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 Le délicat voyage du Pape en Allemagne

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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 09:51



De notre envoyé spécial à Berlin.

Citation :
Après la marmite madrilène et ses 39°C de température du mois d'août, Benoît XVI arrive aujourd'hui dans un chaudron théologique agité, où la fougue des JMJ est remplacée par une contestation rugueuse à l'intérieur et à l'extérieur de l'Église catholique.

Le Pape est pourtant sur son propre sol, l'Allemagne, qu'il visite pour la troisième fois depuis son élection en 2005. À 84 ans, il y séjourne jusqu'à dimanche, avec un programme très chargé, assorti de dix-huit discours. Ce qui en fait le voyage le plus dense de son pontificat, avec celui en Terre sainte, de mai 2009.
Trois défis

La veille de son départ, à Rome, la préoccupation majeure ne portait pas sur la santé du Pape ou sur sa capacité à absorber ce voyage, qui a été préparé avec un soin tout particulier, mais sur le contexte peu accueillant de ce déplacement. Ce qui laisse apparaître au moins trois défis aux yeux du Saint-Siège.
Le premier est d'ordre théologique et dépasse les frontières de l'Allemagne, pour épouser, avec la Suisse et l'Autriche, toute la zone germanophone. Les Autrichiens viennent de le vivre avec «l'appel à la désobéissance» lancé par le prêtre catholique Helmut Schueller - suivi par 400 prêtres - qui demande notamment le mariage des prêtres et l'ordination de femmes. Le cardinal de Vienne, Christophe Schönborn, a parlé de «risque de schisme».

L'Église allemande est travaillée au premier chef par ces mêmes questions, portées par le puissant mouvement contestataire «Nous sommes l'Église», au point que le président de la conférence des évêques, Mgr Robert Zollitsch, a lancé un processus de «dialogue national» en juillet dernier à Mannheim. Cet évêque, pourtant orthodoxe en sa doctrine, estime par exemple que la position de l'Église de rejet des divorcés remariés n'est plus tenable.

Il n'y a pas d'Église catholique dans le monde où le débat théologique sur le fond soit aussi ouvert et radical qu'en Allemagne, mais l'entourage de Benoît XVI a déjà prévenu que le Pape, «très informé» de cette contestation, n'aborderait pas de front ces questions brûlantes, car «trop techniques» pour être traitées dans le cadre d'un voyage.

Le second défi est d'ordre ecclésial, puisqu'il touche directement les relations avec le monde protestant. Benoît XVI, qui a beaucoup travaillé ce thème au cours de sa vie, a d'ailleurs souhaité que l'étape «protestante» du voyage, Erfurt, ne soit pas une halte de quelques heures, comme initialement prévu, mais une vraie journée où il va rencontrer les responsables luthériens et protestants allemands. Pas d'annonce fracassante en vue, insiste-t-on à Rome, mais la volonté de ce Pape théologien de cultiver un lien intellectuel et spirituel avec les «frères séparés», qui pèsent presque autant que les catholiques outre-Rhin, estimés à 30% de la population.

Enfin, le troisième défi vu de Rome, peut-être le plus difficile, est d'ordre culturel et politique.
Certes, Benoît XVI va soutenir la responsabilité européenne de l'Allemagne, mais ce voyage est décisif quant à l'image de l'Église catholique dans ce pays. Celle-ci a été lacérée, la confiance perdue, après le scandale fracassant, il y a deux ans, de prêtres et religieux pédophiles. C'est d'Allemagne que cette crise était partie, et ses conséquences se font toujours sentir. Notamment par des départs massifs de catholiques qui décident de quitter l'Église. Ce qui est mesurable avec l'impôt cultuel: entre 2009 et 2010, les départs ont augmenté de 40% ! Soit 180.000 par an. Une tendance lourde qui inquiète Rome.

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Arnaud
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 13:17

Que Dieu veille sur le Saint-Père !
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 13:37

Le Pape a été applaudi pendant plusieurs minutes à son arrivée

Extrait de son discours à l'aéroport :

"Même si ce voyage est une Visite officielle qui renforcera les bonnes relations entre la République Fédérale d'Allemagne et le Saint-Siège, je ne suis venu pas ici avant tout pour poursuivre des intérêts politiques ou économiques déterminés, comme le font justement d'autres hommes d'État, mais pour rencontrer les personnes et parler de Dieu. Envers la religion, nous assistons à une indifférence croissante dans la société qui, dans ses décisions, considère la question de la vérité plutôt comme un obstacle, et donne au contraire la priorité aux considérations utilitaristes.

Il est pourtant nécessaire d'avoir une base contraignante pour notre cohabitation, autrement chacun ne vit plus que pour son individualisme. La religion est un de ces fondements pour un être ensemble réussi. « De même que la religion a besoin de la liberté, de même la liberté a besoin de la religion ». Ces paroles du grand évêque et réformateur social Wilhelm von Ketteler, dont le deuxième centenaire de la naissance est célébré cette année, sont encore actuelles. La liberté a besoin d'un lien qui s'origine dans une instance supérieure. Le fait qu'il existe des valeurs qui ne sont pas manipulables par rien ni par personne, est la vraie garantie de notre liberté. L'homme qui se sent obligé au vrai et au bien, sera aussitôt d'accord avec ceci : la liberté se développe seulement dans la responsabilité pour un bien supérieur. Un tel bien existe seulement pour tous ensemble ; je dois donc m'intéresser aussi à mes proches. La liberté ne peut être vécue en l'absence de relation.

Dans le vivre ensemble humain la liberté n'est pas possible sans la solidarité. Ce que je fais au détriment des autres n'est pas liberté mais une action répréhensible qui nuit aux autres et aussi à moi-même. Je peux me réaliser vraiment comme personne libre, seulement si j'utilise mes forces aussi pour le bien des autres. Cela vaut non seulement pour le domaine privé mais aussi pour la société. Selon le principe de subsidiarité, la société doit donner un espace suffisant aux plus petites structures pour leur développement et doit en même temps les soutenir de telle sorte qu'un jour elles puissent aussi être autonomes."

Michel Janva

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Fox77



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 14:53

Comment comprenez vous que 400 prêtres catholiques puissent aller contre des fondements de l'église romaine ?
Pourquoi est ce que le pape n'affirme pas tout simplement qu'on ordonnera pas de femmes ? Ces prêtres étant catholiques romains, ils n'auront plus qu'a se ranger à la suite de leur pape, non ?
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 16:11

Fox77 a écrit:
Comment comprenez vous que 400 prêtres catholiques puissent aller contre des fondements de l'église romaine ?
Pourquoi est ce que le pape n'affirme pas tout simplement qu'on ordonnera pas de femmes ? Ces prêtres étant catholiques romains, ils n'auront plus qu'a se ranger à la suite de leur pape, non ?

Ils n'ont qu'à lire ceci:

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_letters/documents/hf_jp-ii_apl_22051994_ordinatio-sacerdotalis_fr.html

Dont j'extrait un passage on ne peut plus clair:

Citation :
"C'est pourquoi, afin qu'il ne subsiste aucun doute sur une question de grande importance qui concerne la constitution divine elle-même de l'Église, je déclare, en vertu de ma mission de confirmer mes frères (cf. Lc 22,32), que l'Église n'a en aucune manière le pouvoir de conférer l'ordination sacerdotale à des femmes et que cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles de l'Église."
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Fox77



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 16:19

Alors c'est clair... Peut on dire que cette déclaration est infaillible ? Cela signifierai donc que c'est une prise de position délibérée contre le pape et son magistère... 400 nouveaux protestants alors... Shocked
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 16:24

Le pape invoque la mission donnée à Pierre de confirmer ses frères, c'est donc une parole reposant sur du solide utilisée ici. Et l'infaillibilité prévaut en matière de foi et de moeurs, donc c'est très grave d'aller à l'encontre de ça.
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 16:36

maxime a écrit:
Simon1976 a écrit:
Le pape invoque la mission donnée à Pierre de confirmer ses frères, c'est donc une parole reposant sur du solide utilisée ici. Et l'infaillibilité prévaut en matière de foi et de moeurs, donc c'est très grave d'aller à l'encontre de ça.

C'est très grave par rapport à quoi exactement? A part l'unité de l'Eglise catholique, et encore.

Contester les enseignements infaillibles de l'Église au sujet de la foi et de la morale, c'est contester l'autorité conférée à Pierre par le Christ. Ça commence à être sérieux !
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Abenader



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 16:40

C'est pastoral...

ça peut changer en fonction des époques...
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 16:41

Ce qui relève de l'infaillibilité n'est-il pas coulé dans le béton ?
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Abenader



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 16:42

par in parem non habet imperium

Dès qu'un autre pape le voudra, cela changera...
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 16:43

maxime a écrit:
Simon1976 a écrit:
maxime a écrit:
Simon1976 a écrit:
Le pape invoque la mission donnée à Pierre de confirmer ses frères, c'est donc une parole reposant sur du solide utilisée ici. Et l'infaillibilité prévaut en matière de foi et de moeurs, donc c'est très grave d'aller à l'encontre de ça.

C'est très grave par rapport à quoi exactement? A part l'unité de l'Eglise catholique, et encore.

Contester les enseignements infaillibles de l'Église au sujet de la foi et de la morale, c'est contester l'autorité conférée à Pierre par le Christ. Ça commence à être sérieux !

Tu ne m'as pas vraiment répondu Simon. ;) Ca commence à être sérieux? C'est à dire? Si je commence à contester l'autorité, qu'est ce qui va commencer à être sérieux pour moi?

Tu invoquais l'unité de l'Église. Eh ben c'est ce qui arrive quand on remet en question l'autorité de Pierre; on remet en question cette unité !
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Abenader



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 16:44

Simon1976 a écrit:
Ce qui relève de l'infaillibilité n'est-il pas coulé dans le béton ?

Parce que Quanta cura, ça relève de quoi?

Quo Primum, ça relève de quoi?

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Philippe Fabry
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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 16:48

Chris Prols a écrit:
par in parem non habet imperium

Dès qu'un autre pape le voudra, cela changera...



Il est exposé dans le texte cité que l'Eglise elle-même n'a pas le pouvoir d'ordonner les femmes. Pour une raison simple : cette loi est divine, pas canonique.
Par in parem ne s'applique pas, parce que le par en question, ce serait Dieu lui-même.

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"Les désastres nous enseignent l'humilité" Saint Anselme de Canterbury
« N’attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir que l’on ne saurait, au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième. » Frédéric Bastiat
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 17:22

Fox77 a écrit:
Alors c'est clair... Peut on dire que cette déclaration est infaillible ? Cela signifierai donc que c'est une prise de position délibérée contre le pape et son magistère... 400 nouveaux protestants alors... Shocked

Oui, c'est une position du Magistère solennel infaillible.

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Arnaud
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Abenader



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 18:22

Philippe Fabry a écrit:
Chris Prols a écrit:
par in parem non habet imperium

Dès qu'un autre pape le voudra, cela changera...



Il est exposé dans le texte cité que l'Eglise elle-même n'a pas le pouvoir d'ordonner les femmes. Pour une raison simple : cette loi est divine, pas canonique.
Par in parem ne s'applique pas, parce que le par en question, ce serait Dieu lui-même.

