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 A propos de l'Algorithme occidental : sur la comparaison de l'Allemagne et Sparte

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Philippe Fabry
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MessageSujet: A propos de l'Algorithme occidental : sur la comparaison de l'Allemagne et Sparte   Sam 05 Fév 2011, 16:16

L’Allemagne et
Sparte : une comparaison pertinente ?

Comparer le couple franco-anglais à Athènes est assez facile : leurs arts et leurs
grands philosophes, leur société ouverte, démocratique, leur grand empire
maritime.

La comparaison de l’Allemagne avec Sparte est plus délicate. Certes pas si l’on
considère l’Allemagne nazie. Elle demeure même assez largement pertinente pour
l’empire allemand de Guillaume II. Mais pour les deux siècles précédent, on
doit avouer que beaucoup de choses ne « collent » pas. En particulier
l’immense apport culturel et artistique, notamment dans le domaine de la
musique, de Bach à Mozart, de Beethoven à Wagner, dans celui de la philosophie
avec Kant, Fichte, les lettres avec Goethe et Schiller, autant de noms qui
hissent la nation allemande au même rang que ses voisines française et
britannique.

Faut-il alors réduire la comparaison entre l’Allemagne et Sparte à une comparaison
institutionnelle et politique, en mettant de côté tout l’aspect culturel et
social, domaines dans lesquels l’Allemagne tient plus d’Athènes que de
Sparte ?

Peut être en partie.

Mais peut-être aussi faut il regarder les choses autrement, et voir l’Allemagne
différemment de la France et de l’Angleterre : une nation qui s’est faite
sur le tard, rassemblant des éléments hétérogènes différenciés par trois
siècles de tradition catholique ou protestante. Parmi ces régions diverses qui
se sont unifiées en l’Allemagne, la moitié ouest du pays est celle qui a
produit la plupart des grands noms de la culture allemande. Pourtant, c’est
sous l’égide d’un royaume situé à son extrémité est qu’a été faite l’unité
allemande : la Prusse.

Un royaume dont Mirabeau disait qu’il n’était pas un Etat possédant une armée, mais une armée qui avait conquis
une nation. Voici donc l’hypothèse de travail : Sparte, c’est la Prusse.

Pour la vérifier, recourons à notre méthode habituelle et comparons l’histoire des
deux entités.

Sparte :

D’abord minée par les dissensions internes. Réformes de Lycurgue. Sparte devient grande puissance militaire.
Soumet la Laconie et la Messénie.

Les trois guerres de Messénie :

1)
VIIIe siècle : Sparte cherche des terres pour
assurer sa croissance. Sparte disperse l’aristocratie messénienne et impose son
joug aux messéniens.

2)
VIIe siècle : Annexion de la Messénie, population
réduite en esclavage pour nourrir les maîtres spartiates.

3)
Ve siècle : Sparte affaiblie par catastrophe
naturelle. Guerre dure, s’achève sur un compromis. Sparte traumatisée, hilotes
d’autant plus opprimés, massacre organisé des hilotes dans le cadre de la
kryptie, l’éducation de la jeunesse : des bandes armées de jeunes
spartiates avaient pour mission de massacrer des hilotes.

Sparte bâtit ainsi l’Etat lacédémonien, fédérant Sparte, la Messénie et la Laconie ; les cités
périèques conservent une forme d’autonomie interne, les communautés hilotes
sont directement soumises à Sparte.

Guerre du Péloponnèse, Sparte impose les Trente Tyrans à Athènes.

Etablissement de l’hégémonie spartiate sur la Grèce. Sparte se fait championne des libertés grecques et du
panhellénisme, et se retourne contre son allié perse : c’est le double
échec de l’expédition des Dix Mille et de celle du roi Argésilas II. S’ensuit
une guerre sur deux fronts désastreuse avec la guerre de Corinthe en Grèce.

Défaite de Sparte à Leuctres, perte d’hégémonie et démembrement de son empire sur la Messénie. La Ligue du
Péloponnèse est démembrée.

La faiblesse de Sparte permet l’essor de la Ligue achéenne.

Prusse :

964 : Otton Ier restaure la dignité impériale pour la Germanie. L’Empire est un agrégat de principautés en
contact à l’Est avec de grandes populations païennes.

XIe, XIIe et XIIIe siècle :
apparition de l’aristocratie foncière allemande des Junkers, qui colonise et
christianise l’actuelle Allemagne orientale et la Prusse.

