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 Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008

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Philippe Fabry
Administrateur


Masculin Messages : 13954
Inscription : 31/01/2009

MessageSujet: Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008   Mar 01 Fév 2011, 09:36




Vous pouvez trouver ici

http://gsorman.typepad.com/guy_sorman/2011/01/le-march%C3%A9-libre-contre-attaque-une-explication-alternative-de-la-crise-financi%C3%A8re-de-2008.html

l'article que je reproduis dans ce sujet. L'original est certainement plus aisé de lecture.




Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008






Depuis septembre 2008, début de la
crise financière, des millions d’Américains ont perdu leur emploi, vu
leur épargne réduite à néant, ou leur logement saisi. De nombreux
suspects ont été accusés d’être à l’origine du chaos, mais à suivre le
noyau influent des économistes étatistes, le marché libre est le seul
coupable. Pour Joseph Stiglitz, seuls « les fondamentalistes du marché »
et autres « dérégulateurs » sont responsables. L’éditorialiste du New York Times
Paul Krugman, également Prix Nobel, exige plus de dépenses publiques
pour sortir l’économie américaine de la récession – encore un coup dur
pour les libéraux.

Mais Stiglitz n’avance que des
conjectures, ne donne ni chiffres ni modèles pour appuyer sa thèse.
Quant à Krugman, on peut se demander qui argumente ? L’économiste ou
l’éditorialiste engagé du New York Times ? Son argument en
faveur de la dépense publique repose sur l’idée, jamais prouvée, de
« multiplicateur Keynésien » : un dollar investi par le gouvernement
générerait 1,50$ dans l’activité économique. L’une des rares études
sérieuses de cette idée trop belle pour être vraie, menée par
l’économiste de Harvard Robert Barro, a montré qu’après cinq ans, 1$
investi par l’État rapportait moins d’1$ : le multiplicateur estt en
réalité un démultiplicateur. Malgré leur peu d’arguments, les auteurs
étatistes ont réussi a imposer leur version de la crise. La croyance
populaire veut aujourd’hui que les adeptes du marché libre aient échoué,
et que le fondamentalisme du marché soit largement responsable de la
crise. Les défenseurs du marché libre proposent une toute autre
interprétation. S’opposant à l’opinion dominante, ils affirment qu’il
nous faut apprendre de la crise sans bouleverser le modèle du marché
libre qui a tant fait pour le monde.

Il est étonnant, dit Charles Calomiris,
de l’Université de Columbia, à quel point « la crise bancaire actuelle
suit le même schéma que toutes celles dont nous avons connaissance
depuis le XVème siècle » : la certitude que les prix ne cesseront
d’augmenter, suivi d’un effondrement de la confiance et la ruée sur les
banques. « Beaucoup d’économistes ont la mémoire courte, c’est ce qui
fait leur faiblesse », ajoute Calomiris. L’opinion publique, qui a
tendance à effacer les mauvais souvenirs, est aussi victime d’amnésie.
Après tout, en temps normal, les banques fonctionnent bien, de longues
périodes peuvent s’écouler sans qu’une crise bancaire ne se déclare : il
est donc facile de les oublier.

D’après Eugene Fama, de l’Université de
Chicago, les récessions sombrent également dans l’oubli. La dernière
grande récession a eu lieu pendant les années 30. Ce n’est qu’après
celle de 2008 que les causes de la Grande Dépression sont à nouveau
devenues un sujet de débat. Après la deuxième guerre mondiale, cinq ou
six récessions mineures ont déstabilisé l’économie américaine, mais
elles furent trop brèves, dit Fama, « pour frapper les esprits, même
chez les économistes ». Trop peu de récessions ont eu lieu pour que les
économistes conçoivent une vision juste – et encore moins une prévision
- du modèle récessif : « Peut-être chaque récession est-elle différente
?», suggère Fama. Ou bien, les récessions sont le résultat de cycles de
productivité : uand aucune innovation n’émerge pour stimuler la
croissance, l’économie ralentit.

« Quand aucune récession majeure n’a
lieu sur trois générations, on a tendance à penser que c’est quelque
chose qui appartient au passé et n’arrivera plus », renchérit John
Cochrane, collègue de Fama à Chicago. Les économistes du marché libre
ont vu le monde se rallier à leurs modèles, du début des années 80 à
2008 – période marquée par une croissance soutenue et une stabilité des
prix : ce que Cochrane appelle « la Grande Modération ». Il admet que
ces économistes sont peut-être devenus un peu trop bien pensants.

L’origine des récessions a son
importance, car elle est au cœur du contentieux actuel entre
économistes : selon les libéraux, c’est la récession qui aurait engendré
la crise financière et non l’inverse. D’après Fama, la récession aurait
débuté dès 2007, les consommateurs commençant à dépenser moins, les
emprunteurs peinant à rembourser leurs emprunts, et les propriétaires
qui n’avaient pas d’intérêt particulier dans leur maison ont commencé à
ne plus payer leur taxe d’habitation. Les dérivés financiers au cœur de
la crise financière ne furent donc pas sa cause mais ses victimes.
« Pendant 25 ans, avant la récession actuelle », remarque Fama, « les
dérivés avaient utilement permis d’abaisser le coût du capital, dans un
climat d'approbation générale. »

Qu’est-ce que Fama a retenu de la
crise ? « J’ai beaucoup appris sur les réactions démesurées du
gouvernement, mais peu sur les récessions », dit-il. Confrontés à une
forte baisse économique, les gouvernements, sous la pression politique,
se sentent tenus d’agir : ces interventions de l’État semblent sensées
pour le grand public , quand bien même l’histoire des crises passées
nous enjoindrait d'agir autrement. Pire, les dépenses publiques et les
réglementations freinent le redressement de l’économie. "On aurait pu
rebondir plus rapidement sur la récession de 2007, pense Fama, si le
gouvernement avait laissé les marchés libres remettre de l’ordre,
restaurer les véritables prix et déterminer quelles entreprises étaient
capables de survivre".

James Hamilton, de l’Université de
Californie, accepte que la récession ait provoqué le désastre financier,
mais il avance que les coûts d’énergie furent la vraie cause initiale
de la crise. Les dépenses d’énergie en pourcentage de la dépense totale
des Etats-Unis sont passées de 8% en 1979 à environ 5% en 2004,
note-t-il. Mais, en juin 2008, le prix de l’essence avait atteint 4$
le gallon, faisant remonter la part de dépense d’énergie à 7%. La
demande massive des économies émergentes comme la Chine ou l’Inde a
fait grimper les prix : "un choc pétrolier" comparable avec la crise
d’énergie de 1973. « Si le gasoil à 3$ en 2007 pouvait passer inaperçu,
4$ a définitivement attiré l’attention », dit Hamilton. Le changement
qui en a résulté dans l’affectation des dépenses personnelles a bousculé
des secteurs clés de l’économie. Le nombre de voitures (SUV
inclus) vendues a chuté de 23% entre le deuxième quart de 2007 et le
deuxième quart de 2008, sacrifiant au passage 125 000 emplois dans
l’industrie automobile. La hausse des coûts de l’énergie a certainement
eu un impact sur les transports et donc sur le logement, ajoute
Hamilton : dès lors, les maisons de banlieue sont devenues moins
attractives et ont perdu de la valeur. Le non remboursement des crédits
hypothécaires avait réellement commencé en 2007, avant que la crise financière ne frappe, l’année suivante.

Si Hamilton dit vrai, l’économie
américaine fait face non seulement à une sévère récession mais aussi à
un défi structurel à long terme. Le système financier peut se redresser,
de nouvelles règles raisonnables pourront limiter les risques, mais
l’essence et les prix de l'énergie augmenteront de nouveau et
exerceront une pression constante sur la croissance économique. « Les
pays émergents ne vont pas disparaître », dit Hamilton, les économies
développées doivent donc trouver le moyen de combattre la hausse
inévitable des coûts de l’énergie. L’innovation scientifique et
technologique est une solution, car elle pourrait améliorer la
productivité par unité de pétrole. Le combustible domestique, le forage
de gaz et de nouveaux réacteurs nucléaires réduiraient les coûts
d’énergie, rendant les États-Unis moins dépendants des importations
étrangères. « Ce qui est regrettable est que ce défi structurel n’est
pas au centre des actions du gouvernement américain pour redresser la
croissance », dit Hamilton.

