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 doctrine des ames errantes

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AuteurMessage
AntoineG



Messages : 611
Inscription : 19/02/2006

MessageSujet: doctrine des ames errantes   Sam 04 Sep 2010, 17:01

Bonjour cher Arnaud,

Dans vos écrits vous mentionnez le cas de certaines âmes qui demeurent un temps sur terre après la mort physique et avant la rencontre avec le Christ glorieux c'est à dire le jugement particulier.

Or dans la video ci-dessous, le Frère Paul-Marie de Mauroy, exorciste au sein de la Communauté Saint Jean, indique que la "doctrine des âmes errantes" a été condamnée comme fausse par les évêques de France.

http://www.youtube.com/watch?v=rz8xtemzvZs&feature=related

Cela semble rejoindre l'affirmation d'un pretre qui me disait que l'Eglise de France avait condamné la notion d'ame errante.


Y-a-t-il une contradiction avec votre enseignement sur le sujet ?

Merci d'avance pour vos précisions

Antoine
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Philippe Fabry
Administrateur


Masculin Messages : 13954
Inscription : 31/01/2009

MessageSujet: Re: doctrine des ames errantes   Sam 04 Sep 2010, 18:24

Tiens, cher Antoine, cela faisait longtemps !

Et votre catéchisme pour jeunes adultes, ça a abouti ?

_________________
"Les désastres nous enseignent l'humilité" Saint Anselme de Canterbury
« N’attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir que l’on ne saurait, au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième. » Frédéric Bastiat
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AntoineG



Messages : 611
Inscription : 19/02/2006

MessageSujet: Re: doctrine des ames errantes   Dim 05 Sep 2010, 00:36

Bonjour Philippe,

Oui ça fait bien des mois... je suis surpris et heureux que vous vous souveniez !

Silencieux mais toujours proche du forum que je lis assidument. Merci pour vos contributions, Philippe.

La lecture fréquente du forum (et des écrits d'Arnaud) contribue beaucoup à ma formation, et m'aide à témoigner auprès de mes proches, amis et collègues de bureau. Difficile de trouver une question ou objection qui n'a pas déjà été évoquée ici...

Nous pourrions d'ailleurs, à partir du contenu du forum, offrir sur un site internet des centaines de questions sous la forme "question ou objection / réponse courte et impactante". Idée à discuter avec ceux que cela motiverait.

Sur le catéchisme, j'ai avancé mais moins vite que prévu en raison d'un agenda chargé (un bébé à la maison, et un autre au bureau : une création d'entreprise).

Plusieurs membres du forum ont bien voulu procéder à une relecture pour détecter des erreurs éventuelles - assez rares en raison de la méthode qui s'appuie sur des extraits du CEC et des documents du magistère. Merci encore à chacun pour le temps passé, pour les diverses suggestions aussi.

Avec l'aide d'une petite équipe donnée par la Providence (1 juive, 1 musulmane, 1 catholique et moi) nous avons mis en ligne une première version en concevant le site : www.pause-kt.fr . Nous avons choisi un angle ludique (testez vos connaissances sur la foi catholique, améliorez progressivement votre score) pour encourager les personnes à (re)découvrir la foi catholique.

Le site sert de support au programme Pause KT : sessions mensuelles de catéchisme données dans une paroisse parisienne depuis le début d'année. Nous distribuons aux participants un petit classeur qui s'enrichit à chaque session avec des pages supplémentaires du catéchisme, toujours sous forme de test (15 questions, pour chacune 3 réponses possibles dont 1 vraie, et un extrait du CEC ou du magistère qui précise la foi de l'église).

Si ce test sur cette paroisse est concluant (ce qui semble le cas) l'idée est de le généraliser en proposant la méthode et les outils à tous les prêtres et catéchistes qui le souhaitent. Plusieurs prêtres ont exprimé leur intérêt. Mais cela demande un peu de temps...

Le site dans sa première version est encore bien imparfait et limité, aussi soyez indulgent... Il est destiné à s'enrichir progressivement dans l'année qui vient : ajout de nouveaux thèmes et surtout enrichissement des contenus : citations de saints et extraits de catéchèses JPII et B16, videos courtes (3 mn max) de prêtres, évêques et laics fidèles au magistère pour apporter commentaires pertinents et témoignages de vie à propos de chaque point de foi. La contribution de volontaires issus du forum pourra aider énormément pour repérer les contenus pertinents pour illustrer chacun des ~400 points de foi catholique.

Bien à vous,

Antoine





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Arnaud Dumouch
Administrateur


Masculin Messages : 80768
Inscription : 19/05/2005

MessageSujet: Re: doctrine des ames errantes   Dim 05 Sep 2010, 04:47

AntoineG a écrit:
Bonjour cher Arnaud,

Dans vos écrits vous mentionnez le cas de certaines âmes qui demeurent un temps sur terre après la mort physique et avant la rencontre avec le Christ glorieux c'est à dire le jugement particulier.

Or dans la video ci-dessous, le Frère Paul-Marie de Mauroy, exorciste au sein de la Communauté Saint Jean, indique que la "doctrine des âmes errantes" a été condamnée comme fausse par les évêques de France.

http://www.youtube.com/watch?v=rz8xtemzvZs&feature=related

Cela semble rejoindre l'affirmation d'un pretre qui me disait que l'Eglise de France avait condamné la notion d'ame errante.


Y-a-t-il une contradiction avec votre enseignement sur le sujet ?

Merci d'avance pour vos précisions

Antoine

Cher Antoine, un prêtre du diocèse du Nord, qui délivrait des maisons de ces âmes errantes il y a environ 15 ans, a été effectivement condamné et rejeté par son évêque.

Mais il s'est défendu et a commencé un procès canonique.
Et puis, entre temps, il s'est rendu compte que j'avais eu deux Nihil Obstat et deux imprimatur de l'archevéché de Paris dans des livres où j'avais manifesté la conformité avec le dogme (Traité des fins dernières, L'heure de la mort)..

Ce prêtre a gagné son procès canonique. Il exerce maintenant son ministère à Toulon. Si bien qu'on ne peut pas dire que la décision de cet évêque de France ait été suivie par les autres.

Disons que cette doctrine des âmes errantes est globalement admise par les prêtres exorcistes de France, rejetée par certains évêques, acceptée par d'autres avec imprimatur à la clef, et que le Magistère de l'Eglise ne s'est jamais prononcé.


Je vous mets les articles du Traité des fins dernières qui en parle :


Citation :
QUESTION 16 — Le shéol, purgatoire qui précède la parousie du Christ

A ce sujet, neuf questions :
1° Existe-t-il un purgatoire dans le passage de la mort ?
2° La peine du purgatoire est-elle voulue par Dieu ?
3° La peine principale du shéol est-elle la solitude de l’errance ?
4° Les âmes de ce purgatoire sont-elles tourmentées par les démons ?
5° Ce purgatoire est-il pire qu’ici-bas ?
6° Les âmes de ce purgatoire sont-elles saintes ?
7° Les âmes de ce purgatoire peuvent-elles pécher ou au contraire mériter ?
8° Peuvent-elles prier pour nous ?
9° Est-ce dans ce purgatoire que le Christ glorieux paraît dans sa gloire ?