1224 : Fondation de l’Etat
monastique des chevaliers teutoniques. Dans les années qui suivent, l’Ordre
vainc et soumet les Prussiens (Borusses). Par bulle papale, la Prusse devient
officiellement possession de l’Ordre.

La domination teutonique s’étend vers l’Est. Drang nach osten, la
marche vers l’Est, encadrée par les Teutoniques. Ce mouvement de colonisation
fut brutal : les Wendes, les slaves peuplant ces terres, furent
massacrés, expulsés ou soumis. Plusieurs révoltes païennes furent durement
réprimées.

Fin du XIVe siècle, apogée de l’Ordre. Vaincu
à la suite d’une révolte des prussiens, l’Etat monastique devient vassal de la
Pologne.

1525, le Grand Maître de l’Ordre,
Albert de Brandebourg, se convertit au luthérianisme et l’Ordre se sécularise. Apparition
du Duché de Prusse, qui devient par
alliance dynastique des Hohenzollern le Brandebourg-Prusse
en 1618.

En 1701, Frédéric Ier devient roi de Prusse, royaume réunissant toutes les possessions des Hohenzollern.
1713 : avènement de Frédéric-Guillaume Ier, le Soldatenkönig, le roi-soldat, qui fait de l’armée sa
priorité.

1740 : avènement de Frédéric le Grand. Double la surface du
royaume par ses campagnes militaires.

Au cours des guerres napoléoniennes, la Prusse alliée à l’Angleterre
joue un rôle majeur dans la victoire finale des Coalisés. Elle participe
notamment au soulèvement allemand de 1813, et saura par la suite utiliser
l’éveil du sentiment national allemand pour bâtir l’Empire.

1861-1871 : Otto Von Bismarck œuvre à l’unité allemande sous égide
prussienne. En 1871, proclamation de l’Empire allemand, indépendant de la
puissance autrichienne. Les deux tiers de la nouvelle Allemagne sont des
possessions prussiennes : les « provinces » prussiennes, souvent
anciens états allemands annexés (Hanovre, Holstein…) sont directement sous la
férule de hauts fonctionnaires prussiens, tandis que les états allemands
rattachés, tel la Bavière, conservent une part d’autonomie.

L’Allemagne se « prussianise » sous la houlette impériale. La
défaite de 1918 traumatise le peuple allemand, en particulier parce que causée
soi-disant par la Révolution allemande, les troubles intérieurs qui ont sapé
l’effort de guerre et motivé la création des Corps Francs qui viendront ensuite
grossir les rangs du jeune NSDAP. Hitler, bien que bavarois, hérite du
« prussianisme », esprit militariste et autoritaire qui a forgé
l’Empire allemand. Les cadres de son armée sont des prussiens. Le lebensraum,
l’espace vital, ressuscitait l’élan primitif de l’ordre Teutonique (Drang nach
Osten, la poussée vers l’Est), à l’origine de l’Etat prussien.

Lors de la Seconde guerre mondiale, l’Allemagne nazie écrase la France
et lui impose le régime de Vichy. Ayant obtenu l’hégémonie en Europe à l’Est
comme à l’Ouest, l’Allemagne nazie se fait la championne de la lutte contre le
« bolchévisme » et le danger russe, depuis longtemps crainte de la
Prusse ; elle se retourne contre son alliée d’hier, l’URSS, et se lance
dans une campagne catastrophique, la guerre devenant un conflit sur deux fronts
en particulier avec l’entrée en guerre des USA.

La défaite finale voit la fin de l’Allemagne prussienne : l’ouest
allemand, après un siècle, est enfin soustrait à l’esprit prussien désormais
enfermé en Allemagne de l’Est. C’est la renaissance de l’Allemagne comme état
civilisé, renouant avec son passé de culture. La Communauté européenne, puis
Union européenne, peut apparaître.

Note sur le système social spartiate :
les citoyens, les périèques, les hilotes



Rappelons pour commencer qu’après avoir
enfin été unifiée et structurée par Lycurgue (que le personnage soit historique
ou résume l’action de plusieurs individus) Sparte conquit une bonne partie du
Péloponnèse : la Laconie et la Messénie.

