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 concentration lors de la prière

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vincent1606



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MessageSujet: concentration lors de la prière   Mer 17 Aoû 2011, 05:38

Bonjour à tous,

Petit à petit je me remet à prier depuis plusieurs moi, et j'essaie au moins de faire un chapelet par semaine. Seulement mon problème, c est que j'arrive à rester à peut prêt concentrer lors d'une courte prière, mais lors du récit d'un chapelet (3/4h) c est garantie que je vais me mettre à penser à autre chose qu'à la Trinité (petit tracas dans ma vie, des choses à faire etc...). C est indépendant de ma volonté, mais c est comme ca.

Vous avez des trucs à et astuces pour rester concentrer sur sa prière?
merci :bienmal:
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: concentration lors de la prière   Mer 17 Aoû 2011, 06:49

Cher Vincent, ne vous inquiétez pas de ces distractions et continuez !

_________________
Arnaud
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spidle33



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MessageSujet: Re: concentration lors de la prière   Mer 17 Aoû 2011, 10:37

vincent1606 a écrit:
Bonjour à tous,

Petit à petit je me remet à prier depuis plusieurs moi, et j'essaie au moins de faire un chapelet par semaine. Seulement mon problème, c est que j'arrive à rester à peut prêt concentrer lors d'une courte prière, mais lors du récit d'un chapelet (3/4h) c est garantie que je vais me mettre à penser à autre chose qu'à la Trinité (petit tracas dans ma vie, des choses à faire etc...). C est indépendant de ma volonté, mais c est comme ca.

Vous avez des trucs à et astuces pour rester concentrer sur sa prière?
merci :bienmal:
Entre prier avec des distractions, et ne pas prier du tout, n'hésitez plus !

Les distractions font partie de l'expérience même de la prière. Elles ne snot pas graves si le désir reste de prier avec ferveur et de ne pas les laisser prendre totue la place.

Moi, il y a plein d'idées et de réflexions qui me sont venues en priant, dont certaines qui m'ont bien inspirées.
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: concentration lors de la prière   Mer 17 Aoû 2011, 13:23

J'avais pris l'habitude de réciter un chapelet chaque jour mais j'ai laissé tomber. Il m'arrivait aussi d'être distrait durant ma récitation... ce n'est pas agréable...
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Enlui



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MessageSujet: Re: concentration lors de la prière   Jeu 18 Aoû 2011, 01:41

Je pense comme Maxime,Spiddle et Arnaud.

Lorsque tu sens que ta pensée s'évade,t’inquiète pas , c'est normal et sache que ce ne sera pas toujours pareil.
Pour te remettre sur les rails :passer par des temps de récitation en pensant/ressentant chacun des mots.
Cela recentre. dwarf
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Beta-Rhéteur



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MessageSujet: Re: concentration lors de la prière   Jeu 18 Aoû 2011, 05:48

Le Seigneur veut-il que tu fasses une "bonnes prière" ou que tu lui donnes ton coeur ?

Quand tu t’aperçoit que ta prière est distraite, donne ton coeur au Seigneur et continu ta prière.

(A titre personnel, je te conseillerais de ne pas prendre plus de 20 ou 25 min pour un chapelet. Si tu as beaucoup de temps, récites-en deux. Pour le reste, je te recommande vraiment beaucoup la lecture de la lettre apostolique de Jean-Paul II sur le rosaire ROSARIUM VIRGINIS MARIAE, qu'on peut trouver ici : http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_letters/documents/hf_jp-ii_apl_20021016_rosarium-virginis-mariae_fr.html , c'est un véritable trésor)

Une autre pensée : que faut-il faire pour que le Seigneur nous aime ?
Rien, il est impossible qu'il ne nous aime pas (Mais on peut accueillir son amour et y répondre, par contre) Very Happy
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Philippe Fabry
Administrateur


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MessageSujet: Re: concentration lors de la prière   Jeu 18 Aoû 2011, 10:50

vincent1606 a écrit:
Bonjour à tous,

Petit à petit je me remet à prier depuis plusieurs moi, et j'essaie au moins de faire un chapelet par semaine. Seulement mon problème, c est que j'arrive à rester à peut prêt concentrer lors d'une courte prière, mais lors du récit d'un chapelet (3/4h) c est garantie que je vais me mettre à penser à autre chose qu'à la Trinité (petit tracas dans ma vie, des choses à faire etc...). C est indépendant de ma volonté, mais c est comme ca.

