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  La recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation.

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MessageSujet: La recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation.   Mer 26 Oct 2011, 21:07


Argentine: preuve que le protectionnisme fonctionne ?






Dimanche 23 octobre ont eu lieu les élections en Argentine. La présidente Cristina Kirchner a été réélue dès le premier tour, pour un deuxième mandat de quatre ans. Notre blogueur associé Laurent Pinsolle, proche de Debout la République, revient sur cette victoire. Elle démontre selon lui que la politique de protectionnisme menée actuellement en Argentine est appréciée et efficace, puisque le pays présente actuellement une croissance de 8%, alors qu'il subissait une importante crise entre 1998 et 2002.


Dimanche, les Argentins ont réélu triomphalement Cristina Kirchner par plus de 53% dès le premier tour des élections présidentielles. Une belle victoire pour la dirigeante d’un pays qui montre que la démondialisation, cela marche, avec une croissance de 8% par an depuis 2003.



LE TRIOMPHE DE CRISTINA KIRCHNER

La présidente de l’Argentine a donc été réélue triomphalement puisqu’il n’y aura même pas besoin d’un second tour. Elle a devancé le candidat socialiste, qui, avec 17%, a devancé pour la première fois le candidat radical qui n’a rassemblé que 12% des votes. Les Argentins ont donc choisi de prolonger le bail de la famille Kirchner puisque la présidente avait succédé à son mari Nestor en 2007, qui ne pouvait pas alors se représenter avec les lois électorales de l’époque.

Le couple Kirchner est arrivé au pouvoir début 2003 et a présidé au redécollage de l’Argentine après la terrible crise de 1998-2002. Après l’échec du lien entre le peso et le dollar, qui avait bien cassé l’inflation, mais qui avait également détruit la croissance, le pays avait dévalué de 72% et de fait défaut sur sa dette, provoquant une panique financière en 2002. Cependant, l’aggravation de la crise a été le prélude à un redécollage économique spectaculaire.

UNE RÉUSSITE ÉCONOMIQUE

Bien sûr, l’Argentine souffre d’une inflation importante, mais l’ensemble des résultats économiques du pays est spectaculaire. Tout d’abord, le pays affiche une croissance de 8% par an depuis 2003 (à l’exception de 2009 naturellement). Certes, la crise a été violente, puisque le PIB avait reculé de 10% de 1998 à 2001 puis de 10% de plus sur la seule année 2002, du fait de la panique financière provoquée par la fin du lien avec le dollar et la conversion autoritaire des comptes privés.

Mieux, le taux de chômage, qui était de 23% en 2002, est retombé à seulement 7% aujourd’hui. Le taux de pauvreté s’est effondré. Bien sûr, le Monde essaie de présenter cette réussite comme le produit de la hausse du prix des matières premières. Comme si l’Argentine pouvait faire 8% de croissance annuelle de son PIB depuis près de dix ans seulement en vendant du soja ! Ceci est totalement ridicule, comme l’explique remarquablement bien Yann sur son blog.


LE PAYS DU PROTECTIONNISME
En effet, cela ferait mal au Monde d’admettre que la recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation. Si Buenos Aires a réussi son redécollage économique, c’est en refusant toutes les règles économiques (anarchie commerciale, monétaire et financière) que le quotidien vespéral, qui se dit pourtant de gauche, défend. L’Argentine n’a plus rien emprunté aux marchés financiers depuis dix ans. Et c’est un choix politique (la Russie a choisi de revenir sur les marchés).

Mieux, le pays est un champ d’expérimentation inédit pour le protectionnisme et il s’attaque à des catégories de produits que presque plus personne n’imaginerait pouvoir faire produire en Europe. L’Argentine couvre aujourd’hui 30% de sa consommation de jouets, contre 5% il y a dix ans et ambitionne de passer à 50%. Buenos Aires a également imposé à RiM la fabrication du fameux Blackberry. Bref, l’Argentine démontre que le protectionnisme, cela marche !

Et cela marche aussi politiquement, quand on constate le triomphe électoral de Cristina Kirchner. L’opinion publique européenne est convaincue, comme le montre l’association pour un débat sur le libre-échange. Pourtant, les grands partis font la sourde oreille. Ils finiront par être balayés.


Retrouvez les autres articles de Laurent Pinsolle sur son blog.


http://www.marianne2.fr/Argentine-preuve-que-le-protectionnisme-fonctionne_a211914.html

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Philippe Fabry
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MessageSujet: Re: La recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation.   Mer 26 Oct 2011, 21:31

Alexis232 a écrit:

[ L’Argentine n’a plus rien emprunté aux marchés financiers depuis dix ans.

Ce n'est pas de la démondialisation ça, c'est de la bonne gestion.