Les périèques étaient libres mais n’avaient pas la citoyenneté : ils n’avaient pas part à la vie politique
de la cité. Ils ont le droit de posséder des terres et participent à l’armée au
côté des citoyens de Sparte. La plupart des habitants des villes existant sur
le territoire spartiate étaient des périèques. A ce titre, la domination
spartiate peut être définie comme une confédération forcée sous contrôle
exclusif des Egaux, les citoyens de Sparte qui avaient les droits politiques.
Contrairement aux métèques athéniens, les périèques ne sont pas des
« étrangers » mais des sujets de l’empire spartiate, ainsi que le
montre l’étymologie : les périèques sont « ceux autour de la
maison », c’est-à-dire les populations vivant en périphérie de Sparte
(alors que le métèque est « celui qui a changé de résidence »,
c’est-à-dire qui n’est pas originaire du lieu où il vit : c’est un
étranger). Les périèques, à l’instar des spartiates, étaient appelés
« Laconiens » ou « Lacédémoniens » : ainsi ces
vocables désignaient-ils tous les individus libres du territoire, citoyens
(spartiates) ou non (périèques).

Les hilotes n’étaient pas des esclaves-marchandises :
Sparte n’en faisait pas le commerce. C’était en fait une population globalement
esclave de la collectivité. Constamment asservis, terrorisés, l’apogée des
persécutions arrivant semble-t-il après la troisième guerre de Messénie.


Note sur les
« Junkers »


L’Allemagne en tant que nation à partir du XIXe siècle, c’est une œuvre
profondément prussienne, et donc l’œuvre des junkers. Ce n’est pas anodin quant
à son destin jusqu’à la fin de la Seconde guerre.

Si la Prusse a dirigé (pour ne pas dire « soumis »)
l’Allemagne de l’Ouest, elle était elle-même régentée par la classe des junkers,
aristocrates terriens descendant des allemands ayant colonisé et christianisé
la région au temps du Drang nach Osten et de l’Ordre Teutonique. Les
junkers étaient les maîtres de l’armée et avaient, avec leurs grandes
exploitations agricoles, un poids économique conséquent. Dès le départ, leur
mentalité est celle de colons s’emparant des terres d’un peuple réduit en esclavage :
les Teutoniques employèrent des milliers d’autochtones prussiens pour bâtir
leurs forteresses, après avoir écrasé militairement leurs tribus païennes.

Ils constituèrent ensuite la classe dominante dans le royaume de
Prusse, soutenant la monarchie et défendant la tradition militaire. Colonne
vertébrale de la culture militaire du royaume, ils jouèrent un grand rôle dans
l’unification allemande, en grande partie effectuée manu militari :
il faut bien voir que la Prusse a en fait conquis militairement
l’Allemagne. Ils devinrent ainsi la classe dominant toute l’Allemagne, et
pesèrent sur l’esprit de la nation nouvellement construite : cet esprit
prussien conservateur, militariste, réactionnaire, antilibéral,
protectionniste.

On a pu se poser la question de la
continuité entre cet esprit prussien, ou « prussianisme », et le
nazisme.

Beaucoup d’éléments désignent une rupture
plutôt qu’une continuité : le prussianisme était partisan d’un Etat fort
mais pas dictatorial (encore qu’il ne fut guère parlementaire, et
essentiellement gouvernée par l’exécutif impérial, en particulier les hauts
fonctionnaires prussiens, et le droit de vote pratiquement confisqué par les
classes riches avec le système des trois classes) , ni totalitaire, il était
une mentalité d’élites et non un mouvement populaire, il était conservateur et
non révolutionnaire. Le nazisme fit dégoût à beaucoup de pur junkers :
on trouve beaucoup d’ennemis d’Hitler, du début à la fin de son parcours,
venant de cette classe prussienne.

