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 l'Europe, un beau projet qui tourne en eau de boudin

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MessageSujet: l'Europe, un beau projet qui tourne en eau de boudin   Jeu 17 Juin 2010, 16:24

Construite à l'origine par la volonté d'établir des relations de paix durable en Europe sur des bases industrielles (charbon et acier, rendre la guerre impensable et infaisable), avec six pays continentaux, avec la RFA, la France, l'Italie, et le Bénélux), l'Europe est devenue une construction mondialiste échappant au contrôle citoyen et dont les futurs nouveaux adhérents n'ont absolument aucun esprit européen mais qui recherchent avant-tout à "faire un bon coup question pognon", comme c'est notamment le cas de l'Islande et de la Turquie.

http://www.lefigaro.fr/international/2010/06/16/01003-20100616ARTFIG00723-les-islandais-se-detournent-de-l-europe-qui-les-accueille.php
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MessageSujet: Re: l'Europe, un beau projet qui tourne en eau de boudin   Jeu 17 Juin 2010, 16:27

il faut lire progrès, et non progès,
mais vous pouvez lire "projet" écrit bizarrement aussi.
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MessageSujet: Re: l'Europe, un beau projet qui tourne en eau de boudin   Dim 25 Déc 2011, 17:28

Europe: Dure sera la chute


La crise de la dette publique monopolise l'actualité financière et politique du continent depuis des mois. Et je continue à penser que nous n'en sommes qu'au début. Aux balbutiements, même.

Actualités aidant, le message que j'ai toujours tenu en faveur d'un Etat économe et léger tombe désormais dans des oreilles beaucoup plus attentives. De même, les analyses pessimistes sur la dérive de la zone euro et la possible faillite de tel ou tel pays ne demandent plus guère d'efforts de persuasion. Sans l'avoir voulu, me voilà bombardé mainstream.

A un certain stade de la conversation, lorsque le diagnostic ne fait plus aucun doute, une question finit toujours par survenir: "Mais que va-t-il se passer, alors?"

Voici ma petite idée.

Préambule

Au détour d'une recherche sur Google, peut-être êtes-vous tombé sur un de ces montages photographiques montrant un mélange entre la Tour de Babel peinte par Bruegel au XVIe siècle et l'architecture résolument moderne du Parlement Européen de Strasbourg.


La ressemblance étonnante n'est pas dûe au hasard. L'image de la Tour de Babel a volontairement inspiré l'architecte. Le mythe fait partie intégrante de l'ambition européenne; et comme le résuma un jour un diplomate: "Ce qu'ils ont échoué à bâtir il y a trois mille ans, nous, avec l'Union Européenne, nous réussirons à le construire."

Oui, les bâtisseurs de l'Union sont aussi humbles que ça.

L'utopie est au coeur du projet européen.

Utopie s'incarnant, entre autres, dans le projet de monnaie unique européenne.

Dans une tourmente comme celle que traverse la zone euro et l'Europe, le mode de pensée des protagonistes tient une place essentielle. Le décor de la crise de la dette publique étant planté, décrivons le futur probable comme les trois actes d'un drame.

Acte I: La Démocratie vidée de sa substance


"A périls exceptionnels, mesures exceptionnelles", dit-on. Une variante plus cynique, prononcée sous les applaudissements d'un public conquis, affirme plutôt "qu'il ne faut jamais gâcher une bonne crise" - et en profiter pour pousser son agenda politique. La chancelière allemande Angela Merkel nous fait une petite démonstration:

[Mme Merkel] a estimé lundi lors du congrès de son parti conservateur que l'Europe connaissait "peut-être" avec la crise de la dette "son heure la plus difficile depuis la Seconde guerre mondiale". (...)

"Chaque génération a son défi politique", a jugé la chancelière, rappelant que la génération du chancelier d'après guerre Konrad Adenauer avait construit l'Europe et celle d'Helmut Kohl l'unité allemande et européenne.

Selon elle, la génération actuelle est confrontée à "une mise à l'épreuve historique" et il s'agit de "montrer que l'Europe peut parvenir à un tournant" avec cette crise financière, a-t-elle poursuivi dans un discours longuement consacré à l'Europe.