Vous avez des trucs à et astuces pour rester concentrer sur sa prière?
merci

Je récitais, comme Simon, le chapelet tous les jours à une époque. Moi par contre ça durait qu'un quart d'heure (ou bien vous faites le rosaire, grosso modo trois chapelets ?).

J'ai mes périodes : il y a des moments où je m'y remets, et des moments où j'en reviens juste à ma petite prière du soir.

Par contre ce qui est certain c'est que j'en suis toujours venu à penser à autre chose effectivement : petits tracas du quotidien, liste des courses... Mais je pense que ce n'est pas important : prier le chapelet, c'est avant tout se mettre en présence de Dieu avec la volonté de passer un moment avec Lui. Si des petits tracas vous viennent à l'esprit, c'est un peu comme quand vous racontez votre journée à votre épouse le soir. Dans le même ordre d'idée je me dis que si cela fait plaisir à ma femme que je m'asseye à côté d'elle le soir devant la télé, juste pour être ensemble, même si moi je ne regarde pas la télé et que je bouquine, Dieu et la sainte Vierge doivent être contents que je me mette simplement en leur présence par le chapelet. Et moi je suis content d'y être, même si je pense à autre chose. C'est de toute façon un moment privilégié, d'intimité.

En tout cas, dans l'esprit "petite voie" de sainte Thérèse, c'est comme ça que je vois mon humble petit chapelet quand je le récite.

_________________
"Les désastres nous enseignent l'humilité" Saint Anselme de Canterbury
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spidle33



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MessageSujet: Re: concentration lors de la prière   Jeu 18 Aoû 2011, 11:02

D'ailleurs je me suis dit quelque chose (en écoutant une chanson sur l'annonciation de mon Papa :P) :
En fait, le "Je vous salue Marie" reprend la salutation de l'ange !
Pour Marie, c'est un événement extraordinaire, dans sa vie intime, qu'elle a vécu !
Et chaque fois qu'on lui redit ces mots, il revient à sa mémoire ce moment si unique et merveilleux de l'annonciation.

Bref, je m'imagine combien elle doit être joyeuse chaque fois qu'elle l'entend !
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Espérance
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MessageSujet: Re: concentration lors de la prière   Jeu 18 Aoû 2011, 11:10

Une question me trotte depuis le début de ce fil : peut-on savoir quand notre prière est "bonne" ou pas ?
Aussi, merci Philippe pour votre dernière réponse. Moi aussi, je récite le chapelet tous les soirs, souvent au lit avant de m'endormir... me disant, comme maman, que si je ne termine pas, les anges le feront à ma place...
Et c'est vrai qu'un tas de pensées passent ! je culpabilise parfois, car j'essaie de visualiser les mystères en disant le chapelet et bien souvent, je ne tiens pas longtemps.
Alors, comme vous dites, me dire que je suis là et c'est tout, c'est bon.
En tout cas, ce temps de chapelet est aussi un moyen psychologique peut être pour me calmer et couper avec la journée qui se termine.

_________________
"A Jésus par Marie" (devise des Enfants de Marie)
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Beta-Rhéteur



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MessageSujet: Re: concentration lors de la prière   Jeu 18 Aoû 2011, 12:34

Espérance a écrit:
Une question me trotte depuis le début de ce fil : peut-on savoir quand notre prière est "bonne" ou pas ?
[...]
En tout cas, ce temps de chapelet est aussi un moyen psychologique peut être pour me calmer et couper avec la journée qui se termine.