Et l'Eglise, cher Fifi, a-t-elle le droit de modifier les sacrements institués par Dieu?
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Philippe Fabry
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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 18:25

Chris Prols a écrit:
Philippe Fabry a écrit:
Chris Prols a écrit:
par in parem non habet imperium

Dès qu'un autre pape le voudra, cela changera...



Il est exposé dans le texte cité que l'Eglise elle-même n'a pas le pouvoir d'ordonner les femmes. Pour une raison simple : cette loi est divine, pas canonique.
Par in parem ne s'applique pas, parce que le par en question, ce serait Dieu lui-même.

Et l'Eglise, cher Fifi, a-t-elle le droit de modifier les sacrements institués par Dieu?

Modifier les sacrements, non.

Modifier les rites, oui, tant que cela ne touche pas à l'essence des sacrements.

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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 18:27

Chris Prols a écrit:


Et l'Eglise, cher Fifi, a-t-elle le droit de modifier les sacrements institués par Dieu?

Elle ne peut en modifier la forme et la matière directe. Mais tout ce qui entoure, elle le peut.

On en a la preuve avec saint Paul qui ose supprimer la forme instituée par Jésus pour l'eucharistie : autour d'un repas !

Il fallait saint Paul pour oser cela ! Quelle audace.

Mais il conserve par contre le pain et le vin ainsi que les parole (approximatives) de la consécration :
Citation :

1 Corinthiens 11, 23 le Seigneur Jésus, la nuit où il était livré, prit du pain
1 Corinthiens 11, 24 et, après avoir rendu grâce, le rompit et dit : "Ceci est mon corps, qui est pour vous ; faites ceci en mémoire de moi."
1 Corinthiens 11, 25 De même, après le repas, il prit la coupe, en disant : "Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang ; chaque fois que vous en boirez, faites-le en mémoire de moi."



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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 18:27

Philippe Fabry a écrit:


Modifier les rites, oui, tant que cela ne touche pas à l'essence des sacrements.

La forme de repas touchait-elle l'Essence de l'eucharistie ? Saint Paul a jugé que non !

Chapeau saint Paul ! Quelle liberté et intelligence !

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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 18:46

Aujourd'hui, il serait traité de moderniste et de conciliaire par Chris Prols et les autres...
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 18:48

Simon1976 a écrit:
Aujourd'hui, il serait traité de moderniste et de conciliaire par Chris Prols et les autres...

Absolument !

Vous comprenez, cher Monsieur, diraient-ils : "Il OSE supprimer une forme EXPLICITEMENT instituée par Jésus ! spiderman "

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Arnaud
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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 21:25

Le refus du respect pour Dieu entraîne le refus du respect pour l'homme

Extraits du discours du Pape à la communauté juive cet après-midi :

"Le régime de terreur du national-socialisme se fondait sur un mythe raciste, dont faisait partie le refus du Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, du Dieu de Jésus Christ et des personnes croyantes en lui. Le « tout-puissant » Adolf Hitler était une idole païenne, qui voulait se mettre à la place du Dieu biblique, Créateur et Père de tous les hommes. Avec le refus du respect pour ce Dieu unique se perd toujours aussi le respect pour la dignité de l'homme. Ce dont est capable l'homme qui refuse Dieu et quel visage peut prendre un peuple dans le « non » à ce Dieu, les horribles images provenant des camps de concentration à la fin de la guerre l'ont révélé. [...]

il me semble que nous chrétiens nous devons nous rendre toujours plus compte de notre affinité intérieure avec le judaïsme. Pour les chrétiens il ne peut y avoir une rupture dans l'événement du salut. Le salut vient justement des Juifs (cf. Jn 4, 22). Là où le conflit de Jésus avec le Judaïsme de son temps est vu de manière superficielle comme un détachement de l'Ancienne Alliance, il finit par être réduit à une idée de libération qui considère la Torah seulement comme l'observance servile de rites et de prescriptions extérieures. De fait, le discours sur la Montagne n'abolit pas la Loi mosaïque, mais il révèle ses possibilités cachées et fait émerger de nouvelles exigences. Il nous renvoie au fondement le plus profond de l'agir humain, au cœur, où l'homme choisit entre le pur et l'impur, où se développent la foi, l'espérance et l'amour.

Le message d'espérance que les livres de la Bible hébraïque et de l'Ancien testament chrétien transmettent, a été assimilé et développé par des juifs et des chrétiens de diverses façons. « Après des siècles d'opposition, nous nous reconnaissons le devoir de faire en sorte que ces deux manières de faire une nouvelle lecture des écrits bibliques – celle des chrétiens et celle des juifs – entrent en dialogue entre elles, pour comprendre correctement la volonté et la parole de Dieu » (Jésus de Nazareth. Deuxième partie : De l'entrée à Jérusalem à la résurrection, p. 50). Dans une société toujours plus sécularisée, ce dialogue doit renforcer la commune espérance en Dieu. Sans cette espérance la société perd son humanité."

Michel Janva

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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 21:29

Demeurer dans le Christ signifie demeurer aussi dans l'Église

Extraits de l'homélie de Benoît XVI lors de la messe célébrée au stade olympique de Berlin :

"L'Évangile d'aujourd'hui nous a rappelé l'image de cette plante qui est rampante de façon luxuriante dans l'orient et symbole de force vitale, une métaphore pour la beauté et le dynamisme de la communion de Jésus avec ses disciples et amis. Dans la parabole de la vigne, Jésus ne dis pas : « Vous êtes la vigne », mais : « Je suis la vigne ; vous, les sarments » (Jn 15, 5). Ce qui signifie : « De même que les sarments sont liés à la vigne, ainsi vous m'appartenez ! Mais, en m'appartenant, vous appartenez aussi les uns aux autres ». Et cette appartenance l'un à l'autre et à Lui n'est pas une quelconque relation idéale, imaginaire, symbolique, mais – je voudrais presque dire – une appartenance à Jésus Christ dans un sens biologique, pleinement vital. C'est l'Église, cette communauté de vie avec Lui et de l'un pour l'autre, qui est fondée dans le Baptême et approfondie toujours davantage dans l'Eucharistie. « Je suis la vraie vigne », signifie cependant en réalité : « Je suis vous et vous êtes moi » - une identification inouïe du Seigneur avec nous, son Église.

Le Christ lui-même, à l'époque, avant Damas, demanda à Saul, le persécuteur de l'Église : « Pourquoi me persécutes-tu ? » (Ac 9, 4). De cette façon, le Seigneur exprime la communauté de destin qui dérive de l'intime communion de vie de son Église avec Lui, le Christ ressuscité. Il continue à vivre dans son Église en ce monde. Il est avec nous, et nous sommes avec Lui. – « Pourquoi me persécutes-tu ? » - C'est donc Jésus que frappent les persécutions contre son Église. Et, en même temps, nous ne sommes pas seuls quand nous sommes opprimés à cause de notre foi. Jésus est avec nous.

Dans la parabole, Jésus dit : « Je suis la vigne véritable, et mon Père est le vigneron » ( Jn 15, 1), et il explique que le vigneron prend le couteau, coupe les sarments secs et émonde ceux qui portent du fruit pour qu'ils portent davantage de fruit. Pour le dire avec l'image du prophète Ézéchiel, comme nous l'avons entendu dans la première lecture, Dieu veut ôter de notre poitrine le cœur mort, de pierre, pour nous donner un cœur vivant, de chair (cf. Ez 36, 26). Il veut nous donner une vie nouvelle et pleine de force. Le Christ est venu appeler les pécheurs. Ce sont eux qui ont besoin du médecin, non les biens portants (cf. Lc 5, 31sv.). Et ainsi, comme dit le Concile Vatican II, l'Église est le « sacrement universel du salut » (LG 48) qui existe pour les pécheurs, pour leur ouvrir la voie de la conversion, de la guérison et de la vie. C'est la vraie et grande mission de l'Église, que le Christ lui a conférée.

Certains regardent l'Église en s'arrêtant sur son aspect extérieur. L'Église apparaît alors seulement comme l'une des nombreuses organisations qui se trouvent dans une société démocratique, selon les normes et les lois de laquelle le concept «Église » qui est difficilement compréhensible en lui-même, doit ensuite être jugée et traitée. Si on ajoute encore à cela l'expérience douloureuse que dans l'Église, il y a des bons et des mauvais poissons, le bon grain et l'ivraie, et si le regard reste fixé sur les choses négatives, alors ne s'entrouvre plus le mystère grand et profond de l'Église.

Par conséquent, ne sourd plus aucune joie pour le fait d'appartenir à cette vigne qui est l'« Église ». Insatisfaction et mécontentement se diffusent, si on ne voit pas se réaliser les propres idées superficielles et erronées sur l'« Église » et les propres « rêves d'Église » ! Alors cesse aussi le cantique joyeux « Je rends grâce au Seigneur qui, par grâce, m'a appelé dans son Église », que des générations de catholiques ont chanté avec conviction. Le Seigneur continue dans son discours : « Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s'il ne demeure pas sur la vigne, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi, … car sans moi – on pourrait aussi traduire : en dehors de moi – vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 4 ss.).

Chacun de nous est mis face à cette décision. Le Seigneur, dans sa parabole, nous dit de nouveau combien elle est sérieuse : « Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche ; on les ramasse et on les jette au feu et ils brûlent » (Jn 15, 6). A ce propos, saint Augustin observe : « Il n'y a que deux choses qui conviennent à ces branches : ou la vigne ou le feu ; si elles sont unies à la vigne, elles ne seront pas jetées au feu ; afin de n'être pas jetées au feu, qu'elles restent donc unies à la vigne » (In Joan. Ev. tract. 81,3 [PL 35,1842]). [...]

Demeurer dans le Christ signifie, comme nous l'avons déjà vu, demeurer aussi dans l'Église. La communauté entière des croyants est solidement unie dans le Christ, la vigne. Dans le Christ, tous nous sommes unis ensemble. Dans cette communauté Il nous soutient et, en même temps, tous les membres se soutiennent mutuellement. Ils résistent ensemble aux tempêtes et se protègent les uns les autres. Nous ne croyons pas seuls, mais nous croyons avec toute l'Église. L'Église en tant qu'annonciatrice de la Parole de Dieu et dispensatrice des sacrements nous unit au Christ, la vraie vigne. L'Église comme « plénitude et complément du Rédempteur » (Pie XII, Mystici corporis) est pour nous gage de la vie divine et médiatrice des fruits dont parle la parabole de la vigne. L'Église est le don le plus beau de Dieu. Par conséquent, dit aussi saint Augustin : « Autant on aime l'Église du Christ, autant on entre en participation de l'Esprit Saint » (In Ioan. Ev. Tract. 32,8 [PL 35, 1646]). Avec l'Église et dans l'Église, nous pouvons annoncer à tous les hommes que le Christ est la source de la vie, qu'Il est présent, qu'Il est la grande réalité après laquelle nous soupirons. Il se donne lui-même. Celui qui croit au Christ a un avenir. Parce que Dieu ne veut pas ce qui est aride, mort, artificiel, qui à la fin est jeté, mais il veut ce qui est fécond et vivant, la vie en abondance."