Q. 16, article 1 — Existe-t-il un purgatoire dans le passage qu’est la mort ?

Objections :

1. Il semble qu’il ne convienne pas de parler d’un tel purgatoire. La mort est la séparation de l’âme et du corps, selon Aristote. Elle ne laisse donc aucune place pour un passage et encore moins pour un séjour de longue durée.
2. On ne trouve pas, dans l’Ecriture sainte, de passages clairs sur un tel séjour. C’est bien plutôt dans les religions païennes et les cultes animistes que l’on parle de revenants et de fantômes.
3. Même si l’on admet d’un tel purgatoire, ce ne peut être que d’une manière métaphorique. On ne voit pas en effet où il pourrait être situé si tant est qu’on puisse parler d’une localisation pour l’âme d’un mort qui est un esprit. Mais ce ne peut être une localisation telle qu’on en parle pour les hommes de la terre. Tout cela ne relève-t-il pas davantage des contes et légendes que de la réalité ?
4. Il n’y a pas de trace de ce purgatoire dans les textes officiels de l’Église.
5. L’âme qui reste liée au corps de telle manière qu’elle puisse voir ce qui se passe dans le monde d’ici-bas n’est pas vraiment passée par la mort qui est la séparation totale d’avec ce monde et l’entrée dans l’autre monde. Elle n’est donc pas au purgatoire.
6. Ce n’est pas conforme au dogme : Il est dit dans l’Ecriture Sainte : « L’homme meurt une fois puis il reçoit sa récompense. » Or ce purgatoire prolonge la vie terrestre dans un temps qui, comme sur terre, précède le jugement dernier.
7. Ce n’est pas conforme à l’Ecriture qui dit en effet : « Vous savez vous-mêmes parfaitement que le Jour du Seigneur arrive comme un voleur en pleine nuit. Quand les hommes se diront: Paix et sécurité! C’est alors que tout d'un coup fondra sur eux la perdition, comme les douleurs sur la femme enceinte, et ils ne pourront y échapper. » Or, si la mort un long passage, voire un séjour, c’est qu’elle vient progressivement et non brutalement, laissant l’homme dans l’état de mérite ou de démérite où il a été surpris.

Cependant :
Saint Bernard raconte : « Saint Malachie vit un jour sa sœur qui avait trépassé depuis quelques temps. Elle faisait son purgatoire au cimetière : à cause de ses vanités, des soins qu’elle avait eus de sa chevelure et de son corps, elle avait été condamnée à habiter la propre fosse où elle avait été ensevelie et à assister à la dissolution de son cadavre. Le saint offrit pour elle le sacrifice de la messe durant trente jours. Ce terme expiré, il revit à nouveau sa sœur. Cette fois elle avait été condamnée à achever son purgatoire à la porte de l’église, sans doute à cause de ses irrévérences pour le lieu saint, peut être parce qu’elle avait détourné les fidèles de l’attention des Mystères Sacrés. »

Conclusion :
L’Écriture Sainte donne une série de textes dont le sens littéral parle d’un territoire des ombres sans joies, où justes et criminels, rois et esclaves, pieux et impies se retrouvent après la dissolution de leur corps pour y demeurer dans le silence et y redevenir poussière. La Bible hébraïque nomme ce lieu shéol dès le livre de la Genèse : « l'homme insensé ignore qu'il y a là des Ombres et que ses invités sont aux vallées du shéol". Plus tard, dans les livres écrits en grecs, ce lieu est appelé l’Hadès ce qui se réfère au « séjour de la mort » de la mythologie grecque : « Pour eux, durant cette nuit vraiment impuissante, sortie des profondeurs de l'Hadès impuissant, endormis d'un même sommeil, ils étaient tantôt poursuivis par des spectres monstrueux, tantôt paralysés par la défaillance de leur âme; car une peur subite et inattendue les avait envahis. »
Le Magistère de l’Église laisse sur ce point les théologiens sans repères dogmatiques.
Cependant, il est possible d’avancer certains arguments en s’appuyant sur des révélations privées qui paraissent dignes de crédibilité et une longue tradition des saints, des docteurs et des théologiens dans l’Église. De multiples autres témoignages d’apparitions et de révélations faites aux saints confirment ce genre de récit. Donc certaines âmes font leur purgatoire sur terre.
L’existence d’un « passage » entre ce monde et l’autre est d’ailleurs confirmée par les témoins des Near Death Experiences (EMI) qui décrivent un temps relativement court où l’âme, déjà sortie de son corps de chair, n’est pas encore entrée dans l’autre monde. Ils distinguent trois étapes dont la première est une présence en ce monde ; la seconde est un passage en forme de tunnel ; et la troisième un jardin magnifique où ils peuvent s’avancer jusqu’à une certaine limite, symbolisée par une barrière, une rivière ou tout autre limite.

Solutions :
1. C’est au sens théologique et scripturaire que la mort a de tout temps été regardée comme un passage, sens qui ne s’oppose pas à la définition philosophique d’Aristote mais regarde les choses sous un autre rapport. Au plan théologique, est considéré comme ayant franchit la mort celui qui est entré dans l’autre monde, soit pour son salut, soit pour sa perte éternelle.
2. Il est clair que, universellement dans le monde, la croyance au phénomène des âmes errantes est attestée. Mais la tradition biblique scripturaire n’est pas étrangère à cela, non seulement dans ses nombreuses attestations sur le shéol, mais aussi dans le livre de l’Exode tout entier qui est reconnu par la tradition rabbinique comme une métaphore exprimant le passage de cette vie (l’Egypte) à l’autre monde (la terre promise) à travers la mort (le désert). Et on voit bien le livre de l’Exode décrire ce passage comme une véritable purification qui, en l’occurrence, alors qu’il devait durer quelques semaines, dura 40 ans par la faute du peuple Hébreux.
3. La possibilité d’une telle localisation pour l’âme d’un mort s’explique facilement si l’on considère ce que nous avons montré sur la survivance dans les morts d’une vie non seulement spirituelle mais d’un corps psychique. Des traités pluriséculaires, écrits dans les traditions philosophiques égyptiennes (le kâ et le baï ), chinoises, hindoues et tibétaines (corps astral), animistes (esprits) en parlent. C’est d’ailleurs là qu’on trouve les plus profondes explications philosophiques du phénomène. Selon ces traditions, on peut discerner dans l’être humain trois degrés de vie auxquels correspondent trois « natures » unifiées en une personne et parfaitement adaptés l’une à l’autre : le corps physique, le corps psychique et l’esprit.
Dans l’hindouisme, le corps physique est le siège d’un autre corps, appelé le corps astral. Le corps astral est, avec le corps physique, le siège des facultés psychiques comme les sensations, les passions, l’imagination, la mémoire, l’estimative. Mais, selon cette tradition, la survie de ce dernier est indépendante de la mort du premier. Si l’on tue le corps physique, son double subsiste. Cette propriété explique l’expérience de la décorporation, aussi bien chez l’homme que chez l’animal.
4. Lorsque des prêtres sont confrontés à ce phénomène de revenants, ils usent naturellement d’une procédure liée aux âmes du purgatoire, comme on le voit dans le cas de saint Malachie cité ci-dessus.
1° L’enquête est première. Toutes les histoires d’âmes en peine ne doivent pas être prises à la lettre. Une imagination effrayée peut inventer bien des fantasmes.
2° Si le cas est avéré, la deuxième étape est la parole d’explication adressée à l’âme. Parce que la connaissance précède l’amour et que ces âmes sont dans une grande ignorance de ce qui leur est arrivé, les vivants, s’ils se rendent compte de leur présence, ont le pouvoir de les aider en leur expliquant leur erreur et le chemin qui leur est ouvert vers l’autre monde.
3° La troisième étape est la prière : Face au phénomène, la réponse doit être la miséricorde et la prière qui, offerts pour elles, ont une efficacité étonnante. L’âme en peine est bouleversée, comme le serait le plus solitaire des prisonniers, qui, pour la première fois, recevrait une lettre. Ce geste est souvent efficace, surtout lorsque l’âme, après un long temps de solitude, est dans de bonnes dispositions et a besoin de présence affective. Elle peut, devant un geste d’attention, comprendre assez rapidement la grandeur de l’amour. Si on l’y invite et qu’elle a dépassé son blocage intérieur, elle appelle le Sauveur. Elle passe alors dans un autre purgatoire, celui de la parousie du Christ.
5. On peut répondre à cette objection en disant que les apparitions de revenants sont dues à des âmes qui sont dans la mort au sens théologique. Elle est un passage qui peut durer plusieurs jours selon Marthe Robin, voire des années après la mort au sens clinique du corps charnel, selon des récits dignes de crédibilité. La partie psychique de son être subsistant, ces morts errent sur la terre ou dans le parvis de l’autre monde sans avoir vécu la parousie du Christ, des saints et des anges. Elles sont donc entre deux mondes et cet état n’est pas normal. Leur nature aspire au contact avec les vivants des deux mondes et souffre de la solitude.
6. L’homme ne meurt qu’une fois. Il ne revient jamais pour se réincarner sur terre. Ce qui n’empêche pas que la mort puisse être un passage purifiant, pouvant durer de longues années. Ce n’est qu’après cette mort selon la lettre du dogme de Benoît XII , c’est-à-dire après ce passage, et après la parousie du Christ glorieux que l’homme, définitivement stabilisé en état de mérite ou de démérite, reçoit sa récompense s’il ne reste rien à purifier en lui, ou son châtiment.
7. L’heure de la mort arrive d’un coup, sauf bien sûr si une longue maladie ou la vieillesse extrême prévient l’homme attentif. La mort arrache l’homme à cette terre et à ses richesses matérielles. C’est justement lorsque l’homme, surpris par sa venue, refuse de quitter ses attaches à cette terre, qu’il peut être laissé par le Christ dans ce prolongement de temps. D’où l’intérêt du sacrement des malades qui vise, à travers son rituel, à préparer les hommes à ce détachement. Ceci ne veut pas dire que Dieu stériliserait par la mort toute liberté humaine, la statufiant pour l’éternité dans l’état de grâce ou d’absence de grâce, comme le crurent les anciens théologiens. Au contraire, d’une manière ou d’une autre, comme l’enseigne le Concile Vatican II , il est certain que Dieu proposera sa grâce à tout homme avant son entrée dans l’autre monde.
Q. 16, article 2 — La peine de ce purgatoire est-elle voulue par Dieu ?
Objections :
1. Tout ce qui peut produire du salut est voulu par Dieu. Or ce prolongement de la vie terrestre, en plongeant l’âme dans la solitude et le malheur, produit souvent de l’humilité, au moins chez les hommes de bonne volonté, donc une disposition au salut. Donc ce purgatoire est voulu par Dieu.

