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 Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn

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julia



Messages : 3741
Inscription : 12/04/2009

MessageSujet: Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn   Ven 6 Jan - 16:55

Oui, je sais, Philippe n'aime pas l'abbé de Tanouärn, mais il n'empêche qu'il dit des choses fort intéressantes et audacieuses.

Alors j'en remets une couche, même si je sais que je vais me faire souffleter d'importance !!

En plus, personne n'a rien dit aujourd'hui sur la fête de Sainte Jeanne, ce qui est une grave lacune sur ce forum catholique:lol:

Tant pis pour vous, vous aurez donc le bel article de l'abbé de Tanouarn (rassurez-vous, sur son métablog ! (rassurez vous, ce n'est pas un sermon pendant la messe)



"Jeanne d'Arc est un prodigieux exemple.

Du point de vue humain, du point de vue de la situation de la France, en ce temps-là, on doit bien constater des parallèles : la France du gentil Dauphin Charles est marquée avant tout par la crise des élites, chaque féodalité jouant pour elle-même, sans aucune préoccupation d'un bien qui serait commun aux "bons et loyaux Français" comme dit Jeanne dans sa lettre aux Rémois.

De cette crise des élites, dont Azincourt (défaite sanglante) en 1415 et le "honteux traité de Troyes" en 1420 ont constitué deux symptômes gravissimes, tout s'est enchaîné.

Le Pays était livré aux grandes Compagnies et aux écorcheur, contre lesquels, durant toute la deuxième année de son aventure, Jeanne a voulu lutter, avec les 300 Piémontais qu'elle avaient engagés comme mercenaires.

Evidemment, quand les Grands ne savent plus où ils habitent et dans quel camp ils sont, ce sont les petits qui trinquent. Imaginons à qui pourrait nuire une crise banquaire dans la France d'aujourd'hui ?

En tout cas, il y aura certainement des écorcheurs pour profiter - financièrement - de la faiblesse des faibles.

Cette crise mondiale du libéralisme - crise simplement entrevue pour l'instant - pourra-t-elle fournir à la France une occasion de se retrouver elle-même et de redécouvrir les solidarités fondamentales sur lesquelles se fonde toute vie sociale ?

Trêve de futuribles !

L'avenir n'est jamais ce que l'on croit qu'il sera.

le réel est toujours plus riche que toutes les fictions.

Mais je crois qu'il faut parfois s'arrêter et réfléchir : sedens computavit, dit l'Evangile à propos de celui qui construit une Tour.

Cet anniversaire de la naissance de Jeanne n'est pas une commémoration comme les autres, mais l'occasion d'une anticipation spirituelle.

S'il est vrai que gouverner, c'est prévoir, voilà une bonne occasion d'apprendre à se gouverner soi-même!
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Philippe Fabry
Administrateur


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Inscription : 31/01/2009

MessageSujet: Re: Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn   Ven 6 Jan - 18:04

1) Je n'ai pas dit que je n'aimais pas l'abbé de Tanouarn. J'étais 100% d'accord avec la deuxième moitié de son propos de la dernière fois, et très choqué par la première moitié.
2) Le propos de l'abbé est ici assez pertinent, à ceci près qu'il se trompe encore une fois d'ennemi : ce n'est pas le libéralisme qui est en crise aujourd'hui, c'est l'athéisme et le dirigisme économique qui pervertissent le libéralisme.

_________________
"Les désastres nous enseignent l'humilité" Saint Anselme de Canterbury
« N’attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir que l’on ne saurait, au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième. » Frédéric Bastiat
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MessageSujet: Re: Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn   Sam 7 Jan - 6:03

Sur Jeanne, voici un texte de Sédir, mystique chrétien mort en 1926.
L'origine du texte est ici : http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/sedir/Quelques1/jeanne.html

Je le poserai en plusieurs fois. Avis aux amateurs :

On
connaît l'histoire de Jeanne d'Arc, du moins pour les grandes lignes
et pour les incidents extérieurs. Or c'est tout ce que l'on
peut espérer en connaître, car la véritable histoire se cache dans
une ombre impénétrable. Quoi qu'en pensent le public crédule
et les érudits, d'une autre manière aussi crédules, lorsqu'on a
été instruit des dessous de certains événements, lorsqu'on a reçu
de certains personnages quelques confidences sincères, il faut bien
s'avouer que les pièces originales les plus secrètes peuvent être,
sont presque toujours inexactes. La foi naïve des archivistes
a beau admettre leur véracité, il n'en reste pas moins évident que
tout homme d'État sait qu'un écrit demeure; nous le savons bien
nous, simples particuliers; ce n'est que dans les romans que le
criminel ou le héros tient un journal de son crime ou de sa
vertu.


Que Jeanne fut Champenoise et non Lorraine; que
son nom s'écrive avec ou sans particule; qu'une de ses soeurs,
Claude, ait joué auprès d'elle, puis, après
elle,
de 1436 à 1440, un rôle guerrier sous le nom de Dame des Armoises;
que son père, par ses fonctions municipales dans un village situé
sur la grand'route de Langres à Domremy, ait reçu de certains
émissaires des nouvelles fréquentes concernant la situation de la
France; que les communautés franciscaines avec saint Bernardin et
sainte Colette de Corbie aient aidé partout la jeune fille et aient
mobilisé en sa faveur les moines et le peuple; que sa mission ait
été une lutte contre les Templiers reconstitués en Angleterre,
soutenue par le parti gaulois et celtique; que l'être qu'elle
désignait sous le nom de Roy du Ciel ait été le chef occulte de ce
parti, résidant aux environs de Mende; que la duchesse Anne de
Bedford l'ait visitée dans sa prison comme représentante des Lords
ennemis des Templiers : tout cela reste encore invérifiable; ce sont
d'ailleurs des « comment ». Il me semble d'un intérêt plus
pratique de rechercher avec vous les

«
pourquoi » et les « parce que ». C'est la vie intérieure de
notre héroïne, sa formation spirituelle qui doit nous intéresser,
car la sublimité de l'âme vitalise les événements, tandis que les
événements ne peuvent transporter au surhumain les velléités
d'une âme vulgaire.




* * *

A aucune époque, peut-être, plus qu'à la
nôtre, des voix aussi nombreuses ne se sont élevées contre


les patries; on a le devoir de les tenir pour
sincères. Cependant la formation d'une patrie est un phénomène
aussi naturel que la formation des différentes classes sociales.
Qu'aujourd'hui se fasse un partage exact des fortunes, est-ce que,
dans un siècle, il n'y aura pas des riches et des pauvres ?
Dans notre corps, est-ce que les jambes ne se fatiguent pas davantage
que les muscles du tronc ? Est-ce que les cellules du muscle
cardiaque ne travaillent pas jour et nuit, tandis que d'autres se
reposent ?