Michel Janva

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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 21:39

Les fondements de l'État de droit libéral

Impressionnant discours de Benoît XVI au Bundestag. Extraits :

"l'invitation à tenir ce discours m'est adressée en tant que Pape, en tant qu'Évêque de Rome, qui porte la responsabilité suprême pour la chrétienté catholique. En cela, vous reconnaissez le rôle qui incombe au Saint Siège en tant que partenaire au sein de la communauté des Peuples et des États. Sur la base de ma responsabilité internationale, je voudrais vous proposer quelques considérations sur les fondements de l'État de droit libéral.

Vous me permettrez de commencer mes réflexions sur les fondements du droit par un petit récit tiré de la Sainte Écriture. Dans le Premier Livre des Rois on raconte qu'au jeune roi Salomon, à l'occasion de son intronisation, Dieu accorda d'avancer une requête. Que demandera le jeune souverain en ce moment important ? Succès, richesse, une longue vie, l'élimination de ses ennemis ? Il ne demanda rien de tout cela. Par contre il demanda : « Donne à ton serviteur un cœur docile pour gouverner ton peuple, pour discerner entre le bien et le mal » (1 R 3, 9). Par ce récit, la Bible veut nous indiquer ce qui en définitive doit être important pour un politicien. Son critère ultime et la motivation pour son travail comme politicien ne doit pas être le succès et encore moins le profit matériel. La politique doit être un engagement pour la justice et créer ainsi les conditions de fond pour la paix. [...] « Enlève le droit – et alors qu'est ce qui distingue l'État d'une grosse bande de brigands ? » a dit un jour saint Augustin. Nous Allemands, nous savons par notre expérience que ces paroles ne sont pas un phantasme vide. Nous avons fait l'expérience de séparer le pouvoir du droit, de mettre le pouvoir contre le droit, de fouler aux pieds le droit, de sorte que l'État était devenu une bande de brigands très bien organisée, qui pouvait menacer le monde entier et le pousser au bord du précipice. Servir le droit et combattre la domination de l'injustice est et demeure la tâche fondamentale du politicien. Dans un moment historique où l'homme a acquis un pouvoir jusqu'ici inimaginable, cette tâche devient particulièrement urgente. L'homme est en mesure de détruire le monde. Il peut se manipuler lui-même. Il peut, pour ainsi dire, créer des êtres humains et exclure d'autres êtres humains du fait d'être des hommes. Comment reconnaissons-nous ce qui est juste ? Comment pouvons-nous distinguer entre le bien et le mal, entre le vrai droit et le droit seulement apparent ? La demande de Salomon reste la question décisive devant laquelle l'homme politique et la politique se trouvent aussi aujourd'hui.

Pour une grande partie des matières à réguler juridiquement, le critère de la majorité peut être suffisant. Mais il est évident que dans les questions fondamentales du droit, où est en jeu la dignité de l'homme et de l'humanité, le principe majoritaire ne suffit pas : dans le processus de formation du droit, chaque personne qui a une responsabilité doit chercher elle-même les critères de sa propre orientation. [...]

Sur la base de cette conviction, les combattants de la résistance ont agi contre le régime nazi et contre d'autres régimes totalitaires, rendant ainsi un service au droit et à l'humanité tout entière. Pour ces personnes il était évident de façon incontestable que le droit en vigueur était, en réalité, une injustice. Mais dans les décisions d'un politicien démocrate, la question de savoir ce qui correspond maintenant à la loi de la vérité, ce qui est vraiment juste et peut devenir loi, n'est pas aussi évidente. Ce qui, en référence aux questions anthropologiques fondamentales, est la chose juste et peut devenir droit en vigueur, n'est pas du tout évident en soi aujourd'hui. À la question de savoir comment on peut reconnaître ce qui est vraiment juste et servir ainsi la justice dans la législation, il n'a jamais été facile de trouver la réponse et aujourd'hui, dans l'abondance de nos connaissances et de nos capacités, cette question est devenue encore plus difficile.

Comment reconnaît-on ce qui est juste ? Dans l'histoire, les règlements juridiques ont presque toujours été motivés de façon religieuse : sur la base d'une référence à la divinité on décide ce qui parmi les hommes est juste. Contrairement aux autres grandes religions, le christianisme n'a jamais imposé à l'État et à la société un droit révélé, un règlement juridique découlant d'une révélation. Il a au contraire renvoyé à la nature et à la raison comme vraies sources du droit – il a renvoyé à l'harmonie entre raison objective et subjective, une harmonie qui toutefois suppose le fait d'être toutes deux les sphères fondées dans la Raison créatrice de Dieu. Avec cela les théologiens chrétiens se sont associés à un mouvement philosophique et juridique qui s'était formé depuis le IIème siècle av. JC. Dans la première moitié du deuxième siècle préchrétien, il y eut une rencontre entre le droit naturel social développé par les philosophes stoïciens et des maîtres influents du droit romain. Dans ce contact est née la culture juridique occidentale, qui a été et est encore d'une importance déterminante pour la culture juridique de l'humanité. De ce lien préchrétien entre droit et philosophie part le chemin qui conduit, à travers le Moyen-âge chrétien, au développement juridique des Lumières jusqu'à la Déclaration des Droits de l'homme et jusqu'à notre Loi Fondamentale allemande, par laquelle notre peuple, en 1949, a reconnu « les droits inviolables et inaliénables de l'homme comme fondement de toute communauté humaine, de la paix et de la justice dans le monde ».

[...] [U]n dramatique changement de la situation est arrivé au cours du dernier demi siècle. L'idée du droit naturel est considérée aujourd'hui comme une doctrine catholique plutôt singulière, sur laquelle il ne vaudrait pas la peine de discuter en dehors du milieu catholique, de sorte qu'on a presque honte d'en mentionner même seulement le terme. Je voudrais brièvement indiquer comment il se fait que cette situation se soit créée. Avant tout, la thèse selon laquelle entre l'être et le devoir être il y aurait un abîme insurmontable, est fondamentale. Du fait d'être ne pourrait pas découler un devoir, parce qu'il s'agirait de deux domaines absolument différents. La base de cette opinion est la conception positiviste, aujourd'hui presque généralement adoptée, de nature et de raison. [...] Dans cette vision, ce qui n'est pas vérifiable ou falsifiable ne rentre pas dans le domaine de la raison au sens strict. C'est pourquoi l'ethos et la religion doivent être assignés au domaine du subjectif et tombent hors du domaine de la raison au sens strict du mot. Là où la domination exclusive de la raison positiviste est en vigueur – et cela est en grande partie le cas dans notre conscience publique – les sources classiques de connaissance de l'ethos et du droit sont mises hors jeu. C'est une situation dramatique qui nous intéresse tous et sur laquelle une discussion publique est nécessaire ; une intention essentielle de ce discours est d'y inviter d'urgence.

Le concept positiviste de nature et de raison, la vision positiviste du monde est dans son ensemble une partie importante de la connaissance humaine et de la capacité humaine, à laquelle nous ne devons absolument pas renoncer. Mais elle-même dans son ensemble n'est pas une culture qui corresponde et soit suffisante au fait d'être homme dans toute son ampleur. Là ou la raison positiviste s'estime comme la seule culture suffisante, reléguant toutes les autres réalités culturelles à l'état de sous-culture, elle réduit l'homme, ou même, menace son humanité. Je le dis justement en vue de l'Europe, dans laquelle de vastes milieux cherchent à reconnaître seulement le positivisme comme culture commune et comme fondement commun pour la formation du droit, alors que toutes les autres convictions et les autres valeurs de notre culture sont réduites à l'état d'une sous-culture. Avec cela l'Europe se place, face aux autres cultures du monde, dans une condition de manque de culture et en même temps des courants extrémistes et radicaux sont suscités. La raison positiviste, qui se présente de façon exclusiviste et n'est pas en mesure de percevoir quelque chose au-delà de ce qui est fonctionnel, ressemble à des édifices de béton armé sans fenêtres, où nous nous donnons le climat et la lumière tout seuls et nous ne voulons plus recevoir ces deux choses du vaste monde de Dieu. Toutefois nous ne pouvons pas nous imaginer que dans ce monde auto-construit nous puisons en secret également aux « ressources » de Dieu, que nous transformons en ce que nous produisons. Il faut ouvrir à nouveau tout grand les fenêtres, nous devons voir de nouveau l'étendue du monde, le ciel et la terre et apprendre à utiliser tout cela de façon juste.

[...] Quand, dans notre relation avec la réalité, il y a quelque chose qui ne va pas, alors nous devons tous réfléchir sérieusement sur l'ensemble et nous sommes tous renvoyés à la question des fondements de notre culture elle-même. Qu'il me soit permis de m'arrêter encore un moment sur ce point. L'importance de l'écologie est désormais indiscutée. Nous devons écouter le langage de la nature et y répondre avec cohérence. Je voudrais cependant aborder encore avec force un point qui aujourd'hui comme hier est largement négligé : il existe aussi une écologie de l'homme. L'homme aussi possède une nature qu'il doit respecter et qu'il ne peut manipuler à volonté. L'homme n'est pas seulement une liberté qui se crée de soi. L'homme ne se crée pas lui-même. Il est esprit et volonté, mais il est aussi nature, et sa volonté est juste quand il écoute la nature, la respecte et quand il s'accepte lui-même pour ce qu'il est, et qu'il accepte qu'il ne s'est pas créé de soi. C'est justement ainsi et seulement ainsi que se réalise la véritable liberté humaine. [...]
À ce point le patrimoine culturel de l'Europe devrait nous venir en aide. Sur la base de la conviction de l'existence d'un Dieu créateur se sont développées l'idée des droits de l'homme, l'idée d'égalité de tous les hommes devant la loi, la connaissance de l'inviolabilité de la dignité humaine en chaque personne et la conscience de la responsabilité des hommes pour leur agir. Ces connaissances de la raison constituent notre mémoire culturelle. L'ignorer ou la considérer comme simple passé serait une amputation de notre culture dans son ensemble et la priverait de son intégralité. La culture de l'Europe est née de la rencontre entre Jérusalem, Athènes et Rome – de la rencontre entre la foi au Dieu d'Israël, la raison philosophique des Grecs et la pensée juridique de Rome. Cette triple rencontre forme l'identité profonde de l'Europe. Dans la conscience de la responsabilité de l'homme devant Dieu et dans la reconnaissance de la dignité inviolable de l'homme, de tout homme, cette rencontre a fixé des critères du droit, et les défendre est notre tâche en ce moment historique. [...]"

Michel Janva

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Abenader



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 21:42

Mazeltof!
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Abenader



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 21:42

Et je dirais même plus,

L'cheïm!
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 21:43

Qu'ossé ça veut dire ?
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Abenader



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Jeu 22 Sep 2011, 21:46

Demandons à Arnaud et à Mister B...

Je crois que ça veut dire bonne chance et santé, mais je ne suis pas tout à fait sûr.
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SJA



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Ven 23 Sep 2011, 11:25

Simon1976 a écrit:
Les fondements de l'État de droit libéral

Impressionnant discours de Benoît XVI au Bundestag. Extraits :

"l'invitation à tenir ce discours m'est adressée en tant que Pape, en tant qu'Évêque de Rome, qui porte la responsabilité suprême pour la chrétienté catholique. En cela, vous reconnaissez le rôle qui incombe au Saint Siège en tant que partenaire au sein de la communauté des Peuples et des États. Sur la base de ma responsabilité internationale, je voudrais vous proposer quelques considérations sur les fondements de l'État de droit libéral.