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MessageSujet: Re: La recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation.   Mer 26 Oct 2011, 21:51

Pour sortir du marasme économique l'Argentine a du annuler une partie de sa dette,la bonne gestion ne suffit pas dans ces cas de figure extrêmes.

Extrait d'un article du site intelligence-stratégique:


Toujours est-il que l’Argentine a du faire face à un problème d’endettement dévastateur. Déjà, il faut savoir que la dette publique peut être libellée en monnaie nationale (en l’occurrence le peso argentin) ou bien en devises (une ou plusieurs monnaies étrangères). Si la monnaie nationale se déprécie fortement (ou est dévaluée), la charge de la partie de la dette publique libellée en peso diminue. En revanche la charge de la dette libellée en devise explose. Pour peu qu’une grande partie de la dette soit libellée en devises, l’endettement devient très vite insoutenable, et le pays peut se retrouver en situation de faillite.

C’est ce qui s’est passé pour l’Argentine, du fait du currency board (la dette d’alors étant libellée en double monnaie dollar-peso). Suite à cette crise, la dette a frôlé les 150 milliards de dollars, et le PIB a reculé de plus de 20% en quelques années ; un cinquième de la richesse nationale a donc disparu suite à l’application d’une mauvaise politique économique.

Ce qui nous intéresse dans le cas argentin, ce sont les négociations que le gouvernement éponyme a mené avec ses créanciers, notamment privés. En effet, l’État argentin a procédé à des réductions de capital, c’est à dire à une annulation pure et simple d’une partie de la dette publique.

Comment les créanciers ont-ils pu accepter de renoncer spontanément à une partie de leur créance? La réponse est simple ; le gouvernement argentin les a mis devant le fait accompli. Un État n’est pas un débiteur ordinaire : s’il ne peut/veut pas vous rembourser, il ne le fait pas ; point. Certes, cela revient, pour cet État, à se couper des marchés monétaires, car personne ne voudra plus lui prêter du fait de son comportement. Mais il est toujours possible d’imaginer une situation (totalement farfelue) où un État refuserait de payer la totalité de sa dette extérieure publique, construirait un budget à l’équilibre, ne dépendrait plus de l’endettement pour financer ses déficits.

Dans les faits, l’Argentine a refusé de payer une partie de ses dettes, et cela s’est conclu par une ostracisation du pays sur la scène financière internationale. Mais cette isolation n’a été que temporaire ; le pays a pu, quelques mois plus tard, faire de nouveau appel aux marchés pour se refinancer.


http://www.intelligence-strategique.eu/2011/supprimer-la-dette-europeenne-reelle-possibilite-ou-fausse-bonne-idee-12-un-precedent-historique-le-cas-argentin/
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Philippe Fabry
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MessageSujet: Re: La recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation.   Mer 26 Oct 2011, 23:06

Alexis232 a écrit:


Ce qui nous intéresse dans le cas argentin, ce sont les négociations que le gouvernement éponyme a mené avec ses créanciers, notamment privés. En effet, l’État argentin a procédé à des réductions de capital, c’est à dire à une annulation pure et simple d’une partie de la dette publique.

C'est-à-dire du vol.

Pareil aujourd'hui pour la Grèce.

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MessageSujet: Re: La recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation.   Jeu 27 Oct 2011, 08:17

Oui c'est ce qu'ont décidé cette nuit M. Sarkozy & A.Merkel


Aide à la Grèce

Les banques et fonds d'investissements privés qui détiennent de la dette grecque ont accepté de renoncer volontairement à 50% de leurs créances sur la dette du pays d'ici 2020: concrètement, à partir de janvier 2012, ils échangeront leurs obligations de dette grecques contre d'autres dont la valeur sera diminuée de moitié. Cela représente un effacement de 100 milliards d'euros de la dette grecque, actuellement de 350 milliards d'euros. Ces nouvelles créances seront garanties par le Fonds de stabilité de la zone euro (FESF) à hauteur de 30 milliards d'euros.

http://lci.tf1.fr/economie/conjoncture/crise-de-l-euro-les-principales-decisions-du-sommet-europeen-6795830.html


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MessageSujet: Re: La recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation.   Jeu 09 Fév 2012, 11:02

L'Argentine a prouvé que Marine Le Pen a raison !



(la vidéo avait été retiré)


Dernière édition par Alexis232 le Ven 10 Fév 2012, 10:07, édité 1 fois
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Philippe Fabry
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MessageSujet: Re: La recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation.   Jeu 09 Fév 2012, 11:15

Pleurons pour l’argentine

Publié le 27/12/2011

L’Argentine offre aux Américains et aux Européens un « moment d’enseignement ».

Par Ilya Shapiro (*), depuis les États-Unis
Article publié en collaboration avec le Cato Institute

La présidente argentine Cristina Kirchner a prêté serment pour son second mandat, au début du mois.