Néanmoins on ne peut pas nier qu’il y a une forme de continuité : le modèle glorieux de la
caste militaire victorieuse qui avait fait l’Allemagne s’imprima sans doute
dans les têtes non prussiennes, et la foule des Allemands qui n’étaient pas des
Junkers. Par le phénomène assez connu d’identification aux conquérants
vainqueurs, de la même manière que la Gaule est devenue la France à cause d’une
noblesse largement franque, et que les gaulois sont devenus des Français, les
junkers étaient le modèle inconscient de l’homme allemand, et au cours de la
Première guerre on attendait de chaque soldat allemand qu’il s’y conforme. Le
rêve nazi de la race de seigneurs et de guerrier, c’était en somme de faire de
chaque allemand un junker : un seigneur guerrier faisant cultiver
ses terres par l’esclave slave, comme au temps des chevaliers teutoniques. Le
nazisme était donc bien révolutionnaire, voulant faire du peuple une
aristocratie raciale. Mais le modèle de cette aristocratie que voulait créer
Hitler, c’était le seigneur militaire allemand tel qu’il avait existé depuis le
Drang nach Osten, à travers l’Ordre Teutonique (qui fascinait les
nazis), et à travers les junkers. Ainsi Goebbels déclara : « le national-socialisme peut avec raison
proclamer qu’il est prussien, où que nous soyons en Allemagne, c’est nous qui
sommes les prussiens. L’idée dont nous
sommes porteur est prussienne. Les valeurs et les symboles pour lesquels nous
luttons sont inspirés de l’esprit prussien
et les buts que nous comptons
atteindre ne sont que l’actualisation des idéaux qu’ont promu
Frédéric-Guillaume 1
er, le grand Frédéric et Bismarck ».
Les nazis voulaient faire du peuple allemand un peuple de junkers.

Au plan « organique », on trouve également une
nette continuité entre l’esprit prussien et le nazisme à travers le mouvement
des Corps Francs (Freikorps) apparus
en réaction à la révolution allemande de 1918-1919 pour tenter de maintenir
l’Empire, et qui rejoignirent massivement les SA d’Hitler.

Autre témoin de l’importance encore grande des prussiens
dans l’Allemagne nazie : la Nuits des Longs couteaux fut perpétrée pour
complaire aux conservateurs prussiens qui craignaient un mouvement trop
révolutionnaire : Hitler avait compris que sans l’appui prussien, il ne
tiendrait pas l’Allemagne.

On trouve donc dans l’histoire allemande, à travers
l’histoire prussienne, le même esprit que celui qui animait les citoyens
spartiates, le même modèle de l’homme guerrier soumettant des peuples
d’esclaves.

La présence du
totalitarisme à Sparte


La crise du VIIe siècle avant J.-C., c’est-à-dire la
deuxième guerre de Messénie, n’a pu être surmontée que par l’adaptation à la
nouveauté militaire de la phalange : c’est la création de l’eunomia. Celle-ci implique la
dissolution de l’aristocratie dans la masse populaire de Sparte pour créer une
armée d’Hoplites. Les aristocrates renoncent à leurs privilèges, les terres
sont mises en commun et redistribuées en lots. Le commerce est interdit, les
terres cultivées par les esclaves, et les citoyens (Homoioi, les égaux)doivent tous se tourner vers la guerre, à
laquelle prépare toute l’éducation. Les citoyens spartiates ont le devoir de
prendre leur repas en commun.

Sparte pratique l’eugénisme, en sélectionnant dès la
naissance les enfants qui vivront et les mal formés ou chétifs qui sont mis à
mort.
La monnaie est théoriquement bannie.
Les hilotes, esclaves de l’Etat, sont méprisés,
rituellement avilis constamment. Leur sort empire encore après la Troisième
guerre messénienne, traumatique pour Sparte. En 425 avant J.-C., pendant la guerre
du Péloponnèse, les Spartiates font croire à 2000 hilotes qu’ils vont les
affranchir et les massacrent.

La présence du
totalitarisme en Prusse et en Allemagne


Le royaume de Prusse puis l’Empire allemand ne furent pas
des régimes totalitaires. En revanche les nazis, s’appuyant sur l’héritage
prussien, voulurent une « junkerisation » du peuple allemand.

Après la défaite de la Première guerre mondiale, le climat
économique et social en Allemagne était favorable aux mouvements
révolutionnaires. L’hitlérisme, synthèse entre marxisme et esprit prussien,
prétendit rendre l’Allemagne forte en faisant de chaque allemand
« aryen » un seigneur et un guerrier. Cet aspect révolutionnaire
déplut à certains junkers, qui devinrent des ennemis de Hitler car attachés à
des valeurs aristocratiques. D’autres, comme Ludendorff (issu par sa mère d’une
grande famille de junkers), suivirent dès le début le fondateur du nazisme.
Hitler créa ses « jeunesses », destinées à fournir aux jeunes
allemands une éducation fondée sur l’a camaraderie, l’esprit de corps et
l’exercice physique. L’Allemagne nazie pratiqua l’eugénisme, en stérilisant ou
euthanasiant les handicapés et malades incurables, et en pratiquant diverses
expériences pour favoriser la pureté de la race. Les Juifs et les Tziganes,
depuis longtemps victimes d’un racisme diffus dans la société allemande, virent
leur sort empirer après la défaite de 1918 : considérés comme races
inférieures par l’Allemagne nazie, ils furent avilis, déportés, réduits en
esclavage dans les camps de concentration, puis purement massacrés pendant la
Seconde guerre.

