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 La Charité

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MessageSujet: La Charité   Mer 03 Mai 2006, 17:54

Ce sujet est lié au débat sur la guérison, et j'ai ressenti le besoin de le proposer. Espérons que nous apporterons toutes les "nuances" nécessaires..

Si je schématise grandement, je dirai que le bouddhiste n'éprouve de la compassion et n'exerce la charité que dans le but d'accéder plus vite à la "libération" intérieure (vous me reprendrez, si je me trompe), la pratique des vertus morales favorisant cette "libération" ou éveil. Cela n'ôte rien aux sentiments qu'il éprouve, mais la pratique est intéressée.

De surcroît, le cycle des multiples réincarnations - présenté comme inévitable - confère à la vie humaine un caractère sans valeur, du moins de peu de prix. Dans ce cas, à quoi bon secourir celui qui doit "racheter" son karma (ses fautes morales accumulées dans des vies antérieures), c'est lui rendre un très mauvais service!


Or à bien considérer ce qui est avancé sur ce forum, à quoi bon se montrer charitable envers son prochain et selon le Christ, si c'est pour l'empêcher de se purifier et de gagner en humilité? Si nos épreuves sont si formatrices - même occasionnellement -, il ne faut pas en priver notre prochain... Cela remet en question l'action des médecins, et la nécessité de nos prières.

Le christianisme serait-il aussi fataliste que le bouddhisme ou la religion musulmane?

Pourtant, la souffrance est injustifiable, elle est absurde et je pense qu'il faut la combattre à tout prix... avec l'aide de Dieu! Qu'en pensez-vous? Faut-il être un bon Samaritain, ou bien endurer sa souffrance ici-bas, comme une certaine Eglise l'a longtemps enseigné?
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lagaillette



Messages : 4121
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MessageSujet: Re: La Charité   Mer 03 Mai 2006, 19:17

Rolling Eyes

Code:
la souffrance est injustifiable, elle est absurde et je pense qu'il faut la combattre à tout prix... avec l'aide de Dieu! Qu'en pensez-vous? Faut-il être un bon Samaritain, ou bien endurer sa souffrance ici-bas, comme une certaine Eglise l'a longtemps enseigné?

Pour moi, il n'y a pas d'hésitation : "être un bon Samaritain".

C'est vrai qu'une "certaine église" a dénaturé le sens chrétien de la souffrance.

C'est vrai que le rencontre de l'épreuve, de la souffrance, peut être une occasion de grandir. Mais s'il y a quelque chose de positif dans cette rencontre de la souffrance, ce n'est pas la souffrance elle-même, c'est le fait de la combattre, la surmonter.
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Clotilde
Invité



MessageSujet: Re: La Charité   Mer 03 Mai 2006, 20:13

lagaillette a écrit:
C'est vrai que le rencontre de l'épreuve, de la souffrance, peut être une occasion de grandir.

Amen! Thumright


Citation :
Mais s'il y a quelque chose de positif dans cette rencontre de la souffrance, ce n'est pas la souffrance elle-même, c'est le fait de la combattre, la surmonter.

oui, ce qui ne nie pas la nécessité de l'accepter avant toute chose. Idea
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: La Charité   Mer 03 Mai 2006, 21:02

Chère Sylvie, Dans le bouddhisme et dans le christianisme, il y a en commun cette approche de deux types de souffrances:

1° Celle qu'on peut secourir(Exemple: une maladie qu'on peut guérir ou soulager) Alors le Chrétien essaye de la soulager par charité et le bouddhiste par compassion.

2° Celle qu'on ne peut secourir: (Exemple: le fait de devoir mourir un jour) alors chrétiens sont appelés à l'offrir par amour à Dieu et les bouddhistes à s'y soumettre en paix.

De sorte que le fatalisme est simplement accepté en cas de réalisme obligatoire.

C'est l'hindouisme qui, à cause d'une loi du Karma figé dans les castes perpétuelles, est plus totalement FATALISTE et evite l'aide aux malheureux.