Cependant :
Dans le chapitre 14 du livre des Nombres, on voit que c’est le peuple Hébreux qui, de sa propre initiative, refuse de suivre les indications de Moïse et d’entrer tout de suite dans la terre promise, effrayé à l’idée d’affronter un autre monde et plein de nostalgie pour le pays d’Egypte : « Alors toute la communauté éleva la voix; ils poussèrent des cris; et cette nuit-là le peuple pleura. » Ce n’est qu’en conséquence que Dieu transforme ce passage par le désert en un véritable séjour, une errance de quarante années : « et vos fils seront nomades dans le désert pendant 40 ans, portant le poids de votre infidélité, jusqu'à ce que vos cadavres soient au complet dans le désert. » Donc ce purgatoire est d’abord une responsabilité de l’homme.

Conclusion :
Le projet de Dieu est le salut des hommes. Il n’impose donc pas à l’homme une épreuve sans qu’elle ne soit utile, d’une manière ou d’une autre, pour son salut. C’est pourquoi, en fonction de la mentalité de telle ou telle âme, il peut être sage que Dieu lui laisse souffrir un temps de purgatoire dans ce passage de la mort, et parfois sur les lieux même de sa vie terrestre. On peut voir à cela deux raisons :
1° Le bien de l’âme elle-même. Deux raisons peuvent expliquer qu’une âme ne soit pas prête à entrer dans l’autre monde :
La première vient de ses attaches trop fortes à cette terre, comme on le voit dans la parabole de l’homme des greniers : « et je dirai à mon âme: Mon âme, tu as quantité de biens en réserve pour de nombreuses années; repose-toi, mange, bois, fais la fête. Mais Dieu lui dit: Insensé, cette nuit même, on va te redemander ton âme. » Il est probable qu’un tel homme, surpris par une mort brutal, reste attaché un long temps à ces grenier qui faisaient le but de sa vie. C’est l’âme elle-même qui reste comme "accrochée" au lieu où elle a vécu, incapable malgré la disparition de la chair, de s’en détacher. Il s’agit donc d’une âme pathologiquement attachée à quelque chose de terrestre au point qu’elle est incapable de considérer la Lumière du Christ ou de son ange au moment de son apparition, malgré sa beauté. Cette âme est certes en état de mort spirituelle, sans être pourtant coupable d’un blasphème explicite contre l’Esprit. Elle peut donc être sauvée. Pour que la parousie du Christ puisse produire son effet, à savoir le choix lucide entre le Ciel ou l’enfer, il est nécessaire que la gangue qui l’enferme soit quelque peu et progressivement dégrossie.
La deuxième peut venir du refus d’une âme mourante d’affronter l’apparition lumineuse du Ciel, à cause de la conscience d’un important crime passé non pardonné, comme dans ce texte : « A cette vue, Simon-Pierre se jeta aux genoux de Jésus, en disant: « Eloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur! » Ainsi, sainte Faustine décrit le salut d’un grand pécheur de ce purgatoire à travers un dialogue entre l’âme et Jésus :
« - L'âme, comme éveillée : Est-il possible qu'il y ait encore de la miséricorde pour moi ? demande-t-elle pleine d'effroi.
- Jésus : C'est justement toi, mon enfant, qui as un droit exclusif à ma miséricorde. Permets à ma miséricorde d'agir en toi, dans ta pauvre âme ; permets aux rayons de la grâce d'entrer dans ton âme, ils apportent avec eux la lumière, la chaleur et la vie.
- L'âme : Pourtant la crainte m'envahit au seul souvenir de mes péchés et cette terrible frayeur me pousse à douter de Ta bonté. »
Pour ces deux raisons, le Christ ou son ange peuvent retarder leur parousie. L’âme qui s'accroche à cette terre reste dans le passage de la mort, bloquée sur les lieux où elle a péché sans pouvoir se livrer au péché. Elle touche du doigt d’une certaine façon la vanité du péché. De même, l’âme qui, ayant commis un grand péché, fuit la rencontre de son juge, délaissée dans le désespoir solitaire de ce second purgatoire, visitée au bout d’un long temps d’abandon par les anges ou par la prière des vivants, peut apprendre à demander pardon.

2° La deuxième raison est l’instruction des vivants lorsque, par exception, les âmes en peine de ce purgatoire manifestent leur présence. À la vue de leurs souffrances, les vivants sont amenés à convertir leurs mœurs pour éviter à leur tour de subir cette errance qui suit la mort. En outre, les vivants sont ainsi conduits à offrir leurs prières comme adoucissement aux peines des morts. Pour cela, Dieu permet parfois que les âmes de ce purgatoire apparaissent ou se fassent entendre des vivants. Il leur est difficile de le faire par elles-mêmes car le corps psychique qu’elles gardent est peu adapté à ce genre de contact. C’est pourquoi ceux qui parlent des phénomènes des revenants décrivent parfois la vision d’un corps vaporeux, fait d’énergie physique. Il faut en tout cas tenir que la subsistance de ce lien avec la matière est naturel, comme nous l’avons dit précédemment, même si sa manifestation aux vivants n’est pas aisée pour l’âme faite pour se rendre visible à travers son corps charnel.
La plupart du temps, l’apparition est produite à travers une aide de Dieu et de ses anges. Le phénomène des revenants, quand il se produit, ne doit pas effrayer. Qu’on se rappelle la réaction des disciples de Jésus quand ils le virent s’approcher d’eux en marchant sur les eaux : « Ils crurent que c’était un fantôme, et poussèrent des cris. »

Solutions :
1. Ce purgatoire n’est pas voulu par Dieu directement et par soi mais comme un moyen, une dernière planche de salut, adaptée à certaines âmes. Il peut y avoir dans cette expérience un réel progrès spirituel de certains hommes matérialistes et encore rustres, peu disposés à accueillir l’apparition lumineuse de l’ange de Dieu ou du Christ. Cette prolongation de la vie terrestre, peut faire naître une plus grande sensibilité au spirituel. Ce purgatoire devait être très fréquent dans les temps anciens, à l’époque frustre des générations antiques, selon l’Écriture : « Ce sont les héros du temps jadis, ces hommes fameux. Yahvé voyait que la méchanceté de l'homme était grande sur la terre et que son cœur ne formait que de mauvais desseins à longueur de journée. » De nos jours, la sensibilité et la culture s’étant affinées, il semble être moins universellement nécessaire. Cela explique des récits tels que ceux rapportés par saint Bernard.
Q. 16, article 3 — La peine principale du shéol est-elle la solitude de l’errance ?
Objections :
Il ne semble pas qu’on puisse qualifier ce purgatoire par les notions de solitude et d’errance. En effet, pour caractériser un purgatoire, il faut quelque chose qui lui soit propre, comme la parousie du Christ glorieux dans le troisième. Or la terre est elle aussi le plus souvent un lieu de solitude, sans compter les purgatoires qui suivent la parousie du Christ.
2. Dans cette comparaison, Jésus dit à ses disciples : « En vérité, je vous le dis, il sera difficile à un riche d'entrer dans le Royaume des Cieux. Oui, je vous le répète, il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume des Cieux. » Il semble donc que ce purgatoire, adapté aux âmes riches, se caractérise par le détachement de soi-même et non par la solitude et l’errance.

