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  Concurrence des pays émergents: l’innovation ne suffira pas à nous protéger.

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MessageSujet: Concurrence des pays émergents: l’innovation ne suffira pas à nous protéger.   Mar 05 Juil 2011, 01:24

L’innovation seule ne permettra pas de nous protéger des pays émergents, ni de faire repartir l’emploi industriel, car dans un univers libre-échangiste, où les pays émergents cumulent armée industrielle de réserve de travailleurs à bas coûts et progression exponentielle de leurs capacités technologiques, les économies anciennement industrialisées n’ont tout simplement plus les moyens de riposter. Cette réalité est refusée en bloc par ceux qui en demeurent (pour le moment) protégés.


Pour de nombreux économistes, journalistes économiques mais aussi responsables politiques, une antienne voudrait qu’une innovation plus soutenue permette à l’économie française de faire face à la concurrence des pays émergents. Ce raisonnement, pourtant, ne résiste pas à l’analyse.

Les partisans du libre-échange tel qu’il est pensent en effet qu’un effort supplémentaire d’innovation par la recherche et développement serait de nature non seulement de nous protéger de la concurrence étrangère mais aussi de redévelopper l’emploi industriel dans les prochaines années. On reconnaît là un argument issu de la théorie des avantages comparatifs de Ricardo: pour bénéficier du libre-échange, il est nécessaire de se spécialiser, et de préférence sur les secteurs à plus forte valeur ajoutée.

A ce stade du raisonnement, il faut d’abord signaler que les partisans du libre-échange font de la sorte aveu de leur excessif optimisme passé. Si le rétablissement d’un avantage concurrentiel de l’économie française et européenne passe en effet par un surcroît d’innovation, c’est bien qu’il y a eu rattrapage des pays émergents sur l’ensemble de la chaîne de valeur, c’est-à-dire y compris sur des secteurs à forte valeur ajoutée.

La position habituelle des libre-échangistes schématisant une répartition des activités économiques entre le high tech pour les pays anciennement industrialisés et l’industrie manufacturière pour les pays émergents s’est donc bien révélée erronée. Les pays émergents, loin de se spécialiser sur une fonction d’atelier du monde, ont pris les occidentaux à leur propre piège : ils seront l’atelier du monde et le laboratoire du monde.

Les historiens nous diront peut-être ultérieurement ce que cet aveuglement devait au complexe de supériorité des anciens colonisateurs et au cynisme du management de certaines multinationales…

Mais prenons au mot les libre-échangistes. Imaginons que la France et l’Europe redressent significativement leur effort de recherche et développement (par exemple à plus de 3% de son PIB) et se donnent pour impératif catégorique l’innovation. Le rétablissement d’un avantage concurrentiel sur les pays émergents par ce seul levier supposerait que l’effort de recherche de ces derniers demeure inférieur à terme. Or, que font les pays émergents, si ce n’est de se doter patiemment d’un appareil éducatif, scientifique et technologique de haut niveau, le tout sur des bases le plus souvent strictement nationales (la souveraineté n’étant pas encore un gros mot sur la majeure partie du globe…) ?

La Chine abrite d’ores et déjà la plus grande concentration d’ingénieurs de haut niveau de l’histoire, et la poursuite de son rattrapage éducatif ne peut qu’amplifier à terme cette réalité prosaïque. De plus, les pays émergents ont un très relatif respect de la propriété intellectuelle et pas seulement dans les ateliers clandestins de contrefaçon (voir la plainte d’Apple conte Samsung). On le voit, l’hypothèse d’une recherche plus efficace ici que là-bas nécessiterait des acrobaties théoriques dont nous aimerions être instruits.

Mais supposons encore, pour les besoins de la démonstration, que notre futur effort de recherche soit plus puissant et efficace que dans les pays émergents. La France solidement appuyée sur une recherche dynamique flirtant avec les 3% du PIB pourrait alors se réindustraliser à toute allure, à l’abri d’une protection invisible et désormais seule à être tolérée, celle de l’intelligence. Nous pourrions nous doter des futurs « Apple » et héberger les futures marques plébiscitées par les consommateurs du monde entier… Malheureusement, ce scénario ne tient pas. Aux Etats-Unis, les sociétés qui ont le plus innové (comme Apple) se sont spécialisées à l’excès sur la recherche et développement et le marketing, et ont sous-traité massivement leur production (cf. le cas emblématique de Foxconn en Chine).

