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 L'étalon-or Interview d'Antal Fekete - Professeur de mathématiques et d'économie.

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MessageSujet: L'étalon-or Interview d'Antal Fekete - Professeur de mathématiques et d'économie.   Jeu 05 Jan 2012, 18:06





Interview exclusive du professeur de mathématiques et économiste partisan de l'étalon-or Antal Fekete par les membres des forums du site onnouscachetout.com. Interview réalisée le 15 Décembre 2011 à Paris.

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=9CXK_xsfmu4


Antal E. Fekete

http://fr.wikipedia.org/wiki/Antal_E._Fekete
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MessageSujet: Re: L'étalon-or Interview d'Antal Fekete - Professeur de mathématiques et d'économie.   Mer 08 Fév 2012, 20:25

Nicolas Sarkozy a-t-il vendu de l’or Français pour une poignée de cacahuètes ?




Sur le rapport de la Cour des comptes, publié ce jour, il ya parmi les nombreuses questions traitées celle « de la vente d'une partie du stock d'or de la Banque de France qui a eu lieu entre 2004 et 2009.
Cela commence à dater… On avait oublié qu’en mai 2004, le Président actuel, qui était alors Ministre de l’Economie avait annoncé la vente de 500 à 600 tonnes d’or appartenant à la Banque de France, sur 5 ans. Il avait dit que la France pourrait ainsi « placer l’argent dégagé sur des devises et des placements obligataires, dont les intérêts devaient servir à réduire la dette ». Mais la Cour des comptes voit là « une erreur d’appréciation » qu’elle pointe dans son rapport. Entendez par là, que cela n’a pas été une bonne affaire !
Il faut comprendre que le placement dans un portefeuille de devises n’a pas rapporté plus d’intérêts que l’or (qui n’en rapportait pas…) A partir de 2007, la machine s’est déréglée. La faute à la crise financière qui « a provoqué l’abaissement sensible des taux d’intérêts », mais, selon le rapport, pendant ce temps, l’once d’or gagnait 20 % en moyenne sur l’année ! Donc, si l’or n’avait pas été vendu, le stock aurait atteint une valeur de 19,4 milliards d'euros fin 2010, mais les investissements en devises n’ont été estimés qu’à 9,2 milliards d’euros… et malgré cela, la Banque de France aurait poursuivi ses ventes d’or jusqu’en 2009…
Il faut reconnître que Nicolas Sarkozy avait indiqué dans ses instructions que "le rythme de mise en oeuvre du programme de vente devait dépendre du jugement du gouverneur de la BDF sur son opportunité. En particulier, au vu de l'évolution des cours observés sur le marché de l'or ». Les autres banques centrales européenens ont pour leur part bien compris ce qui se passait et on interrompu leur ventes d’or avant !
C‘est donc une mauvaise opération qui montre que la Banque de France a sans doute des progrès à faire ! Pendant ce temps, selon le rapport de la Cour des comptes, la BF a réduit ses effectis tout en ayant recours à des prestataires extérieurs (689 postes équivalent temps plein !). Les déficits publics n’ont pas été résorbés et la France a perdu de l’argent.
En 2010, le député J.L. Gagnaire, député de la Loire, posait quelques questions sur cette affaire. « Quel est le produit du revenu supplémentaire escompté ? Quels volumes financiers ont été dégagés et versés au budget de l’État ? A quoi ont-ils été consacrés ? Quel a été l’impact de cette vente sur les déficits publics ? Quelle perte de capital représente la vente de ces stocks d’or alors que les cours se sont envolés ?" C’est seulement aujourd’hui en 2012 qu’il a la réponse. Mais que va-t-il se passer maintenant ? Rien ! Pourtant – bien que le Président actuel n’occupait pas cette fonction cela fait parti de son bilan ! Lui qui se veut défenseur du patrimoine du pays. Avec cette opération, la France a bien perdu un peu du son patrimoine ! Mais ce n’est peut-être qu’une goutte d’eau !