Cependant :
Le psaume 116, 3 dit : « Les lacets de la mort m'enserraient, les filets du shéol; l'angoisse et l'affliction me tenaient, j'appelai le nom de Yahvé. De grâce, Yahvé, délivre mon âme! » et le livre de la sagesse 17, 2 ajoute : « Alors que des impies s'imaginaient tenir en leur pouvoir une nation sainte, devenus prisonniers des ténèbres, dans les entraves d'une longue nuit, ils gisaient enfermés sous leurs toits, bannis de la providence éternelle. Alors qu'ils pensaient demeurer cachés avec leurs péchés secrets, sous le sombre voile de l'oubli, ils furent dispersés, en proie à de terribles frayeurs, épouvantés par des fantômes. Car le réduit qui les abritait ne les préservait pas de la peur; des bruits effrayants retentissaient autour d'eux, et des spectres lugubres, au visage morne, leur apparaissaient. »

Conclusion :
Dans le passage de la mort, le mourant n’est pas nécessairement confronté d’un seul coup à toutes les étapes qui le conduiront au choix éternel. Il arrive que ce ne soit que dans un second temps que le Christ paraisse et que sa gloire libère l’âme de toute faiblesse et ignorance. Ainsi, lorsque le Christ retarde son apparition, c’est pour mieux la disposer au salut. Dans cette circonstance, le péché contre le Père, à savoir le péché mortel de faiblesse et le péché contre le Fils, à savoir le péché du à l’ignorance restent possibles. Sans pouvoir atteindre une finalité ni sur terre ni au Ciel, l’âme erre entre deux mondes à la recherche d’un but. Privée pour un temps de toute affection humaine et divine, elle se tourne vers les créatures avec angoisse, ne parvenant plus à en obtenir de satisfaction. Ne pouvant être vues par les hommes vivants (sauf cas exceptionnel) et étant séparées de l’au-delà, leur solitude est totale. Si cette solitude dure plusieurs années, plusieurs siècles, elle finit par produire un retournement. La vanité des choses auxquelles elles sont attachées finit par s’imposer. Ils comprennent que l’unique bien est l’Amour ou au contraire l’égoïsme. Comme un feu contrariant la nature de son esprit et de sa sensibilité, l’effet douloureux de cette errance affine l’âme et la dispose à recevoir en temps voulu deux choses :
1° Un détachement de ses anciennes affections terrestres.
2° Une soif ardente d’un salut.

Solutions :
1. Chacun des purgatoires participe, d’une manière ou d’une autre, à la transformation de l’esprit humain dans l’humilité et l’amour en vue de l’union à Dieu. Pour les caractériser, on regarde ce qui est universellement vécu dans chacun d’eux. Ainsi, pour le premier purgatoire, celui de cette terre, qu’on peut aussi appeler « premier Ciel », la vie est liée au corps biologique. C’est pourquoi ce premier ciel est physique et sa purification peut être caractérisée par la dimension de fragilité charnelle, la nécessité de se nourrir et de mourir, l’incertitude sur la survie après la mort.
Le deuxième ciel est le ciel psychique. L’âme est enserrée dans les liens de sa propre psychologie pécheresse et elle est conduite à s’en détacher par une confrontation à la solitude. Faite pour aimer, l’âme s’ennuie, puis souffre, puis appelle.
Le troisième Ciel est mystique car il correspond à la parousie du Christ accompagné des saints et des anges, qui délivre l’âme de ses faiblesses et de ses ignorances, et lui communique, si elle l’accepte, la plénitude de la grâce sanctifiante.
Quant au fait que certains vivent de cette grâce sanctifiante dès le premier ciel, il n’implique pas qu’on doive caractériser la vie terrestre par cette grâce qui est le fait d’un petit nombre.
2. Le détachement de soi-même est une des dispositions du cœur nécessaire comme préparation à une bonne réception de la grâce. En ce monde, ce détachement -qu’il soit matériel, psychologique ou spirituel- est produit principalement par le silence de Dieu, l’injustice, la famine, la maladie, la guerre et la mort, comme le montre le livre de l’Apocalypse 6-8, à travers les sept mystères scellés. Mais parfois, ces épreuves n’arrivent pas ou ne suffisent pas. C’est pourquoi, dans le passage de la mort et avant la parousie du Christ, cet effet peut être approfondi par la douloureuse expérience de la solitude, dans un séjour ou la souffrance physique n’existe plus, mais où le psychisme humain reste fait pour la compagnie de ses proches, tandis que son esprit reste en attente d’un sens à la vie. C’est pourquoi, bien que le deuxième purgatoire vise à libérer l’âme de ses richesses, il peut être caractérisé par son épreuve significative qui est la solitude et l’errance.
Q. 16, article 4 — Les âmes de ce purgatoire sont-elles tourmentées par les démons ?

Objections :
1. Il ne convient pas que les anges révoltés viennent tourmenter et tenter les âmes de ce purgatoire. En effet, les démons ont reçu un pouvoir provisoire en cette terre, par le choix libre d’Adam et Eve lorsqu’ils vivaient dans leur chair. Or, dans la mort, le corps de chair ayant disparu, le pouvoir donné par Adam et Eve disparaît aussi.

Cependant :
Le chapitre 17 du livre de la Sagesse décrit le tourment qui en sort : « Pour eux, impuissants durant cette nuit des profondeurs de l'Hadès, ils étaient tantôt poursuivis par des spectres monstrueux, tantôt paralysés par la défaillance de leur âme ; car une peur subite et inattendue les envahissait. Celui qui tombait là, quel qu'il fût, se trouvait emprisonné dans cette geôle sans verrous. » Tout ceci relève à la fois de la faiblesse d’une psychologie malade et non délivrée du « foyer du péché », et des tentations des démons.

Conclusion :
Ce deuxième purgatoire est, rappelons-le, un prolongement exceptionnel de la vie terrestre, adapté à certaines âmes. Il est donc logique que certains des instruments de Dieu utilisés pour notre salut en cette vie soient encore utilisés. Ainsi en est-il de l’ignorance, mais aussi de certaines des faiblesses psychologiques de cette terre. Tel en est-il aussi du rôle de Satan qui, pour ce qui est de lui, n’a pas pour but de sauver l’homme mais au contraire de l’habituer à l’égoïsme.
Or il faut remarquer que les anges révoltés peuvent visiter l’homme sous deux formes :
1° Ils se font serpent (Satan) sur cette terre: Leur action consiste à se cacher dans la vie des hommes pour les habituer à des égoïsmes matériels - plaisir égoïste, argent égoïste, gloire égoïste -. Le but de Satan est de disposer la volonté humaine à l'égoïsme.
2° Mais les démons se montrent sous leur vrai jour d'Anges de lumière (Lucifer) au dernier moment de notre vie, c’est-à-dire à l'heure de notre mort et à la fin du monde. Là, ils nous révèlent la vraie raison de leur révolte à savoir la liberté, la dignité, l’exigence d'un changement des plans de Dieu, le refus de l'humilité et de l'amour. Ils espèrent que, habitués à l'égoïsme, nous les suivrons librement dans leur révolte.
Dans ce deuxième purgatoire, c’est en tant que Satan que les anges révoltés tourmentent les âmes. Ils prolongent leur œuvre de la terre en appliquant à l’âme des tentations cependant moins charnelles, le corps ayant disparu. Ils les tentent principalement par la convoitise frustrée, le désespoir et la colère.
Ce n’est que lorsque arrive le troisième purgatoire, à savoir la parousie du Christ, que les démons se montrent comme Lucifer, présentant à la liberté de l’âme son projet de salut alternatif.

