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 Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge

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Michael



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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Sam 21 Mai 2011, 06:19


2. Les motifs qui nous doivent rendre cette dévotion recommandable.
Cette dévotion nous livre entièrement au service de Dieu.





135. Premier motif. On ne peut concevoir sur la terre d'emploi plus relevé que le service de Dieu.
Le moindre serviteur de Dieu est plus riche, plus puissant et plus noble que tous les rois et les empereurs de la terre. Quelles seront donc les richesses, la puissance et la dignité du fidèle et parfait serviteur de Dieu, qui sera dévoué à son service entièrement et sans réserve !
Tel est un fidèle et amoureux esclave de Jésus en Marie, qui s'est donné tout entier au service de ce Roi des rois, par les mains de sa sainte Mère, et qui n'a rien réservé pour soi-même : tout l'or de la terre et les beautés des cieux ne peuvent le payer !




136. Les autres congrégations, associations et confréries érigées en l'honneur de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère, qui font par ailleurs tant de bien dans le christianisme, ne font pas donner tout sans réserve ; elles ne prescrivent à leurs associés que de certaines actions et pratiques pour satisfaire à leurs obligations ; elles les laissent libres pour toutes les autres actions et les autres temps de leur vie.
Mais cette dévotion ici fait donner sans réserve à Jésus et à Marie toutes ses pensées, paroles, actions et souffrances, et tous les temps de sa vie : en sorte que, soit qu'on veille ou qu'on dorme, soit qu'on boive ou qu'on mange, soit qu'on fasse les actions les plus grandes ou les plus petites, il est toujours vrai de dire que ce qu'on fait, quoiqu'on n'y pense pas, est à Jésus et à Marie en vertu de son offrande, à moins qu'on ne l'ait expressément rétractée. Quelle consolation !




137. De plus, comme je l'ai déjà dit, il n'y a aucune autre pratique que celle-ci par laquelle on se défasse facilement d'une certaine propriété, qui se glisse imperceptiblement dans les meilleures actions.
Notre bon Jésus donne cette grande grâce en récompense de l'action héroïque et désintéressée qu'on a faite, en lui faisant cession, par les mains de sa sainte Mère, de toute la valeur de nos bonnes œuvres. S'il donne un centuple, même en ce monde, à ceux qui pour son amour, quittent les biens extérieurs, temporels et périssables, quel sera le centuple qu'il donnera à celui qui lui sacrifiera même ses biens intérieurs et spirituels !




138. Jésus, notre grand ami, s'est donné à nous sans réserve, corps et âme, vertus, grâces et mérites : " Il m'a gagné tout entier en se donnant tout entier à moi, " dit saint Bernard. N'est-il pas de la justice et de la reconnaissance que nous lui donnions tout ce que nous pouvons lui donner ? Il a été libéral envers nous le premier ; soyons-le les seconds, et nous le trouverons pendant notre vie, à notre mort et dans toute l'éternité, encore plus libéral.



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Michael



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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Sam 21 Mai 2011, 14:44



Cette dévotion nous fait imiter l'exemple donné par Jésus-Christ et par Dieu lui-même, et pratiquer l' humilité.


139. Second motif. Ce bon Maître n'a pas dédaigné de se renfermer dans le sein de la sainte Vierge comme un captif et un esclave amoureux, et de lui être soumis et obéissant pendant trente années.
C'est ici, je le répète, que l'esprit humain se perd, lorsqu'il fait une sérieuse réflexion à cette conduite de la Sagesse incarnée, qui n'a pas voulu, quoiqu'elle le pût faire, se donner directement aux hommes mais par la très sainte Vierge : qui n'a pas voulu venir au monde à l'âge d'un homme parfait, indépendant d'autrui, mais comme un pauvre et petit enfant, dépendant des soins et de l'entretien de sa sainte Mère. Cette Sagesse infinie, qui avait un désir immense de glorifier Dieu son Père et de sauver les hommes, n'a point trouvé de moyen plus parfait et plus court pour le faire que de se soumettre en toutes choses à la très sainte Vierge, non seulement pendant les huit, dix ou quinze premières années de sa vie, comme les autres enfants, mais pendant trente ans !
Et Jésus a donné plus de gloire à Dieu son Père pendant tout ce temps de soumission et de dépendance de la très sainte Vierge, qu'il ne lui en eût donné en employant ces trente ans à faire des prodiges, à prêcher par toute la terre, à convertir tous les hommes ; Si cela avait été autrement il l'aurait fait !
Oh ! que l'on glorifie hautement Dieu en se soumettant à Marie, à l'exemple de Jésus. Ayant devant nos yeux un exemple si visible et si connu de tout le monde, sommes-nous assez insensés pour croire trouver un moyen plus parfait et plus court pour glorifier Dieu que celui de se soumettre à Marie, à l'exemple de son Fils ?




140. Qu'on se rappelle ici, pour preuve de la dépendance que nous devons avoir de la très sainte Vierge, ce que j'ai dit ci-dessus, en rapportant les exemples que nous donnent le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
Le Père n'a donné et ne donne son Fils que par elle, ne se fait des enfants que par elle, et ne communique ses grâces que par elle !
Dieu le Fils n'a été formé et n'est formé et engendré tous les jours que par elle dans l'union au Saint-Esprit, et ne communique ses mérites et ses vertus que par elle.
Le Saint-Esprit n'a formé Jésus-Christ que par elle, ne forme les membres de son corps mystique que par elle.
Après tant et de si pressants exemples de la très Sainte Trinité, pouvons-nous, sans un extrême aveuglement, nous passer de Marie, et ne pas nous consacrer à elle et dépendre d'elle pour aller à Dieu et nous sacrifier pour Lui ?




141. Voici quelques passages de Pères, que j'ai choisis pour prouver ce que je viens de dire :
" Marie a deux fils, un homme-Dieu et un homme pur ; du premier elle est mère corporellement, du second spirituellement." (saint Bonaventure et Origène).
" Telle est la volonté de Dieu qui a voulu que nous ayons tout par Marie : si donc nous avons quelque espérance, quelque grâce, quelque don salutaire, sachons que cela découle de ses mains." (saint Bernard).
"Tous les dons, les vertus et les grâces de l'Esprit-Saint sont distribués par les mains de Marie, à qui elle veut, quand elle veut, comme elle veut et autant qu'elle veut." (saint Bernardin).
"Vous étiez indignes de recevoir les grâces divines : c'est pourquoi elles ont été données à Marie, afin que vous eussiez par elle tout ce que vous ne recevriez jamais." (saint Bernard).




142. Dieu, voyant que nous sommes indignes de recevoir ses grâces immédiatement de Sa main, dit saint Bernard, il les donne à Marie, afin que nous ayons par elle tout ce qu'il veut nous donner : et il trouve aussi sa gloire à recevoir par les mains de Marie la reconnaissance, le respect et l'amour que nous lui devons pour ses bienfaits.
Il est donc très juste que nous imitions cette conduite de Dieu, afin, dit le même saint Bernard, que la grâce retourne à son auteur par le même canal qu'elle est venue.
C'est ce que l'on fait par notre dévotion : on offre et consacre tout ce que l'on est et tout ce que l'on possède à la très sainte Vierge, afin que Notre-Seigneur reçoive par son entremise la gloire et la reconnaissance qu'on Lui doit. On se reconnaît indigne et incapable d'approcher de sa Majesté infinie par soi-même : c'est pourquoi on se sert de l'intercession de la très sainte Vierge.




143. De plus, c'est ici une pratique d'une grande humilité, que Dieu aime par-dessus les autres vertus.
Une âme qui s'élève abaisse Dieu, une âme qui s'abaisse élève Dieu.
Dieu résiste aux superbes et donne sa grâce aux humbles. Si vous vous abaissez, vous croyant indigne de paraître devant Lui et de vous approcher de Lui, il descend, il s'abaisse pour venir à vous, pour se plaire en vous.
Mais tout le contraire, quand on s'approche hardiment de Dieu sans médiateur, Dieu s'enfuit, on ne peut l'atteindre.
Oh ! qu'il aime l'humilité du cœur ! C'est à cette humilité qu'engage cette pratique de dévotion, puisqu'elle apprend à n'approcher jamais par soi-même de Notre-Seigneur, quelque doux et miséricordieux qu'il soit, mais à se servir toujours de l'intercession de la sainte Vierge, soit pour paraître devant Dieu, soit pour Lui parler, soit pour L'approcher, soit pour Lui offrir quelque chose, soit pour s'unir et consacrer à Lui.


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Michael



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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Dim 22 Mai 2011, 05:31


Cette dévotion nous procure les bons offices de la sainte Vierge.






144. Troisième motif. La très sainte Vierge qui est une mère de douceur et de miséricorde, et qui ne se laisse jamais vaincre en amour et libéralité, voyant qu'on se donne tout entier à elle pour l'honorer et la servir, en se dépouillant de ce que l'on a de plus cher pour l'en orner, se donne aussi tout entière et d'une manière ineffable à celui qui lui donne tout.
Elle le fait s'engloutir dans l'abîme de ses grâces, elle l'orne de ses mérites, elle l'appuie de sa puissance, elle l'éclaire de sa lumière, elle l'embrase de son amour, elle lui communique ses vertus : son humilité, sa foi, sa pureté etc.… Elle se rend sa caution, son supplément et son tout envers Jésus.
Enfin, comme cette personne consacrée est toute à Marie, Marie est aussi toute à elle ; en sorte que l'on peut dire de ce parfait serviteur et enfant de Marie ce que saint Jean l'Evangéliste dit de lui-même, qu'il a pris la très sainte Vierge pour tous ses biens : Accepit eam discipulus in sua.




145. C'est ce qui produit dans son âme, s'il est fidèle, une grande défiance, mépris et haine de soi-même, et une grande confiance et un grand abandon à la sainte Vierge, sa bonne maîtresse.
Il ne met plus comme auparavant, son appui en ses dispositions, intentions, mérites, vertus et bonnes œuvres, parce qu'en ayant fait un entier sacrifice à Jésus-Christ par cette bonne Mère, il n'a plus qu'un trésor où sont tous ses biens, et qui n'est plus chez lui, et ce trésor est Marie.
C'est ce qui le fait approcher de Notre-Seigneur sans crainte servile ni scrupuleuse, et le prier avec beaucoup de confiance. C'est ce qui le fait entrer dans les sentiments du dévot et savant abbé Rupert, qui, faisant allusion à la victoire que Jacob remporta sur un ange, dit à la très sainte Vierge ces belles paroles :
" O Marie, ma Princesse, et Mère immaculée d'un Dieu-Homme, Jésus-Christ, je désire lutter avec cet Homme, savoir le Verbe divin, armé non pas de mes propres mérites, mais des vôtres. "
Oh ! qu'on est puissant et fort auprès de Jésus-Christ quand on est armé des mérites et de l'intercession d'une digne Mère de Dieu, qui, comme le dit saint Augustin, a amoureusement vaincu le Tout-Puissant !




146. Comme, par cette pratique, nous donnons à Notre-Seigneur, par les mains de sa sainte Mère, toutes nos bonnes œuvres, cette bonne Maîtresse les purifie, les embellit et les fait accepter de son Fils.
1° Elle les purifie de toute la souillure de l'amour-propre et de l'attache imperceptible à la créature qui se glisse insensiblement dans les meilleures actions.
Dès lors qu'elles sont entre ses mains très pures et fécondes, ces mêmes mains, qui n'ont jamais été stériles et oiseuses et qui purifient ce qu'elles touchent, ôtent du présent qu'on lui fait tout ce qu'il peut y avoir de gâté ou imparfait.




147. 2° Elle les embellit, en les ornant de ses mérites et vertus. C'est comme si un paysan, voulant gagner l'amitié et la bienveillance du roi, allait à la reine et lui présentait une pomme, qui est tout son revenu, afin qu'elle la présentât au roi.
La reine, ayant accepté le pauvre petit présent du paysan, mettrait cette pomme au milieu d'un grand et beau plat d'or, et la présenterait ainsi au roi de la part du paysan. Pour lors, la pomme, quoique indigne en elle-même d'être présentée au roi, deviendrait un présent digne de sa Majesté, eu égard au plat d'or où elle est et à la personne qui la présente.




148. 3° Elle présente ces bonnes œuvres à Jésus-Christ, car elle ne garde rien de ce qu'on lui présente, pour soi, en dernière fin. Elle renvoie tout à Jésus fidèlement. Si on la loue et on la glorifie, aussitôt elle loue et glorifie Jésus.
Maintenant comme autrefois lorsque sainte Élisabeth la loua, elle chante, quand on la loue et la bénit
:
" Magnificat anima mea Dominum. - Mon âme glorifie le Seigneur."