http://www.come4news.com/nicolas-sarkozy-a-t-il-vendu-de-l-or-francais-pour-une-poignee-de-cacahuetes-167501
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AntoineG



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MessageSujet: Re: L'étalon-or Interview d'Antal Fekete - Professeur de mathématiques et d'économie.   Jeu 09 Fév 2012, 01:43

590 tonnes d'or c'est pas grand chose : un cube de 3 m de coté.
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MessageSujet: Re: L'étalon-or Interview d'Antal Fekete - Professeur de mathématiques et d'économie.   Jeu 09 Fév 2012, 10:36

Mais que valent ces monnaies locales que l'on voit réapparaître ?

Les monnaies locales refont surface en Europe comme aux États-Unis. Un symptôme de la crise politique et sociale que nous traversons ?


Institution parmi les institutions, Symbole parmi les symboles, la monnaie cimente les peuples et forge le lien social. Princes, souverains, empereurs et Républiques se sont toujours empressés de frapper la monnaie de leur sceau pour y asseoir leur souveraineté et leur puissance.

Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire de la monnaie, même les plus anciennes monnaies marchandises - des coquilles de cauris utilisées en Chine dès le premier millénaire avant l’ère chrétienne aux wampums des tribus indiennes que les colons firent interdire au XVIIIe siècle - avaient une forte charge symbolique qui forgeait l’adhésion du peuple qui les utilisait. Car s’il est un support dont la monnaie a besoin pour exister et remplir ses fonctions d’instrument de compte, d’échange et de réserve, ce n’est ni métal précieux, ni papier imprimé, mais confiance.

La monnaie vit de la confiance que ses utilisateurs lui portent. Ses utilisateurs doivent avant tout croire en sa valeur et en son pouvoir libératoire, sinon quoi la monnaie se vide de sa substance et c’est alors tout le lien tissé autour d’elle qui se disloque. C’est à cette aune que l’on peut interpréter la résurgence actuelle dans différents pays de monnaies locales à l’échelle de villes ou de villages. Il existe ainsi actuellement en France, souvent à l’initiative d’associations d’économie solidaire, quelques expériences de monnaies locales alternatives, comme le « Sol-violette » à Toulouse, l’« Abeille » à Villeneuve-sur-Lot, la luciole en Ardèche du Sud… En élisant ainsi leur instrument d’échange, les communautés qui l’adoptent et se resserrent autour, reconstituent en leur sein un lien social. Que l’on voit dans la crise économique actuelle la cause de rupture de ce lien ou dans la rupture de ce lien la cause de la crise, le fait est que ce phénomène traduit une défiance sinon une profonde inquiétude.

Le même phénomène s’observe actuellement aux États-Unis porté par des groupes et des idées très éloignés de ceux qui viennent d’être mentionnés, mais témoignant aussi d’une profonde inquiétude. Diverses associations et communautés militent pour un retour à l’étalon or. Le thème a d’ailleurs été repris dans la campagne pour les primaires républicaines, pour dénoncer des politiques monétaire et budgétaire qui d’après leurs détracteurs mettraient en danger la valeur du dollar. Des communautés locales du Midwest ont dans cet esprit lancé un appel à la frappe de nouvelles pièces de dollar en or. Marque de cette nouvelle ruée vers l’or refuge, les volumes de pièces d’or frappées et vendus aux particuliers par l’hôtel des monnaies du gouvernement fédéral sont en forte augmentation.

Le phénomène n’est pas inédit en périodes de crise. Différentes expériences historiques révèlent ses multiples facettes. Parmi les exemples les plus emblématiques, on peut citer la monnaie cigarette qui s’était massivement substituée au Reichsmark dans l’Allemagne de l’Après-Guerre jusqu’à la reconstruction du pays autour du Deutschemark. Outre l’expérience allemande, les épisodes d’hyperinflation ont souvent été accompagnés par l’apparition de monnaies de secours ou de monnaies de substitution (sous la forme de jetons, bons, coupons, etc.), comme pendant la crise du Peso mexicain de 1994, la Russie du début des années 1990, ou encore la crise économique argentine au tournant des années 2000.