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Arnaud
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MessageSujet: Re: La Charité   Mer 03 Mai 2006, 21:51

Merci, Lagaillette, pour le choix du bon Samaritain! Et pour le combat de toute souffrance..., c'est sans doute ce qui fait notre dignité et notre grandeur : assister ceux qui sont dans l'épreuve, communier avec le coeur. I love you

Si je comprends bien, Arnaud, en place de la résignation d'un hindouiste, par exemple, qui mène au fatalisme et à la désespérance, le chrétien propose l'acceptation - évoquée par Clotilde - en toute connaissance de cause (celle de la nature de Dieu : la pauvreté, l'extrême dépouillement), et surtout par amour pour Dieu , comme vous le dites si justement ; si cela ne saurait donner un sens à la souffrance, cela permet de l'assumer librement... Et la liberté nous permet de demeurer dignes, c'est-à-dire, des êtres humains à part entière! Very Happy. J'en conclus que ceux qui prétendent "mourir dans la dignité" en mettant fin eux-mêmes à leur existence, ceux-là ne sont ni aimants, ni libres (?). Sad
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: La Charité   Jeu 04 Mai 2006, 06:57

Citation :
J'en conclus que ceux qui prétendent "mourir dans la dignité" en mettant fin eux-mêmes à leur existence, ceux-là ne sont ni aimants, ni libres (?).

Ils peuvent être aimants et libres, mais ils n'ont pas compris le sens formateur que peut avoir ls dernière semaine de vie, portée par les soins palliatifs.

Souvent, c'est une conséquence de l'athéisme actuel (spéculatif ou pratique): Pourquoi souffrir s'il n'y a rien après?

quand ce sont des chrétiens, il arrive souvent que le sens de la joie ait été intégré, mais pas celui de la croix.

Arrivé de l'autre côté, ceux qui se sont euthanasié comprennent à mon avis, qu'il y a eu erreur objective de leur part. Mais ils ne savaient pas, ils sont donc évidement pardonnés. Ils apprennent souvent dans d'autres purgatoires ce qu'aurait du leur apprendre l'expérience de leurs dernières semaines de vie.

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Arnaud
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Jean-Yves Tarrade



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MessageSujet: Re: La Charité   Jeu 04 Mai 2006, 07:18

Citation :
Faut-il être un bon Samaritain, ou bien endurer sa souffrance ici-bas, comme une certaine Eglise l'a longtemps enseigné?

Chère Fanny, il y a 2 petits pièges dans ta question !

1. "Etre un bon Samaritain" concerne notre rapport aux autres.
"Endurer sa souffrance" concerne notre rapport à nous même.
Les deux ne sont donc pas inconciliables.
Par contre, il est vrai qu’une mauvaise approche de notre propre souffrance peut nous faire passer à côté de l’essentiel : la compassion.

2. Il ne faut pas faire le procès d’une "certaine" Eglise.
L’Eglise est un berger qui conduit le peuple de Dieu avec 2 bâtons.
Un bâton pastoral et un bâton doctrinal.
Une maman ne dit pas la même chose à son enfant lorsqu’il a 5 ans, 10 ans, 15 ans, 20 ans. Pourtant à chaque fois elle dit ce qu’il faut dire dans un contexte précis.
A 20 ans toute la vérité (doctrine) est dite mais au fil de l’éducation (pastorale) elle a pris diverses formes.
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MessageSujet: Re: La Charité   Jeu 04 Mai 2006, 13:58

Cher Arnaud, je comprends la logique des athées qui euthanasient, mais celle des chrétiens... On dirait que rien n'est plus difficile à intégrer que "le sens de la croix", que tu évoques ; il y a de quoi, et c'est ce qui m'interpelle ici : présenter la souffrance (la nôtre comme celle d'autrui) et l'épreuve comme des "passages obligés", sans les relier sans cesse à l'amour et à la joie, cela risque d'en faire se rebeller - et de dégoûter - plus d'un!

Tu dis que les souffrances endurées favorisent notre cheminement vers le salut, je le crois ; ce sur quoi il faudrait mettre l'accent, à mon avis, c'est sur la joie sans nom, indicible, qui accompagne toute épreuve vécue en et pour Dieu. Insister sur la joie, c'est dévoiler pleinement l'étendue de l'Amour divin, le Christ qui nous "porte" à chaque instant, et c'est vaincre la peur et l'angoisse que peuvent susciter la réalité ou la perspective des souffrances humaines... Le chemin du salut est inséparable de la joie!