Avec l’Obamacare à la Cour suprême, les primaires de la course à la présidence qui battent leur plein, et le refus persistant du gouvernement fédéral à libérer l’économie et donc à permettre la création d’emplois, tout cela nous fait facilement oublier que le monde existe au-delà de l’Amérique du nord, avec ses propres problèmes économiques et ses élections présidentielles.

Prenez l’Argentine, par exemple, un pays proche et cher à mon cœur depuis que j’y ai étudié il y a près de 15 ans. Il y a un siècle, l’Argentine évolua d’un régime oligarchique vers une démocratie toujours plus libérale, ce qui en faisait l’un des pays les plus riches au monde. En 1930, ce pays avait une économie classée au septième rang mondial, devançant les ex-colonies du nouveau-monde comme le Canada et l’Australie, attirant des vagues d’immigrants en provenance d’Italie, d’Espagne et d’Europe orientale. Comment un pays si riche en ressources naturelles et humaines en vint à dégringoler du sommet où il se trouvait pour devenir la grosse blague des économistes? (Il existe quatre types de pays dans le monde: développés, en développement, le Japon et l’Argentine.)

La réponse en est le corporatisme autarcique qui fut la règle sous le règne de Juan Domingo Perón, en imposant une politique industrielle qui détruisit le florissant secteur de l’import-export, ainsi que les chemins de fer nationalisés, en donnant aux syndicats tous les pouvoirs qu’ils voulaient (à tel point qu’ils ont même commencé à entrer en conflit avec Perón – ça vous est familier)? Combinez cette folie macro-économique – qui conduit forcément à des troubles sociaux et à des réactions gouvernementales répressives – avec une « troisième voie » de politique étrangère idiosyncratique et de plans de protection sociale fondés sur la redistribution, et vous faîtes du joyau de l’ancien empire d’Espagne l’un des États les plus faibles du groupe latino-américain.

Les populismes sauvages de droite et de gauche ont suivi, seulement interrompus par une série de coups d’État – je me souviens même du programme de ma classe d’histoire argentine disant « primer golpe de estado; segundo golpe de estado; tercer golpe de estado… » [1] - résultant en une « Guerre sale » entre les deux extrêmes idéologiques qui a pris fin avec l’excursion désastreuse du triumvirat militaire sourdingue dans les îles des Malouines. (Avec pour preuve que ces messieurs pensaient que le président Reagan les aurait épaulés au détriment de la Grande-Bretagne de Thatcher). La démocratie fit un retour pour de bon en 1983, sauf pour une brève période illusoire dans les années 1990, mais la maison économique de l’Argentine n’a jamais été remise en ordre. Rappelons-nous que le pays fut l’exemple type de l’hyperinflation dans les années 1980 et même maintenant l’inflation tourne autour de 20% (personne ne le sait avec certitude puisqu’on ne peut faire confiance aux statistiques officielles).

Après une crise économique aux proportions de Grande Dépression (appelée simplement La Crisis) au début des années 2000, qui donna au pays une très douloureuse, longue mais nécessaire correction – alignant le peso sur le dollar américain, entre autres réformes nécessaires - , un président accidentel venu du Sud, Nestor Kirchner, commença à réimposer sa nouvelle version de péronisme. Cela comprenait de faire défaut sur la dette souveraine, d’instaurer un contrôle étatique du secteur de l’énergie, l’élargissement des programmes sociaux, et le rapprochement d’avec des dirigeants comme le président du Venezuela Hugo Chavez. En décidant de ne pas concourir pour sa réélection, M. Kirchner a remis la présidence à son épouse, Cristina Fernandez de Kirchner, qui a essentiellement poursuivi sa politique hétérodoxe tout en gouvernant avec une main de plus en plus lourde contre les manifestants et les médias.

Il y a quelques semaines, les Argentins ont réélu massivement Fernandez, en repoussant facilement les groupes d’opposition qui ne se sont jamais associés en un seul mouvement ou derrière un même candidat. Ce résultat ne fut pas surprenant parce que l’on s’attendait à ce que l’économie croisse de huit pour cent cette année. La classe moyenne s’est largement remise de la crise bien que la plupart des économistes considèrent la situation actuelle comme intenable, avec le pays qui s’oriente vers un réveil qui s’apparente à celui auquel il a déjà fait face à la fin des années 90 (rappelons-nous les cycles tragiques que le pays a endurés).