On se souvient que l’été dernier, l’ancien PDG d’Intel, Andy Grove, avait créé un véritable électrochoc dans la Silicon Valley, estimant dans une tribune qu’une industrie high tech solide devait également maîtriser la production manufacturière sous peine de ne plus être capable d’innover. Le point essentiel de la démonstration semble effectivement échapper aux esprits les plus brillants de l’économie « en chambre ». L’innovation repose en réalité pour une part essentielle sur la dialectique et la dynamique qui existe entre conception et production et établir une frontière étanche entre les deux n’est pas soutenable à terme.

On le voit, à mesure que la désindustrialisation de l’économie française atteint des proportions dramatiques, un sujet autrefois tabou chez les « croyants » du libre-échange généralisé devient délicat à contourner. L’impact de la concurrence des pays émergents, à bas coûts salariaux et désormais à forte maîtrise technologique, sur les pertes d’emplois industriels devient une évidence trop éclatante pour que subsiste encore le discours classique de la dénégation « savante ».

L’érection d’empires industriels en Asie et de solides compétiteurs en Europe de l’Est au moment même où l’Europe détruit à allure soutenue (Allemagne exceptée) son tissu industriel n’est pas une pure concomitance. La surévaluation structurelle de l’euro, la disparition des protections extérieures du marché commun européen et l’abandon de toute politique industrielle ont été et demeurent les facteurs explicatifs essentiels de cette chute. L’appétit et le rattrapage éducatif et technologique des pays émergents, en particulier d’Asie, font le reste.

L’industrie française ne représente désormais plus que 13% de son PIB. Depuis 2000, plus de 530.000 emplois industriels ont été détruits, et rien ne permet aujourd’hui de penser qu’il sera mis un terme à cette pente vertigineuse.

Si l’innovation seule ne permet pas de nous protéger des pays émergents, ni de faire repartir l’emploi industriel, c’est que dans un univers libre-échangiste, où les pays émergents cumulent armée industrielle de réserve de travailleurs à bas coûts et progression exponentielle de leurs capacités technologiques, les économies anciennement industrialisées n’ont tout simplement plus les moyens de riposter.

Cette réalité, paradoxalement comprise intuitivement par les salariés et les entrepreneurs soumis à la concurrence internationale, est refusée en bloc par ceux qui en demeurent (pour le moment) protégés. L’appel à l’innovation (sans régulation du libre-échange) ne serait-il que le discours que des « croyants » toujours moins nombreux opposeraient à des « pratiquants » du libre-échange toujours plus tentés par l’hérésie? Il permet du moins de justifier à bon compte la casse sociale que constitue la disparition des industries manufacturières, prétendument inutiles, et la société inégalitaire qui va avec.

Ce «sacrifice nécessaire» dessine une économie partagée entre des emplois bien payés pour les ingénieurs et les as du marketing, et des aides sociales et des emplois sous payés pour les autres: est-ce bien cela que l’on appelle l’économie de l’innovation? Il est permis d’en douter.

http://www.landfried.fr/Concurrence-des-pays-emergents-l-innovation-ne-suffira-pas-a-nous-proteger_a28.html
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Jonas et le signe



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Inscription : 13/09/2006

MessageSujet: Re: Concurrence des pays émergents: l’innovation ne suffira pas à nous protéger.   Mar 05 Juil 2011, 09:26

Citation :
L’innovation repose en réalité pour une part essentielle sur la dialectique et la dynamique qui existe entre conception et production et établir une frontière étanche entre les deux n’est pas soutenable à terme.

Oui, c'est ce qui manquait à ma réflexion pour que ma pleine conviction soit faite.
thumleft
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Concurrence des pays émergents: l’innovation ne suffira pas à nous protéger.   Mar 05 Juil 2011, 10:01

C'est vrai. Les pays émergeant, surtout asiatiques, ont l'énergie, l'imagination, et la volonté de gagner.

Il faut se faire une raison, en se réjouissant d'un côté positif (au plan matériel) : de cette compétition, c'est le niveau global de vie du monde entier qui progresse.

Au plan spirituel, c'est une autre histoire qui n'est pas l'objet de cette section du forum ...

_________________
Arnaud
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caesor



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MessageSujet: Re: Concurrence des pays émergents: l’innovation ne suffira pas à nous protéger.   Mar 05 Juil 2011, 13:26

le phenomene est plus complexe.
Les pays "en emergence" vont se calmer quand ils auront fini d'émerger.
C'est un phenome dejà constaté dans ces secteurs du monde. Ils explosent au niveau economique tant qu'ils sont en retard, et ensuite, lorsque le niveau industriel rejoint la masse des pays industrialisés, le phenomene se calme, car ils sont équipés et deviennent des consommateurs à leur tour. En somme, tu bosses d'abord et tu manges ton pain ensuite. C'est la verité economique de la genese qui sort du trou...