Devant un millier de délégués de la CDU réunis jusqu'à mardi, Angela Merkel, qui joue un rôle clé dans la gestion de la crise en zone euro, a insisté sur le fait que "l'heure est venue pour une percée vers une nouvelle Europe" car "si l'euro échoue, c'est l'Europe qui va échouer".

Mettre sur le même plan l'effondrement financier de régimes sociaux-démocrates intenables avec la Guerre Froide, il fallait oser! A chaque époque les défis qu'elle mérite...

L'Europe n'est pas l'euro, et l'euro lui-même n'est que le bouc-émissaire de la crise de la dette publique. Quoi qu'il en soit, le message de la Chancelière est limpide. Au nom de l'utopie européenne, tout, absolument tout, doit être fait pour sauver l'euro.

Il est difficile de pointer le moment précis où la démocratie a définitivement perdu son sens dans l'Union Européenne. Etait-ce après 2005, lorsque la France a fait fi du rejet de projet de constitution européenne par référendum et que celui-ci est revenu par la bande au travers du Traité de Lisbonne? Etait-ce en 2008 lorsque les Irlandais ont rejeté ce même traité avant d'être contraints à revenir aux urnes pour dire Oui, sous le regard menaçant des élites du continent? Ou était-ce en 2011, lorsque la Slovaquie rejeta sa participation au Fonds Européen de Stabilité Financière pour l'accepter dans un nouveau vote quelques jours plus tard?

Ecrasés par une idée européenne érigée en dogme, les citoyens d'Europe semblent s'être fait à leur rôle de figurants. Ils ne sont pas les seuls laissés sur le carreau. Peu d'objections ont été soulevées sur la légitimité du couple Sarokzy-Merkel prenant à l'issue de sommets fiévreux des "mesures d'urgence" engageant des milliards d'euros sans en référer à qui que ce soit.


Depuis, l'Union est passée à la vitesse supérieure. Elle nomme les gouvernements.

Ainsi, pour l'instant, deux chefs d'Etat parfaitement légitimes ont été débarqués de leurs fonctions en cours de mandat: Georges Papandréou en Grèce et Silvio Berlusconi en Italie. Le premier a eu l'audace de vouloir soumettre à un référendum populaire la mise sous tutelle de son pays. La décision a été dénoncée comme une "surprise inadmissible" alors qu'il l'évoquait déjà six mois plus tôt. Cet épisode aura une fois de plus illustré le mépris total de la classe politique européenne envers les citoyens, perçus comme de simples facteurs d'incertitude.

Le cas de Silvio Berlusconi est encore plus édifiant. Si ses frasques ont défrayées la chronique, personne n'a grand-chose à lui reprocher sur le plan économique. Hors intérêts de la dette - creusée par ses prédécesseurs - la péninsule italienne affiche la meilleure santé de tout le continent après l'Allemagne. Mais voilà, l'Italie était dans le collimateur, il fallait un sacrifice. Au revoir Silvio.

Dans les deux cas, les premiers ministres déchus ont laissé la place à des gouvernements de techniciens. Les mêmes brillants esprits qui ont mené la zone euro là où elle est, je suppose.

Ces exemples donnent une idée assez juste de la façon dont la démocratie s'étiole et disparaît. Des scrutins auront toujours lieu, naturellement, mais ils ne permettront plus de trancher entre différents modèles de société; la faute à la crise et à un foisonnement de coalitions d'union nationale écrasant les parlements nationaux de tout leur poids. Les élections ne déboucheront plus que sur des ajustements mineurs des forces au sein de ce marais inamovible.

Le sort des élections de personnes se règlera différemment. Les candidats à l'exécutif devront faire la démonstration de leur attachement - c'est-à-dire leur soumission - aux institutions de l'Union Européenne. Bruxelles ne rejettera jamais officiellement tel ou tel postulant; il suffira de laisser planer quelques sous-entendus sur les subventions communautaires en cas de choix inapproprié pour que les électeurs, parlementaires ou citoyens, comprennent et rentrent dans le rang.