Notons également qu’un parti-pris important distinguait
l’Allemagne prussienne des sociétés plus ouverte d’Angleterre et de
France (et d’autres nations de moindre puissance) : la nationalité
par le droit du sang. Là où les sociétés plus enclines au cosmopolitisme :
France, Royaume-Uni, USA, reconnaissaient le droit du sol comme élément
principal de nationalité, l’Empire allemand, construit sur le pangermanisme,
conserva le critère du droit du sang qui est toujours le signe d’une certaine
crispation identitaire, déjà bien présente, donc, avant le fanatisme nazi.

Voyons à présent s’il est possible de dégager un schéma
s’appliquant à Sparte comme à la Prusse, constituant un « sous-algorithme ».

Puisque Sparte comme la Prusse/Allemagne prussienne firent
partie de ce que nous avons défini ailleurs comme « civilisation de type
A », ce sous-algorithme sera un processus à intégrer dans la Suite A de
l’Algorithme. Nous désignerons le sous-schéma de civilisation s’appliquant tant
à la Prusse qu’à Sparte comme Suite Ω
(Oméga), Ω désignant le type d’entité incarné par Sparte puis par la Prusse.

La Suite Ω

Nous noterons
en gras ce qui définit l’étape de la
suite.
en caractère normal le fait spartiate.
en italique le fait prussien

1) Ω, nation appartenant à
la civilisation A, se structure en nation militaire

Sparte devient nation hoplitique (lois de Lycurgue) en s’appuyant sur les valeurs de l’ancienne aristocratie
spartiate.
Frédéric-guillaume I, le roi-soldat et naissance du militarisme prussien appuyé sur les junkers,
noblesse prussienne datant de l’Ordre teutonique


2) Constitution par la guerre d’un système
fédéral sous hégémonie d’ Ω, régenté par elle, avec autonomie laissée à certaines
entités politiques, annexion et assujettissement d’autres

Par la conquête de la Laconie, l’éviction des Argiens (cité voisine
d’Argos) et l’annexion de la Messénie, création d’un système fédéral sous
hégémonie spartiate, régenté par Sparte, autonomie des villes périèques,
soumission des communautés hilotes.
Par une suite de guerre
(guerre des Duchés, guerre austro-prussienne) création d’un système fédéral
sous hégémonie prussienne, régenté par la Prusse des Junkers. Autonomie des
Etats allemands (ex : Bavière) ou annexion pure et simple d’entités
politiques disparaissant (le Hanovre, la Hesse…) formées en provinces et
régentées par des fonctionnaires prussiens.


3) Suite à diverses crises, durcissement du régime, de plus en plus totalitaire et brutal, et repli
identitaire.

Au terme de la troisième guerre
de Messénie (débutée à la faveur d’un tremblement de terre destructeur pour
Sparte), la violence envers les hilotes s’intensifie, les massacres se
multiplient, en particulier par la cruelle pratique de la kryptie.
La Révolution allemande de 1918 (provoquée par les tensions sociales et
les privations de la guerre) fait naître
en réaction les Freikorps, groupes paramilitaires qui serviront le mouvement
nazi. La défaite « par coup de poignard dans le dos », l’idée
d’ennemi à l’intérieur est un
traumatisme qui mène toute l’Allemagne à l’instauration du totalitarisme nazi,
caricature du militarisme prussien, junkerisation fanatique du peuple entier,
pratiquant la déportation et les massacres de masse.


4) Grande guerre opposée à une
puissance maritime, ouverte, démocratique, maritime.

Guerre du Péloponnèse.
Seconde guerre mondiale, 1939-1940 contre le couple Franco-anglais.

5) Victoire sur cette puissance,
occupation, soutien à la mise en place d’un régime non démocratique
complaisant.

Athènes vaincue, garnison de Sparte, instauration du régime des Trente
Tyrans.
La France vaincue (et
l’Angleterre refoulée), Occupation allemande et soutien à l’instauration du Régime de
Vichy.


