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 La loi de gradualité en morale d'après le Magistère

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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: La loi de gradualité en morale d'après le Magistère   Ven 30 Sep 2011 - 19:16

La loi de gradualité

p. Tanguy Marie Pouliquen, Suivre sa conscience, Emmanuel, 2005, p. 195-200

Comment aider une personne qui de manière répétitive, chronique, vole, ment, trompe son épouse, blasphème, éclate de colère, est violente, etc ? Comment se situer par rapport à des situations, des actes, que l’on ne contrôle pas, qui sont plus forts que nous ? Il arrive parfois qu’il n’est pas possible, réellement, indépendamment de toute mauvaise volonté, de faire le bien tout de suite dans sa plénitude : arrêter d’être grossier, insulter son voisin, taper ses enfants, regarder des films pornos, mener une double vie, etc. Tout changer d’un coup est souvent difficile, voire impossible. Sur ce chemin du mal au bien, il y a un pas à pas nécessaire que seul le temps, la bonne volonté, le secours de la grâce de Dieu, permet d’accomplir. A vouloir tout modifier subitement grandit un sentiment de culpabilité écrasant qui paralyse. Il est bon parfois d’avancer graduellement.
La loi de gradualité signifie que l’homme est traversé par une loi de croissance, un processus dynamique, une progression pédagogique, son être est en chemin dans sa recherche du bien. Le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi rendait compte à ses diocésains de Munich des propositions du synode romain sur la « Famille chrétienne » (1980) en ces termes :
Citation :
« La loi de ‘gradualité’ est, sous cette forme, une idée nouvelle du Synode, devenue l’une de ses perspectives les plus profondes, et qui demeure présente dans toutes les questions particulières. Avec cette idée de ‘gradualité’ est abordé le thème de ‘l’être en chemin’, concrétisé au niveau de la connaissance et de la pratique morale. On déclare que la voie chrétienne toute entière est une ‘conversion’ qui se produit à travers des pas progressifs. Elle est un processus dynamique, qui progresse peu à peu vers l’intégration des dons de Dieu et des exigences de son amour absolu et définitif… C’est pourquoi s’impose une progression pédagogique, de manière que les chrétiens, à partir de ce qu’ils ont déjà reçu du mystère du Christ, soient conduits avec patience vers une connaissance plus pleine de ce mystère, et vers sa plus pleine intégration dans leur vie et leur comportement. Ainsi il pourra arriver que, dans l’esprit de l’amour et de la crainte de Dieu, mais sans trouble, le cœur et la vie de l’homme, grâce à la libération progressive de l’esprit et du cœur, s’ouvrent tout entier au Christ »[ J. RATZINGER, Documentation Catholique, 1981, p. 387-388.].
Chacun se dirige vers la perfection du bien à des rythmes différents. La loi de gradualité permet une application progressive de la morale. Elle n’est néanmoins pas une loi morale, mais une loi pastorale : « elle désigne les lois de croissance qui commandent toute vie humaine et qui supposent le passage par des degrés encore marqués par l’imperfection […] En d’autres termes, la loi de gradualité désigne le chemin qui graduellement conduit au respect de la norme, la voie graduelle qui, d’étape en étape, mène à l’accomplissement des normes éthiques »[ O. BONNEWIJN, Morale sexuelle et familiale. Cours. Bruxelles, Institut d’Etudes Théologiques, 2002, p. 76.].
La loi de gradualité vise à un éveil de la conscience morale qui tente d’éviter tout découragement à mettre en œuvre l’idéal proposé et de répondre à la parole de S. Paul : « Vouloir le bien est à ma portée mais non pas l’accomplir » (Rm 7, 18). Cette loi vise à une maturation de la vie morale à partir d’un cheminement personnel : « la notion de gradualité s’applique au cheminement existentiel de croissance des personnes »[ L. MELINA, « La loi de gradualité : questions pédagogiques et pastorales », Amour conjugal et vocation à la sainteté, Ed. de l’Emmanuel, Paray-le-Monial, 2002, p. 220.].