Privés de tout droit d'initiative et de toute possibilité de référendum, convoqués uniquement pour des élections-alibi, les citoyens européens déserteront en masse les urnes sans que cela ne change quoi que ce soit. On se plaindra régulièrement de la faiblesse du taux de participation le jour du scrutin pour l'oublier le lendemain. Il est vrai que les pays de l'Union auront des défis apparemment plus urgents à relever que la mobilisation des électeurs.

Au sein de l'Union Européenne, la démocratie ne sera plus qu'un simulacre dénué de sens.

Acte II: Les Vannes sont ouvertes

La réalité comptable a balayé les déclarations prétentieuses. La Grèce, l'Irlande, Chypre et le Portugal sont tombés. L'Espagne et l'Italie chancellent. La France vacille.

Les dettes d'aujourd'hui sont le résultat de décennies de clientélisme politique. Les élites dirigeantes sont aussi coupables que les bénéficiaires de cette manne. Lorsque l'Europe en avait le temps, réduire les dépenses des Etats aurait été un suicide électoral; aujourd'hui, il est trop tard.

Bien sûr, les politiciens réagissent à l'urgence. Ils évoquent quelques réformes - surtout dans le sens de prélèvements supplémentaires - et parlent sans cesse de rigueur, mais leur manque de sincérité est flagrant. Nous n'assistons pas à une remise en question du rôle dévolu à l'Etat, de l'abandon du régime social-démocrate, d'un redécoupage sans concessions du périmètre de l'action publique. A la place, la classe politique concocte diverses tentatives de replâtrage. L'objectif des gouvernements européens semblent se limiter à des expédients permettant d'éteindre la panique financière pour revenir aux bonnes vieilles habitudes de vie à crédit.

A moins de renouveler entièrement la classe politique européenne, le contraire eut été étonnant. On attend des solutions créatives et courageuses de la part de gens qui ont, toute leur vie, cédé à la facilité avec l'argent des autres.

L'hypothèse de réformes sérieuses étant illusoire, il ne reste que deux options, la faillite ou la monétisation. La première étant un aveu d'échec inacceptable pour les élites, cela ne laisse finalement que la seconde.

Aujourd'hui, Mme Merkel et ses alliés du Bundestag concoctent une OPA sur l'Europe. Ils espèrent réformer les Etats en sursis en leur appliquant les bonnes recettes germaniques: rigueur comptable et règles budgétaires en acier trempé à tous les repas. Bruxelles (ou Berlin?) supervisera le tout en distribuant les bons et les mauvais points. L'idée est audacieuse mais ne saurait réussir. Si les politiciens européens se débattent avec l'énergie du désespoir pour contrecarrer la baisse de l'endettement que réclament les marchés, ce n'est pas pour céder à des Allemands demandant la même chose.

La position allemande n'est d'ailleurs pas si forte qu'il n'y paraît. Les finances publiques sont mieux gérées outre-Rhin mais la croissance du pays est fragile. Elle dépend des exportations, et les clients européens ne vont pas bien. Ajoutez à cela un endettement public à 83,2% du PIB, la dette publique la plus élevée d'Europe en valeur absolue et une population vieillissante, et vous comprendrez que certaines des critiques qui ne manqueront pas de fuser sur le "modèle allemand" pourraient viser juste.

La crise financière progresse tellement vite qu'elle ne laisse pas de place aux tergiversations. Lorsque le risque de faillite deviendra trop pressant, même les Allemands n'auront d'autre choix que de se rallier à la solution que préconisent déjà les autres, "une plus grande implication de la BCE dans la crise de la dette", c'est-à-dire sa monétisation.

La monétisation de la dette prend des formes différentes pour maintenir certaines apparences, mais son principe est extrêmement simple: la BCE, qui a seule le pouvoir de battre monnaie, créera des euros ex-nihilo pour financer les déficits des Etats européens dans le besoin. C'est du reste ce que la BCE fait déjà en rachetant des dettes étatiques sur le marché secondaire. Qu'elle le fasse en achetant directement la dette des Etats ou en finançant sans aucune limite un organisme financier pan-européen revient au même.

L'euro étant une monnaie fiduciaire, il n'y a aucune limite.



Comment solder la dette européenne en une seule liasse.