Je crois qu'on ne dois pas chercher à savoir si notre prière est bonne ou pas. Puisque c'est l'union de notre âme avec Dieu, ce serait comme remplacer la relation personnelle d'amour par la technique.
(Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas des moyens de nous aider dans notre prière. Mais si on pense à la prière comme à une relation personnelle, ça relativise pas mal le coté "bon/pas bon")

Dans le même ordre d'idée, le fait que la prière puisse nous faire du bien psychologiquement, c'est très bien. Cependant, si c'est ce qu'on recherche ou si c'est la condition pour qu'on prie, cela ramène la prière à une technique, encore. Je crois qu'il faut surtout purifier nos intentions, car c'est ce que Dieu regarde. Si notre intention est droite, on cherchera, du coup, la vérité sur notre relation avec Dieu et cela nous conduira dans la voie de la vraie croissance spirituelle.

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Invité



MessageSujet: Re: concentration lors de la prière   Jeu 18 Aoû 2011, 12:56

Espérance a écrit:
Aussi, merci Philippe pour votre dernière réponse. Moi aussi, je récite le chapelet tous les soirs, souvent au lit avant de m'endormir... me disant, comme maman, que si je ne termine pas, les anges le feront à ma place...
Et c'est vrai qu'un tas de pensées passent ! je culpabilise parfois, car j'essaie de visualiser les mystères en disant le chapelet et bien souvent, je ne tiens pas longtemps.
si tu pries jusqu'à t'endormir, c'est obligé que tu "décroches" à un moment pour partir en succession de pensées plus ou moins conscientes jusqu'au sommeil ! rien à voir avec la vraie déconcentration.
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Michel-Galgani



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MessageSujet: Re: concentration lors de la prière   Ven 19 Aoû 2011, 00:22

Moi j ai aussi un problemes qui dure depuis plusieurs semaines, au point que j ai plus ou moins arreter de prier, je suis venue a Dieu recemment environ deux ans, je n ai pas etait élevé dans la religion catholiques, dans ma famille c est du 100% athée, j etais plus dans le genre Laic meme plutot anti-religion, et un jour des choses on fait que j ai changé, et au debut de ma conversion, mes prieres etait agreable,j arrive pas a decrire la sensation, comme lorsque l été arrive, qu on se sent bien ou comme l enfance, une sensation de bien etre, enfin bref, mais depuis quelques temps quadn je prie je ne pense pas a ma liste de courses ou autres, mais a ce passage
Matthieu 7.21. Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux.
22 Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom?
23 Alors je leur dirai ouvertement: Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité

en faite si dans la journée , j ai peche, menti, manqué de charité ou autres choses, j ai cette phrase en tete, et j ai cette pensé, comment ose tu te presenté devant dieu, tu peche la journée et vienss te donner bonne conscience le soir, j imagine Jésus me tournant le dos, alors je prie et c est le vide, je ressens rien, c est vraiment l enfer cette sensation.
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Arc-en-Ciel



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MessageSujet: Re: concentration lors de la prière   Ven 19 Aoû 2011, 00:57

Cher Michel-Galgani, j'ai retenu sur une prière qu'un Père Carme m'avait donnée que ces 2 phrases qui m'ont aidée beaucoup.
C'est une prière à Marie, mais tu peux l'adresser au Seigneur, c'est pareil :

"Tout ce qui a été un peu amour, fais le grandir en ton Coeur.
Tout ce qui a manqué d'amour, transforme le en ton Coeur"

Dans le Notre Père, n'oubliez pas que cette prière que nous a donné Jésus, est une demande de pardon.

Et j'aime beaucoup, aussi, la consécration à Marie de St Louis Marie Grignion de Montfort.

