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 L'enseignement de l'Eglise sur la mortification

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Théophane



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MessageSujet: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Mer 05 Avr 2006, 23:52

Le fondement de l’enseignement de l’Église sur la mortification — auquel adhère totalement l’Opus Dei — est le fait que Jésus Christ, par amour pour l’humanité, a librement accepté de souffrir et mourir (la « passion ») pour la Rédemption et le salut du monde. Les chrétiens sont appelés à imiter le grand amour de Jésus et, entre autres choses, à le rejoindre dans ses souffrances rédemptrices. Ils sont ainsi appelés à « mourir à eux mêmes ». L’Église prescrit certaines mortifications — jeûne et abstinence de viande – pendant le Carême.

Dans l’histoire de l’Église, certaines personnes se sont senti appelées à de plus grands sacrifices tel le jeûne fréquent, l’utilisation d’une haire, d’un cilice ou encore d’une discipline. Les vies de nombreux grands saints, présentés comme modèles de sainteté, l’attestent : Saint François d’Assis, Sainte Thérèse d’Avila, Saint Ignace de Loyola, Saint Thomas More, Saint François de Sales, Saint Jean Vianney et Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.
Dans l’Opus Dei, on insiste davantage sur les sacrifices quotidiens — sourire, bien faire son travail.

New Catholic Encyclopedia (2003):

« Mortification. Maîtrise délibérée des pulsions naturelles de l’homme visant à soumettre progressivement ces pulsions à la raison éclairée par la Foi et les transformer en sujets de sanctification. Jésus Christ demandait ce renoncement si quelqu’un voulait marcher à sa suite (Luc 9,29). La mortification, ce que saint Paul appelle crucifixion de la chair avec ses vices et concupiscence (Gal 5, 24), est devenu le signe distinctif de ceux qui appartiennent au Christ.

Tous les théologiens sont d’accord sur le fait que la mortification est nécessaire pour le salut de l’homme. Fortement enclin au mal à cause de la triple concupiscence du monde, de la chair et du démon, il doit apprendre à y résister pour ne pas être conduit au péché grave. Si l’on veut sauver son âme, on doit au moins fuir toutes les occasions immédiates de péché mortel. La fuite elle-même comporte une certaine mortification. En plus de ces mortifications qu’exige la condition de l’homme, l’Église, reprenant l’insistance des Évangiles, en impose d’autres aux fidèles (préceptes du jeûne et de l’abstinence). À ceux qui sont dispensés de cette règle, pour une raison ou un autre, l’on demande de faire une autre mortification.
Ceux qui cherchent à progresser dans la perfection chrétienne doivent se mortifier plus que les croyants ordinaires. Le Christ a fait de la Croix le prix à payer pour le suivre de près (Lc 14,33).

Depuis les débuts de l’ère chrétienne, nombreux sont ceux qui ont embrassé une vie de mortification en imitation du Seigneur. Ceux qui atteignent une grande sainteté sont constamment poussés à lui ressembler dans ses souffrances. Mais, parce que les grandes mortifications représentent un certain risque, il est conseillé de soumettre toutes les pénitences à l’approbation d’un directeur spirituel sage ».

La Bible :

« Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive ».
(Jésus, Luc 9,23)

« Maintenant, je me réjouis de souffrir pour vous. Je complète dans ma chair ce qui manquait aux souffrances du Christ, pour son corps qui est l’Église ».
(saint Paul aux Colossiens, 1,24)

Catéchisme de l’Église Catholique (1997) :

« En nous unissant à son sacrifice nous pouvons faire de notre vie un sacrifice à Dieu » (n. 2100).

« Le chemin de la perfection passe par la Croix. Il n’y a pas de sainteté sans renoncement et sans combat spirituel. Le progrès spirituel implique l’ascèse et la mortification qui conduisent graduellement à vivre dans la paix et la joie des Béatitudes ». (n. 2015)

Jean Paul II :

« Lorsque l’on embrasse la croix, elle devient un signe d’amour et de don de soi total. La porter derrière le Christ signifie être uni à lui en offrant la plus grande preuve d’amour. »
Message pour la Journée mondiale de la jeunesse, 14 février 2001

Paul VI :

« La vraie pénitence ne peut être séparée de l’ascétisme physique. La nécessité de mortifier la chair est manifeste si nous considérons la fragilité de notre nature dans laquelle, depuis le péché d’Adam, la chair et l’esprit ont des désirs opposés. Cet exercice de mortification corporelle – très éloigné de toute forme de stoïcisme – n’implique pas une condamnation de la chair que le Fils de Dieu a daigné nous donner. Au contraire, la mortification vise à la libération de l’homme ».
Constitution Apostolique Paenitemini, 17 février 1966.

Bienheureux Jean XXIII :

« Aucun chrétien ne peut croître en perfection, ni le christianisme gagner en vigueur, s’il ne s’appuie sur la pénitence. C’est pourquoi dans notre constitution apostolique proclamant officiellement le second concile du Vatican, et poussant les fidèles à faire une préparation spirituelle digne pour ce grand événement par la prière et d’autres actes de vertu chrétienne, nous avons inclus l’avertissement de ne pas mépriser la pratique volontaire de la mortification »
Encyclique Paenitentiam agere sur la Pratique de la pénitence intérieure et extérieure, 1er juillet 1962.

Jordan Aumann O.P. :

« Une des plus grandes merveilles de l’économie de la grâce divine est la solidarité intime entre les peuples à travers le Corps Mystique du Christ. Dieu accepte la souffrance d’une âme en grâce qui s’offre pour le salut d’une autre âme ou pour les pécheurs en général. Il est impossible de mesurer la puissance rédemptrice de la souffrance offerte à la justice divine avec une Foi vivante et un ardent amour à travers les blessures du Christ. Quand tout vient à manquer, il y a encore le recours à la souffrance pour obtenir le salut du pécheur. Le Curé d’Ars (Saint Jean-Marie Vianney) disait à un prêtre qui se lamentait de la tiédeur de ses paroissiens et de la stérilité de son zèle : « Avez-vous prêché ? Avez-vous prié ? Avez-vous jeûné ? Avez-vous utilisé la discipline ? Avez-vous dormi sur des planches ? Tant que vous avez pas fait cela, vous n’avez pas le droit de vous plaindre ».
Spiritual Theology, Londres, Sheed et Ward. 1993 p. 172.
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Théophane



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Mer 05 Avr 2006, 23:53

Comment le fondateur de l’Opus Dei pratiquait cet esprit de mortification

C’est dans Quand le Christ passe (97), ouvrage du fondateur de l’Opus Dei, que nous trouvons : « Penser à la mort du Christ nous invite à nous situer avec une sincérité absolue devant notre devoir quotidien, à prendre au sérieux la foi que nous professons. La Semaine Sainte ne peut donc pas être une parenthèse sacrée dans le contexte d'une vie exclusivement portée par des intérêts humains; elle doit être une occasion de pénétrer dans la profondeur de l'amour de Dieu, pour pouvoir ainsi, par notre parole et par nos œuvres, le montrer aux hommes.»

Mgr Echevarria nous dit comment le fondateur de l’Opus Dei pratiquait cet esprit de mortification :

— Le fondateur de l’Opus Dei fait allusion au n° 856 de Chemin à cette « conséquence paradoxale : celui qui suit le « petit chemin de l’enfance » doit, pour se faire enfant, renforcer et viriliser sa volonté. » De ce fait, je pense qu’il faudrait maintenant parler de la pratique de sa mortification et de sa pénitence, de cet amour de la Croix, cet esprit de contrition.
Saint Josémaria Escriva pratiquait la mortification et les pénitences corporelles parce qu’il considérait qu’elles étaient indispensables à la vie d’union à Dieu et à l’efficacité de l’apostolat. Il parlait très souvent de l’oraison des sens qui se concrétise dans un sacrifice physique et intérieur et dans un esprit de réparation qui pousse l’âme au renoncement par amour.