Il faut en revenir à la grande théorie
ancienne que découvrent la sociologie et la psychophysiologie
modernes : tout individu est une collectivité, toute collectivité
est un individu. Le genre humain est un être dont les races et
les peuples sont les organes et les hommes, les cellules. Le
but vers lequel Dieu l'oriente, les mouvements qu'Il lui imprime nous
demeurent plus inconnaissables que le plan de la bataille au
fantassin. Nous savons seulement que le but existe et que la
bataille se livre; tout lutte sans cesse et partout; une respiration
qui entretient notre vie, un repas, un mouvement déterminent dans
notre organisme des morts innombrables.


Chaque race, chaque peuple joue son rôle,
choisi par la Providence. Il y a une spécialisation ethnique
aussi nécessaire que la spécialisation des métiers. Si
chacun devait bâtir sa maison, tisser ses vêtements, cultiver son
blé, instruire ses enfants, s'instruire lui-même, faire lui-même
les mille objets dont
il se sert
journellement, devenir pour son propre compte philosophe, savant,
artiste, comment nous en sortirions-nous ? L'Asiatique a son
travail, l'Européen, l'Américain, le leur; l'Italie est incapable
de faire le travail de l'Angleterre, et la Chine celui de la France.
Tout peuple est choisi pour une certaine besogne, comme tout individu
: l'intuition qui anime chacun d'eux, c'est leur idéal
particulier.
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Invité
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MessageSujet: Re: Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn   Sam 7 Jan - 8:08

Regardons
l'Europe pendant les siècles lointains où elle s'organise.
Une race que je crois autochtone la peuple d'abord : ce sont les
Celtes; mais les autres continents lui envoient des visiteurs : des
Atlantes, des Noirs, des Jaunes. Puis, après des cycles,
l'Église et l'État se consolident lentement, d'abord en Italie, en
Espagne, en France. Mais la vie sociale y oscille entre le pôle
de Lumière : une société chrétienne communiste, et le pôle de
Ténèbres : une société d'impérialisme antichrétienne.
Entre les nations, la France est choisie pour porter un certain
flambeau, et elle le porte à travers un déluge de douleurs.
Vous vous souvenez du moyen âge, de ses guerres, de ses épidémies,
de ses famines, et de son invincible foi ? Vous
représentez-vous ce que furent les Croisades et la guerre de Cent
ans ?


Sans doute, en subissant la terrible calamité
des suites de laquelle nous souffrons tous encore, vous êtes-vous
demandé pourquoi les siècles n'apportent pas d'amélioration stable
à notre sort, sauf dans le domaine matériel; toujours les mêmes
misères, les
mêmes violences, les mêmes
ruses; toujours le même triomphe des mauvais; toujours le même
écrasement des petits. Mais il faut reconnaître que telle est
la loi de la Matière;toujours ses adorateurs détiendront le pouvoir
jusqu'à l'heure terminale du grand règlement de comptes; toujours
les adorateurs de l'Esprit seront victimes, comme leur Maître; telle
est la loi de l'Amour. La vie ressemble à une balance dont un
seul plateau est visible : celui du Mal; le plateau du Bien reste
caché aux regards de l'observateur; la Lumière ne descend ici-bas
que pour être engloutie par les Ténèbres, qu'elle modifie
mystérieusement. Les époques de grande perversité insolente
sont les époques des grandes saintetés inconnues; car, si les maux
s'additionnent, les sacrifices et les implorations se multiplient.





*
* *



Or, entre toutes les nations
de l'Europe, la France fut choisie de Dieu pour accomplir parmi ses
soeurs cadettes l'oeuvre de Lumière. Elle n'a pas à tirer
orgueil de cette élection : elle n'a fait que ce que le Ciel lui a
donné la force de faire; d'ailleurs, comme le saint qui reste humble
devant la foule vénérante, la France est restée humble; nous
sommes le moins chauvin des peuples, nous trouvons mieux tout ce qui
se fait à l'étranger, nous n'avons à priori que des critiques pour
tout ce qui se passe chez nous; et
c'est
cette inconsciente modestie qui nous rend capables de suivre les
impulsions d'En Haut.


Ce qui constitue une patrie, ce n'est pas sa
population, sa richesse, sa culture, c'est l'ensemble des énergies
spirituelles dont sa personnalité visible n'est que le corps
géographique, social et intellectuel. Quand les théologiens
ou les contemplatifs nous parlent des anges des nations, ils
n'entendent pas indiquer les rayonnements des travaux de ses
habitants; ils pensent à des êtres indépendants d'elles,
préexistants à elles, et commis pour transmettre aux âmes
collectives les ordres et les secours directs du Ciel. Comme
l'individu, la nation possède son moi psychique, dont le peuple
terrestre n'est que le corps. C'est le moi qui unifie les
innombrables éléments hétérogènes venus de toute la planète;
c'est le moi qui inspire et ce peuple et ses chefs, selon son
intelligence propre, selon les tentations que lui présente l'ange de
Satan, selon les lumières que lui offre l'ange du Christ.
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Arnaud Dumouch
Administrateur


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Inscription : 19/05/2005

MessageSujet: Re: Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn   Sam 7 Jan - 9:07

J'ai mis mon grain de sel : Elle le mérite !


_________________
Arnaud
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MessageSujet: Re: Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn   Sam 7 Jan - 14:05

Suite du texte de Sédir :

Toutefois, dans
les heures désespérées, le Maître de l'Univers envoie un secours
exprès à la créature en détresse, que ce soit un homme, un pays
ou un astre. J'énumérerais volontiers les diverses
circonstances où notre patrie fut sauvée par un bras glorieux ou
obscur, visible ou invisible; mais les opinions politiques sont
pointilleuses; les noms que je citerais choqueraient certainement
l'un ou l'autre; tenons-nous-en à nommer Jeanne d'Arc, que tous les
partis
célèbrent maintenant et réclament
à l'envi.


Ainsi, entre toute créature et le reste de la
création, se hiérarchisent un certain nombre d'autres créatures
qui l'aident à remplir les fonctions normales de son existence.
L'antiquité, les traditions populaires nomment ces collaborateurs
esprits, génies, dieux; et tout l'ensemble de cette organisation
constitue l'ordre naturel. En outre, à travers cela existe,
depuis la descente du Verbe, l'ordre surnaturel, qui offre à chaque
créature la possibilité d'une communication directe avec le
Créateur, au moyen de Son Fils. Cet ordre seul nous
intéresse. Le Christ, la Vierge, leurs anges inspirent l'être
qui les appelle, ou suscitent du milieu d'un peuple le patriote
capable de recevoir la force qu'ils lui infusent et de l'utiliser.
Il arrive encore, lorsque le péril extrême exige pour être conjuré
le concours total de la nation, tout ensemble accourue auprès de son
sauveur, qu'une inspiration ne soit pas assez entraînante, qu'un
ange même déconcerte la foule au lieu de l'enthousiasmer parce
qu'il est d'une essence trop étrangère à elle. Le Christ
choisit alors un de Ses Amis, un esprit humain parfait, libre et pur;
Il le charge de la mission salvatrice et lui confère les pouvoirs et
les facultés utiles à cet accom-

plissement.
Cet envoyé quitte le Royaume de Dieu, se cherche, dans le peuple
qu'il doit délivrer, le pays et la famille qui puissent lui fournir
un corps convenable à ses travaux futurs, et il s'incarne.