Lorsque vous dites :
"et j ai cette pensée, comment ose tu te presenter devant Dieu, tu pèches la journée et viens te donner bonne conscience le soir, j imagine Jésus me tournant le dos, alors je prie et c'est le vide, je ressens rien, c est vraiment l'enfer cette sensation."

Cela s'appelle des scrupules, que "l'autre" vient amplifier pour vous détourner de la prière et vous couper de la relation en notre Seigneur.

Chassez cette idée. Marie vous y aidera.
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Enlui



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MessageSujet: Re: concentration lors de la prière   Ven 19 Aoû 2011, 01:26

Bisous rubans enluminés!
________________

Michell,tu es un enfant en Christ alors que pour ton autre part de toi-même tu es ce "vieil homme" à l'étroit dans ses lumières naturelles et ses lourdeurs .
Sais-tu que Dieu accueille cet enfant et le chérit ? Il te regarde par l'amour de son Fils.Dans cette lumière tu es lavée et purifiée.

Alors,dépose aux pieds de Dieu égoïsme,vanité,petitesses et empresses-toi de lui babiller ton amour dans un cœur à cœur apaisé.

Ces versets qui te viennent dans la prière,contrebalances-le avec ceux-ci

2 cor.3,11. De fondement, en effet, nul n'en peut poser d'autre que celui qui s'y trouve, c'est-à-dire Jésus Christ.
12. Que si sur ce fondement on bâtit avec de l'or, de l'argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, de la paille,
13. l'œuvre de chacun deviendra manifeste ; le Jour, en effet, la fera connaître, car il doit se révéler dans le feu, et c'est ce feu qui éprouvera la qualité de l'œuvre de chacun.
14. Si l'œuvre bâtie sur le fondement subsiste, l'ouvrier recevra une récompense ;
15. si son œuvre est consumée, il en subira la perte ; quant à lui, il sera sauvé, mais comme à travers le feu.

A part cela,sache que tout chrétien traverse des périodes de sécheresses intérieures et c'est justement là que notre foi s'éprouve.



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vincent1606



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MessageSujet: Re: concentration lors de la prière   Ven 19 Aoû 2011, 05:42

merci, merci à tous pour vos réponses qui arrivent toutes à la même conclusion. Ce n est pas forcément une prière ratée.

J'avais lu quelque part, que nos prières sont répertoriées dans un tableau. Les bonnes prières sont écrites avec une encre couleur or, et les mauvaises sont écrites dans une autre couleur.

A la fin de notre vie, on compare la quantité de bonnes et mauvaises prières....Ca m'a marqué.
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Beta-Rhéteur



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MessageSujet: Re: concentration lors de la prière   Ven 19 Aoû 2011, 09:45

vincent1606 a écrit:
J'avais lu quelque part, que nos prières sont répertoriées dans un tableau. Les bonnes prières sont écrites avec une encre couleur or, et les mauvaises sont écrites dans une autre couleur.

A la fin de notre vie, on compare la quantité de bonnes et mauvaises prières....Ca m'a marqué.

Quelle catastrophe, mon Dieu ! Je te recommande la parabole de l'enfant prodigue, tu verra que le Père (non le banquier, ni le comptable) ne demande pas grand chose, juste qu'on le laisse nous aimer.
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Miles Templi



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MessageSujet: Re: concentration lors de la prière   Mer 30 Juil 2014, 14:01

Afin de poursuivre sur la concentration je propose un passage d'Elie Lemoine sur le sujet, extrait du chapitre 12 de son Theologia sine Metaphysica nihil, Éditions Traditionnelles, Paris, 1991, pp.256-262.