L’Argentine offre à l’Amérique un « moment d’enseignement », pour reprendre l’une des expressions favorites de notre président [Obama]. Comme l’Argentine en a eu l’expérience de nombreuses fois au cours du siècle dernier, les États-Unis se retrouvent à un carrefour. Continueront-ils à défendre les libertés individuelles, l’innovation et la mobilité sociale, ou bien les Américains échangeront-ils cette liberté pour s’arroger des droits toujours plus larges et d’autres protections évanescentes censés les protéger des vicissitudes de la vie? Comme Mary Anastasia O’Grady l’a écrit dans un article dont on ne peut qu’espérer qu’il ne sera pas prophétique:

En cela, l’expérience de Mme Kirchner en Argentine est instructive. Elle a abandonné le libre marché, en apparence dans l’intérêt de la justice sociale. Le résultat prévisible a été une plus grande injustice, plus de pauvreté, et la concentration croissante des richesses et du pouvoir dans les mains de la classe politique et de ses amis. Les efforts pour rendre l’économie compétitive ont été à maintes reprises voués à l’échec alors même que le niveau de vie baissait.

L’argentine teste la théorie selon laquelle les démocraties ont une capacité inhérente à corriger la portée excessive de l’État. Non seulement elle a été incapable de se sortir du trou noir du corporatisme, mais elle s’y est trouvée aspirée encore plus.

Ou, comme Cristina Fernandez le dit à la veille de sa réélection, « je ne sais pas si Obama a lu Perón, mais laissez-moi vous dire, qu’il semble vraiment que oui. »

—-
Sur le web
Traduction : JATW pour Contrepoints.

(*) Ilya Shapiro est Senior Fellow en études constitutionnelles pour le Cato Institute et rédacteur en chef de la Cato Supreme Court Review.

Note:
[1] « Premier coup d’État; deuxième coup d’État; troisième coup d’État, etc. »


Lien raccourci: http://www.contrepoints.org/?p=62112

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Philippe Fabry
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MessageSujet: Re: La recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation.   Jeu 09 Fév 2012, 11:20

Don’t cry for my Argentina

Publié le 21/12/2011

Pourquoi les Argentins n’ont-ils pas appris de leurs erreurs passées et se sont-ils laissés gagner par les promesses d’une continue générosité étatique qui, comme ils le savent, ne peut être financée, conduisant inévitablement à une crise économico-politique?

Par Deepak Lal (*)

J’étais en Argentine à la mi-avril après plus d’une décennie. La première fois que je visitais l’Argentine, c’était quand j’étais directeur d’enquêtes pour la Banque mondiale au milieu des années ’80, alors que le pays affrontait une hyperinflation. J’ai encore un billet d’un million de pesos, qui valait quelques centimes de dollar et que je montrais à mes étudiants pour leur expliquer les effets de politiques fiscales et monétaires laxistes. À l’occasion d’une visite au gouverneur de la Banque centrale de la République d’Argentine (BCRA), je lui demandai comment ils étaient arriver à augmenter l’offre monétaire du pays de 80% pendant le mois antérieur. Il me regarda comme si j’étais un idiot et dit : « Nous avons une imprimante. »

Ce monde d’« Alice au Pays des Merveilles » changea quand Carlos Menem, conseillé par mon vieil ami Domingo Cavallo, établit une caisse de convertibilité, ouvrit le compte de capitaux et ancra le taux de change du peso face au dollar. Une stabilisation des perspectives d’inflation et la prudence fiscale aidèrent à contrôler l’inflation et l’Argentine jouit de presque une décennie de croissance rapide et stable.

La dernière fois que je visitais l’Argentine à la fin des années ’90, le pays était en pleine croissance, grâce aux termes d’échange favorables. Cavallo, considéré comme l’architecte de cet essor, était en train de panifier une campagne électorale basée sur ces succès. Quand je me réunis avec lui, je lui signalais que l’Argentine avait besoin d’une stratégie de sortie du taux de change fixe parce que, dû à sa volatilité historique, si les termes de l ’échange de l’Argentine empiraient, une dévaluation serait nécessaire pour assister l’ajustement indispensable. Il ne fut pas d’accord et le reste – y compris l’effondrement de ses espérances présidentielles – fait partie de l’Histoire, avec la profonde crise argentine de la fin des années ’90 et sa déclaration de défaut sur une dette étrangère de presque $100 milliards. De mauvais signaux indiquent que ce vieux cycle argentin est en train de se répéter.

Cristina Fernández et ses enfants.

L’euphorie que j’ai vu en avril en Argentine, basée sur une croissance de 8% pendant une longue période fut suivie d’une éclatante victoire de Cristina Fernández avec 54% des voix lors des dernières élections. Mais le signal de danger est là. La récupération s’est basée sur ce que Fernández a appelé « Le modèle », dessiné par son défunt mari, l’ex-président Néstor Kirchner. Son élément essentiel était de maintenir des surplus commerciaux et fiscaux pour compenser l’absence d’accès de l’Argentine aux marchés internationaux de capitaux après avoir déclarer le défaut. Un taux de change compétitif et la discipline fiscale permirent à l’Argentine de traverser de manière soutenable l’essor des prix des matières premières pour ses produits agricoles, stimulé par la rapide croissance chinoise. Ils lui permirent également d’étendre considérablement les programmes sociaux de l’État, y compris des ordinateurs portables gratuits pour tous, des allocations pour les enfants, des augmentations de salaires dans le secteur public et des pensions.

