notaire) et de Thomassina, voulut entrer à quinze ans chez les dominicains de Fiesole. Le supérieur, voyant cet enfant si délicat, craignit qu'il ne pût s'astreindre aux austérités de la règle:
"Qu'étudiez-vous? dit-il à Antonin.
-- Le Droit canonique.
-- Eh bien! ajouta le religieux pour le décourager, quand vous saurez le Droit par coeur, nous vous recevrons."
Un an après (en 1407) Antonin revenait, possédant toute la science demandée, et les dominicains l’acceptèrent ! Devenu prêtre (1413), il prêche en 1414 à Cortone, puis à Fiesole et à Foligno. Le pape Nicolas V le jugeait digne d’être canonisé dès le temps de sa vie. Zèle, courage, ascèse. Aux offices il ajoute celui de la Vierge et celui des morts, et parfois tout le psautier. Il disait la messe chaque jour, prêchait souvent et avec succès, partageait les services les plus humbles du couvent.
Il remplit de nombreuses charges : 1432-1445 vicaire des Observants (courant dominicain réformateur) et prieur des couvents de Fiesole 1421, Cortone 1418, Gaeta, Florence (fonde St Marc 1436), Sienne, Pistoia, Naples 1428, Rome 1430, où il œuvra avec zèle à la réforme de l'observance. Provincial de la province de Rome. Il se fit remarquer par sa vie simple et sa charité, il était d’accès facile pour les gens ayant besoin de lui, mais évitait les femmes. Le dimanche il prêchait dans les églises de la ville. Il débarrassa Florence de l’usure, de la magie, des charlatans et des comédiens, lutta contre les jeux d’argent et chassa les bavards des églises. Il donnait presque tout son argent aux pauvres, vendant ses meubles, livres, habits. Il visitait les pestiférés. Il guérissait des malades et faisait divers miracles. Il fonda une confrérie pour aider les pauvres et les jeunes filles sans dot. Il a gagné l'estime du peuple par l'énergie et les ressources qu'il a dépensées pendant l'épidémie de peste et le tremblement de terre (1453).
En 1446, sur la suggestion de Fra Angelico (ils étaient amis) il fut nommé archevêque de Florence et le resta jusqu’à sa mort. C'est lui qui dirigea les travaux du Bx Fra Angelico qui, par ses fresques, ornait de prière méditative les cellules de ses frères au couvent Saint Marc, leur faisant ainsi partager sa vie spirituelle. Après avoir travaillé à la réforme de l’Ordre des Prêcheurs, il se dévoua à sa charge pastorale avec vigilance et se distingua par sa sainteté, et par l’ordre et l’utilité de sa Somme de théologie morale, un traité de théologie morale et pratique sur toutes les questions de la société de son temps. Il y réfute, selon Max Weber, l'argument de la stérilité de l'argent. Il écrit également des manuels pour les confesseurs, des manuels de morale pratique, des ouvrages de théologie morale, de droit canonique et d'histoire. Savant canoniste, travailleur infatigable, surnommé « Antonin des Conseils », il meurt à 70 ans, la veille de l’Ascension, en récitant sa prière favorite : « Servir Dieu, c'est régner. »
Canonisé en 1523. Sa fête est célébrée le 2 mai depuis 1969 (le 10 mai entre 1683 et 1969).

10 mai Margaret Hallahan, née 23 janvier 1803 à Londres, + 10 mai 1868 à Stone, Staffordshire (Angleterre).
Fondatrice des Dominicaines de la Congrégation Anglaise de Ste Catherine de Sienne (Tiers Ordre). Parents irlandais pauvres, fille unique, orpheline à 9 ans, passe 2 ans dans un orphelinat à Somers Town, puis elle sert pendant presque 30 ans. En 1826 elle va à Bruges avec sa famille d’accueil. Elle entre chez les soeurs laïques augustiniennes mais elle part au bout d’une semaine, elle se rend compte que Dieu a d’autres projets. Elle devient tertiaire dominicaine en 1842, va en Angleterre à Coventry où elle est collaboratrice du Dr Ullathorne (devenu plus tard évêque de Birmingham) parmi les ouvrières. Elle fut bientôt rejointe par d’autres, et avec l’accord des pères dominicains elle fonde une communauté de tertiaires, qui se consacrent aux oeuvres de charité. La règle du Tiers Ordre dominicain étant faite pour des personnes vivant dans le monde, ne s’adaptait pas à la vie communautaire; cependant elle modifia les constitutions, à partir de la règle du 1er et du second ordres, et les adapta à ses besoins. Les premières professions eurent lieu en 1845. De Coventry la communauté déménage à Bristol, où elles sont chargées de plusieurs écoles. Puis elles vont à Longton, Staffordshire, où un vaste champ d’activité leur était ouvert.
En 1851 la congrégation est approuvée par le pape, en 1852 la première pierre du couvent Saint Dominique est posée à Stone, Staffordshire, mais pas dans le Black Country. Là étaient la maison-mère et le noviciat, c’est pourquoi la communauté de Longton y déménagea ensuite. Ce couvent de Stone avait la réputation de compter quelques-unes des femmes les plus intelligentes d’Angleterre, dont Theodosia Drane, future Provinciale. À Stone furent bâtis une église et un hôpital pour incurables, qui était l’un des plus chers projets de Mère Margaret et fut commencé à petite échelle à Bristol. En 1857 à Stoke-on-Trent, près de Stone, elle ouvrit un autre couvent et un orphelinat. En 1858 elle va à Rome obtenir la confirmation finale de ses constitutions, et la congrégation fut placée sous la juridiction du Maître général de l’Ordre, qui nomme un délégué, généralement l’évêque du lieu. Elle fit encore des fondations : à Bow, à Marychurch (Torquay). Margaret était pleine de dons naturels et surnaturels, avec une foi et une détermination merveilleuses. Elle refusait l’aide du gouvernement pour ses écoles, ou de les mettre sous l’inspection du gouvernement, mais depuis sa mort la congrégation a suivi la coutume régionale à cet égard.
Béatification en cours.

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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Mer 16 Mai 2012, 00:57

12 mai Bse Imelda (Maddalena) Lambertini, Bologne 1321/1322-12 mai 1333.
Son père, Egano Lambertini, gouverneur de Brescia et ambassadeur par-devant la République de Venise, était aussi remarquable par son habileté, prudence et valeur militaire que par sa foi profonde et son amour des pauvres. Sa mère, Cas¬tora Ga¬luzzi, demandait à la Vierge la grâce d’avoir un enfant. Après avoir beaucoup prié, elle eut une jolie petite fille. Dès sa naissance, Castora l’offrit à la Vierge, qui accepta l’offrande. Imelda manifesta dès le berceau une intelligence précoce qui s'ouvrait naturellement aux lumières de la foi. C’était une enfant obéissante, qui ne faisait pas de caprices. Elle s'était aménagé un petit oratoire où elle priait. À 10 ans, elle entra chez les Dominicaines de Val di Petra, près de Bologne, et prit l'habit avec joie. Novice, elle voulut observer la Règle tout entière bien qu'elle n'y fût pas obligée. Aucune austérité ne l'effrayait, et elle s'appliquait en tout à ressembler à Jésus crucifié. Elle passait des heures en adoration devant Jésus-Hostie. Durant la messe, elle versait d'abondantes larmes, surtout au moment de la communion. Elle disait aux sœurs : « Je vous en prie, expliquez-moi comment on peut recevoir Jésus dans son cœur sans mourir de joie. »
C'était l'usage du pays de ne donner la première communion qu'à l'âge de 14 ans. Le jour de l'Ascension 1333, Imelda supplia de nouveau son confesseur, mais il resta inflexible. L'enfant s'en alla à la chapelle en pleurant, afin d'y entendre la messe. Le Seigneur Jésus, si faible contre l'amour, ne put résister davantage aux vœux de cette âme angélique. Au moment de la communion, une hostie s'échappa du ciboire, s'éleva dans les airs, franchit la grille du chœur et vint s'arrêter au-dessus de la tête d’Imelda. Les religieuses avertirent le prêtre du prodige. Lorsqu’il s'approcha avec la patène, l'hostie immobile vint s'y poser. Ne doutant plus de la volonté du Seigneur, il communia Imelda. Les religieuses, saisies d'un étonnement inexprimable, restèrent longtemps à regarder cette enfant toute irradiée d'une joie surnaturelle, prosternée en adoration. Ressentant finalement une vague inquiétude, elles appelèrent Imelda, la prièrent de se relever, puis lui en donnèrent l'ordre. L'enfant toujours si prompte à obéir paraissait ne pas même les entendre. En allant la relever, les sœurs s'aperçurent avec stupéfaction qu'Imelda était morte : morte de joie et d'amour à l'heure de sa première communion.
Cette petite sainte a été surnommée : la fleur de l'Eucharistie. Elle est la patronne des premiers communiants.
Culte confirmé en 1826.