Très fréquemment il nous a parlé de la souffrance de Notre Seigneur Jésus-Christ. Il nous faisait voir que le Seigneur avait atteint ce niveau de don de lui-même afin d’effacer toutes les défaillances humaines, porté par un amour plein de bonheur et de liberté : « oblatus est quia ipse voluit ! [il s’est livré de son propre gré! : Isaïe 53, 7 »] Le 1er septembre 1971, il exprima cette persuasion intime : «je suis convaincu qu’il nous faut crucifier notre mémoire, notre entendement et notre volonté : il y a un clou pour chacune de ces puissances !»

Il a voulu que des chardons et de roses décorent l’oratoire où il célébrait habituellement sa Messe. Depuis qu’il était tout jeune, il répétait la devise per aspera ad astra, qu’il a même utilisée comme un élément de décoration. «Per aspera ad astra ! Cette devise a toujours été pour moi une secousse : pour arriver au Ciel il faut souffrir, il faut s’anéantir, se passer de son ‘moi’, se mettre entièrement à la disposition de la Volonté de la Bienheureuse Trinité !»

Il acceptait volontiers la mortification active et passive : il souhaitait que le Seigneur s’approprie de sa vie à tout moment, lorsqu’il éprouvait de la joie à travailler où lorsqu’il se heurtait à la souffrance. Je pense que ses propos de 1963 résument bien cette attitude : «il faut mourir petit à petit, par une mortification continuelle dans mille détails. Il ne s’agit pas d’en avoir peur puisque cela doit finir par être aussi naturel que le battement du cœur. En ce moment je ne sens pas les battements de mon cœur et pourtant il bat. Et malheur au jour où il s’arrêtera ! Je vous dis de même : dans votre vie spirituelle, la vie du cœur, ce battement, cet effort, n’est que la mortification de chaque instant, la conversation aimante avec le Seigneur, le recours à l’intercession de Marie, de Joseph, des anges gardiens. »

— Ce battement continuel requiert, cela va sans dire, un effort personnel : ce n’est pas quelque chose de naturel, d’automatique. Au contraire, cela demande d’habitude un projet de mortifications grandes et petites.

Il lui arrivait souvent de nous demander en toute simplicité : «combien de douzaines de mortifications habituelles t’imposes-tu ?» Lorsque j’ai fait sa connaissance, il souffrait de diabète et j’ai observé qu’il faisait de nombreux sacrifices pour supporter, avec allant et beaucoup de panache, les contraintes pénibles de cette maladie.

Il se mortifiait tout d’abord dans l’accomplissement de son plan de vie : il faisait fi de ses goûts personnels, il se pliait strictement à l’horaire de la maison, sans s’accorder de dispenses ou d’excuses, même pour des raisons de santé.

Il évitait tout naturellement de se mettre à l’aise pendant son travail et ses moments de détente. Il ne s’appuyait pas sur les dossiers des sièges, il ne croisait pas ses jambes lorsqu’il était assis. Pendant des années, à la fin de sa vie, il a utilisé un fauteuil très haut qui ne lui permettait pas de poser les pieds par terre.

En 1954 il parlait ainsi de cet effort constant dans les choses quotidiennes pour les offrir au Seigneur : «je ne peux pas ici m’acharner à chasser des lions. Tout d’abord, je n’en trouverai pas, et puis, si je ne suis pas vigilant, au garde-à-vous, pour écarter tout ce qui ne m’unit pas à Dieu, je ne serai plus en mesure de voir ce qu’il me demande. En revanche, la recherche de cette finesse dans l’amour, dans la délicatesse au soin des petites choses, dans notre vie quotidienne, du matin au soir, est un service, une pénitence continuelle pour rendre gloire à Dieu. Et cette application aux petites choses, in pauca fidelis ! est aussi une humiliation pour nous, puisque en fin de journée nous sommes convaincus que nous ne valons rien. Lors de mon examen je dois dire souvent : Josémaria n’est pas content de Josémaria parce qu’il y a plein de choses que j’aurais pu faire et que n’ai pas voulu faire. Si nous ne nous exercions pas à ces petites choses, nous risquerions, dans notre orgueil, de nous prendre pour des vainqueurs. En effet, avec expérience qui nous leurre, nous pourrions bien nous croire capables d’être fidèles dans les grandes choses alors que la réalité quotidienne nous montre bien que c’est dans les petites choses que nous ne sommes pas généreux tant et tant de fois.»

— Il y a un chapitre classique dans l’ascèse des chrétiens qui porte sur la mortification pendant les repas. Il tient à l’exemple de Jésus-Christ qui a jeûné au désert (Matthieu 4, 2), qui a eu faim sur sa route (Matthieu 21, 18.) et qui a connu l’ardeur de la soif (Jean 4, 7).

Il ne prenait aucun aliment en dehors des heures des repas. Ses déjeuners étaient courts lorsqu’il ne recevait personne. Il y avait des périodes où il se passait de sel, ne mettait pas de sucre dans son café au lait, même pas après avoir été guéri du diabète. Il a pratiqué souvent et avec l’autorisation de son directeur spirituel, deux ou trois jours de jeûne rigoureux, au pain et à l’eau.

Il ne laissait rien dans son assiette, de trop salé ou de fade, de peu ou trop cuit. Il tâchait de se servir un peu plus de ce qui ne lui disait pas grand-chose et un peu moins de ce qu’il aimait le plus. Il goûtait à tout et si par hasard, et sans que personne n’y soit pour quelque chose, la nourriture n’était pas bonne, il en prenait quand même. S’il pensait que cela pouvait être mauvais pour sa santé, il n’y goûtait pas mais sans demander quoique ce soit d’autre à la place.

Lors des repas, nous devions l’encourager à boire de l’eau, parce qu’il en prenait peu pendant la journée. Cette mortification venait de loin puisqu’il lui était souvent arrivé de se proposer de ne boire que l’eau des ablutions au lavabo de la Messe.

Par rapport à la boisson, il ne lui est jamais arrivé de boire jusqu’au bout un verre de vin et ce durant pratiquement tous les déjeuners de sa vie. Vu son insuffisance rénale, le docteur lui recommanda de boire de l’eau minérale de Fiuggi, très courante en Italie. Trois ou quatre ans avant sa mort, par prescription médicale aussi, c’est l’eau d’Évian qu’il prenait. Les analyses montraient qu’il perdait beaucoup de potassium et cette eau en était riche. Il devait beaucoup se mortifier pour boire en dehors des repas et nous l’encouragions sans cesse, surtout lorsqu’il faisait très chaud à Rome.

Avec son sens de l’accueil, lorsqu’il recevait du monde, il veillait à ce que les menus soient bien préparés mais quant à lui, il se débrouillait pour ne manger que l’indispensable sans s’accorder aucune compensation et cherchant toujours à prendre les choses les plus simples et les moins appétissantes. Beaucoup de ses invités nous ont dit, par la suite, avoir été touchés par cette maîtrise de soi faite d’une élégance qui ne les gênait pas pour se servir normalement.

— Tout en sachant que la mortification la plus agréable à Dieu est l’accomplissement fidèle du devoir parfaitement achevé, il pratiqua aussi de dures pénitences corporelles. Avec de profondes raisons théologiques, il y avait aussi cet esprit sportif avec lequel il faisait face à la lutte ascétique.

Il s’est toujours servi des disciplines et du cilice, en accord avec son directeur spirituel. Lors des années les plus dures de son diabète, à Rome, il a fallu qu’il s’arrête sur prescription médicale : la moindre blessure, aussi petite fût-elle, devenait une plaie purulente et son état de santé s’aggravait.