Mais depuis 2007, la discipline fiscale s’est affaiblie. Le boni fiscal a disparu et les dépenses publiques ont augmenté de 35% par an. Les effets d’un déficit fiscal non reconnu et naissant ont été repoussés en pillant les fonds de pensions et les réserves de devises étrangères. De manière prévisible, tout ceci a dérivé en inflation, qui selon des calculs indépendants est estimée au-dessus de 20%, bien que de 9% officiellement. Quiconque remet en question le calcul officiel est susceptible d’amendes et de poursuites. La raison pour imposer ce mensonge : environ la moitié de la dette domestique de l’Argentine est liée à l’inflation. Pour éviter une dévaluation explicite, ce qui créerait une plus grande inflation, on a introduit un système complexe pour assimiler les importations aux exportations. Il y a une fuite croissante de capitaux, car les Argentins qui ont de l’argent craignent un autre pillage étatique de leur épargne. Si les termes de l’échange de l’Argentine – désormais à un niveau historiquement haut – se détériorent, avec une chute du prix des deux tiers de ses exportations qui consistent en produits agricoles, en accord avec le monde et l’économie chinoise qui décélèrent, l’Argentine se trouvera au milieu d’une autre crise économique.

Même ainsi, malgré tous ces signaux d’un désastre imminent grâce au « modèle », madame Fernández fut réélue avec une solide majorité. Je suis régulièrement surpris de voir comment les Argentins n’ont pas appris de leurs erreurs passées et se sont laissés gagner par les promesses d’une continue générosité étatique qui, comme ils le savent, ne peut être financée, conduisant inévitablement à une crise économico-politique. Peut-être la clé gît dans la schizophrénie collective dont souffrent les Argentins, résumée avec acuité dans cette phrase que j’entendis lors de ma dernière visite en avril :

Les Argentins sont des Italiens qui parlent espagnol, qui vivent comme les Français et veulent être Anglais.

Comment pourrait-on expliquer autrement qu’un pays si immensément riche en ressources, qui au début du 20e siècle était sur le point de dépasser les États-Unis comme le pays le plus prospère du monde, possède une économie qui représente un sixième de l’économie brésilienne, un tiers de la mexicaine et sera probablement dépassée par la Colombie ? Le péronisme populiste, qui semblait avoir disparu avec la conversion de Menem au « Consensus de Washington », est réapparu avec le néo-péronisme kirchneriste.

Ce devint évident à la fin d’une réunion de la Société du Mont Pélerin à Buenos Aires, à laquelle j’assistais. Le dernier jour, alors que les participants revenaient d’une visite à une ferme qui rappelait ces résidences campagnardes d’Angleterre, nous nous trouvâmes devant un immense contingent de policiers. Ils contrôlaient une grande manifestation devant notre hôtel. Nous apprîmes ensuite qu’elle avait été organisée par différents syndicats qui appuyaient la présidente. Nous pensions tous qu’ils protestaient contre la présence d’un des participants, Mario Vargas Llosa, une personne particulièrement non grata pour Cristina. Mais quand quelqu’un traduisit les slogans qui étaient répétés en espagnol et les noms qui étaient dénoncés (y compris celui de l’auteur, de beaucoup d’économistes argentins distingués et d’anciens fonctionnaires publics), il devint clair qu’ils protestaient contre le supposé agenda « néolibéral » de la réunion.

Néanmoins, il devient chaque fois plus clair que Cristina aura besoin de prêter attention à ce conseil « néolibéral », vu les tempêtes que « le modèle » pourrait essuyer. Ivre des subsides qu’il a offert au pays durant la bonne époque, l’Argentine a appartement soutenu « le modèle » lors des dernières élections. C’est comme si Eva Perón était revenue. Mais pour moi, l’Argentine ressemble à un surfiste, indifférent sur la crête d’une vague, qui chutera quand celle-ci se brisera. Il y a là une leçon pour l’Inde, où, de même, ses politiciens populistes créent une économie de bénéfices étatiques croissants.


Article publié dans le Business Standard (Inde).

[*] Deepak Lal est professeur de développement international à l’université de Californie à Los Angeles et professeur associé du Cato Institute.

Lien raccourci: http://www.contrepoints.org/?p=61332

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MessageSujet: Re: La recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation.   Jeu 09 Fév 2012, 11:23


Cristina Fernandez de Kirchner est réélue, pour quatre ans, le 23 octobre 2011, dès le premier tour de la présidentielle, avec 53,96 % des voix.