Le probleme de desindustrialisation de l'europe de l'ouest est interne et n'est lié qu'en apparence à la concurrence exterieure. L'origine des problemes de l'Europe est en europe et non pas ailleurs et c'est en europe qu'il faudra le traiter.

Au sens plus global : notre monde (toute la planete) est sous equipée au niveau industriel, et si le systéme international était correctement fait, nous devrions avoir du travail "jusque par dessus le tete", aussi bien nous que les pays emergents, pour équiper correctement ce monde. Ce n'est pas le cas, cherchez l'erreur.
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panpan-tutu



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MessageSujet: Re: Concurrence des pays émergents: l’innovation ne suffira pas à nous protéger.   Mar 05 Juil 2011, 14:31

il n'y a pas d'erreurs, il y a des gens avides de pouvoir et d'argent à des postes clés dans tous les secteurs : industriels, politiques, média, etc.... si ces personnes travaillaient dans l'optique du bien etre de tous, ce serait bien et ils seraient tout aussi riches....
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MessageSujet: Re: Concurrence des pays émergents: l’innovation ne suffira pas à nous protéger.   Mar 05 Juil 2011, 14:32

caesor a écrit:
le phenomene est plus complexe.
Les pays "en emergence" vont se calmer quand ils auront fini d'émerger.
C'est un phenome dejà constaté dans ces secteurs du monde. Ils explosent au niveau economique tant qu'ils sont en retard, et ensuite, lorsque le niveau industriel rejoint la masse des pays industrialisés, le phenomene se calme, car ils sont équipés et deviennent des consommateurs à leur tour. En somme, tu bosses d'abord et tu manges ton pain ensuite. C'est la verité economique de la genese qui sort du trou...

Le probleme de desindustrialisation de l'europe de l'ouest est interne et n'est lié qu'en apparence à la concurrence exterieure. L'origine des problemes de l'Europe est en europe et non pas ailleurs et c'est en europe qu'il faudra le traiter.

Au sens plus global : notre monde (toute la planete) est sous equipée au niveau industriel, et si le systéme international était correctement fait, nous devrions avoir du travail "jusque par dessus le tete", aussi bien nous que les pays emergents, pour équiper correctement ce monde. Ce n'est pas le cas, cherchez l'erreur.


Les charges sociales faibles,le coût de la main d'oeuvre bas et le dumping monétaire sont les raisons principales de ce que l'on nomme les délocalisations...donc oui les pays émergents sont le lieu idéal pour produire à bas coup ce n'est pas une apparence,malheureusement le secteur tertiaire (voir même le quaternaire) n'est pas suffisant pour combler le vide causé par cette désindustrialisation massive en occident.
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MessageSujet: Re: Concurrence des pays émergents: l’innovation ne suffira pas à nous protéger.   Mar 05 Juil 2011, 19:45

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MessageSujet: Re: Concurrence des pays émergents: l’innovation ne suffira pas à nous protéger.   Mar 05 Juil 2011, 20:26

Cette réalité, paradoxalement comprise intuitivement par les salariés et les entrepreneurs soumis à la concurrence internationale, est refusée en bloc par ceux qui en demeurent (pour le moment) protégés. L’appel à l’innovation (sans régulation du libre-échange) ne serait-il que le discours que des « croyants » toujours moins nombreux opposeraient à des « pratiquants » du libre-échange toujours plus tentés par l’hérésie? Il permet du moins de justifier à bon compte la casse sociale que constitue la disparition des industries manufacturières, prétendument inutiles, et la société inégalitaire qui va avec.
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MessageSujet: Re: Concurrence des pays émergents: l’innovation ne suffira pas à nous protéger.   Mer 06 Juil 2011, 01:08

Vive la concurrence fiscale !