John Taylor, de Stanford, pense qu’il
est impossible d’échapper totalement aux crises ; mais nous pourrions
éviter certaines politiques susceptibles d’y conduire trop souvent.
Disciple de Milton Friedman et d’Anna Schwartz, il accuse la politique
monétaire laxiste de l’ère Alan Greenspan d’être en partie responsable
de la récession.

Taylor est le père de l’éponyme Loi
Taylor, un algorithme mathématique que la Banque centrale suit
d’ordinaire, en fixant le taux de base de façon à ce que les prix
restent stables tout en émettant suffisamment de monnaie et de crédit
pour financer une croissance stable. La Fed a suivi la loi Taylor
pendant la Grande Modération, avec des résultats économiques bénéfiques.
Pourquoi, après la récession de 2001, la Fed a-t-elle laissé le taux
d’intérêt chuter en dessous de ce que la loi Taylor préconisait et l’a
gardé extrêmement bas même après 2003, alors qu’il était évident que
l’économie repartait ? « Greenspan a voulu faire mieux que la Grande
Modération », devine Taylor. « Le mieux est l’ennemi du bien».

Hubris, en effet : cet argent trop
facile a suscité une bulle de crédit. Et ce crédit a permis à des prêts
hypothécaires à risques, accordés avec peu ou pas de dépôts, de
proliférer grâce à une réglementation laxiste. L’explosion de la bulle
en 2008 a mené le système bancaire américain, qui avait massivement
investi dans les prêts hypothécaires, à sa perte. Mais , étant donné
l’échelle énorme de la crise, dit Taylor, il est clair que le secteur
privé ne peut être le seul responsable. « Le désir des gouvernements de
favoriser l’accès à la propriété à n’importe quel prix, y compris pour
ceux qui n’en avaient pas les moyens, a encouragé la spéculation
privée », dit-il.

L’analyse de Taylor s’appuie sur une
comparaison entre la crise financière aux Etats-Unis et au Canada. Il
s’avère que les banques canadiennes ont mieux supporté l’ouragan
financier que les banques américaines. La raison : les hypothèques
canadiennes, contrairement aux américaines, exigent de solides garanties
légales, habituellement un acompte de 20%. Il faut noter que les
États-Unis et le Canada ont le même pourcentage de propriétaires -
environs 67% - ce qui veut dire que les stimulations américaines qui ont
conduit les banques à prendre des risques n’ont pas augmenté le taux de
propriété.

Cochrane et Taylor, entre autres,
pensent que la panique qui a interrompu les crédits pour un an à partir
de 2008 et interrompu l' activité économique ,fut une conséquence
directe de l’intervention du gouvernement après l’explosion de la bulle.
« Ceraines banques devaient probablement être sauvées », admet
Cochrane, « mais le problème était que ce sauvetage ne suivait aucun
modèle ». Quelques institutions, comme Bear Stearns et Wachovia, furent
sauvées ; d’autres, comme Lehman, ne le furent pas. Il était devenu
impossible d’anticiper les actions du gouvernement. « Si on ne pouvait
prévoir les réactions des gouvernements, on ne pouvait plus faire
confiance à personne », explique Cochrane. Les crédits ont été gelés.
« Nous savions, d’un point de vue théorique, que sans confiance il n’y a
pas de marché », dit Pierre-André Chiappori, de l’Université de
Columbia. « Pour la première fois, nous avons vu la théorie confirmée
par la pratique. Malheureusement, nos prédictions étaient justes».

Tous les économistes libéraux précités
ne sont pas des extrémistes. Tous admettent que la sévérité de la crise
financière révèle le besoin de nouvelles réglementations prudentes. « La
théorie du marché libre a toujours reconnu la nécessité de régulations
en finance », dit Chiappori, car elle considère les acteurs de
l’économie comme des individus rationnels défendant leur propre
intérêt : les banquiers ont clairement intérêt à prendre de grands
risques, ce qui peut rapporter gros. Pour cela, les économies de marché
ont depuis longtemps établi des règles limitant les risques que peuvent
prendre les banquiers – et limitant les pertes potentielles pour
les déposants.

Mais les réglementations ne serviront
pas à grand chose, dit Chiappori, si les régulateurs, « qui ne sont que
des êtres humains, se montrent aussi incompétents que ces dernières
années.». Les nouvelles règles financières doivent donc éviter de trop
dépendre de la clairvoyance des organismes de contrôle. Chiappori
préconise des mesures simples, faciles à appliquer : un capital plus
important et des ratios de dépôts, afin que les prêts ne puissent pas
être accordés sans conditions, ce que les institutions financières
américaines pratiquaient très largement. « Nous n’avons pas besoin d’un
comité olympien d’organismes de contrôle clairvoyants ou de nouvelles
institutions pour instaurer des principes uausi simples », dit-il.

Pour Scheinkman, de Princeton, les
réglementations ne seront jamais capables d’empêcher des bulles
destructrices de se former, dès lors que ces bulles constituent une part
inévitable de l’économie capitaliste. Le capitalisme est fondé sur
l’innovation : ceux qui ont de l’argent à investir se précipiteront
toujours sur les innovations les plus prometteuses. Parfois, une
innovation semble si excitante qu’elle déchaîne les passions. Des
bulbes de tulipes hollandais au XVIIe siècle jusqu’aux produits dérivés
en 2008, en passant par les sociétés Internet en 2000, « il est
impossible d’enjoindre les gens à la prudence quand ils espèrent un
profit exceptionnel », observe Scheinkman. Cela ne signifie pas que les
gouvernement soient totalement démunis face aux bulles. Les passions
atteignent des proportions vraiment dangereuses uniquement quand la
ressource monétaire devient presque illimitée, comme ce fut le cas en
2008. Ainsi, une politique monétaire stricte, si elle est combinée avec
des exigences de dépôts minimums, pourrait limiter la taille des bulles
et contenir leur potentiel destructeur.

Les économistes libéraux reconnaissent
tous la nécessité d’une plus grande transparence des marchés
financiers. Un économiste du Fond Monétaire International, qui a demandé
à rester anonyme, recommande une plus grande transparence, en
particulier pour les contrats d’assurances sur les dérivés financiers .
Ces contrats, qui furent au cœur de la faillite d’AIG de 2008 et de la
chute de Lehman, sont actuellement directement échangés entre les
vendeurs et les acheteurs en restant soustraits au regard du public. Une
chambre de compensation pour les échanges financiers et autres
instruments financiers complexes permettrait aux organismes de contrôle
de voir quelles sociétés se les échangent, et lesquelles semblent aller
droit vers les ennuis.

Mais cet économiste du FMI nous met aussi en garde contre la suppression totale des dérivés , cequi
« mènerait à leur perte les pays émergents," . Il nous rappelle que
"seule l’innovation financière a augmenté l’accès au capital à un taux
d’intérêt raisonnable pour ces économies. » Jean Tirole , de
l'Université de Toulouse ,dénonce lui aussi le manque de transparence
des instruments financiers dans la crise financière de 2008 : il
compare les dérivés à de puissants médicaments. "Ils guérissent la
pauvreté en fournissant des investissements dans des domaines à risques,
mais l’abus peut être dangereux pour la santé ». Mais sans eux, la
croissance mondiale du dernier quart de siècle n’aurait probablement pas
eu lieu.