Il s’appliquait lui-même ce qu’il avait tant de fois prescrit : «lorsqu’on aime pour de bon, il n’y a pas de sacrifice pénible. L’amour espère tout, donne tout. La Passion du Christ n’a d’explication que dans l’amour. Mortification : oraison du corps et de l’âme. Mets-y de l’amour et tout ce que tu fais te semblera peu.»
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 07:00

Elise
Passionné

Posté le: Jeu 6 Avr à 0:00

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Citation :
'notre corps est l'ennemi de notre sanctification et que nous devons par conséquent l'anéantir et le traiter en ennemi.'

Ce que je ne comprends pas bien, pourquoi notre corps est il notre ennemi ! il est dit "votre corps est le temple du Saint-Esprit", je ne vois nulle part dans l'Evangile que Jésus demande des mortifications corporelles !

Des mortifications de chaque jour oui, de petits sacrifices, lui offrir des choses qui nous coûtent.

Je voudrais savoir en effet la position de l'Eglise à ce sujet.

Notre curé nous enseigne toujours qu'il faut accepter la souffrance quant elle vient, mais ne pas s'y complaire ! car dit-il Dieu est du côté de la vie et il nous demande, même le diacre en réunion liturgique dit qu'il ne faut pas sombrer dans le dolorisme ! c'est l'acceptation qui compte et nous pouvons demander à Dieu notre délivrance en cas de maladie ou autres croix qu'il envoie.... si Dieu nous les laisse accepter ! Notre diacre a été nommé animateur et coordinateur de l'Unité Pastorale, il me semble que son language doit être sagesse !
Mon curé et mon diacre sont ils ignares ?

Evidemment il ya des êtres choisis tels Marthe Robin, Padre Pio etc...

Il émane de la personne de notre prêtre un grand amour de Dieu, à travers lui on sent la miséricorde de Dieu qui se manifeste, il se dépense sans compter dans un restaurant social et pourtant sa charge est très lourde ! il a vraiment à coeur de ramener les jeunes vers le Seigneur !

Enfin pour moi celui qui aime ça c'est peut-être sa voie, peut-être le seul moyen d'offrir quelque chose à Dieu ? je ne critique pas mais je suis stupéfaite au XXIème siècle.

visiter les malades, aider les plus démunis, un geste d'Amour envers son prochain , visiter un prisonnier vaut il moins que ces mortifications qui je m'excuse de l'expression tournent presque au masochisme ?

Je crois qu'il faut remettre les paroles de St Josémaria dans leur temps et le contexte de l'époque !

Elise
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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 07:01

Théophane


Posté le: Jeu 6 Avr à 0:49

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Citation :

Elise a écrit:
'notre corps est l'ennemi de notre sanctification et que nous devons par conséquent l'anéantir et le traiter en ennemi
.'


Parce que :


"Puisque tu sais que ton corps est ton ennemi et l'ennemi de la gloire de Dieu, parce qu'il l'est de ta sanctification, pourquoi le traites-tu avec tant de mollesse?" (Chemin, Pénitence, point 227)

"Dis à ton corps: je préfère t'avoir pour esclave que d'être le tien." (Chemin, Pénitence, point 214)

"Traite ton corps charitablement, mais pas avec plus de charité que tu n'en aurais pour un ennemi déloyal." (Chemin, Pénitence, point 226)

"Pour défendre sa pureté, saint François d'Assise se roula dans la neige, saint Benoît se jeta dans un buisson de ronces, saint Bernard se plongea dans un étang glacé... — Toi, qu'as-tu fait?" (Chemin, Sainte pureté, point 143)

"Seigneur, si c'est ta Volonté, fais de mon pauvre corps un Crucifix." (Chemin, La volonté de Dieu, point 775)

"Si tu ne te mortifies pas, tu ne seras jamais une âme d'oraison." (Chemin, Mortification, point 172)

"Pas de vertu, sans mortification." (Chemin, Mortification, point 180)

"Il faut donner au corps un peu moins que le strict nécessaire. Sinon, il trahit." (Chemin, Mortification, point 196)

"Je te veux heureux sur terre. — Tu ne le seras pas, si tu ne te délivres pas de cette peur de la souffrance. Car, tant que nous "cheminons", c'est précisément dans la souffrance que réside le bonheur." (Chemin, Pénitence, point 217)

"Bénie soit la douleur. — Aimée soit la douleur. — Sanctifiée soit la douleur... Glorifiée soit la douleur!" (Chemin, Pénitence, point 208)

"O chaînes de Jésus! Chaînes auxquelles Il s'est volontairement laissé attacher, attachez-moi, faites-moi souffrir avec mon Seigneur, afin que ce corps de mort s'humilie... Car il n'y a pas de moyen terme: ou c'est moi qui l'anéantis ou c'est lui qui m'avilit. Mieux vaut être esclave de mon Dieu qu'esclave de ma chair." (Chemin de Croix, Première station : Jésus est condamné à mort)

"Nous devons faire nôtres la vie et la mort du Christ. Mourir par la mortification et par la pénitence, pour que vive en nous le Christ, par l'Amour. Et suivre alors les pas du Christ, soucieux de co-racheter toutes les âmes." (Chemin de Croix, Quatorzieme station: Jesus est mis au tombeau)

"Jusqu'à ce moment cet enfant de Dieu n'avait pas su ce que c'était que d'être heureux: jusqu'à ce qu'il parvienne à cette nudité, à ce don de soi, qui est don d'amour, mais fondé sur la mortification, sur la douleur." (Forge, Travail, point 803)

"Un jour sans mortification est un jour perdu, parce que nous n'avons pas renoncé à nous-mêmes, parce que nous n'avons pas vécu l'holocauste." (Sillon, Pénitence, point 988)

"La mortification est d'une importance extraordinaire, de tous les points de vue." (Sillon, Pénitence, point 980)

"Nous devons cultiver la pénitence et la mortification, comme de véritables preuves de notre amour de Dieu et du prochain." (Sillon, Pénitence, point 992)

"Lorsque tu te décideras à la mortification, ta vie intérieure s'améliorera et tu deviendras tellement plus fécond." (Sillon, Pénitence, point 984)

"Sans mortification, il n'y a pas de bonheur sur la terre." (Sillon, Pénitence, point 983)

"Toute la diligence humaine, même accompagnée de ces armes si nécessaires que sont la mortification, le cilice et le jeûne, a vraiment peu de valeur sans Toi, mon Dieu!" (Forge, Travail, point 845)

"La mortification est la prémisse nécessaire de tout apostolat, et de la bonne mise en oeuvre de tout apostolat." (Forge, Se battre encore..., point 407)

"Parmi les ingrédients de tes repas, mets-en un "très bon": celui de la mortification." (Forge, Travail, point 783)

"La mortification est aussi une prière — la prière des sens." (Quand le Christ passe, La lutte intérieure, point 78.)

"Demande au Seigneur de t'aider à te fatiguer par amour pour Lui; à mettre en tout, et avec naturel, le parfum purificateur de la mortification." (Amis de Dieu, Sur les pas du Seigneur, point 138)

"Nous devons aimer la Croix, le dévouement, la mortification." (Quand le Christ passe, Le Christ présent chez les chrétiens, point 114)

"L'amour apporte la joie, mais c'est une joie dont les racines sont en forme de croix. Tant que nous sommes sur terre, et que nous ne sommes pas encore parvenus à la plénitude de la vie future, il ne peut y avoir d'amour véritable sans l'expérience du sacrifice et de la douleur; une douleur qui se savoure, qui est aimable, qui est la source d'une joie intime, mais une douleur réelle, car elle suppose la victoire sur l'égoïsme et que nous prenions l'amour pour règle absolue de toutes nos actions." (Quand le Christ passe, Dans l'atelier de Joseph, point 43)
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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 07:02

Jean-Cyrille
Intermittent
Posté le: Jeu 6 Avr à 1:57

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Mon Dieu !!!!!!!!!!!!!
au secours.............
Sainte Thérèse au secours........! Jean de la Croix, au secours !!!!!!