149. 4° Elle fait accepter de Jésus ces bonnes œuvres, quelque petit et pauvre que soit le présent pour ce Saint des saints et ce Roi des rois.
Quand on présente quelque chose à Jésus, par soi-même et appuyé sur sa propre industrie et disposition, Jésus examine le présent, et souvent il le rejette à cause de la souillure qu'il contracte par l'amour-propre, comme autrefois il rejeta les sacrifices des Juifs tout pleins de leur propre volonté.
Mais quand on lui présente quelque chose par les mains pures et virginales de sa bien-aimée, on le prend par son faible, s'il m'est permis d'user de ce terme ! Il ne considère pas tant la chose qu'on lui donne que sa bonne Mère qui la présente ; il ne regarde pas tant d'où vient ce présent que celle par qui il vient.
Ainsi Marie, qui n'est jamais rebutée et toujours bien reçue de son Fils, fait recevoir agréablement de sa Majesté tout ce qu'elle lui présente, petit ou grand ; il suffit que Marie le présente pour que Jésus le reçoive et l'agrée. C'est le grand conseil que donnait saint Bernard à ceux et celles qu'il conduisait à la perfection : Quand vous voudrez offrir quelque chose à Dieu, ayez soin de l'offrir par les mains très agréables de Marie, à moins que vous ne vouliez être rejetés !




150. N'est-ce pas ce que la nature même inspire aux petits à l'égard des grands, comme nous avons vu ? Pourquoi la grâce ne nous porterait-elle pas à faire la même chose à l'égard de Dieu, qui est infiniment élevé au-dessus de nous, et devant lequel nous sommes moins que des atomes ? Nous avons d'ailleurs une avocate si puissante qu'elle n'est jamais refusée, si industrieuse qu'elle sait tous les secrets pour gagner le cœur de Dieu, si bonne et charitable qu'elle ne rebute personne quelque petit et méchant qu'il soit ! Je rapporterai ci-après la figure véritable des vérités que je dis, dans l'histoire de Jacob et de Rébecca.


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Le moine



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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Dim 22 Mai 2011, 09:00

Michael a écrit:
A. Nécessité de la dévotion à Marie

J'allais commencer à lire, mais ce titre me gène, "la Nécessité..." pourquoi c'est nécessaire ? seul Jésus me suffit et la Vierge Marie est secondaire pour moi !
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Dim 22 Mai 2011, 09:07

Le moine a écrit:
Michael a écrit:
A. Nécessité de la dévotion à Marie

J'allais commencer à lire, mais ce titre me gène, "la Nécessité..." pourquoi c'est nécessaire ? seul Jésus me suffit et la Vierge Marie est secondaire pour moi !

Dans le Ciel, Dieu et le prochain formeront une seule famille.

Vous ne dites pas, à propos de votre famille : Seule ma femme me suffit et mes enfants sont secondaires pour moi.

De même, vous ne direz pas : seul Jésus me suffit et la Vierge Marie est secondaire pour moi

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Arnaud
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Le moine



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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Dim 22 Mai 2011, 09:16

Arnaud Dumouch a écrit:
Le moine a écrit:
Michael a écrit:
A. Nécessité de la dévotion à Marie

J'allais commencer à lire, mais ce titre me gène, "la Nécessité..." pourquoi c'est nécessaire ? seul Jésus me suffit et la Vierge Marie est secondaire pour moi !

Dans le Ciel, Dieu et le prochain formeront une seule famille.

Vous ne dites pas, à propos de votre famille : Seule ma femme me suffit et mes enfants sont secondaires pour moi.

De même, vous ne direz pas : seul Jésus me suffit et la Vierge Marie est secondaire pour moi

Dans le Ciel je comprend, mais là, je suis encore en chemin et celui de Jésus qui est ( le Chemin, la Vérité, la Vie )
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Dim 22 Mai 2011, 09:31

Le moine a écrit:


Dans le Ciel je comprend, mais là, je suis encore en chemin et celui de Jésus qui est ( le Chemin, la Vérité, la Vie )

C'est exactement parfait. C'est Luther qui a cru que donner de l'honneur aux amis de Dieu enlevait de l'honneur à Dieu.

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Michael



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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Dim 22 Mai 2011, 14:10

Le moine a écrit:
Michael a écrit:
A. Nécessité de la dévotion à Marie

J'allais commencer à lire, mais ce titre me gène, "la Nécessité..." pourquoi c'est nécessaire ? seul Jésus me suffit et la Vierge Marie est secondaire pour moi !
Bonjour Le moine!!!
Vous découvrirez pourquoi à la lecture et la méditation de ce traité.
C'est d'une grande simplicité et surtout véridique.
C'est le plus beau cadeau que vous puissiez vous faire.
Nous sommes des miliers à avoir lu et compris.
Bonne journée.
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Michael



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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Lun 23 Mai 2011, 05:50

Cette dévotion est un excellent moyen de procurer la plus grande gloire de Dieu.



151. Quatrième motif. Cette dévotion fidèlement pratiquée est un excellent moyen pour faire en sorte que la valeur de toutes nos bonnes œuvres soit employée à la plus grande gloire de Dieu.
Presque personne n'agit pour cette noble fin, quoiqu'on y soit obligé, soit parce qu'on ne connaît pas où est la plus grande gloire de Dieu, soit parce qu'on ne la veut pas.
Mais la très sainte Vierge, à qui on cède la valeur et le mérite de ses bonnes œuvres, connaît très parfaitement où est la plus grande gloire de Dieu, et ne fait rien que pour la plus grande gloire de Dieu ; En sorte qu'un parfait serviteur de cette bonne Maîtresse, qui s'est tout consacré à elle, peut dire hardiment que la valeur de toutes ses actions, pensées et paroles, est employée à la plus grande gloire de Dieu, à moins qu'il ne révoque expressément son offrande !
Peut-on trouver rien de plus consolant pour une âme qui aime Dieu d'un amour pur et désintéressé, et qui prise plus la gloire de Dieu et Ses intérêts que les siens propres ?




Cette dévotion est un chemin pour arriver à l'union avec Notre-Seigneur.






152. Cinquième motif. Cette dévotion est un chemin aisé, court, parfait et assuré pour arriver à l'union avec Notre-Seigneur, où consiste la perfection du chrétien.
1° C'est un chemin aisé : c'est un chemin que Jésus-Christ a frayé en venant à nous, et où il n'y a aucun obstacle pour arriver à Lui.
On peut, à la vérité, arriver à l'union divine par d'autres chemins. Mais ce sera par beaucoup plus de croix et avec beaucoup plus de difficultés, que nous ne vaincrons que difficilement. Il faudra passer par des nuits obscures, par des combats et des agonies étranges, par des montagnes escarpées, sur des épines très piquantes et par des déserts affreux.
Mais par le chemin de Marie, on passe plus doucement et plus tranquillement. On y trouve, à la vérité, de grands combats à donner et de grandes difficultés à vaincre ; mais cette bonne Mère et Maîtresse se rend si proche et si présente à ses fidèles serviteurs, pour les éclairer dans leurs ténèbres, pour les éclaircir dans leurs doutes, pour les affermir dans leurs craintes, pour les soutenir dans leurs combats et leurs difficultés, qu'en vérité ce chemin virginal pour trouver Jésus-Christ est un chemin de roses et de miel au vu des autres chemins.
Il y a eu quelques saints, mais en petit nombre, comme un saint Ephrem, saint Jean Damascène, saint Bernard, saint Bernardin, saint Bonaventure, saint François de Sales etc., qui ont passé par ce chemin doux pour aller à Jésus-Christ, parce que le Saint-Esprit, Epoux fidèle de Marie, le leur a montré par une grâce singulière.


Mais les autres saints, qui sont en plus grand nombre, quoiqu'ils aient tous eu de la dévotion à la très sainte Vierge, ne sont pas pourtant, ou très peu, entrés en cette voie. C'est pourquoi ils ont passé par des épreuves plus rudes et plus dangereuses.



153. D'où vient donc, me dira quelque fidèle serviteur de Marie, que les serviteurs fidèles de cette bonne Mère ont tant d'occasions de souffrir, et plus que les autres qui ne lui sont pas si dévots ?
On les contredit, on les persécute, on les calomnie, on ne peut les souffrir. Ou bien ils marchent dans les ténèbres intérieures et les déserts où il n'y a pas la moindre goutte de rosée du ciel.
Si cette dévotion à la sainte Vierge rend le chemin pour trouver Jésus-Christ plus aisé, d'où vient qu'ils sont les plus crucifiés ?




154. Je lui réponds qu'il est bien vrai que les plus fidèles serviteurs de la sainte Vierge, étant ses plus grands favoris, reçoivent d'elle les plus grandes grâces et faveurs du ciel, qui sont les croix : mais je soutiens que ce sont aussi ces serviteurs de Marie qui portent ces croix avec plus de facilité, de mérite et de gloire ; et que ce qui arrêterait mille fois un autre ou le ferait tomber, ne les arrête pas une fois et les fait avancer, parce que cette bonne Mère, toute pleine de grâce et de l'onction du Saint-Esprit, confit toutes ces croix qu'elle leur taille, dans le sucre de sa douceur maternelle et dans l'onction du pur amour.
En sorte qu'il les avalent joyeusement comme des noix confites, quoiqu'elles soient d'elles-mêmes très amères !
Et je crois qu'une personne qui veut être dévote et vivre pieusement en Jésus-Christ, et par conséquent souffrir persécution et porter tous les jours sa croix, ne portera jamais de grandes croix, ou ne les portera pas joyeusement jusqu'à la fin sans une tendre dévotion à la sainte Vierge, qui est la confiture des croix ! Tout de même qu'une personne ne pourra pas manger sans une grande violence, qui ne sera pas durable, des noix vertes sans être confites dans le sucre !




155. 2° Cette dévotion à la très sainte Vierge est un chemin court pour trouver Jésus-Christ, soit parce qu'on ne s'y égare point, soit parce que, comme je viens de dire, on y marche avec plus de joie et de facilité, et, par conséquent, avec plus de promptitude.
On avance plus, en peu de temps de soumission et dépendance de Marie, que dans des années entières de propre volonté et d'appui sur soi-même. Car un homme obéissant et soumis à la divine Marie chantera des victoires signalées sur tous ses ennemis.
Ils voudront l'empêcher de marcher, ou le faire reculer, ou le faire tomber, il est vrai ! Mais avec l'appui, l'aide et la conduite de Marie, sans tomber, sans reculer et même sans se retarder, il avancera à pas de géant vers Jésus-Christ, par le même chemin par lequel il est écrit que Jésus est venu vers nous à pas de géant et en peu de temps.




156. Pourquoi pensez-vous que Jésus-Christ a si peu vécu sur la terre, et qu'en le peu d'années qu'il y a vécu, il a passé toute sa vie dans la soumission et l'obéissance à sa Mère ? Ah ! c'est qu'ayant été consommé en peu il a vécu longtemps et plus longtemps qu'Adam, dont il était venu réparer les pertes, quoiqu'il ait vécu plus de neuf cents ans ; et Jésus-Christ a vécu longtemps parce qu'il a vécu bien soumis et bien uni avec sa sainte Mère pour obéir à Dieu son Père ; car 1° Celui qui honore sa mère ressemble à un homme qui thésaurise, dit le Saint-Esprit, c'est-à-dire que celui qui honore Marie sa Mère jusqu'à se soumettre à elle, et lui obéir en toutes choses, deviendra bientôt bien riche parce qu'il amasse tous les jours des trésors, par le secret de cette pierre philosophale. 2° Parce que, selon une interprétation spirituelle de cette parole du Saint-Esprit " Ma vieillesse se trouve dans la miséricorde du sein " c'est dans le sein de Marie qui a entouré et engendré un homme parfait, et qui a eu la capacité de contenir Celui que tout l'univers ne comprend ni ne contient pas, c'est dans le sein de Marie, dis-je, que les jeunes gens deviennent des vieillards en lumière, en sainteté, en expérience et en sagesse, et qu'on parvient en peu d'années jusqu'à la plénitude de l'âge de Jésus-Christ.