12 mai Bse Jeanne (Joana) de Portugal, 16 février 1452 à Aveiro, + 12 mai 1490 id.
Fille du roi de Portugal Alfonso V et de la reine Isabel de Coimbra, qui mourut à la naissance de son fils Joao, quand Joana avait 3 ans (elle fut alors confiée aux bons soins de ste Beatriz Meneses, voir 17 août). La santé délicate de son frère et la mort de sa mère faisaient d’elle l’héritière probable du trône, et elle fut éduquée dans cette perspective. Pourtant, depuis l’enfance elle ne s’intéressait qu’au service de Dieu. Elle fut maintes fois demandée en mariage (le Dauphin de France, Maximilien d’Autriche, Richard III d’Angleterre).
Quand elle eut 16 ans, elle demanda à son père la permission d’entrer en religion. Il refusa, mais renonça provisoirement à la marier et l’autorisa à mener au palais une vie retirée. En 1471, Alfonso et Joao entreprirent une expédition contre les Maures. Joana, qui avait 19 ans, assura la régence du royaume avec grande compétence. La guerre terminée, la princesse demanda encore à entrer au couvent, son père accepta.
Elle distribua ses biens personnels et partit au couvent des Bernardines d’Ordivellas, pour attendre l’autorisation d’entrer chez les Dominicaines d’Aveiro, où la règle était sévère. Son père et son frère ne voyaient pas d’un bon œil cette retraite, aussi ils la harcelèrent pendant longtemps, allant jusqu’aux menaces et à l’enlèvement pour qu’elle revienne. Finalement, le 4 août 1472, elle entra chez les dominicaines, prit l’habit en 1475, mais ne put prononcer ses vœux que lorsque la succession au trône fut assurée, en 1485.
Cependant, la princesse fit tout son possible pour mener la vie d’une simple religieuse, se réservant les travaux les plus humbles. Elle consacra tous ses revenus à la charité, spécialement au rachat des captifs. Elle fut le refuge des pauvres, des orphelins et des veuves. Sa famille s’inquiétait pour sa santé, et pendant une épidémie de fièvre ils insistèrent pour qu’elle quitte Aveiro, dont le climat était insalubre.
Elle mourut à 38 ans, d’une fièvre contractée en buvant de l’eau contaminée, ou peut-être empoisonnée par une femme qui avait des griefs contre elle. Elle mourut à l’heure qu’elle avait elle-même prédite, pendant que ses sœurs récitaient la litanie des saints. Arrivées à l’invocation : « Tous les saints innocents, priez pour nous », elle leva les yeux au ciel et expira doucement dans le Seigneur. Les miracles signalés sur sa tombe sont nombreux.
Patronne d’Aveiro.
Culte confirmé en 1692.

12 mai Magdalena Budrisig, † 12 mai 1532 à Darbe (Dalmatie).
Elle était duchesse de Citena en Dalmatie. Mariée à 14 ans, veuve à 17, elle renonce à se remarier et se consacre aux œuvres de miséricorde et de charité ; elle s’occupe de l’éducation de ses frères. Après la mort de ses parents elle se retire à Darbe et entre dans le Tiers Ordre dominicain.

14 mai Bx Gilles de Vaozela ou Gilles de Santarém (Gil Rodrigues de Valadares), en latin Aegidius Scallabitanus, Vaozela (province de Viseu) v1185/1190–Santarém 14 mai 1265.
Troisième fils de Rui Pais de Valadares - gouverneur de Coimbra (alors capitale du Portugal) et conseiller de Sancho 1er -, il fut destiné dès l’enfance à l’Église et étudia à Coimbra la philosophie et la médecine. Le roi lui donne de gros bénéfices, mais il ne veut pas être ecclésiastique, il veut être médecin. Il partit continuer à Paris, la meilleure faculté d’Europe. La légende dit qu’en cours de route, il rencontra un étranger courtois (plus tard, il pensait que c’était le diable), qui proposa de lui enseigner la magie à Tolède, en échange il devait donner son âme au diable. Ensuite, il alla à Paris, y obtint son diplôme de médecin, et pratiqua et enseigna la médecine avec grand succès. Mais au milieu de la richesse et des honneurs, il n’est pas heureux. N’ayant pas trouvé le secret de la nature, il se consola dans la débauche, qui le conduisit à la tristesse et au désespoir. Il a perdu la foi, mais il a gardé la dévotion à Marie, il pressent qu’elle le délivrera. Une nuit, un rêve lui montre dans quel danger mortel il est, il appelle Marie à l’aide, et au réveil il est délivré. Il brûla ses livres de magie, cassa ses flacons d’onguents, distribua ses biens à ses serviteurs et aux pauvres, et entreprit de rentrer à pied au Portugal. De passage au couvent de Palencia où les dominicains lui donnèrent l’hospitalité, Gil profita de l’occasion pour se confesser, et prit l’habit vers 1221/1224. Sous le Bx Jourdain de Saxe maître de l’Ordre, il fit profession.
Autre version : c’est à Paris qu’il fit connaissance de l’Ordre dominicain récemment créé, et où il fut, au noviciat, le compagnon de cellule du Bx Humbert de Romans.
En 1229, il est envoyé au couvent de Scallabis (actuel Santarém), au Portugal, où il se consacre à l’enseignement, à la prédication, à la prière et à la pénitence.

Dans les tentations de désespoir, il continue à prier Marie et finalement il est entièrement libéré. Il vécut heureux sans connaître le secret de la nature, mais ayant découvert que Dieu est le secret de la paix. Il est très doué pour toucher par ses prédications les pécheurs endurcis.
Il est élu provincial d’Espagne (Province incluant le Portugal) en 1234, participe au chapitre général de Burgos, où il défend la création d’un couvent à Porto. Au chapitre général de Bologne en 1238, il vote l’élection de Raymond de Penyafort comme Maître général. En 1245 il participa à la déposition de Sancho II par le pape Innocent IV. Il fut réélu provincial en 1257, mais son âge avancé l’obligea à renoncer bientôt à cette charge. Il passa ses dernières années à Santarém.
Extases, prophéties. Dès son vivant il était considéré comme un saint.
Il mourut le jour de l’Ascension, octogénaire et sans agonie, consumé par l’amour divin. Sa tombe devint un lieu de pèlerinage. Beaucoup de miracles et de guérisons lui sont attribués. En 1833, le couvent est détruit, et depuis, ses reliques sont conservées près de Lisbonne dans une maison privée. Béatifié en 1748.
La prière du jour de sa fête dit : "Dieu et Père plein de bonté, dans ta miséricorde tu as ramené le bienheureux Gilles, d’une vie éloignée de toi, au chemin de la justice et de la sainteté.“ Au long des siècles, on a beaucoup écrit sur Frère Gil. Ce qui y a contribué, c’est la coutume prise dès le début de l’Ordre, d’écrire la vie des frères. À la demande d’Humbert de Romans, une Vita Fratrum fut écrite en 1258 par Frère Gérald de Frachet, avec la collaboration de Frère Gil. Il est dit de lui : « Frère Gil d’Espagne, avec réputation de saint, homme d’autorité et de véracité indiscutables, envoya ces écrits à Frère Humbert, Maître de l’Ordre, dont il fut le compagnon très cher au noviciat à Paris ».

15 mai Thomas de Cantimpré, né dans le Brabant, peut-être à Leeuw-Saint-Pierre, près de Bruxelles, ou à Bellingen, vers 1200, + Louvain? 15 mai 1270/2.
Chanoine régulier de l’abbaye de Cantimpré puis religieux dominicain, célèbre par sa piété et ses écrits. Hagiographe. Il appartenait à une famille noble. Après avoir fait ses études probablement à Liège ou à Cambrai, il entra vers 1216 au monastère de Cantimpré. Devenu en 1232 frère prêcheur, il semble avoir été attaché dès lors au monastère de Louvain. Toutefois, il fut longtemps à Cologne auditeur d'Albert le Grand et vint à Paris en 1238, chez les dominicains, entendre les docteurs réputés. À son retour à Louvain, il reçut le titre de lecteur du monastère, puis de prédicateur général pour une région qui couvre une partie de l'Allemagne, de la Belgique et de la France. Mais il est inexact qu'il soit devenu évêque. Parmi ses nombreux amis, il faut rappeler Jacques de Vitry et Lutgarde. Plusieurs miracles lui sont attribués. Il eut une vision de Notre Seigneur. Ses œuvres :
De naturis rerum
Vita Ioannis Cantipratensis
Un supplément à la Vie de la béguine Marie d'Oignies rédigée par Jacques de Vitry
Vie de la bienheureuse Lutgarde et de Marguerite d'Ypres.
Mais le plus célèbre de ses ouvrages reste le Livre des Abeilles (Bonum universale de apibus), traité de religion et de morale pratique dans le cadre d'un développement allégorique sur les abeilles. On y cueille des détails en anthropologie, zoologie, botanique, minéralogie, astronomie, astrologie et météorologie.