Jean-Cyrille
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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 07:26

Cher Théophane,

Citation :
Le fondement de l’enseignement de l’Église sur la mortification — auquel adhère totalement l’Opus Dei — est le fait que Jésus Christ, par amour pour l’humanité, a librement accepté de souffrir et mourir (la « passion ») pour la Rédemption et le salut du monde. Les chrétiens sont appelés à imiter le grand amour de Jésus et, entre autres choses, à le rejoindre dans ses souffrances rédemptrices. Ils sont ainsi appelés à « mourir à eux mêmes ». L’Église prescrit certaines mortifications — jeûne et abstinence de viande – pendant le Carême.

Cette théologie existe certes mais attention, elle a une place tres précise:

Elle a un double esprit:

Citation :
1° Cette souffrance que Jésus a prise par amour, toute son humanité a supplié le Père de l'en délivrer.

Citation :
"Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi".

2° Mais sa volonté était prête à obéir au Père:
Citation :
"Que ta volonté soit faite, pas la mienne".

C'est un esprit fondamental. L'amour préside certes à cette croix, mais aussi l'HUMILITE. Jésus a peur. Il sait que la souffrance est un mal.

Or la pénitence librement imposée possède le risque suivant:
1° On se l'impose donc elle n'est pas si terrible que cela (elle va dans le sens de notre volonté, ce qui n'est pas le cas du pépin qui nous tombe dessus par hasard).
2° Très vite, si on y arrive, on se sent quelqu'un de bien.
3° En conséquence, et c'est déjà le cas dans l'évangile (voir le pharisien de la synagogue) elle produit de l'orgueil.


Dans ce cas, c'est une catastrophe spirituelle.


C'est pourquoi, selon moi, il ne faut pas s'imposer de pénitences pour "compléter ce qui manque à la passion du Christ" (saint Paul). Là, on tombe necessairement ou presque dans la présomption. Cette spiritualité chrétienne, il vaut mieux la garder pour le jour où il nous tombe un pépin QU'ON N'AIME PAS (un cancer, un divorce, un décès etc.)

Voici un conte, tiré d'une histoire vraie (j'ai connu ce moine), qui montre le caractère dangereux pour la vie spirituelle des "grandes pénitences solennelles":
http://eschatologie.free.fr/histoires/troisreniementszephirin.htm

Mais je laisse Jean-Cyrille qui me corrigera.

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Arnaud
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Jean-Cyrille



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 13:19

Oui Arnaud
merci...
Tu as bien parlé. La question est importante et délicate. Elle requiert du discernement.

Les grands mystiques et surtout les Docteurs parmi eux sont notre lumière car tout simplement ils ont approfondit la question et y ont mis du Discernement.

Ce qui m'étonne dans tout cela, c'est que nous sommes dans l'époque de l'histoire qui vient après sainte Thérèse de l'Enfant Jésus (Docteur de l'Eglise) et qu'on entend quand même parler de "pénitences extraordinaires". De fait, elle avait très bien signalé que ce n'était pas sa Voie, pas la voie pour les "petites âmes". On pourra rétorquer: "mais il y a de la place pour les grandes âmes aussi"! Mais si JoséMaria est un saint pour les Laïcs, il doit obligatoirement s'occuper de la majorité des âmes, et la majorité prend place parmi les "petites âmes". Mais la petite Thérèse n'a pas vraiment pénétré l'Espagne de son temps, et encore peu aujourd'hui.
Alors entre "pénitences extraordinaires" et "pénitence" la différence est énorme.

Jean de la Croix et Thérèse d'Avila, Espagnols - (donc pas d'excuses pour l'ignorance) - mettent en gardent contre les excès (pourtant on ne peut leur reprocher d'être des âmes tièdes). Personne ne peut s'opposer à la pénitence et à la mortification par amour pour le Christ, pour lui montrer qu'on le choisit et qu'on veut l'aimer. (Je précise bien: "par amour pour le Christ", qui se charge de faire de notre corps un ami et non un ennemi, et ce par la première purification opérée par l'Esprit Saint).

Personne ne peut s'opposer à la pénitence, au jeûne, à la mortification, des sens, de la pensée et de la langue (la parole). ("Il vaut mieux jeûner par sa langue que de jeûner au pain et à l'eau" dit Jean de la Croix) Mais tout cela fait pour le Christ, par Amour du Christ.

Cependant, étant donné que la vie spirituelle est un chemin, et que d'autres mortifications et étapes de purification nous attendent, qui ne regardent pas le corps mais aussi l'âme et l'esprit, et qui sont plus importantes (et subtiles à discerner), alors à ce point de vue, le discernement est de mise, sinon, on peut par manque de discernement, dévier de la Voie juste.

Thérèse de l'Enfant Jésus signalait l'ascèse de petitesse, le fait d'accueillir ce qui nous vient tous les jours de la main de la Providence et de ne pas aller en rajouter. Car, comme tu le soulignes si bien Arnaud, le "moi" spirituel s'y mêle et vanifie l'acte.

Dans ce sens, Jean de la Croix, dans le premier livre de la Nuit Obscure va mettre en évidence 7 péchés capitaux spirituels. Donc il n'y a pas que des péchés capitaux matériels, corporels, normaux (dont s'en charge la mortification), il y a aussi 7 péchés capitaux spirituels, qui touchent les "spirituels" (et c'est le discernement qui s'en charge). Avarice spirituelle, gourmandise spirituelle, orgueil spirituel etc...

Tu as bien raison de dire Arnaud entre les lignes: "l'obéissance vaut mieux que les sacrifices". "L'obéissance", c'est à dire une pénitence que l'on s'impose par obéissance, par vérification par un/une accompagnateur, et non ce qui nous passe par la tête sans discernement ("les sacrifices").

1- Dans une première phase de la vie spirituelle, l'enjeu est de préférer Dieu/le Christ sur les biens de la Terre (voir dessin du Mont de Perfection de Jean de la croix, chemin de droite). Ici c'est plus le moment de pratiquer les pénitences corporelles, l'ascèse, la mortification, le jeune, les veilles etc... Mais l'enjeu est de préférer le Christ, et "par amour". Sinon, ça ne marche pas!

Après bien du temps, la volonté est affermie et enracinée en Dieu, en Christ (on arrive à "l'union de volonté" (terme de Thérèse d'Avila)). A ce moment une nouvelle phase commence:

2- Dans cette seconde phase de purification, l'enjeu n'est plus le choix entre "les biens de la Terre" et "Dieu", mais bien entre "les biens du ciel" et "Dieu" voulu purement pour lui-même! Ici, ce choix a besoin de discernement. Distinguer entre les biens du Roi et le Roi lui-même, voulu pour lui-même, et tout nu. Le choix devient un choix entre un "faux bien" (un bien en apparence) et un "vrai bien". Et qui peut nous aider dans ce domaine, s'il n'y a pas d'humilité, d'obéissance en Dieu?
C'est le chemin de gauche (les biens du Ciel) dans le dessin de saint Jean de la Croix, à distinguer du sentier du milieu (Dieu voulu pour lui-même).

Glaner des citations chez un saint ou dans la vie d'un saint, sans discernement, est simplement dangereux mais très fréquent - et les rédacteurs de vies de saints ne sont pas vraiment des experts en théologie spirituelle, ce qui fait qu'ils peuvent parfois s'attarder à sur des choses qu'il vaudrait mieux taire, et mettre en évidence des choses qui elles sont à souligner.
Prendre certains excès pratiqués durant peu de temps ou par certaines personnes pour une loi pour tous, est tout aussi dangereux.
La pénitence et la mortification, le jeûne etc... doivent être placés dans le dynamisme d'une croissance spirituelle, qui a ses lois, son discernement.