Solutions :
1. Comme on l’a dit, ce purgatoire est un prolongement de cette vie et non une partie de l’autre monde. Tant que le Christ n’est pas venu, lui qui détient les clefs de l’Hadès , certaines des lois de cette vie fragile restent utiles pour le salut de l’âme. Ainsi en est-il de l’Hadès que le Christ vient visiter lui-même, à l’heure qu’il estime la plus adaptée au salut.
Q. 16, article 5 — Ce purgatoire est-il plus douloureux que la vie d’ici-bas ?
Objections :
Il ne semble pas car, sur un point au moins, ces âmes expérimentent leur immortalité, chose dont beaucoup doutent dans l’angoisse sur terre.
2. La vie terrestre laisse l’homme dans un état proche de l’animal puisqu’il doit trouver chaque jour sa nourriture et peut mourir d’un simple accident. Dans le passage de la mort, l’âme est délivrée de tout cela. Donc ce purgatoire est moins douloureux et plus stable que la vie terrestre.
3. Le livre de Job montre que le shéol est souvent un séjour de paix par rapport à la misère de cette vie : « Or mon espoir, c'est d'habiter le shéol, d'étendre ma couche dans les ténèbres. »

Cependant :
L’Ecriture Sainte décrit le shéol comme un séjour sans joie : « Les flots de la Hadès m'enveloppaient, les torrents de Bélial m'épouvantaient; les filets du shéol me cernaient, les pièges de la mort m'attendaient. »

Conclusion :
On peut regarder chaque purgatoire de deux façons :
1° D’abord selon les lois générales qui le caractérisent. Le deuxième purgatoire a pour but de briser le cœur endurci de ceux qui y transitent à travers l’expérience d’une longue et désespérante solitude et errance. La personne étant seule et n’ayant plus son corps de chair, mais seulement sa vie sensible, rien ne peut venir la distraire de l’angoisse. En comparaison, les lois de la vie terrestre permettent de grands moments de bonheur. Donc, selon ses lois générale, le shéol est plus étranger à la nature humaine et beaucoup plus douloureux.
2° On peut regarder chaque purgatoire selon la manière individuelle dont il a été vécu. Selon cette approche, il arrive que le premier purgatoire, celui de cette terre soit pour certains le plus terrible de tous. Je vise principalement les personnes qui, n’ayant pu trouver de réconfort à l’angoisse dans des occupations extérieures ou dans un endurcissement de leur âme, sont extrêmement sensibles à l’épreuve, parfois jusqu’à mettre un terme à leur vie. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, ayant connu cette tentation du désespoir dès ici-bas dans les affres de sa maladie et du silence de Dieu, écrivait qu’elle comprenait l’acte de ceux qui désirent la mort. Pour ces personnes là, le plus terrible des purgatoires peut être la terre.

Solutions :
1. Sous le point de vue de l’épreuve de la mortalité, le purgatoire de la terre est effectivement le plus terrible puisque les âmes du shéol expérimentent leur indestructibilité. Cependant, non seulement l’homme ne pense pas sur terre à chaque instant à sa mort, mais il peut soit par raisonnement philosophique soit par la foi, vivre dans la certitude de la survie.
Cependant, on doit admettre que pour certains hommes, ceux qui vivent dans l’angoisse de leur mortalité et de la vanité de toute chose, cette épreuve peut être source de désespoir et être donc de la plus terrible des souffrances qu’aucun autre purgatoire ne pourra dépasser.
2. « L’homme ne vit pas seulement de pain… », dit Jésus. Celui qui a souffert expérimente que plus la souffrance touche une dimension profonde de son être, plus elle est douloureuse.
1° Ainsi les souffrances physiques seules, sont moins douloureuses que 2° les souffrances psychologiques à savoir que les passions négatives comme la tristesse, la peur, le désespoir. L’incertitude, source de peurs et d’espoirs alternés, de l’homme qui ne sait pas s’il sera torturé le fait plus sûrement parler que les tortures physiques d’un homme qui, fort dans sa psychologie, défie ses bourreaux. 3° De même les souffrances spirituelles comme le fait d’avoir livrer ses amis à l’ennemi pour éviter la torture physique sont plus douloureuses que la torture elle-même. 4° Au dessus de tout, les souffrances « mystiques », celles qui sont liées à la perte totale du sens à sa vie, conduisent ceux qui les subissent à l’idée du suicide.
Ainsi, si la disparition du corps charnel dans le passage de la mort délivre l’homme des douleurs physiques, elles exacerbent la sensibilité à la douleur psychologique par l’incapacité de l’âme à atteindre les plaisirs sensibles de jadis, spirituelle par l’absence de la compagnie de sa famille et de ses amis, et mystique à cause du silence du Ciel resté fermé. C’est ce que montre Moïse dans le désert de l’Exode, qui est le symbole du shéol : « Il t'a humilié, il t'a fait sentir la faim, il t'a donné à manger la manne que ni toi ni tes pères n'aviez connue, pour te montrer que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais que l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche de Yahvé. »
3. Pour l’homme qui vit sur terre un vrai désespoir, tout autre lieu que cette vie devenue insensée semble meilleure. Pourtant, le suicide ne résout rien et celui qui le pratique doit, comme tout homme, à un moment où à un autre, soit dans le passage de la mort ou après la parousie du Christ, expérimenter cette mort à lui-même pour entrer dans le septième Ciel de la Vision de Dieu. Voilà pourquoi le suicide est un acte dommageable, quoique souvent pardonné puisque le plus souvent regretté, et qui ne fait que retarder la purification de l’âme.

Q. 16, article 6 — Les âmes de ces purgatoires sont-elles saintes ?
Objections :
1. Elles sont nécessairement saintes, c’est-à-dire en état de mérite, sinon, selon le dogme solennel de Benoît XII , elles sont damnées pour l’éternité puisque ces âmes vivent après la mort. En effet, Benoît XII écrit : « Selon la disposition générale de Dieu, les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent aussitôt après leur mort en enfer. »
2. Sainte Catherine de Gênes note : « L’ardent désir de Dieu est ressenti comme une peine qui est proprement celle du purgatoire. » Or un ardent désir de Dieu est la définition de la sainteté. Donc…

Cependant :
Loin d’être saints, les Hébreux excitèrent la colère de Dieu par leur refus d’entrer dès leur sortie d’Egypte dans la Terre promise. C’est donc à cause de leurs péchés que Dieu les condamna à errer puis à mourir au désert. De même, les âmes ne restent dans le shéol jusqu’à leur mort à elles-mêmes par le désespoir qu’à cause de leur péché grave et actuel.

Conclusion :
Les âmes de ce deuxième purgatoire sont nécessairement en état de mort spirituelle. Comme nous l’avons montré, elles ne restent dans le passage de la mort que pour deux causes :
1° Leur attachement extrême à la terre.
2° Leur refus de rencontrer la lumière du Christ, à cause d’un grand péché dont, ayant conscience, les paralyse dans la peur.
Or ces deux causes sont deux péchés contraires à l’existence de la charité. Un homme centré sur des biens créés ou effrayé par la venue du Messie ou de son ange ne peut en même temps l’aimer dans une amitié réciproque.
Mais c’est parce que ces péchés mortels ne constituent pas un blasphème contre l’Esprit Saint (pleine lucidité et maîtrise de soi) que ce purgatoire à sa raison d’être. Ces âmes peuvent être sauvées et ce prolongement de vie dans l’errance vise à les disposer à accueillir l’Evangile du Christ au jour de sa venue.