Un pont entre la théorie et la vie pratique

« La mise en lumière de cette loi répond à une sérieuse difficulté rencontrée par l’Eglise. Ces trente dernière années en effet, un fossé considérable s’est creusé entre son enseignement moral et la conscience privée de nombreux fidèles, surtout en ce qui concerne l’éthique sexuelle : l’indissolubilité du mariage sacramentel, la question des divorcés remariés, les relations préconjugales, la cohabitation juvénile, l’homosexualité, la contraception […] La conscience de certains fidèles accepte difficilement, ou n’accepte pas du tout, les normes rappelées par l’Eglise à travers son Magistère. Celles-ci sont jugées impossibles à mettre en pratique, ou même aliénantes et déshumanisantes. Par rapport à celles-ci, de nombreuses consciences sont devenues indifférentes ou hostiles. Plus grave, elles sont entrées dans une sorte de méconnaissance partielle ou totale, laissant aux médias le soin de les ‘informer’. Dans ce contexte difficile, la notion de gradualité de la loi entend contribuer à jeter un pont entre ‘théorie’ et ‘pratique’, entre vérité morale et histoire personnelle »[ O. BONNEWIJN, Morale sexuelle et familiale, op. cit., p. 76. L’auteur renvoie à A. YOU, La loi de gradualité : une nouveauté morale ? Fondements théologiques et applications, Paris, Lethielleux, 1991, p. 12s.].

Comment comprendre la position de l’Eglise ? Celle-ci n’est pas d’abord là pour sanctionner la vie chrétienne, mais afin la faire grandir. Son rôle est d’encourager chacun sur le chemin de la sainteté en respectant les étapes[ Ces étapes ne sont pas toujours nécessaires, car il est parfois possible de faire directement le bien dans sa plénitude, d’emblée, ce qui est d’ailleurs recommandé.] qui le balisent. La vie chrétienne est une croissance qui suppose le passage par des degrés divers encore marqués par l’imperfection. Mais l’étape graduelle n’élimine pas la perfection de la loi, la position de l’Eglise est claire à ce sujet : « la loi de gradualité n’enlève pas à la loi son exigence, elle n’est pas la gradualité de la loi ». La foi catholique ne met pas en doute le sens profond de la loi, car elle exprime le plus grand le bien pour la personne, toujours à réaliser dans des choix concrets.
La loi de gradualité ne remet pas en cause le caractère impératif de la loi, mais elle permet l’éveil progressif de la conscience. Dans un article sur ce sujet[ Cf. P. EYT, La loi de gradualité et la formation des consciences, documents de l’Episcopat français, n° 17, décembre 1991.], l’ancien archevêque de Bordeaux, le cardinal Eyt, précisait que la loi de gradualité ou « voie graduelle » prend en compte les exigences de la formation de la conscience morale en formalisant les étapes nécessaires à son épanouissement : « il est incontestable que l’on est responsable par sa conscience et devant elle, on est aussi responsable de sa conscience et d’une certaine façon de la conscience des autres ». Néanmoins, cette approche graduelle n’enlève pas à la loi son exigence, car le bien de la personne a une valeur impérative. Il ne faut pas assimiler la gradualité de sa vie à la loi morale.
Jean-Paul II, lors de la clôture du synode de 1980 sur la famille, affirmait en ce sens : « la loi de la gradualité n’est pas la gradualité de la loi ». Mgr P. Eyt commente cette affirmation : « il serait téméraire de tirer d’une proposition générale des applications qui concerneraient directement la régulation des naissances. Le pape précise : « on ne peut accepter le processus graduel, sinon de la part de celui qui s’efforce avec sincérité d’observer la loi divine ». C’est pourquoi il est nécessaire, dit l’archevêque de Bordeaux, « de revenir le plus rapidement possible à l’application de la loi », car l’Eglise ne proportionne pas la loi divine aux forces supposées des personnes : « la loi de gradualité ne peut être présentée comme une loi d’excuse, d’accommodation ». Comment appliquer cette loi à la morale sexuelle de l’Eglise ? Rappelons que l’Eglise par principe s’oppose aux méthodes de contraception artificielle.
La loi de gradualité peut apporter un regard libérateur aux problèmes de la sexualité en favorisant une œuvre de libération de la personne dans un climat de confiance, de dialogue profond, et non d’angoisse, toujours dans le but « d’acheminer vers la perfection de l’amour ». La loi morale est au service de la croissance de la vie. Ce n’est que
Citation :
« peu à peu que l’être humain arrive à hiérarchiser intérieurement ses tendances multiples jusqu’à les ordonner harmonieusement en vertu de cette chasteté conjugale […]. Cette œuvre de libération, car cela en est une, est le fruit de la vraie liberté des enfants de Dieu, dont la conscience demande à la fois d’être respectée, éduquée et formée, dans un climat de confiance et non d’angoisse, où les lois morales, loin d’avoir la froideur inhumaine d’une objectivité abstraite sont là pour guider le couple dans son cheminement »[ PAUL VI, « Aux équipes Notre-Dame », Documentation Catholique, 7 juin 1970, n° 502-506.].
La notion de gradualité insère positivement celle du dynamisme dans les problèmes de fécondité. Elle les présente avant tout comme un appel à la vérité et à l’amour vécu dans une vision intégrale de l’homme. Dans l’exhortation apostolique Familiaris consortio (sur les tâches de la famille chrétienne dans le monde d’aujourd’hui) Jean-Paul II met en évidence cette vision dynamique de la personne humaine : « C’est pourquoi un cheminement pédagogique de croissance est nécessaire pour que les fidèles […] soient conduits jusqu’à une conscience plus riche et une intégration plus pleine de ce mystère dans leur vie »[ JEAN-PAUL II, Familiaris consortio, Exhortation apostolique, 1981, n° 34, 4.]. Ce cheminement n’élimine pas la rencontre de grandes difficultés que la foi, la prière aident à dépasser.
L’exigence de la loi et la prière
Beaucoup de personnes font l’expérience de leur impuissance dans l’application de la loi morale. Cette expérience, loin d’être un obstacle à l’application de la loi, est en fait un levier. Elle permet de reconnaître humblement notre faiblesse et nous pousse à demander l’aide de Dieu. Jésus reconnaît l’incapacité de réaliser par soi-même la loi : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pour Dieu, tout est possible » (Mt 19, 25). Seule la grâce, la présence de Dieu, peut aider l’homme à faire le bien comme Dieu le veut. Le cardinal J.-M. LUSTIGER affirme en ce sens : « Ce n’est que dans la grâce, dans l’humble accueil du don de la présence du Seigneur, que le commandement de Jésus n’apparaît plus comme une terrible exigence qui fait mourir, mais comme un don de vie »[ J.-M. LUSTIGER, Commentaire de Familaris consortio.]. La difficulté devant le bien à mettre en œuvre nous ouvre les portes royales de la prière où l’homme puise sans compter des forces en Dieu.
A la suite de l’encyclique sur la morale sexuelle et familiale, Humanae vitae, les évêques français avaient déclaré : « la contraception ne peut jamais être un bien. Elle est toujours un désordre, mais ce désordre n’est pas toujours coupable […]. Que les époux n’en concluent jamais qu’ils sont dispensés de tout effort ». Les chrétiens marchent d’abord à la suite du Christ. Si l’Eglise dit non aux déviations de la sexualité contemporaine, c’est parce qu’elle dit oui à une sexualité profondément humaine et vécue dans un véritable amour. Le terme de « gradualité » signifie que tout homme est en chemin de conversion. Celui-ci poursuit une voie graduelle de construction de soi :
Citation :
« jour après jour, il se construit par ses choix nombreux et libres. Ainsi il connaît, aime et accomplit le bien moral, en suivant les étapes d’une croissance »[ Familiaris consorio, n° 9.].
En suivant sa conscience sous le regard de la loi, l’être humain devient plus humain. Le bien fait du bien !