Tel fut le cas de Jeanne d'Arc, et ainsi
s'expliquent les particularités déconcertantes de son existence et
de sa mort.











Voici une famille, paysanne quoique la
première de son clocher. Le père, homme de tête, paraît-il,
et de bon labeur; la mère, enceinte pour la troisième fois, rêve
qu'elle accouche de la foudre; singulier présage pour ceux qui
savent ce qu'est la foudre. Et, quelque temps ensuite, lorsque
l'enfant naît, la nuit de l'Épiphanie 1412, les gens du village
s'éveillent et, saisis d'une joie sans motif, se mettent à chanter
et à danser. Puis tout rentre dans la monotonie
quotidienne.


La petite fille grandit, silencieuse,
solitaire, pieuse; elle veille aux soins domestiques, elle garde les
malades et visite l'église et les chapelles; on ne lui apprend ni à
lire, ni à écrire; rien que le Pater, l'Ave Maria, le Credo, un peu
d'histoire sacrée, les légendes saintes, des récits populaires :
le minimum le plus réduit à cette enfant qui devra plus tard
convaincre hommes d'État, grandes dames et théologiens.
Pourquoi ? Pourquoi le Ciel prive-t-Il toujours Ses envoyés de
la culture humaine ? Parce que Son enseignement s'oppose au
nôtre en principe et en méthode; parce que rien ne doit distraire
le serviteur élu de l'objectif qu'il lui faut atteindre, rien ne
doit prendre la place des forces surnaturelles qui descendent sur lui
incessamment autant qu'il peut en recevoir; parce que,

pour tout dire d'un coup, la Lumière ne vient que dans
les Ténèbres et jamais ailleurs.


Jeanne priait sans cesse en gardant ses moutons
et en filant; le son des cloches l'émouvait par-dessus tout,
souvenir sans doute d'harmonies entendues dans un passé mystérieux.
Or, un après-midi, dans le jardin de son père, une gloire efface
devant ses yeux les contours des maisons voisines et des arbres
familiers; saint Michel, le légendaire vainqueur de l'Archange
révolté, lui ordonne de partir à la délivrance de son pays; il
revient à plusieurs reprises; sainte Catherine, sainte Marguerite
apparaissent; et ici la douleur entre en grand arroi dans l'âme de «
la pauvre fille, ne sachant ni chevaucher, ni guerroyer ».


L'immense douleur de tout son pays roule sur
elle : depuis cinquante ans, moissons saccagées, villages brûlés,
hommes d'armes dévastateurs, braves gens au désespoir, opprobres de
l'étranger, tout cela pèse sur le coeur de l'enfant, le martyrise
et l'affole. Ses compagnes blâment sa solitude, les garçons
se moquent d'elle, ses parents veulent la marier, le curé de
Vaucouleurs l'exorcise. Elle entre dans les ténèbres
mystiques dont les feux glacés achèvent la trempe des êtres
d'exception. Elle souffre comme dans un enfer, car aucun de
ceux qu'elle aime n'est avec elle. Leurs personnes sont là,
mais leurs esprits vaguent si loin; ils ne s'occupent pas des
calamités, eux, tant qu'ils ne sont pas atteints; tout ce que les
rouliers, les voyageurs, les moines racontent, ils n'y peuvent rien,

disent-ils; ça ne les regarde pas. Jeanne est
seule, avec ses moutons, avec ses éblouissants visiteurs
inexorables, car tout ce déluge de misères la regarde, elle,
l'impuissante bergère.
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MessageSujet: Re: Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn   Dim 8 Jan - 5:25

Suite :

Et
voici qu'une seconde ténèbre la dévaste.

Il y a des gens de bien, pense-t-elle, dans tous ces bons Français
qui souffrent; dans tout ce peuple dont elle dira plus tard qu'au
siège d'Orléans « elle n'a jamais pu voir sang de Français sans
que ses cheveux ne se lèvent ». Il y a des braves gens qui
font bien leur ouvrage et bien leur prière, et la catastrophe
continue; alors, cela ne sert donc à rien, toutes ces douleurs,
depuis le temps qu'elles durent ? Elles sont inutiles, elles se
perdent ? Dieu ne les voit pas ? Dieu abandonne tout ce
beau pays ?


Le redoutable problème des guerres et des
calamités qui, d'âge en âge, renaissent des cendres qu'elles ont
faites se pose ici, donnant à Dieu un visage implacable; mais à
tort. En effet, si nous voyons bien ce que ces catastrophes
nous infligent, nous ne voyons pas ce qui adviendrait si elles ne se
produisaient plus. D'autre part, les êtres dont l'existence
coule tout unie, les peuples qui vivent dans la paix pastorale, que
font-ils, dès que le bonheur devient monotone, sinon d'en sortir en
s'entre-déchirant ? Les hommes heureux ne s'endorment-ils pas
dans le nonchaloir ? Rien de beau naît-il sans lutte et sans
souffrance ? Quand le voisin ne nous attaque pas, ne nous
hâtons--nous pas de l'attaquer ? La paix sociale
n'exaspère-t-elle pas les convoitises individuelles ? Dans les
petites villes, dans les petits clans confortables, la médisance, la
calomnie, les intrigues ne fleurissent-elles pas comme les mauvaises
herbes dans un champ en jachère ? Non, ni les hommes, ni les
peuples ne savent jouir de la paix, sinon pour s'endormir dans
l'inertie ou pour inventer des discordes plus perverses. C'est
notre folie qui rend la guerre possible.


Telles étaient les lourdes pensées déferlant
en tempête sur le coeur ingénu de l'héroïne française.


Or ses Voix ne lui expliquent rien; elles la
laissent se débattre dans sa noire incertitude; elles lui répètent
seulement d'aller trouver le Roi et de chasser les Anglais; et Jeanne
se lamente en silence, et tremble et se désespère; et elle ne peut
rien dire à personne. Et cette agonie dure cinq ans.
Contemplons ici l'exemple que nous donnent les ambassadeurs de
l'Éternité. Leur Maître porte tout le long des siècles le
total complet de tout ce que peut souffrir le genre humain, de tout
ce que nos révoltes peuvent faire souffrir à Dieu, de tout ce que
l'antique ennemi peut faire souffrir à l'un et à l'autre.
Chaque héraut de l'Absolu passe par une nuit dans le Jardin des
Oliviers, dont l'horreur se proportionne à ses forces et au
caractère de sa mission. Toutes les larmes de la patrie sont
tombées sur le coeur de Jeanne d'Arc, toutes ses blessures l'ont
blessée, tous ses désespoirs l'ont ravagée. Ce que le Christ
a mis quelques heures à subir pour la chrétienté future, la petite
bergère l'a eu pendant

presque
cinq ans pour sa patrie, ou plutôt pour sa race.


Quoique l'initiation christique se proportionne
toujours à la force du sujet qui la reçoit, ceux qui en ont
expérimenté la rigueur, se souvenant de leurs angoisses, admireront
en toute justice la constance des grands missionnés.