Solutions
1. Comme nous l’avons montré, ce purgatoire n’est pas « après la mort. » Il est le passage de la mort lui-même, dont la durée est prolongée exceptionnellement pour certaines âmes. Les expressions bibliques « shéol » ou « Hadès » ne signifient pas autre chose que « la mort. » Elle est un passage qui peut durer plusieurs jours selon Marthe Robin, voire des années après la mort au sens clinique du corps charnel, selon des récits dignes de crédibilité. La partie psychique de son être subsistant, ces morts errent entre deux séjours, parfois sur la terre ou dans les parvis de l’autre monde, sans avoir vécu la parousie du Christ, des saints et des anges. Si, face à la venue du Christ qui se produit dans ce passage, une âme du shéol s’obstine dans son péché mortel, c’est qu’elle est dans un état de blasphème contre l’Esprit Saint. Elle est alors damnée pour l’éternité car elle entre dans le monde qui suit la mort en état de démérite parfaitement lucide, volontaire et libre.
2. Sainte Catherine de Gênes ne parle pas ici de ce purgatoire mais des trois purgatoires mystiques où les âmes saintes qui ont choisi d’aimer le Christ après sa parousie achèvent de se purifier après la mort et le jugement dernier. Dans le shéol, il règne cependant un ardent désir de Dieu, douloureusement ressenti. La grande différence est que cette angoisse, les âmes du shéol n’en connaissent pas toujours la cause alors que dans les purgatoires vus par sainte Catherine de Gênes, les âmes sont paisiblement établies dans la charité et ont compris, comme saint Augustin dans ses Confessions que leur cœur fait pour Dieu aimait jadis Dieu sans le savoir et avant même de le connaître.
Q. 16, article 7 — Les âmes du shéol peuvent-elles se damner ou au contraire peuvent-elles mériter ?
Objections :
1. Selon saint Thomas d’Aquin, le temps de la vie terrestre est celui du mérite et du démérite. Après cette vie terrestre, vient le temps de recevoir la récompense de son mérite ou démérite. Or, si ces âmes sont en état de démérite, elles recevront nécessairement l’enfer. Ce qui n’est pas toujours le cas. Donc ces âmes sont saintes.
2. Sainte Catherine de Gênes dans son Traité du purgatoire que les âmes du purgatoire sont assurée de leur salut et en éprouvent une joie constante. Donc elles ne peuvent se damner.

Cependant :
Sainte Brigitte de Suède rapporte ce dialogue entre Satan et la vierge Marie, à l’occasion de la mort et du salut miraculeux de son fils : « Le démon se mit alors à crier : « Écoutez, Juge tout-puissant. J'ai à me plaindre de votre mère (…). Elle m'a injustement ravi l'âme qui comparaît devant vous. Car, en bonne justice, j'avais le droit de m'en emparer au moment de sa sortie du corps et de l'amener, avec mes compagnons, devant votre tribunal. Or, ô juste Juge, l'âme n'était pas sortie pour ainsi dire du corps, que cette femme, votre Mère, s'en est saisie, l'a couverte de sa puissante protection, et vous l'a présentée. » La sainte Vierge dit à Satan : "Tu vois, Satan, dans quelles dispositions cet homme est mort. Que te semble-t-il donc ? N'était-il pas juste que je prisse cette âme sous ma protection devant le tribunal de Dieu, et pouvais-je la laisser tomber en tes mains pour partager tes supplices?" Et Satan demanda de nouveau: "Pourquoi, ô Reine, à l'heure de l'agonie de cette âme, nous avez-vous mis en fuite de telle sorte qu'aucun de nous n'a pu ni la troubler ni l'effrayer?" »
Sainte Faustine rapporte en sens contraire le cas d’une possible damnation dans le passage de la mort : « "Conversation de Dieu miséricordieux avec l'âme désespérée :
- Jésus : Ame plongée dans les ténèbres, ne désespère pas, tout n'est pas encore perdu, entre en conversation avec ton Dieu qui est amour et miséricorde même. - Mais malheureusement l'âme demeure sourde à l'appel de Dieu et se plonge dans des ténèbres plus grandes encore.
- Jésus l'appelle à nouveau : Ame, entends la voix de ton Père miséricordieux.
- Une réponse s'éveille en l'âme : Il n'y a plus pour moi de miséricorde. Et elle tombe dans des ténèbres encore plus grandes, dans une sorte de désespoir qui lui donne comme un avant-goût de l'enfer et la rend complètement incapable de se rapprocher de Dieu.
- Pour la troisième fois, Jésus s'adresse à l'âme, mais l'âme est sourde et aveugle et elle commence à s'affermir dans l'endurcissement et le désespoir. Alors des entrailles de la miséricorde divine un dernier effort est tenté et sans aucune coopération de l'âme, Dieu lui donne Sa dernière grâce. Si elle la dédaigne, Dieu la laisse alors dans l'état où elle-même veut être pour les siècles." » Donc, si on peut être sauvé ou damné dans le passage de la mort.

Conclusion :
Ce purgatoire est situé avant la mort accomplie, entre ce monde et l’autre, comme à la onzième heure de cette vie. Il a lieu avant la parousie du Christ qui permettra le choix définitif de l’âme. Donc l’âme n’a absolument pas reçu les conditions nécessaires à l’acte parfaitement lucide, volontaire et libre qui lui permettrait de se tourner vers la grâce ou au contraire de la rejeter. Comme sur terre, l’âme n’est absolument pas assurée de son salut dont, bien souvent, elle ignore la nature. Ce n’est que lorsque le Christ paraît à ces ouvriers de la onzième heure , qu’il les a appelés à la vigne pour y travailler, qu’ils peuvent s’y rendre ou refuser. Ainsi en est-il pour les âmes du shéol. Elles peuvent donc se damner.

Solutions :
1. Les ouvriers de la onzième heure ne sont pas « après la mort » mais dans le passage de la mort comme nous l’avons dit.
2. Sainte Catherine de Gênes dans son Traité du purgatoire, ne décrit pas ce purgatoire là mais les purgatoires qui se situent après le retour du Christ et après l’entrée dans l’autre monde.
Q. 16, article 8 — Les âmes du shéol peuvent-elles prier pour nous ?
Objections :
1. Saint Alphonse de Ligori écrit : « On doit le croire pieusement, Dieu leur manifeste nos prières afin que ces saintes âmes intercèdent pour nous et qu’ainsi entre elles et nous soit conservé ce bel échange de charité ; Elles prient pour nous et nous prions pour elles. »

Cependant :
D’après l’opinion de saint Thomas d’Aquin, les âmes du purgatoire sont dans un tel état d’affliction qu’elles ne peuvent prier pour personne. Elles sont entièrement occupées de leur purification.

Conclusion :
Nous avons montré que ces âmes ne font du passage de la mort un séjour durable qu’à cause d’un attachement très fort aux choses de cette terre, ou encore par un acte de leur conscience qui fuit la lumière du Christ qui vient. Elles ne vivent donc pas de la charité et sont extrêmement centrées sur elles-mêmes. Tout cela ne constitue pas une disposition favorable à la prière.
Par contre, il se produit pour celles pour qui ce purgatoire se révèle profitable, non seulement un détachement vis-à-vis de la terre, mais un progrès dans le repentir selon cette parole biblique : « Les flots de la Mort m'enveloppaient, les torrents de Bélial m'épouvantaient; les filets du shéol me cernaient, les pièges de la mort m'attendaient. Dans mon angoisse j'invoquai Yahvé et vers mon Dieu je lançai mon cri; il entendit de son temple ma voix et mon cri parvint à ses oreilles. »
C’est pourquoi, lorsque l’âme arrive au terme de cette étape de purification, on doit dire que non seulement elle prie Dieu mais qu’elle se met à prier pour les hommes qu’elle voit puisque, comme on l’a dit, beaucoup font ce purgatoire dans les lieux mêmes où elles ont vécues et qu’elles ne quittent pas.