15 mai Bx André Abellon, Saint-Maximin 1375-Aix 1450.
Il entendit prêcher st Vincent Ferrier et entra très jeune au couvent Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin, où il devint prieur et qu’il réforma. Il restaura la discipline régulière dans les couvents d’Arles, Aix et Marseille, montrant de la générosité pour les autres et de l’austérité pour lui-même. L’impulsion donnée au mouvement de réforme de Raymond de Capoue, qui parut ralentir avec sa mort, reprit de plus belle sous l’énergique gouvernement du Maître général Bartolomeo Texier. André étudia la peinture (il devint célèbre comme illustrateur de livres), et comme tant de ses confrères, se servit de l’attrait du beau pour élever le cœur des fidèles à l’amour des choses célestes. Il enseigna la théologie à Montpellier, Paris et Avignon. Mais il était surtout prédicateur. Il est vénéré à Aix-en-Provence, où il vint prêcher en 1415, durant la peste qui ravageait le pays, et il soigna très activement les malades. Dans les couvents où il agissait, il obtenait « plus par sa bonté et par l’exemple de sa vertu que par des dispositions impatientes. » La prière du jour de sa fête dit qu’il fut choisi par Dieu « pour prêcher l’évangile de la paix et favoriser la vie régulière de l’Ordre. »
Béatifié en 1902.

15 mai Vble Antonio Palladino, né à Cerignola, Foggia (Italie) 10 novembre 1881, + id. le 15 mai 1926, tertiaire dominicain.
Père propriétaire terrien, oncle prêtre, aîné de famille nombreuse (dont 2 meurent en bas âge), enfant doux et réfléchi, à 11 ans il entre au séminaire, en 1903 il finit sa théologie, il enseigne la philo au séminaire, en janvier 1905 ordonné prêtre. Il est prof de philo et d’histoire de l’Église, économe et administrateur. En 1908 il fonde à Cerignola un patronage Don Bosco qui en peu de temps compte 400 garçons et environ 100 bienfaiteurs. En 1909 Antonio est nommé curé d’une nouvelle paroisse où il y a beaucoup de socialistes, la paroisse Saint-Dominique. Il fonde de nombreuses associations pour développer l’adoration eucharistique, fonde un groupe de Filles de Marie, construit dans un quartier socialiste une nouvelle chapelle qui sera un centre de catéchisme et d’apostolat, opérant un intense renouveau social et religieux. En 1916 il fonde la Maison de l’Immaculée, ouvroir de couture et de broderie pour les jeunes filles, et l’Asile de l’Enfant Jésus, et la communauté de religieuses des Victimes eucharistiques, qui soutiennent la paroisse de leurs prières. En 1917 il entre dans le tiers-ordre dominicain, à Bari, sous le nom de frère Raymond-Marie ; la même année il fonde la Fraternité laïque dominicaine, où entrent 40 Filles de Marie et les 9 premières Victimes eucharistiques. En peu de temps, les tertiaires dominicaines sont 400, recevant du curé une profonde formation spirituelle.
En 1918 il fonde avec d’autres le Parti Populaire Italien, en 1920 la Confrérie Jeanne d’Arc (Action catholique féminine).
En 1921 le pape refuse de reconnaître les Victimes eucharistiques comme un nouvel ordre religieux. Il souffre mais obéit. Il décide de les réunir avec la Maison de l’Immaculée et l’Asile de l’Enfant Jésus en une seule fondation : l’Institut paroissial féminin Saint Dominique. Pour les 700 ans de la mort de saint Dominique, il fonde un bulletin, Le Flambeau, qui coordonne toutes les associations paroissiales. Il décide de construire une nouvelle église, Notre-Dame de Bon Conseil, dans un quartier socialiste. En 1922 il est nommé directeur diocésain des coopérateurs salésiens et fonde une Caisse rurale pour aider les ouvriers et journaliers.
En 1924 il projette de fonder une congrégation de sœurs tertiaires régulières. Il tombe malade, mais ne cesse de s’occuper de sa paroisse et de la fondation de son oeuvre. En février 1925, dans une vision sainte Thérèse de l’Enfant Jésus lui dit : « Il y a besoin de victimes pour l’Église et pour le pape, tu souffriras encore mais tu guériras. » Il raconte cette vision à son évêque. En mai 1925, malgré son état de santé, il participe à Rome à la canonisation de ste Thérèse. Un autre curé est nommé à sa place. À la douleur physique s’ajoute la douleur morale de ne plus pouvoir célébrer la messe. Il sait que sa mort est proche. « Cupio dissolvi et esse cum Christo » « Passio Christi, conforta me! » Il fut enterré avec l’habit dominicain, dans l’église Notre-Dame du Bon Conseil. L’évêque continua son œuvre, et en 1927 la Congrégation des sœurs dominicaines du Saint Sacrement vit le jour.
Déclaré vénérable le 10 décembre 2010.
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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Sam 19 Mai 2012, 10:53

18 mai Serviteur de Dieu Jacek (Adam) Woroniecki, né le 21 décembre 1878 à Lublin, + 18 mai 1949, dominicain, recteur d’université catholique, théologien, moraliste thomiste.
D’une très ancienne famille princière, fils de Mieczyslaw Woroniecki et de Maria Drohojowskich, il grandit près de Chelm, élevé à la maison par une gouvernante anglaise, Miss Mary Drzewiecka.
Il passe 4 ans dans un lycée de Varsovie, en 1898 il fait son service militaire dans les hussards.
Il pourrait faire une brillante carrière, mais en 1899 il va à Fribourg faire une licence de sciences naturelles (1902) et de théologie (1905), puis il entre au séminaire de Lublin, il est ordonné prêtre en 1906.
Il continue ses études en Suisse (docteur en théologie, 1909) et la même année il entre chez les dominicains sous le nom de frère Jacek, séjourne à Fiesole, à Rome, à Fribourg où il s'occupe de la formation des prêtres étudiants.
1914-1919 il enseigne l’éthique à Cracovie.
En 1916 il est nommé prof de philo à l’université de Fribourg.
Il est professeur à l’université de Lublin, puis recteur (1922-1924).
En 1929 il est nommé prof de théologie morale et pédagogie à l’Angelicum à Rome.
En 1932 il fonde la congrégation des dominicaines missionnaires soeurs de Jésus et Marie.
En 1933, à Lviv il devient directeur des études dominicaines de philosophie et théologie, et prof de théologie morale, patrologie et histoire de l’Église.
1937-1939 il travaille à Varsovie.
1938-1939 il est éditeur de l’École du Christ.
Après la guerre, il dirige le studium général de Cracovie, où il enseignait aussi la théologie morale.
À partir de 1944, à cause de son état de santé il se consacre uniquement à écrire des livres.
Une rue de Lublin porte son nom.
Il a écrit de nombreux livres.
Béatification en cours depuis décembre 2004.

19 mai Bx Jean de saint Dominique Martinez (Manzanal de los Infantes, Zamora 1577- Suzuta, Ōmura, Nagasaki 19 mars 1619).
Il entra au couvent dominicain de Salamanque le 28 octobre 1594, fut ordonné prêtre. En 1602 il partit aux Philippines où il exerça le ministère à Bataan, Pangasinan et Manille. En 1618 il fut envoyé fonder une mission au Japon, fut arrêté et mourut en prison, épuisé par les sévices. C'est au terme de cette grande persécution que l'Église japonaise devint une Église du silence pendant près de 250 ans.