Tant pendant l’hyperinflation de la première moitié des années 1990 qu’ils ont subie que pendant la brutale désinflation qui a suivi (le taux d’inflation est ramené de 198% en 1995 à 15% en 1997), les Russes ont délaissé le rouble pour d’autres formes monnaies ou préféré le dollar pour sécuriser leurs échanges. Pour éviter la faillite, des entreprises russes avaient par exemple organisé avec les autorités locales de nouveaux moyens de paiement, non lié au rouble. L’Argentine, pendant sa forte dépression de 1998 à 2001, a aussi connu ses épisodes de dissidences vis-à-vis de la monnaie nationale. Au sein de provinces sous l’égide de groupes associatifs, des groupes d’échanges s’étaient organisés en dehors des circuits traditionnels de l’économie de marché, dans lequel on payait en monnaie de substitution au peso, devenu trop rare et trop cher.

Sous ses diverses formes actuelles (des monnaies solidaires toulousaines ou ardéchoises aux appels au retour des pièces d’Or dans le Midwest américain), le phénomène a toutefois ceci d’inédit, que nous ne sommes pas en guerre, que les banques centrales démontrent chaque jour qu’elles sont prêtes à tout moment à réinjecter les liquidités dont le secteur bancaire et financier dit avoir besoin, et qu’il n’y a pas d’inflation menaçant le pouvoir d’achat de la monnaie. Dans ce contexte, la résurgence de monnaies locales sonde la profondeur de la crise actuelle qu’on ne saurait réduire à une crise économique et financière. La crise que nous traversons est aussi politique et sociale. Et si l’on voit dans la monnaie « l’expression de la société comme totalité », alors ce besoin d’autres monnaies traduit rien moins que le besoin d’une autre société porteuse d’autres valeurs. C’est du mortier et non des rustines qu’il faudra à nos gouvernants pour nous sortir de la crise actuelle.

http://www.atlantico.fr/decryptage/monnaies-locales-crise-jezabel-couppey-soubeyran-273448.html
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MessageSujet: Re: L'étalon-or Interview d'Antal Fekete - Professeur de mathématiques et d'économie.   Jeu 16 Fév 2012, 12:37

Une crise issue de l’hégémonie américaine, entretien avec Yanis Varoufakis (I/II)

« Aux alentours de 1971, les autorités américaines ont entrepris un mouvement stratégique audacieux : au lieu de s’attaquer aux déficits jumeaux toujours croissant du pays, les hauts responsables politiques américains ont décidé de faire le contraire : de stimuler ces déficits. Et qui paierait pour eux ? Le reste du monde ! Comment ? Par le biais d’un transfert permanent de capitaux, se ruant sans cesse au dessus des deux grands océans pour financer les déficits jumeaux américains. » L’économiste grec Yanis Varoufakis revient sur l’acte fondateur du nouveau régime de mondialisation, qui portait en germe la financiarisation des économies et l’accumulation des déséquilibres qui ont provoqué la crise de 2008.

Entretien avec Philip Pilkington, Naked Capitalism, 13 février 2012

Philip Pilkington : Dans votre livre, « Le Minotaure mondial : l’Amérique, les véritables origines de la crise financière et l’avenir de l’économie mondiale », vous affirmez que cette crise économique actuelle a des racines très profondes. Vous estimez que si de nombreuses thèses très répandues - une cupidité sans borne, une soumission des régulateurs - expliquent certaines caractéristiques de la crise actuelle, elles ne traitent pas la question sous-jacente réelle, qui est celle de la structure actuelle de l’économie mondiale. Pourriez-vous expliquer brièvement pourquoi vous considérez que ces thèses sont insuffisantes ?