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Philippe Fabry
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MessageSujet: Re: La recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation.   Jeu 09 Fév 2012, 11:39

Inflation de mensonges en Argentine


Buenos Aires multiplie les procédures contre la presse et le FMI pour tenter de dissimuler son taux réel d'inflation.

Les journaux argentins n'en reviennent toujours pas. Six d'entre eux viennent de recevoir une assignation pour le moins étonnante. La justice leur réclame les noms et les numéros de téléphone de tous les journalistes et éditeurs ayant couvert l'économie argentine pendant les cinq dernières années. Leur crime ? Avoir publié des chiffres de l'inflation deux fois plus élevés que les données officielles de Buenos Aires (20 % contre 9,8 % en 2010). Des accusations qui ont suscité l'indignation de la profession, d'autant que les journalistes ne sont pas les seuls dans le viseur du juge Alejandro Catania, qui agit suite à une plainte du ministre du Commerce Guillermo Moreno.

Les représentants du FMI en Argentine sont également assignés en justice pour avoir annoncé un recours à des instituts privés pour établir des données fiables sur l'état de l'économie argentine. La patronne du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, a d'ailleurs rappelé à l'ordre en personne la présidente argentine Cristina Kirchner, le 22 septembre dernier, exigeant du pays des statistiques "crédibles", dans son propre intérêt, mais aussi dans celui d'une meilleure "coopération internationale". Les consultants privés agissant pour le compte du FMI ont eux été réduits au silence, sous peine de 500 000 pesos d'amende (environ 88 000 euros) à chaque publication de chiffres de l'inflation qui diffèrent des officiels.

Le spectre du chaos de 2001

Autant de menaces vécues comme un retour aux années noires de l'Argentine, entre 1976 et 1983, où la junte militaire était passée maître dans l'art d'établir des "listes noires" d'opposants au régime. Mais les temps ont changé, et la réalité, cette fois, n'échappe à personne : l'inflation réelle en Argentine est bien plus élevée que ce qu'en disent les autorités officielles. Selon le FMI, le troisième pays d'Amérique latine par sa population serait aussi le deuxième au monde par son inflation (estimée entre 25 et 30 %), juste après le Belarus (41 % estimés pour 2011). Le gouvernement argentin, de son côté, a un intérêt évident à minimiser le taux d'inflation officiel. La plus grande partie de la dette du pays est émise en obligations indexées sur... l'inflation. Un taux bas diminue donc mathématiquement - mais aussi artificiellement - l'endettement du pays.

C'est pourtant pour une "aide technique portant sur l'indice des prix à la consommation" que l'Argentine avait fait appel au FMI, en 2010, marquant ainsi le grand retour de l'institution financière dans le pays depuis sa délicate mission du début des années 2000. Au bord du gouffre financier, Buenos Aires s'était alors vu imposer une sévère cure d'austérité par le Fonds. Une politique rejetée par les Argentins, qui tiennent encore aujourd'hui le FMI pour largement responsable du chaos économique et social de 2001 et 2002.

http://www.lepoint.fr/economie/inflation-de-mensonges-en-argentine-27-09-2011-1377909_28.php

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MessageSujet: Re: La recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation.   Jeu 09 Fév 2012, 11:46

Qu'est-ce qui marche le mieux, le marché libre (Chili), l'économie mixte (Argentine) ou l'étatisme (Venezuela) ?


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MessageSujet: Re: La recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation.   Jeu 09 Fév 2012, 21:45

Personnellement je suis favorable à une économie dont la concurrence est libre et non faussée,si la concurrence est faussée à cause de plusieurs raisons il faut nécessairement ajuster via un protectionnisme raisonné.
C'est ce que font des pays comme les Etats-Unis ou le Japon et en l’occurrence l'Argentine.
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MessageSujet: Re: La recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation.   Jeu 09 Fév 2012, 22:41

« Qu’est-ce qui vaut mieux pour l’homme et pour la société ? l’abondance ou la disette ? N’entend-on pas dire tous les jours : ‘L’étranger va nous inonder de ses produits’ ? Donc on redoute l’abondance. »

Frédéric Bastiat, Sophismes économiques

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MessageSujet: Re: La recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation.   Jeu 09 Fév 2012, 23:05

Effectivement la phrase que vous citez est bel et bien un sophisme...

Je préfère largement regarder les effets d'un protectionnisme raisonné et les chiffres,donc la réalité plutôt que des citations....


Argentine:

UNE RÉUSSITE ÉCONOMIQUE

Le taux de chômage, qui était de 23% en 2002, est retombé à seulement 7% aujourd’hui. Le taux de pauvreté s’est effondré.