157. 3° Cette pratique de dévotion à la très sainte Vierge est un chemin parfait pour aller et s'unir à Jésus-Christ, puisque la divine Marie est la plus parfaite et la plus sainte des pures créatures, et que Jésus-Christ, qui est parfaitement venu à nous n'a point pris d'autre route en son grand et admirable voyage. Le Très-Haut, l'Incompréhensible, l'Inaccessible, Celui qui Est, a voulu venir à nous, petits vers de terre qui ne sommes rien ! Comment cela s'est-il fait ?
Le Très-Haut est descendu parfaitement et divinement par l'humble Marie jusqu'à nous, sans rien perdre de sa divinité et sainteté ; et c'est par Marie que les très petits doivent monter parfaitement et divinement au Très-Haut sans rien appréhender.
L'Incompréhensible s'est laissé comprendre et contenir parfaitement par la petite Marie, sans rien perdre de son immensité ; c'est aussi par la petite Marie que nous devons nous laisser contenir et conduire parfaitement sans aucune réserve.
L'Inaccessible s'est approché, s'est uni étroitement, parfaitement et même personnellement à notre humanité par Marie, sans rien perdre de sa Majesté. C'est aussi par Marie que nous devons approcher de Dieu et nous unir à sa Majesté parfaitement et étroitement sans crainte d'être rebutés.
Enfin, Celui qui Est a voulu venir à ce qui n'est pas, et faire que ce qui n'est pas devienne Dieu, ou Celui qui Est. Il l'a fait parfaitement en se donnant et se soumettant entièrement à la jeune Vierge Marie, sans cesser d'être dans le temps Celui qui Est de toute Eternité. De même, c'est par Marie que, quoique nous ne soyons rien, nous pouvons devenir semblables à Dieu, par la grâce et la gloire, en nous donnant à elle si parfaitement et entièrement, que nous ne soyons rien en nous-mêmes et tout en elle, sans crainte de nous tromper.




158. Qu'on me fasse un chemin nouveau pour aller à Jésus-Christ, et que ce chemin soit pavé de tous les mérites des bienheureux, orné de toutes leurs vertus héroïques, éclairé et embelli de toutes les lumières et beautés des anges, et que tous les anges et les saints y soient pour y conduire, défendre et soutenir ceux et celles qui y voudront marcher, en vérité je dis hardiment que je prendrais, préférablement à ce chemin, la voie immaculée de Marie, voie ou chemin sans aucune tache ni souillure, sans péché originel ni actuel, sans ombres ni ténèbres.
Et si mon aimable Jésus, dans sa gloire, vient une seconde fois sur la terre ( comme il est certain ) pour y régner, il ne choisira pas d'autre voie de son voyage que la divine Marie, par laquelle il est si sûrement et parfaitement venu la première fois.
La différence qu'il y aura entre sa première et dernière venue, c'est que la première a été secrète et cachée, la seconde sera glorieuse et éclatante ; mais toutes deux parfaites, parce que toutes deux seront par Marie. Hélas ! voici un mystère qu'on ne comprend pas :" Hic taceat omnis lingua - Que toute langue demeure muette ici !"


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Père Elia



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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Lun 23 Mai 2011, 10:43

Bonjour le Moine

"Donnez -leur vous même à manger"

C'est Jésus qui demande à ses disciples de participer au signe de son message: il a voulu avoir besoin d'eux.

Si j'aime et une personne et souhaite valoriser ses dons, je fais tout pour lui être redevable, quitte à m'effacer pour que soit elle qui ait les bénéfices de l'action accomplie que j'aurais peut-être fait mieux ou plus vite.
L'amour s'efface...

Vous butez sur de bons obstacles, il y a des perles cachées à découvrir, si vous tenez bon à vous ouvrir à des débuts d'élucidation.

:crepe:
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Michael



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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Mar 24 Mai 2011, 04:03



159. 4° Cette dévotion à la très sainte Vierge est un chemin assuré pour aller à Jésus-Christ et acquérir la perfection en nous unissant à lui :
1° Parce que cette pratique que j'enseigne n'est pas nouvelle. Elle est si ancienne qu'on ne peut en marquer précisément les commencements ; il est cependant certain que depuis plus de sept cents ans on en trouve des marques dans l'Eglise.
Saint Odilon, abbé de Cluny, qui vivait environ l'an 1040, a été l'un des premiers qui l'a pratiquée publiquement en France, comme il est marqué dans sa vie. Le cardinal Pierre Damien, rapporte que, l'an 1076, le bienheureux Marin, son frère, se fit l'esclave de la très sainte Vierge, en présence de son directeur, d'une manière bien édifiante : car il se mit la corde au col et prit la discipline, et mit sur l'autel une somme d'argent pour marque de son dévouement et consécration à la sainte Vierge, ce qu'il continua si fidèlement toute sa vie qu'il mérita à sa mort d'être visité et consolé par sa bonne Maîtresse, et de recevoir de sa bouche les promesses du paradis pour récompense de ses services.
Cette dévotion a été pratiquée par plusieurs particuliers jusqu'au XVIIème siècle, où elle est devenue publique.




160. Le P. Simon de Roias mit en vogue cette dévotion par toute l'Espagne et l'Allemagne, et obtint, à l'instance de Philippe III, de grandes indulgences à ceux qui la pratiqueraient, accordées par Grégoire XV.
Les R. Pères Théatins, au siècle dernier, établirent cette dévotion dans l'Italie, la Sicile et la Savoie.




161. Le R. Père Stanislas Phalacius, de la Compagnie de Jésus, avança merveilleusement cette dévotion dans la Pologne. Le Père de los Rios rapporte les noms des princes, princesses, évêques et cardinaux de différents royaumes qui ont embrassé cette dévotion.
Le R. Père Cornelius, ayant reçu commission de plusieurs évêques et théologiens d'examiner cette dévotion, lui donna des louanges dignes de sa piété, et plusieurs autres grands personnages suivirent son exemple.
Les R. Pères Jésuites, toujours zélés au service de la très sainte Vierge, présentèrent un petit traité de cette dévotion au duc Ferdinand de Bavière, pour lors archevêque de Cologne, qui leur donna son approbation et la permission de le faire imprimer, exhortant tous les curés et religieux de son diocèse d'avancer autant qu'ils pourraient cette solide dévotion.




162. Le cardinal de Bérulle, dont la mémoire est en bénédiction par toute la France, fut un des plus zélés à étendre en France cette dévotion, malgré toutes les calomnies et persécutions que lui firent les critiques et les libertins.
Ils l'accusèrent de nouveauté et de superstition. Ils écrivirent et publièrent contre lui un écrit diffamatoire, et ils se servirent, ou plutôt le démon par leur ministère, de mille ruses pour l'empêcher d'étendre cette dévotion en France.
Mais ce grand et saint homme ne répondit à leur calomnie que par sa patience, et à leurs objections contenues dans leur libelle par un petit écrit où il les réfute puissamment, en leur montrant que cette dévotion est fondée sur l'exemple de Jésus-Christ, sur les obligations que nous lui avons, et sur les vœux que nous avons faits au saint baptême ; et c'est particulièrement par cette dernière raison qu'il ferme la bouche à ses adversaires, leur faisant voir que cette consécration à la très sainte Vierge, et à Jésus-Christ par ses mains, n'est autre chose qu'une parfaite rénovation des vœux ou promesses du baptême. Il dit plusieurs belles choses sur cette pratique, qu'on peut lire en ses ouvrages.




163. On peut lire dans le livre de Mr Boudon les différents papes qui ont approuvé cette dévotion, les théologiens qui l'ont examinée, et les persécutions qu'elle a eues et vaincues, et les milliers de personnes qui l'ont embrassée, sans que jamais aucun pape l'ait condamnée ; et on ne le pourrait faire sans renverser les fondements du christianisme.
Il reste donc constant que cette dévotion n'est point nouvelle, et que si elle n'est pas commune, c'est qu'elle est trop précieuse pour être goûtée et pratiquée de tout le monde.




164. Cette dévotion est un moyen assuré pour aller à Jésus-Christ parce que le propre de la sainte Vierge est de nous conduire sûrement à Jésus-Christ, comme le propre de Jésus-Christ est de nous conduire sûrement au Père éternel.
Et que les spirituels ne croient pas faussement que Marie leur soit un empêchement pour arriver à l'union divine. Car, serait-il possible que celle qui a trouvé grâce devant Dieu pour tout le monde en général et pour chacun en particulier, fût un empêchement à une âme pour trouver la grande grâce de l'union avec Lui ? Serait-il possible que celle qui a été tout pleine et surabondante de grâces, si unie et transformée en Dieu qu'il a fallu qu'il se soit incarné en elle, empêchât qu'une âme ne fût parfaitement unie à Dieu ?
Il est bien vrai que la vue des autres créatures, quoique saintes, pourrait peut-être en de certains temps retarder l'union divine ; mais non pas Marie comme j'ai dit et dirai toujours sans me lasser.
Une raison pourquoi si peu d'âmes arrivent à le plénitude de l'âge de Jésus-Christ, c'est que Marie, qui est autant que jamais la Mère de Jésus-Christ et l'Epouse féconde du Saint-Esprit, n'est pas assez formée dans leurs cœurs.
Qui veut avoir le fruit bien mûr et bien formé doit avoir l'arbre qui le produit ; qui veut avoir le fruit de vie, Jésus-Christ, doit avoir l'arbre de vie qui est Marie. Qui veut avoir en soi l'opération du Saint-Esprit, doit avoir son Epouse fidèle et indissoluble, la divine Marie, qui le rend fertile et fécond, comme nous avons dit ailleurs.




165. Soyez donc persuadé que plus vous regarderez Marie en vos oraisons, contemplations, actions et souffrances, sinon d'une vue distincte et aperçue, du moins d'une vue générale et imperceptible, plus parfaitement vous trouverez Jésus-Christ, qui est toujours avec Marie, grand, puissant, opérant et incompréhensible, et plus que dans le ciel et en aucune créature de l'univers.
Ainsi, bien loin que la divine Marie, toute perdue en Dieu, devienne un obstacle aux parfaits pour arriver à l'union avec Dieu, il n'y a point eu jusqu'ici, et il n'y aura jamais, de créature qui nous aide plus efficacement à ce grand ouvrage, soit par les grâces qu'elle vous communiquera à cet effet, soit par les illusions et tromperies de l'esprit malin dont elle vous garantira.




166. Là où est Marie, là l'esprit malin n'est point. Et une des plus infaillibles marques que l'on est conduit par le bon esprit, c'est quand on est bien dévot à Marie, qu'on pense souvent à elle, et qu'on en parle souvent. C'est la pensée d'un saint qui ajoute que, comme la respiration est une marque certaine que le corps n'est pas mort, la fréquente pensée et invocation amoureuse de Marie est une marque certaine que l'âme n'est pas morte par la péché.



167. C'est Marie seule, dit l'Eglise et le Saint-Esprit qui la conduit, qui a seule fait périr toutes les hérésies : Sola cunctas haereses interemisti in universo mundo ;
Quoique les critiques en grondent, jamais un fidèle dévot de Marie ne tombera dans l'hérésie ou l'illusion, du moins formelle ; il pourra bien errer matériellement, prendre le mensonge pour la vérité, et l'esprit malin pour le bon - quoique plus difficilement qu'un autre - , mais il connaîtra tôt ou tard sa faute et son erreur matérielle. Et quand il la connaîtra, il ne s'opiniâtrera en aucune manière à croire et à soutenir ce qu'il avait cru véritable.




168. Quiconque donc veut avancer dans la voie de la perfection et trouver sûrement et parfaitement Jésus-Christ, qu'il embrasse avec grand cœur cette dévotion à la très sainte Vierge, qu'il n'avait peut-être pas encore connue. Qu'il entre dans ce chemin excellent qui lui était inconnu et que je lui montre.
C'est un chemin frayé par Jésus-Christ, la Sagesse incarnée, notre unique chef. Le membre, en y passant, ne peut se tromper !
C'est un chemin aisé, à cause de la plénitude de la grâce et de l'onction du Saint-Esprit qui le remplit. On ne se lasse point ni on ne recule point en y marchant.
C'est un chemin court, qui en peu de temps, nous mène à Jésus-Christ.
C'est un chemin parfait, où il n'y a aucune boue, aucune poussière, ni la moindre ordure du péché.
C'est enfin un chemin assuré, qui nous conduit à Jésus-Christ et à la vie éternelle d'une manière droite et assurée, sans détour ni à droite ni à gauche.
Entrons donc dans ce chemin, et marchons-y jour et nuit, jusqu'à la plénitude de l'âge de Jésus-Christ.


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Michael



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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Mer 25 Mai 2011, 06:28


Cette dévotion donne une grande liberté intérieure





169. Sixième motif. Cette pratique de dévotion donne une grande liberté intérieure, qui est la liberté des enfants de Dieu, aux personnes qui la pratiquent fidèlement. Car, comme par cette dévotion on se rend esclave de Jésus-Christ, en se consacrant tout à lui en cette qualité, ce bon Maître, pour récompenser de la captivité amoureuse où l'on se met : 1° Ôte tout scrupule et crainte servile de l'âme, qui n'est capable que de l'étrécir, captiver et embrouiller.
2° Elargit le cœur par une sainte confiance en Dieu, le faisant regarder comme son Père.
3° Lui inspire un amour tendre et filial.