Il y a une différence entre la dévotion simple, et le désir vrai d'avancer et d'arriver à l'Union à Dieu. Si on veut arriver à l'union à Dieu dès cette vie sur terre (ce qui est le grand désir du Christ) eh bien, adressons-nous aux saints Docteurs qui ont pour mission d'en parler.

Pour terminer, je voudrais revenir à saint Thérèse de l'Enfant Jésus, qui est la sainte la plus sûre au point de vue doctrinal en ce qui concerne la théologie spirituelle.

Un jour qu'elle avait porté trop longtemps une petite croix armée de pointes, il en résulta une blessure qui s'aggrava et l'obligea finalement à se faire soigner. Elle disait à cette occasion: « Vous voyez bien que les grandes pénitences ne sont pas pour moi; le bon Dieu sait bien que je les désire, mais il n'en a jamais voulu la réalisation, autrement je n'aurais pas été malade pour si peu de chose. Qu'est-ce que cela auprès des macérations des Saints? D'ailleurs, j'y aurais trouvé trop de joie, et les satisfactions naturelles peuvent très bien se mêler à la pénitence la plus austère. Il faut s'en défier. Croyez-moi, ma mère, ne vous lancez jamais dans cette voie, ce n'est pas celle des toutes petites âmes comme les nôtres, où rien ne sort de l'ordinaire» (Procès de Béatification 226r)

On peut très bien objecter en la citant: « Je sais qu'un grand nombre de saints passèrent leur vie à faire d'étonnantes macérations pour expier leurs péchés, mais que voulez-vous? Il y a plusieurs demeures dans la maison du Père céleste!... ». A mon sens, il serait trop facile de dire: "ma voie n'est pas celle de Thérèse". Vraiment, je n'oserais pas me placer au dessus de la plus grande sainte des temps modernes. C'est ce qui me rend perplexe et me gêne dans toute cette discussion! Après 100 ans de "révolution" thérésienne, on en est encore à discuter de ces choses!

On lit dans "l'esprit de saint Thérèse" (un livre):

Parlant des oeuvres éclatantes réservées à ce petit nombre de héros qui, portés par une grâce spéciale, sortent du rang commun, elle confesse que cette grâce spéciale l'a tentée autrefois.
Jeune fille, en effet, elle s'enthousiasma pour Jeanne d'Arc, rêvant de l'imiter en quelque façon; mais Jésus lui fit comprendre que la vraie sagesse est dans la simplicité, qu'il n'est pas besoin de passer la mer ou de s'élever jusqu'aux nues pour la trouver, qu'elle est à notre portée, sous notre main!
Plus tard, au Carmel, cet attrait se réveille: en lisant dans la vie des saints le récit de leurs mortifications extraordinaires, elle désire, à son tour, entreprendre ces « grandes choses ».
« L'attrait pour la pénitence me fut donné », écrit-elle.
Mais le Seigneur permit qu'on l'arrêtât dans cette voie, et elle ajoute:
"Les seules mortifications que l'on m'accordait consistaient à mortifier mon amour-propre, ce qui me faisait plus de bien que les pénitences corporelles." [on voit briller son obéissance au dessus de son désir et le discernement qui en résulte]

Quelques semaines avant sa mort, le 3 août, elle recommandait à une Soeur, qui se confiait à elle, la modération dans les pénitences, « parce qu'il y entrait souvent plus de nature que de vertu ».

Sortir telle ou telle phrase/citation d'un saint hors de son contexte et en faire sa loi absolue sans discernement, n'est pas à conseiller.

Merci
à plus
Jean
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Louis



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 13:49

Oulala c'est pas simple tout ça! Rolling Eyes

Mais je dois dire que les réponses du théologien spirituel Arnaud et du théologien mystique jean-Cyrille sont très carrées et justes. Merci! thumleft
On a de la chance sur ce forum. cheers

Dans le passé, j'étais aussi attiré par une ascèse importante. J'ai fait des jeûnes très durs, un repas tous les deux jours, des retraites solitaires à la montagne...
Et curieusement, depuis le jour où l'amour de Dieu m'a foudroyé, je n'en éprouve plus du tout le besoin. Juste vivre une vie simple et "normale". dwarf
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Sylvie



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 14:05

La mortification a une très grande importance pour les Orthodoxes. Nous l'appelons l'ascèse.

Mais nous avons une autre approche du corps. Le corps n'est pas notre ennemi. Il a été créé par Dieu. Le corps fait partie de l'homme, il ressuscitera. Les sens sont créés par Dieu. La nature a été crée pour réjouir l'homme. La création entière est un immense cadeau de Dieu pour l'homme. L'homme devait rendre gloire et passer son temps à dire MERCI à Dieu pour tout ce que Tu as fait pour moi.

La nature déchue, fait en sorte que nous avons du mal à contrôler les passions qui entrent par le corps, (les sens, l'imagination etc. ) et qui peuvent nous conduire au péché parce que notre volonté est affaiblie. Le péché est l'attachement pour soi de la création, des plaisirs. C'est l'égoïsme dans l'utilisation des choses crées. Ce n'est pas la faute du corps. C'est l'esprit qui lutte et qui est tenté et finalement choisi de répondre au désirs qui sont entrés par les sens, même si c'est péché. Par l'ascèse, veilles, jeûnes nous répondons au besoins de l'âme qui a besoin de ce dépouillement des passions pour s'élever vers Dieu. C'est le retournement de notre cœur vers Dieu qui doit se faire. C'est la Métanoia, le repentir. Tout cela est possible avec le secours de Dieu. Car l'homme seul ne peut accomplir ce travail de l'ascèse. Se fier uniquement sur notre volonté risque de conduire à un échec car ce serait très orgueilleux de notre part que de se croire capable de faire quoi que ce soit pour Dieu de par uniquement notre volonté et nos efforts.

Il y a aussi des temps de célébrations, de fêtes où il n'y a pas de jeûne. Quand l'époux est là, on ne jeûne pas. Par exemple, nous ne jeûnons pas le samedi et le dimanche du carême. Le dimanche c'est le jour de la Résurrection, même en temps de carême. Nous faisons l'abstinence de produits animalier et de vin mais ne restons pas sur notre appétit. Pour le samedi, je ne sais pas la raison. En temps ordinaire, il y a abstinence et jeûne uniquement les mercredi et vendredi. Les autres jours nous ne devons pas jeûner. Ce qui ne veux pas dire tomber dans le péché de la gourmandise.

Il y a un temps pour chaque chose et chaque chose a son temps. Le but à atteindre est l'être uni, pacifié. C'est-à-dire, qu'il mange ou jeûne, qu'il dorme ou se lève que tout soit pour le Seigneur. C'est semblable à la sainte indifférence.

Arnaud disait :

Citation :
Notre curé nous enseigne toujours qu'il faut accepter la souffrance quant elle vient, mais ne pas s'y complaire !

Oui, la directrice des novices me disait la même chose quand j'étais au cloître (catholique). Pourtant ce sont des adoratrices et réparatrices. Elle me disait cela parce que j'avais fais une gaffe :oops: . J'avais demandé une croix à Dieu et Il m'avait exaucé Sad . Mais la croix était lourde à porter et je me demandais bien comment m'en défaire :DD . Elle m'avait dit que c'est la prière que Dieu exauce toujours très rapidement. Mais souvent, c'est notre orgueil qui nous fait prier ainsi, nous nous rendons compte très vite que nous sommes incapables de quoi que ce soit tout seul. Elle avait dit que nous pouvons accepter les croix que Dieu permettra dans nos vies, mais les demander c'est souvent l'orgueil qui fait cela. Simplement que de vivre dans l'obéissance à nos supérieurs et selon les règles de la communauté, déjà c'est beaucoup. C'est moins éclatant, plus humble.