Les pays pauvres ne sont pas seuls à
bénéficier de cette mécanique financière complexe. « Les dérivés ont
aussi apporté des capitaux bon marché aux pauvres des pays riches », en
augmentant la quantité d’argent que les institutions financières
pouvaient prêter, dit Philip Swagel, professeur à la Mc Donough School
of Business de Georgetown. « La possibilité pour les plus démunis
d’acheter une voiture ou une maison se verrait extrêmement diminuée si
nous réprimions trop l’innovation financière. » Les réglementations
financières doivent donc trouver un juste équilibre entre le maintien
d’un risque raisonnable et l’assurance d’une vaste distribution du
capital.

D’après Rama Cont, de Columbia, expert
dans le domaine de la modélisation financière, les nouvelles
réglementations que les législateurs établiront seront nécessairement
imparfaites, parce que notre connaissance globale des marchés financiers
est insuffisante. Les traders ingénieux et les transactions
instantanées échappent inévitablement à l’évaluation et au contrôle. Un
effort de connaissance du système financier devrait précéder n’importe
quelle nouvelle réglementation, affirme Cont : « Comment pouvez-vous
réglementer ce que vous ne connaissez ni ne voyez vraiment ? ». Le FMI
devrait mener à bien ce projet car c’est la seule institution qui
dispose de suffisemment de données pour établir une carte globale du
fonctionnement du marché financier.

Selon Calomiris, qui se trouve à la
fois banquier et universitaire, la crise financière procède avant tout
de l’échec de la gouvernance d’entreprise. Les banquiers ont joué sans
contrôle avec l’argent des dépositaires, adoptant parfois des positions
contradictoires au sein d’une même institution – achetant par exemple
des titres, que la banque essayait en même temps de vendre et des
directeursdifférents poursuivant des buts
différents. Les actionnaires n’avaient aucun pouvoir pour empêcher une
telle imprudence. De plus, la loi américaine interdit le rachat hostile
des banques par des groupes d’investissements et la concentration du
capital des banques entre les mains d’un petit nombre. Les banques
subissent donc peu de contrôles externes. Cet environnement réglementé
« donne trop de pouvoir aux Présidents des banques », dit Calomiris.
Felix Rohatyn, conseiller de la banque Lazard, pense que la loi devrait
exiger des institutions financières qu’elles recrutent « au moins un
superviseur compétent dans leurs conseils d’administration, issu d’uneliste publique de comptables légitimes».

Mais Scheinkman ne pense pas qu’une meilleure gouvernance d’entreprise soit la panacée.

« Les actionnaires ont exercé une
pression sur les banquiers – dans le but d’obtenir de meilleurs
rendements », remarque-t-il. « Et qui dit rendements maximums dit
risques maximums. » Après tout, avant l’explosion de la bulle, de
nombreux actionnaires profitaient des stratégies à hauts risques des
banques. « Dans une bulle, très peu de personnes gardent leur sens
commun », ajoute Scheinkman. « Même ceux qui savent qu’ils sont dans une
bulle se croient assez malins pour sortir juste avant qu’elle
n’éclate ».

Dans quelle mesure " l'aléa moral » (la
conviction que le gouvernement sauvera les institutions si elles
venaient à rencontrer de vrais problèmes ) a-t-il conduit les banques et
les traders à prendre des risques inconsidérés ? Cet aléa moral
implicite explique en partie, la prise de risque inconsidérée, pense
Scheinkman, « mais même sans aléa moral, une bulle engendre un
comportement risqué ». À l’idée commune que la taille massive des
banques américaines les a rendues « trop importantes pour que l’Etat les
lâche » ( too big to fail ) , Scheinkman objecte que les banques sont
trop grandes en soi:« Nous n’avons pas besoin de grandes banques car
elles n’apportent aucune économie d’échelle », dit-il.

Une proposition qui semble faire
consensus parmi les économistes libéraux est la mise en place de plans
d’urgence contre de futures crises. « Il est vain de croire qu’un
gouvernement pourrait arrêter une bulle avant qu’elle ne commence à
grossir, mais nous pouvons nous demander par avance qui seraient les
victimes si une bulle éclatait », dit Luigi Zingales, de l’Université de
Chicago. Des plans d’urgence précis, préparés à l'avance, devraient
aider les organisations financières à traverser la crise ou, si
nécessaire, à gérer leur faillite.

« Trop souvent, ajoute Zingales, on
confond défense du marché et défense des entreprises, alors que les deux
peuvent entrer en conflit ». Dans la mesure où la gauche Démocrate (
qui a sauvé Wall street ) semble plus pro-business que pro-marché,
Zingales aimerait que la droite Républicaine défende davantage le
marché. En somme , la loi de Schumpeter qui exige que des entreprises
disparaissent pour que de meilleurs naissent , cette destruction
créatrice devrait s"appliquer aux banques aussi.

Une ultime leçon de la crise que la
plupart des économistes libérauxp artagent est que l’enseignement de
l’économie doit être revu. Une spécialisation excessive dans la
recherche et les programmes a laissé beaucoup d’universitaires, pour ne
rien dire de leurs étudiants, dans l’incapacité de comprendre l’économie
globale. La crise a rappelé comment l’interaction des marchés exigeait
une approche intellectuelle globale. « Nous avons découvert que tous les
éléments de nos économies modernes sophistiquées doivent fonctionner
correctement – un dysfonctionnement dans une partie du système pouvant
bouleverser le système entier », dit Cochrane.

Comment gérer la dette publique héritée
de la crise et surtout des politiques de relance par la dépense publique
qui s'en est suivi? Tous les économistes libéraux admettent que la
dette américaine et européenne constituent une grave menace pour la
prospérité à long terme : cette dette sera réglée soit par l’inflation,
ce qui appauvrirait tout le monde, ou, scénario plus heureux, par une
croissance qui augmenterait à la fois les revenus de l’État et des
individus. Malheureusement, dit Cochrane, en augmentant les impôts et en
imposant des réglementations superflues, les gouvernements occidentaux
tendent plutôt à l’entreprenariat et la croissance.

Aujourd’hui, comme dans les années 30 et
70, les crises restent un problème sérieux, mais aggravé par de
mauvaises politiques économiques. Après les années 30, seule la
production de guerre avait pu surmonter les conséquences négatives du
New Deal. Après la stagflation des années 70, il a fallu le leadership
courageux de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan pour ramener
l’Occident vers les marchés libres et la prospérité. Combien de temps
faudra-t-il cette fois avant que les gouvernements ne comprennent que
réagir excessivement à la crise et imposer des solutions keynésiennes ne
font que retarder le regain économique ?

La réponse dépend de la capacité des
économistes libéraux à communiquer leur interprétation de la crise. Il
nous manque malheureusement un Milton Friedman, capable d’exposer sans
peine des théories complexes à un large public.

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MessageSujet: Re: Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008   Mar 01 Fév 2011, 10:46

Je partage cette analyse. La liberté absolue des marchés est une erreurs qui suscite une par une, au grès des passions humaines et des perspectives à la mode pour s'enrichir, des bulles financières. Tant que cela touche des choses superficielles comme de fumeuses entreprises informatiques au moment de la bulle numérique, ce n'est pas trop grave. Mais si la passion de la spéculation venant des marchés (donc de nous et notre convoitise), se met sur le blé, ou sur le riz, on peut voir de vraies famines atteindre certaines régions.

Bref, il faut une régulation mondiale, appelle le pape Benoît XVI (et N. Sarkozy). Il la faut au moins et pour commencer sur les biens de première nécessité.

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Arnaud
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MessageSujet: Re: Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008   Lun 27 Juin 2011, 19:47

Arnaud Dumouch a écrit:
Je partage cette analyse. La liberté absolue des marchés est une erreurs qui suscite une par une, au grès des passions humaines et des perspectives à la mode pour s'enrichir, des bulles financières. Tant que cela touche des choses superficielles comme de fumeuses entreprises informatiques au moment de la bulle numérique, ce n'est pas trop grave. Mais si la passion de la spéculation venant des marchés (donc de nous et notre convoitise), se met sur le blé, ou sur le riz, on peut voir de vraies famines atteindre certaines régions.