À propos des conditions d’accès à la pure intellectualité, nous voudrions souligner fortement un point que nous considérons comme très important, et cela d’autant plus qu’il semble bien que beaucoup de ceux qui ont lu René Guénon et qui aspirent à une réalisation, à quelque degré que ce soit, ont tendance à y voir quelque chose de relativement négligeable. Ils se bornent assez souvent, en effet, à étudier la doctrine de la même manière qu’ils le feraient pour un système philosophique, c’est-à-dire d’une façon purement mentale et extérieure, ce qui ne saurait les mener bien loin dans la véritable compréhension. C’est là une disposition d’esprit typiquement occidentale et, en Occident même, devenue presque sans remède. Elle ne fait d’ailleurs que s’accentuer à mesure que les conditions de vie se détériorent et favorisent de plus en plus la dispersion et l’extériorité. Le point sur lequel nous désirons ici appeler l’attention est la nécessité, pour quiconque aspire à la réalisation, de s’exercer vraiment et sérieusement à la concentration. Rappelons seulement à cet égard la mise en garde de René Guénon dans Orient et Occident : « Ceux qui ne sont pas même capables de réfréner leur impatience le seraient encore bien moins de mener à bien le moindre travail d’ordre métaphysique ; qu’ils essaient simplement, à titre d’exercice préliminaire ne les engageant à rien, de concentrer leur attention sur une idée unique, d’ailleurs quelconque, pendant une demi-minute (il ne semble pas que ce soit trop exiger), et ils verront si nous avons tort de mettre en doute leurs aptitudes. » Et Guénon ajoutait en note : Enregistrons ici l’aveu très explicite de Max Müller : « La concentration de la pensée, appelée par les Hindous êkâgratâ (ou êkâgrya) est quelque chose qui nous est presque inconnu. Nos esprits sont comme des kaléidoscopes de pensées en mouvement constant ; et fermer nos yeux mentaux à toute autre chose, en nous fixant sur une pensée seulement, est devenu pour la plupart d’entre nous à peu près aussi impossible que de saisir une note musicale sans ses harmoniques. Avec la vie que nous menons aujourd’hui... il est devenu impossible, ou presque impossible, d’arriver jamais à cette intensité de pensée que les Hindous désignaient par êkâgratâ, et dont l’obtention était pour eux la condition indispensable de toute spéculation philosophique et religieuse. » Naturellement, Guénon faisait remarquer qu’il en était toujours ainsi pour les Hindous et qu’il s’agissait en réalité pour ceux-ci, non de spéculation philosophique et religieuse, mais de spéculation métaphysique exclusivement[1]. Nous pouvons remarquer aussi que Max Müller est mort en 1900 et que, vue de 1990, l’incise « avec la vie que nous menons aujourd’hui » a de quoi — hélas ! — nous faire sourire.



Peut-être n’est-il pas non plus entièrement inutile d’attirer spécialement l’attention sur le lien indiqué par René Guénon dans ce texte entre la « concentration de l’attention sur une idée unique » et « le moindre (nous soulignons moindre) travail d’ordre métaphysique » à l’égard duquel cette concentration constitue comme un « exercice préliminaire ». Il en résulte immédiatement que si quelqu’un se révélait incapable de cet exercice, il le serait encore plus « d’entreprendre un travail sérieux et effectif », il ne lui resterait plus alors qu’à « se retirer spontanément »[2], quelque humiliante que cette démarche puisse lui apparaître, bien qu’en réalité, il n’y ait aucune humiliation à être et à se reconnaître celui que l’on est et non un autre. Mais d’où vient le caractère indispensable et irremplaçable de la concentration ? Il procède directement de sa relation à la connaissance ; c’est ce qu’exprime nettement Guénon dans un autre passage : « La réalisation métaphysique consistant essentiellement dans l’identification par la connaissance, tout ce qui n’est pas la connaissance elle-même n’y a qu’une valeur de moyens accessoires ; aussi le Yoga prend-il pour point de départ et moyen fondamental ce qui est appelé êkâgrya, c’est-à-dire la “concentration”. Cette concentration même est... quelque chose de tout à fait étranger à l’esprit occidental, habitué à porter toute son attention sur les choses extérieures et à se disperser dans leur multiplicité indéfiniment changeante ; elle lui est même devenue à peu près impossible, et pourtant elle est la première et la plus importante de toutes les conditions d’une réalisation effective »[3]. Et plus loin encore : « En tout cas, il faut toujours se souvenir que, de tous les moyens préliminaires, la connaissance théorique est le seul vraiment indispensable, et qu’ensuite, dans la réalisation même, c’est la concentration qui importe le plus et de la façon le plus immédiate, car elle est en relation directe avec la connaissance » (c’est nous qui soulignons)[4].