Yanis Varoufakis : Il est vrai que, durant les décennies qui ont précédé le krach de 2008, la cupidité est devenue le nouveau credo ; que les banques et les hedge funds ont fait plier les autorités réglementaires à leurs volontés ; que les financiers croyaient en leurs discours, et étaient donc convaincus que leurs produits financiers étaient un « risque sans risque ». Cependant, ce passage en revue des phénomènes de l’époque pré-2008 nous laisse le sentiment tenace que nous manquons quelque chose d’important, que, toutes ces vérités isolées étaient de simples symptômes, plutôt que des causes, du monstre qui nous propulsait vers le krach de 2008. La cupidité existe depuis des temps immémoriaux. Les banquiers ont toujours essayé de contourner les règles. Les financiers sont à l’affût de nouvelles formules trompeuses de crédit depuis l’époque des Pharaons. Pourquoi la période post-1971 a-t-elle permis que la cupidité domine et que le secteur financier dicte ses conditions sur le reste de l’économie sociale mondiale ? Mon livre veut insister sur une cause plus profonde, derrière tous ces phénomènes distincts mais étroitement liés.

PP : Oui, ces tendances doivent être contextalisées. Quelles sont donc les racines de la crise que vous avez mises au jour ?

YV : On les trouve dans les principaux ingrédients de la seconde phase de l’après-guerre qui a commencé en 1971 et la manière dont ces « ingrédients » ont créé une dynamique de croissance majeure sur la base de ce que Paul Volcker avait décrit, peu de temps après être devenu le président de la Réserve fédérale, comme une « désintégration contrôlée de l’économie mondiale ».

Tout a commencé lorsque l’hégémonie américaine d’après-guerre ne pouvait plus trouver son fondement sur un habile recyclage des excédents américains vers l’Europe et l’Asie. Pour quelle raison ? Parce que ces excédents, à la fin des années 1960, s’étaient transformés en déficit ; les célèbres déficits jumeaux (déficit du budget et de la balance commerciale). Aux alentours de 1971, les autorités américaines ont entrepris un mouvement stratégique audacieux : au lieu de s’attaquer aux déficits jumeaux toujours croissant du pays, les hauts responsables politiques américains ont décidé de faire le contraire : de stimuler ces déficits. Et qui paierait pour eux ? Le reste du monde ! Comment ? Par le biais d’un transfert permanent de capitaux, se ruant sans cesse au dessus des deux grands océans pour financer les déficits jumeaux américains.

Les déficits jumeaux de l’économie américaine ont durant des décennies joué le rôle d’un aspirateur géant, absorbant les biens excédentaires et les capitaux du reste du monde. Bien que cet « arrangement » ait été l’incarnation du plus gros déséquilibre imaginable à l’échelle planétaire (selon l’heureuse expression de Paul Volcker), il a néanmoins donné lieu à quelque chose ressemblant à un équilibre mondial : un système international où l’accélération rapide de flux financiers et commerciaux asymétriques fut capable d’apporter un semblant de stabilité et de croissance soutenue.

Propulsées par les déficits jumeaux américains, les principales économies excédentaires du monde (l’Allemagne, le Japon et, plus tard, la Chine) ont continué à produire des biens que l’Amérique absorbait. Près de 70% des bénéfices réalisés par ces pays au niveau mondial ont ensuite été transférés vers les États-Unis, sous la forme de flux de capitaux vers Wall Street. Qu’en a fait Wall Street ? Ces capitaux ont été transformés en investissements directs, en actions, en de nouveaux instruments financiers, en crédits classiques ou de types nouveaux, etc.

C’est à travers ce prisme que nous pouvons contextualiser la montée de la financiarisation, le triomphe de la cupidité, le recul du rôle des organismes de régulation, la domination du modèle de croissance anglo-celtique ; tous ces phénomènes qui ont caractérisé cette période apparaissent soudainement comme de simples sous-produits des flux massifs de capitaux requis pour financer les déficits jumeaux des États-Unis.