Vous me permettrez de commencer mes réflexions sur les fondements du droit par un petit récit tiré de la Sainte Écriture. Dans le Premier Livre des Rois on raconte qu'au jeune roi Salomon, à l'occasion de son intronisation, Dieu accorda d'avancer une requête. Que demandera le jeune souverain en ce moment important ? Succès, richesse, une longue vie, l'élimination de ses ennemis ? Il ne demanda rien de tout cela. Par contre il demanda : « Donne à ton serviteur un cœur docile pour gouverner ton peuple, pour discerner entre le bien et le mal » (1 R 3, 9). Par ce récit, la Bible veut nous indiquer ce qui en définitive doit être important pour un politicien. Son critère ultime et la motivation pour son travail comme politicien ne doit pas être le succès et encore moins le profit matériel. La politique doit être un engagement pour la justice et créer ainsi les conditions de fond pour la paix. [...] « Enlève le droit – et alors qu'est ce qui distingue l'État d'une grosse bande de brigands ? » a dit un jour saint Augustin. Nous Allemands, nous savons par notre expérience que ces paroles ne sont pas un phantasme vide. Nous avons fait l'expérience de séparer le pouvoir du droit, de mettre le pouvoir contre le droit, de fouler aux pieds le droit, de sorte que l'État était devenu une bande de brigands très bien organisée, qui pouvait menacer le monde entier et le pousser au bord du précipice. Servir le droit et combattre la domination de l'injustice est et demeure la tâche fondamentale du politicien. Dans un moment historique où l'homme a acquis un pouvoir jusqu'ici inimaginable, cette tâche devient particulièrement urgente. L'homme est en mesure de détruire le monde. Il peut se manipuler lui-même. Il peut, pour ainsi dire, créer des êtres humains et exclure d'autres êtres humains du fait d'être des hommes. Comment reconnaissons-nous ce qui est juste ? Comment pouvons-nous distinguer entre le bien et le mal, entre le vrai droit et le droit seulement apparent ? La demande de Salomon reste la question décisive devant laquelle l'homme politique et la politique se trouvent aussi aujourd'hui.

Pour une grande partie des matières à réguler juridiquement, le critère de la majorité peut être suffisant. Mais il est évident que dans les questions fondamentales du droit, où est en jeu la dignité de l'homme et de l'humanité, le principe majoritaire ne suffit pas : dans le processus de formation du droit, chaque personne qui a une responsabilité doit chercher elle-même les critères de sa propre orientation. [...]

Sur la base de cette conviction, les combattants de la résistance ont agi contre le régime nazi et contre d'autres régimes totalitaires, rendant ainsi un service au droit et à l'humanité tout entière. Pour ces personnes il était évident de façon incontestable que le droit en vigueur était, en réalité, une injustice. Mais dans les décisions d'un politicien démocrate, la question de savoir ce qui correspond maintenant à la loi de la vérité, ce qui est vraiment juste et peut devenir loi, n'est pas aussi évidente. Ce qui, en référence aux questions anthropologiques fondamentales, est la chose juste et peut devenir droit en vigueur, n'est pas du tout évident en soi aujourd'hui. À la question de savoir comment on peut reconnaître ce qui est vraiment juste et servir ainsi la justice dans la législation, il n'a jamais été facile de trouver la réponse et aujourd'hui, dans l'abondance de nos connaissances et de nos capacités, cette question est devenue encore plus difficile.

Comment reconnaît-on ce qui est juste ? Dans l'histoire, les règlements juridiques ont presque toujours été motivés de façon religieuse : sur la base d'une référence à la divinité on décide ce qui parmi les hommes est juste. Contrairement aux autres grandes religions, le christianisme n'a jamais imposé à l'État et à la société un droit révélé, un règlement juridique découlant d'une révélation. Il a au contraire renvoyé à la nature et à la raison comme vraies sources du droit – il a renvoyé à l'harmonie entre raison objective et subjective, une harmonie qui toutefois suppose le fait d'être toutes deux les sphères fondées dans la Raison créatrice de Dieu. Avec cela les théologiens chrétiens se sont associés à un mouvement philosophique et juridique qui s'était formé depuis le IIème siècle av. JC. Dans la première moitié du deuxième siècle préchrétien, il y eut une rencontre entre le droit naturel social développé par les philosophes stoïciens et des maîtres influents du droit romain. Dans ce contact est née la culture juridique occidentale, qui a été et est encore d'une importance déterminante pour la culture juridique de l'humanité. De ce lien préchrétien entre droit et philosophie part le chemin qui conduit, à travers le Moyen-âge chrétien, au développement juridique des Lumières jusqu'à la Déclaration des Droits de l'homme et jusqu'à notre Loi Fondamentale allemande, par laquelle notre peuple, en 1949, a reconnu « les droits inviolables et inaliénables de l'homme comme fondement de toute communauté humaine, de la paix et de la justice dans le monde ».

[...] [U]n dramatique changement de la situation est arrivé au cours du dernier demi siècle. L'idée du droit naturel est considérée aujourd'hui comme une doctrine catholique plutôt singulière, sur laquelle il ne vaudrait pas la peine de discuter en dehors du milieu catholique, de sorte qu'on a presque honte d'en mentionner même seulement le terme. Je voudrais brièvement indiquer comment il se fait que cette situation se soit créée. Avant tout, la thèse selon laquelle entre l'être et le devoir être il y aurait un abîme insurmontable, est fondamentale. Du fait d'être ne pourrait pas découler un devoir, parce qu'il s'agirait de deux domaines absolument différents. La base de cette opinion est la conception positiviste, aujourd'hui presque généralement adoptée, de nature et de raison. [...] Dans cette vision, ce qui n'est pas vérifiable ou falsifiable ne rentre pas dans le domaine de la raison au sens strict. C'est pourquoi l'ethos et la religion doivent être assignés au domaine du subjectif et tombent hors du domaine de la raison au sens strict du mot. Là où la domination exclusive de la raison positiviste est en vigueur – et cela est en grande partie le cas dans notre conscience publique – les sources classiques de connaissance de l'ethos et du droit sont mises hors jeu. C'est une situation dramatique qui nous intéresse tous et sur laquelle une discussion publique est nécessaire ; une intention essentielle de ce discours est d'y inviter d'urgence.

Le concept positiviste de nature et de raison, la vision positiviste du monde est dans son ensemble une partie importante de la connaissance humaine et de la capacité humaine, à laquelle nous ne devons absolument pas renoncer. Mais elle-même dans son ensemble n'est pas une culture qui corresponde et soit suffisante au fait d'être homme dans toute son ampleur. Là ou la raison positiviste s'estime comme la seule culture suffisante, reléguant toutes les autres réalités culturelles à l'état de sous-culture, elle réduit l'homme, ou même, menace son humanité. Je le dis justement en vue de l'Europe, dans laquelle de vastes milieux cherchent à reconnaître seulement le positivisme comme culture commune et comme fondement commun pour la formation du droit, alors que toutes les autres convictions et les autres valeurs de notre culture sont réduites à l'état d'une sous-culture. Avec cela l'Europe se place, face aux autres cultures du monde, dans une condition de manque de culture et en même temps des courants extrémistes et radicaux sont suscités. La raison positiviste, qui se présente de façon exclusiviste et n'est pas en mesure de percevoir quelque chose au-delà de ce qui est fonctionnel, ressemble à des édifices de béton armé sans fenêtres, où nous nous donnons le climat et la lumière tout seuls et nous ne voulons plus recevoir ces deux choses du vaste monde de Dieu. Toutefois nous ne pouvons pas nous imaginer que dans ce monde auto-construit nous puisons en secret également aux « ressources » de Dieu, que nous transformons en ce que nous produisons. Il faut ouvrir à nouveau tout grand les fenêtres, nous devons voir de nouveau l'étendue du monde, le ciel et la terre et apprendre à utiliser tout cela de façon juste.

[...] Quand, dans notre relation avec la réalité, il y a quelque chose qui ne va pas, alors nous devons tous réfléchir sérieusement sur l'ensemble et nous sommes tous renvoyés à la question des fondements de notre culture elle-même. Qu'il me soit permis de m'arrêter encore un moment sur ce point. L'importance de l'écologie est désormais indiscutée. Nous devons écouter le langage de la nature et y répondre avec cohérence. Je voudrais cependant aborder encore avec force un point qui aujourd'hui comme hier est largement négligé : il existe aussi une écologie de l'homme. L'homme aussi possède une nature qu'il doit respecter et qu'il ne peut manipuler à volonté. L'homme n'est pas seulement une liberté qui se crée de soi. L'homme ne se crée pas lui-même. Il est esprit et volonté, mais il est aussi nature, et sa volonté est juste quand il écoute la nature, la respecte et quand il s'accepte lui-même pour ce qu'il est, et qu'il accepte qu'il ne s'est pas créé de soi. C'est justement ainsi et seulement ainsi que se réalise la véritable liberté humaine. [...]
À ce point le patrimoine culturel de l'Europe devrait nous venir en aide. Sur la base de la conviction de l'existence d'un Dieu créateur se sont développées l'idée des droits de l'homme, l'idée d'égalité de tous les hommes devant la loi, la connaissance de l'inviolabilité de la dignité humaine en chaque personne et la conscience de la responsabilité des hommes pour leur agir. Ces connaissances de la raison constituent notre mémoire culturelle. L'ignorer ou la considérer comme simple passé serait une amputation de notre culture dans son ensemble et la priverait de son intégralité. La culture de l'Europe est née de la rencontre entre Jérusalem, Athènes et Rome – de la rencontre entre la foi au Dieu d'Israël, la raison philosophique des Grecs et la pensée juridique de Rome. Cette triple rencontre forme l'identité profonde de l'Europe. Dans la conscience de la responsabilité de l'homme devant Dieu et dans la reconnaissance de la dignité inviolable de l'homme, de tout homme, cette rencontre a fixé des critères du droit, et les défendre est notre tâche en ce moment historique. [...]"

Michel Janva

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Mille Bravo !!
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Philippe Fabry
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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Ven 23 Sep 2011, 11:40

Et mille encore !

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« N’attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir que l’on ne saurait, au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième. » Frédéric Bastiat
Pensez à visiter mon blog : http://www.historionomie.com
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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Ven 23 Sep 2011, 12:16

Ah la vache !

C'est vraiment LE Boss !
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Ven 23 Sep 2011, 13:43

Entretien du pape avec les journalistes dans l'avion pour Berlin

Texte intégral


ROME, Jeudi 22 septembre 2011 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le texte intégral de l'entretien de Benoît XVI avec les journalistes qui l'accompagnaient dans l'avion pour son voyage apostolique en Allemagne du 22 au 25 septembre.

P. Lombardi : Sainteté, bienvenu parmi nous. Nous sommes le groupe habituel de journalistes qui vous accompagnent et se préparent à donner un écho de votre voyage dans la presse mondiale. Nous sommes très reconnaissants que, dès le début, vous preniez du temps pour nous, pour nous aider à bien comprendre la signification de ce voyage qui est un voyage particulier puisque nous allons dans votre patrie et vous parlerez votre langue... Il y a en Allemagne environ 4000 journalistes accrédités aux différentes étapes du voyage. Ici, dans l'avion, nous en avons 68 dont une vingtaine d'Allemands. Je vous propose quelques questions. La première, en allemand, afin que vous puissiez vous adresser à nos collègues allemands dans leur et votre langue. J'explique aux Italiens que c'est une question sur combien le pape se sent encore allemand.

