DOCTEUR ANGÉLIQUE FORUM CATHOLIQUE

Théologie Spirituelle Catholique
Pour déposer une intention de prière:Agapé
ATTENTION : Les publicités ci-dessous sont indépendantes de notre volonté !
 
AccueilAccueil  PortailPortail  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 Interview du général David Petraeus, nouveau directeur de la CIA

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Philippe Fabry
Administrateur


Masculin Messages : 13954
Inscription : 31/01/2009

MessageSujet: Interview du général David Petraeus, nouveau directeur de la CIA   Ven 29 Juil 2011, 17:19

Le général Petraeus au sommet de la CIA



Barack Obama a fait du commandant en chef en Afghanistan le nouveau patron des services secrets américains. Interview exclusive.

Un entretien à Londres avec Régis le Sommier - Paris Match



Paris Match. Vous quittez l’Afghanistan, pourquoi faire escale en Europe ?
David Petraeus.
Je veux dire à l’Allemagne, à la France et à l’Angleterre le travail
magnifique que leurs fils et filles en uniforme accomplissent là-bas.
Avant mon départ de Kaboul, le lundi 18 juillet, vers 1 heure du matin,
je suis allé assister à la cérémonie de l’embarquement des corps des
soldats français tombés au combat.
Vous mettez fin à trente-sept ans de carrière militaire. Que ressentez-vous ?
Un
tournant pareil vous fait réfléchir. D’abord, j’éprouve une profonde
gratitude pour ce que l’armée m’a offert, mais surtout pour les
opportunités que j’ai eues de servir au cours des dix dernières années :
un an en Bosnie, quatre ans en Irak, dix-neuf mois au commandement
central [CentCom] et, pour finir, l’Afghanistan. J’ai servi aux côtés de
soldats de 49 nations, de diplomates et de personnalités politiques
d’exception. Le président Teddy Roosevelt disait que “le don le plus
précieux de la vie est un travail difficile qui en vaut la peine”.
Avant votre départ, vous vous êtes rendu au Pakistan pour rencontrer
votre homologue, le général Kayani. Les relations se sont dégradées au
point que les Etats-Unis n’ont pas versé les 800 millions de dollars
d’aide à l’armée pakistanaise. Quel est votre sentiment ?

Il y a
une volonté, des deux côtés, de prendre du recul avec les événements des
mois derniers, et avec la frustration qu’ils ont créée. Nous avons de
nombreux objectifs communs, notamment la lutte contre les talibans qui
évoluent de part et d’autre de la frontière.
A propos de Ben Laden, vous avez dû être furieux de découvrir qu’il
vivait, depuis cinq ans, à quelques kilomètres du West Point
pakistanais…

Nous n’avions trouvé aucun signe de connivence de la
part des autorités ­pakistanaises. On le croyait dans une grotte, dans
les zones frontalières. Il ­vivait à Abbottabad, tout près du Saint-Cyr
pakistanais où, il y a quelques ­années, j’avais fait un discours. Mon
­hélicoptère a probablement survolé sa maison en arrivant…
Franchement, ignoriez-vous vraiment qu’il ne vivait pas dans une grotte ?
Pendant des années, nous n’avions aucun renseignement valable sur lui, jusqu’à cette piste qui nous a amenés à Abbottabad.
Se trouvait-il toujours aux commandes d’Al-Qaïda ?
Oui, il
donnait les grandes orientations opérationnelles et administratives, au
travers d’une correspondance abondante. Ce n’est guère surprenant car il
ne pouvait pas faire grand-chose d’autre. Prisonnier de sa maison, il
était conscient des dangers qu’il courait s’il en sortait.
D’après des documents trouvés à Abbottabad, Ben Laden projetait de
vous tuer, vous et le président Obama. Qu’est-ce que cela vous fait ?

Je
figure depuis de nombreuses ­années sur la liste des hommes à abattre
de pas mal d’organisations terroristes. Que Ben Laden veuille me tuer ne
me surprend pas.
“Il faut savoir finir une guerre”, a dit le président Sarkozy lors de
son dernier séjour en Afghanistan. Dans les jours qui suivirent, sept
soldats français ont été tués. Pour rependre la phrase célèbre de John
Kerry sur le Vietnam, comment dites-vous à un homme qu’il doit être le
dernier à mourir pour l’Afghanistan ?

Personne ne demande à
personne de faire cela. Ce que je sais, c’est que nous avons décidé d’un
plan pour transférer progressivement certaines tâches des forces de
l’Isaf aux forces afghanes. Dès cette semaine, le transfert a lieu dans
sept zones qui regroupent 25 % de la population afghane. Trente-trois
mille soldats américains seront retirés dans les quinze prochains mois.
Dans le même temps, les forces afghanes ­augmenteront de 70 000 hommes.
N’est-ce pas, cependant, plus difficile de demander à un soldat de
faire le sacrifice ultime s’il sait que le mouvement de repli est entamé
?