Solutions :
1. Saint Alphonse de Ligori parle ici des purgatoires mystiques qui suivent la parousie du Christ ou encore de l’état de certaines âmes du shéol, lorsqu’elles sont proches de leur délivrance et s’ouvrent enfin à la grâce.
A l’objection en sens contraire :
Il faut répondre que, comme sur terre, les dispositions intérieures des âmes de ce shéol sont diverses et peuvent évoluer selon qu’elles entrent dans une démarche de repentir ou au contraire se durcissent dans l’obstination. Il arrive que, au début de ce long temps d’errance, certaines sont entièrement prises par leurs attaches terrestres, tandis que vers la fin, usée par le désespoir et pleines de bonnes dispositions, elles se mettent à prier pour les hommes qu’elles voient dans les lieux où elles résident et qui, souvent, les ont eux-mêmes aidés de leurs prières.
Q. 16, article 9 — Est-ce dans ce purgatoire que le Christ glorieux paraît dans sa gloire ?
Objections :
1. Le Christ devrait apparaître au tout début de l’entrée dans la mort et non au terme de ce passage. (Un peu lourde)
2. D’après saint Paul, c’est plutôt la venue du démon ou de l’Antéchrist qu’on doit attendre avant la fin de cette vie : « Ne vous laissez pas trop vite mettre hors de sens ni alarmer par des manifestations de l'Esprit, des paroles ou des lettres données comme venant de nous, et qui vous feraient penser que le jour du Seigneur est déjà là. Que personne ne vous abuse d'aucune manière. Auparavant doit venir l'apostasie et se révéler l'Homme impie, l'Etre perdu, l'Adversaire, celui qui s'élève au-dessus de tout ce qui porte le nom de Dieu ou reçoit un culte, allant jusqu'à s'asseoir en personne dans le sanctuaire de Dieu, se produisant lui-même comme Dieu. »
Cependant :
L’Apocalypse 1, 17 rapporte cette parole du Christ : « Ne crains pas, je suis le Premier et le Dernier, le Vivant; je fus mort, et me voici vivant pour les siècles des siècles, détenant la clef de la Mort et de l'Hadès. » Donc c’est le Christ qui met fin à l’Hadès en y apparaissant aux mourants.
De plus, avant et après sa passion, le Christ dit et fait dire de nombreuse fois à ses disciples par des anges : « Il est ressuscité d'entre les morts, et voilà qu'il vous précède en Galilée; c'est là que vous le verrez. » Or, la Galilée des nations est présentée par l’Ecriture comme le sombre pays de la mort : « Galilée des nations ! Le peuple qui demeurait dans les ténèbres a vu une grande lumière; sur ceux qui demeuraient dans la région sombre de la mort, une lumière s'est levée. » C’est donc dans ce passage de la mort que le Christ paraît dans sa gloire à tous les hommes de toutes les nations.

Conclusion :
Universellement, pour tous les hommes de tout temps, il est nécessaire que, avant l’entrée dans l’autre monde, la Bonne Nouvelle du salut soit prêchée en pleine lumière et sans que la personne soit esclave de quelques faiblesse ou peur. Cela se fait déjà en cette chair pour certains et dans le passage de la mort pour tous, de telle manière que tout homme qui entre dans l’autre monde soit en état de mérite ou de démérite de manière entièrement libre.
C’est pourquoi, avant l’incarnation du Verbe, cette annonce de la future rédemption était faite par un messager de Dieu, tandis que, après la rédemption, elle est accomplie par le Christ lui-même accompagné des saints et des anges, comme nous l’avons montré dans la question 8. C’est pourquoi le pape Paul VI rappelle dans le Credo de 1968 : « Le Christ viendra de nouveau, en gloire cette fois, pour juger les vivants et les morts : chacun selon ses mérites - ceux qui ont répondu à l'amour et à la pitié de Dieu allant à la vie éternelle, ceux qui les ont refusés jusqu'au bout allant au feu qui ne s'éteint pas. »

Solutions :
1. Dieu patiente, selon saint Pierre : « Le Seigneur ne retarde pas l'accomplissement de ce qu'il a promis, comme certains l'accusent de retard, mais il use de patience envers vous, voulant que personne ne périsse, mais que tous arrivent au repentir. Il viendra, le Jour du Seigneur, comme un voleur ; en ce jour, les cieux se dissiperont avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, la terre avec les œuvres qu'elle renferme sera consumée. » Pour la même raison, pour le salut de quelques-uns, rien n’empêche que cette patience de Dieu se prolonge dans la mort, le Christ retardant de quelques jours ou quelques années son apparition, laissant l’âme découvrir la stupidité de son attachement aux vanités de cette terre.
2. Il est vrai que, pour la liberté du choix, il est nécessaire que Lucifer paraisse aussi avant l’entrée dans l’autre monde Mais auparavant, l’âme doit être confrontée à la venue de Lucifer selon ce texte de saint Paul . Lucifer présente à l’âme, comme séducteur puis accusateur son projet fondé sur une liberté orgueilleuse. Mais saint Paul ajoute, dans le même passage : « Alors l'Impie se révélera, et le Seigneur le fera disparaître par le souffle de sa bouche, l'anéantira par la manifestation de sa venue. » ce qui signifie tout homme recevra toute l’aide qu’il lui faut pour échapper à l’attraction de l’enfer. C’est pourquoi sainte Faustine conclut sa vision du salut d’un grand pécheur dans le passage de la mort : « - Jésus : Ame, sache bien que tous tes péchés ne m'ont pas blessés aussi douloureusement le cœur, que ta méfiance actuelle ; comment peux-tu demeurer incrédule devant ma bonté ?
- L'âme : O Seigneur, sauve-moi Toi-même, car je péris, sois pour moi le Sauveur. O Seigneur, je ne suis pas en état d'exprimer le reste, mon pauvre cœur est déchiré, mais Toi, Seigneur...
Jésus ne laissa pas l'âme terminer ces mots, mais l'enleva de terre, de cet abîme de misère et en un moment la conduisit en la demeure de son propre Cœur où tous ses péchés disparurent en un clin d'œil, le feu de l'amour les détruisit. »

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Arnaud
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MessageSujet: Re: doctrine des ames errantes   Dim 05 Sep 2010, 22:12

Merci, cher Arnaud, pour vos précisions.

Je comprends donc que le Magistère ne s'est pas prononcé.

Cependant il semble bien qu'une position doctrinale de la conférence des évêques de France ait bien été émise sur le sujet.

Je vous copie ici la citation du Père de Mauroy (c'est moi qui mets en gras):

Citation :
Pour parer le mal ou en être délivré, certains célèbrent « une messe de guérison de l'arbre généalogique ». L'arbre généalogique est porté par le descendant parce qu'il fait l'unité de ses ancêtres. Il peut s'agir d'une messe votive au Christ Rédempteur dans laquelle le célébrant intercède pour que la personne souffrante soit libérée selon le plan de Dieu. La Conférence des Evêques de France a publié un document sur la messe dite de guérison de l'arbre généalogique telle que la préconisait son initiateur, le Dr Keneth Mac All, de confession anglicane, et reprise par le père Hampsch (40), prêtre catholique américain, en la déconseillant fortement (41). Les deux principales raisons invoquées par les évêques sont claires. En premier lieu, du point de vue psychologique, cette messe est à haut risque car elle peut mettre les personnes dans une situation de déresponsabilisation (42). La messe est perçue comme la solution magique qui évitera un travail de purification sur soi. En second lieu, le Dr Keneth Mac All pense que les défunts sont parfois des âmes errantes attendant d'être libérées et d'entrer dans la lumière ; il pense également que les âmes qui ont fait du mal sur terre peuvent continuer à tourmenter les vivants. La doctrine chrétienne ne soutient pas qu'il y ait des âmes errantes (43) car celles-ci se trouvent face à Dieu et sont déterminées par le jugement particulier. Ces deux raisons invalident la messe de guérison de l'arbre généalogique telle que la préconisait le Dr Mac All. Cependant, de la même manière que l'Eglise favorise la célébration des messes à l'intention de ceux qui sont victimes de sortilèges sur plusieurs générations, de même, elle n'interdit pas semble-t-il de célébrer une messe à l'intention de ceux qui souffrent d'un atavisme mauvais dont le démon se sert pour nuire, pourvu que soit bien claire la manière dont Dieu libère du mal dans sa Providence.

Et voici ci-dessous la référence et la citation de la CEF:

Citation :
Conférence des Evêques de France, « Note doctrinale n° 6 sur la guérison des racines familiales par l'eucharistie », 19 Janvier 2007, que l'on pourra trouver sur internet à l'adresse suivante : http://www.cef.fr/catho/endit/txtoffic/2007/20070807note6_guerison_ arbre_genealogique.pdf .