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Arnaud
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MessageSujet: Re: La loi de gradualité en morale d'après le Magistère   Sam 1 Oct 2011 - 0:22

DE LA CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI SUR LA BANALISATION DE LA SEXUALITÉ A PROPOS DE CERTAINES INTERPRÉTATIONS DE "LUMIÈRE DU MONDE"

21 décembre 2010



A l’occasion de la publication du livre d’entretiens de Benoît XVI, Lumière du monde, ont été diffusées diverses interprétations erronées, qui ont semé la confusion au sujet de la position de l’Eglise catholique sur certaines questions de morale sexuelle. La pensée du Pape a été souvent instrumentalisée à des fins et à des intérêts sans lien avec le sens de ses paroles, alors qu’elle se comprend très bien quand on lit dans leur intégralité les chapitres où il est fait allusion à la sexualité humaine. L’intention du Saint-Père est claire: retrouver la grandeur du dessein de Dieu sur la sexualité, en évitant sa banalisation aujourd’hui courante.

Certaines interprétations ont présenté les paroles du Pape comme des affirmations en contradiction avec la tradition morale de l’Eglise; cette hypothèse a été saluée comme un tournant positif par certains; d’autres, en revanche, ont manifesté leur inquiétude, comme s’il s’agissait d’une rupture avec la doctrine sur la contraception et avec l’attitude de l’Eglise dans la lutte contre le sida. En réalité, les paroles du Pape qui font allusion en particulier à un comportement gravement désordonné, en l’occurrence la prostitution (cf. Lumière du monde, pp. 159-161), ne modifient ni la doctrine morale, ni la pratique pastorale de l’Eglise.