Mon fils a servi en Afghanistan et il est possible qu’il y
retourne. Donc, cela me touche personnellement. Chaque homme engagé
là-bas est conscient de l’importance de la mission. Nous sommes en
Afghanistan pour empêcher que ce pays ne redevienne un sanctuaire d’une
organisation terroriste internationale qui projette d’attaquer votre
pays et le mien. La seule façon d’y parvenir est de faire en sorte que
l’Afghanistan sache se gouverner lui-même. Cela ne signifie pas que nous
soyons contraints d’y rester avec un contingent aussi large. Si cet
objectif n’était pas atteignable, alors, il faudrait revoir les choses.
Mais ce n’est pas le cas. D’ailleurs, pendant huit des douze dernières
semaines, le nombre des attaques de l’insurrection a baissé par rapport à
la même époque l’an passé. C’est une ­évolution importante car les
agences de renseignement prévoyaient une augmentation de 20 à 30 % de la
­violence à cause de la présence plus nombreuse de soldats.
En septembre 2007, vous disiez à peu près la même chose aux sénateurs
américains sur l’Irak. Tout le monde, y compris l’actuel vice-président
Joe Biden, était sceptique. Vous aviez raison. Etes-vous aussi confiant
pour l’Afghanistan ?

Je ne suis pas confiant, je me base sur la
réalité du terrain. Elle montre des progrès, mais aussi des défis. Comme
en Irak, je dis que les progrès sont fragiles et peuvent être anéantis.
Le départ du général le plus connu de l’armée américaine et la
réduction des troupes ne risquent-ils pas d’envoyer le message que les
Etats-Unis tournent le dos à l’Afghanistan ?

Pas du tout, pas au
moment où nous investissons 12 milliards de dollars dans les forces de
sécurité afghanes. Le général John Allen, mon successeur, les ­aidera
vite à oublier qui était le général Petraeus. Il a été mon adjoint au
CentCom. Il était l’adjoint au commandant de la province d’Al-Anbar, qui
est à l’origine du retournement des tribus sunnites et, donc, du recul
de la violence en Irak. En plus, Ryan Crocker, le nouvel ambassadeur
américain à Kaboul, est un des diplomates les plus doués.
Ahmed Wali, demi-frère d’Hamid Karzaï, a été assassiné à Kandahar.
Moins d’une semaine plus tard, Jan Mohammad Khan, un de ses conseillers,
tombait sous les balles des talibans. Etes-vous inquiet de cet étau qui
se resserre autour du président afghan ?

La mort d’Ahmed Wali
semble la conséquence d’un différend personnel. Son meurtrier avait
appris qu’il allait être licencié. Apparemment, il voulait s’en
expliquer avec lui. Il aurait sorti son arme et l’aurait tué. Les
talibans ont ­revendiqué l’attentat, mais rien ne permet d’affirmer
qu’ils sont derrière. L’autre conseiller a sans doute été tué par les
talibans. Le président Karzaï a démontré son leadership de façon
éclatante, à la suite de ces tragédies.
« Dire qu’en allant donner une conférence au Saint-Cyr pakistanais d’ Abbottabad mon hélicoptère a probablement survolé la maison de Ben Laden ! »

Après un an à la tête de l’Otan en Afghanistan, reconnaissez-vous
qu’il y a eu moins de progrès dans ce pays, avec le Surge*, qu’en Irak ?

Je
n’ai jamais prétendu que nous pourrions changer la situation en
Afghanistan de la même façon que nous avons pu la changer en Irak. Les
niveaux de violence en Irak étaient de trois à quatre fois supérieurs à
ce qu’ils sont en Afghanistan. Nous perdions jusqu’à 130 soldats
américains par mois ! Il y avait plus de 220 attaques par jour. C’est
bien pire que tout ce que nous avons connu en Afghanistan. En septembre
2005, dans un rapport pour le secrétaire à la Défense, j’écrivais que
l’Afghanistan serait “la campagne la plus longue dans la longue guerre”.
Des observateurs en parlaient comme de la guerre que nous étions en
train de gagner. J’avais prédit une résurgence graduelle de
l’insurrection. Le taux d’analphabétisme était de 80 à 85 % de la
population. Le pays sortait de trente ans de guerre et ne conservait
qu’un lointain souvenir d’un gouvernement central. Il avait peu
d’infrastructures. D’où ma conclusion.