19 mai St Francisco Coll y Guitart, 18 mai 1812 à Gombrèn (Catalogne), + 2 avril 1875 à Vich (Catalogne).
Le dernier des dix enfants d’un ouvrier, il entre dans l’Ordre des Prêcheurs en 1830. À peine ordonné diacre il est contraint par la persécution des lois civiles à abandonner son couvent de Gérone. En accord avec ses supérieurs religieux exclaustrés, il offre ses services pastoraux à l’évêque de Vich, une fois ordonné prêtre, en 1836. À cause des lois anticléricales de 1836, il fut obligé de vivre par lui-même. Sa passion était l’évangélisation. À l’imitation de st Dominique, il se consacra à la prédication itinérante sans rémunération, occasionnellement accompagné de son ami st Antoine-Marie Claret. En dépit des circonstances éprouvantes, le Bx François était héroïquement fidèle à la vie dominicaine.
Finalement en 1872 les restrictions furent levées, les frères à leur retour trouvèrent qu’il avait maintenu les structures à tel point que leur communauté put commencer immédiatement à vivre.
Devenu rapidement un grand évangélisateur du clergé et du peuple, grâce à des exercices spirituels et des missions populaires, il fonda en 1856 la congrégation des Dominicaines de l’Annonciation, pour l’éducation et l’évangélisation des plus pauvres, et poursuivit jusqu’à sa mort son œuvre de prêcheur infatigable dans les villages et les villes de Catalogne.
En 1869 après une attaque il devint aveugle.
François Coll a consacré sa vie à l’éducation des enfants et des jeunes pour qu’ils puissent découvrir la richesse insondable du Christ, l’ami fidèle qui ne nous abandonne jamais, qui ne se lasse pas de se tenir à nos côtés et de revigorer notre espérance par sa Parole de vie.
Béatifié en 1979, canonisé en 2009.
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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Mer 23 Mai 2012, 14:28

20 mai Bse Colombe de Rieti (Angela Guardagnoli), Rieti (Ombrie) 2 février 1467- Pérouse 20 mai 1501.
Sa mère a 15 ans à sa naissance, ses parents sont de pauvres commerçants, à 12 ans elle doit gagner sa vie. Elle va à l’école chez les dominicaines de Rieti. Belle, douce, aimable, habile aux travaux ménagers, une famille charitable. Son petit frère devint dominicain à 10 ans et meurt peu après. A 12 ans elle fait vœu de devenir dominicaine. Ses parents veulent la marier, mais elle se coupe les cheveux, et le jeune homme renonce. Les parents acceptent sa vocation, mais elle reste avec eux. Elle vivait dans le jeûne, la pénitence et la prière. Le jour, elle filait et tissait, et tombait souvent en extase. En 1486, ses parents lui permettent de devenir tertiaire. Grande fut sa réputation de sainteté. En 1488, elle s’installe à Pérouse, où le duc Hercule de Ferrare lui a construit un couvent où les soeurs vivent dans l’esprit de ste Catherine de Sienne et non selon l’immoralité et l’indifférence religieuse de l’époque. Elle devient prieure. En 1494 Pérouse fut atteinte par la guerre civile ; Colomba chercha à réconcilier les factions, s’offrit comme otage pour libérer la ville du fléau, et proposa de consacrer la ville à ste Catherine. Elle fut torturée. La paix finalement obtenue fut attribuée à la piété de la ville et à son intercession. Elle fut calomniée à Rome – peut-être par Lucrèce Borgia -, on dit qu’elle avait sacrifié son innocence, c’est pourquoi elle perdit sa charge de prieure; au bout de quelques mois, son innocence fut reconnue et elle fut réhabilitée. On lui a aussi reproché d’avoir prêché en public, ce qui n’était pas permis aux femmes ni aux laïcs. Le pape Alexandre VI et bien des évêques et des grands de son temps lui témoignèrent un vif intérêt. À cause de sa réputation de sainteté, Alexandre VI lui rendit visite en 1499. Elle eut des visions. À cause de la fidélité de sa foi elle fut surnommée la deuxième Catherine. Son monastère de Pérouse disparut en 1870.
Son culte est approuvé en 1571, puis en 1627.

21 mai Bx Hyacinthe-Marie Cormier, né 8 décembre 1832 à Orléans, mort 17 décembre 1916 à Rome.
Henri Cormier entra dans le Tiers Ordre dominicain, alors qu'il était séminariste. Après son ordination sacerdotale, en 1856, il entra au noviciat dominicain de Flavigny, fondé par le P. Lacordaire. Sa manière de célébrer la messe édifiait tous ceux qui y assistaient. En 1859, il fit sa profession solennelle. De faible santé au point de faire d'ardentes neuvaines pour pouvoir faire profession et d'y être finalement admis par miséricorde - et presque comme un dernier sacrement - sur l'avis du pape Pie IX qui avait été consulté, il vécut en fait jusqu'à 84 ans.
En raison de la confiance que lui fit dès le début le P. Jandel (Maître général), qui avait reconnu en lui des qualités remarquables, le P. Cormier fut placé très vite dans des situations de responsabilité. Alors même qu'il n'était pas profès solennel, il fut sous-maître des novices en Italie. Il est ensuite maître des novices et prieur en Corse, artisan de la nouvelle province de Toulouse, puis son provincial nommé à 33 ans. De 1865 à 1891, il est supérieur sans discontinuer (Marseille, Toulouse, Saint-Maximin), réélu provincial.
Témoin des difficultés de l'Ordre en France (expulsions 1880), il se préparait avec discernement à la défense de la liberté de l'Eglise : il devint à Rome l'assistant du Maître de l'Ordre, le P. Früwirth, puis procurateur général (= chargé des relations avec les congrégations romaines).
Et enfin, en 1904, à 72 ans, un âge où l'on aspirerait plutôt à la retraite, il est élu 76ème Maître de l’Ordre. L'époque était particulièrement troublée pour l'Église, avec les affrontements en France au moment de la séparation de l'Église et de l'État, causant un climat de quasi-guerre civile (re-expulsions 1903), tandis que la situation en Italie était presque aussi préoccupante. Sa grande tristesse fut la situation de la France où les Dominicains n'existaient plus... Ils ne furent autorisés à revenir petit à petit qu'après la Première Guerre mondiale.
De plus, l'Église devait aussi se confronter à la crise moderniste. En cette occasion, il resta fidèle à Rome et respectueux des personnes. De tempérament plutôt traditionnel, il dut défendre avec force ses religieux, en particulier le P. Lagrange qu'on accusait d'infidélité à la doctrine de l'Église dans son exégèse. Hyacinthe-Marie sut plaider sa cause devant les attaques - tout en le modérant lui-même - et jouer de la grande estime que lui portait le pape Pie X, pour obtenir un sursis ou retarder une désapprobation. Le P. Lagrange n'a-t-il pas déclaré plus tard que le P. Cormier était un exemple de sainteté ?
Précisément, puisqu'on lui confiait cette tâche de gouvernement, c'est comme supérieur que le P. Cormier a su déployer cette sainteté. Dès son entrée dans l'Ordre, et ensuite avec ses supérieurs, il agit avec une sincérité, une simplicité et aussi un abandon qui n'exclut nullement l'intelligence et l'action. Une de ses lettres au P. Jandel illustre fort bien cela, même si les termes s'expliquent par les liens d'affection et d'admiration qui existaient entre les deux religieux. En 1867, alors qu'il est premier provincial de Toulouse et pense manquer d'expérience, HM Cormier écrit au Maître de l'Ordre : " Rien en moi ne vous est caché. Je suis prêt à entrer dans toutes vos vues [..] et, si comme d'habitude vous me laissez dans l'application une certaine latitude, j'en userai comme par le passé, sauf à vous en référer et à rectifier les points où je me serai trompé. "
" Une certaine latitude "... voilà ce qui caractérise bien les relations d'obéissance dans l'ordre dominicain : une obéissance d'adulte. Pourvu que les choses soient vécues dans la loyauté, un religieux peut agir selon sa prudence, éventuellement en demandant conseil, et rendre compte ensuite à son supérieur. De ce dernier on attendra, comme le P. Cormier en a donné l'exemple, qu'il anime, rassemble, dialogue, s'informe, conseille et, quand il le faut, ordonne et se fasse obéir. C'est ce que le P. Cormier retient de la figure de saint Dominique et des saints dominicains ; et il tente de suivre leur voie dans ce qu'il appelait ses " petits écrits ", sortes d'encycliques sans prétention où il traitait des problèmes de l'heure. S'il a réussi, c'est qu'il avait une haute idée de l'autorité dans l'Église et savait la vivre selon l'esprit du Christ disant aux disciples de ne pas "commander en maîtres ". Toujours en position de faire sentir le poids de son autorité, il agissait avec une telle humilité qu'il désarmait les préventions et emportait l'adhésion, mettant à l'aise ses interlocuteurs tant il usait de cette autorité avec tact et bon sens. C'était sa manière de vivre sa devise : " La charité de la vérité ", à tel point qu'il fit de cette prudence une sainteté que l'Église a reconnue en le béatifiant. Elle a ainsi proposé un modèle pour les supérieurs religieux, surtout chez les frères prêcheurs parfois si habiles à critiquer ceux qui tentent de les gouverner et essaient en fait de les servir, de les aider, et en ce sens de leur obéir. Mais dans l'ordre dominicain, les supérieurs savent qu'ils ne le seront pas toujours et devront de nouveau obéir, avec plus d'expérience et de compréhension. Meilleurs supérieurs ils auront été, plus obéissants ils seront par la suite.
"Récapituler toutes nos choses en saint Dominique."
“Il donnait la paix à tout ce qu’il touchait”.
Le P. Cormier, lui aussi, a été un bon fils de saint Dominique. Il l’a imité en trois traits de sainteté : son amour de l'Ordre, son amour de la Vérité, et son amour de la vie intérieure.
Il mourut dans sa cellule du couvent Saint-Clément, à Rome, alors que l'Ordre célébrait ses 700 ans. Il fut inhumé en l'église Saint-Dominique et Saint-Sixte de Rome près de l'actuelle Université pontificale Saint-Thomas d'Aquin, ou Angelicum, qu'il avait élevée au rang de Collège Pontifical en 1909.
Il fut béatifié en 1994. Sa mémoire pour l'Ordre est fixée le 21 mai, date de son élection en tant que Maître de l'Ordre.