PP : Vous semblez identifier un tournant au moment où Richard Nixon, en décidant que les États-Unis abandonnent l’étalon-or, a défait le système de Bretton Woods. Pourquoi doit-on considérer cela comme un tournant ? Quel a été l’effet de l’abandon de la parité entre le dollar et l’or ?

YV : Ce fut un moment symbolique, l’annonce officielle que le Projet Mondial des hommes du New Deal était mort et enterré. Dans le même temps, c’était une décision très pragmatique. Car, contrairement à nos dirigeants européens d’aujourd’hui, qui ont spectaculairement échoué à reconnaitre l’évidence (c’est à dire que l’euro-système, tel qu’il est conçu dans les années 1990, n’a pas d’avenir dans le monde post-2008), l’administration Nixon a compris immédiatement que ce Projet Mondial appartenait désormais au passé. Pourquoi ? Parce qu’il était fondé sur l’idée simple que l’économie mondiale serait régi par (a) des taux de change fixes, et (b) un mécanisme de recyclage des surplus mondiaux (MRSM), administré par Washington, recyclant en Europe et en Asie les excédents des États-Unis.

Ce que Nixon et son administration ont compris, c’est que, une fois les Etats-Unis devenus un pays à déficit, ce MRSM ne pouvait plus fonctionner comme prévu. Paul Volcker, qui était un adjoint d’Henry Kissinger à l’époque (avant que ce dernier ne rejoigne le Département d’État), avait très clairement identifié le nouveau choix difficile auquel l’Amérique était confrontée : soit elle devrait réduire sa puissance économique et géopolitique (par l’adoption de mesures d’austérité pour juguler le déficit commercial des États-Unis) ou elle chercherait à maintenir, voire accentuer, son hégémonie en développant ses déficits et, dans le même temps, en créant les conditions permettant aux États-Unis de rester la machine à recycler l’excédent de l’Occident. Mais cette fois, il s’agirait de recycler les excédents du reste du monde (Allemagne, Japon, Etats producteurs de pétrole et, plus tard, Chine).

La grande déclaration du 15 Août 1971 du Président Nixon, et le message délivré aux dirigeants européens par le secrétaire au Trésor des États-Unis John Connally (« C’est notre monnaie mais c’est votre problème.") N’étaient pas l’aveu d’un échec. Au contraire, ils préfiguraient une nouvelle ère d’hégémonie américaine, basée sur l’inversion des flux d’échanges et des excédents de capitaux. C’est pour cette raison que je pense que la déclaration de Nixon symbolise un moment important dans l’histoire du capitalisme d’après-guerre.

PP : Cela rappelle le vieux dicton des banquiers : « Si vous devez des milliers de dollars à une banque, vous avez un problème, si vous leur devez quelques millions, la banque a un problème ». Etait-ce donc la fin de l’hégémonie des États-Unis en tant que prêteur et le début de leur hégémonie en qualité d’emprunteur ? Si c’est le cas, cela nous permet-il de comprendre la crise financière de 2008 ?

YV : Je crois que cette déclaration de Connally « C’est notre monnaie mais c’est votre problème » est effectivement une nouvelle version du vieil adage que vous mentionnez. Mais il y a une différence importante : lorsqu’une banque fait faillite, il y a toujours la Fed ou une autre banque centrale en soutien. Dans le cas de l’Europe et du Japon en 1971, cet appui n’était pas disponible. Le FMI était, ne l’oublions pas, une organisation destinée à procurer des fonds à des pays (de la périphérie pour la plupart) confrontés à des déficits de leur balance des paiements.