Pour les êtres d'un lignage céleste, les
nécessités de la vie matérielle et ses souffrances importent peu.
Louis de Contes affirme qu'un morceau de pain suffisait à Jeanne
d'Arc; le Bourgeois de Paris relate que les oiseaux et les animaux
des champs venaient manger dans sa main; et nous savons comment,
malgré la cour et les prélats, le peuple se rangea d'instinct sous
son étendard. Tel est l'attrait puissant de la Lumière : la
Vie parle à la vie.


Mais la Lumière aussi trouble les Ténèbres
et les fait bouillonner; jamais elles ne se soumettent à sa douce
influence; elles veulent la domination, et c'est elles qui ont
inspiré cette maxime à double sens que « la fin justifie les
moyens ». Quand la force leur manque, elles emploient la ruse;
tous les missionnés sont donc le plus en butte aux traîtrises,
Jeanne d'Arc davantage peut-être qu'aucun autre; elle avait bien le
droit de dire à ses partisans : « Je ne crains que la trahison
».
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MessageSujet: Re: Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn   Dim 8 Jan - 9:02

Aussi attaque-t-elle
d'abord la trahison du duc de Bourgogne au profit de l'Angleterre.
Immédiatement suspectée par la Trémouille et les gens de guerre,
puis par les gens d'église, desservie par l'inconcevable faiblesse
du roi Charles VII, c'est Yolande d'Aragon qui oblige celui-ci à la
recevoir à Chinon : entrevue dont ce prince sort, dit Alain
Chartier, « comme s'il venait d'être visité par le Saint-Esprit
». A Poitiers, les théologiens lui tendent des pièges : «
Beau spectacle, s'écrie le même chroniqueur, que de la voir
disputer, femme contre les hommes, ignorante contre les doctes, seule
contre tant d'adversaires ». Journellement, le roi et ses
favoris contrecarrent ses desseins. Ce fut une sournoise mesure
de Charles VII qui fit échouer sa tentative sur Paris.
Écoeurée, elle déposa son armure dans la basilique de Saint-Denis
et voulut retourner à son village. Ses Voix lui ordonnèrent
de rester.


La cour trouva un berger visionnaire des
Cévennes pour l'opposer à Jeanne; mais sa capture rendit inutile
cette fourberie. Les 1O.OOO livres d'or que Jean de Luxembourg
reçut des Anglais pour le prix de l'héroïque bergère provenaient
d'un impôt levé sur la Normandie. C'est avec de l'argent
français que fut payé le plus pur du sang français.


Ses juges n'osèrent pas la condamner comme
adversaire de ceux qui les avaient achetés; ils surent salir devant
le peuple la loyale patriote en inventant des accusations d'hérésie
et de sorcellerie. Le 24 mai 1431, ces hommes iniques lui
firent signer un parchemin
- à elle qui ne
savait ni lire ni écrire - moyennant quoi ils lui assuraient la vie
sauve et le séjour dans une maison religieuse où elle pourrait
communier. Cette feuille, au dire des témoins oculaires,
contenait six ou sept lignes d'une grosse écriture; or le document
présenté plus tard comme « l'acte d'abjuration » de Jeanne
comprend quarante-cinq lignes très serrées d'une très fine
écriture. De plus, les mêmes témoins nous révèlent que,
dans le document primitif, ces hommes d'église et de loi, qui
avaient été payés pour condamner leur prisonnière à mort, lui
faisaient dire qu' « elle s'en remettait à leur conscience ».


Autre chose. Après avoir été
excommuniée, elle aurait dû être jugée par le bailli, juge
séculier. Mais celui-ci ordonna simplement au bourreau : «
Fais ton affaire ». De sorte que Jeanne fut brûlée sans
qu'une sentence de mort ait été rendue contre elle.


Dix-neuf ans après sa mort, en 1450, à la
suite de la soumission de la ville de Rouen, le roi projeta une
révision du procès, non pas à cause d'elle, mais pour établir
qu'il n'avait pas dû son sacre à une hérétique. Le pape
Nicolas V refusa, de peur d'indisposer l'Angleterre; la famille d'Arc
intervint; mais ce ne fut que le 7 juillet 1456 que l'archevêque de
Reims, autorisé par le pape Calixte III, proclama la réhabilitation
de la bonne Lorraine. dans le palais épiscopal de cette même
ville de Rouen, où « elle avait été à la peine » la plus
injuste.


Le Christ est venu parmi les siens et les
siens ne L'ont pas reconnu; Jeanne d'Arc aussi a été reniée par
ceux qu'elle sauvait, et sa mémoire oubliée pendant quatre
siècles. Telle est la règle pour les serviteurs que le Ciel
investit d'une mission publique. Et personne ne peut estimer de
quel retard la mort hâtive de notre héroïne a pu être à
l'accomplissement des desseins providentiels. La France ne fut
libre des envahisseurs que six ans après; car Jeanne ne considérait
pas son oeuvre comme s'arrêtant à la délivrance d'Orléans et au
sacre de Reims; elle voulait encore rendre Paris au roi et le pays
tout entier; et l'on voit dans ses lettres au régent d'Angleterre et
au duc de Bourgogne qu'elle projetait de réunir ensemble les nations
chrétiennes contre les Sarrasins. Si ce plan s'était réalisé,
quel bouleversement de l'histoire, que de fleuves de sang n'auraient
pas coulé, que d'erreurs n'auraient pas désaxé l'Occident, quelles
pacifications sur toute la Méditerranée, quelle avance, quelle
amélioration dans les destins futurs de la Germanie, de la Russie,
de la péninsule balkanique, de l'Islam.
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MIKAELE



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MessageSujet: Re: Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn   Dim 8 Jan - 9:42

Le seul bémol est qu'elle aurait trouvé un admirateur de la dernière heure, un certain Nicolas, et qu'elle est quasi mariée à un certain Jean-Marie...
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adamev



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MessageSujet: Re: Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn   Dim 8 Jan - 10:42

Touche pas ma Jeanne.

Adamev Lorrain de coeur et d'ascendance familliale pluri séculaire.
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MIKAELE



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MessageSujet: Re: Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn   Dim 8 Jan - 10:45

Yep! pardon Adamev le lorrain
Aors, ceci expliquerait-il parfois...les gros sabots?
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adamev



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MessageSujet: Re: Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn   Dim 8 Jan - 10:52

Oui et même la paille.
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MIKAELE



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MessageSujet: Re: Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn   Dim 8 Jan - 10:56

.. Et le grain???!!!
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MIKAELE



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MessageSujet: Re: Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn   Dim 8 Jan - 11:07

... de circonstance:
"Mais il me faut, pour ne pas m’égarer, garder le rythme des jours avec un soleil qui se lève, qui se couche, le ciel par-dessus la tête, l’odeur du blé, l’odeur du chêne, la suite des heures. D’où le mal que j’ai à retrouver mes pistes dans la France du béton. Mais là encore, puisque c’est la France, aussi, je me sens chez moi."
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MessageSujet: Re: Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn   Lun 9 Jan - 11:43

SUITE :