Chacun un jour finit qu'à connaître son "fil d'or" selon l'expression de Thérèse d'Avila qui nous retiens dans une cage et nous empêche de prendre notre envol dans le Sein de Dieu.


Sylvie
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Sylvie



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 14:37

Cher Jean-Cyrille

J'ai écrit avant d'avoir lu votre message. Je n'aurais pas oser ajouter quoi que ce soit à ce que vous avez dit.

J'aime bien la distinction de vos phases. Détachement des choses crées ensuite détachement des choses spirituelles. Ce qui veut dire trouver l'essentiel : Dieu Seul.

Pour sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, j'ai toujours eu l'impression, (j'étais catholique), qu'elle avait été mal comprise. Que sa petite voie ordinaire était comprise comme s'il n'y avait pas d'effort à faire. Jésus est l'ascenseur. Les gens oublient facilement qu'elle devait monter sur la première marche. Et que ce petit effort, si minime soit-il, est pour nous mettre en route vers Dieu. Mais comme l'enfant sait qu'il ne sera pas capable de gravir l'escalier tout seul, il compte davantage sur Dieu dont il se sait aimé et qu'Il viendra la prendre dans ses bras.

Sylvie
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Jean-Cyrille



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 14:55

Sylvie a écrit:
Cher Jean-Cyrille
J'aime bien la distinction de vos phases. Détachement des choses crées ensuite détachement des choses spirituelles. Ce qui veut dire trouver l'essentiel : Dieu Seul.

Chère Sylvie,
merci pour votre mot. Je ne peux qu'abonder dans ce que vous dites au sujet de l'intérêt d'une vision dynamique et progressive de la vie spirituelle. Ceci est très important, car sinon, la définition de la sainteté en pâtit! On a parfois l'impression, à lire des biographies de saints, que la sainteté consiste simplement dans les choses dures à pratiquer (dures pour le corps), quand en fait, "briser la volonté" (j'aime pas le mot "briser", mais je n'en trouve pas d'autres) est bien plus important. Et la distinction sanjuaniste (de saint Jean de la Croix) entre les "biens spirituels" et "Dieu" est décisive si l'on veut arriver à l'union à Dieu dès la vie sur terre! Etc... etc...


Sylvie a écrit:
Pour sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, j'ai toujours eu l'impression, (j'étais catholique), qu'elle avait été mal comprise. Que sa petite voie ordinaire était comprise comme s'il n'y avait pas d'effort à faire. Jésus est l'ascenseur. Les gens oublient facilement qu'elle devait monter sur la première marche. Et que ce petit effort, si minime soit-il, est pour nous mettre en route vers Dieu. Mais comme l'enfant sait qu'il ne sera pas capable de gravir l'escalier tout seul, il compte davantage sur Dieu dont il se sait aimé et qu'Il viendra la prendre dans ses bras.
Sylvie

Les saints sont les mêmes ici et là, occidentaux ou orientaux. Cela dit, je suis tout à fait de votre avis, la petite thérèse est souvent mal comprise jusqu'à aujourd'hui. Mon maître en vie spirituelle, le P Louis Guillet ocd, a passé toute sa vie à étudier saint Jean de la Croix, afin de mieux la comprendre. C'est curieux comme méthode pour le profane, mais pas tant que ça. Car c'est vrai, il y a toujours la possibilité d'avoir une version à l'eau de rose de Thérèse.
Merci Sylvie
Jean

PS Parlant de la sainteté orientale après la séparation extérieure (car pour moi il n'y a pas de séparation) des Eglises en 1054, j'aime bien trois saints marquants: 1- Grégoire Palamas 2- Séraphim de Sarov 3- Le moine Silounane (il le sera un jour). Les Pères du Désert, (tradition monastique orientale) et les Eglise orthodoxes, c'est tout un! Or les Pères du Désert sont le patrimoine de l'Eglise occidentale aussi (tout comme les spirituels et les Pères de l'Eglise).
Et on peut faire les mêmes excès en lisant les Pères du Désert que ceux signalés dans mon autre message, extraire un acte, un exemple d'un moine et vouloir le vivre sans discernement.
De fait on posait la question à saint Antoine, père de tous les moines: quelle était la vertu la plus importante (la première) à pratiquer?, et sa réponse fut (à vous de deviner)...
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Sylvie



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 15:13

L'humilité

En tout cas c'est ce que je comprends dans la spiritualité Orthodoxe.

Mais j'hésite car il y a aussi la charité. Mais il me semble que l'humilité est comme la base, le fondement de tout et que la véritable charité est comme le couronnement.

Mais étant maître en spiritualité Very Happy , vous le savez mieux que moi.
Dîtes-nous le.

Sylvie

Ah oui, saint Séraphim de Sarov, à certaines période ne mangeait que du choux rapé et passait de longues heures, si ce n'est pas des nuits entière à prier à genoux sur une roche.
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lucie



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MessageSujet: le corps comme ennemi   Jeu 06 Avr 2006, 15:22

J'ai beaucoup de mal à admettre que le coprs puisse être notre ennemi.
Que certains puissent être l'ennemi de leur corps, qu'ils le maltraitent (en mangeant trop et mal, en fumant, par exemple.... ), certes.
Mais est-il pour autant notre ennemi ?
Vraiment, je n'arrive pas à comprendre ce que cela veut dire.
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Jean-Cyrille



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 15:23

Sylvie a écrit:

En tout cas c'est ce que je comprends dans la spiritualité Orthodoxe.

Juste pour vous taquiner:
saint Antoine, que je cite, est "père des moines" pour les deux Eglises! ouf, on est sauvés!!!
Very Happy

Faut encore deviner...
la première "vertu", la "vertu première", régule, ordonne... etc...

Jean
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Jean-Cyrille



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 15:26

lucie a écrit:
J'ai beaucoup de mal à admettre que le coprs puisse être notre ennemi.
[...] Mais est-il pour autant notre ennemi ?
Vraiment, je n'arrive pas à comprendre ce que cela veut dire.

Je note que ce sont les femmes qui défendent le plus le corps. "Qui a des oreilles pour entendre..."
Enfin! Disons plutôt, qu'avec Arnaud, on est à égalité pour le moment...
Very Happy Very Happy Very Happy
Jean
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Sylvie



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 15:40

L'obéissance :?:
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Jean-Cyrille



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 16:01

Sylvie a écrit:
"Il ne faut rien faire à outrance, mais tâcher de permettre à notre ami, le corps, de rester fidèle et de concourir au développement des vertus. " saint Séraphim de Sarov

J'aime bien ta citation...

tu approches, mais c'est pas encore ça ! Very Happy Very Happy Very Happy
Jea
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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 17:08

scratch scratch scratch

:oops: La tempérance :?:

Si ce n'est pas ça, je donne ma langue au cat

Sylvie
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Jean-Cyrille



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 17:20

Sylvie a écrit:


Si ce n'est pas ça, je donne ma langue au cat

Sylvie

Je vois que nous sommes les seuls sur cette page, ou alors on n'ose pas suggérer une vertu, la grande!
C'est pas la tempérance.
Jean
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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 17:23

On ne voulait pas vous interrompre, c'était beau, ce duo... Et puis j'étais en train de goûter. :DD
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Sylvie



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 18:07

:oops:

J'espère pouvoir conserver ma langue.

Appel à tous ! Vous n'avez pas d'idée Idea confused

J'ai nommé

    L'humilité
    La charité
    La tempérence
    L'obéissance


Qu'est-ce qu'il y a d'autres :?:

    La foi
    L'espérance


Il m'en manque une. Il y en a sept.


Sylvie
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Jean-Cyrille



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 18:12

Non, dans les vertus il n'y en a pas que 7.
Il y a des sous-vertus etc...
Mais c'est vrai qu'elle fait partie d'une des 7 (3 théologales + 4 cardinales).