Tu as raison, Jean-Yves, je me suis mal exprimée ; je voulais dire : faut-il se comporter comme le bon Samaritain, ou bien faut-il laisser son prochain à sa souffrance?

"Une certaine Eglise", janséniste, a laissé une empreinte durable dans l'âme de ses fidèles ; elle enseignait : vous êtes ici-bas pour souffrir, c'est une fatalité, vous n'y pouvez rien, vous ne serez heureux que dans le Royaume, la vie terrestre est un calvaire, etc. C'est cet aspect univoque de la Croix que je conteste ; Dieu est la Vie, parce que l'Amour, et la joie, par conséquent ; dans l'abysse de la douleur, on trouve encore la joie, pour autant que notre regard ne quitte pas la Croix.

Je comprends que l'Eglise, vivante, évolue, et que son enseignement (pastoral) se renouvelle avec les transformations des sociétés ; il ne faut donc pas demeurer sur des erreurs, mais "rectifier le tir" afin de mieux évangéliser, c'est ce que je voulais dire en parlant d'Amour et de joie. sunny
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Arnaud Dumouch
Administrateur


Masculin Messages : 80862
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MessageSujet: Re: La Charité   Jeu 04 Mai 2006, 14:56

Citation :
Cher Arnaud, je comprends la logique des athées qui euthanasient, mais celle des chrétiens... On dirait que rien n'est plus difficile à intégrer que "le sens de la croix", que tu évoques ; il y a de quoi, et c'est ce qui m'interpelle ici : présenter la souffrance (la nôtre comme celle d'autrui) et l'épreuve comme des "passages obligés", sans les relier sans cesse à l'amour et à la joie, cela risque d'en faire se rebeller - et de dégoûter - plus d'un!

Tu dis que les souffrances endurées favorisent notre cheminement vers le salut, je le crois ; ce sur quoi il faudrait mettre l'accent, à mon avis, c'est sur la joie sans nom, indicible, qui accompagne toute épreuve vécue en et pour Dieu. Insister sur la joie, c'est dévoiler pleinement l'étendue de l'Amour divin, le Christ qui nous "porte" à chaque instant, et c'est vaincre la peur et l'angoisse que peuvent susciter la réalité ou la perspective des souffrances humaines... Le chemin du salut est inséparable de la joie!

Oui, chère Fanny, je me suis mal exprimé.

1° Je parlais d'abord de la souffrance QU'ON NE PEUT EVITER. Il serait présomptueux et fou de refuser tous les analgésiques (péridurale pour l'accouchement, morphine pour les souffrances physiques).

2° D'autre part, la souffrance qu'on ne peut pas éviter, c'est principalement l'absence de visite de certains des siens, et le fait de ne plus contrôler son corps, puis de mourir. Et celle là doit être vécues, pour un chrétien, dans LA JOIE suivante: IL REVIENT DANS QUELQUES JOURS, il vient me chercher. Et il ne vient pas seul: il y aura mon mari, ma mère, mon père, mes grand-patrent, Marie, les anges". C'est la joie de l'ESPERANCE.

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Arnaud
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MessageSujet: Re: La Charité   Jeu 04 Mai 2006, 15:53

Merci, Arnaud, nous sommes tout à fait d'accord ; la joie de l'espérance transparaît nettement dans la parabole de l'Enfant prodigue : le Père éternel attend et espère le retour de son enfant, qu'Il a laissé libre de partir ; il espère sa conversion, la reconnaissance des véritables biens...

Je peux témoigner que le fait d'accompagner une personne malade et en fin de vie est une expérience incroyablement enrichissante : le Christ est très présent au coeur des échanges affectueux qui s'effectuent..., peut-être parce que "le masque tombe", et parce que la fin de vie, c'est encore la vie, c'est surtout la vie, c'est la vie plus précieuse que jamais!

Il ne faut à aucun prix manquer une telle rencontre, à mon avis. J'en conclus que la charité est primordiale ; ce n'est pas charité que d'aider quelqu'un à mourir, mais c'est charité que de lui dire "Tu es plus vivant que jamais!"... (cf "Tu as du prix à mes yeux.").
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