Mais quoi ! Jeanne savait « tout ce pourquoi elle était née », comme elle l'avoue simplement, tout ce qui devait être et tout ce qui aurait pu être. Je ne rapporterai pas les prédictions qu'elle a faites; annoncée par Merlin et par Marie d'Avignon, elle put encore s'annoncer elle-même. « J'aimerais mieux, avouait-elle au carême de 1429, rester à filer près de ma pauvre mère; mais personne que moi ne peut recouvrer le royaume de France; il faut que j'aille, mon Seigneur le veut ». Et aux incrédules, comme Baudricourt, elle répondait, de même qu'à ses juges : « Tout ce que j'ai fait est par ordre du Seigneur, j'en attends bon garant et bon aide... Ne me plaignez pas, c'est pour cela que je suis née. »..
Et encore : « Je viens de par Dieu, renvoyez-moi à Dieu, dont je suis venue; vraiment je suis envoyée de Dieu et vous qui vous dites mon juge, vous vous mettez en grand danger ». Et encore : « Les saintes me disent : « Prends tout en gré, ne te soucie de ton martyre, tu en viendras enfin au royaume du Paradis ». Et sur le bûcher : « Mes voix étaient de Dieu, mes voix ne m'ont pas trompée ».
Cette descendance directe du Ciel s'affirme avec le même éclat dans la doctrine de Jeanne que dans ses oeuvres. Dieu, pour elle, n'était pas un système ni un rite, mais une vivante réalité, à la fois extérieure et intérieure, à laquelle théologies et liturgies ne devraient servir que de signes. C'est pourquoi elle fut elle-même réaliste, équilibrée, normale, à l'aise à la fois dans les faits et dans les extases. Comme on admire son génial bon sens, si simple et si irréfutable ! L'écouterons-nous pour la conduite de la vie ? « Aide-toi, le Ciel t'aidera », dit-elle au Dauphin. « Vive labeur ! » crie-t-elle aux indécis. « Quand j'aurais eu cent pères et cent mères, répond-elle aux théologiens, je serais partie, puisque Dieu me le commandait ».
Pour la conduite de sa guerre - dont les stratèges affirment que les plans valent ceux de Bonaparte - : « Si Dieu, lui disent les prélats à Chinon, si Dieu veut délivrer le peuple de France, il n'a pas besoin de gens d'armes ? - Ah ! répond elle, les gens d'armes batailleront et Dieu leur donnera la victoire ». -
A Orléans, avant d'attaquer, elle fait écrire aux Anglais qu'ils s'en retournent dans leur pays, et elle ne donne l'ordre du combat qu'après être certaine de leur refus. - A ses juges : « Je disais à mes hommes : Entrez hardiment parmi les Anglais, et j'y entrais moi-même ». - Ils insistent : « L'espoir de la victoire était-il fondé en cet étendard ou en vous ? - Il était fondé en Notre-Seigneur et non ailleurs ». - « Était-il bien d'attaquer Paris le jour de la Nativité de Notre-Dame ? - C'est bien de garder les fêtes de Notre-Dame; ce serait bien, en conscience, de les garder tous les jours ». - « Vos Saintes haïssent-elles les Anglais ? - Elle aiment ce que Notre-Seigneur aime et haïssent ce qu'il hait. - Dieu hait-il les Anglais ? - De l'amour ou haine que Dieu a pour les Anglais et ce qu'il fait de leurs âmes, je n'en sais rien; mais je sais bien qu'ils seront mis hors de France, sauf ceux qui y périront ». Et cette résignation sublime : « Les Saintes m'avaient bien dit que je serais prise avant la Saint-Jean, qu'il fallait qu'il fût ainsi fait, que je ne devais pas m'en étonner, mais prendre tout en gré et que Dieu m'aiderait. Puisqu'il a plu ainsi à Dieu, c'est pour le mieux que j'ai été prise ».
Pour la conduite religieuse - : « Jeanne, voulez-vous vous soumettre à l'Église ? - Je m'en réfère à Dieu pour toutes choses, à Dieu qui m'a toujours inspirée. Pour ce qui est de mes visions, je n'accepte le jugement d'aucun homme ». - « Croyez-vous pouvoir faire péché mortel ? - Je n'en sais rien; mais m'en attends du tout à Notre-Seigneur. Je serai sauvée pourvu que je garde bien ma virginité de corps et d'âme. - Est-il besoin de se confesser quand on croit être sauvée ? - On ne saurait trop nettoyer la conscience. - Croyez-vous être en état de grâce ? - Si je n'y suis, Dieu veuille m'y mettre; si j'y suis, Dieu veuille m'y tenir; si j'étais en péché mortel, les voix ne viendraient pas à moi ». - « Croyez-vous n'être point sujette à l'Église qui est en terre, à notre Saint-Père le pape, aux cardinaux, évêques et prélats ? - Oui, sans doute, notre Sire servi ». - « Vos voix vous défendent donc de vous soumettre à l'Église militante ? - Elles ne le défendent point, Notre-Seigneur étant servi premièrement ».
Le sceau indubitable de la pensée christique signe toutes ses réponses; on les trouve dans ce regard direct et complet qui embrasse du même coup le principe, la loi et le phénomène, qui voit, comme le triple voile d'une même réalité, les actes, les sentiments et les théories; et cette intelligence qui, travaillant au centre des problèmes, en dénoue les complications sans l'attirail des analystes, parce qu'elle a su reprendre contact avec la vie, au lieu de s'exercer sur des systèmes. Il s'agit ici, et nous le saisissons sur le vif, d'un mode de connaissance propre à ceux-là seuls dont l'esprit individuel se trouve définitivement greffé sur l'Esprit divin du Verbe. La théologie les désigne comme établis dans la vie unitive, par le mariage mystique; et parmi eux quelques-uns seulement possèdent le privilège insigne de la science infuse; c'est le don de vivre simultanément sur la terre et dans la Gloire, d'aller, de venir, de travailler, de parler comme nous tous, tout en même temps que l'on se meut en même conscience lucide sur le monde invisible du Christ, parlant avec ses habitants, travaillant avec eux et existant dans cet espace inconcevable. L'Église ne désigne que peu de saints comme revêtus de ce pouvoir, entre lesquels Jeanne d'Arc.
Quelque jour, je vous exposerai une théorie de cet état d'être merveilleux, qui vous le montrera plus accessible et plus normal que ne le laisserait croire la complexité de la théorie théologique.
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MessageSujet: Re: Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn   Mar 10 Jan - 9:32

SUITE ET FIN :