170. Sans m'arrêter à prouver cette vérité par des raisons, je me contente de rapporter un trait d'histoire que j'ai lu dans la vie de Mère Agnès de Jésus, religieuse Jacobine du couvent de Langeac, en Auvergne, et qui mourut en odeur de sainteté au même lieu en 1634.
N'ayant encore que sept ans et souffrant de grandes peines d'esprit, elle entendit une voix qui lui dit que si elle voulait être délivrée de toutes ses peines et être protégée contre tous ses ennemis, elle se fît au plus tôt l'esclave de Jésus et de sa sainte Mère.
Elle ne fut pas plus tôt de retour à la maison qu'elle se donna toute entière à Jésus et à sa sainte Mère en cette qualité, quoiqu'elle ne sût pas auparavant ce que c'était que cette dévotion ; Et après cette action, toutes ses peines et ses scrupules cessèrent, et elle se trouva dans une grande paix et dilatation de cœur, ce qui l'engagea à enseigner cette dévotion à plusieurs autres qui y ont fait de grandes progrès, entre autres à M. Olier, du Séminaire de Saint-Sulpice, et à plusieurs prêtres et ecclésiastiques du même Séminaire.
Un jour, la sainte Vierge lui apparut et lui mit au col une chaîne d'or pour lui témoigner la joie qu'elle avait qu'elle se fût faite esclave de son Fils et la sienne. Et sainte Cécile qui accompagnait la sainte Vierge lui dit : " Heureux ceux qui sont les fidèles esclaves de la Reine du ciel, car ils jouiront de la véritable liberté."


Cette dévotion procure de grands biens au prochain.




171. Septième motif. Ce qui peut encore nous engager à embrasser cette pratique, ce sont les grands biens qu'en recevra notre prochain. Car par cette pratique on exerce envers lui la charité d'une manière éminente, puisqu'on lui donne par les mains de Marie tout ce qu'on a de plus cher, qui est la valeur satisfactoire et impétratoire de toutes nos bonnes œuvres, sans excepter la moindre bonne pensée et la moindre petite souffrance.
On consent que tout ce que l'on a acquis, et ce que l'on acquerra jusqu'à la mort, de satisfactions, soit selon la volonté de la sainte Vierge, employé ou à la conversion des pécheurs ou à la délivrance des âmes du purgatoire.
N'est-ce pas là aimer son prochain parfaitement ? N'est-ce pas là être le véritable disciple de Jésus-Christ, qu'on reconnaît par la charité ? N'est-ce pas là le moyen de convertir les pécheurs, sans crainte de la vanité, et de délivrer les âmes du purgatoire, sans presque faire rien autre chose que ce que chacun est obligé de faire dans son état ?




172. Pour connaître l'excellence de ce motif, il faudrait connaître quel bien c'est que de convertir un pécheur ou de délivrer une âme du purgatoire : bien infini, qui est plus grand que de créer le ciel et la terre, puisqu'on donne à une âme la possession de Dieu.
Quand, par cette pratique, on ne délivrerait qu'une âme du purgatoire en toute sa vie, ou qu'on ne convertirait qu'un pécheur, n'en serait-ce pas assez pour engager tout homme vraiment charitable à l'embrasser .
Mais il faut remarquer que nos bonnes œuvres, passant par les mains de Marie, reçoivent une augmentation de pureté, et par conséquent de mérite et de valeur satisfactoire et impétratoire : c'est pourquoi elles deviennent beaucoup plus capables de soulager les âmes du purgatoire et de convertir les pécheurs que si elles ne passaient pas par les mains virginales et libérales de Marie.
Le peu qu'on donne à la sainte Vierge, sans propre volonté et par une charité très désintéressée, en vérité devient bien puissant pour fléchir la colère de Dieu et pour attirer sa miséricorde.
Et il se trouvera peut-être à la mort, qu'une personne bien fidèle à cette pratique aura, par ce moyen, délivré plusieurs âmes du purgatoire et converti plusieurs pécheurs, quoiqu'elle n'ait fait que des actions de son état assez ordinaire. Quelle joie à son jugement ! Quelle gloire dans l'éternité !


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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Jeu 26 Mai 2011, 06:14

Cette dévotion est un moyen admirable de persévérance.



173. Huitième motif. Enfin, ce qui nous engage plus puissamment, en quelque manière, à cette dévotion à la très sainte Vierge, c'est que c'est un moyen admirable pour persévérer dans la vertu et être fidèle. Car d'où vient que la plupart des conversions des pécheurs ne sont pas durables ? D'où vient qu'on retombe si aisément dans le péché ? D'où vient que la plupart des justes, au lieu d'avancer de vertu en vertu et acquérir de nouvelles grâces, perdent souvent le peu de vertus et de grâces qu'ils ont ?
Ce malheur vient, comme je l'ai montré ci-devant, de ce que l'homme, étant si corrompu, si faible, si inconstant, se fie à lui-même, s'appuie sur ses propres forces et se croit capable de garder le trésor de ses grâces, de ses vertus et mérites.
Par cette dévotion, on confie à la très sainte Vierge, qui est fidèle, tout ce qu'on possède. On la prend pour la dépositaire universelle de tous nos biens de nature et de grâce. C'est à sa fidélité que l'on se fie, c'est sur sa puissance que l'on s'appuie, c'est sur sa miséricorde et sa charité que l'on se fonde, afin qu'elle conserve et augmente nos vertus et mérites, malgré le diable, le monde et la chair, qui font leurs efforts pour nous les enlever.
On lui dit, comme un bon enfant à sa mère, et un fidèle serviteur à sa maîtresse : Depositum custodi : Ma bonne Mère et Maîtresse, je reconnais que j'ai jusqu'ici plus reçu de grâces de Dieu par votre intercession que je ne mérite, et que ma funeste expérience m'apprend que je porte ce trésor en un vaisseau très fragile et que je suis trop faible et trop misérable pour les conserver moi-même.
De grâce, recevez en dépôt tout ce que je possède, et me le conservez par votre fidélité et votre puissance.
Si vous me gardez, je ne perdrai rien ; si vous me soutenez, je ne tomberai point ; si vous me protégez, je suis à couvert de mes ennemis.




174. C'est ce que dit saint Bernard en termes formels, pour nous inspirer cette pratique : " Lorsqu'elle vous soutient, vous ne tombez point, lorsqu'elle vous protège, vous ne craignez point, lorsqu'elle vous conduit, vous ne vous fatiguez point, lorsqu'elle vous est favorable, vous arrivez jusqu'au port du salut." Saint Bonaventure semble encore dire la même chose en des termes plus formels : "La sainte Vierge, dit-il, n'est pas seulement retenue dans la plénitude des saints ; mais elle retient encore et garde les saints dans leur plénitude, afin qu'elle ne diminue point. Elle empêche que leurs vertus ne se dissipent, que leurs mérites ne périssent, que leurs grâces ne se perdent, que les démons ne leur nuisent. Enfin, elle empêche que Notre-Seigneur ne les châtie quand ils pêchent !



175. La très sainte Vierge est la vierge fidèle qui, par sa fidélité à Dieu, répare les pertes qu'a faites Eve l'infidèle par son infidélité, et qui obtient la fidélité à Dieu et la persévérance à ceux et celles qui s'attachent à elle.
C'est pourquoi un saint la compare à une ancre ferme, qui les retient et les empêche de faire naufrage dans la mer agitée de ce monde où tant de personnes périssent faute de s'attacher à cette ancre ferme. C'est à elle que les saints qui se sont sauvés se sont le plus attachés et ont attaché les autres, afin de persévérer dans la vertu.
Heureux donc et mille fois heureux les chrétiens qui, maintenant, s'attachent fidèlement et entièrement à elle comme à une ancre ferme. Les efforts de l'orage de ce monde ne les feront point submerger, ni perdre leurs trésors célestes.
Heureux ceux et celles qui entrent dans elle comme dans l'arche de Noé ! Les eaux du déluge de péchés, qui noient tant de monde, ne leur nuiront point, car : Qui operantur in me non peccabunt - ceux qui sont en moi pour travailler à leur salut ne pécheront point, dit-elle avec la Sagesse.
Heureux les enfants infidèles de la malheureuse Ève, qui s'attachent à la Mère et Vierge fidèle, qui demeure toujours fidèle et ne se dément jamais. Elle aime toujours ceux qui l'aiment, non seulement d'un amour affectif, mais d'un amour effectif et efficace, en les empêchant, par une grande abondance de grâces, de reculer dans la vertu ou de tomber dans le chemin en perdant la grâce de son Fils.




176. Cette bonne Mère reçoit toujours, par pure charité, tout ce qu'on lui donne en dépôt ; et quand elle l'a une fois reçu en qualité de dépositaire, elle est obligée par justice, en vertu du contrat de dépôt, de le nous garder. Tout comme une personne à qui j'aurais confié mille écus en dépôt serait obligée de me les garder, en sorte que si, par négligence, mes mille écus venaient à être perdus, elle en serait responsable en bonne justice.
Mais non, jamais la fidèle Marie ne laissera perdre par négligence ce qu'on lui aura confié : le ciel et la terre passeraient plutôt qu'elle fût négligente et infidèle envers ceux qui se fient à elle.




177. Pauvres enfants de Marie, votre faiblesse est extrême, votre inconstance est grande, votre fond est bien gâté. Je l'avoue, vous êtes tirés de la même masse corrompue des enfants d'Adam et Ève. Mais ne vous découragez pas pour cela ; mais consolez-vous ; mais réjouissez-vous : voici le secret que je vous apprends, secret inconnu de presque tous les chrétiens, même les plus dévots.
Ne laissez pas votre or et votre argent dans vos coffres, qui ont déjà été enfoncés par l'esprit malin qui vous a volés, et qui sont trop petits, trop faibles et trop vieux pour contenir un trésor si grand et si précieux.
Si le péché n'y est plus, son odeur y est encore, l'eau en sera gâtée ! Ne mettez pas vos vins exquis dans vos anciens tonneaux qui ont été remplis de mauvais vins ! Il en seraient gâtés et en danger d'être répandus.


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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Ven 27 Mai 2011, 07:06



178. Quoique vous m'entendiez, âmes prédestinées, je parle plus ouvertement.
Ne confiez pas l'or de votre charité, l'argent de votre pureté, les eaux des grâces célestes, ni les vins de vos mérites et vertus à un sac percé, à un coffre vieux et brisé, à un vaisseau gâté et corrompu comme vous êtes.
Autrement vous serez pillés par les voleurs, c'est à dire les démons qui cherchent et épient nuit et jour, le temps propice pour le faire !
Autrement vous gâterez, par votre mauvaise odeur d'amour de vous-même, de confiance en vous-même et de propre volonté, tout ce que Dieu vous donne de plus pur.
Mettez, versez dans le sein et le cœur de Marie, tous vos trésors, toutes vos grâces et vertus : c'est un vaisseau d'esprit, c'est un vaisseau d'honneur, c'est un vaisseau insigne de dévotion. Depuis que Dieu même en personne s'est enfermé avec toutes ses perfections dans ce vaisseau, il est devenu tout spirituel et la demeure spirituelle des âmes les plus spirituelles ; il est devenu honorable, et le trône d'honneur des plus grands princes de l'éternité ; il est devenu insigne en dévotion, et le séjour des plus illustres en douceurs, en grâces et en vertus ; il est devenu enfin riche comme une maison d'or, fort comme une tour de David et pur comme une tour d'ivoire.




179. Oh! Qu'un homme qui a tout donné à Marie, qui se confie en tout et pour tout en Marie, est heureux ! Il est tout à Marie, et Marie est tout à lui !
Il peut dire hardiment avec David : " Haec facta est mihi - Marie est faite pour moi ", ou, avec le disciple bien-aimé : " Accepi eam in mea - Je l'ai prise pour tout mon bien ", ou, avec Jésus-Christ :
" Omnia mea tua sunt, et omnia tua mea sunt - Tout ce que j'ai est à vous, et tout ce que vous avez est à moi ".




180. Si quelque critique, qui lira ceci, s'imagine que je parle ici par exagération et par une dévotion outrée, hélas ! il ne m'entend pas, soit parce qu'il est un homme charnel qui ne goûte point les choses de l'esprit, soit parce qu'il est du monde qui ne peut recevoir le Saint-Esprit, soit parce qu'il est orgueilleux et critique, qui condamne ou méprise tout ce qu'il n'entend pas.
Mais les âmes qui ne sont pas nées du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme mais de Dieu et de Marie, me comprennent et me goûtent ; et c'est pour elles aussi que j'écris ceci.