23 mai Serviteur de Dieu Girolamo Savonarole, 21 septembre 1452 Ferrare- 23 mai 1498 Florence.
Esprit vif et pénétrant, il entre dans l’Ordre dominicain à 22 ans à Bologne. Il enseigne la philosophie, puis devient prédicateur, le premier de son époque, combattant avec énergie les dérèglements de la société, à Rieti, Brescia, Reggio, Bologne, Ferrare, Mantoue et surtout Florence.
Prieur du couvent Saint-Marc, il commence par mettre la paix dans le couvent, puis s’applique à réformer les mœurs du peuple et des grands. En 1493 il prêche le carême à Bologne. Il joue un rôle politique important à Florence, ce qui lui vaut beaucoup d’ennemis (prophéties, franchise de son langage), => accusé de fausses doctrines => torturé et mis à mort avec deux de ses religieux. Il avait 45 ans.
Ses prophéties se sont toutes réalisées. Des miracles ont eu lieu par son intercession. Il a écrit beaucoup de livres.
Sa cause a été introduite.
http://www.santiebeati.it/dettaglio/91638
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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Ven 25 Mai 2012, 13:56

25 mai 1871 Martyrs de l’école d’Arcueil, martyrs de la Commune, membres du Tiers-Ordre dominicain enseignant : http://www.rigollot.com/ANTOIN~1.htm

- François-Eugène Captier (frère Louis-Raphaël), né à Tarare (Rhône) 9 octobre 1829, grand pédagogue, un des fondateurs du Tiers-Ordre enseignant de st Dominique. Lacordaire ouvre le premier noviciat en 1852. À l’école d’Oullins, Captier est procureur et prof de philo. En 1856, Lacordaire le fait ordonner prêtre, il devient maître des novices et censeur à Sorèze. En 1857 il est prieur à Oullins, il a 28 ans. En plus des qualités viriles et austères qui font le bon religieux et le rude chrétien, il révèle les trésors de son cœur : inépuisable tendresse de la paternité spirituelle, et tous les talents utiles pour éduquer la jeunesse. En 1863 il doit arrêter quelque temps pour un problème de santé. Persécutions du gouvernement. En 1868 il représente la congrégation au chapitre général à Rome, où le Tiers-Ordre enseignant est définitivement incorporé à l’Ordre dominicain. Il a laissé des écrits.

- Eugène Delhorme (frère Constant), né à Lyon en 1832, suivit Lacordaire à Sorèze en 1854, esprit exact et cultivé, de grandes qualités comme professeur, et de plus grandes encore comme éducateur.

- Louis-Ferdinand Bourard (frère Thomas), né à Paris en 1818, avocat, devient dominicain en 1841. Noviciat à La Quercia puis à Bosco. Revient en France, enseigne la théologie, prêche, bâtit en Corse le couvent de Corbara. Aumônier de l’école d’Arcueil. C’est pour tous un consolateur et un père, qui n’eut jamais que des paroles de charité véritable et de charmante gaieté.

- Gabriel Chatagneret (frère Pie-Marie), né à Firminy (Loire) en 1843. Sous-diacre, caractère noble et généreux caché sous des dehors un peu brusques. Il était dans l’Ordre depuis peu d’années.

- Joseph Cotrault (frère Henri), né à Saint-Amand (Cher) en 1840, ne cessa de progresser en science, en piété, en dévouement, il sut gagner le cœur des élèves. Plus tard il développa des qualités de prudence et de sagesse pratique. Procureur à l’école d’Arcueil.


25 mai Serviteur de Dieu Didaco Bessi, né 5 février 1856 à Iolo, Prato (Italie), + 25 mai 1919 à Iolo. www.domenicaneiolo.org
Ordonné prêtre à 23 ans, nommé chapelain puis curé de son village natal. Il entre dans le Tiers Ordre dominicain. Il aima tant ses ouailles, vivant parmi eux, qu’il vit avec clarté leurs besoins, dictés surtout par les problèmes sociaux créés par le passage, fin 19ème, d’une économie agricole à un monde en voie d’industrialisation. Pasteur avec le cœur du Christ, il s’émouvait de voir les besoins et la pauvreté de son peuple : pauvreté de moyens, de santé, d’instruction, mais aussi d’Évangile, du sens de la vie, de raisons de vivre, aimer, travailler…
En 1895, avec un groupe de cinq jeunes filles de la paroisse, il fonde les Dominicaines de Sainte Marie du Rosaire. Il consacre à cette fondation le meilleur de son énergie: il forme les sœurs, ouvre une école, envoie les sœurs assister les malades et les mourants. Les pauvres, les abandonnés, les marginaux, les souffrants sont au centre de sa tendresse et de son cœur.
1900 Approbation de l’Institut et de la première Règle
1900 Faculté accordée à Didaco par le Maître général, de recevoir les professions dans le Tiers Ordre dominicain
1901 Première profession religieuse dans l’Institut
1915 Ouverture de la première maison hors de Prato
1959 Affiliation à l’Ordre Prêcheur
1962 Reconnaissance pontificale de l’Institut
1968 Arrivée en Italie des premières sœurs indiennes
1977 Début de la mission en Inde
1987 Ouverture de la première maison en Pologne
1991 Début de la mission en Équateur
2001 Ouverture de la première maison en Roumanie
2004 Translation des restes de Didaco Bessi
2006 Première journée d’étude consacrée à Didaco Bessi.

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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Lun 28 Mai 2012, 23:02

27 mai Bx André Franchi, 1335-26 mai 1401 (né et mort à Pistoia).
De la noble famille Franchi-Boccagni, il entre à 14 ans chez les dominicains. Après la Peste noire, il restaure la vie de l’Ordre. 1371-1375 il est prieur à Pistoia, Lucques et Orvieto, où il se montra toujours un supérieur modèle. En 1382 il est élu évêque de Pistoia par la volonté du peuple, et gouverne saintement. Il est un zélé chercheur de paix, un pasteur attentif et un célèbre prédicateur, à la parole chaude et persuasive, animée d’une vraie charité et à qui les âmes ne pouvaient résister. Il vénère particulièrement l’Enfant Jésus, la Vierge et les Mages. Grande était aussi son hospitalité envers les pèlerins et les étrangers. Piété, érudition, vrai souci pastoral. Il fut amant zélé de sa Règle, comme le sont les saints, et ni la prédication infatigable, ni les soucis de l’épiscopat, ni le poids des ans ne lui en firent jamais ralentir l’observance. Rien n’échappait à son œil ni à son coeur, et surtout les pauvres et les malades avaient sa préférence. En récompense il eut la grâce de recevoir Jésus lui-même sous l’aspect d’un pèlerin. Il fut le grand médiateur de son peuple, qui se serait détruit par les atroces guerres civiles. Le Seigneur vint à son aide dans cette œuvre sainte avec des miracles. Il était vénéré par le peuple, qui l’appelait « le père des pauvres ». Au bout de 18 ans d’épiscopat, en l400, il quitte la charge d’évêque et se retire dans son couvent où il supporta d’une âme joyeuse une longue maladie qui le conduisit à la tombe.
Culte confirmé en 1921.