Acte III: L'Europe de Weimar et Au-Delà


Autour de moi, lorsque j'en arrive à expliquer l'hypothèse d'une monétisation de la dette, j'entends parfois des réflexions mi-désabusées mi-intéressées. "Pourquoi ne pas monétiser la dette, en effet? C'est astucieux!" "Ca donnerait au moins le temps aux pays en difficultés de se réformer" "Franchement, un peu d'inflation, on y survivra, une cessation de paiement serait bien pire!"

Je ne blâme pas mes interlocuteurs. La plus grande proportion des élites de l'Union tient exactement les mêmes discours. Du reste, quand la BCE annoncera finalement qu'elle crée des euros pour éponger la dette (elle ne l'annoncera peut-être pas d'une façon aussi limpide, mais les professionnels du secteurs sauront comprendre le message) les marchés financiers s'envoleront, les taux d'intérêt des pays autrefois menacés s'effondreront et les oiseaux chanteront. Peut-être même qu'avec tout ce soudain afflux d'optimisme la croissance repartira un moment...

Tout le monde se félicitera que l'Europe soit sauvée, et se gaussera de nos cousins teutons et de leur orthodoxie monétaire surannée.

La méfiance reste pourtant de mise, ne serait-ce qu'à cause de l'obstination allemande quasi-pathologique à refuser un tel scénario.

On pourrait se demander pourquoi.

On pourrait alors se rappeler de l'épisode de la République de Weimar et de l'hyperinflation qui démolit le régime. En août 1923, il fallait 4,2 marks pour acheter un dollar; trois mois plus tard, il fallait quatre mille deux cent milliards de marks pour acheter le même dollar. En chiffres, voilà ce que cela donne:

4 200 000 000 000 DM = 1 $

Pareil épisode marque un peuple. Près d'un siècle s'est écoulé depuis les faits, mais il lui fait encore dénoncer, par le biais de ses élus, les dangers de l'approche inflationniste.

L'Europe vivra-t-elle un épisode à la Weimar? Si nous passons par les deux premiers actes, c'est plus que probable. Et selon un analyste, cela pourrait être très rapide.

Mais imaginons que nous ayons quelques années devant nous. Puisque l'inflation permet de repousser les réformes structurelles des Etats surendettés de l'Union, soyez-en sûrs, ces réformes seront retardées, amoindries, et finalement dérisoires. Un politicien prêt à utiliser la planche à billets pour financer l'Etat dont il a la charge n'a certainement pas la carrure pour mener à bien les réformes ambitieuses qui permettraient de s'en passer.

L'inflation passera de "haute" à "anormalement élevée", puis deviendra un "défi" auquel il faudra "s'attaquer". Je ne sais pas quand l'inflation annuelle en euro passera à deux chiffres, mais elle pèsera sur le mode de vie européen bien avant cela. Les épargnants seront ruinés, les retraités lessivés. La croissance souffrira - l'Europe importe toujours son pétrole et ses ordinateurs d'autres régions du monde, aux dernières nouvelles. Des bulles financières se formeront régulièrement ça et là, ruinant tel ou tel pan de la société.

Comme tout objet lâché dans le vide, la chute ira s'accélérant.

Certains s'inquièteront, beaucoup trop tard, que la monétisation des dettes publiques européennes n'a fait qu'empirer le problème sans rien résoudre.

Nous reviendrons à la case départ du train de vie insoutenable de la social-démocratie, avec l'hyperinflation en prime.

Qui sait, dans l'intervalle, peut-être certains de nos politiciens actuels auront pris leur retraite avec le sentiment du devoir accompli... Si la prochaine étape de la crise leur en laisse le temps.

Conclusion

Antonis Karakousis, un analyste grec dénigrant la classe politique de son pays et ses pourparlers pour former un gouvernement d'union nationale, trouva la phrase juste:

"Ils réagissent tous comme s'ils n'avaient pas conscience du danger. La plupart regardent bêtement vers un avenir qui n'existe pour aucun d'entre eux."



Il ne parlait pas de l'Europe entière, mais il aurait pu.

Partout et toujours, les tours de Babel sont promises à l'effondrement.