181. Cependant je dis pour les uns et les autres, en reprenant ma matière interrompue, que la divine Marie, étant la plus honnête et la plus libérale de toutes les pures créatures, elle ne se laisse jamais vaincre en amour et libéralité ; et pour un œuf, dit un saint homme, elle donne un bœuf ; c'est-à-dire, pour peu qu'on lui donne, elle donne beaucoup de ce qu'elle a reçu de Dieu.
Par conséquent, si une âme se donne à elle sans réserve, elle se donne à cette âme sans réserve, si on met toute sa confiance en elle sans présomption, travaillant de son côté à acquérir les vertus et à dompter ses passions.




182. Que les fidèles serviteurs de la sainte Vierge disent donc hardiment avec saint Jean Damascène : "Ayant confiance en vous, ô Mère de Dieu, je serai sauvé ; ayant votre protection, je ne craindrai rien ; avec votre secours, je combattrai et mettrai en fuite mes ennemis : car votre dévotion est une arme de salut que Dieu donne à ceux qu'il veut sauver !"

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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Sam 28 Mai 2011, 08:15

3. Figure biblique de cette parfaite dévotion : Rébecca et Jacob.
183. De toutes les vérités que je viens de décrire par rapport à la sainte Vierge et à ses enfants et serviteurs, le Saint-Esprit nous donne, dans l'Écriture Sainte, une figure admirable dans l'histoire de Jacob, qui reçut la bénédiction de son père Isaac par les soins et l'industrie de Rébecca sa mère.
La voici comme le Saint-Esprit la rapporte. Ensuite j'y ajouterai son explication.



Histoire de Jacob




184. Ésaü ayant vendu à Jacob son droit d'aînesse, Rébecca, mère des deux frères, qui aimait tendrement Jacob, lui assura cet avantage, plusieurs années après, par une adresse toute sainte et toute pleine de mystères.
Car Isaac, se sentant fort vieux et voulant bénir ses enfants avant de mourir, appela son fils Ésaü qu'il aimait, lui commanda d'aller à la chasse pour avoir de quoi manger, afin qu'il le bénît ensuite.
Rébecca avertit promptement Jacob de ce qui se passait et lui commanda d'aller prendre deux chevreaux dans le troupeau. Lorsqu'il les eut donnés à sa mère, elle en prépara à Isaac ce qu'elle savait qu'il aimait ; elle revêtit Jacob des habits d'Ésaü, qu'elle gardait, et couvrit ses mains et son cou de la peau des chevreaux, afin que son père, qui ne voyait plus, pût, en entendant la parole de Jacob, croire au moins, par le poil de ses mains, que c'était Ésaü son frère.
Isaac, en effet, ayant été surpris de sa voix, qu'il croyait être la voix de Jacob, le fit approcher de lui, et ayant touché le poil des peaux dont il s'était couvert les mains, il dit que la voix, à la vérité, était la voix de Jacob, mais que les mains étaient celles d'Ésaü.
Après qu'il eut mangé, et qu'il eut senti, en baisant Jacob, l'odeur de ses habits parfumés, il le bénit et lui souhaita la rosée du ciel et la fécondité de la terre. Il l'établit le maître de tous ses frères, et finit sa bénédiction par ces paroles : " Que celui qui vous maudira soit maudit lui aussi, et que celui qui vous
bénira soit comblé de bénédictions."
A peine Isaac avait achevé ces paroles qu'Ésaü entre et apporte à manger ce qu'il avait pris à la chasse, afin que son père le bénît ensuite. Ce saint patriarche fut surpris d'un étonnement incroyable lorsqu'il reconnut ce qui venait de se passer ; mais bien loin de rétracter ce qu'il avait fait, il le confirma au contraire, parce qu'il voyait trop sensiblement le doigt de Dieu en cette conduite.
Ésaü jeta alors des rugissements, comme marque l'Écriture Sainte, et, accusant hautement la tromperie de son frère, il demanda à son père s'il n'avait qu'une seule bénédiction : étant en ce point, comme remarquent les saints Pères, l'image de ceux qui, étant bien aises d'allier Dieu avec le monde, veulent jouir tout ensemble des consolations du ciel et de celles de la terre.
Isaac, touché des cris d'Ésaü, le bénit enfin, mais d'une bénédiction de la terre, et en l'assujettissant à son frère : ce qui lui fit concevoir une haine si envenimée contre Jacob, qu'il n'attendait plus que la mort de son père pour le tuer.
Et Jacob n'aurait pu éviter la mort si sa chère mère Rébecca ne l'en eût garanti par ses industries et les bons conseils qu'elle lui donna et qu'il suivit.



Interprétation de l'histoire de Jacob





185. Auparavant d'expliquer cette histoire qui est si belle, il faut remarquer que, selon tous les saints Pères et les interprètes de l'Écriture Sainte, Jacob est la figure de Jésus-Christ et des prédestinés, et Ésaü celle des réprouvés. Il ne faut qu'examiner les actions et la conduite de l'un et de l'autre pour en juger.
1° Ésaü l'aîné, était fort et robuste de corps et industrieux à tirer de l'arc et à prendre beaucoup de gibier à la chasse.
2° Il ne restait quasi point à la maison, et, ne mettant sa confiance qu'en sa force et son adresse, il ne travaillait qu'au dehors.
3°Il ne se mettait pas beaucoup en peine de plaire à sa mère Rébecca, et il ne faisait rien pour cela.
4° Il était si gourmand et aimait tant sa bouche, qu'il vendit son droit d'aînesse pour un plat de lentilles. 5° Il était comme Caïn, plein d'envie contre son frère Jacob, et il le persécutait à outrance.




186. Voilà la conduite que gardent les réprouvés tous les jours.
1° Ils se fient en leur force et leurs industries pour leurs affaires temporelles ; ils sont très forts, très habiles et très éclairés pour les choses de la terre, mais très faibles et ignorants dans les choses du ciel : In terrenis fortes, in caelestibus debiles.




187. 2° Ils ne demeurent point ou très peu chez eux, dans leur maison propre, c'est à dire dans leur intérieur, qui est la maison intérieure et essentielle que Dieu a donnée à chaque homme pour y demeurer à son exemple : car Dieu demeure toujours chez Lui.
Les réprouvés n'aiment point la retraite, ni la spiritualité, ni la dévotion intérieure, et ils traitent de petits esprits, de bigots et de sauvages ceux qui sont intérieurs et retirés du monde, et qui travaillent plus au dedans qu'au dehors.




188. 3° Les réprouvés ne se soucient guère de la dévotion à la sainte Vierge, la Mère des prédestinés ; il est vrai qu'ils ne la haïssent pas formellement, il lui donnent quelquefois des louanges, ils disent qu'ils l'aiment et ils pratiquent même quelque dévotion en son honneur ; mais au reste ils ne sauraient souffrir qu'on l'aime tendrement, parce qu'ils n'ont point pour elle les tendresses de Jacob.
Ils trouvent à redire aux pratiques de dévotion auxquelles ses bons enfants et serviteurs se rendent fidèles pour gagner son affection, parce qu'ils ne croient pas que cette dévotion leur soit nécessaire à salut, et que, pourvu qu'ils ne haïssent pas formellement la sainte Vierge, ou qu'ils ne méprisent pas ouvertement sa dévotion, c'en est assez, et ils ont gagné les bonnes grâces de la sainte Vierge, ils sont ses serviteurs, en récitant et marmottant quelques oraisons en son honneur, sans tendresse pour elle ni amendement pour eux-mêmes.


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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Dim 29 Mai 2011, 05:27



189. 4° Les réprouvés vendent leur droit d'aînesse, c'est-à-dire les plaisirs du paradis pour un plat de lentilles, c'est-à-dire pour les plaisirs de la terre. Ils rient, ils boivent, ils mangent, ils se divertissent, ils jouent, ils dansent etc., sans se mettre en peine, comme Ésaü , de se rendre dignes de la bénédiction du Père céleste.
En trois mots, ils ne pensent qu'à la terre, ils n'aiment que la terre, ils ne parlent et n'agissent que pour la terre et ses plaisirs, vendant pour un petit moment de plaisir, pour une vaine fumée d'honneur et pour un morceau de terre, jaune ou blanche (l'or ou l'argent), la grâce baptismale, leur robe d'innocence, leur héritage céleste.




190. 5° Enfin les réprouvés haïssent et persécutent tous les jours les prédestinés, ouvertement ou secrètement ; ils leur sont à charge, ils les méprisent, ils les critiquent, ils les contrefont, ils les injurient, ils les volent, ils les trompent, ils les appauvrissent, ils les chassent, ils les réduisent en poussière ; tandis qu'ils font fortune, qu'ils prennent leurs plaisirs, qu'il sont en belle passe, qu'il s'enrichissent, qu'ils s'agrandissent et vivent à leur aise.



191. 1° Jacob, le cadet, était d'une faible complexion, doux et paisible, et demeurait ordinairement à la maison pour gagner les bonnes grâces de sa mère Rébecca, qu'il aimait tendrement. S'il sortait dehors, ce n'était pas par sa propre volonté, ni par la confiance qu'il eût en son industrie, mais pour obéir à sa mère.



192. 2° Il aimait et honorait sa mère : c'est pourquoi il se tenait à la maison auprès d'elle.
Il n'était pas plus content que lorsqu'il la voyait. Il évitait tout ce qui pouvait lui déplaire, et il faisait tout ce qu'il croyait lui plaire : ce qui augmentait en Rébecca l'amour qu'elle lui portait.




193. 3° Il était soumis en toutes choses à sa chère mère, il lui obéissait entièrement en toutes choses, promptement sans tarder, et amoureusement sans se plaindre. Au moindre signe de sa volonté, le petit Jacob courait et travaillait.
Il croyait tout ce qu'elle lui disait, sans raisonner. Par exemple, quand elle lui dit qu'il allât chercher deux chevreaux, et qu'il les lui apportât pour apprêter à manger à son père Isaac, Jacob ne répliqua point qu'il y en avait assez d'un pour apprêter une fois à manger à un seul homme ; mais, sans raisonner, il fit ce qu'elle lui avait dit.




194. 4° Il avait une grande confiance en sa chère mère ; comme il ne s'appuyait point du tout sur son savoir-faire, il s'appuyait uniquement sur les soins et la protection de sa mère ; il la réclamait en tous ses besoins, et il la consultait en tous ses doutes.
Par exemple quand il lui demanda si, au lieu de la bénédiction il ne recevrait point la malédiction de son père, il la crut et se confia en elle, quand elle lui eut dit qu'elle prenait sur elle cette malédiction.




195. 5° Enfin, il imitait selon sa portée, les vertus qu'il voyait en sa mère. Et il semble qu'une des raisons pourquoi il demeurait sédentaire à la maison, c'était pour imiter sa chère mère qui était si vertueuse, et s'éloigner des mauvaises compagnies qui corrompent les mœurs. Par ce moyen, il se rendit digne de recevoir la double bénédiction de son cher père.



196. Voilà aussi la conduite que gardent tous les jours les prédestinés :

Ils sont sédentaires à la maison avec leur mère : c'est-à-dire qu'ils aiment la retraite, ils sont intérieurs, ils s'appliquent à l'oraison, mais à l'exemple et dans la compagnie de leur Mère, la sainte Vierge, dont toute la gloire est au-dedans, et qui, pendant toute sa vie, a tant aimé la retraite et l'oraison. Il est vrai qu'il paraissent quelquefois au-dehors dans le monde ; mais c'est par obéissance à la volonté de Dieu et à celle de leur chère Mère, pour remplir les devoirs de leur état.
Quelques grandes choses en apparence qu'ils fassent au dehors, ils estiment encore beaucoup plus celles qu'ils font au-dedans d'eux-mêmes. Ils restent dans leur intérieur en compagnie de la très sainte Vierge, parce qu'il y font le grand ouvrage de leur perfection, auprès duquel tous les autres ouvrages ne sont que des jeux d'enfants.
C'est pourquoi, tandis quelquefois que leurs frères et sœurs travaillent pour le dehors avec beaucoup de force, d'industrie et de succès, dans la louange et approbation du monde, ils connaissent, par la lumière du Saint-Esprit, qu'il y a beaucoup plus de gloire, de bien et de plaisir à demeurer caché dans la retraite avec Jésus-Christ, leur modèle, dans une entière et parfaite soumission à leur Mère, que de faire par soi-même des merveilles de nature et de grâce dans le monde, comme tant d'Esaü et de réprouvés : la gloire pour Dieu et les richesses pour l'homme se trouvent dans la maison de Marie.
Seigneur Jésus, que vos tabernacles sont aimables ! La passereau a trouvé une maison pour se loger et la tourterelle un nid pour mettre ses petits.
Oh ! qu'heureux est l'homme qui demeure dans la maison de Marie, où vous avez le premier fait votre demeure ! C'est en cette maison des prédestinés qu'il reçoit son secours de Vous seul, et qu'il a disposé des montées et des degrés de toutes les vertus dans son cœur, pour s'élever à la perfection dans cette vallée de larmes.