43 - p. 2 : « Que les âmes des défunts encore au purgatoire puissent nuire de façon actuelle et décisive à la santé spirituelle de leurs descendants, et qu'en délivrant les uns, on puisse actuellement guérir les autres, voilà qui apparaîtrait comme une vérité nouvelle dans l'Eglise catholique et sans appui dans la Tradition : on ne saurait donc ni la reconnaître, ni la mettre en pratique ».

Quelle est la valeur d'une telle note doctrinale ? Je vois un pretre exorciste de la Comunauté Saint Jean s'appuyer sur ce jugement. Je suppose donc que les évêques et prêtres lui attribuent un réel poids, en l'absence de position de Rome.

Qu'en pensez-vous ?

Bien à vous,
Antoine
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: doctrine des ames errantes   Dim 05 Sep 2010, 22:19

Cette note engage un dérive assez fréquente : on voit se développer partout une sorte d'animisme chrétien où les âmes errantes côtoie des morts vivants et des démons. Il faut éviter cela et établir une vraie recherche théologique sur cette question, en compagnie de théologiens, d'exorcistes de terrain, de témoins. J'ai entendu que Monseigneur Rey, évêque de Toulon, se penche sur cette question.

Au plan doctrinal, l'Eglise universelle ne dit rien de cette question et ce genre de phénomènes est décrit par certains Pères de l'Eglise dont saint Bernard :

Saint Bernard raconte dans la Vie de saint Malachie :
Citation :
« Saint Malachie vit un jour sa sœur qui avait trépassé depuis quelques temps. Elle faisait son purgatoire au cimetière : à cause de ses vanités, des soins qu’elle avait eus de sa chevelure et de son corps, elle avait été condamnée à habiter la propre fosse où elle avait été ensevelie et à assister à la dissolution de son cadavre. Le saint offrit pour elle le sacrifice de la messe durant trente jours. Ce terme expiré, il revit à nouveau sa sœur. Cette fois elle avait été condamnée à achever son purgatoire à la porte de l’Église, sans doute à cause de ses irrévérences pour le lieu saint, peut être parce qu’elle avait détourné les fidèles de l’attention des Mystères Sacrés. »

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Dernière édition par Arnaud Dumouch le Sam 22 Sep 2012, 21:09, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: doctrine des ames errantes   Lun 06 Sep 2010, 00:58

Il n'y aurait-il pas confusion entre "âmes errantes" et "esprits maléfiques" ?

Les "âmes errantes", étant dans un "bas purgatoire", selon ce qu'en a décrit Arnaud plus haut, ne cherchent pas à nuire ou à être malfaisantes, même si elles peuvent se manifester pour demander des prières et des messes.

Tandis que les "esprits maléfiques" ou le démon et ses légions, eux cherchent à nuire et même gravement. Là oui, cela relève de l'exorcisme.

Je pense que les Evêques de France ont voulu faire cette distinction pour contrer en quelque sorte des croyances de magie et de sorcellerie, et ainsi rappeler que l'Eglise est contre la recherche de communication avec les morts par les "tables tournantes", l'écriture automatique, la cartomancie, etc. Là le danger est grand de rentrer en contact avec ces "esprits maléfiques" qui peuvent nuire.

Qu'en pensez-vous ?
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: doctrine des ames errantes   Lun 06 Sep 2010, 07:03

Cher Jeb, les exorcistes des Diocèses montrent que des âmes errantes, parfois, ont une présence nuisible aux vivants. Ce sont des gens qui, de manière anormale, sont restés coincés en ce monde. Parfois, le motif est bon (ne pas quitter ses enfants). Parfois, le motif est mauvais (ne pas affronter l'autre monde après de grands crimes).

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MessageSujet: Re: doctrine des ames errantes   Lun 06 Sep 2010, 12:15

Arnaud Dumouch a écrit:
Cher Jeb, les exorcistes des Diocèses montrent que des âmes errantes, parfois, ont une présence nuisible aux vivants. Ce sont des gens qui, de manière anormale, sont restés coincés en ce monde. Parfois, le motif est bon (ne pas quitter ses enfants). Parfois, le motif est mauvais (ne pas affronter l'autre monde après de grands crimes).
Cher Arnaud,

Rien ne dit que certaines de ces âmes errantes ne soient pas influencées ou manipulées par ses esprits "inférieurs" qui "rôdent dans le monde en vue de perdre les âmes" (expression selon la prière à Saint Michel Archange). La nuisance aux vivants serait plus du fait de ces esprits inférieurs, à mon avis. Les âmes errantes peuvent se manifester de façon impressionnante pour nous qui sommes peu habitués à ce genre de phénomènes, et ce n'est pas dans l'intention de nous nuire mais c'est un appel au secours à prier pour elles.

Personne ne sait avec certitude ce qu'il en est exactement, ce ne sont que des possibilités de ce qui peut se passer pour ces âmes errantes. Même les exorcistes, je parle des prêtres catholiques, ne savent pas, dans ce genre de manifestation, ce qu'il se passe exactement. Et là il n'y a pas d'exorcisme à pratiquer mais des prières, surtout des Messes pour le repos de l'âme.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: doctrine des ames errantes   Lun 06 Sep 2010, 13:20

Cher Jeb, c'est vrai. Ce domaine est très peu connu. Ce sont des avis d'une mystique française, suivie par le prête Belge Piccinato, qui permettent de se faire une petite idée. Mais sans jugement de l'Eglise pour le moment :

Regardez la section "Récits de délivrances" de ce site :

http://petitepaquerette.free.fr/


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MessageSujet: Re: doctrine des ames errantes   Mer 15 Sep 2010, 11:05

Bonjour.

J'apporte mon témoignage. Je passe quelque peu.....par la voie spéciale.
Voilà. Il y a quelques années, une nuit, je me suis retrouvé dans la peau ....d'un fantôme. Non rien à voir avec le fameux corps astral, mais bel et bien un fantôme. Je m'en souviens, je n'étais plus qu'une série de voilages subtils entrelacés, je ne pouvais qu'avancer lentement (ou me retrouver instantanément où je voulais). Je ne pouvais rien attraper, et ma démarche pour tourner un interrupteur a été vaine. Et puis aussi j'avais très peur des vivants, autant que nous on peut avoir peur des fantômes. Il doit y avoir une barrière psychologique pour séparer le monde des vivants et des morts...Une sorte de barrière électrique à vache.
Une amie très spirituelle m'a dit tout de suite : "Ho! Ça, ça doit être quelqu'un qui demande de l'aide". Effectivement je venais de perdre mon père. Alors je me suis mis à prier pour lui. Et quelques temps plus tard pendant la messe, j'ai eu une sorte de flash. J'ai vu mon père rayonnant de joie qui me disait : "ça y est je suis libéré".
J'ai cru qu'il était entré au ciel? Mais non, en fait il n'arrivait pas à trouver l'entrée du purgatoire. Car quelque temps plus tard, je l'ai vu entrer au purgatoire.
Je ne dis pas que les âmes errantes existent ou non. Je ne vous demande même pas de me croire. Je vous dis seulement ce que j'ai vécu.

PS.
J'ai une petite idée sur la forme des fantômes...avec des voilages. En fait un esprit peut choisir plus ou moins sa forme. Mais certaines âme ne maitrisant plus rien, prennent la forme la plus simple et la plus primitive du monde des vivants : Celle d'une méduse.
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Arnaud Dumouch
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MessageSujet: Re: doctrine des ames errantes   Mer 15 Sep 2010, 13:40

Cher Philippe, étonnant.

Mais c'était un rêve, je suppose ?

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Arnaud
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philippe



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MessageSujet: Re: doctrine des ames errantes   Mer 15 Sep 2010, 17:39

oui. mais pas les deux fois où j'ai vu mon père. Là c'était en pleine journée et complètelment éveillé.
Je fais quand même attention parcequ'un jour (une nuit) quelqu'un me disait dans un rêve :
"vous êtes monsieur l'épiki"
J'ai trouvé ce nom ridicule....comme dans les rêves.
Or je ne connaissais absolument pas ce terme dedroit canonique.
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doctrine des ames errantes
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