28 mai Bse Marie Barthélémie Bagnesi, Florence 24 août 1514-28 mai 1577.
Marie était la septième de sa famille. À 17 ans elle perd sa mère. C’était une jolie jeune fille, mais quand son père voulut la marier, elle tomba malade et le resta pendant 45 ans (jusqu’à sa mort). Les médecins lui firent des emplâtres qui au lieu de la guérir, écorchèrent sa peau, d’où le nom de Barthélémy qu’elle prit. Elle passa sa vie sur son lit de douleur, sa consolation était qu’on célébrait la messe chaque jour dans sa chambre. Elle prend l’habit de tertiaire dominicaine. Les gens médisent d’elle, mais elle garde sa bonne humeur et son humilité.
Son culte est approuvé en 1804.
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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Ven 01 Juin 2012, 14:44

29 mai Bx Guillaume Arnaud (né à Montpellier, dominicain à Toulouse, devint le bras droit de l’inquisiteur Pierre Seila, compagnon de saint Dominique), Bernard de Roquefort (dont nous ne savons rien), prêtres, et Garcia d’Aure (du diocèse de Comminges), religieux, tous trois de l’Ordre des Prêcheurs, et leurs huit compagnons (2 Franciscains, 2 Bénédictins, 4 prêtres séculiers, un laïc), † martyrs 29 mai 1242 à Avignonet-Lauragais (près de Toulouse).
Dans cette région, la vie de l’Église était troublée par le débordement de l’hérésie albigeoise. Le pape Grégoire IX décida d’intervenir dans cette situation qui risquait de dégénérer: le 22 avril 1234 il nomma Guillaume Arnaud premier inquisiteur dans les diocèses de Toulouse, Albi, Carcassonne et Agen. Guillaume ne tarda pas à se mettre à l’ouvrage, avec une excessive rigueur, au point de faire exhumer les cadavres des hérétiques pour les brûler sur le bûcher. Il commença donc à rencontrer de sérieuses difficultés et le comte de Toulouse Raymond VII demanda au pape de freiner l’indomptable inquisiteur, imposant en outre à ses sujets d’éviter tout contact avec le frère et mettant des gardes à la porte des couvents. Le 25 novembre 1225 tous les frères dominicains furent chassés de la ville et partirent en procession en chantant des hymnes. Un an plus tard, le pape Grégoire IX obtint son retour ; Étienne de Saint-Thierry lui fut adjoint. Mais la haine des hérétiques grandissait et provoquait parfois des tumultes. Le jour de l’Ascension 1242, Raimond d’Alfar, bailli d’Avignonet, invita les onze inquisiteurs dans son château voisin de Toulouse, sous prétexte d’une rencontre avec les albigeois. En réalité, c’était un piège: il les fit enfermer dans une grande salle du château et assassiner en pleine nuit. Les religieux ne se laissèrent pas intimider et allèrent à la rencontre du Christ, affrontant le martyre pour l’amour de lui et chantant le Te Deum.
Au nom de ces martyrs fleurirent des miracles et leur culte dura des siècles. Guillaume Arnaud et Garcia d’Aure furent dès leur mort objets de vénération. Leur tombe était dans l’église Saint-Romain près de leur couvent de Toulouse, mais leurs restes furent dispersés à la Révolution. Chaque année à l’anniversaire de leur mort on célébrait leur fête et celle de leur frère Bernard de Roquefort. En 1809 l’archevêque de Toulouse fit ôter de l’église d’Avignonet un tableau qui représentait les 11 martyrs. Il fut ensuite remis en place, mais disparut en 1861. Le pape Innocent IV reconnut en 1243 le martyre de Guillaume Arnaud et de ses compagnons, mais c’est seulement en 1866 que leur culte fut confirmé.

29 mai Bse Teodora Fracasso (sœur Elia de st Clément), 17 janvier 1901 à Bari, + 25 décembre 1927 à Bari.
Teodora (Dora) est la troisième fille de Giuseppe Fracasso, maître-peintre et décorateur de bâtiments, et de Pascua Cianci (neuf enfants dont trois sont morts en bas âge), parents très chrétiens. En 1905, Dora a dans le jardin la vision d’une belle dame qui se promène entre des lis, cueille un petit lis et le serre contre son cœur. Dora en parle à sa mère qui lui explique : « Tu as vu Marie, la maman du ciel ». Dora prend la décision d’être moniale. On la met dans une école tenue par des sœurs dominicaines. La veille de sa première communion (prévue le 8 mai 1911), elle rêve de Thérèse de l’Enfant-Jésus (qui sera canonisée en 1925, et qui avait fait aussi sa première communion un 8 mai). Thérèse lui prédit : « Tu seras moniale comme moi ». Et elle l’appelle par son futur nom, Sœur Elia. Elle lui annonce que, comme la sienne, sa vie sera très courte. Teodora appelle dorénavant Thérèse “ma très chère Amie du ciel”. Dans son école, Dora fréquente aussi un atelier de couture et de broderie. Elle fait partie d’associations pieuses. Elle réunit des compagnes dans sa chambre pour prier, lire l’évangile et des vies de saints, notamment l’Histoire d’une âme. Elle assiste les ouvriers de son père lorsqu’ils sont malades, confectionne des cadeaux pour les nouveaux-nés, fait le catéchisme. Son confesseur l’oriente vers le Tiers-Ordre dominicain, où elle est admise comme novice en 1914 et elle fait profession le 14 mai 1915, avec dispense d’âge. Les malheurs de ce temps de guerre sont pour elle l’occasion d’intensifier son apostolat.
En 1917 un nouveau confesseur (jésuite) l’oriente vers le carmel, où elle entre en 1920 sous le nom d’Elia de saint Clément.
Dès le début, sa vie religieuse a été difficile, mais l’épreuve la plus dure a suivi sa nomination comme formatrice au métier à tisser du pensionnat attenant au Carmel. Elle est pleine de bonté pour les jeunes filles, mais la sœur directrice est pour la méthode autoritaire et finit par faire écarter sœur Elia. La sœur, désormais, passe la plus grande partie de son temps en cellule à effectuer des travaux de couture. Heureusement, la Prieure du Carmel lui garde sa confiance et elle reçoit aussi un grand réconfort du Procureur Général des Carmes, avec qui elle entretient une correspondance. Elle écrit entre autre : « Je compris que pour conduire les âmes à Dieu, il n’était pas nécessaire d’accomplir de grandes œuvres, plus encore, c’était même l’immolation de toute ma personne que me demandait le bon Jésus. »
En janvier 1927, une forte grippe la laisse très affaiblie. Elle prédit : « Je mourrai un jour de fête ».
Effectivement, le 21 décembre de la même année, son état s’aggrave, le médecin diagnostique une méningite, mais ne juge pas la situation alarmante. Elle meurt le lendemain, jour de Noël. Elle a souvent été appelée “la petite sainte Thérèse d’Italie.”
Béatifiée en 2006.

30 mai Bx Giacomo Salomoni (Venise 1231 – Forlì, 31 mai 1314).
Il était de noble famille vénitienne. Devenue veuve, sa mère se fit moniale cistercienne. Il fut élevé par sa grand-mère, et à 17 ans, après avoir distribué ses biens aux pauvres, entra chez les dominicains de Venise. Il vécut 45 ans au couvent de Forlì, où il se distingua par sa charité, son amour pour les malades (on l’invoque contre le cancer). On l’appelait « le père des pauvres ». Son activité à Forli fut interrompue quand il devint sous-prieur à Faenza, San Severino et Ravenne. Il aimait la règle de l’Ordre, qu’il suivit avec une inviolable fidélité pendant 66 ans. Âme contemplative et assoiffée de silence, ami des pauvres et homme de paix, doté de charismes insignes (extases, prophéties, guérisons). Il n’était pas éloquent, mais il fit un fructueux apostolat au confessionnal : il lisait dans les âmes, et ses paroles étaient un baume. Il reçut la confession du Bx Carino Pietro de Balsamo (qui assassina saint Pierre de Vérone, se repentit et entra au couvent de Forlì) et devint son père spirituel.
Dans ses dernières années, il souffrit d’un cancer sans s'accorder ni repos ni dispenses, mais fut guéri un peu avant sa mort. Il mourut au couvent de Forli au jour et à l’heure qu’il avait prédits. Ses funérailles furent un triomphe. Depuis 1939 son corps est conservé à Venise, dans l’église St Jean et St Paul.
Son culte fut approuvé pour Forlì en 1526, pour Venise en 1568, et pour l’Ordre en 1622.
Patron de Forli.