Dernière édition par le Jeu 06 Avr 2006, 18:47, édité 1 fois
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: le corps comme ennemi   Jeu 06 Avr 2006, 18:13

lucie a écrit:
J'ai beaucoup de mal à admettre que le coprs puisse être notre ennemi.
Que certains puissent être l'ennemi de leur corps, qu'ils le maltraitent (en mangeant trop et mal, en fumant, par exemple.... ), certes.
Mais est-il pour autant notre ennemi ?
Vraiment, je n'arrive pas à comprendre ce que cela veut dire.

Chère Lucie,
il faut ici entendre par "notre corps", non pas cette partie de notre être fabuleuse et dont Krystyna parle si sainement, sachant l'orienter vers la famille et l'amour mais le pig qui sommeil en nous, c'est-à-dire cette tendance EGOISTE DE NOTRE PHYSIQUE ET SENSIBLE.


Et notre corps, notre psychisme possèdent trois tendances égoïstes:
1° Les plaisirs égoïstes
2° Les richesses égoïstes
3° La gloiire égoïste.

La gloire par, exemple, est bien une tendance de notre corps: il suffit de voir les jeunes filles et leur beauté physique.

Mais vous remarquerez que plaisirs, argent et gloire euvent devenir des motyens pour aimer. Cela dépend de notre esprit. C'est pourquoi, plus caché, il y a un ennemi pire qu'on pourrait appeler notre âme.

Je veut parler des tendances égoïstes et orgueilleuses de notre esprit. Car c'est lui qui se met notre corps au service de l'égoisme...

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Arnaud
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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 18:14

Prudence, justice, force.
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Sylvie



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 18:18

Oui, je pense que c'est la prudence

On a trop tendance à l'oublier celle là.

Sylvie
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Jean-Cyrille



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 18:47

Sylvie a écrit:
Oui, je pense que c'est la prudence

On a trop tendance à l'oublier celle là.

Sylvie

Tu n'es pas loin....! cheers
Jean
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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 19:01

Le don de crainte.
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Jean-Cyrille



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 19:24

C'est à l'intérieur de la Vertu de Prudence.
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Sylvie



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 19:32

Vigilance ?
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Tourterelle



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 19:42

J'appelle la mortification la "purification des eaux intérieur". Donc c'est l'âme qui est purifiée et non l'extérieur. Quoi que le fait que l'âme soit purifiée se reflette sur le corps j'imagine. Donc les sens ont moins d'emprise sur l'âme.

Cette purificaiton de l'âme ne se fait pas sans l'Esprit Saint à mon avis... C'est un travail intérieur qui s'effectu avec l'âme et l'Esprit Saint.
Je m'imagine mal combattre l'orgeuille sans risquer devenir orgueilleuse... Alors l'Esprit Saint sait diriger l'âme vers une réelle humilité.
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Tourterelle



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 19:46

Ou est passé mon petit oiseau bleu, très bleu et très très bleu!!!!! Laughing Laughing Ce n'est pas moi qui l'ai enlevée. Ho la la... Laughing Laughing Arnaud c'est toi? Ont peut dire que mon petit oiseau bleu a subit une mortification du corps... il est tout gris!!! What a Face Laughing Laughing
Ha les taquins... ;)
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 20:06

Tourterelle a écrit:
Ou est passé mon petit oiseau bleu, très bleu et très très bleu!!!!! Laughing Laughing Ce n'est pas moi qui l'ai enlevée. Ho la la... Laughing Laughing Arnaud c'est toi? Ont peut dire que mon petit oiseau bleu a subit une mortification du corps... il est tout gris!!! What a Face Laughing Laughing
Ha les taquins... ;)

Ah ! C'était ton poisson d'avril. Mais tu était partie !

A toi de rectifier ! Laughing

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Arnaud
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 20:09

Cher Théophane,

Pour analyser avec précision le sens des mortifications, voici les trois sens principaux que peut avoir, par exemple, le jeûne:


1er sens du jeûne, naturel: la maîtrise de ses instincts.
Ce jeûne là est effectivement commun à toutes les religions et même à la philosophie d'Epicure. Il est vrai qu'il vaut mieux être maître de ses instincts que d'être dirigé par eux.

2ème sens, commun avec les Juifs: L'humilité
Je vois poindre un autre sens au jeûne, qui nous est commun, cette fois, avec les juifs. C'est l'apprentissage de l'humilité (c'est-à-dire de notre faiblesse). Et il est contenu dans ce texte de Jérémie (je crois) :

Citation :
"Vous jeûnez pour moi et vous offrez des sacrifices au Temple. Et je les vomis, vos offrandes. Le sacrifice me plait, dit Dieu, c'est un coeur brisé et un esprit humilié."

Voici une histoire amusante, une aventure qui m'est arrivée à 19 ans et qui, je crois, m'a appris cette dimension du jeûne: J'étais étudiant chez les frères de saint Jean. C'était un vendredi Saint: pain sec et eau... Arf ! What a Face A 15 heures, j'ai craqué et je me suis dit: "Bon, Il est mort, allons discrètement à la chambre froide." Et là, je me suis gavé de la crème du lait. Que c'était bon (avec en plus ce goût de l'interdit...) J'avais une moustache blanche, preuve de mon forfait. Or, voilà qu'un soeur de saint Jean entre dans la chambre froide et me surprend en flag... Elle ne m'a pas du tout grondé mais m'a fait un gentil sourire puis s'est éclipsée.

Conclusion: Ce jeûne m'a appris: 1° ma faiblesse; 2° la miséricorde amusée de Dieu.

3ème sens: spécifiquement Chrétien: la communion des saints
Autre dimension du jeûne et celle là spécifiquement chrétienne et qui ne peut, à mon ais, plaire à Dieu que fondée sur la précédente: l'offrande de la charité.

Et là, je pense à la manière simple, sans aucune exaltation ni amour des souffrances avec laquelle Marthe Robin s'unissait au Christ dans ses stigmates et ses visions. Mais c'est quelque chose de spécial, qui n'a rien à voir avec l'héroïsme stoïcien des premiers saints stylites (ces hommes qui vivaient sur des colonnes dont (et c'est authentique)
Citation :
saint Siméon, stylite, surnommé "l'encuiracé", à cause des instruments de torture qu'il portait sur lui".

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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 20:21

Arnaud Dumouch a écrit:
Cher Théophane,
Pour analyser avec précision le sens des mortifications, voici les trois sens principaux que peut avoir, par exemple, le jeûne:

Le grand principe du Jeûne chrétien est l'Amour du Christ !
Je choisis de préférer le Christ sur les biens de la Terre. On Jeûne de différentes manières.
Jeûner c'est se "vider" de ses désirs, et prier, c'est désirer le Christ, "se remplir de Lui". C'est pour cela que le Christ ne sépare jamais jeûne et prière. Nous pouvons jeûner car Jésus a jeûné, c'est en Lui que nous jeûnons, c'est par Lui que nous le faisons et pour Lui. Il est notre Chemin.
La Charité est une dimension qui suit celle de notre Amour du Christ, car la charité c'est aimer le Corps du Christ.

Jean
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 20:23

salut Thumright

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Jean-Cyrille



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 21:03

Arnaud Dumouch a écrit:
salut Thumright

Very Happy Very Happy Very Happy
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Louis



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Jeu 06 Avr 2006, 21:25

Jean-Cyrille a écrit:
C'est à l'intérieur de la Vertu de Prudence.
Le discernement? la sagesse?
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Dominique



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Ven 07 Avr 2006, 00:18

l'intelligence ?
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Sylvie



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Ven 07 Avr 2006, 01:41

Le don de conseil ?
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Olivier JC



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Ven 07 Avr 2006, 02:27

Je pense que la vertu que vous recherchez est la vertu de charité, la plus excellente selon saint Paul.