Bref, il faut une régulation mondiale, appelle le pape Benoît XVI (et N. Sarkozy). Il la faut au moins et pour commencer sur les biens de première nécessité.

Euh ... Arnaud c'est une plaisanterie ou vous êtes sérieux ? gne
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008   Lun 27 Juin 2011, 19:53

Je suis sérieux. Et avoir une régulation du capitalisme au niveau mondial, ce n'est pas faire le lit de l'Antéchrist. C'est juste faire un contrepoids au capitalisme qui, en lui-même, ne vise que le profit partout où il est.

Ceux qui ont le réflexe de dire "Régulation mondiale" = N.O. M. = Antéchrist confondent le signe de la proximité de la fin du monde et sa réalité.

L4antéchrist nous, le savons, s'emparera un jour du gouvernement mondial comme les humaniste athée se sont emparés de l'Europe démocrate chrétienne. Cela ne veut pas dire que l'Europe est du démon.

_________________
Arnaud
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MessageSujet: Re: Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008   Lun 27 Juin 2011, 20:26

Arnaud Dumouch a écrit:
Je suis sérieux. Et avoir une régulation du capitalisme au niveau mondial, ce n'est pas faire le lit de l'Antéchrist. C'est juste faire un contrepoids au capitalisme qui, en lui-même, ne vise que le profit partout où il est.

Ceux qui ont le réflexe de dire "Régulation mondiale" = N.O. M. = Antéchrist confondent le signe de la proximité de la fin du monde et sa réalité.

L4antéchrist nous, le savons, s'emparera un jour du gouvernement mondial comme les humaniste athée se sont emparés de l'Europe démocrate chrétienne. Cela ne veut pas dire que l'Europe est du démon.

Excusez moi je ne suis pas du tout dans le NOM, c'est juste qu'on croirait lire un socialiste, il y a tout : diabolisation de la finance comme un jeu à somme nulle magique et incompréhensible, incompréhension du rôle fondamental des prix pour éviter les pénuries, incompréhension du rôle des réglementations et de la politique monétaire des banques centrales dans la formation des bulles, dénonciation de l'immoralité du capitalisme, et bien sûr, diabolisation des affreux spéculateurs. What the fuck ?!?

Moins il y aura de bureaucraties mammouth à l'échelle mondiale, mieux les peuples s'en porteront. Idea
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MessageSujet: Re: Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008   Lun 27 Juin 2011, 20:47

réguler le marché, je sais pas, en tout cas il y a des produits dérivés sur lesquels on peut se poser des questions.

La spéculation sur les matières premières agricoles, ce peut être parfois plus que du bruit de fond, ça pose un problème moral (en tout cas ça le devrait pour ceux qui se lancent là dedans), mais en tout cas ce ne sera jamais ça qui fait les vraies tendances sur la durée.

Ce qu'il faut c'est une vraie stratégie sur le long terme qui permet de prévoir la production agricole en fonction de la population mondiale à venir. ça implique une certaine planification d'une partie de l'agriculture au niveau mondial, et des prix plafonnés garantis par les pays les + riches POUR les pays + pauvres. avec le quota de production pour eux à ce prix garanti etc...

Mais en dehors de ces marchés spéciaux, le marché doit rester libre, et parfois, pour la plus grande joie des pays du sud, comme ceux qui exportent de la Quinoa pour les bobos parisiens qui vont l'acheter chez leur épicier bio qui a développé un nouveau concept tendance d'étalage avec déco spéciale sud américaine blablabla qu'est-ce que je suis écolo mon Charles-Édouard etc...
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MessageSujet: Re: Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008   Lun 27 Juin 2011, 20:54

Une explication alternative sur la lutte contre l'inflation et la montée du chômage...



Etienne Chouard sur l'inflation par culture-libre
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MessageSujet: Re: Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008   Lun 27 Juin 2011, 21:14

nilamitp a écrit:
réguler le marché, je sais pas, en tout cas il y a des produits dérivés sur lesquels on peut se poser des questions.

La spéculation sur les matières premières agricoles, ce peut être parfois plus que du bruit de fond, ça pose un problème moral (en tout cas ça le devrait pour ceux qui se lancent là dedans), mais en tout cas ce ne sera jamais ça qui fait les vraies tendances sur la durée.

Ce qu'il faut c'est une vraie stratégie sur le long terme qui permet de prévoir la production agricole en fonction de la population mondiale à venir. ça implique une certaine planification d'une partie de l'agriculture au niveau mondial, et des prix plafonnés garantis par les pays les + riches POUR les pays + pauvres. avec le quota de production pour eux à ce prix garanti etc...

La spéculation est une activité noble, elle repose sur la faculté de l'être humain à se projeter dans l'avenir. Contrairement à Jacques Chirac qui la décrivait comme le cancer de nos économies, ce qui est absurde car ça voudrait dire que l'être humain est fondamentalement malade. Le spéculateur ne fait qu'anticiper les évolutions naturelles du marché, il permet de donner l'information la plus juste, de lisser les cours et de baisser le prix du risque. En cela il rend un service immense et il en est récompensé. Si un spéculateur se trompe souvent, achète quand les cours sont élevés et revend à un niveau bas, il est vite éliminé du marché.

Les bulles ne sont pas dues avant tout aux spéculateurs, mais à la manipulation de la monnaie par les banques centrales et de décisions qui ne sont pas ajustées à l'économie réelle. Si les gens ont peur d'investir et qu'ils ont des tonnes de liquidités à disposition déversées par en haut sous prétexte de « relance », comme ils sont pas tous cons ils vont anticiper la catastrophe à venir (la stagnation de l'économie et la perte du pouvoir d'achat de la monnaie) et essayer de placer cet argent à l'abri avant les autres (or, argent, matières premières), au lieu d'acheter des actions ou de satisfaire les besoins réels, ou encore investir en pure perte dans des biens de capitaux sans aucun débouchés (gaspillages), le résultat est inévitable ... toute relance qui se respecte ne vient pas d'en haut, ne repose pas sur la création monétaire à partir de rien, mais sur de l'épargne réelle.

Quand à la planification du prix des matières premières, c'est le meilleur moyen de créer des famines. Personne ne peut savoir tout ce qui sera inventé demain. Ce qu'il faut, c'est mettre fin à la PAC et au protectionnisme alimentaire des états du nord, qui tuent l'Afrique. Si les prix augmentent, dans un marché libre, automatiquement des nouveaux producteurs émergent qui viennent ramener les prix à la normale. Le contrôle des prix, ça aboutit au flicage de la société, les magasins vides, à la corruption, et au développement du marché noir.


Dernière édition par Dromaeosaurus le Lun 27 Juin 2011, 21:20, édité 3 fois
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008   Lun 27 Juin 2011, 21:14

Dromaeosaurus a écrit:
Arnaud Dumouch a écrit:
Je suis sérieux. Et avoir une régulation du capitalisme au niveau mondial, ce n'est pas faire le lit de l'Antéchrist. C'est juste faire un contrepoids au capitalisme qui, en lui-même, ne vise que le profit partout où il est.

Ceux qui ont le réflexe de dire "Régulation mondiale" = N.O. M. = Antéchrist confondent le signe de la proximité de la fin du monde et sa réalité.

L4antéchrist nous, le savons, s'emparera un jour du gouvernement mondial comme les humaniste athée se sont emparés de l'Europe démocrate chrétienne. Cela ne veut pas dire que l'Europe est du démon.

Excusez moi je ne suis pas du tout dans le NOM, c'est juste qu'on croirait lire un socialiste, il y a tout : diabolisation de la finance comme un jeu à somme nulle magique et incompréhensible, incompréhension du rôle fondamental des prix pour éviter les pénuries, incompréhension du rôle des réglementations et de la politique monétaire des banques centrales dans la formation des bulles, dénonciation de l'immoralité du capitalisme, et bien sûr, diabolisation des affreux spéculateurs. What the fuck ?!?