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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Lun 30 Mai 2011, 07:15



197. Ils aiment tendrement et honorent véritablement la très sainte Vierge comme leur bonne Mère et Maîtresse. Ils l'aiment non seulement de bouche, mais en vérité ; ils l'honorent, non seulement à l'extérieur, mais dans le fond de leur cœur ; ils évitent comme Jacob, tout ce qui peut lui déplaire, et pratiquent avec ferveur tout ce qu'ils croient pouvoir leur acquérir sa bienveillance. Ils lui apportent et lui donnent, non deux chevreaux, comme Jacob à Rébecca, mais leurs corps et leur âme, avec tout ce qui en dépend, afin :

1. Qu'elle les reçoive comme une chose qui lui appartient;
2. Afin qu'elle les tue et les fasse mourir au péché et à eux-mêmes, en les écorchant et dépouillant de leur propre peau et de leur amour-propre, et par ce moyen, pour plaire à Jésus son Fils qui ne veut pour ses amis et disciples que des morts à eux-mêmes ;
3. Afin qu'elle les apprête au goût du Père céleste et à sa plus grande gloire, qu'elle connaît mieux qu'aucune créature ;
4. Afin que, par ses soins et ses intercessions, ce corps et cette âme, bien purifiés de toute tâche, bien morts, bien dépouillés et bien apprêtés, soient un mets délicat, digne de la bouche et de la bénédiction du Père céleste. N'est-ce pas ce que feront les personnes prédestinées, qui goûteront et pratiqueront la consécration parfaite à Jésus-Christ par les mains de Marie, pour témoigner à Jésus et à Marie une amour effectif et courageux ? Les réprouvés disent assez qu'ils aiment Jésus, qu'ils aiment et honorent Marie, mais non pas de leur substance, mais non pas jusqu'à leur sacrifier leur corps avec ses sens et leur âme avec ses passions, comme les prédestinés.




198. 3° Ils sont soumis et obéissants à la Sainte Vierge, comme à leur bonne Mère à l'exemple de Jésus-Christ, qui, de trente et trois ans qu'il a vécu sur la terre, en a employé trente à glorifier Dieu son Père par une parfaite et entière soumission à sa Sainte Mère.
Ils lui obéissent en suivant exactement ses conseils, comme le petit Jacob ceux de Rébecca, à qui elle dit : Asquiesce consiliis meis - Mon fils suivez mes conseils; ou comme les conviés aux noces de Cana, auxquels la Sainte Vierge dit : Quodcumque dixerit vobis facite - Faites tout ce que mon Fils vous dira. Jacob, pour avoir obéi à sa mère, reçut la bénédiction comme par miracle, quoique naturellement il ne dût pas l'avoir. Les conviés aux noces de Cana, pour avoir suivi le conseil de la Sainte Vierge, furent honorés du premier miracle de Jésus-Christ, qui y convertit l'eau en vin à la prière de sa Sainte Mère. De même, tous ceux qui, jusqu'à la fin des siècles, recevront la bénédiction du Père céleste et seront honorés des merveilles de Dieu, ne recevront ces grâces qu'en conséquence de leur parfaite obéissance à Marie. Les Esaü, au contraire perdent leur bénédiction, faute de soumission à la Sainte Vierge.




199. 4° Ils ont une grande confiance dans la bonté et la puissance de la Très Sainte Vierge, leur bonne Mère. Ils réclament sans cesse son secours, ils la regardent comme leur étoile polaire pour arriver à bon port. Ils lui découvrent leurs peines et leurs besoins avec beaucoup d'ouverture de cœur.
Ils s'attachent à ses mamelles de miséricorde et de douceur, pour avoir le pardon de leurs péchés par son intercession ou pour goûter ses douceurs maternelles dans leurs peines et leurs ennuis.
Ils se jettent même, se cachent et se perdent d'une manière admirable dans son sein amoureux et virginal, pour y être embrasés du pur amour, pour y être purifiés des moindres taches et pour y trouver pleinement Jésus, qui y réside comme dans son plus glorieux trône.
Oh! Quel bonheur! Ne croyez pas, dit l'abbé Guerric, qu'il y ait plus de bonheur d'habiter dans le sein d'Abraham que dans le sein de Marie, puisque le Seigneur y a placé son trône.
Les réprouvés, au contraire, mettant toute leur confiance en eux-mêmes, ne mangeant, avec l'enfant prodigue, que ce que mangent les cochons, ne se nourrissant qu' avec les crapauds de la terre et n'aimant que les choses visibles et extérieures avec les mondains, ne goûtent point les douceurs du sein et des mamelles de Marie.
Ils ne sentent point un certain appui et une certaine confiance que les prédestinés sentent pour la Sainte Vierge. Il aiment misérablement leur faim au dehors, comme dit saint Grégoire, parce qu'ils ne veulent pas goûter la douceur qui est toute préparée au dedans d'eux-mêmes et au dedans de Jésus et de Marie.




200. 5° Enfin, les prédestinés gardent les voies de la Sainte Vierge, c'est-à-dire qu'ils l'imitent et c'est en cela qu'ils sont vraiment heureux et dévots et qu'ils portent la marque infaillible de leur prédestination, comme leur dit cette bonne Mère : Beati qui custodiant vias meas, c'est-à-dire bienheureux ceux qui pratiquent mes vertus et qui marchent sur les traces de ma vie avec le secours de la divine grâce.
Ils sont heureux dans ce monde, pendant leur vie, par l'abondance des grâces et des douceurs que je leur communique de ma plénitude, et plus abondamment qu'aux autres qui ne m'imitent pas de si près.
Ils sont heureux dans leur mort qui est douce et tranquille et à laquelle j'assiste ordinairement, pour les conduire moi-même dans les joies de l'éternité.
Enfin ils seront heureux dans l'éternité parce que jamais aucun de mes bons serviteurs, qui a imité mes vertus pendant sa vie, n'a été perdu.
Les réprouvés, au contraire, sont malheureux pendant leur vie, à leur mort et dans l'éternité, parce qu'ils n'imitent point la Très Sainte Vierge dans ses vertus, se contentant de se mettre parfois de ses confréries, de réciter quelques prières en son honneur ou de faire quelque autre dévotion extérieure.
O Sainte Vierge, ma bonne Mère, qu'heureux sont ceux, je le répète avec les transports de mon cœur, qu'heureux sont ceux et celles qui, ne se laissant point séduire par une fausse dévotion envers vous, gardent fidèlement vos voies, vos conseils et vos ordres! Mais que malheureux et maudits sont ceux qui, abusant de votre dévotion, ne gardent pas les commandements de votre Fils.


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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Mar 31 Mai 2011, 07:23

DEVOIRS CHARITABLES QUE LA SAINTE VIERGE REND À SES FIDÈLES SERVITEURS.






201. Voici présentement les devoirs charitables que la Sainte Vierge, comme la meilleure de toutes les mères, rend à ces fidèles serviteurs qui se sont donnés à elle de la manière que j'ai dit, et selon la figure de Jacob.

1° Elle les aime




Ego diligentes me diligo : J'aime ceux qui m'aiment. Elle les aime parce qu'elle est leur Mère véritable. Or une mère aime toujours son enfant, le fruit de ses entrailles.

Elle les aime par reconnaissance parce qu'effectivement ils l'aiment comme leur bonne Mère.

Elle les aime parce qu'étant prédestinés, Dieu les aime

Elle les aime parce qu'ils se sont tout consacrés à elle, et qu'ils sont sa portion et son héritage



202. Elle les aime tendrement, et plus tendrement que toutes les mères ensemble.
Mettez, si vous pouvez, tout l'amour naturel que les mères de tout le monde ont pour leurs enfants, dans un même cœur d'une mère pour un enfant unique : certainement, cette mère aimera beaucoup cet enfant. Cependant il est vrai que Marie aime encore plus tendrement ses enfants que cette mère n'aimerait le sien.
Elle ne les aime pas seulement avec affection, mais avec efficace. Son amour pour eux est actif et effectif comme celui et plus que celui de Rébecca pour Jacob.
Voici ce que cette bonne Mère, dont Rébecca n'était que la figure, fait pour obtenir à ses enfants la bénédiction du Père céleste :




203. 1° Elle épie, comme Rébecca, les occasions favorables de leur faire du bien, de les agrandir et enrichir. Comme elle voit clairement en Dieu tous les biens et les maux, les bonnes et mauvaises fortunes, les bénédictions et les malédictions de Dieu, elle dispose de loin les choses pour exempter de toutes sortes de maux ses serviteurs et les combler de toutes sortes de biens; en sorte que, s'il y a une bonne fortune à faire en Dieu, par la fidélité d'une créature à quelque haut emploi, il est sûr que Marie procurera cette bonne fortune à quelqu'un de ses bons enfants et serviteurs, et leur donnera la grâce pour en venir à bout avec fidélité.



204. 2° Elle leur donne de bons conseils, comme Rébecca à Jacob : Mon fils, suis mes conseils. Et entre autres conseils, elle leur inspire de lui apporter deux chevreaux, c'est-à-dire leur corps et leur âme, de les lui consacrer pour en faire un ragoût qui soit agréable à Dieu, et de faire tout ce que Jésus-Christ, son Fils, a enseigné par ses paroles et ses exemples.
Si ce n'est pas par elle-même qu'elle leur donne ces conseils, c'est par le ministère des anges qui n'ont pas de plus grand honneur et plaisir que d'obéir à quelqu'un de ses commandements pour descendre sur terre et secourir quelqu'un de ses serviteurs.




205. 3° Quand on lui a apporté et consacré son corps et son âme et tout ce qui en dépend, sans rien excepter, que fait cette bonne Mère? Ce que fit autrefois Rébecca aux deux chevreaux que lui apporta Jacob :
1. Elle les tue et fait mourir à la vie du vieil Adam;
2. Elle les écorche et dépouille de leur peau naturelle, de leurs inclinations naturelles, de leur amour propre et de leur propre volonté et de toute attache à la créature; 3. Elle les purifie de leurs taches et ordures et péchés.
4. Elle les apprête au goût de Dieu et à sa plus grande gloire.
Comme il n'y a qu'elle qui sait parfaitement ce goût divin et cette plus grande gloire du Très-Haut, il n'y a qu'elle qui, sans se tromper, peut accompagner et apprêter notre corps et notre âme à ce goût infiniment relevé et à cette gloire infiniment cachée.




206. 4° Cette bonne Mère ayant reçu l'offrande parfaite que nous lui avons faite de nous-mêmes et de nos propres mérites et satisfactions, par la dévotion dont j'ai parlé, et nous étant dépouillés de nos vieux habits, elle nous approprie et nous rends dignes de paraître devant notre Père céleste.
1. Elle nous revêt des habits propres, neufs, précieux et parfumés d'Ésaü l'aîné, c'est-à-dire de Jésus-Christ son Fils, qu'elle a en sa puissance, étant la trésorière et la dispensatrice universelle et éternelle des mérites et des vertus de son Fils, Jésus-Christ, qu'elle donne et communique à qui elle veut, quand elle veut, comme elle veut, et autant qu'elle veut.
2. Elle entoure le cou et les mains de ses serviteurs des peaux de chevreaux tués et écorchés, c'est-à-dire elle les orne des mérites et de la valeur de leurs propres actions. Elle tue et mortifie, à la vérité, tout ce qu'il y a d'impur et d'imparfait en leurs personnes, mais elle ne perd et ne dissipe pas tout le bien que la grâce y a fait; elle le garde et l'augmente pour en faire l'ornement et la force de leur cou et de leurs mains, c'est-à-dire pour les fortifier à porter le joug du Seigneur, qui se porte sur le cou, et opérer de grandes choses pour la gloire de Dieu et le salut de leurs pauvres frères.
3. Elle donne un nouveau parfum et une nouvelle grâce à ces habits et ornements en leur communiquant ses propres habits, ses mérites et ses vertus qu'elle leur a légués en mourant. De sorte que tous ses domestiques, ses fidèles serviteurs et esclaves sont doublement vêtus, des habits de son Fils et des siens propres.
C'est pourquoi ils n'ont rien à craindre du froid de Jésus-Christ, blanc comme la neige, que les réprouvés tout nus et dépouillés des mérites de Jésus-Christ et de la Sainte Vierge ne pourront soutenir.