Q : Sainteté, permettez-nous, pour commencer, une question très personnelle. Dans quelle mesure le pape Benoît XVI se sent-il encore allemand ? Et comment vous rendez-vous compte de l'influence, réelle ou décroissante, de votre origine allemande ?

Benoît XVI : Hölderlin disait : « La naissance est ce qu'il y a de plus décisif », et jeressensbien sûr aussi cela. Je suis né en Allemagne et mes racines ne peuvent et de doivent pas être coupées. J'ai reçu ma formation culturelle en Allemagne, l'allemand est ma langue et la langue est la manière dont l'esprit vit et agit, et toute ma formation culturelle s'est faite là-bas ! Quand je me consacre à la théologie, je le fais en partant de la forme intérieure que j'ai apprise dans les universités allemandes et je dois malheureusement admettre que je continue à lire plus de livres en allemand que dans les autres langues. Par conséquent, dans ma façon d'être, mon identité allemande est très forte. On ne peut pas et on ne doit pas effacer l'appartenance à son histoire avec sa grandeur et ses faiblesses. Mais pour un chrétien, il faut ajouter quelque chose ; par le baptême, il naît de nouveau, il naît dans un peuple nouveau composé de tous les peuples, un peuple qui comprend tous les peuples et toutes les cultures et auquel il appartient vraiment désormais, sans pour autant perdre son origine naturelle. Quand on assume en plus une grande responsabilité, comme c'est mon cas, puisque j'ai la responsabilité suprême dans ce nouveau peuple, il est évident que l'on s'identifie toujours davantage à ce peuple. La racine devient un arbre qui s'étend dans différentes directions et le sentiment d'appartenir à cette grande communauté de l'Eglise catholique, d'un peuple composé de tous les peuples, devient de plus en plus vif et profond, façonne toute l'existence sans qu'il y ait pour autant un renoncement au passé. Je dirais donc que l'origine demeure, que l'identité culturelle demeure et bien sûr aussi l'amour particulier et la responsabilité particulière, mais inséré et amplifié dans une appartenance plus grande, dans la « civitas Dei » comme dirait saint Augustin, dans le peuple de tous les peuples dans lequel nous sommes tous frères et sœurs.

Q : Saint-Père, ces dernières années il y a eu dans l'Eglise en Allemagne une augmentation des départs de fidèles, notamment à cause des abus commis sur des mineurs par des membres du clergé. Quel est votre sentiment à propos de ce phénomène ? Et que diriez-vous à ceux qui veulent quitter l'Eglise ?

Benoît XVI : Il faut distinguer avant tout la motivation spécifique de ceux qui se sentent scandalisés par les crimes révélés ces derniers temps. Je peux comprendre qu'à la lumière de ces informations, surtout s'il s'agit de personnes proches, on puisse dire : « Cette Eglise n'est plus la mienne. L'Eglise était pour moi une force de l'humanisation et de la moralisation. Si les représentants de l'Eglise font le contraire, je ne peux plus vivre avec cette Eglise ». Il s'agit là d'une situation spécifique. Généralement, les motivations sont multiples dans le contexte de la sécularisation de notre société. En général, ces départs sont le dernier pas d'une longue chaîne d'éloignement de l'Eglise. Dans ce contexte, il me semble important de se demander, de réfléchir : « Pourquoi suis-je dans l'Eglise ?Suis-jedans l'Eglise comme dans une association sportive, comme dans une association culturelle, etc. où je trouve mes intérêts et s'ils ne trouvent plus d'écho, je m'en vais, ou être dans l'Eglise est une chose plus profonde ? ». Je dirais qu'il est important de reconnaître qu'être dans l'Eglise ne signifie pas faire partie d'une association mais être dans le filet du Seigneur qui pêche de bons et de mauvais poissons des eaux de la mort aux terres de la vie. Il se peut que dans ce filet je me trouve justement à côté des mauvais poissons et je que je le sente, mais le fait est que je ne suis là ni pour les uns ni pour les autres, mais parce que c'est le filet du Seigneur, qui n'a rien à voir avec toutes les associations humaines, un filet qui touche le fondement de mon être. En parlant avec ces personnes je crois qu'il faut aller au fond de la question : qu'est-ce que l'Eglise ? Qu'est-ce que la diversité ? Pourquoi suis-je dans l'Eglise même s'il y a des scandales et des aspects de l'humanité terribles ? Et ainsi reprendre conscience de la spécificité d'être Eglise du peuple de tous les peuples, qui est peuple de Dieu, et ainsi apprendre à supporter aussi les scandales et oeuvrer contre ces scandales en étant justement dans ce grand filet du Seigneur.

Q : Ce n'est pas la première fois que des groupes de personnes expriment leur opposition à votre venue dans un pays. La relation de l'Allemagne avec Rome était traditionnellement critique même en partie au sein du monde catholique lui-même. Les thèmes controversés sont connus depuis longtemps : le préservatif, l'eucharistie, le célibat. Avant votre voyage, même certains parlementaires ont adopté des positions critiques. Avant votre voyage en Grande-Bretagne le climat ne semblait pas non plus amical et en définitive, les choses se sont bien passées. Dans quel état d'esprit vous rendez-vous à présent dans votre ancienne patrie et vous adresserez-vous aux Allemands ?

Benoît XVI : Je dirais tout d'abord qu'il est normal que dans une société libre et à une époque sécularisée certains s'opposent à une visite du pape. Il est juste qu'ils expriment – je les respecte tous – leur contrariété : cela fait partie de notre liberté et nous devons accepter le fait que la sécularisation est forte dans nos sociétés et aussi justement l'opposition au catholicisme. Quand ces oppositions se manifestent de façon civile, il n'y a rien à en dire. D'un autre côté, il est aussi vrai qu'il y a une grande attente et un grand amour pour le pape. En Allemagne, cette opposition a plusieurs dimensions : la vieille opposition entre culture germanique et romaine, les conflits de l'histoire, et puis nous sommes le pays de la Réforme, qui a accentué encore ces oppositions. Mais il y a aussi une grande appréciation de la foi catholique, une conviction croissante qu'à notre époque nous avons besoin de conviction, d'une force morale. A notre époque nous avons besoin d'une présence de Dieu. Ainsi, parallèlement à l'opposition, que je trouve naturelle et à laquelle il faut s'attendre, il y a beaucoup de monde qui m'attend avec joie, qui attend une fête de la foi, le fait d'être ensemble, la joie de connaître Dieu et de vivre ensemble dans l'avenir avec Dieu qui nous prend par la main et nous montre le chemin. C'est pour cela que je pars avec joie en Allemagne et je suis heureux d'apporter le message du Christ dans mon pays.

Q : Saint-Père, une dernière question. Vous allez visiter, à Erfurt, l'ancien couvent du réformateur Martin Luther. Les chrétiens évangéliques et les catholiques, en dialogue avec eux, se préparent à commémorer le cinquième centenaire de la Réforme. Avec quel message, quelles pensées, vous préparez-vous à la rencontre ? Votre voyage doit-il être également vu comme un geste fraternel à l'égard des frères et sœurs séparés de Rome ?

Benoît XVI : Quand j'ai accepté l'invitation à faire ce voyage il était évident pour moi que l'oecuménisme avec nos amis évangéliques devait être un point fort et central de ce voyage. Nous vivons à une époque de sécularisation comme je l'ai déjà dit, au cours de laquelle les chrétiens ensemble, ont pour mission de rendre présent le message de Dieu, le message du Christ, de faire qu'il soit possible de croire, d'aller de l'avant avec ces grandes idées, ces vérités. Il est donc fondamental pour notre époque que les catholiques et les évangéliques soient ensemble, même si sur le plan institutionnel nous ne sommes pas parfaitement unis et même s'il reste des problèmes importants, des problèmes relatifs au fondement de la foi en Jésus Christ, en Dieu trinitaire et en l'homme comme image de Dieu. Nous sommes unis et il est essentiel de montrer cela au monde et d'approfondir cette unité, en ce moment historique. Je suis par conséquent très reconnaissant à nos amis, frères et sœurs, protestants, qui ont rendu possible un signe très significatif : la rencontre dans le monastère où Luther commença son cheminement théologique, la prière dans l'église où il fut ordonné prêtre et le dialogue ensemble sur notre responsabilité de chrétiens aujourd'hui. Je suis très heureux de pouvoir montrer ainsi cette unité fondamentale, que nous sommes frères et sœurs et que nous travaillons ensemble pour le bien de l'humanité, en annonçant la bonne nouvelle du Christ, du Dieu qui a un visage humain et qui nous parle.

© Copyright du texte original plurilingue : Libreria Editrice Vaticana

Transcription et traduction italienne : CTV et Radio Vatican

Traduction française : Zenit

http://www.zenit.org/article-29008?l=french
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Abenader



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Ven 23 Sep 2011, 15:00

Je rêve. Non, je cauchemarde.

Vous n'avez plus rien dans les tripes? Plus aucun sens de la foi?

Attendez une minute; lorsque BXVI dit:

Citation :
Mais dans les décisions d'un politicien démocrate, la question de savoir ce qui correspond maintenant à la loi de la vérité, ce qui est vraiment juste et peut devenir loi, n'est pas aussi évidente. Ce qui, en référence aux questions anthropologiques fondamentales, est la chose juste et peut devenir droit en vigueur, n'est pas du tout évident en soi aujourd'hui. À la question de savoir comment on peut reconnaître ce qui est vraiment juste et servir ainsi la justice dans la législation, il n'a jamais été facile de trouver la réponse et aujourd'hui, dans l'abondance de nos connaissances et de nos capacités, cette question est devenue encore plus difficile.

C'est du grand n'importe quoi!!!

Mat. 19, 17 a écrit:
Pourquoi m'interroges-tu sur ce qui est bon? Un seul est bon

Ezéchiel, 18 a écrit:
5 Si un homme est juste et pratique le droit et la justice;
6 s'il ne mange pas sur les montagnes et n'élève pas les yeux vers les idoles infâmes de la maison d'Israël; s'il ne déshonore pas la femme de son prochain et ne s'approche pas d'une femme pendant sa souillure;
7 s'il m'opprime personne, s'il rend au débiteur son gage, s'il ne commet pas de rapines, s'il donne son pain à celui qui a faim et couvre d'un vêtement celui qui est nu;
8 s'il ne prête pas à usure et ne prend pas d'intérêt; s'il détourne sa main de l'iniquité; s'il juge selon la vérité entre un homme et un autre;
9 s'il suit mes préceptes et observe mes lois, en agissant avec fidélité, celui-là est juste

Et encore, si je vous mettais toutes les références que l'on trouve dans les Saintes Ecritures concernant la justice, j'en ai jusqu'à la semaine prochaine à faire des copier-coller.

Ratzinger ne sait-il pas ça? Ne sait-il pas ce qui est juste, vraiment juste et peut devenir loi?