31 mai Vble Luigia Tincani (Chieti 25 mars 1889 - Rome 31 mai 1976), fondatrice de l'Union de Sainte-Catherine de Sienne des missionnaires des écoles, et de l’Université libre Maria Santissima Assunta (LUMSA).
Son père Carlo Tincani, originaire de Modène, chrétien intègre, professeur de latin et grec. C’est pourquoi Luigia passa sa jeunesse dans diverses villes d’Italie. 1912-1916 elle fait des études de pédagogie à Rome, 1925 diplômée de philosophie à Milan. Pendant ses études elle est active à la FUCI (Fédération Universaire Catholique Italienne), en 1914 elle fonde le Cercle universitaire féminin catholique romain.
Après quelques années d’enseignement, elle réunit un groupe d’enseignantes catholiques et fonde le 30 avril 1917 l’Union Sainte Catherine de Sienne des Missionnaires de l’école, congrégation de tertiaires dominicaines sans habit religieux, consacrées à l’enseignement dans les écoles publiques ; congrégation approuvée par le diocèse en 1924, par Rome en 1934, et définitivement en 1943. Luigia est supérieure générale à vie. L’institut se répand dans toute l’Italie.
En plus d’être formatrice des universitaires catholiques, Luigia, voulant améliorer la condition féminine, sentit l'urgence de la formation culturelle des religieuses enseignantes : en 1939 elle fonda à Rome l'Institut Universitaire Pareggiato de formation des maîtres Maria Santissima Assunta, qui ensuite s’ouvrit aux étudiantes et étudiants laïcs et devint l’Université Libre Maria Santissima Assunta.
Luigia entrevit dans les jeunes filles le levain pour redonner ferment à la société et dans l’école le terrain le plus idoine pour former les intelligences et les consciences à la culture et à la foi.
Comprenant les urgences de son temps, Luigia Tincani voyant loin répond : rendre la première place à la dignité de la personne en s’occupant de la formation à la culture, au droit jugement, à la liberté. Elle se mit pour cela au service de l’Église et de la société, fondant une congrégation d’enseignantes qui iraient à l’école publique de tout degré ; ayant de nombreuses activités au niveau romain et national ; instituant à Rome l'Institut Universitaire Maria SS. Assunta, aujourd’hui Université Libre, avec la spécifique finalité de “ favoriser l'approfondissement des disciplines humaines, reconnaissant aux mêmes un rôle fondateur pour toute formation culturelle et scientifique qualifiée”; “ promouvoir l'éducation intégrale de la personne, selon les principes du christianisme dans la tradition catholique “.
Le charisme de Luigia Tincani est toujours d’actualité. À l’époque de la technique à tout prix et de théories et pratiques qui tendent à ignorer le concept de transcendance, s’impose un exigeant retour aux droites valeurs de l’intelligence et de l’esprit, pour ramener la personne – aussi à travers l’approfondissement des sciences humaines – à la sphère qui lui est propre.
Offrir la possibilité de pouvoir s’améliorer dans la vie, surtout à travers une formation liée à la connaissance, est cette voie illuminante dont la société a le plus besoin.
Cause introduite en 1987. Déclarée vénérable le 27 juin 2011.


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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Ven 01 Juin 2012, 14:45

1er juin Bx Alfonso Navarrete, Vieille Castille 1571 – Omura (Japon) 1er juin 1617, martyr.
Il entra au couvent dominicain de Valladolid. En 1598 il partit comme missionnaire à Manille (Philippines), où il se consacra à l’apostolat avec tant d’enthousiasme et de zèle qu’il fut frappé d’épuisement et que ses supérieurs le renvoyèrent en Espagne. En 1611 il obtint de retourner en Orient, au Japon, où il fonda les Fraternités du Rosaire et du Saint Nom de Jésus, et diffusa le livre de frère Louis de Grenade, Guide du pécheur, en japonais. Il fonda trois fraternités pour les soins des malades et pour sauver les enfants qui étaient abandonnés à la mort par leurs parents païens. À une occasion, il défendit courageusement des femmes catholiques japonaises menacées par un gang. En 1614 l'empereur du Japon commença la persécution, interdisant à ses sujets d’embrasser la foi catholique et ordonnant à tous les missionnaires de quitter le pays sous peine de mort. Le Bx Alfonso, infatigable, encourageait les chrétiens à persévérer dans la foi, baptisait, confessait, prêchait, célébrait la messe, réconciliait les apostats. Il se rendit à Omura pour soutenir les catholiques qui y étaient persécutés. Ils accoururent vers lui et vers Ferdinando Ayala, augustin. Les deux prêtres furent rapidement arrêtés par les autorités mais les laïcs continuaient à essayer de leur rendre visite. Par édit du commandant suprême Hidetada, ils furent décapités, ainsi que Leo Tanaka, catéchiste laïc affilié aux jésuites.
Béatifiés en 1867.

1er juin Servante de Dieu Maria del Carmen Benavides Mujica, née en 1777 à Quillota (Chili), + 1er juin 1849 à Valparaiso. L’Église désire voir des laïcs sur les autels. Les admirateurs de cette femme extraordinaire attendent que l’autorité ecclésiastique canonise celle que le peuple fidèle a toujours appelée la Beatita Benavides. Il faut la connaître pour l’aimer et prendre part à l’œuvre de charité sociale qu’elle nous a laissée en héritage.
Ses parents, don Francisco Benavides, originaire de Cádiz, et doña Javiera Mujica, de La Ligua. « Les Benavides de Quillota étaient une famille suprêmement notable, non seulement pour son ardent et généreux patriotisme, mais aussi pour son indomptable énergie ». Sur les 10 enfants, 2 furent prêtres, 2 autres ont combattu dans la guerre d’Indépendance. Elle vécut identifiée à son peuple, donnant préférence aux plus pauvres. "Elle fut sainte dès l’enfance", disaient ses concitoyens. Son amour de Dieu se manifesta dans son don de soi aux plus abandonnés de ce monde. À 18 ans elle entra dans le Tiers-Ordre dominicain et commença aussitôt son apostolat de miséricorde. Bien que laïque, elle portait l’habit dominicain comme sainte Rose de Lima qu’elle se proposait d’imiter. Modèle de laïque consacrée, elle fut la femme forte de la Bible qui tira de son baptême et de l’eucharistie les énergies d’une activité infatigable.
Avec ses 5 cousines et une filleule elle forma une équipe de Charité pour réaliser ses plans d’action solidaire. Elle allait dans les villages et les campagnes retirées, recueillant les gens les plus pauvres. "Mes cousines sont des colombes de clocher, et n’ont pas peur des cloches", disait-elle avec grâce. Elle était spirituellement attentive aux prisonniers et en sauva beaucoup. Elle changea sa maison en asile de charité, qui devint par la suite l’hôpital San Martín de Quillota. Son dévouement aux pauvres l’aidait à se donner à Dieu plus complètement. Phénomènes mystiques (guérisons, extases, prophéties, lévitation quand elle allait communier). Mais elle se maintenait ferme dans l’humilité et la pénitence. Elle fut très persécutée par le démon, mais ne manqua jamais d’une joie saine et d’un fin sens de l’humour hérité de son père andalou.
À 72 ans elle mourut, pleine de mérites et de vertus. "Une sainte est morte", proclamaient dans les rues des milliers de personnes. Sa fin glorieuse est le fruit d’une vie donnée à Dieu et aux pauvres. Le parfum qui sortit de sa tombe au cimetière municipal, "l’odeur de sainteté", obligea les autorités à la transférer à l’église Saint Dominique.
Au fil des ans, la renommée de la Beatita n’a pas diminué, et le nombre de ceux qui viennent remercier pour les grâces reçues augmente sans cesse. Les nombreux témoignages écrits qui restent d’elle sont conservés, et surtout, l’amour et l’admiration que son peuple ressent pour elle font penser que le procès de béatification commencé au niveau de l’Église locale aura une heureuse issue.

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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Sam 02 Juin 2012, 07:45

2 juin Bx Sadoc et ses compagnons, + 2 juin 1260 à Sandomierz, martyrs (Bx André, Bx Pierre, Bx Cyril, Bx Jérémie, Bx Thomas : frères lais).
En 1221, au deuxième chapitre général de l’Ordre, à Bologne, st Dominique envoya des frères évangéliser un peu partout, notamment en Hongrie et au pays des Cumans (que st Dominique rêvait d’évangéliser lui-même), sous la direction d’un frère hongrois nommé Paul, qui fonda la Province dominicaine de Hongrie. Le groupe comprenait aussi le jeune Sadoc, Hongrois ou Polonais, de bonne famille, dont le splendide caractère et la sainteté de vie attiraient l’amitié et l’admiration de ses frères. C’est vraisemblablement à Bologne qu’il fit ses études et entra dans l’Ordre. St Dominique le choisit pour son zèle et son éloquence. À cause de sa vie exemplaire, de sa rare piété, et de son bon jugement, notre bienheureux fut souvent chargé de s’occuper des candidats à l’Ordre et de préparer les novices pour la vie apostolique.
Il fonda un couvent à Agram (actuellement Zagreb) où il fut prieur, puis il alla prêcher en Pologne, où il fonda à Sandomierz, sur la Vistule, le couvent Saint-Jacques dont il devint prieur. Ensuite il alla en mission chez les Tartares.
En 1260, la ville de Sandomierz était assiégée par les Tartares, dont les chefs se nommaient Nogaio et Celebuga, et qui auparavant avaient brûlé Lublin et d’autres villes.
Le 1er juin 1260, alors que Sadoc et ses 48 frères (en comptant les étudiants, novices et frères lais), disaient les matines, le novice qui lisait dans le martyrologe les saints du lendemain fut inspiré de dire : « À Sandomierz, passion de 49 martyrs ». Après l’office, Sadoc leur dit que, bien que les remparts de la ville soient solides et que normalement ils ne soient pas en danger, ils allaient certainement mourir martyrs et qu’ils devaient s’y préparer, et il les félicita de la chance qu’ils avaient. Ses mots firent une profonde impression.
Le lendemain, les Tartares s’emparèrent de la ville par ruse et traîtrise. Pillage, destruction, massacres. Le soir, ils allèrent piller le couvent des dominicains, qui furent tous massacrés et moururent en chantant le Salve Regina.
Leur culte a été confirmé en 1807.
L’identification du prieur et martyr Sadok de Sandomierz avec le Sadok originaire de Hongrie envoyé en mission par st Dominique et fondateur, n’est pas entièrement certaine.