LE PAYS DU PROTECTIONNISME

En effet, cela ferait mal au Monde d’admettre que la recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation. Si Buenos Aires a réussi son redécollage économique, c’est en refusant toutes les règles économiques (anarchie commerciale, monétaire et financière) que le quotidien vespéral, qui se dit pourtant de gauche, défend. L’Argentine n’a plus rien emprunté aux marchés financiers depuis dix ans. Et c’est un choix politique (la Russie a choisi de revenir sur les marchés).

Mieux, le pays est un champ d’expérimentation inédit pour le protectionnisme et il s’attaque à des catégories de produits que presque plus personne n’imaginerait pouvoir faire produire en Europe. L’Argentine couvre aujourd’hui 30% de sa consommation de jouets, contre 5% il y a dix ans et ambitionne de passer à 50%. Buenos Aires a également imposé à RiM la fabrication du fameux Blackberry. Bref, l’Argentine démontre que le protectionnisme, cela marche !

Et cela marche aussi politiquement, quand on constate le triomphe électoral de Cristina Kirchner. L’opinion publique européenne est convaincue, comme le montre l’association pour un débat sur le libre-échange. Pourtant, les grands partis font la sourde oreille. Ils finiront par être balayés.
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MessageSujet: Re: La recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation.   Jeu 09 Fév 2012, 23:27

Ca marche tellement le « protectionnisme raisonné » (LOL) qu'en Amérique du Sud personne ne peut se payer d'ordinateur tellement ils sont chers.

Du coup c'est sûr que les débats sur la robotisation de l'économie, les biotechnologies, l'hétérarchie, l'entreprise plate-forme, l'immatérialité du processus de création de richesses, apparaissent tout d'un coup ringardisés par un modèle de développement qui nous vient tout droit des années 70 ...
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MessageSujet: Re: La recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation.   Jeu 09 Fév 2012, 23:29

Alexis232 a écrit:
Personnellement je suis favorable à une économie dont la concurrence est libre et non faussée

Qu'est-ce que ça veut dire concurrence non faussée ? Que tout le monde doit faire la même chose dans les mêmes conditions ? What the fuck ?!?
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Philippe Fabry
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MessageSujet: Re: La recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation.   Ven 10 Fév 2012, 00:26

Dromaeosaurus a écrit:
Alexis232 a écrit:
Personnellement je suis favorable à une économie dont la concurrence est libre et non faussée

Qu'est-ce que ça veut dire concurrence non faussée ? Que tout le monde doit faire la même chose dans les mêmes conditions ? What the fuck ?!?

Eh oui.

C'est un curieux détournement de la pensée libérale de dire que la concurrence est une bonne chose et qu'il faudrait, pour rendre la concurrence juste... l'uniformiser. Et donc supprimer ce qui fait précisément l'avantage de la concurrence.


Pour répondre à Alexis : estimez-vous être floué quand vous achetez peu cher un T-shirt importé de Chine ? Et si vous estimez le payer à un prix qui vous est avantageux, de quoi vous plaignez-vous ? Vous libérez ainsi du pouvoir d'achat que vous pouvez consacrer à d'autres biens, possiblement made in France, que vous n'eussiez pas acheté autrement.

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MessageSujet: Re: La recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation.   Ven 10 Fév 2012, 10:12

Dromaeosaurus a écrit:
Alexis232 a écrit:
Personnellement je suis favorable à une économie dont la concurrence est libre et non faussée

Qu'est-ce que ça veut dire concurrence non faussée ? Que tout le monde doit faire la même chose dans les mêmes conditions ? What the fuck ?!?

ça veut dire que la concurrence est faussé à cause du dumping social,fiscal,monétaire etc...c'est pour cela que des pays comme le Japon la Corée du sud ou les USA pour ne citer que ces pays font du protectionnisme via des normes techniques ou tout simplement des droits de douane.
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MessageSujet: Re: La recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation.   Ven 10 Fév 2012, 18:52

Alexis232 a écrit:
Dromaeosaurus a écrit:
Alexis232 a écrit:
Personnellement je suis favorable à une économie dont la concurrence est libre et non faussée

Qu'est-ce que ça veut dire concurrence non faussée ? Que tout le monde doit faire la même chose dans les mêmes conditions ? What the fuck ?!?

ça veut dire que la concurrence est faussé à cause du dumping social,fiscal,monétaire etc...c'est pour cela que des pays comme le Japon la Corée du sud ou les USA pour ne citer que ces pays font du protectionnisme via des normes techniques ou tout simplement des droits de douane.

Oui donc c'est bien ce que je dis. La concurrence, pour vous, ne peut exister que si tout le monde produit dans les mêmes conditions, ce qui revient à supprimer tout ce que la concurrence peut avoir de fécond.