Ne connait-il pas les écrits des papes sur ce qu'est la justice sociale catholique? Rerum Novarum, ça ne lui dit rien? Quadragesimo Anno, connait pas?

il n'a jamais été facile de trouver la réponse de ce qui est vraiment juste et peut devenir loi? Il a de sérieuses révisions à faire...

Et son couplet sur la philosophie des Lumières, alors là, merci.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Ven 23 Sep 2011, 16:28

Cher Chris Prols, si le Christ ne cachait pas sa présence, vous auriez raison. Mais pour le moment, sa présence est non évidente. Sauf peut-être pour vous qui allez au conseil des ministres de Jésus tous les jours.

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Arnaud
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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Ven 23 Sep 2011, 16:32

Chris Prols a écrit:
Je rêve. Non, je cauchemarde.

Vous n'avez plus rien dans les tripes? Plus aucun sens de la foi?

Attendez une minute; lorsque BXVI dit:

Citation :
Mais dans les décisions d'un politicien démocrate, la question de savoir ce qui correspond maintenant à la loi de la vérité, ce qui est vraiment juste et peut devenir loi, n'est pas aussi évidente. Ce qui, en référence aux questions anthropologiques fondamentales, est la chose juste et peut devenir droit en vigueur, n'est pas du tout évident en soi aujourd'hui. À la question de savoir comment on peut reconnaître ce qui est vraiment juste et servir ainsi la justice dans la législation, il n'a jamais été facile de trouver la réponse et aujourd'hui, dans l'abondance de nos connaissances et de nos capacités, cette question est devenue encore plus difficile.

C'est du grand n'importe quoi!!!

Mat. 19, 17 a écrit:
Pourquoi m'interroges-tu sur ce qui est bon? Un seul est bon

Ezéchiel, 18 a écrit:
5 Si un homme est juste et pratique le droit et la justice;
6 s'il ne mange pas sur les montagnes et n'élève pas les yeux vers les idoles infâmes de la maison d'Israël; s'il ne déshonore pas la femme de son prochain et ne s'approche pas d'une femme pendant sa souillure;
7 s'il m'opprime personne, s'il rend au débiteur son gage, s'il ne commet pas de rapines, s'il donne son pain à celui qui a faim et couvre d'un vêtement celui qui est nu;
8 s'il ne prête pas à usure et ne prend pas d'intérêt; s'il détourne sa main de l'iniquité; s'il juge selon la vérité entre un homme et un autre;
9 s'il suit mes préceptes et observe mes lois, en agissant avec fidélité, celui-là est juste

Et encore, si je vous mettais toutes les références que l'on trouve dans les Saintes Ecritures concernant la justice, j'en ai jusqu'à la semaine prochaine à faire des copier-coller.

Ratzinger ne sait-il pas ça? Ne sait-il pas ce qui est juste, vraiment juste et peut devenir loi?

Ne connait-il pas les écrits des papes sur ce qu'est la justice sociale catholique? Rerum Novarum, ça ne lui dit rien? Quadragesimo Anno, connait pas?

il n'a jamais été facile de trouver la réponse de ce qui est vraiment juste et peut devenir loi? Il a de sérieuses révisions à faire...

Et son couplet sur la philosophie des Lumières, alors là, merci.

Je ne crois pas que le pape ne sait pas ce qui est juste. Il parlait aux politiciens allemands, qui ont à légiférer et qui votent parfois des lois injustes, comme tous les politiciens de nos démocraties. C'est à eux qu'il revient de discerner le bien et le mal et d'ajuster leurs lois en conséquence.
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Ven 23 Sep 2011, 17:20

"La foi n'est pas quelque chose que nous concoctons ou déterminons"

Extraits du discours du Pape Benoit XVI prononcé lors de la célébration oecuménique à Erfurt :

"« Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi » (Jn 17, 20) : ainsi, a parlé Jésus à son Père, au Cénacle, selon l'Évangile de Jean. Il prie pour les générations futures de croyants. Il regarde au-delà du Cénacle vers l'avenir. Il a prié aussi pour nous. Et il prie pour notre unité. Cette prière de Jésus n'est pas simplement quelque chose du passé. Il se tient toujours devant le Père, intercédant pour nous, et ainsi en ce moment il se tient au milieu de nous et il veut nous attirer dans sa prière. Dans la prière de Jésus se trouve le lieu intérieur de notre unité. Nous deviendrons un si nous nous laissons attirer dans cette prière. Chaque fois que, comme chrétiens, nous nous trouvons réunis dans la prière, cette lutte de Jésus pour nous et avec le Père pour nous, devrait toucher profondément notre cœur. Plus nous nous laissons entraîner dans cette dynamique, plus se réalise l'unité.

La prière de Jésus est-elle demeurée sans être écoutée ? L'histoire du christianisme est, pour ainsi dire, le côté visible de ce drame, dans lequel le Christ lutte et souffre avec nous, êtres humains. Toujours de nouveau il doit supporter l'opposition à l'unité et toutefois toujours de nouveau se réalise aussi l'unité avec lui et ainsi avec le Dieu trinitaire. Nous devons voir les deux choses : le péché de l'homme, qui se refuse à Dieu et se retire en lui-même, mais aussi les victoires de Dieu que soutient l'Église malgré sa faiblesse et attire continuellement des hommes en elle-même, les rapprochant ainsi les uns des autres. Pour cela, dans une rencontre œcuménique, nous ne devrions pas seulement déplorer les divisions et les séparations, mais bien remercier Dieu pour tous les éléments d'unité qu'il a conservés pour nous et qu'il nous donne toujours de nouveau. Et cette gratitude doit en même temps être disponibilité à ne pas perdre, dans une époque de tentation et de périls, l'unité ainsi donnée.

L'unité fondamentale consiste dans le fait que nous croyons en Dieu, le Père tout-puissant, le Créateur du ciel et de la terre. Que nous le professons comme le Trine – le Père, le Fils et le Saint-Esprit. [...] L'homme a-t-il besoin de Dieu, ou les choses vont-elles assez bien aussi sans lui ? Quand, dans une première phase de l'absence de Dieu, sa lumière continue encore à illuminer et tient ensemble l'ordre de l'existence humaine, on a l'impression que cela va aussi sans Dieu. Mais plus le monde s'éloigne de Dieu, plus il devient clair que l'homme, dans l'hybris du pouvoir, dans le vide du cœur et dans le désir de satisfaction et de bonheur, perd toujours plus sa vie. La soif d'infini est présente dans l'homme de façon indéracinable. L'homme a été créé pour la relation avec Dieu et a besoin de lui. Notre premier service œcuménique en ce temps doit être de témoigner ensemble de la présence du Dieu vivant et par là de donner au monde la réponse dont il a besoin. Naturellement, de ce témoignage fondamental rendu à Dieu, fait ensuite partie, de façon absolument centrale, le témoignage rendu à Jésus Christ, vrai homme et vrai Dieu, qui a vécu avec nous, a souffert pour nous, est mort pour nous et, dans sa résurrection, a ouvert tout grand la porte de la mort. Chers amis, fortifions-nous dans cette foi ! Aidons-nous mutuellement à la vivre ! Ceci est une grande tâche œcuménique qui nous introduit au cœur de la prière de Jésus.

Le sérieux de la foi en Dieu se manifeste dans le fait de vivre sa parole. Il se manifeste très concrètement, en notre temps, dans l'engagement pour cette créature qu'il a voulue à son image, pour l'homme. Nous vivons dans un temps où les critères de l'être homme sont devenus questionnables. L'éthique est remplacée par le calcul des conséquences. Face à cela, comme chrétiens, nous devons défendre la dignité inviolable de l'homme, de la conception à la mort – dans les questions du diagnostic préimplantatoire jusqu'à l'euthanasie. « Seul celui qui connaît Dieu, connaît l'homme », a dit un jour Romano Guardini. Sans la connaissance de Dieu, l'homme devient manipulable. [...]

A la veille de la visite du Pape on a parlé plusieurs fois d'un don œcuménique de l'hôte, que l'on attendait de cette visite. Il n'est pas nécessaire que je spécifie les dons mentionnés dans ce contexte. À ce sujet je voudrais dire que ceci constitue une mauvaise compréhension politique de la foi et de l'œcuménisme. Quand un Chef d'État visite un pays ami, généralement, des contacts entre les instances précèdent, pour préparer la passation d'un ou même de plusieurs accords entre les deux États : dans l'évaluation des avantages et des désavantages on arrive au compromis qui, à la fin, apparaît avantageux pour les deux parties, si bien qu'ensuite le traité peut être signé. Mais la foi des chrétiens ne se base pas sur une évaluation de nos avantages et désavantages. Une foi auto-construite est privée de valeur. La foi n'est pas quelque chose que nous concoctons ou déterminons. Elle est le fondement sur lequel nous vivons. L'unité grandit non grâce à l'évaluation d'avantages et de désavantages, mais seulement en pénétrant toujours plus profondément dans la foi grâce à la pensée et à la vie. [...]"

Michel Janva

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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Ven 23 Sep 2011, 17:24

"le mal n'est pas une bagatelle"

Extraits du discours du Pape aux membres du Conseil Evangélique :

"Pour moi, en tant qu'Évêque de Rome, c'est un moment d'émotion de rencontrer ici, dans l'antique couvent augustinien d'Erfurt, les représentants du Conseil de l'Église Évangélique en Allemagne. Luther a étudié ici. Ici, il été ordonné prêtre en 1507. Contre le désir de son père, il ne continua pas ses études de droit, mais il étudia la théologie et se mit en marche vers le sacerdoce dans l'Ordre de saint Augustin. Sur ce chemin, ce n'était pas ceci ou cela qui l'intéressait. Ce qui ne lui donnait pas la paix était la question de Dieu, qui fut la passion profonde et le ressort de sa vie et de son itinéraire tout entier. « Comment puis-je avoir un Dieu miséricordieux ? » Cette question lui pénétrait le cœur et se trouvait derrière chacune de ses recherches théologiques et chaque lutte intérieure. Pour lui, la théologie n'était pas une question académique, mais la lutte intérieure avec lui-même, et ensuite c'était une lutte par rapport à Dieu et avec Dieu.

« Comment puis-je avoir un Dieu miséricordieux ? » Que cette question ait été la force motrice de tout son chemin, me touche toujours à nouveau. Qui, en effet, se préoccupe aujourd'hui de cela, même parmi les chrétiens ? Que signifie la question de Dieu dans notre vie ? Dans notre annonce ? La plus grande partie des gens, même des chrétiens, tient aujourd'hui pour acquis que Dieu, en dernière analyse, ne s'occupe plus de nos péchés et de nos vertus. Il sait, en effet, que nous sommes tous que chair. Si aujourd'hui, on croit encore en un au-delà et en un jugement de Dieu, alors presque tous nous présupposons en pratique que Dieu doit être généreux, et, qu'à la fin, dans sa miséricorde, il ignorera nos petites fautes. Mais nos fautes sont-elles vraiment si petites ? Le monde n'est-il pas dévasté à cause de la corruption des grands, mais aussi à cause de celle des petits, qui pensent seulement à leurs propres intérêts ? N'est-il pas dévasté par le pouvoir des drogues, qui vit du désir de vie et d'argent d'une part, et de l'autre, par l'addiction à la jouissance des personnes qui lui sont adonnées ? N'est-il pas menacé par la disposition croissante à la violence qui se revêt souvent de la religiosité ? La faim et la pauvreté pourraient-elles dévaster autant de parties entières du monde si, en nous, l'amour de Dieu et, à partir de Lui, l'amour pour le prochain, pour les créatures de Dieu, les hommes, étaient plus vivants ? Les questions en ce sens pourraient continuer. Non, le mal n'est pas une bagatelle. Et il ne pourrait être aussi puissant si nous mettions vraiment Dieu au centre de notre vie. La question : quelle est la position de Dieu à mon égard, comment je me situe moi devant Dieu ? - cette question brûlante de Martin Luther doit devenir de nouveau, et certainement sous une forme nouvelle également notre question. Je pense que c'est là le premier appel que nous devrions entendre dans la rencontre avec Martin Luther.