3 juin Bse Beatrice Bicchieri, + Verceil 1320.
Beatrice épousa Gioachino De Ivachi. Devenue veuve elle se fit dominicaine en 1270, suivant sa sœur aînée Emilia (voir 4 mai). Elle fonda un couvent de dominicaines à Verceil, et le gouverna avec sagesse et humilité. Elle fut célèbre par la vie de prière et de pénitence qu’elle mena jusqu’à sa mort. Le peuple la déclara bienheureuse.

3 juin Vble Dalmau (Jaume) Ciurana i Pons (Riudellots de la Selva 14 juillet 1574 – Gérone 3 juin 1637), fils de Montserrat Ciurana et Caterina Pons.
À 30 ans, le 25 août 1604, il prend l'habit de frère lai au couvent Saint-Dominique de Gérone, sous le nom de frère Dalmau (Dalmacio en castillan), en hommage au Bx Dalmau Moner. En 1605 il fait profession. Humilité, charité, prière, pénitence, dévotion envers le Saint Sacrement, la Passion, la Vierge du Rosaire. Au couvent il est aumônier, sacristain et infirmier. Miracles, guérisons, prophéties. Très respecté, beaucoup de gens recherchent ses conseils. Il obtint le privilège d’entrer dans le chœur de la cathédrale de Gérone pendant l’office et de demander l’aumône aux chanoines et prêtres.
Ses funérailles sont une manifestation de la piété populaire, et il fallut les retarder d’un jour pour que tous ceux qui le désiraient puissent voir son corps. Il fut enterré au cimetière du couvent, en 1660 les restes transférés dans un tombeau de pierre, en 1848 le couvent étant abandonné ils furent transférés à Riudellots, et en 1859 à l'église du même village.
La cellule où il avait vécu fut transformée en chapelle, où lui est rendu un culte.
Sa vie fut racontée par le frère Narcís Camós : Abrégé de la vie et des mœurs du vénérable fr. Dalmacio Ciurana, publié en 1690.
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Fée Violine



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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Mer 06 Juin 2012, 01:37

4 juin St Pierre de Vérone (Vérone v1203/1205 – près de Seveso 6 avril 1252), le premier martyr dominicain.
Fils de cathares, il se convertit très jeune à la foi catholique. On dit que tout petit, malgré les réticences familiales, il récitait plusieurs fois par jour le Credo. À Bologne où il faisait ses études, il rencontra les Frères prêcheurs et reçut l'habit dominicain des mains de st Dominique, à l’âge de 16 ans.
Après son ordination, il prêcha surtout chez les cathares du nord de l’Italie, auprès desquels il pratiqua, à l'exemple de st Dominique, la méthode évangélique du dialogue.
Puis sa renommée augmenta et il fut choisi comme prieur à Asti, Plaisance, Gênes, Aoste, Iesi, Côme. Toutefois, presque toute son activité se déroulera principalement à Milan, où il finit par fonder le couvent Saint Pierre in Campo Santo.
Tout en luttant contre les croyances des cathares, il se consacra à la formation chrétienne des laïcs, à la diffusion du culte de la Vierge, et à la création d'institutions visant à la défense de l'orthodoxie catholique. Ses prédications, renforcées par de solides connaissances de la Bible, s'accompagnaient d'une vie d'ascèse et de charité, des miracles lui sont aussi attribués. Par un travail apostolique inlassable, il obtint de nombreuses conversions et fut aussi le promoteur d'Associations de la foi et de Confréries de louange de la Vierge Marie.
À Florence, il noua de profondes amitiés avec les sept fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie, et finit même par devenir leur conseiller.
Nommé inquisiteur de Lombardie en 1242, puis en 1251 inquisiteur pour Milan et Côme (en cette dernière ville il fut aussi nommé prieur), il envoya au bûcher bon nombre de cathares et vit se concentrer sur lui la haine des ennemis de la foi catholique, ce qui lui fit dire qu'il s'attendait à mourir de mort violente. Et il avait raison, car le 6 avril 1252, jour de Pâques, il fut attaqué sur la route de Côme à Milan, en un lieu nommé Barlasina, par des assassins, notamment un certain Pietro de Balsamo, dit Carino, qui le blessa avec une serpe et le poignarda ensuite (par la suite, Carino se convertit). Avant de mourir, Pierre écrivit avec son sang le début du Credo. Son compagnon frère Dominique fut tué aussi.

Onze mois après sa mort, dès 1253, Innocent IV le canonisa, “pour exalter en lui le héros de la lutte contre l'hérésie cathare”.
Dans sa Bulle de canonisation le Pape lui reconnaissait « dévotion, humilité, obéissance, bienveillance, piété, patience, charité » et le présentait comme un « amant fervent de la foi, son éminent connaisseur et son encore plus ardent défenseur ». Sa vie fut écrite quelques années après sa mort par un de ses anciens compagnons d'apostolat, frère Thomas de Lentini, prieur et fondateur du couvent de Naples, qui donna l'habit à saint Thomas d'Aquin.
Patron de Côme, Crémone, Modène, de la Lombardie ; des accouchées, des brasseurs à Cologne.
Un des plus beaux éloges de cette vie a été écrit par Catherine de Sienne dans son Dialogue (2, 5).

« 750 ans après sa mort, saint Pierre de Vérone, fidèle disciple de l'unique Maître, qu'il a cherché sans trève dans le silence et dans la contemplation, annoncé inlassablement et aimé jusqu'au don suprême de sa vie, exhorte les chrétiens de notre temps à dépasser la tentation d'une tiède et partielle adhésion à la foi de l'Eglise. Il invite chacun à recentrer son existence, avec un engagement renouvelé, sur le Christ "qu'il faut connaître, aimer, imiter, pour vivre en lui la vie trinitaire et pour transformer avec lui l'histoire jusqu'à son achèvement dans la Jérusalem céleste". Saint Pierre indique et repropose aux croyants le chemin de la sainteté, "ce haut degré de la vie chrétienne ordinaire", pour que la communauté ecclésiale, les individus et les familles s'orientent toujours dans cette direction. Chaque chrétien, en suivant son exemple, est encouragé à résister aux illusions du pouvoir et de la richesse pour chercher d'abord "son Royaume et sa justice" (Mt 6, 33) et pour contribuer à l'instauration d'un ordre social qui réponde toujours mieux aux exigences de la dignité de la personne.
Dans une société comme celle d'aujourd'hui, où l'on ressent souvent une inquiétante rupture entre l'Évangile et la culture, drame récurrent dans l'histoire du monde chrétien, saint Pierre de Vérone témoigne qu'un tel écart ne peut être comblé que lorsque les différentes composantes du Peuple de Dieu s'appliquent à devenir des "cierges" qui resplendissent sur l'ensemble du candélabre, en orientant nos frères vers le Christ, qui donne un sens ultime à la recherche et aux attentes de l'homme »
(Jean-Paul II, en 2002).

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MessageSujet: Re: Les saints dominicains   Mer 06 Juin 2012, 07:00

Fée Violine a écrit:
4 juin St Pierre de Vérone (Vérone v1203/1205 – près de Seveso 6 avril 1252), le premier martyr dominicain.
Fils de cathares, il se convertit très jeune à la foi catholique. On dit que tout petit, malgré les réticences familiales, il récitait plusieurs fois par jour le Credo. À Bologne où il faisait ses études, il rencontra les Frères prêcheurs et reçut l'habit dominicain des mains de st Dominique, à l’âge de 16 ans.

Il a prit l'habit avant moi lol!

Avoir une telle foi et de telles dévotions à cet age et super, DIEU l'avait déjà préparé à sa vocation.

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