Etes-vous nostalgique de votre temps de service en Irak ?
Oui,
comme je le suis de l’Afghanistan et de la Bosnie. Chaque expérience
est unique. C’était quelque chose de commander la 101e division
aéroportée lors de la campagne historique pour Bagdad, et lors de
l’opération de stabilisation du nord de l’Irak. Le Surge aussi est
important, même s’il ne faut pas oublier que le vrai Surge fut celui des
idées. J’ai eu la chance de participer à la rédaction du manuel de
contre-insurrection de l’armée et de voir ensuite ces principes
appliqués avec succès sur le terrain.
Aucun service de renseignement n’avait prévu le printemps arabe.
Qu’est-ce que cela change pour les Etats-Unis qui, comme la France, ont
souvent soutenu les régimes mis à mal par le vent du changement ?

Le
printemps arabe a contredit ce qu’Al-Qaïda a toujours voulu faire
croire, c’est-à-dire que la seule façon d’obtenir le changement serait
la ­violence. Ce furent des mouvements ­populaires et démocratiques.
L’intervention en Libye devait durer des jours, puis des semaines.
Nous voici à cinq mois. Il semble que nous ayons négligé la réalité
tribale et ignoré les leçons de l’Irak.

Je ne peux pas commenter
sur la Libye. J’étais en charge des forces en Afghanistan, pas en
Afrique du Nord. Dans mon prochain travail, cependant, je vais devoir
jeter un œil plus attentif sur ce qui se passe là-bas.
Vous êtes un des rares militaires à maîtriser l’“art médiatique”.
Vous allez bientôt diriger la CIA. Comment envisagez-vous désormais la
communication ?

En faisant profil bas [rires], bien plus que lorsque je portais un uniforme.
Ça risque d’être difficile pour vous…
Non, je suis allé vers
la presse parce que ma position m’obligeait à communiquer avec les pères
et les mères de ceux qui servent. Je me devais de parler à nos
compatriotes pour qu’ils sachent ce qui se passe là où sont nos soldats.
Sur un plan personnel, cela vous force à vous remettre en question. Il
est stimulant d’être mis à l’épreuve par la presse. Nous avons toujours
voulu dire les choses telles qu’elles sont, sans chercher à mettre du
rouge à lèvres sur des cochons.
Avec les “renditions” – les kidnappings sauvages – et les affaires de
tortures, l’image de la CIA n’est pas au mieux dans le monde. Que
comptez-vous faire pour l’améliorer ?

Je ne suis pas d’accord.
Ces faits se sont déroulés dans les années qui suivirent l’horrible
tragédie du 11 septembre. Nous avons, aujourd’hui, oublié le climat de
peur qui régnait dans nos pays. Nous n’avons pas eu à subir cela à
­nouveau, et l’image de la CIA s’est améliorée. La magnifique opération
d’Abbottabad est aussi à mettre à son crédit.
Lors de votre confirmation au Sénat, vous avez dit : “Je voulais ce
job. Je retire l’uniforme pour pouvoir correctement le faire.”
Qu’entendiez-vous par là ?

Je veux marquer le fait que je rejoins
l’agence. D’autres généraux quatre étoiles ont dirigé la CIA en gardant
leur uniforme. Mais, vu ma notoriété, il y avait un risque de
confusion. Si je porte mon uniforme lors d’une visite au ­Pakistan ou en
Afghanistan, les gens vont se demander si je suis encore ­commandant.
Pour effacer cette ambiguïté, j’ai promis au président Obama de le
quitter. Je deviens directeur Petraeus, je ne suis plus général
Petraeus.
Peut-être un jour président Petraeus ?
Non, je n’ai pas
d’ambitions politiques. J’ai du respect pour ceux qui prennent cette
voie. J’ai servi mon pays en uniforme et, désormais, je le servirai à la
tête de la CIA.
Votre femme est-elle heureuse que vous retourniez à Washington ?
Nous sommes ravis à l’idée de pouvoir dîner ensemble un peu plus souvent qu’une ou deux fois par an. [Rires.]
* Augmentation des corps de troupes visant à la stabilisation de l’Irak et de l’Afghanistan.


http://www.parismatch.com/Actu-Match/Monde/Actu/Le-general-Petraeus-au-sommet-de-la-CIA-318121/

_________________
"Les désastres nous enseignent l'humilité" Saint Anselme de Canterbury
« N’attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir que l’on ne saurait, au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième. » Frédéric Bastiat
Pensez à visiter mon blog : http://www.historionomie.com
Revenir en haut Aller en bas
http://mafuturologie.free.fr
 
Interview du général David Petraeus, nouveau directeur de la CIA
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Interview du général David Petraeus, nouveau directeur de la CIA
» Nomination d'un nouveau directeur au CNOUS ( Les CROUS)
» david , un nouveau venu en lettre moderne ?
» Les évèques canadiens nomment un nouveau directeur des communications
» Jacques Patenet directeur du Geipan part en retraite.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
DOCTEUR ANGÉLIQUE FORUM CATHOLIQUE :: Philosophie réaliste, Discussions diverses-
Sauter vers: