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 Le désir de la catastrophe : pourquoi les désastres nous fascinent

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Philippe Fabry
Administrateur


Masculin Messages : 13954
Inscription : 31/01/2009

MessageSujet: Le désir de la catastrophe : pourquoi les désastres nous fascinent   Lun 14 Mar 2011, 22:17

"Il existe un désir collectif latent
de la catastrophe"




Pour le spécialiste en sociologie
des imaginaires Vincenzo Susca, malgré notre obsession du risque zéro,
le tremblement de terre du Japon nous fascine aussi parce que les
catastrophes sont investies de nos désirs de changements radicaux.


Quelle est votre réaction face au séisme qui a ravagé le Japon ce vendredi 11 mars ?


Aujourd’hui,
l’heure est à la solidarité. Mais il faut aussi rester lucide : il
existe une sorte de fascination liée à notre imaginaire pour ces
catastrophes.
Celles-ci nous rappellent à quel
point les choses peuvent radicalement changer et dans quelle mesure nos
vies harmonieuses peuvent être bouleversées. C’est le contraire de
l’ennui en tant que peur ancestrale de nos sociétés. C’est la même
fascination qui nous pousse à regarder plusieurs fois la même scène
télévisée du tremblement de terre survenu au Japon. Un envoûtement
trouble, une hallucination consensuelle. L’une des raisons qui nous mène
à nous comporter ainsi tient à l’impression qu’il existe quelque chose
de l’ordre du naturel, dans la continuité étouffante de la vie, qui peut
être brisé. Un double processus se produit : c’est à la fois un
échec pour les être humains qui se rendent compte qu’on ne peut pas
tout prévoir, que l’humain est limité. Mais en même temps, cela nous
libère d’un poids car nous avons le sentiment qu’il y a quelque chose de
plus grand que nous, une transcendance
. Cela dissout
l’arrogance, mais aussi les obligations, induites par la conception d’un
être humain tout puissant et au centre du monde. Nous sommes tous
renvoyés à un sentiment d’humilité vis-à-vis de notre présence au monde
et du rapport entre nous, la nature et ce qui nous entoure. Il y a là
quelque chose de divin ou, en tout cas, ce qui nous rappelle que nous ne
sommes qu’une particule élémentaire d’un corps qui nous dépasse. En
quelque sorte, l’archétype de la rage divine de mémoire ancienne est ici
actualisé sous des nouvelles formes et via les nouveaux médias.
Comment expliquez-vous alors le calme relatif des Japonais ?



Tout
le monde sait que les Japonais sont habitués aux tremblements de terre.
Ils vivent avec ce risque, c’est inscrit dans leur corps et dans leur
psychologie profonde. Mais au-delà, souvenons-nous que ce peuple
a vécu le traumatisme de la bombe atomique à Hiroshima et Nagasaki. Ils
ont donc été agressés par la forme de dévastation la plus totale de
l’homme et de la nature. Et ils l’ont « digérée », la catastrophe
devenant depuis lors un élément immanent à leur condition existentielle
.
Et
puis, il faut distinguer les différents types de catastrophes. Une
catastrophe qui vient du feu (un volcan), du vent, de la mer ou de la
terre provoque des réactions différentes. Quand la terre tremble, il y a
une perte de stabilité. Les volcans relèvent plutôt d’un événement qui
vient du ciel. Les sensations générées sont différentes.
Les tremblements de terre génèrent une crise de stabilité qui bouscule la psychologie sociale de manière radicale. Ce
n’est pas un hasard si la culture japonaise traditionnelle a développé
le zen, le judo, le karaté, la méditation, où le calme et l’équilibre
prévalent sur d’autres postures
. On pourrait envisager que ce soit en partie lié a la nature du rapport qu’ils ont avec les catastrophes ambiantes.
Les
choses sont radicalement différentes du côté de Naples ou de Catane,
par exemple. Le caractère éruptif des Italiens de ces régions peut être
rattaché à leur proximité des volcans du Vésuve et de l’Etna. [b]Comment se conjuguent l'obsession moderne du risque zéro et notre fascination pour les évènements catastrophiques ? [/b]


Disons
qu’il existe une forme latente de désir collectif de la catastrophe,
notamment dans les sociétés occidentales : on désire la catastrophe pour
achever une condition de vie, un cadre, qui n’est plus en phase avec
l’imaginaire sociétal. C’est une pulsion presque carnavalesque, dont la
sagesse demeure dans le principe selon lequel le cycle de la vie
nécessite de la mort pour être renouvelé et régénéré. Lorsque le
corps social est habité, de manière plus ou moins consciente, par
l’ambition ou par le fantasme d’une grande subversion, il y a attraction
pour les phénomènes qui représentent la destruction radicale de
l’existant
. Et, bien sûr, ce paysage mental est aussi imprégné par des résonances messianiques…

http://www.atlantico.fr/decryptage/existe-desir-collectif-latent-catastrophe-53739.html

_________________
"Les désastres nous enseignent l'humilité" Saint Anselme de Canterbury
« N’attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir que l’on ne saurait, au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième. » Frédéric Bastiat
Pensez à visiter mon blog : http://www.historionomie.com
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Philippe Fabry
Administrateur


Masculin Messages : 13954
Inscription : 31/01/2009

MessageSujet: Re: Le désir de la catastrophe : pourquoi les désastres nous fascinent   Lun 14 Mar 2011, 22:20

Cette phrase m'a particulièrement frappé :
Citation :
’est à la fois un
échec pour les être humains qui se rendent compte qu’on ne peut pas
tout prévoir, que l’humain est limité. Mais en même temps, cela nous
libère d’un poids car nous avons le sentiment qu’il y a quelque chose de
plus grand que nous, une transcendance
. Cela dissout
l’arrogance, mais aussi les obligations, induites par la conception d’un
être humain tout puissant et au centre du monde
. Nous sommes tous
renvoyés à un sentiment d’humilité vis-à-vis de notre présence au monde
et du rapport entre nous, la nature et ce qui nous entoure. Il y a là
quelque chose de divin ou, en tout cas, ce qui nous rappelle que nous ne
sommes qu’une particule élémentaire d’un corps qui nous dépasse.

Il y aurait donc un soulagement dans l'humilité. Cette prise de conscience, en nous replaçant à notre place qui est celle de petits êtres impuissants, nous rendrait donc en quelque sorte heureux.

Je me dis que, théologiquement, cela peut avoir son intérêt, avec l'idée que le péché originel n'a pas seulement chargé l'être humain du fardeau de la faute, mais aussi de la responsabilité d'assumer, de faire comme si nous étions adultes, alors que fondamentalement l'humain n'est qu'un petit enfant (comme le dit Jésus lui-même aux apôtres : "Petits enfants") qui s'oblige à donner le change pour ne pas montrer qu'il est terrorisé.

Et je pense que c'est un des tourments du damné, qui sera obligé de s'assumer, au lieu de simplement s'abandonner.

_________________
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Chrysostome



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Inscription : 01/11/2008

MessageSujet: Re: Le désir de la catastrophe : pourquoi les désastres nous fascinent   Lun 14 Mar 2011, 23:56

Il y a de nombreux "films-catastrophes" qui ont sorti ces dernières années, dont celui sur 2012, que je n'ai pas vu, mais qui semblent traduire cette impression de fascination devant les catastrophes naturelles.

Et comme dit saint Anselme de Canterbury dans ta signature:

"Les désastres nous enseignent l'humilité."
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boudo



Messages : 4555
Inscription : 28/01/2008

MessageSujet: Re: Le désir de la catastrophe : pourquoi les désastres nous fascinent   Mar 15 Mar 2011, 07:12

Philippe Fabry a écrit:


...
Pour le spécialiste en sociologie
des imaginaires Vincenzo Susca, malgré notre obsession du risque zéro,
le tremblement de terre du Japon nous fascine aussi parce que les
catastrophes sont investies de nos désirs de changements radicaux. [/b]

...


" Disons
qu’il existe une forme latente de désir collectif de la catastrophe,
notamment dans les sociétés occidentales : on désire la catastrophe pour
achever une condition de vie, un cadre, qui n’est plus en phase avec
l’imaginaire sociétal. C’est une pulsion presque carnavalesque, dont la
sagesse demeure dans le principe selon lequel le cycle de la vie
nécessite de la mort pour être renouvelé et régénéré. " ...


http://www.atlantico.fr/decryptage/existe-desir-collectif-latent-catastrophe-53739.html

Intéressant mais discutable .

Je pense plutôt , devant les événements du Japon , à une confirmation de la synthèse que je me suis faite :

la Terre est une planète presque mortellement blessée ( suite à une faute originelle , d'après plusieurs religions , dont la nôtre ) et nous en avons tous vaguement conscience , ce qui peut nous amener à deux attitudes opposées , entre lesquelles nous oscillons : l'auto-étourdissement artistique ou le désir de mort ou de catastrophe pour confirmation , le point d'équilibre étant la sagesse et la confiance dans une Intention Supérieure . Je range dans l'auto-étourdissement , la croyance que la vie humaine n'existe que sur la Terre , qui serait une exception dans l'Univers .

Le traumatisme de la naissance est une réplique individualisée du coup quasi mortel qu'a dû subir la Terre . Elle est mémorisée individuellement dans l'inconscient comme une catastrophe , dont on sort moralement vainqueur ( ce qui donne lieu à l'esprit de domination ) ou moralement vaincu ( ce qui donne lieu à l'esprit de destruction par suicide ou meurtre gratuit ) . En fait , nous oscillons entre ces deux attitudes .

Notre tâche est de stabiliser la Terre et d'unifier ses habitants dans une politique et une religion communes . ( Personnellement , je pense que c'est impossible sans aide divine ) .
Si cela se produit , nous pourrons réintégrer la communauté interplanétaire des extra-terrestres .
Mais ces derniers n'interviendront pas préalablement . Ce serait amplifier le chaos .

Je pense aussi , comme Jean-Pierre Petit , que nous nous trouvons à un choix entre deux chemins :
l'âge d'or ou l'apocalypse .
Le nucléaire est probablement le bon chemin , mais pas par fission , plutôt par fusion directe aneutronique impulsionnelle . Si nous nous en sortons , le nucléaire par fission aura été une étape transitoire , à oublier au plus vite .
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