6) Ω établit son hégémonie sur
la civilisation A, et s’en fait le champion pour lutter contre la menace
extérieure avec laquelle elle était jusque-là alliée.

Sparte établit son hégémonie sur la Grèce, devient le champion du
panhellénisme et se retourne contre son allié l’empire perse achéménide au nom
de la liberté grecque.
L’Allemagne nazie établit son hégémonie sur l’Europe, se fait le champion de la lutte contre le bolchévisme
et se retourne contre son allié soviétique.


7) Guerre contre la puissance
extérieure qui provoque une situation de guerre sur deux fronts ;
affaiblissement de la position d’ Ω, défaite dans la guerre extérieure.

Sparte est affaiblie par son engagement contre les Perses qui tourne au
fiasco.
L’Allemagne mène la guerre sur deux fronts, la guerre sur le front Est tourne au désastre.

8 ) Ce premier affaiblissement
permet à une autre puissance, aidant l’ancien vaincu, de mettre fin à la
puissance Ω.

Thèbes aide Athènes à se libérer et met fin à la puissance spartiate à
la bataille de Leuctres.
Les USA aident l’Angleterre,
libèrent la France et défont l’Allemagne à l’Ouest.


9) La puissance Ω perd son
hégémonie et sombre dans la crise. Essor d’une alliance confédérale des autres
puissances de la même civilisation.

Sparte voit son empire se démembrer, perd la Messénie et son système d’alliances s’effondre. Essor de la
Ligue achéenne.
La Prusse perd toutes ses possessions occidentales d’Allemagne (les
provinces annexées au siècle précédent), l’ascendant sur les états allemands de
l’Empire, et son hégémonie en Europe. Les Alliés dissolvent l’Etat prussien,
les junkers sont balayés dans le nouveau système d’Allemagne de l’Est.
Apparition de la Communauté européenne.

_________________
"Les désastres nous enseignent l'humilité" Saint Anselme de Canterbury
« N’attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir que l’on ne saurait, au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième. » Frédéric Bastiat
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caesor



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MessageSujet: Re: A propos de l'Algorithme occidental : sur la comparaison de l'Allemagne et Sparte   Sam 05 Fév 2011, 21:36

de gaulle serait il un nouveau Thrasybule ?
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Philippe Fabry
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MessageSujet: Re: A propos de l'Algorithme occidental : sur la comparaison de l'Allemagne et Sparte   Sam 05 Fév 2011, 22:46

caesor a écrit:
de gaulle serait il un nouveau Thrasybule ?

Je le pense.

Mon avis est que des individualités se répètent selon un modèle probabiliste : dans telle situation, la probabilité qu'une individualité de telle sorte se dégage est de tant.

Pour ce type de situation la probabilité qu'une personnalité de type De Gaulle/Thrasybule émerge doit être élevée.

J'ajouterai que la comparaison que je fais entre le régime des Trente tyrans et celui de Vichy a déjà été faite auparavant, ainsi que le cite l'article sur les Trente tyrans de Wikipedia :

Citation :
Il y a une certaine analogie entre cet épisode et l'instauration du régime de Vichy
en France : lendemain de défaite, le pouvoir confié aux négociateurs de
la reddition, consensus populaire au début, mise en accusation de la
démocratie et des démocrates, jugés responsables de la défaite, conflit
interne entre « modérés » et extrémistes, dérive autoritaire et
exécutions capitales, désignation de boucs émissaires (métèques, Juifs),
débarquement des démocrates, fuite des dirigeants dans un réduit
protégé. Cette comparaison transparait dans le livre "Les Oligarques",
rédigé initialement en 1944 dans la clandestinité par l'historien Jules Isaac sous le nom de Junius (Éditions de minuit), et réédité sous son nom en 1989 (Calmann-Lévy).

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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: A propos de l'Algorithme occidental : sur la comparaison de l'Allemagne et Sparte   Sam 05 Fév 2011, 23:36

J'écoute plusieurs fois chacune de vos videos tant elles sont riches. C'est vraiment un super support. N'hésitez pas à ajouter des études particulières comme celle que vous ouvrez ici et que vous traitez moins spécifiquement dans la comparaison générale Grèce / Europe du début.

_________________
Arnaud
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A propos de l'Algorithme occidental : sur la comparaison de l'Allemagne et Sparte
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