D'ailleurs, on ne peut pas dire que la femme pécheresse fut vertueuse... Et pourant il lui fut beaucoup pardonné, parce qu'elle avait beaucoup aimé... Ou encore, on usera pour nous de la mesure dont nous usons pour les autres.

Bref, il semble plus important d'être miséricordieux (envers nos frères comme envers nous-même) que d'être moralement irréprochable, ce qui, de touta façon, est impossible. Saint Jean Cassien, par exemple, rappelle que l'impeccabilité n'est pas de ce monde.

Et de fait : "Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait : il fait lever son soleil sur les bons comme sur les méchants". Il vaut mieux, donc, commencer par s'exercer à la charité et au pardon, plutôt que de commencer à lutter vaillamment contre le vice de gourmandise... D'autant que Jésus, me semble-t-il, ne dédaignait pas faire bonne chère, à tel point que d'aucuns voyaient en lui un glouton et un ivrogne...

D'ailleurs, il vaut bien mieux fixer du regard cette seule vertu, la charité. La purification du coeur viendra d'elle-même sur ce chemin. Commencer par la purification du coeur, c'est, me semble-t-il, prendre le chemin à l'envers, et c'est le plus sûr moyen de s'exposer à l'orgueil spirituel. Combien d'exemples édifiants n'avons-nous pas, ne serait-ce que dans les témoignages des Pères du désert ?
Car les impuretés de notre coeur ne doivent pas être regardées comme des impuretés, mais comme un obstacle à un amour plus grand.
Et tout de suite, cela devient plus facile... Car Dieu pourvoit !!
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Tourterelle



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Ven 07 Avr 2006, 02:57

Citation :
Ah ! C'était ton poisson d'avril. Mais tu était partie !

A toi de rectifier !


Imposssible pour moi de le rectifier... Je n'ai pas cette image dans mon ordi. Peut-être Christina peut le retrouver... le petit oiseau c'est envoler... ;) snif...
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Jean-Cyrille



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Ven 07 Avr 2006, 03:06

Louis a écrit:
Jean-Cyrille a écrit:
C'est à l'intérieur de la Vertu de Prudence.
Le discernement? la sagesse?

Bravo Louis, tu as deviné, c'est le Discernement (discretio, diakrisis, discrétion (au sens ancien du terme)).

Voici toute la Conférence n°2 de Jean Cassien sur le sujet. Le passage sur saint Antoine commence au n°II:

http://www.amorvincit.com/jean_cassien_seconde_conference.htm

Jean


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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Ven 07 Avr 2006, 03:07

Ouff! Le revoila! cuit cuit!
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lucie



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MessageSujet: Re: le corps comme ennemi   Ven 07 Avr 2006, 09:29

Arnaud Dumouch a écrit:
[
Mais vous remarquerez que plaisirs, argent et gloire euvent devenir des motyens pour aimer. Cela dépend de notre esprit. C'est pourquoi, plus caché, il y a un ennemi pire qu'on pourrait appeler notre âme.


D'acc... l'ennemi n'est pas mon corps, c'est mon ame.
Ca n'arrange pas mes affaires pour comprendre ce qu'il en est. confused

en réalité, je susi d'accord. Mais cela revient bien à dire que le corps n'est pas notre ennemi.

C'est cette idée qu'il faudrait vaincre notre corps, lui faire du mal qui m'échappe totalement.

Loin d'être mon ennemi, je crois que le corps (si je peux le dissocier de moi, parce que c'est bien compliqué) est mon allié, l'ami que Dieu m'a donné pour trouver une route vers lui.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Ven 07 Avr 2006, 10:37

Chère Lucie,

Donc simplifions:

L'ennemi à vaincre, c'est notre égoïsme, celui qui vient de notre corps, celui qui vient de notre âme, celui qui vient des tentations de ce qui nous entoure.

Saint Jean dans ce texte dit:

Citation :
1 Jean 2, 16 Car tout ce qui est dans le monde - la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l'orgueil de la richesse - vient non pas du Père, mais du monde.


L'Ecritude appelle ces trois sources du péché:

- la chair (convoitise de la chair) >>>> le plaisir égoïste (notre corps)

- l'orgueil (l'orgueil de la richesse)>>>> "Je suis riche intérieurement. Je suis bien!
(notre âme)
- le monde (concupiscence des yeux) >>>> êre vu, remarqué ! (le monde)

Arf ! Ai-je simplifié ? ... Laughing

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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Sam 08 Avr 2006, 01:07

Bon sur le fil de l'Opus Dei, c'est écrit de ne plus parler de pénitence.

Donc j'écris ici.

Au nouvelles de ce soir, il a été annoncé que l'Opus Dei implantait son oeuvre au Québec.

Ce qui m'a impressioné c'est la porte parole qui disait porter un cilice en haut de la cuisse. Elle disait qu'il était étroit. Elle montrait environ 3 cm de large. C'est clouté cette affaire là. Elle dit que les clous sont applatis.

Le but est que lorsqu'ils s'assoient ils sentent l'inconfort et ça réveille Shocked et stimule leur vigilance à la lutte contre le péché.

Il y a aussi l'auto flagellation pendant la récitation du Je vous salue Marie. (J'espère pas pendant le chapelet en entier) Il me semble qu'Arnaud, dans l'autre fil disait que c'était dépassé.


Sylvie
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Sam 08 Avr 2006, 06:35

Citation :
Il y a aussi l'auto flagellation pendant la récitation du Je vous salue Marie. (J'espère pas pendant le chapelet en entier) Il me semble qu'Arnaud, dans l'autre fil disait que c'était dépassé.

Merci de la rectification, chere Sylvie.

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Arnaud
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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Sam 08 Avr 2006, 14:43

Ah oui, la personne interviewée disait que l'on pouvait se procurer des cilices chez les carmélites.

Pour ceux que cela intéresse. Smile

Je me demande scratch si chez les Orthodoxes, il y a encore ce genre de pratiques. À part du jeûne selon les temps de l'Église je ne suis pas au courrant. Je pense que c'est la discrétion ou le discernement entre le prêtre et le fidèle.



Sylvie
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Sylvie



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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Sam 08 Avr 2006, 14:49

Je suis allée lire le lien donné par Jean-Cyrille,

Je vois qu'il a appliqué la même méthode d'enseignement que ce saint Antoine.

Citation :
Longuement, on se demanda quelle vertu, quelle observance peut garder le moine toujours à l'abri des pièges et illusions du diable, et le faire monter en droite ligne et d'un pas assuré aux sommets de la perfection. Chacun émettait son avis, selon qu'il entendait les choses.

Sur la discrétion ou discernement, voici :

Citation :
C'est la discrétion qui est appelée, dans l'Evangile, l'œil et la lampe du corps: «La lampe de votre corps, dit le Sauveur, c'est votre œil. Si votre œil est simple, tout votre corps sera lumineux; mais si votre œil est mauvais, tout votre corps sera ténébreux.» (Mt 6,22-23) Elle discerne, en effet, toutes les pensées de 1'homme et ses actes, examine et voit dans la lumière ce que nous devons faire.

Nous savons comment développer certaines vertus comme la charité, tempérance et autres. Mais comment développer la prudence et le discernement ?

Sylvie
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MessageSujet: Re: L'enseignement de l'Eglise sur la mortification   Sam 08 Avr 2006, 20:35

Moi je suis plutôt comme la petite Thérèse, les mortifications corporelles ne sont pas ma voie !

Je préfère l'Amour, je préfère aimer mon prochain ! I love you

Respecter aussi mon corps , je ne comprends pas qu'est ce que cela peut faire plaisir à Dieu de nous voir souffrir inutilement ! :?:

Voilà c'est mon avis, peut-être dit un peu vivement, mais je le pense !

Je suis plutôt de l'avis de mon curé cheers

dball: salut flower
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L'enseignement de l'Eglise sur la mortification
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