Revenons aux réponses de notre héroïne. On y trouve réglés en quelques mots tout le dogme et la morale, toutes les théories sociales et les systèmes de psychologie. Ne doit-on pas, devant ce double témoignage des actes et de la pensée de Jeanne, croire avec elle en ses Voix dont nous ne savons qu'une chose, c'est qu'elles appartenaient au Christ et qu'elles parlaient pour la France ? Elle y croyait comme en Dieu, elle les entendait à l'état de veille, puisque les bruits extérieurs l'empêchaient parfois de bien comprendre leurs paroles. Elle a douté, je l'accorde, examiné, hésité, puisqu'il s'écoula cinq ans entre la première apparition de saint Michel et son départ. Mais, une fois convaincue, elle franchit tous les obstacles et déjoue toutes les ruses : parents, voisins, curés, tous se liguèrent contre elle. Ne représentaient-ils pas le bon sens humain ? Quelle mélancolie garde l'innocente héroïne et qui mesure la profondeur de son obéissance : « Je voudrais bien qu'il plût à Dieu que je m'en allasse garder les moutons avec ma soeur et mes frères; ils seraient si joyeux de me revoir. J'ai fait du moins ce que Notre-Seigneur m'a commandé ».
« J'irai mourir où il plaira à Dieu », répond-elle à l'archevêque au milieu des pompes triomphales du sacre de Reims. Et ces plaintes si discrètes précédant les plaintes suprêmes parmi les flammes déjà montantes du bûcher de Rouen : « Rouen, Rouen, je dois donc mourir ici... O Rouen, tu seras donc ma dernière demeure !... Ah ! Rouen, Rouen, j'ai grand'peur que tu n'aies à souffrir de ma mort... Évêque. je meurs par vous. »... Ces tristesses de la douleur innocente ne découvrent elles pas la plaie mystérieuse des âmes prédestinées qui s'élancent quand même vers leurs cimes natales, tandis que, du bec et des griffes, l'antique Dragon, agrippé à la Matière, à la Nature, à ce Monde-ci, les tire en bas et, toutes vives, les déchire !
La Croix les attend toutes. Épouvantable Croix multiforme sur laquelle, comme leur Maître, les élus vont de leur plein gré s'étendre; adorable Croix, signe universel, moyen unique et tout-puissant de l'Amour; Croix de béatitudes incompréhensibles sauf à ceux-là qui s'y sont attachés : d'elle je ne puis rien vous dire, parce qu'elle est le mystère même de Jésus. Aucune éloquence ne vous en donnera l'idée, ni aucun homme, eût-il lui-même subi le martyre mystique; mais si vous voulez connaître son secret, prenez-la, portez-la, relevez-vous avec elle de vos chutes, mourez sur elle, et vous saurez tout, et vous pourrez tout. Aucun livre, aucun entretien, aucune vision ne remplacera l'expérience de la Croix.

* * *

Quel enseignement retirer de cette existence admirable, nous, foule incertaine dont toute la vertu s'épuise en vœux pour la plupart stériles ? Faut-il que devant chaque injustice nous partions en grand arroi et avec de grands gestes ? Faut-il nous taire et laisser le mal tout envahir ? Non; nous ne sommes pas tous dignes des ministères héroïques et, d'autre part, nos silences craintifs nous font réellement complices des méchancetés qui se multiplient.
Imitons plutôt, chacun dans notre petite sphère, la conduite du divin Réformateur, notre Maître.

Ce que le chrétien doit subir en silence avec amour, avec joie, c'est le mal qui s'attaque à lui personnellement. Ce que le chrétien doit combattre avec sérénité, au risque de son repos, de sa fortune et de sa réputation, c'est le mal qui attaque son frère. Car la sagesse évangélique, une et surhumaine, concilie toujours les partis opposés où se portent les variables sagesses humaines.
Rôle difficile entre tous, parce qu'il exige le concours des qualités les plus diverses : un caractère ferme, une patience irréductible, de la décision, le tact le plus exquis, une intelligence vive et juste des événements et des personnes, une sensibilité, une tendresse de cœur qu'aucune ingratitude n'émousse, une volonté que rien ne décourage, et enfin la foi, cette foi toute-puissante que même la mort n'entame pas. L'âme de Jeanne d'Arc, en effet, n'a pas été atteinte par les flammes ignominieuses du bûcher; dans les cieux de la Gloire, à la droite de son Roi divin et de la Vierge inspiratrice, au premier rang des anges de la Celtide, elle continue de garder ses Français, comme l'obscure bergère veillait sur son troupeau. Le moment n'est pas venu de dire les dangers dont elle les préservera encore.

Inclinons nos curiosités sous notre confiance, et appliquons-nous à nos humbles besognes, car tout chrétien digne de ce titre reçoit une mission particulière. Dans les crises que nous passons, ne croyez-vous pas qu'une mauvaise honte empêche de donner aux « impondérables » dont tout le monde parle leur véritable nom ? Ne pensez-vous pas que ces impondérables sont les forces mystiques venues directement du Ciel en réponse aux sacrifices anonymes de notre peuple ? Et si une multitude de héros a donné le sang du corps, ne pouvons-nous pas, dans la bataille spirituelle où nous sommes, donner un autre sang plus riche : celui de nos égoïsmes sacrifiés ? Les cœurs les plus généreux parmi nous rêvent d'une paix sans frontières; essayons d'abord de faire vivre la paix dans nos frontières. Quelques années suffiraient à cette œuvre admirable si nous savions vaincre nos vanités, nos rivalités, nos envies, nos ambitions individualistes. Ceux d'entre nous qui se sont voués à cette entreprise disent que le concours de Dieu est indispensable; vérifions leur expérience. C'est parce que je la sais exacte que je vous parle surtout de Dieu et du Christ; et c'est parce que le règne de Dieu sur la terre s'établira certainement dans la société aussi bien que dans les cœurs qu'aujourd'hui je vous ai parlé de Jeanne d'Arc.
Devant l'ébauche que je viens de tracer, on jugera peut-être que j'ai beaucoup réduit les contours humains de cette grande figure. C'est qu'en effet les envoyés de Dieu tiennent tout de Celui qui les missionne; c'est de Dieu que Jeanne tenait son intelligence lucide, son génie militaire, son pouvoir sur les cœurs, sa pureté, sa constance, sa force incompréhensible enfin; d'elle-même, elle ne fit que recevoir; et c'est véritablement là tout ce que peut l'être humain : devenir l'instrument parfait du Ciel. Les adeptes du Moi jugeront cet idéal bien petit; c'est qu'ils ne se sont pas essayés à cet effort; ils n'imaginent pas que, pour obéir jusqu'au bout, toutes les ressources du cerveau, tous les élans du cœur, toutes les tensions de la volonté s'imposent; ils ne conçoivent pas que la descente réelle de Dieu dans l'homme exige que l'homme ait épuisé d'abord toutes les ressources du possible.
Les saints dans le domaine moral, Pascal dans le domaine philosophique, le curé d'Ars dans le domaine apostolique, Jeanne d'Arc dans le domaine patriotique nous démontrent combien l'Évangile est l'école suprême de l'énergie. Il nous reste, n'est-ce pas ? à reprendre ces vivantes leçons et à nous les appliquer, au cours de nos travaux quotidiens.
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Michael



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MessageSujet: Re: Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn   Mer 30 Mai - 12:51