D’autre part, la concentration évoque l’idée de Centre, et, plus précisément encore, celle du passage de la circonférence au centre de la « roue cosmique », ou, en d’autres termes, de la multiplicité à l’unité. « La multiplicité, étant inhérente à la manifestation, et s’accentuant d’autant plus, si l’on peut dire, qu’on descend à des degrés plus inférieurs de celle-ci, éloigne donc nécessairement du non-manifesté ; aussi l’être qui veut se mettre en communication avec le Principe doit-il avant tout faire l’unité en lui-même, autant qu’il est possible, par l’harmonisation et l’équilibre de tous ses éléments, et il doit aussi, en même temps, s’isoler de toute multiplicité extérieure à lui... La solitude, en tant qu’elle s’oppose à la multiplicité et qu’elle coïncide avec une certaine unité, est essentiellement concentration ; et l’on sait quelle importance est donnée effectivement à la concentration, par toute les doctrines traditionnelles sans exception, en tant que moyen et condition indispensable de toute réalisation. »[5]


On voit quelle différence, et même quelle opposition, il y a entre l’être qui s’exerce effectivement à la concentration et ceux, auxquels nous faisions allusion en commençant, qui se contentent d’une étude extérieure de la doctrine traditionnelle à la façon des philosophes ; « Les philosophes se perdent dans leurs spéculations, les sophistes dans leurs distinctions, les chercheurs dans leurs investigations. Tous ces hommes sont captifs dans les limites de l’espace, aveuglés par les êtres particuliers. »[6]


Une conséquence sur laquelle nous voudrions attirer l’attention parce qu’elle risque d’échapper à beaucoup, aujourd’hui surtout où les individualités ont tendance à s’affirmer de plus en plus, c’est que la concentration dont nous parlons suppose et implique l’effacement du moi. Assurément, cet effacement ne peut être encore que relatif chez celui qui s’exerce à la concentration ; il n’en doit pas moins toujours être lié à celle-ci et devenir d’autant plus total que l’être approche du centre, conformément à l’image de la « roue des choses ». Lorsqu’il sera effectivement parvenu au « point central », toutes les oppositions auront disparu : « Dans l’état primordial, ces oppositions n’existaient pas. Toutes sont dérivées de la diversification des êtres, et de leurs contacts causés par la giration universelle. Elles cesseraient, si la diversité et le mouvement cessaient. Elles cessent d’emblée d’affecter l’être qui a réduit son moi distinct et son mouvement particulier à presque rien. Cet être n’entre plus en conflit avec aucun être, parce qu’il est établi dans l’infini, effacé dans l’indéfini. Il est parvenu et se tient au point de départ des transformations, point neutre où il n’y a pas de conflits. Par concentration de sa nature, par alimentation de son esprit vital, par rassemblement de toutes ses puissances, il s’est uni au principe de toutes les genèses. Sa nature étant entière, son esprit vital étant intact, aucun être ne saurait l’entamer. »[7]


Pour conclure ces quelques considérations et pour en revenir en même temps à ce que nous écrivions plus haut sur l’insuffisance d’une étude « livresque », citons encore René Guénon : « L’Oriental est à l’abri de cette illusion, trop commune en Occident, qui consiste à croire que tout peut s’apprendre dans les livres, et qui aboutit à mettre la mémoire à la place de l’intelligence ; pour lui, les textes n’ont jamais que la valeur d’un “support”... et leur étude ne peut être que la base d’un développement intellectuel, sans jamais se confondre avec ce développement même ; ceci réduit l’érudition à sa juste valeur, en la plaçant au rang inférieur qui seul lui convient normalement, celui de moyen subordonné et accessoire de la connaissance véritable. »[8]