Moins il y aura de bureaucraties mammouth à l'échelle mondiale, mieux les peuples s'en porteront. Idea

La finance seule, livrée à elle-même, est une force sauvage qui n'est mue que par un seul objectif : le profit. Et c'est le pape Léon XIII qui le premier, suite aux horreurs de la Révolution industrielle, posa le principe suivant dans son encyclique Rerum Novarum : "Il faut à la finance deux forces modératrices : 1° Les associations ouvrières et le droit de grève. 2° L'Etat qui arbitre par ses lois.

Il a posé un équilibre sur trois pieds qui doit s'appliquer au monde sous peine de voir les mêmes fruits amères qui sont sortis des excès capitalistes du XIX° s. car un excès fait naître son opposé.

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MessageSujet: Re: Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008   Lun 27 Juin 2011, 21:16

Dromaeosaurus a écrit:
Quand à la planification du prix des matières premières...
relisez-moi SVP.
planification d'une partie de l'agriculture et garanti de prix d'un marché spécial, en dehors du reste du marché, qui lui reste libre.
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MessageSujet: Re: Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008   Lun 27 Juin 2011, 21:39

Arnaud Dumouch a écrit:
La finance seule, livrée à elle-même, est une force sauvage qui n'est mue que par un seul objectif : le profit. Et c'est le pape Léon XIII qui le premier, suite aux horreurs de la Révolution industrielle, posa le principe suivant dans son encyclique Rerum Novarum : "Il faut à la finance deux forces modératrices : 1° Les associations ouvrières et le droit de grève. 2° L'Etat qui arbitre par ses lois.

Il a posé un équilibre sur trois pieds qui doit s'appliquer au monde sous peine de voir les mêmes fruits amères qui sont sortis des excès capitalistes du XIX° s. car un excès fait naître son opposé.

Les horreurs de la révolution industrielle ? Savez-vous que c'est la plus grande avancée en terme de niveau de vie que la terre a jamais connue. Vous pensez vraiment que la misère de masse ou le travail des enfants datent du XIXème siècle et de l'exode rural ? C'est très naïf. Savez vous seulement quels sont les partis qui ont milité pour le droit des ouvriers à se regrouper librement, et contre le travail des enfants ? What a Face C'est parfaitement ridicule de parler d'un « excès de capitalisme », ça n'a strictement aucun sens.

Votre vision n'est pas juste car elle ne pose pas le problème dans sa globalité. Le problème pour un libéral n'est ni l'existence d'un état impartial qui garantit les droits fondamentaux des personnes, ni l'existence de syndicats, au contraire se regrouper est un droit inaliénable et leur existence est bénéfique pour la société. Ce qui pose problème du point de vue libéral, c'est un état spoliateur, liberticide et arbitraire, et des syndicats nuisibles car subventionnés par celui-ci, et donc qui sont automatiquement incités à utiliser et abuser du monopole de la violence étatique dans des fins de prédation, au service de « rentiers ».

Quand à la finance, ça n'a pas de sens de dire qu'elle ne recherche que le profit. Le profit, je le rappelle, rémunère « résiduellement » la prise de risque, et peut être négatif dans un système sain. Chacun de nous contribue à la finance mondiale s'il a un compte en banque et vous ne pouvez pas connaitre les fins ultimes de chaque individu. Cela doit être respecté. Là encore ce qui pose problème ce n'est pas la « souveraineté » de la finance à l'échelle planétaire, mais les interventions de l'état et les réglementations innombrables qui ne font que « mimer » un fonctionnement capitaliste authentique dans l'état actuel des choses. Le fonctionnement du système monétaire et du système bancaire, qui sont des sources majeures d'instabilité au niveau mondial actuellement, n'ont rien, mais absolument rien de libéral. Pour le profit, il est évident que si une banque privatise les profits mais sait qu'elle pourra être sauvée en cas de coup dur (sur le dos des contribuables), il y a de grosses incitations à des prises de risques dangereuses, tout cela ne vient pas de la régulation capitaliste par la faillite ou l'OPA, mais de droits de propriété mal définis, des interventions insensées, et autres informations toxiques qui émanent des états et des banques centrales.
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MessageSujet: Re: Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008   Lun 27 Juin 2011, 21:49

nilamitp a écrit:
Dromaeosaurus a écrit:
Quand à la planification du prix des matières premières...
relisez-moi SVP.
planification d'une partie de l'agriculture et garanti de prix d'un marché spécial, en dehors du reste du marché, qui lui reste libre.

Mieux vaut aider directement les pauvres que de créer de toute pièce un marché parallèle.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008   Lun 27 Juin 2011, 22:24

[quote]
Dromaeosaurus a écrit:


Les horreurs de la révolution industrielle ? Savez-vous que c'est la plus grande avancée en terme de niveau de vie que la terre a jamais connue. Vous pensez vraiment que la misère de masse ou le travail des enfants datent du XIXème siècle et de l'exode rural ? C'est très naïf. Savez vous seulement quels sont les partis qui ont milité pour le droit des ouvriers à se regrouper librement, et contre le travail des enfants ? What a Face C'est parfaitement ridicule de parler d'un « excès de capitalisme », ça n'a strictement aucun sens.

Avant que se mettent en place un minimum de lois sociales, on alla jusqu'à faire travailler femmes et enfants 14 heures par jour et 7 jours sur 7. Celui qui protestait était impitoyablement renvoyé. L'absence de lois sociales signifiait la prostitution, la mort.

Tel est le capitalisme pur.

Fort heureusement, les efforts des chrétiens sociaux introduisirent du social.

Mais c'était trop tard : ces excès avaient déjà produit le poison inverse qui devait faire 100 millions de morts au XX° s. Marx !

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MessageSujet: Re: Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008   Lun 27 Juin 2011, 23:04

Arnaud Dumouch a écrit:
Avant que se mettent en place un minimum de lois sociales, on alla jusqu'à faire travailler femmes et enfants 14 heures par jour et 7 jours sur 7. Celui qui protestait était impitoyablement renvoyé. L'absence de lois sociales signifiait la prostitution, la mort.

Tel est le capitalisme pur.

Fort heureusement, les efforts des chrétiens sociaux introduisirent du social.

Mais c'était trop tard : ces excès avaient déjà produit le poison inverse qui devait faire 100 millions de morts au XX° s. Marx !

Non, cela ne vient pas du capitalisme, mais d'une situation où une masse de gens ont choisi de venir des campagnes (comme aujourd'hui en Chine), où la vie était encore pire, et où tous les enfants travaillent, avec des taux de mortalité très élevés. Dans un pays libre où il y a assez de capitaux et un travail qui est rare (situation des ingénieurs allemands), c'est exactement l'inverse : les entreprises s'arrachent les gens, sont obligées de proposer des salaires plus élevés avec plein d'avantages si elles ne veulent pas les voir se barrer chez le voisin. Comme je le disais, les lois sur les syndicats au XIXème siècle (liberté de se regrouper pour peser plus dans les négociations de contrats) viennent de libéraux comme Frédéric Bastiat, Morin, Ollivier, Lockro, Waldeck-Rousseau. Ce sont les socialistes et les « paléo-conservateurs » qui s'y sont opposés pour des raisons différentes (utopie révolutionnaire pour les uns, défense d'un ordre figé pour les autres). Pas les libéraux.

Le capitalisme pur, si on pouvait s'en rapprocher un peu plus ce serait très bénéfique. Au XIXème siècle certaines personnes qui ont personnellement bénéficié du capitalisme en s'enrichissant, se sont par la suite mises en position d'utiliser l'état pour se protéger (subventions, protectionnisme, monopoles, utilisation de leur influence contre les lois sur les syndicats), aux dépens des autres. Le fait que les ouvriers ne bénéficient pas des mêmes droits d'association que les propriétaires, ça n'a rien à voir avec le libéralisme qui n'est qu'une défense des droits individuels. Mieux vaut dénoncer cela qui est bien réel, qu'un excès de capitalisme.