Comme il ressort de la lecture du passage en question, le Saint-Père ne parle ni de morale conjugale, ni même de norme morale sur la contraception. Cette norme, traditionnelle dans l’Eglise, a été reprise en des termes très précis par le Pape Paul VI au n. 14 de l’encyclique Humanae vitae, quand il écrit: «Est exclue également toute action qui, soit en prévision de l’acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation». L’idée qu’on puisse déduire des paroles de Benoît XVI qu’il est licite, dans certains cas, de recourir à l’usage du préservatif pour éviter les grossesses non désirées, est tout à fait arbitraire et ne correspond ni à ses paroles ni à sa pensée. A ce sujet, le Pape propose au contraire des chemins humainement et éthiquement viables, sur lesquels les pasteurs sont appelés à travailler «plus et mieux» (Lumière du monde, p. 194), c’est-à-dire des chemins qui respectent pleinement le lien insécable du sens unitif avec le sens procréatif de chaque acte conjugal, grâce au recours éventuel aux méthodes naturelles de régulation de la fécondité en vue d’une procréation responsable.

En ce qui concerne le passage en question, le Saint-Père se référait au cas totalement différent de la prostitution, comportement que la morale chrétienne a toujours considéré comme un acte gravement immoral (cf. Concile Vatican II, Constitution pastorale Gaudium et spes, 27; Catéchisme de l’Eglise Catholique, 2355). Au sujet de la prostitution, la recommandation de la tradition chrétienne tout entière - et pas seulement la sienne -, peut se résumer dans les paroles de saint Paul: «Fuyez la fornication» (1 Co 6, 18). La prostitution doit donc être combattue, et les organismes d’aide de l’Eglise, de la société civile et de l’Etat, doivent travailler pour libérer les personnes impliquées.

A ce propos, il convient de relever que la situation qui s’est créée, par suite de la propagation actuelle du sida dans de nombreuses régions du monde, a rendu le problème de la prostitution encore plus dramatique. Celui qui se sait infecté par le VIH et donc susceptible de transmettre l’infection, commet non seulement un péché grave contre le sixième commandement, mais aussi un autre contre le cinquième, puisqu’il met sciemment en danger la vie d’une autre personne, ce qui a également des répercussions sur la santé publique. A cet égard, le Saint-Père affirme clairement que les préservatifs ne constituent pas la «solution véritable et morale» au problème du sida et aussi que «la seule fixation sur le préservatif représente une banalisation de la sexualité», parce qu’on ne veut pas faire face à l’égarement humain qui est à la base de la transmission de la pandémie. Par ailleurs, il est indéniable que celui qui recourt au préservatif dans le but de diminuer le risque pour la vie d’une autre personne, entend réduire le mal lié à son comportement désordonné. En ce sens, le Saint-Père note que le recours au préservatif, «dans l’intention de réduire le risque de contamination, peut cependant constituer un premier pas sur le chemin d’une sexualité vécue autrement, une sexualité plus humaine». Cette observation est tout à fait compatible avec l’autre affirmation du Saint-Père: «Ce n’est pas la véritable manière de répondre au mal que constitue l’infection par le virus VIH».

Certains ont interprété les paroles de Benoît XVI en recourant à la théorie de ce qu’on appelle le «moindre mal». Cette théorie, toutefois, est susceptible d’interprétations déviantes de caractère proportionnaliste (cf. Jean-Paul II, Encyclique Veritatis splendor, nn. 75-77). Une action mauvaise par son objet, même s’il s’agit d’un moindre mal, ne peut être licitement voulue. Le Saint-Père n’a pas dit que la prostitution avec recours au préservatif pouvait être licitement choisie comme un moindre mal, comme certains l’ont soutenu. L’Eglise enseigne que la prostitution est immorale et doit être combattue. Celui qui, pourtant, en la pratiquant, tout en étant infecté par le VIH, s’emploie à réduire le risque de contamination, y compris par l’utilisation du préservatif, peut accomplir un premier pas vers le respect de la vie des autres, même si le mal de la prostitution demeure dans toute sa gravité. Ces jugements sont en harmonie avec tout ce que la tradition théologico-morale de l’Eglise a soutenu aussi par le passé.