Dans la tradition chrétienne, l’« effacement du moi » dont nous venons de parler se réalise essentiellement par l’« imitation de Jésus-Christ ». Saint Thomas d’Aquin, en effet, et avec lui la tradition catholique tout entière, enseigne que le Seigneur Jésus est Personne divine et qu’il n’y a pas en Lui de « personne humaine », mais seulement une nature humaine. C’est le mystère de l’« union hypostatique » (du grec hypostasis, « personne »). Il enseigne également que la grâce divine, dite « sanctifiante », méritée aux hommes par l’Incarnation et la mort rédemptrice du Verbe, est participation au mystère de l’union hypostatique, autrement dit que ce que le Seigneur Jésus est par nature, le chrétien, le baptisé, l’est par grâce.


Cela étant admis, nous pouvons dire que la « Paix » du Christ, qu’il a donnée aux hommes (« Je vous donne ma Paix »), n’est autre en réalité que l’absence du sens de « moi ». Cette affirmation, qui n’est « inouïe » qu’en apparence, se présente comme une conséquence immédiatement évidente de la doctrine commune de l’Église pleinement comprise et « assentie ». On voit, cependant, qu’elle déborde très largement, par les perspectives qu’elle ouvre, ce qui est « cru » habituellement et généralement par ceux qui l’envisagent seulement de façon extérieure, c’est-à-dire par l’immense majorité des fidèles.


La Paix véritable, disons-nous, c’est l’absence du sens de « moi ». Il faut bien remarquer que nous disons l’« absence » et non le « rejet ». Il serait en effet contradictoire de parler de rejet du sens de « moi », d’une part, parce que la « réalisation », à quelque degré ou niveau qu’on l’envisage, est toujours intégration et jamais rejet (ce qui est rejeté, ce sont les limites, qui n’ont qu’une existence toute négative), et, d’autre part, parce que le « moi » seul rejette (car il est dans sa nature même d’exclure), et donc qu’il ne peut à la fois être exclu et excluant.


La réalisation est toujours intégration. L’absence du sens de « moi » n’est pas en effet le rejet de quelque chose qui aurait, ou aurait eu une quelconque réalité positive, mais nous serions tenté de dire : au contraire — elle est le résultat du passage (qui n’est pas en réalité un changement) de l’ignorance fatale et invincible, qui est celle de l’homme profane, à la véritable Connaissance, c’est-à-dire à la reconnaissance de ce qui est réellement et a toujours été, mais n’avait jusqu’ici, pour cet homme profane, qu’une existence en quelque sorte négative en raison de la « chute originelle » dont les conséquences affectent toute l’humanité présente, l’aveuglant congénitalement sur ce qui est et la rendant étrangère à la Vérité.


Cet aveuglement est définitif et invincible pour le genre humain tout entier et ne peut que dérouler inexorablement toutes ses conséquences néfastes et redoutables, à moins que l’homme « racheté » en principe par la Croix, ne reçoive c’est-à-dire n’accepte de recevoir — la grâce « sanctifiante », qui est, comme nous le disons plus haut à la suite de saint Thomas, participation à la grâce de l’union hypostatique du Christ.