Quand aux lois sociales, ce sont les pays les plus libéraux, où la charité privée est aussi la plus développée et où les relations sociales sont les plus apaisées. La générosité, ce n'est pas piquer dans les poches de Pierre pour donner à Paul ! Beaucoup de lois « sociales » (y compris le SMIC) sont liberticides et démagogiques, elles enferment les gens dans la pauvreté.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008   Lun 27 Juin 2011, 23:17

Cher Droma, désolé, mais votre analyse ne tient pas. Ce que vous aimez et qui produit de la richesse, c'est un capitalisme modéré comme dans les pays occidentaux actuels. Aucun pays actuel ne laisse faire les seules lois de l'argent et partout, même aux USA, des lois socialers tempèrent.

Le capitalisme pur est sévèrement condamné par l'Eglise mais n'est plus pratiqué que par certaines régions du tiers monde.

Voici ce qu'en dit le Catéchisme de l'Eglise Catholique :
Citation :

2425 L’Église a rejeté les idéologies totalitaires et athées associées, dans les temps modernes, au " communisme " ou au " socialisme ". Par ailleurs, elle a récusé dans la pratique du " capitalisme " l’individualisme et le primat absolu de la loi du marché sur le travail humain (cf. CA 10 ; 13 ; 44). La régulation de l’économie par la seule planification centralisée pervertit à la base les liens sociaux ; sa régulation par la seule loi du marché manque à la justice sociale " car il y a de nombreux besoins humains qui ne peuvent être satisfaits par le marché " (CA 34). Il faut préconiser une régulation raisonnable du marché et des initiatives économiques, selon une juste hiérarchie des valeurs et en vue du bien commun.

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MessageSujet: Re: Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008   Lun 27 Juin 2011, 23:33

Arnaud Dumouch a écrit:
Cher Droma, désolé, mais votre analyse ne tient pas. Ce que vous aimez et qui produit de la richesse, c'est un capitalisme modéré comme dans les pays occidentaux actuels. Aucun pays actuel ne laisse faire les seules lois de l'argent et partout, même aux USA, des lois socialers tempèrent.

Le capitalisme pur est sévèrement condamné par l'Eglise mais n'est plus pratiqué que par certaines régions du tiers monde.

Voici ce qu'en dit le Catéchisme de l'Eglise Catholique :

Vous savez, devant un tel argument d'autorité, il n'y a plus rien à dire, si ce n'est à ouvrir un débat en théologie sur le droit du travail. Mr. Green La France n'est pas un pays de capitalisme modéré, mais de bolchevisme modéré avec ses 56% de dépenses publiques, et les Etats-Unis suivent le même chemin que nous avec Obama. Des penseurs lucides ont dit qu'après 1989 ce n'était pas le triomphe de la démocratie libérale, mais le triomphe de la social-démocratie. Et puis vous avez toujours l'air de penser que le libéralisme est un truc spécifiquement anglo-saxon et hostile, alors que la référence de Rigane et de Thatcher, c'était Frédéric Bastiat.

Je ne parle pas des lois de l'argent quand je parle du libéralisme. Comme dirait Pascal Salin, le libéral n'est pas concerné par le marché, mais par les droits inaliénables, car le marché existe toujours par ailleurs. C'est pour ça que la phrase du CEC me fait bizarre car elle sous entend que c'est à l'état de s'occuper de tous les besoins humains qui ne peuvent pas être satisfaits par le marché (et qu'il y ait des biens de telle sorte, c'est une évidence pour un libéral).

Je vais prendre le problème autrement : citez moi un seul pays du tiers monde où le capitalisme pur est appliqué (je peux vous aider si vous voulez) ; citez moi aussi des exemples de lois sociales ou d'usines à gaz administratives sans lesquelles les pays occidentaux deviendraient un enfer où on réduirait toutes les aspirations humaines à de l'argent.
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AntoineG



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MessageSujet: Re: Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008   Mar 28 Juin 2011, 01:26

Arnaud Dumouch a écrit:
Cher Droma, désolé, mais votre analyse ne tient pas. Ce que vous aimez et qui produit de la richesse, c'est un capitalisme modéré comme dans les pays occidentaux actuels. Aucun pays actuel ne laisse faire les seules lois de l'argent et partout, même aux USA, des lois socialers tempèrent.

Le capitalisme pur est sévèrement condamné par l'Eglise mais n'est plus pratiqué que par certaines régions du tiers monde.

Voici ce qu'en dit le Catéchisme de l'Eglise Catholique :
Citation :

2425 L’Église a rejeté les idéologies totalitaires et athées associées, dans les temps modernes, au " communisme " ou au " socialisme ". Par ailleurs, elle a récusé dans la pratique du " capitalisme " l’individualisme et le primat absolu de la loi du marché sur le travail humain (cf. CA 10 ; 13 ; 44). La régulation de l’économie par la seule planification centralisée pervertit à la base les liens sociaux ; sa régulation par la seule loi du marché manque à la justice sociale " car il y a de nombreux besoins humains qui ne peuvent être satisfaits par le marché " (CA 34). Il faut préconiser une régulation raisonnable du marché et des initiatives économiques, selon une juste hiérarchie des valeurs et en vue du bien commun.

Vous noterez que la critique du capitalisme par le CEC est limitée : elle ne porte pas sur le principe (contrairement au socialisme condamné en tant qu'idéologie totalitaire), mais deux dérives possibles au plan pratique.

Le CEC ne porte aucun jugement sur l'origine des crises financières, encore moins celle de 2008.

On peut simplement observer dans l'évolution récente de nos économies occidentales les tendances suivantes:

- accroissement significatif du poids des Etats (et systèmes sociaux centralisés) dans l'économie (malgré les apparences : privatisations notamment)
-> plus de planification centralisée : Etats, systèmes sociaux

- création/renforcement d'ensembles régionaux centralisés
-> plus de planification centralisée : ex. banque centrale européenne, FMI renforcé

- collusion croissante entre régulateurs : Etats, banques centrales, grandes institutions mondiales

- émergence de forces mondiales centralisées, structurées, puissantes et politisées (ex GIEC - climat, ONU - santé reproductive)

En conclusion, le texte précité du CEC doit conduire à juger sévèrement l'actuelle dérive vers une nouvelle forme de socialisme rendu compatible avec un capitalisme controlé et avec la société de consommation. La meilleure synthèse semble etre la Chine, objet d'admiration de la part d'élites occidentales à la recherche d'un modèle intégré.

Antoine
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008   Mar 28 Juin 2011, 07:02

Cher Antopine, absolument. C'est que la loi du marché est une loi naturelle. Elle n'est que la somme de nos besoins et désirs, ni bonne ni mauvaise.

Mais, de même que nos besoins doivent être modérés par la vertu, de même pour leur somme. C'est tout ce que veut dire l'Eglise en condamnant le capitalisme pur.



Idem pour le libéralisme. La liberté est chose bonne mais ne saurait être livrée à elle même sans certains barrières.

J'en profite pour mettre la totalité des textes du CEC sur ces sujet. Ca se résume ainsi : La vertu est dans le juste milieu et le but de tout cela doit être le bien de l'homme.