Et alors, est important : Dieu, le Dieu unique, le Créateur du ciel et de la terre, est quelque chose d'autre qu'une hypothèse philosophique sur les origines du cosmos. Ce Dieu a un visage et il nous a parlé. Dans l'homme Jésus Christ, il est devenu l'un de nous – à la fois vrai Dieu et vrai homme. La pensée de Luther, sa spiritualité toute entière était complètement christocentrique : « Ce qui promeut la cause du Christ » était pour Luther le critère herméneutique décisif dans l'interprétation de la Sainte Écriture. Cela suppose toutefois que le Christ soit le centre de notre spiritualité et que l'amour pour Lui, le vivre ensemble avec Lui oriente notre vie.

Maintenant vous direz peut-être : c'est bien et bon ! Mais qu'a à voir tout cela avec notre situation œcuménique ? Tout cela n'est peut-être seulement qu'une tentative d'éluder, avec tant de paroles, les problèmes urgents dans lesquels nous attendons des progrès pratiques, des résultats concrets ? A ce sujet, je réponds : la chose la plus nécessaire pour l'œcuménisme est par-dessus tout que, sous la pression de la sécularisation, nous ne perdions pas presque par inadvertance les grandes choses que nous avons en commun, qui en elles-mêmes nous rendent chrétiens et qui sont restées comme don et devoir. C'était l'erreur de l'âge confessionnel d'avoir vu en majeure partie seulement ce qui sépare, et de ne pas avoir perçu de façon existentielle ce que nous avons en commun dans les grandes directives de la Sainte Écriture et dans les professions de foi du christianisme antique. Le grand progrès œcuménique des dernières décennies est que nous nous soyons rendu compte de cette communion et que nous pouvons la reconnaître comme notre fondement impérissable dans la prière et le chant communs, dans l'engagement commun pour l'ethos chrétien face au monde, dans le témoignage commun du Dieu de Jésus Christ en ce monde.

Le danger de la perdre n'est pas irréel, malheureusement. Je voudrais ici faire remarquer deux aspects. Ces derniers temps, la géographie du christianisme a profondément changé et est en train de continuer à changer. Devant une forme nouvelle de christianisme, qui se diffuse avec un immense dynamisme missionnaire, parfois préoccupant dans ses formes, les Églises confessionnelles historiques restent souvent perplexes. C'est un christianisme de faible densité institutionnelle, avec peu de bagage rationnel et encore moins de bagage dogmatique et aussi avec peu de stabilité. Ce phénomène mondial nous place tous devant la question : Qu'est-ce-que cette nouvelle forme de christianisme a à nous dire de positif et de négatif ? En tous cas, elle nous met de nouveau face à la question de savoir ce qui demeure toujours valable, et ce qui peut ou doit être changé, par rapport à la question de notre choix fondamental dans la foi.

Plus profond et plus sensible dans notre Pays, est le second défi pour la chrétienté tout entière, dont je voudrais vous parler. Il s'agit du contexte du monde sécularisé, dans lequel nous devons vivre et témoigner aujourd'hui notre foi. L'absence de Dieu dans notre société se fait plus pesante, l'histoire de sa Révélation, dont nous parle l'Écriture, semble reléguée dans un passé qui s'éloigne toujours davantage. Faut-il peut-être céder à la pression de la sécularisation, devenir modernes moyennant une édulcoration de la foi ? La foi doit être repensée, naturellement, et surtout elle doit être vécue aujourd'hui d'une manière nouvelle pour devenir quelque chose qui appartient au présent. Mais ce n'est pas l'édulcoration de la foi qui aide, mais seulement le fait de la vivre entièrement dans notre aujourd'hui. C'est une tâche œcuménique centrale. En cela nous devrions nous entraider à croire de façon plus profonde et plus vivante. Ce ne seront pas les tactiques qui nous sauveront, qui sauveront le christianisme, mais une foi repensée et vécue d'une façon nouvelle, par laquelle le Christ, et avec Lui le Dieu vivant, entre dans notre monde. Comme les martyrs de l'époque nazie nous ont conduits les uns vers les autres, et ont suscité la première grande ouverture œcuménique, ainsi aujourd'hui encore, la foi, vécue à partir du plus profond de nous-mêmes, dans un monde sécularisé, est la force œcuménique la plus forte qui nous réunit, nous guidant vers l'unité dans l'unique Seigneur."

Michel Janva

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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Ven 23 Sep 2011, 17:41

La confiance a grandi entre juifs et catholiques, se réjouit Benoît XVI

Le pape rencontre de la communauté juive à Berlin


ROME, Jeudi 22 septembre 2011 (ZENIT.org) – « Avec le refus du respect pour le Dieu unique se perd toujours aussi le respect pour la dignité de l’homme », a déclaré Benoît XVI devant une représentation de la communauté juive allemande. Le pape se réjouit que la confiance ait grandi entre catholiques et juifs. Il y discerne leur responsabilité commune dans la société.

Le pape dénonce à nouveau le racisme du nazisme et Hitler comme une « idole païenne » dressée contre le Dieu de la Bible. Il souligne l’importance de la déclaration conciliaire « Nostra Aetate ». Il invite les chrétiens à se « rendre toujours plus compte » de leur « affinité intérieure avec le judaïsme », expliquant notamment que « le discours sur la Montagne n’abolit pas la Loi mosaïque ». Il affirme que le dialogue entre juifs et chrétiens « doit renforcer la commune espérance en Dieu » car « sans cette espérance, la société perd son humanité. »

La confiance a grandi

D’emblée le pape a souligné qu’il était « heureux » de cette rencontre, et il a remercié le président de la communauté, Dieter Graumann, « pour ses aimables paroles de bienvenue », en ajoutant : « Elles me montrent combien a grandi la confiance entre le Peuple juif et l’Église catholique, qui ont en commun une partie non négligeable de leurs traditions fondamentales. En même temps, nous savons bien, tous, qu’une communion affectueuse et compréhensive entre Israël et l’Église, dans le respect réciproque de l’être de chacun, doit toujours encore continuer à croître, et qu’elle est à inclure profondément dans l’annonce de la foi. »

Dans son discours au Bundestag, le pape avait juste auparavant souligné l’importance de la contribution de « Jérusalem » à la construction de la culture européenne, par sa rencontre avec « Athènes » et « Rome ».

Le pape n’a pas manqué de rappeler certaines étapes importantes pour la construction de cette confiance, notamment sa visite du 18 août 2005 à la synagogue de Cologne, où il a été accueilli par le rabbin Teitelbaum. Celui-ci, a souligné le pape « a parlé de la mémoire comme l’une des colonnes dont on a besoin pour fonder sur elle un avenir pacifique ».

Une mémoire tragique

Et d’ajouter cette évocation de la Shoah et de ses conséquences : « Aujourd’hui, je me trouve dans un lieu central de la mémoire, d’une mémoire effroyable : d’ici fut projetée et organisée la Shoah, l’élimination des citoyens juifs en Europe. Avant la terreur nazie en Allemagne vivaient environ un demi million de juifs, qui constituaient une composante stable de la société allemande. Après la deuxième guerre mondiale, l’Allemagne fut considérée comme le « Pays de la Shoah » où, au fond, on ne pouvait plus vivre. Au début il n’y avait pratiquement plus aucun effort pour refonder les anciennes communautés juives, même si de l’Est arrivaient continuellement des personnes seules et des familles juives. Beaucoup d’entre elles voulaient émigrer et se construire une nouvelle existence, surtout aux Etats-Unis ou en Israël. »

Le pape a aussi évoqué la tragédie de la « Kristalnacht » : lui-même avait 11 ans. Rappelons que ses parents étaient anti-nazis, abonnés, jusqu’à son interdiction, au journal anti-nazi de Bavière « Der Gerade Weg », dont le rédacteur en chef, Fritz Gerlich (1883-1934), avait été arrêté et était mort au camp de concentration de Dachau.

Le pape a souligné combien peu de gens ont vu clair sur la portée de la Nuit de Cristal : « En ce lieu, il faut aussi rappeler le pogrom de la « nuit de cristal » du 9 au 10 novembre 1938. Seulement peu de personnes percevront toute la portée de cet acte de mépris comme le perçut le prévôt du Chapitre berlinois, Bernhard Lichtenberg qui, de la chaire de la cathédrale de Sainte-Hedwige, cria : « Le Temple est en flammes dehors – et il est aussi une maison de Dieu ». »

Lichtenberg (1875 -1943) mourut lui aussi à Dachau : il a été déclaré « Juste parmi les Nations » par le mémorial de la Shoah de Yad VaShem, à Jérusalem. Il a été béatifié par Jean-Paul II le 23 juin 1996, au stade olympique de Berlin, en même temps qu’un autre opposant au nazisme, Karl Leisner, jeune prêtre ordonné clandestinement à Dachau par Mgr Gabriel Piguet, évêque de Clermont-Ferrand, également déporté.

Nouvelle floraison de la communauté juive

Benoît XVI dénonce une nouvelle fois le « mythe raciste » du nazisme et Hitler comme une « idole païenne » : « Le régime de terreur du national-socialisme se fondait sur un mythe raciste, dont faisait partie le refus du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, du Dieu de Jésus Christ et des personnes croyantes en lui. Le « tout-puissant » Adolf Hitler était une idole païenne, qui voulait se mettre à la place du Dieu biblique, Créateur et Père de tous les hommes. »

Le thème du voyage du pape est « là où il y a Dieu il y a un avenir ». Il explique, en tirant les leçons du nazisme : avec « le refus du respect pour ce Dieu unique se perd toujours aussi le respect pour la dignité de l’homme. Ce dont est capable l’homme qui refuse Dieu et quel visage peut prendre un peuple dans le « non » à ce Dieu, les horribles images provenant des camps de concentration à la fin de la guerre l’ont révélé. »

Le pape s’est réjoui de ce qu’il appelle un « nouveau développement » et même une « nouvelle floraison de la vie juive en Allemagne », et il salue spécialement le « grand mérite » de la communauté juive « pour son œuvre d’intégration des immigrés est-européens. »

Dialogue de l’Eglise et du Judaïsme

Benoît XVI s’est réjoui de constater que le « dialogue » de l’Eglise catholique et du Judaïsme « s’approfondit » en citant Nostra Aetate : « L’Église ressent une grande proximité avec le peuple juif. Avec la Déclaration Nostra aetate du Concile Vatican II, on a commencé à « parcourir un chemin irrévocable de dialogue, de fraternité et d’amitié » (Discours à la Synagogue de Rome, 17 janvier 2010). »

Le pape affirme l’universalité de ce principe dans la continuité avec le pontificat de Jean-Paul II : « Ceci vaut pour l’Église catholique tout entière, dans laquelle le bienheureux Pape Jean-Paul II s’est engagé de façon particulièrement vigoureuse en faveur de ce nouveau chemin. Ceci vaut évidemment aussi pour l’Église catholique en Allemagne qui est bien consciente de sa responsabilité particulière en cette matière. »

Le pape a cité les « rencontres annuelles entre Évêques et Rabbins », les « colloques structurés avec le Conseil central des Juifs », la fondation d’un forum « Juifs et Chrétiens », par le Comité Central des Catholiques allemands et notamment « la rencontre historique pour le dialogue judéo-chrétien de mars 2006, avec la participation du Cardinal Walter Kasper ».