Jeanne d'Arc, née vers 1412 à Domrémy, morte sur le bûcher le 30 mai 1431 à Rouen, est une héroïne de l'histoire de France, chef de guerre et sainte de l'Église catholique, connue depuis l'époque comme « la Pucelle d'Orléans », et depuis le xixe siècle comme « mère de la nation ».
Au début du xve siècle, cette jeune fille de dix-sept ans d'origine paysanne parvient à rencontrer le dauphin Charles, à conduire victorieusement les troupes françaises contre les armées anglaises, levant le siège d'Orléans, conduisant le dauphin au sacre à Reims, contribuant ainsi à inverser le cours de la guerre de Cent Ans.
Capturée par les Bourguignons à Compiègne, elle est vendue aux Anglais par Jean de Luxembourg pour la somme de dix mille livres, et condamnée à être brûlée vive en 1431 après un procès en hérésie conduit par Pierre Cauchon, ancien recteur de l'Université de Paris. Entaché de nombreuses irrégularités, ce procès est cassé par le pape Calixte III en 1456; un second procès en réhabilitation est instruit, conclant à son innocence et l'élève au rang de martyre. Elle est béatifiée le 18 avril 1909 et canonisée le 30 mai 1920. Grâce à ces deux procès dont les minutes ont été conservées, elle est la personnalité la mieux connue du Moyen Âge.
Jehann d'Arc est devenue une des quatre saintes patronnes secondaires de la France, et dans le monde entier une personnalité mythique qui a inspiré une multitude d'oeuvres littéraires, historiques, musicales, dramatiques et de films.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne_d'Arc
Bonne fête Ste-Jeanne d'Arc.
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albatros



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MessageSujet: Re: Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn   Mer 30 Mai - 13:02

Au nom du Père ; et du Fi ; et du Saint-Esprit ; Ainsi soit-il.

Notre père, notre père qui êtes aux cieux, de combien il s’en faut que votre nom soit sanctifié ; de combien il s’en faut que votre règne arrive.

Notre père, notre père qui êtes au royaume des cieux, de combien il s’en faut que votre règne arrive au royaume de la terre.

Notre père, notre père qui êtes au royaume des cieux, de combien il s’en faut que votre règne arrive au royaume de France.

Notre père, notre père qui êtes aux cieux, de combien il s’en faut que votre volonté soit faite ; de combien il s’en faut que nous ayons notre pain de chaque jour.

De combien il s’en faut que nous pardonnions nos offenses ; et que nous ne succombions pas à la tentation ; et que nous soyons délivrés du mal. Ainsi soit-il.

Ô mon Dieu si on voyait seulement le commencement de votre règne. Si on voyait seulement se lever le soleil de votre règne. Mais rien, jamais rien. Vous nous avez envoyé votre Fils, que vous aimiez tant, votre fils est venu, qui a tant souffert, et il est mort, et rien, jamais rien.

Si on voyait poindre seulement le jour de votre règne. Et vous avez envoyé vos saints, vous les avez appelés chacun par leur nom, vos autres fils les saints, et vos filles les saintes, et vos saints sont venus, et vos saintes sont venues, et rien, jamais rien. Des années ont passé, tant d’années que je n’en sais pas le nombre ; des siècles d’années ont passé ; quatorze siècles de chrétienté, hélas, depuis la naissance, et la mort, et la prédication. Et rien, rien, jamais rien.

Et ce qui règne sur la face de la terre, rien, rien, ce n’est rien que la perdition. Quatorze siècles (furent-ils de chrétienté), quatorze siècles depuis le rachat de nos âmes. Et rien, jamais rien, le règne de la terre n’est rien que le règne de la perdition, le royaume de la terre n’est rien que le royaume de la perdition. Vous nous avez envoyé votre fils et les autres saints. Et rien ne coule sur la face de la terre, qu’un flot d’ingratitude et de perdition. Mon Dieu, mon Dieu, faudra-t-il que votre Fils soit mort en vain. Il serait venu ; et cela ne servirait de rien. C’est pire que jamais.

Seulement si on voyait seulement se lever le soleil de votre justice. Mais on dirait, mon Dieu, mon Dieu, pardonnez-moi, on dirait que votre règne s’en va. Jamais on n’a tant blasphémé votre nom. Jamais on n’a tant méprisé votre volonté. Jamais on n’a tant désobéi. Jamais notre pain ne nous a tant manqué ; et s’il ne manquait qu’à nous, mon Dieu, s’il ne manquait qu’à nous ; et s’il n’y avait que le pain du corps qui nous manquait, le pain de maïs, le pain de seigle et de blé ; mais un autre pain nous manque ; le pain de la nourriture de nos âmes ; et nous sommes affamés d’une autre faim ; de la seule faim qui laisse dans le ventre un creux impérissable. Un autre pain nous manque.

Et au lieu que ce soit le règne de votre charité, le seul règne qui règne sur la face de la terre, de votre terre, de la terre de votre création, au lieu que ce soit le règne du royaume de votre charité, le seul règne qui règne, c’est le règne du royaume impérissable du péché. Encore si l’on voyait le commencement de vos saints, si l’on voyait poindre le commencement du règne de vos saints.

Mais qu’est-ce qu’on a fait, mon Dieu, qu’est-ce qu’on a fait de votre créature, qu’est-ce qu’on a fait de votre création ? Jamais il n’a été fait tant d’offenses ; et jamais tant d’offenses ne sont mortes impardonnées. Jamais le chrétien n’a fait tant d’offense au chrétien, et jamais à vous, mon Dieu, jamais l’homme ne vous a fait tant d’offense. Et jamais tant d’offense n’est morte impardonnée.

Sera-t-il dit que vous nous aurez envoyé en vain votre fils, et que votre fils aura souffert en vain, et qu’il sera mort. Et faudra-t-il que ce soit en vain qu’il se sacrifie et que nous le sacrifions tous les jours. Sera-ce en vain qu’une croix a été dressée un jour et que nous autres nous la redressons tous les jours. Qu’est-ce qu’on a fait du peuple chrétien, mon Dieu, de votre peuple. Et ce ne sont plus seulement les tentations qui nous assiègent, mais ce sont les tentations qui triomphent ; et ce sont les tentations qui règnent ; et c’est le règne de la tentation ; et le règne des royaumes de la terre est tombé tout entier au règne du royaume de la tentation ; et les mauvais succombent à la tentation du mal, de faire du mal ; de faire du mal aux autres ; et pardonnez-moi, mon Dieu, de vous faire du mal à vous ; mais les bons, ceux qui étaient bons, succombent à une tentation infiniment pire : à la tentation de croire qu’ils sont abandonnés de vous.

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, mon Dieu délivrez-nous du mal, délivrez-nous du mal. S’il n’y a pas eu encore assez de saintes et assez de saints, envoyez-nous en d’autres, envoyez-nous en autant qu’il en faudra ; envoyez-nous en tant que l’ennemi se lasse. Nous les suivrons, mon Dieu. Nous ferons tout ce que vous voudrez.