Citation :

III. La doctrine sociale de l’Église
2419 " La révélation chrétienne conduit à une intelligence plus pénétrante des lois de la vie sociale " (GS 23, § 1). L’Église reçoit de l’Evangile la pleine révélation de la vérité de l’homme. Quand elle accomplit sa mission d’annoncer l’Evangile, elle atteste à l’homme, au nom du Christ, sa dignité propre et sa vocation à la communion des personnes ; elle lui enseigne les exigences de la justice et de la paix, conformes à la sagesse divine.
2420 L’Église porte un jugement moral, en matière économique et sociale, " quand les droits fondamentaux de la personne ou le salut des âmes l’exigent " (GS 76, § 5). Dans l’ordre de la moralité elle relève d’une mission distincte de celle des autorités politiques : l’Église se soucie des aspects temporels du bien commun en raison de leur ordination au souverain Bien, notre fin ultime. Elle s’efforce d’inspirer les attitudes justes dans le rapport aux biens terrestres et dans les relations socio-économiques.
2421 La doctrine sociale de l’Église s’est développée au dix-neuvième siècle lors de la rencontre de l’Evangile avec la société industrielle moderne, ses nouvelles structures pour la production de biens de consommation, sa nouvelle conception de la société, de l’Etat et de l’autorité, ses nouvelles formes de travail et de propriété. Le développement de la doctrine de l’Église, en matière économique et sociale, atteste la valeur permanente de l’enseignement de l’Église, en même temps que le sens véritable de sa Tradition toujours vivante et active (cf. CA 3).
2422 L’enseignement social de l’Église comporte un corps de doctrine qui s’articule à mesure que l’Église interprète les événements au cours de l’histoire, à la lumière de l’ensemble de la parole révélée par le Christ Jésus avec l’assistance de l’Esprit Saint (cf. SRS 1 ; 41). Cet enseignement devient d’autant plus acceptable pour les hommes de bonne volonté qu’il inspire davantage la conduite des fidèles.
2423 La doctrine sociale de l’Église propose des principes de réflexion ; elle dégage des critères de jugement ; elle donne des orientations pour l’action :
Tout système suivant lequel les rapports sociaux seraient entièrement déterminés par les facteurs économiques est contraire à la nature de la personne humaine et de ses actes (cf. CA 24).
2424 Une théorie qui fait du profit la règle exclusive et la fin ultime de l’activité économique est moralement inacceptable. L’appétit désordonné de l’argent ne manque pas de produire ses effets pervers. Il est une des causes des nombreux conflits qui perturbent l’ordre social (cf. GS 63, § 3 ; LE 7 ; CA 35).
Un système qui " sacrifie les droits fondamentaux des personnes et des groupes à l’organisation collective de la production " est contraire à la dignité de l’homme (GS 65). Toute pratique qui réduit les personnes à n’être que de purs moyens en vue du profit, asservit l’homme, conduit à l’idolâtrie de l’argent et contribue à répandre l’athéisme. " Vous ne pouvez servir à la fois Dieu et Mammon " (Mt 6, 24 ; Lc 16, 13).
2425 L’Église a rejeté les idéologies totalitaires et athées associées, dans les temps modernes, au " communisme " ou au " socialisme ". Par ailleurs, elle a récusé dans la pratique du " capitalisme " l’individualisme et le primat absolu de la loi du marché sur le travail humain (cf. CA 10 ; 13 ; 44). La régulation de l’économie par la seule planification centralisée pervertit à la base les liens sociaux ; sa régulation par la seule loi du marché manque à la justice sociale " car il y a de nombreux besoins humains qui ne peuvent être satisfaits par le marché " (CA 34). Il faut préconiser une régulation raisonnable du marché et des initiatives économiques, selon une juste hiérarchie des valeurs et en vue du bien commun.
IV. L’activité économique et la justice sociale
2426 Le développement des activités économiques et la croissance de la production sont destinés à subvenir aux besoins des êtres humains. La vie économique ne vise pas seulement à multiplier les biens produits et à augmenter le profit ou la puissance ; elle est d’abord ordonnée au service des personnes, de l’homme tout entier et de toute la communauté humaine. Conduite selon ses méthodes propres, l’activité économique doit s’exercer dans les limites de l’ordre moral, suivant la justice sociale, afin de répondre au dessein de Dieu sur l’homme (cf. GS 64).
2427 Le travail humain procède immédiatement des personnes créées à l’image de Dieu, et appelées à prolonger, les unes avec et pour les autres, l’œuvre de la création en dominant la terre (cf. Gn 1, 28 ; GS 34 ; CA 31). Le travail est donc un devoir : " Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus " (2 Th 3, 10 ; cf. 1 Th 4, 11). Le travail honore les dons du Créateur et les talents reçus. Il peut aussi être rédempteur. En endurant la peine (cf. Gn 3, 14-19) du travail en union avec Jésus, l’artisan de Nazareth et le crucifié du Calvaire, l’homme collabore d’une certaine façon avec le Fils de Dieu dans son Œuvre rédemptrice. Il se montre disciple du Christ en portant la Croix, chaque jour, dans l’activité qu’il est appelé à accomplir (cf. LE 27). Le travail peut être un moyen de sanctification et une animation des réalités terrestres dans l’Esprit du Christ.
2428 Dans le travail, la personne exerce et accomplit une part des capacités inscrites dans sa nature. La valeur primordiale du travail tient à l’homme même, qui en est l’auteur et le destinataire. Le travail est pour l’homme, et non l’homme pour le travail (cf. LE 6).
Chacun doit pouvoir puiser dans le travail les moyens de subvenir à sa vie et à celle des siens, et de rendre service à la communauté humaine.
2429 Chacun a le droit d’initiative économique, chacun usera légitimement de ses talents pour contribuer à une abondance profitable à tous, et pour recueillir les justes fruits de ses efforts. Il veillera à se conformer aux réglementations portées par les autorités légitimes en vue du bien commun (cf. CA 32 ; 34).
2430 La vie économique met en cause des intérêts divers, souvent opposés entre eux. Ainsi s’explique l’émergence des conflits qui la caractérisent (cf. LE 11). On s’efforcera de réduire ces derniers par la négociation qui respecte les droits et les devoirs de chaque partenaire social : les responsables des entreprises, les représentants des salariés, par exemple des organisations syndicales, et, éventuellement, les pouvoirs publics.
2431 La responsabilité de l’Etat. " L’activité économique, en particulier celle de l’économie de marché, ne peut se dérouler dans un vide institutionnel, juridique et politique. Elle suppose que soient assurées les garanties des libertés individuelles et de la propriété, sans compter une monnaie stable et des services publics efficaces. Le devoir essentiel de l’Etat est cependant d’assurer ces garanties, afin que ceux qui travaillent puissent jouir du fruit de leur travail et donc se sentir stimulés à l’accomplir avec efficacité et honnêteté ... L’Etat a le devoir de surveiller et de conduire l’application des droits humains dans le secteur économique ; dans ce domaine toutefois, la première responsabilité ne revient pas à l’Etat mais aux institutions et aux différents groupes et associations qui composent la société " (CA 48).
2432 Les responsables d’entreprises portent devant la société la responsabilité économique et écologique de leurs opérations (cf. CA 37). Ils sont tenus de considérer le bien des personnes et pas seulement l’augmentation des profits. Ceux-ci sont nécessaires cependant. Ils permettent de réaliser les investissements qui assurent l’avenir des entreprises. Ils garantissent l’emploi.
2433 L’accès au travail et à la profession doit être ouvert à tous sans discrimination injuste, hommes et femmes, bien portants et handicapés, autochtones et immigrés (cf. LE 19 ; 22-23). En fonction des circonstances, la société doit pour sa part aider les citoyens à se procurer un travail et un emploi (cf. CA 48).
2434 Le juste salaire est le fruit légitime du travail. Le refuser ou le retenir, peut constituer une grave injustice (cf. Lv 19, 13 ; Dt 24, 14-15 ; Jc 5, 4). Pour apprécier la rémunération équitable, il faut tenir compte à la fois des besoins et des contributions de chacun. " Compte tenu des fonctions et de la productivité, de la situation de l’entreprise et du bien commun, la rémunération du travail doit assurer à l’homme et aux siens les ressources nécessaires à une vie digne sur le plan matériel, social, culturel et spirituel " (GS 67, § 2). L’accord des parties n’est pas suffisant pour justifier moralement le montant du salaire.
2435 La grève est moralement légitime quant elle se présente comme un recours inévitable, sinon nécessaire, en vue d’un bénéfice proportionné. Elle devient moralement inacceptable lorsqu’elle s’accompagne de violences ou encore si on lui assigne des objectifs non directement liés aux conditions de travail ou contraires au bien commun.
2436 Il est injuste de ne pas payer aux organismes de sécurité sociale les cotisations établies par les autorités légitimes.
La privation d’emploi à cause du chômage est presque toujours pour celui qui en est victime, une atteinte à sa dignité et une menace pour l’équilibre de la vie. Outre le dommage personnellement subi, des risques nombreux en découlent pour son foyer (cf. LE 18).