Cette grâce ou, pour employer l’expression guénonienne, cette « influence spirituelle », est en principe proposée à tous (quoi qu’il en soit du « canal » par lequel elle est divinement transmise et du domaine précis où s’exercera son action), car, pour reprendre les termes d’une déclaration publique du pape Paul VI lors de l’audience générale du 7 janvier 1976, il existe « certains secrets de la miséricorde divine dans lesquels se révèlent d’émouvantes ressources du règne de Dieu ». Il reste toutefois que « si tous sont appelés, peu sont élus » (Mt XXII, 14) et qu’il faut donc s’efforcer d’« entrer par la porte étroite, car étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la vie » éternelle (Id., VII, 13-14), et « celui qui voudra sauver sa propre vie, la perdra » (Id., XVI, 25), car, en réalité, en prétendant se l’approprier (« Moi, je vis ! »), il l’a déjà perdue, même s’il l’ignore, et c’est pourquoi il est dit encore : « Laisse les morts enterrer leurs morts » (Id., VIII, 22).



Grâce à cette Paix et dans cette Paix que le Seigneur Christ lui a donnée, l’Homme, sa nature originelle retrouvée, ne connaît plus le monde comme extérieur et étranger, tel qu’il lui apparaissait autrefois et qu’il continue d’apparaître à l’homme profane. Pour lui désormais, plus d’extériorité, d’opposition, de séparation, d’altérité. Le cœur dilaté à la mesure de la Connaissance et de l’Amour divins — mesure sans mesure — il ne distingue plus entre un « dedans » et un « dehors », entre « moi » et « les autres ». Plus rien qui soit « sien » (au sens d’une propriété exclusive), mais aussi plus rien qui ne soit « sien ». Il s’est identifié à tous et à chacun, et dès lors, le monde entier lui apparaît comme un simple prolongement de lui-même. Pour lui, mystérieusement, s’est accomplie l’immense demande : « Que tous soient Un ! » (Jn XVII, 21). L’homme profane, au contraire, s’identifie seulement à son propre corps, et c’est là la condition humaine commune de l’homme déchu, conformément à ce qui est écrit au Livre de la Genèse : « Leurs yeux s’ouvrirent, et ils connurent qu’ils étaient nus » (Gen., III, 7). « Leurs yeux s’ouvrirent », c’est-à-dire que le monde leur était devenu extérieur ; et « ils connurent qu’ils étaient nus », c’est-à-dire que leur peau est désormais pour eux la limite de l’être, puis « yhwh les dispersa sur toute la surface de la terre » (Gen., XI, 8), jusqu’à ses extrémités, et le « Centre du monde » demeura fermé jusqu’à ce que tout soit accompli.



Nous faisions remarquer plus haut que seul le métaphysicien pouvait vraiment reconnaître et admettre sans difficulté l’unité et l’identité du Dieu, Père du Seigneur Jésus, tel que nous Le font connaître les Évangiles, et du Principe divin décrit dans la Prima Pars de la Somme Théologique de saint Thomas d’Aquin, alors que cette unité et cette identité échappent forcément à un non-métaphysicien qui ne peut qu’être déconcerté, voire scandalisé devant la juxtaposition de deux aspects de la Divinité qui lui apparaissent contradictoires et incompatibles entre eux. Au mieux, pourra-t-il les accepter l’un et l’autre par la « foi », c’est-à-dire en faisant confiance à l’Église qui n’a pu s’être trompée en mettant saint Thomas au rang de ses docteurs et en en faisant le « doctor communis » (rappelons aussi le titre bien connu de « doctor angelicus »). Sinon, il ne lui restera plus, aveugle parmi d’autres aveugles, qu’à aller s’agréger à la foule de ces chrétiens qu’on appelle « fondamentalistes », lesquels constituent en quelque sorte ce qu’il y a de plus exotériste dans l’exotérisme lui-même[9].




[1] Orient et Occident, p. 182.

[2] Id.

[3] Introduction générale..., p. 237.

[4] Id.

[5] Mélanges, Gallimard, 1976, p. 45-46.

[6] Tchoang-tseu, XXIV.

[7] Id., XIX.

[8] Introduction générale..., p. 262-263.

[9] Cf. Jean Tourniac, « L’offensive fondamentaliste et l’exotérisme dominateur », dans Vers la Tradition, numéros 15 à 20.
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