En conclusion, dans la lutte contre le sida, les membres et les institutions de l’Eglise catholique savent qu’ils doivent rester proches des personnes, en soignant les malades; ils savent aussi qu’ils doivent former tout le monde à vivre l’abstinence avant le mariage et la fidélité au sein de l’alliance conjugale. A cet égard, il faut également dénoncer les comportements qui banalisent la sexualité, car comme le dit le Pape, ils sont justement à l’origine d’un phénomène dangereux: bien des personnes ne perçoivent plus dans la sexualité l’expression de leur amour. «C’est la raison pour laquelle le combat contre la banalisation de la sexualité est aussi une partie de la lutte menée pour que la sexualité soit vue sous un jour positif, et pour qu’elle puisse exercer son effet bénéfique dans tout ce qui constitue notre humanité» (Lumière du monde, p. 160).


Dernière édition par Paco le Sam 1 Oct 2011 - 0:42, édité 1 fois
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: La loi de gradualité en morale d'après le Magistère   Sam 1 Oct 2011 - 0:25

salut

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MessageSujet: Re: La loi de gradualité en morale d'après le Magistère   Sam 1 Oct 2011 - 0:30

Et votre position est exactement la même, cher Arnaud, sauf que vos contradicteurs ne veulent pas comprendre!
Ils se conduisent comme les médias! Ils font de la gradualité la règle, ils font de l'exception, la généralité....
bref c'est consternant
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MessageSujet: Re: La loi de gradualité en morale d'après le Magistère   Sam 1 Oct 2011 - 1:08

Arnaud Dumouch a écrit:
... En suivant sa conscience sous le regard de la loi, l’être humain devient plus humain. Le bien fait du bien !


Bonjour Arnaud,

Il était temps que l’église prenne conscience que le chemin vers Dieu est graduel. Cela fait des décennies que l’expression « évolution spirituelle » est sur toutes les lèvres.

Mais la gradualité implique la relativité. Ce qui demandera un très long parcours pour certains sera accompli très rapidement par d’autres. A partir de quel degré de péché sommes-nous dignes d’entrer dans le royaume des cieux ? Si une « sainte personne » est suffisamment pure aux yeux de Dieu, mais qu’elle s’en trouve toujours indigne, elle ne pourra jamais accéder au bonheur promis car elle sera éternellement tiraillée par sa conscience. Est-ce que l’accession au paradis nécessite une pureté parfaite ? N’est-ce pas devenir Dieu lui-même ? Est-ce possible et combien de temps cela prend-il ?

Tania
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: La loi de gradualité en morale d'après le Magistère   Sam 1 Oct 2011 - 1:15

Chère Tania, Tout le travail d'explication consiste à montrer que la gradualité n'implique pas la relativité mais doit toujours être considérée à la lumière du but final, que montrent Jésus et le Magistère.

Il faut cependant comprendre que cette perfection n'est accessible qu'on parvis du Ciel et uniquement quand l'homme atteint ces trois qualités :


1° L'humilité d'un coeur brisé, qui ne s'estime pas supérieur aux autres, qui se sait pécheur. C'est que Jean a prêché dans son baptême de repentir. Et cela, un toxicomane qui s'est lié à ce maître dominateur qu'est la drogue l'a. Il sait d'expérience sa misère.

2° L'amour d'un coeur assoiffé. Ca c'est le baptême de Jésus. Et il est certain que Dieu vient immédiatement dans un coeur ainsi détruit: "Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé", dit Saint Paul. De plus, très souvent, les toxicomanes ne le font que parce que le vrai Dieu leur manque.

3° Les vertus morales sont aimées de Dieu, mais lorsqu'elles sont des fruits des deux premières. Lorsqu'elle sont possédées en elles-mêmes, elles sont souvent source de fierté, voire d'orgueil. Les toxicomanes ne sont pas vertueux. Eh bien, c'est pour eux que le Seigneur est venu.

Conclusion: plus on connaît Dieu, et plus on voit que le salut éternel est souvent plus rapidement au bout du chemin de celui qui était pauvre sur terre, sans illusion sur lui que de celui qui a atteint une perfection complète des vertus morales.

Mais attention, il y a un risque dans ce que je dis et que dénonce saint Paul:
Citation :
Romains 6, 1 Que dire alors? Qu'il nous faut rester dans le péché, pour que la grâce se multiplie? Certes non! Si nous sommes morts au péché, comment continuer de vivre en lui?

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Arnaud
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