« Le salut vient des Juifs »

Le pape invite les chrétiens à se « rendre toujours plus compte » de ce qu’il appelle leur « affinité intérieure avec le judaïsme ». Il propose une herméneutique de la continuité et non de la rupture dans le plan de salut de Dieu : « Pour les chrétiens il ne peut y avoir une rupture dans l’événement du salut. Le salut vient justement des Juifs (cf. Jn 4, 22). Là où le conflit de Jésus avec le Judaïsme de son temps est vu de manière superficielle comme un détachement de l’Ancienne Alliance, il finit par être réduit à une idée de libération qui considère la Torah seulement comme l’observance servile de rites et de prescriptions extérieures. De fait, le discours sur la Montagne n’abolit pas la Loi mosaïque, mais il révèle ses possibilités cachées et fait émerger de nouvelles exigences. Il nous renvoie au fondement le plus profond de l’agir humain, au cœur, où l’homme choisit entre le pur et l’impur, où se développent la foi, l’espérance et l’amour. »

Le pape réaffirme le « message d’espérance » transmis par la Bible. Il conclut sur la « responsabilité commune » des croyants « pour le développement de la société, laquelle possède toujours aussi une dimension religieuse ».

Anita S. Bourdin

http://www.zenit.org/article-29010?l=french
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Philippe Fabry
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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Ven 23 Sep 2011, 17:45

Cela va faire grincer des dents les esprits binaires, mais tant pis :
Citation :
Hommage de Benoît XVI à Luther, un geste vers les protestants






Benoît XVI, à Erfurt (Allemagne de l'Est), le 23 septembre 2011

© POOL/AFP Frank Augstein



ERFURT
(Allemagne) (AFP) - (AFP) - Benoît XVI a rendu hommage vendredi à
Luther, un geste fort à l'égard des protestants à Erfurt (Est) où fut
pensée la Réforme, mais sans faire d'annonces concrètes concernant
l'oecuménisme.

"Ce qui ne
laissait pas (Luther) en paix était la question de Dieu, qui fut la
passion profonde et le ressort de sa vie et de son itinéraire tout
entier", a déclaré le pape au couvent des Augustins où le penseur de la
Réforme, alors encore catholique, a vécu de 1505 à 1511.

Benoît XVI a
prononcé ce discours très attendu dans la salle du chapitre, lors d'une
rencontre à huis clos, pendant une demi-heure, avec vingt délégués de
l'Eglise protestante allemande.

"La pensée de
Luther, sa spiritualité toute entière était complètement centrée sur le
Christ", a ajouté le Souverain pontife, dont un grand maître à penser
est Saint-Augustin dont se réclamait l'ordre des Augustiniens. Un
élément qui le rapproche de Luther.

"Comment puis-je
avoir un Dieu miséricordieux: cette question pénétrait le coeur de
Luther et se trouvait derrière chacune de ses recherches théologiques et
chaque lutte intérieure", a déclaré Benoît XVI, en exprimant son
"émotion" d'être venu sur les traces de celui qui devait fonder la
Réforme.

Le pape a ensuite
concélébré un service oecuménique dans l'église médiévale du couvent où
Luther fut ordonné prêtre en 1507 et où il lut sa première messe le 2
mai la même année.





au stade de Berlin, lors du discours de Benoît XVI, le 22 septembre 2011

© AFP Johannes Eisele


Devant environ 300
personnalités, dont la chancelière allemande Angela Merkel, fille de
pasteur, et le Président de la république Christian Wulff, catholique,
il a appelé les catholiques et luthériens à valoriser tout ce qui les
unit face à des dangers comme l'expansion des sectes évangélistes.

"Dans une
rencontre oecuménique, nous ne devrions pas seulement déplorer les
divisions et les séparations, mais bien remercier Dieu pour tous les
éléments d'unité qu'il a conservés pour nous", a-t-il dit.

Pendant la
cérémonie, un psaume a été lu dans la traduction originale de Luther par
l'évêque luthérien de Braunschweig, Friedrich Weber.

Un symbole fort
puisque les problèmes du prêtre avec sa hiérarchie ont commencé
lorsqu'il a entrepris de traduire la Bible en langue vernaculaire pour
que les fidèles la comprennent.

Depuis son
élection, le pape a envoyé des signaux contradictoires en matière
d'oecuménisme, un sujet qu'il connaît bien car son pays natal compte
autant de protestants, essentiellement luthériens, que de catholiques:
24,1 millions pour les premiers, 24,6 millions pour les seconds.





Messe de Benoît XVI, à l'église des Augustins à Erfurt (Allemagne de l'Est), le 23 septembre 2011.

© AFP Christof Stache


Dans la matinée, Benoît XVI
avait appelé à un meilleur dialogue entre chrétienté et islam, au
deuxième jour d'un voyage marathon dans son pays natal.

"Je pense qu'une
collaboration féconde entre chrétiens et musulmans est possible", avait
estimé Benoît XVI en recevant à Berlin des représentants de l'islam en
Allemagne.

Après cette
rencontre, le Conseil des musulmans en Allemagne a estimé que cette
rencontre était une "grande chance" pour stimuler le dialogue
chrétien-musulman. "C'était un signe important et bienfaisant", a
déclaré le porte-parole du Conseil, Aiman Mazyek.

En fin
d'après-midi, Benoît XVI devait se rendre dans le lieu de pélerinage
d'Etzelsbach, enclave catholique dans les terres protestantes de l'est
de l'Allemagne, où quelque 50.000 personnes sont attendues.

_________________
"Les désastres nous enseignent l'humilité" Saint Anselme de Canterbury
« N’attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir que l’on ne saurait, au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième. » Frédéric Bastiat
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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Ven 23 Sep 2011, 18:06

ça ne fait pas grincer des dents, car Luther fait partie de l'histoire chrétienne quoiqu'on en pense, et l'on doit comprendre la réforme et la contre-réforme.

mais si jamais un jour, comme le pensent certains dans l'avant-dernier §, quelqu'un rend hommage à mahomet... je crois que je n'aurais jamais assez de mots durs. Tolérer le geste impie de JPII est une chose, mais une seconde fois, et la messe sera dite.

Mais bon, je me souviens que BXVI avait très bien clarifié tout ça à ratisbonne.
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Fox77



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Ven 23 Sep 2011, 23:02

Citation :
il a appelé les catholiques et luthériens à valoriser tout ce qui les
unit face à des dangers comme l'expansion des sectes évangélistes.
Citation :
"La pensée de
Luther, sa spiritualité toute entière était complètement centrée sur le
Christ", a ajouté le Souverain pontife
Oui, Luther est mort et enterré... Par contre les évangéliques sont la nouvelle menace Rolling Eyes (comme si les évangéliques ne mettaient pas Jésus en avant eux aussi...De plus la foi des évangéliques est plus proche de celle de Luther que celle de Luther de celle des catholiques)

Ca me rappelle le sketch: les noirs, les arabes,les juifs, tous ensemble ... Contre les chinois !!

C'est vieux comme le monde ... Désigner un ennemi, pour s'attirer des bonnes graces.

C'est sûr que l'église luthérienne s'est dépeuplé au profit des évangéliques, exactement comme les églises catholiques.

Bravo Votre sainteté, très bien joué! C'est gonflé !!

Honteux, moi je dis, hypocrite et opportuniste même. Ca me dégoute. Qu'il aille embrasser le Coran !



Fox vraiment choqué et dégouté




Dernière édition par Fox77 le Ven 23 Sep 2011, 23:33, édité 1 fois
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outreneuve



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Ven 23 Sep 2011, 23:26

Je te comprends Fox, même si je ne suis d'aucune mouvance...
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Fox77



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Ven 23 Sep 2011, 23:46

Je te remercie Outreneuve... Je me sent moins seul.

Je m'interroge:
Est ce que le pape est en plein calcul stratégique pour récupérer une église luthérienne moribonde?
Dans quel but ?
J'ai peur de comprendre... pale

Autre question:
Est ce que la fin justifie les moyens pour un pape ?
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Ven 23 Sep 2011, 23:49

Quant à moi, les évangéliques ne sont pas une menace. Je ne sais pas pourquoi il a dit ça... Confused

L'islamisation de l'Occident est bien plus préoccupant que les sectes évangéliques.
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outreneuve



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Ven 23 Sep 2011, 23:57

Je vois ça aussi comme une stratégie qui couvre une certaine culpabilité d'avoir perdu des millions de fidèles qui veulent qu'on leur parle du Christ Vivant !

Un pansement sur une jambe de bois.





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outreneuve



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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Sam 24 Sep 2011, 00:06

Angela Merkel a du beaucoup apprécier Smile


Citation :
Il est « important – a affirmé Angela Merkel, elle-même membre de l’Eglise évangélique – de souligner encore aujourd’hui l’unité des chrétiens à une époque où la sécularisation avance, et il faudrait toujours se souvenir de ce que les chrétiens ont en commun », a-t-elle ajouté.

Encore une gaffe diplomatique ?
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Philippe Fabry
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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Sam 24 Sep 2011, 00:07

Simon1976 a écrit:
Quant à moi, les évangéliques ne sont pas une menace. Je ne sais pas pourquoi il a dit ça... Confused

L'islamisation de l'Occident est bien plus préoccupant que les sectes évangéliques.

Au contraire, les évangéliques sont une menace. Fred l'a bien expliqué ailleurs : les évangéliques sont porteurs d'une hargne contre l'Eglise catholique. Ils sont les héritiers d'une tradition américaine d'anti-catholicisme.
C'est peut-être moins marqué chez les évangéliques européens, d'où le fait que Fox se sente agressé.

Se préoccuper de l'Islam est une crainte européano-centrée. En Afrique, en Amérique du Sud et en Chine, le concurrent c'est les évangéliques, pas l'Islam.

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Philippe Fabry
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MessageSujet: Re: Le délicat voyage du Pape en Allemagne   Sam 24 Sep 2011, 00:11

outreneuve a écrit:
Angela Merkel a du beaucoup apprécier Smile


Citation :
Il est « important – a affirmé Angela Merkel, elle-même membre de l’Eglise évangélique – de souligner encore aujourd’hui l’unité des chrétiens à une époque où la sécularisation avance, et il faudrait toujours se souvenir de ce que les chrétiens ont en commun », a-t-elle ajouté.

Encore une gaffe diplomatique ?

L'Eglise Evangélique en Allemagne est un groupement d'églises luthériennes, ce n'est pas une évangélique (oui, c'est compliqué les dénominations chez les protestants).

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