L’harmonisation des fiscalités et même des systèmes sociaux entre les pays européens est une vieille préoccupation, en particulier de la part des Français. Pendant longtemps on s’est surtout penché sur le problème de la TVA. Mais le problème de l’harmonisation a pris récemment de l’acuité parce que la plus grande mobilité du capital et des personnes a attiré l’attention sur le rôle joué par des divergences entre pays concernant d’autres impôts (impôt sur le capital, impôts sur les bénéfices des sociétés, ou même impôt sur le revenu) ; mais aussi parce que, du fait de l’élargissement récent de l’Europe, on s’est aperçu que certains des nouveaux membres avaient adopté des systèmes fiscaux parfois beaucoup plus attractifs pour les contribuables que ceux des anciens membres. Ces derniers, craignant des délocalisations massives d’activités vers des pays aux systèmes fiscaux et sociaux plus cléments, essaient de réagir non pas en s’efforçant d’aligner leurs propres systèmes sur les systèmes les moins contraignants, mais en essayant d’obtenir exactement l’inverse. Ils cherchent donc à persuader les pays à faible fiscalité de les imiter, au besoin ils les menacent (par exemple en leur refusant des subventions européennes), ou ils réclament l’harmonisation des systèmes fiscaux et sociaux (avec l’idée implicite que cette harmonisation doit se faire vers le haut, c’est-à-dire par convergence vers leurs propres systèmes).

En réalité, on retrouve dans ce domaine le reflet du conflit fondamental qui oppose deux conceptions de l’intégration européenne : pour l’une d’entre elles, largement dominante, tout au moins en France, l’objectif poursuivi est celui de la construction d’un super-État européen, et il convient alors de transférer le centralisme français à l’échelle de l’Europe en harmonisant les fiscalités, les systèmes monétaires, les législations et réglementations, les systèmes sociaux, etc. L’autre conception – celle que nous défendons pour notre part – consiste à penser que la bonne intégration de l’espace européen implique seulement de permettre à tous les citoyens d’effectuer librement leurs choix de production et leurs choix de vie, c’est-à-dire, en fait, de laisser la concurrence révéler les besoins des producteurs et des consommateurs.

Contrairement à ce que l’on pense trop rapidement, l’harmonie naît de la diversité, la concurrence permet la diversité et l’harmonisation, en tuant la concurrence, supprime la diversité, et donc, l’harmonie. La concurrence, en effet, est un formidable facteur de progrès puisqu’elle incite chaque producteur à faire mieux que les autres, c’est-à-dire à mieux satisfaire les besoins de leurs acheteurs dont les désirs sont ainsi progressivement révélés en exerçant leur liberté de choix. A l’inverse, dans un système productif centralisé d’où la concurrence est bannie, on fait comme si l’on connaissait les vrais besoins des consommateurs et l’on a évidemment tendance à se réfugier dans la routine, puisque personne ne viendra menacer votre marché captif. Bien sûr, la concurrence est une discipline exigeante, et c’est pourquoi les producteurs essaient toujours de lui échapper en demandant des protections contre les concurrents étrangers, en accusant les autres de vendre à perte ou en recherchant toutes sortes de privilèges.

Or, si la concurrence est toujours souhaitable et s’il faut toujours la défendre, comment pourrait-il se faire qu’elle perde tous ses mérites lorsqu’il s’agit de mettre les États en concurrence, leurs systèmes fiscaux et sociaux, leurs législations et leurs réglementations ? On a souvent, et à juste titre, dénoncé ce que l’on appelle l’eurosclerosis (et qui est peut-être surtout une « francosclerosis »), c’est-à-dire cette inaptitude des vieux pays européens à libérer les forces productrices et créatrices. Car ce sont bien les excès de prélèvements obligatoires et de réglementations qui créent le chômage et freinent la croissance.

Mais avec le développement de la mondialisation, avec l’élargissement de l’Europe, il devient de plus en plus difficile pour ces pays de maintenir le statu quo et de continuer à prélever des ressources sur des citoyens qui sont proches d’une situation d’« esclaves fiscaux ». Devant cette fuite des capitaux et des cerveaux, devant les délocalisations, on essaie de réagir en limitant l’attractivité des pays concurrents. On oublie seulement que la cause de tous nos maux ne vient pas des délocalisations, car elles sont elles-mêmes la conséquence de politiques économiques spoliatrices et dévastatrices. Il est évidemment toujours tentant pour des gouvernants de rechercher des boucs émissaires à l’extérieur au lieu de se remettre en question. Mais la source de nos difficultés se trouve bien à l’intérieur des vieux pays européens et non à l’extérieur. Lutter contre les délocalisations, harmoniser (vers le haut) les fiscalités européennes, c’est lutter contre certains symptômes du mal et non contre le mal lui-même, c’est repousser à plus tard la solution des vrais problèmes.