207. 5° Elle leur fait enfin obtenir la bénédiction du Père Céleste, quoique, n’étant que les puînés et les enfants adoptifs, ils ne dussent pas naturellement l’avoir. Avec ces habits tout neufs, très précieux et de très bonne odeur, et avec leur corps et leur âme bien préparés et apprêtés, ils s’approchent en confiance du lit de repos de leur Père céleste. Il entend et distingue leur voix, qui est celle du pécheur ; il touche leurs mains couvertes de peaux, il sent la bonne odeur de leurs habits ; il mange avec joie ce que Marie, leur Mère, lui a apprêté, et reconnaissant en eux les mérites et bonne odeur de Son Fils et de sa sainte Mère :
1. Il leur donne sa double bénédiction, bénédiction de la rosée du Ciel, c’est-à-dire de la grâce divine qui est la semence de gloire; bénédiction de la graisse de la terre, c’est-à-dire que ce bon Père leur donne leur pain quotidien et une suffisante abondance des biens de ce monde ;
2. Il les rend les maîtres de leur autres frères, les réprouvés : non pas que cette primauté paraisse toujours dans ce monde qui passe en un instant, où souvent les réprouvés dominent; mais elle est pourtant véritable et elle paraîtra manifestement dans l’autre monde, à toute éternité, où les justes, comme dit le Saint-Esprit, domineront et commanderont aux nations.
3. Sa Majesté, non contente de les bénir en leurs personnes et en leurs biens, bénit encore tous ceux qui les béniront, et maudit tous ceux qui les maudiront et les persécuteront.



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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Mer 01 Juin 2011, 06:37

2° Elle les entretient de tout

208. Le second devoir de charité que la Sainte Vierge exerce envers ses fidèles serviteurs, c'est qu'elle les entretient de tout pour le corps et pour l'âme.
Elle leur donne des habits doublés, comme nous venons de le voir. Elle leur donne à manger les mets les plus exquis de la table de Dieu, elle leur donne à manger le pain de vie qu'elle a formé. "Mes chers enfants, leur dit-elle sous le nom de la Sagesse, remplissez-vous de mes générations, c'est-à-dire de Jésus, le fruit de vie que j'ai mis au monde pour vous. Venez, leur répète-t-elle en un autre endroit, manger mon pain qui est Jésus, et buvez le vin de son amour que je vous ai mêlé avec le lait de mes mamelles".
Comme c'est elle qui est la trésorière et la dispensatrice des dons et des grâces du Très-Haut, elle en donne une bonne portion, et la meilleure, pour nourrir et entretenir ses enfants et serviteurs. Ils sont engraissés du pain vivant. Ils ont tant de facilité à porter le joug de Jésus-Christ qu'ils n'en sentent quasi pas la pesanteur à cause de l'huile de la dévotion dont elle les oint.


3° Elle les conduit et dirige




209. Le troisième bien que la Sainte Vierge fait à ses fidèles serviteurs, c'est qu'elle les conduit et dirige selon la volonté de son Fils.
Rébecca conduisait son petit Jacob et lui donnait de temps en temps de bons avis, soit pour attirer sur lui la bénédiction de son père, soit pour éviter la haine et la persécution de son frère Ésaü. Marie, qui est l'étoile de la mer, conduit tous ses fidèles serviteurs à bon port. Elle leur montre les chemins de la vie éternelle. Elle leur fait éviter les pas dangereux, elle les conduit par la main dans les sentiers de la justice, elle les soutient quand ils sont prêts de tomber, elle les relève quand ils sont tombés. Elle les reprend en mère charitable quand ils manquent. Et quelquefois même, elle les châtie amoureusement.
Un enfant obéissant à Marie, sa mère nourrice et sa directrice éclairée, peut-il s'égarer dans les chemins de l'éternité? En la suivant dit saint Bernard, vous ne vous égarez point. Ne craignez pas qu'un véritable enfant de Marie soit trompé par le malin et tombe en quelque hérésie formelle. Là où est la conduite de Marie, là ni le malin esprit avec ses illusions, ni les hérétiques avec leurs finesses ne se trouvent.


4° Elle les défend et protège


210. Le quatrième bon office que la Sainte Vierge rend à ses enfants et fidèles serviteurs, c'est qu'elle les défend et protège contre leurs ennemis.
Rébecca, par ses soins et ses industries, délivra Jacob de tous les dangers où il se trouva, et particulièrement de la mort que son frère Ésaü lui aurait apparemment donnée par la haine et l'envie qu'il lui portait, comme autrefois Caïn à son frère Abel.
Marie, la bonne Mère des prédestinés, les cache sous les ailes de sa protection, comme une poule ses poussins. Elle parle, elle s'abaisse à eux, elle condescend à toutes leurs faiblesses. Pour les garantir de l'épervier et du vautour, elle se met autour d'eux et les accompagne comme une armée rangée en bataille. Un homme entouré d'une armée bien rangée de cent mille hommes, peut-il craindre ses ennemis? Un fidèle serviteur de Marie, entouré de sa protection et de sa puissance impériale a encore moins à craindre. Cette bonne Mère et Princesse puissante des cieux dépêcherait plutôt des bataillons de millions d'anges pour secourir un de ses serviteurs qu'il fût jamais dit qu'un fidèle serviteur de Marie, qui s'est confié en elle, a succombé à la malice, au nombre et à la force de ses ennemis.


5° Elle intercède pour eux




211. Enfin, le cinquième et le plus grand bien que l'aimable Marie procure à ses fidèles dévots, c'est qu'elle intercède pour eux auprès de son Fils, et l'apaise par ses prières, et elle les unit à lui d'un lien très intime et les y conserve.
Rébecca fit approcher Jacob du lit de son père, et le bon homme le toucha, l'embrassa et le baisa même avec joie, étant content et rassasié des viandes bien apprêtées qu'il lui avait apportées. Et ayant senti avec beaucoup de contentement les parfums exquis de ses vêtements, il s'écria; Ecce odor filii mei sicut odor agri pleni, cui benedixit Dominus: Voici l'odeur de mon fils, qui est comme l'odeur d'un champ plein, que le Seigneur a béni. Ce champ plein, dont l'odeur charma le cœur du père, n'est autre que l'odeur des vertus et mérites de Marie, qui est un champ plein de grâces, où Dieu le Père a semé son Fils unique. Oh! Qu'un enfant parfumé de la bonne odeur de Marie est bienvenu auprès de Jésus-Christ, qui est le Père du siècle à venir! Oh! Qu'il lui est promptement et parfaitement uni!




212. De plus, après qu'elle a comblé ses enfants et fidèles serviteurs de ses faveurs, qu'elle leur a obtenu la bénédiction du Père céleste et l'union avec Jésus-Christ, elle les conserve en Jésus-Christ, et Jésus-Christ en eux. Elle les garde et veille toujours, de peur qu'ils ne perdent la grâce de Dieu et ne tombent dans les pièges de leurs ennemis. Elle retient les saints dans leur plénitude et les y fait persévérer jusqu'à la fin! Voilà l'explication de cette grande et ancienne figure de la prédestination et réprobation si inconnue et si pleine de mystères.

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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Jeu 02 Juin 2011, 07:07

4. Les effets merveilleux que cette dévotion produit
dans une âme qui y est fidèle


213. Mon cher frère, soyez persuadé que si vous vous rendez fidèle aux pratiques intérieures et extérieures de cette dévotion que je vous marquerai ci-après:

Connaissance et mépris de soi-même.




1° Par la lumière que le Saint-Esprit vous donnera par Marie, sa chère épouse, vous connaîtrez votre mauvais fond, votre corruption et votre incapacité à tout bien, si Dieu n'en est le principe comme auteur de la nature ou de la grâce et, en suite de cette connaissance, vous vous mépriserez, vous ne penserez à vous qu'avec horreur. Vous vous regarderez comme un limaçon qui gâte tout de sa bave, ou comme un crapaud qui empoisonne tout de son venin, ou comme un serpent malicieux qui ne cherche qu'à tromper. Enfin, l'humble Marie vous fera part de sa profonde humilité, qui fera que vous vous mépriserez, vous ne mépriserez personne, et vous aimerez le mépris.

Participation à la foi de Marie.




214. 2° La Sainte Vierge vous donnera part à sa foi, qui a été plus grande sur la terre que la foi de tous les patriarches, les prophètes, les apôtres et tous les saints.
Présentement qu'elle est régnante dans les cieux, elle n'a plus cette foi, parce qu'elle voit clairement toutes choses en Dieu, par la lumière de la gloire. Mais cependant, avec l'agrément du Très-Haut, elle ne l'a pas perdue en entrant dans la gloire. Elle l'a gardée pour la donner dans l'Église militante à ses plus fidèles serviteurs et servantes.
Plus donc vous gagnerez la bienveillance de cette auguste Princesse et Vierge fidèle, plus vous aurez de pure foi dans toute votre conduite: une foi pure, qui fera que vous ne vous soucierez guère du sensible et de l'extraordinaire, une foi vive et animée par la charité qui fera que vous ne ferez vos actions que par le motif du pur amour, une foi ferme et inébranlable comme un rocher qui fera que vous demeurerez ferme et constant au milieu des orages et des tourmentes, une foi agissante et perçante qui, comme un mystérieux passe-partout, vous donnera entrée dans tous les mystères de Jésus-Christ, dans les fins dernières de l'homme et dans le cœur de Dieu même, une foi courageuse qui vous fera entreprendre et venir à bout de grandes choses pour Dieu et le salut des âmes, sans hésiter. Enfin, une foi qui sera votre flambeau enflammé, votre vie divine, votre trésor caché de la divine Sagesse, et votre arme toute-puissante dont vous vous servirez pour éclairer ceux qui sont dans les ténèbres et l'ombre de la mort, pour embraser ceux qui sont tièdes et qui ont besoin de l'or embrasé de la charité, pour donner la vie à ceux qui sont morts par le péché, pour toucher et renverser, par vos paroles douces et puissantes, les cœurs de marbre et les cèdres du Liban, et enfin pour résister au diable et à tous les ennemis du salut.


Grâce du pur amour.




215. 3° Cette Mère de la belle dilection ôtera de votre cœur tout scrupule et toute crainte servile déréglée. Elle l'ouvrira et l'élargira pour courir dans les commandements de son Fils, avec la sainte liberté des enfants de Dieu, et pour y introduire le pur amour dont elle a le trésor. En sorte que vous ne vous conduirez plus par crainte à l'égard de Dieu mais par le pur amour. Vous le regarderez comme votre bon Père, auquel vous tâcherez de plaire incessamment, avec qui vous converserez confidemment, comme un enfant avec son bon père.
Si vous venez, par malheur, à l'offenser, vous vous en humilierez aussitôt devant lui, demanderez pardon humblement, vous lui tendrez la main simplement et vous vous en relèverez amoureusement, sans trouble ni inquiétude, et continuerez à marcher vers lui sans découragement.


Grande confiance en Dieu et en Marie.




216. 4° La Sainte Vierge vous remplira d'une grande confiance en Dieu et en elle-même :
1. Parce que vous n'approcherez plus de Jésus-Christ par vous-même mais toujours par cette bonne Mère.
2. Parce que, lui ayant donné tous vos mérites, grâces et satisfactions, pour en disposer à sa volonté, elle vous communiquera ses vertus et elle vous revêtira de ses mérites, en sorte que vous pourrez dire à Dieu avec confiance : Voici Marie votre servante, qu'il me soit fait selon votre parole.
3. Parce que, vous étant donné à elle tout entier, corps et âme, elle qui est libérale avec les libéraux et plus libérale que les libéraux même, se donnera à vous par retour, d'une manière merveilleuse mais véritable. En sorte que vous pourrez lui dire hardiment : Tuus sum ego, salvum me fac: je suis à vous , Sainte Vierge, sauvez-moi; ou avec le Disciple bien-aimé : Accepi te in mea: Je vous ai prise, Sainte Mère pour tous mes biens. Vous pourrez encore dire avec saint Bonaventure : Tuus totus ego sum, et omnia mea tua sunt, o Virgo gloriosa, super omnia benedicta: Ma chère Maîtresse et salvatrice, j'agirai avec confiance et je ne craindrai point, parce que vous êtes ma force et ma louange dans le Seigneur…Je suis tout vôtre, et tout ce que j'ai vous appartient; ô glorieuse Vierge bénite par-dessus toutes choses créées, que je vous mette comme un cachet sur mon cœur, parce que votre dilection est forte comme la mort! Vous pourrez dire à Dieu dans les sentiments du Prophète : Seigneur, ni mon cœur, ni mes yeux n'ont aucun sujet de s'élever et de s'enorgueillir, ni de rechercher les choses grandes et merveilleuses. Et, avec cela, je ne suis pas encore humble, mais j'ai relevé et encouragé mon âme par la confiance. Je suis comme un enfant sevré des plaisirs de la terre et appuyé sur le sein de ma mère, et c'est sur ce sein que l'on me comble de biens.
4. Ce qui augmentera encore votre confiance en elle, c'est que, lui ayant donné en dépôt tout ce que vous avez de bon pour le donner ou le garder, vous aurez moins de confiance en vous et beaucoup plus en elle qui est votre trésor.
Oh! Quelle confiance et quelle consolation pour une âme qui peut dire que le trésor de Dieu, où il a mis tout ce qu'il a de plus précieux, est le sien aussi!