Autant interdire l'importation des bananes africaines ou du pétrôle arabe : nous avons un désavantage pour les concurrencer (dumpage naturel).
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MessageSujet: Re: La recette du succès économique de l’Argentine est la démondialisation.   Lun 23 Avr 2012, 12:47

Sortir du mondialisme, c’est possible : l’exemple de l’Argentine
par Aymeric Chauprade




Le Fonds monétaire international a déploré cette semaine que l’Argentine soit « imprévisible après l’expropriation partielle de la compagnie pétrolière argentine YPF, contrôlée à majorité, jusqu’au 16 avril, par le groupe espagnol Repsol.

Imprévisible ? Non, simplement souveraine ! Le FMI, instrument politico-économique des Etats-Unis, tout comme Washington et Bruxelles ont de plus en plus de mal à se faire à la souveraineté des Etats. Lorsque quelque chose leur échappe, ils appellent cela de l’imprévisibilité.

J’étais en Argentine entre le 24 mars et le 2 avril, date anniversaire des 30 ans de la Guerre des Malouines. Cela m’a permis de me faire mon propre avis sur un pays tant décrié par le FMI et les donneurs de leçon occidentaux. Et j’ai compris pourquoi ce pays était la cible d’une désinformation si forte, qui veut ternir son image et ainsi dissuader les investisseurs de s’y intéresser.

Ce pays est pourtant la seule véritable Europe jamais réussie. L’Argentine c’est même la véritable Europe qui a survécu des ruines de la nôtre. Une nation faite d’Européens avec une culture d’Européens et dont le modèle identitaire n’a rien à voir avec le modèle brésilien que Bruxelles et Washington ont érigé en exemple. Buenos Aires, malgré son immigration andine, reste une ville européenne pour des Européens. L’Argentine est une grande nation, et l’a montré en mettant dehors, seule, le FMI et ses recettes qui n’ont toujours mené qu’à la faillite et à l’asservissement des peuples. Comme la Russie, l’Argentine est tout simplement en train de reconstruire son industrie, de reprendre le contrôle de ses ressources énergétiques et les résultats sont là pour prouver qu’elle suit une voie juste et raisonnable. La seule voie raisonnable même quand on voit où le mondialisme a mené les peuples occidentaux.

La croissance est évidente (le FMI lui concède quand même un taux de croissance de 4,2% pour 2012, mais du bout des lèvres) et il faut être aveugle ou d’une grande mauvaise foi pour ne pas reconnaître que depuis que l’Argentine suit une voie protectionniste et nationaliste (comme la Russie et la Chine), elle va mille fois mieux que lorsqu’elle suivait les recettes libérales et pro-américaines du libano-argentin Menem.

Mais revenons à cet événement capital qu’est la renationalisation d’une grande compagnie d’énergie argentine. Lundi 16 avril , la présidente Cristina Kirchner, une autre dame de fer, sans être le moins du monde impressionnée par les menaces de Madrid, a décidé d’exproprier l’espagnol Repsol de sa filiale argentine YPF qu’il contrôlait à hauteur de 57,4%. Désormais l’Etat argentin et les provinces (en Argentine, Etat fédéral, l’autonomie des provinces est très forte) détiendront 51%. Jeudi 19 avril, soit 3 jours plus tard, l’expropriation à hauteur de 51% était élargie à la compagnie YPF Gas également contrôlée par Repsol

La main mise de Repsol datait d’une époque où l’Argentine a été vendue par des dirigeants libéraux sans scrupules à l’étranger et a rompu, sous Menem, avec ses fondamentaux d’indépendance nationale en se tournant vers les Etats-Unis. Cette politique, suivie de concert avec le FMI, a abouti à la ruine du pays. Seul le retour aux fondamentaux du péronisme, une politique nationale et sociale, a permis d’entamer le redressement du pays, et c’est exactement cette ligne que suit Cristina Kirchner.

Cela faisait plusieurs années que les Kirchner ont demandé de manière insistante à Repsol de faire les investissements nécessaires pour préparer l’avenir énergétique de l’Argentine. Rien n’a été fait. Le groupe espagnol s’est vu donner de nombreuses chances de conserver sa part. Il n’est pas exproprié (il sera compensé de toutes façons) comme cela brutalement, mais au terme de mois de d’avertissements et de discussions. Ces grands groupes mondialistes ont malheureusement une vision de court-terme qui tranche avec la vision de long-terme d’un Poutine en Russie. Celui-ci a repris en main le secteur énergétique précisément pour rendre à la Russie ses ressources et son avenir énergétique.

L’Argentine (comme la Russie évidemment) apporte au monde une preuve supplémentaire que la voie du redressement et de la liberté des peuples passe par l’indépendance nationale et la rupture avec toute l’architecture du mondialisme (FMI, Banque mondiale, Union européenne, OTAN…).

http://blog.realpolitik.tv/2012/04/samedi-21-avril-2012-a-demain/

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