Si certains des nouveaux membres de l’Union européenne ont, pour leur part, adopté des systèmes fiscaux beaucoup moins spoliateurs que ceux de la plupart des anciens membres, ce n’est pas seulement pour attirer les activités vers eux, mais surtout parce que leurs gouvernants ont compris que la prospérité était liée à la liberté économique et que celle-ci n’était pas compatible avec des taux de prélèvements obligatoires élevés. Nous nous trouvons donc devant cette magnifique ironie de l’Histoire par laquelle ceux qui ont subi le terrifiant joug du communisme enseignent les exigences de la liberté à ceux qui ont toujours prétendu en être les défenseurs ! Mais ces derniers sont-ils capables de les écouter ?

De la part des gouvernants des pays à forte fiscalité, en effet, c’est une extraordinaire prétention que de penser qu’ils ont mis en place le système fiscal idéal et que tous doivent les imiter. Le meilleur moyen de le savoir c’est précisément d’instaurer la concurrence fiscale : si les citoyens de leurs pays ne sont pas satisfaits du prix qu’ils paient pour les « services publics » qu’ils reçoivent, ils le font savoir tout simplement en se délocalisant ou en délocalisant certaines de leurs activités. De ce point de vue, les délocalisations ne doivent pas être considérées comme une menace, mais plutôt comme un indicateur indispensable des véritables préférences des citoyens. Plus généralement la concurrence, dans ce domaine comme dans les autres, est l’un des meilleurs moyens d’obtenir des informations qui resteraient sinon inconnues. Et c’est précisément ce qui fait peur à tous ceux qui souhaiteraient conserver le même degré d’esclavage fiscal.

Dans le cas où la concurrence fiscale prévaut, une certaine harmonisation des systèmes de prélèvements obligatoires peut d’ailleurs se produire, précisément parce qu’on peut ainsi expérimenter en comparant les effets de ces différents systèmes. Certes, les relations de cause à effet sont plus difficiles à établir, les comparaisons sont plus complexes que dans le cas où la concurrence conduit à comparer les mérites respectifs et les prix de deux produits. Mais il y a une différence essentielle entre, d’une part, cette harmonisation graduelle, résultant de processus décentralisés mus par l’expérience et l’acquisition progressive d’informations et, d’autre part, l’harmonisation forcée et centralisée à laquelle pensent les gouvernants des pays les plus imposés (qui souhaiteraient surtout en fait une harmonisation vers leurs propres normes et non pas vers celles à laquelle conduirait probablement la concurrence fiscale). Chaque fois qu’un euro est prélevé par l’État sur un contribuable pour être donné à quelqu’un d’autre, un double processus de destruction est mis en oeuvre : le contribuable qui supporte le poids de l’impôt est d’autant moins incité à faire des efforts productifs ; mais il en est de même pour le bénéficiaire, puisqu’il peut obtenir des ressources non pas en proportion de ses propres efforts, mais grâce aux privilèges obtenus par la contrainte étatique. C’est bien pourquoi les pays de l’Union européenne dont les taux d’imposition sont les plus faibles ont probablement fait le meilleur choix et ils connaîtront sans doute la plus grande prospérité. Mais pour cela il faut que la liberté de décider leur soit laissée, il faut que la concurrence fiscale survive. Tous les projets consistant à limiter cette concurrence sont infiniment dangereux. Il faut en effet bien se convaincre qu’une fiscalité spoliatrice n’est pas moins spoliatrice si elle est harmonisée, qu’une fiscalité destructrice n’est pas moins destructrice si elle est harmonisée.

http://www.contrepoints.org/2011/07/05/33566-vive-la-concurrence-fiscale
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caesor



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MessageSujet: Re: Concurrence des pays émergents: l’innovation ne suffira pas à nous protéger.   Mer 06 Juil 2011, 13:46

Alexis232 a écrit:


Les charges sociales faibles,le coût de la main d'oeuvre bas et le dumping monétaire sont les raisons principales de ce que l'on nomme les délocalisations...donc oui les pays émergents sont le lieu idéal pour produire à bas coup ce n'est pas une apparence,malheureusement le secteur tertiaire (voir même le quaternaire) n'est pas suffisant pour combler le vide causé par cette désindustrialisation massive en occident.
vous n'avez jamais vu de robot ??? charge sociale = 0, salaire = 0, cout de fonctionnement faible. Mais cela rapporte moins que le commerce... car il faut l'acheter et cela ne crée pas d'emploi...
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Concurrence des pays émergents: l’innovation ne suffira pas à nous protéger.
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