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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Ven 03 Juin 2011, 06:18

Communication de l'âme et l'esprit de Marie




217. 5° L'âme de la Sainte Vierge se communiquera à vous pour glorifier le Seigneur. Son esprit entrera à la place du vôtre pour se réjouir en Dieu, pourvu que vous vous rendiez fidèle aux pratiques de cette dévotion.
Que l'âme de Marie soit en chacun pour y glorifier le Seigneur, que l'esprit de Marie soit en chacun pour s'y réjouir en Dieu. Ah! Quand viendra cet heureux temps où la divine Marie sera établie maîtresse et souveraine dans les cœurs, pour les soumettre pleinement à l'empire de son grand et unique Jésus? Quand est-ce que les âmes respireront autant Marie que les corps respirent l'air? Pour lors, des choses merveilleuses arriveront dans ces bas lieux, où le Saint-Esprit, trouvant sa chère Épouse comme reproduite dans les âmes, y surviendra abondamment et les remplira de ses dons, et particulièrement du don de la Sagesse, pour opérer des merveilles de grâce.
Mon cher frère, quand viendra ce temps heureux et ce siècle de Marie, où plusieurs âmes choisies et obtenues du Très-Haut par Marie, se perdant elles-mêmes dans l'abîme de son intérieur, deviendront des copies vivantes de Marie, pour aimer et glorifier Jésus-Christ? Ce temps ne viendra que quand on connaîtra et on pratiquera la dévotion que j'enseigne!


Transformation des âmes en Marie à l'image de Jésus-Christ.




218. 6° Si Marie, qui est l'arbre de vie, est bien cultivée en votre âme par la fidélité aux pratiques de cette dévotion, elle portera son fruit en son temps. Et son fruit n'est autre que Jésus-Christ. Je vois tant de dévots et dévotes qui cherchent Jésus-Christ, les uns par une voie et une pratique, les autres par l'autre. Et souvent, après qu'ils ont beaucoup travaillé pendant la nuit, ils peuvent dire : Per totam noctem laborantes, nihil cepimus: Quoique nous ayons travaillé pendant toute la nuit, nous n'avons rien pris. Et on peut leur dire "Vous avez beaucoup travaillé et vous avez peu gagné. Jésus-Christ est encore bien faible chez vous".
Mais par la voie immaculée de Marie et cette pratique divine que j'enseigne, on travaille pendant le jour, on travaille dans un lieu saint, on travaille peu. Il n'y a point de nuit en Marie, puisqu'il n'y a point eu de péché et même la moindre ombre. Marie est un lieu saint et le Saint des saints, où les saints sont formés et moulés.








219. Remarquez, s'il vous plaît, que je dis que les saints sont moulés en Marie. Il y a une grande différence entre faire une figure en relief, à coups de marteau et de ciseau, et faire une figure en la jetant en moule : les sculpteurs et statuaires travaillent beaucoup à faire les figures dans la première manière, et il leur faut beaucoup de temps. Mais à les faire dans la seconde manière, ils travaillent peu et les font en fort peu de temps. Saint Augustin appelle la Sainte Vierge "forma Dei : le moule de Dieu".
Celui qui est jeté dans ce moule divin est bientôt formé et moulé en Jésus-Christ, et Jésus-Christ en lui. A peu de frais et en peu de temps il deviendra dieu, puisqu'il est jeté dans le même moule qui a formé un Dieu.




220. Il me semble que je puis fort bien comparer ces directeurs et personnes dévotes qui veulent former Jésus-Christ en soi ou dans les autres par d'autres pratiques que celle-ci, à des sculpteurs qui, mettant leur confiance dans leur savoir-faire, leurs industries et leur art, donnent une infinité de coups de marteau et de ciseau à une pierre dure, ou une pièce de bois mal polie, pour en faire l'image de Jésus-Christ.
Et quelquefois ils ne réussissent pas à exprimer Jésus-Christ au naturel, soit faute de connaissance et d'expérience de la personne de Jésus-Christ, soit à cause de quelque coup mal donné qui a gâté l'ouvrage.
Mais pour ceux qui embrassent ce secret de la grâce que je leur présente, je les compare avec raison à ces fondeurs et mouleurs qui, ayant trouvé le beau moule de Marie, où Jésus-Christ a été naturellement et divinement formé, sans se fier à leur propre industrie mais uniquement à la beauté du moule, se jettent et se perdent en Marie pour devenir le portrait au naturel de Jésus-Christ.




221. O la belle et véritable comparaison ! Mais qui la comprendra? Je désire que ce soit vous, mon cher frère, mais souvenez-vous qu'on ne jette en moule que ce qui est fondu et liquide : c'est-à-dire qu'il faut détruire et fondre en vous le vieil Adam, pour devenir le nouveau en Marie.

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Michael



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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Sam 04 Juin 2011, 07:34

La plus grande gloire de Jésus-Christ.



222. 7° Par cette pratique, bien fidèlement observée, vous donnerez à Jésus-Christ plus de gloire en un mois de temps que par aucune autre, quoique plus difficile, en plusieurs années.
1. Parce que, faisant vos actions par la Sainte Vierge, vous quittez vos propres intentions et opérations, quoique bonnes et connues, pour vous perdre, pour ainsi dire, dans celles de la Très Sainte Vierge, quoiqu'elles vous soient inconnues. Et par là vous entrez en participation de la sublimité de ses intentions, qui ont été si pures qu'elle a donné plus de gloire à Dieu par la moindre de ses actions - par exemple en filant sa quenouille ou en faisant un point d'aiguille - qu'un saint Laurent sur son gril, par son cruel martyre, et même que tous les saints par leurs actions les plus héroïques.
Ce qui fait que, pendant son séjour ici-bas, elle a acquis un comble si ineffable de grâces et de mérites, qu'on compterait plutôt les étoiles du firmament, les gouttes d'eau de la mer et les sables du rivage que ses mérites et ses grâces, et qu'elle a donné plus de gloire à Dieu que tous les anges et les saints ne lui en ont donné ni ne lui en donneront. O prodige de Marie ! vous n'êtes capable que de faire des prodiges de grâce dans les âmes qui veulent bien se perdre en vous.




223. 2. Parce qu'une âme, par cette pratique, ne comptant pour rien tout ce qu'elle pense ou fait d'elle-même, et ne mettant son appui et sa complaisance que dans les dispositions de Marie, pour approcher de Jésus-Christ, et même pour lui parler, elle pratique beaucoup plus l'humilité que les âmes qui agissent par elles-mêmes, et qui ont un appui et une complaisance imperceptible dans leurs dispositions. Et, par conséquent, elle glorifie plus hautement Dieu, qui n'est parfaitement glorifié que par les humbles et les petits de cœur.



224. 3. Parce que la Sainte Vierge, voulant bien, par une grande charité, recevoir en ses mains virginales le présent de nos actions, elle leur donne une beauté et un éclat admirable. Elle les offre elle-même à Jésus-Christ, et Notre-Seigneur en est plus glorifié que si nous les offrions par nos mains criminelles.



225. 4. Enfin, parce que vous ne pensez jamais à Marie, que Marie, en votre place ne pense à Dieu. Vous ne louez ni n'honorez jamais Marie que Marie avec vous ne loue et n'honore Dieu. Marie est toute relative à Dieu, et je l'appellerais fort bien la relation de Dieu, qui n'est que par rapport à Dieu, ou l'écho de Dieu, qui ne dit et ne répète que Dieu. Si vous dites Marie, elle dit Dieu.
Sainte Elisabeth loua Marie et l'appela bienheureuse de ce qu'elle avait cru : Marie, l'écho fidèle de Dieu, entonna : Magnificat anima mea Dominum, mon âme glorifie le Seigneur. Ce que Marie a fait en cette occasion, elle le fait tous les jours. Quand on la loue, on l'aime, on l'honore ou on lui donne, Dieu est loué, Dieu est aimé, Dieu est honoré, on donne à Dieu par Marie et en Marie.




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Michael



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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Dim 05 Juin 2011, 06:13





CONSÉCRATION DE SOI-MÊME
À JÉSUS-CHRIST LA SAGESSE INCARNÉE
PAR LES MAINS DE MARIE


Ô Sagesse éternelle et incarnée! Ô très aimable et adorable Jésus, vrai Dieu et vrai homme, Fils unique du Père Éternel et de Marie, toujours Vierge!
Je vous adore profondément dans le sein et les splendeurs de votre Père, pendant l'éternité, et dans le sein virginal de Marie, votre digne Mère, dans le temps de votre incarnation.
Je vous rends grâce de ce que vous vous êtes anéanti vous-même, en prenant la forme d'un esclave, pour me tirer du cruel esclavage du démon. Je vous loue et glorifie de ce que vous avez bien voulu vous soumettre à Marie votre sainte Mère, en toutes choses, afin de me rendre, par Elle, votre fidèle esclave.

Mais hélas! Ingrat et infidèle que je suis, je ne vous ai pas gardé les vœux et les promesses que je vous ai solennellement faits dans mon Baptême. Je n'ai point rempli mes obligations. Je ne mérite pas d'être appelé votre enfant ni votre esclave, et comme il n'y a rien en moi qui ne mérite vos rebuts et votre colère, je n'ose plus par moi-même approcher de votre sainte et auguste Majesté.

C'est pourquoi j'ai recours à l'intercession et à la miséricorde de votre sainte Mère, que vous m'avez donnée pour Médiatrice auprès de vous, et c'est par son moyen que j'espère obtenir de vous la contrition et le pardon de mes péchés, l'acquisition et la conservation de la Sagesse.
Je vous salue donc, ô Marie immaculée, tabernacle vivant de la divinité, où la Sagesse éternelle cachée veut être adorée des anges et des hommes.
Je vous salue, ô Reine du ciel et de la terre, à l'empire de qui tout est soumis : tout ce qui est au-dessous de Dieu.
Je vous salue, ô refuge assuré des pécheurs, dont la miséricorde n'a manqué à personne.
Exaucez les désirs que j'ai de la divine Sagesse, et recevez pour cela les vœux et les offres que ma bassesse vous présente.

Moi, N…, pécheur infidèle, je renouvelle et ratifie aujourd'hui, entre vos mains, les vœux de mon Baptême :
Je renonce pour jamais à Satan, à ses pompes et à ses œuvres,
Et je me donne tout entier à Jésus-Christ, la Sagesse incarnée, pour porter ma croix à sa suite tous les jours de ma vie, et afin que je lui sois plus fidèle que je n'ai été jusqu'ici.
Je vous choisis aujourd'hui, en présence de toute la cour céleste, pour ma Mère et Maîtresse. Je vous livre et consacre, en qualité d'esclave, mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs, et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures, vous laissant un entier et plein droit de disposer de moi et de tout ce qui m'appartient, sans exception, selon votre bon plaisir, à la plus grande gloire de Dieu, dans le temps et l'éternité.

Recevez, ô Vierge bénigne, cette petite offrande de mon esclavage, en l'honneur et union de la soumission que la Sagesse éternelle a bien voulu avoir de votre maternité, en hommage de la puissance que vous avez tous deux sur moi, et en action de grâces des privilèges dont la sainte Trinité vous a favorisée.
Je proteste que je veux désormais, comme votre véritable esclave, chercher votre honneur et vous obéir en toutes choses.

Ô Mère admirable, présentez-moi à votre cher Fils, en qualité d'esclave éternel, afin que, m'ayant racheté par vous, il me reçoive par vous.
Ô Mère de miséricorde, faites-moi la grâce d'obtenir la vraie Sagesse de Dieu et de me mettre, pour cela, au nombre de ceux que vous aimez, que vous enseignez, que vous nourrissez et protégez comme vos enfants et vos esclaves.
Ô Vierge fidèle! Rendez-moi en toutes choses un si parfait disciple, imitateur et esclave de la Sagesse incarnée, Jésus-Christ votre Fils, que j'arrive par votre intercession et à votre exemple, à la plénitude de son âge sur la terre et de sa gloire dans les cieux.

Ainsi soit-il !
Saint Louis-Marie Grignion de Montfort
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Michael



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MessageSujet: Re: Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge   Lun 23 Juil 2012, 07:03

Marie est la Mère qui prend part aux joies et aux peines de ses enfants ; la Mère qui rassure, encourage, conseille, incite à la générosité ; la Mère de Jésus et des fidèles ; la Fille de Dieu qui enracine l’âme de son enfant dans la terre de l’humilité ; la Mère qui indique la ligne de conduite à tenir dans les tentations.
http://www.oeuvre-du-sacre-coeur.be/MARIE-DANS-LA-VIE-DE-SOEUR-JOSEFA
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Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge
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