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MessageSujet: Re: Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008   Mar 28 Juin 2011, 19:57

Cher Arnaud,

je suis très sceptique sur le concept de « de même que nos besoins doivent être modérés par la vertu, de même pour leur somme », il n'y a pas de concept de « besoins collectifs », mais seulement des besoins particuliers et des gens qui agissent. Si on doit reconnaitre l'existence de besoins collectifs on créée forcément des droits créances qui vident complètement de leur sens les droits individuels (exprimés dans la constitution des Etats-Unis, et la déclaration des droits de l'homme de 1789). C'est une perversion du droit naturel et c'est la grande spécialité des socialistes.

Exemple : tout être humain a droit à un travail => d'autres gens sont éventuellement forcés de payer pour quelque chose dont ils ne veulent pas.
Tout être humain a droit au bonheur affectif et amoureux => éventuellement ça peut impliquer que le viol peut se justifier si ça permet à certains de s'épanouir.

Le libéralisme d'après Foucault, c'est un système « soucieux du respect des droits et de la liberté d'initiative des individus ». C'est une définition qui ne parle pas du marché. Parler d'un « excès » de respect des droits des individus n'a aucun sens.

Citation :
Le capitalisme pur est sévèrement condamné par l'Eglise mais n'est plus pratiqué que par certaines régions du tiers monde.

Vous vous êtes bien gardé de me donner des exemples concrets et pour cause. dwarf Alors voici les deux états de la planète qui se rapprochent le plus du capitalisme pur d'après l'indice de liberté économique : Singapour et Hong Kong. En Europe on a la Suisse, en Amérique, le Canada. Vraiment l'horreur non ? La Chine (le pays où la grève n'existe pas) est classée 135ème en termes de liberté économique, elle reste un système largement pyramidal, sclérosé et socialiste dans lesquels le pouvoir central accorde de façon plus ou moins arbitraire des petits espaces qui permettent l’initiative et des industries de s'implanter. Mais il n'y a pas de vrais droits de propriété sur la terre, pas de capital risque, pas de vraie propriété intellectuelle (ils s'enrichissent pas mal par le viol des brevets), tout cela freine l'évolution vers une société moderne et innovante.
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spidle33



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MessageSujet: Re: Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008   Mar 28 Juin 2011, 20:42

Je crois que votre erreur est de dire :

Dromaeosaurus a écrit:
tout être humain a droit à un travail
Dromaeosaurus a écrit:
Tout être humain a droit au bonheur affectif et amoureux

Notre monde contemporain nous fait croire que tout se discute sur le plan des "droits".
Non, nous n'avons pas systématiquement le droit à un travail, ou le droit au bonheur affectif, etc.

Je ne dis pas que cela doit être refusé au gens, je dis que cela n'est pas une question de droit. Le travail est équilibrant et il est bon d'en avoir un. Le bonheur affectif, et aimer et être aimé, c'est bon et on en a besoin.
Et pourtant, dans l'un comme dans l'autre, je n'en ai pas le droit "à n'importe quel prix".

La dure réalité se rappelle à nous malgré tout ce qu'on pourra définir comme étant un droit ou non. Le droit est une construction humaine qui régie nos sociétés, mais n'est en rien un absolu et n'a aucune valeur transcendantale. Dieu lui-même ne raisonne pas le moins du monde envers nous en matière de droit.
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MessageSujet: Re: Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008   Mar 28 Juin 2011, 21:08

@ Spidle33 : ce n'est pas mon erreur ! ;) Je dénonce les effets pervers du droit positif et des « droits créances » comme ceux évoqués ci-dessus, je suis un défenseur du droit naturel, concept qui est malheureusement incompris de la plupart des Français y compris des conservateurs, remplacé par la souveraineté absolue du peuple, et la croyance que la loi peut faire et défaire tout et n'importe quoi. Le droit naturel n'est pas une construction humaine, mais préexiste (et même « transcende ») à toute organisation humaine et à tout état qui prétend être respecté, il se constate. Il y a une longue tradition du droit naturel, d'Aristote à Léo Strauss en passant par Thomas d'Aquin et l'école de Salamanque (Francisco Suarez).

Des bons exemples, c'est la charte des droits dans la constitution des Etats-Unis, et la déclaration des droits de l'homme de 1789 (avec des réserves pour cette dernière). La déclaration des droits de l'homme de 1948 est largement viciée par cette confusion entre droit naturel et droits positifs, cela est dû à l'influence des communistes à l'époque. Tout comme le projet de constitution européenne était fondamentalement bolchevik et totalitaire dans son esprit. C'est un comble que certains y aient vu de l'ultra-libéralisme ... drunken
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008   Mar 28 Juin 2011, 21:24

Dromaeosaurus a écrit:
Cher Arnaud,

je suis très sceptique sur le concept de « de même que nos besoins doivent être modérés par la vertu, de même pour leur somme », il n'y a pas de concept de « besoins collectifs »,

Il y a une réalité sociologique qui est la somme de nos désir et crainte.

Ex : si vous lancez une rumeur que telle entreprise va couler et que cette rumeur est crue, la somme des actions individuelles qui vendent leur actions par peur de perdre fait que ses actions s'écroulent. Voilà la réalité de cette somme de petites actions.

_________________
Arnaud
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MessageSujet: Re: Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008   Mar 28 Juin 2011, 22:21

Arnaud Dumouch a écrit:
Dromaeosaurus a écrit:
Cher Arnaud,

je suis très sceptique sur le concept de « de même que nos besoins doivent être modérés par la vertu, de même pour leur somme », il n'y a pas de concept de « besoins collectifs »,

Il y a une réalité sociologique qui est la somme de nos désir et crainte.

Ex : si vous lancez une rumeur que telle entreprise va couler et que cette rumeur est crue, la somme des actions individuelles qui vendent leur actions par peur de perdre fait que ses actions s'écroulent. Voilà la réalité de cette somme de petites actions.

Exactement, mais si vous lancez des rumeurs inverses, que vous disséminez des informations toxiques, c'est tout aussi néfaste. Et c'est exactement la façon dont agit l'état à chaque fois au'il veut piloter l'économie via la fiscalité, la réglementation ou la politique monétaire (n'oublions pas que le rôle des prix est un rôle d'information). Ce qui est important dans ce contexte, c'est qu'une information saine doit avoir le droit d'exister, ce qui est équivalent à mettre fin aux monopoles. Personne d'intelligent ne sera demandeur par lui même d'une information pas fiable ou de rumeurs, à moins qu'il ne soit forcé de les accepter par violence, comme c'est le cas aujourd'hui pour la monnaie. Il y a des millions d'informations chaque jour sur le marché dont énormément sont bidons, forcément, la recherche d'informations a un coût et les gens les hiérarchisent, et l'état est incapable de les connaitre toutes. La réglementation sophistiquée et imposée de l'info implique donc toujours de l'obsolescence, un gaspillage de ressources, une augmentation des coûts de transaction et d'entrée sur les marchés. La plupart du temps, les gens sont capables de prendre tous seuls les décisions qui les concernent.

Une action comporte un risque, donc implique d'être à l'affut d'informations. Un vrai actionnaire ne peut se contenter de rumeurs. Si l'entreprise communique de façon satisfaisante auprès de ses actionnaires (c'est à eux de l'exiger), on n'aura pas ce genre de problème. Si l'actionnaire se fait avoir pour une raison ou pour une autre, c'est de sa propre responsabilité. Il ne faut pas transposer le risque, qui est irréductible, du propriétaire au contribuable.
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Le marché libre contre-attaque : une explication alternative de la crise financière de 2008
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