Nous ferons tout ce qu’ils voudront. Nous ferons tout ce qu’ils nous diront de votre part. Nous sommes vos fidèles, envoyez-nous vos saints ; nous sommes vos brebis, envoyez-nous vos bergers ; nous sommes le troupeau, envoyez-nous les pasteurs. Nous sommes des bons chrétiens, vous savez que nous sommes des bons chrétiens. Alors comment que ça se fait que tant de bons chrétiens ne fassent pas une bonne chrétienté. Il faut qu’il y ait quelque chose qui ne marche pas. Si vous nous envoyiez, si seulement vous vouliez nous envoyer l’une de vos saintes. Il y en a bien encore. On dit qu’il y en a. On en voit. On en sait. On en connaît. Mais on ne sait pas comment que ça se fait. Il y a des saintes, il y a de la sainteté, et ça ne marche pas tout de même. Il y a quelque chose qui ne marche pas. Il y a des saintes, il y a de la sainteté et jamais le règne du royaume de la perdition n’avait autant dominé sur la face de la terre.

Il faudrait peut-être autre chose, mon Dieu, vous savez tout. Vous savez ce qui nous manque. Il nous faudrait peut-être quelque chose de nouveau, quelque chose qu’on n’aurait encore jamais vu. Quelque chose qu’on n’aurait encore jamais fait. Mais qui oserait dire, mon Dieu, qu’il puisse encore y avoir du nouveau après quatorze siècles de chrétienté, après tant de saintes et tant de saints, après tous vos martyrs, après la passion et la mort de votre fils.


Jeanne d'Arc

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Michael



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MessageSujet: Re: Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn   Ven 1 Juin - 0:37

Le timbre est sorti !
Le Salon Beige , le 31 mai 2012 à 22:31
Timbre à 0,77 euros sur Jeanne d’Arc dans le cadre de l’émission commune France – Vatican. Pour commander.


http://www.chretiente.info/201205313129/le-timbre-est-sorti/
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ptrem



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MessageSujet: Re: Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn   Ven 1 Juin - 5:51

Voici ce que j'ai trouvé sur Jeanne d'Arc
Je cherche les minutes du procés qui se trouve dans la bliothèque de l'Assemblée Nationale

http://www.1000questions.net/fr/jeanne/
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ptrem



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MessageSujet: Re: Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn   Ven 1 Juin - 6:06

Voici encore un lien, mais c'est trés long et épuisant à lire.
Mais en prenant son temps on est imprégné, pas seulement de l'ambiance du tribunal, mais peut-être de la présence dans nos coeurs de l'âme de Jeanne.
Je pourais si vous le voulez vous décrire ce que j'ai ressenti les nombreuses fois ou j'ai prié dans la belle cathédrale de Domrémy.

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/jeanne/index.htm
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Théodéric



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MessageSujet: Re: Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn   Lun 4 Juin - 13:46

Bonjour Julia et a toutes et tous,

étant né a Reims Jeanne d'Arc m'a toujours été montrée comme l'exemple merveilleux (et je vous passe les fêtes de Jeanne d'Arc a Reims) et comme j'ai eu a démolir le quartier Saint Rémi je connais aussi un peu le Folklore joint !

il paraitrait même ( d’après un historien passé a la maison un jour et faisant des recherche sur la famille de Jeanne d'Arc) que je serais un descendant de cette brave fille ! (ou femme vous pensez ce que vous voulez) !

mais ayant lu l’Évangile et reçu l'Esprit Saint ! je vois que Jésus dit a Pierre " range ton épée, crois tu que Je ne puisse demander a Mon père 12 légions d'Anges = Totalité Céleste) ? Mon Royaume n'est pas de ce monde sinon les miens auraient combattu pour Moi !"

donc venir me dire que d'un seul coup Jésus envoi conquérir le monde a coup d'épée rend nul cette parole ! vous pouvez tortiller comme vous voudrez agir ainsi pour quelques raison que ce soit c'est dire l'inverse de ce que Jésus dit et FAIT !

Soit L'Evangile EST VRAI et donc Invariable puisque Parole du verbe Divin, soit elle l'est pas , mais ce ne peut être les 2 a la fois !

et ne venez pas me dire que Jésus dit a ses apôtres que celui qui n'a pas d'épée en achète une , car là Il Parle Spirituellement ! d'ailleurs les apôtres n'avaient pas d'arme Paul en est le parfait exemple qui après conversion devient un Agneau de loup qu'il était (donc si une épée avait était possible il l'aurait porté lui-même) !!

le malheur de Jeanne c'est l’acoquinement du monde religieux et politique !!

comme l'a dit une responsable d'Abbaye "quand l’Église s'accointe avec le monde elle devient la pire sal;pe !" Ho Confused si si demandez a l’Évêque cochon Embarassed

julia a écrit:
Oui, je sais, Philippe n'aime pas l'abbé de Tanouärn, mais il n'empêche qu'il dit des choses fort intéressantes et audacieuses.

Alors j'en remets une couche, même si je sais que je vais me faire souffleter d'importance !!

En plus, personne n'a rien dit aujourd'hui sur la fête de Sainte Jeanne, ce qui est une grave lacune sur ce forum catholique:lol:

Tant pis pour vous, vous aurez donc le bel article de l'abbé de Tanouarn (rassurez-vous, sur son métablog ! (rassurez vous, ce n'est pas un sermon pendant la messe)



"Jeanne d'Arc est un prodigieux exemple.

Du point de vue humain, du point de vue de la situation de la France, en ce temps-là, on doit bien constater des parallèles : la France du gentil Dauphin Charles est marquée avant tout par la crise des élites, chaque féodalité jouant pour elle-même, sans aucune préoccupation d'un bien qui serait commun aux "bons et loyaux Français" comme dit Jeanne dans sa lettre aux Rémois.

De cette crise des élites, dont Azincourt (défaite sanglante) en 1415 et le "honteux traité de Troyes" en 1420 ont constitué deux symptômes gravissimes, tout s'est enchaîné.

Le Pays était livré aux grandes Compagnies et aux écorcheur, contre lesquels, durant toute la deuxième année de son aventure, Jeanne a voulu lutter, avec les 300 Piémontais qu'elle avaient engagés comme mercenaires.

Evidemment, quand les Grands ne savent plus où ils habitent et dans quel camp ils sont, ce sont les petits qui trinquent. Imaginons à qui pourrait nuire une crise banquaire dans la France d'aujourd'hui ?

En tout cas, il y aura certainement des écorcheurs pour profiter - financièrement - de la faiblesse des faibles.

Cette crise mondiale du libéralisme - crise simplement entrevue pour l'instant - pourra-t-elle fournir à la France une occasion de se retrouver elle-même et de redécouvrir les solidarités fondamentales sur lesquelles se fonde toute vie sociale ?

Trêve de futuribles !

L'avenir n'est jamais ce que l'on croit qu'il sera.

le réel est toujours plus riche que toutes les fictions.

Mais je crois qu'il faut parfois s'arrêter et réfléchir : sedens computavit, dit l'Evangile à propos de celui qui construit une Tour.

Cet anniversaire de la naissance de Jeanne n'est pas une commémoration comme les autres, mais l'occasion d'une anticipation spirituelle.

S'il est vrai que gouverner, c'est prévoir, voilà une bonne occasion d'apprendre à se gouverner soi-même!
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Fête de Jeanne d'Arc, par l'abbé de Tanoüarn
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