La déclaration de Connally était à destination de pays qui enregistraient un excédent dans leur balance des paiements avec les États-Unis. En outre, lorsqu’un individu ou une entreprise lourdement endetté avertit la banque que c’est elle qui a un problème, et non pas l’emprunteur, cela relève habituellement d’un stratagème de négociation afin de s’assurer de meilleures conditions auprès de la banque, une annulation partielle de la dette, etc . Dans le cas du voyage de Connally en Europe, peu de temps après l’annonce de Nixon, les Etats-Unis ne demandent rien aux Européens. Ils sont tout simplement heureux d’annoncer que les règles du jeu ont changé : le prix de l’énergie allait augmenter plus vite en Europe et au Japon qu’aux USA, et les différences de taux d’intérêt nominaux allaient jouer un rôle majeur en attirant les flux de capitaux vers les États-Unis.

Cette nouvelle hégémonie allait ainsi émerger. La puissance hégémonique consisterait désormais à recycler les capitaux d’autrui. Elle lui permettrait d’augmenter son déficit commercial et de le régler grâce aux flux volontaires de capitaux vers New York, flux qui ont réellement débuté après que Paul Volcker ait fait s’envoler les taux d’intérêt américains.

PP : Cette hégémonie nouvelle a pu croitre de façon quasiment organique en raison de la prééminence du dollar comme monnaie de réserve mondiale, qui s’était accrue dans les années d’après-guerre, n’est-ce pas ? Pourriez-vous aborder ce sujet ?

YV : Le « privilège exorbitant » du dollar, provenant de son statut de monnaie de réserve, a été l’un des facteurs qui ont permis aux États-Unis de devenir le recycleur du capital d’autrui (parallèlement à la montée de leurs déficits commerciaux). Bien que crucial, ce n’était cependant pas le seul facteur. Il y avait également la prédominance des États-Unis dans le secteur de l’énergie, et leur puissance géostratégique. Pour attirer, vague après vague, les capitaux en provenance d’Europe, du Japon et des pays producteurs de pétrole, les Etats-Unis devaient veiller à ce que les rendements des capitaux se dirigeant vers New York soient supérieurs à ceux du capital allant à Francfort, Paris ou Tokyo. Cela nécessitait quelques prérequis : un taux d’inflation inférieur aux États-Unis, une volatilité des prix plus basse, des coûts de l’énergie relativement inférieurs et une rémunération inférieure pour les travailleurs américains.

Le fait que le dollar soit la monnaie de réserve signifie que, lors d’une crise, le capital se dirige de toute façon vers Wall Street (comme cela fut le cas des années plus tard, lorsque, malgré l’effondrement de Wall Street, les capitaux étrangers se ruèrent à Wall Street durant l’automne 2008). Toutefois, le volume des flux de capitaux qui devaient inonder Wall Street (afin de maintenir le financement du déficit commercial américain) n’aurait pu se concrétiser en l’absence de la capacité qu’avaient les États-Unis de précipiter une hausse du prix du pétrole au moment où (a) la dépendance américaine au pétrole était plus faible que celle du Japon ou de l’Allemagne, (b) la plupart des transactions sur le pétrole étaient réalisées par l’intermédiaire des multinationales américaines, (c) les États-Unis pourraient juguler l’inflation en augmentant les taux d’intérêt à des niveaux qui détruiraient les industries allemandes et japonaises ( sans totalement tuer les entreprises américaines) et (d) les syndicats et les normes sociales qui ont empêché une répression impitoyable des salaires réels étaient beaucoup plus faibles aux États-Unis qu’en Allemagne ou au Japon.


http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3213
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MessageSujet: Re: L'étalon-or Interview d'Antal Fekete - Professeur de mathématiques et d'économie.   Lun 13 Oct 2014, 23:56

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MessageSujet: Re: L'étalon-or Interview d'Antal Fekete - Professeur de mathématiques et d'économie.   Jeu 23 Oct 2014, 22:48


Dernière intervention du Pr Fekete à Londres (très intéressant)

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