La surprise viendra peut-être de la vitesse de celui-ci.

http://stephanemontabert.blog.24heures.ch/archive/2011/11/19/europe-dure-sera-la-chute.html
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MessageSujet: Re: l'Europe, un beau projet qui tourne en eau de boudin   Jeu 29 Déc 2011, 15:02

Charles Gave : les 5 ans de Sarkozy ont été un échec total.

Zone euro : "nous vivons une tentative de coup d'Etat larvé"


A 69 ans, Charles Gave a créé plusieurs sociétés financières dont la dernière, GaveKal, basée à Hong Kong. Il s'est fait connaître du grand public en publiant "Des lions menés par des ânes" ou "L'Etat est mort, vive l'Etat".

Vous avez été un des premiers à prédire les difficultés de l'euro. Vous trouvez-vous aujourd'hui conforté ?


Depuis la création de l'euro, je n'ai cessé de dire qu'il s'agissait d'un système bancal qui ne peut fonctionner puisqu'il n'existe pas de mécanisme d'ajustement des différences de productivité des pays membres. Autrefois, ces différences étaient réglées par des dévaluations ponctuelles devenues impossibles. Ce qui ne peut s'ajuster a vocation à exploser. Aux États-Unis, il existe aussi des différences de productivité entre États, mais il y a une volonté de vivre ensemble, ce qui, pour Ernest Renan, constituait une nation, qui conduit à accepter que l'on taxe les plus productifs pour payer les moins productifs. Cette volonté n'existe pas en Europe, qui est une civilisation et non un pays. L'euro est donc une tentative, faite par une classe politique de créer une nation européenne. La crise, pense-t-elle, forcera la création d'un État fédéral, de transferts entre les pays et d'un ministère des Finances. C'est une espèce de coup d'État larvé contre les souverainetés qui est en train d'échouer. Car, comme l'a montré le cas de l'Union soviétique, la technocratie, cela ne marche pas. C'est la liberté qui marche.

Vous évoquez une « tentative de coup d'État ». Pourquoi cette tentative : par volonté de puissance ou parce que, sincèrement, ces politiques pensent que l'Europe est une solution ?

Depuis soixante ans, coexistent deux idées européennes. La première, celle de De Gasperi, Adenauer, Pie XII et Robert Schumann, voulait recréer l'Europe catholique des XIIe et XIIIe siècles, et voyait dans l'Europe un espace de liberté basé sur le principe de la subsidiarité. En cas de problème entre deux entités, on en appelle à l'échelon supérieur et on crée des instances d'arbitrage. La seconde est celle de Jean Monet et des technocrates français qui ont décidé de créer un État pour faire renaître l'Empire romain afin de s'opposer aux Américains et d'empêcher la domination allemande. Cette vision l'a emporté. Évidemment, la volonté d'augmenter leur pouvoir personnel existe aussi. Ces technocrates pensent que leur rôle est d'assurer le bonheur des peuples malgré eux. Ils ne croient pas à la liberté individuelle. Il suffit d'observer les institutions européennes : il n'y a pas de séparation des pouvoirs.

Pourquoi la classe politique française ne s'est guère opposée à cette dérive ?

Depuis la présidence Giscard, la France est gouvernée par une classe administrative qui, de droite comme de gauche, est représentative de cette idée technocratique. Les référendums sur Maastricht ou sur la Constitution européenne ont montré que le peuple n'acceptait pas cette dérive. Mais il l'admettait. À présent, les gens se rendent compte que cela ruine le pays. La prochaine étape sera donc de se débarrasser de cette classe administrative. Mais j'ignore comment.

La voie fédéraliste ne peut-elle pas l'emporter ?

C'est ce qui s'est passé jusqu'à présent. Tout le monde s'est mis au garde-à-vous au dernier sommet de Bruxelles, mais le diable est dans les détails. Plusieurs pays, comme le Royaume-Uni, l'Espagne, la République tchèque, ne semblent pas prêts à accepter les abandons significatifs de leur souveraineté.

La convergence franco-allemande ne vise-t-elle pas à contourner ces difficultés ?

Elle signifie d'accepter des hauts fonctionnaires allemands à Bercy qui ordonnent ce que l'on peut dépenser ou pas. La France a un tiers de fonctionnaires de plus que l'Allemagne pour 100 habitants. Le fonctionnaire ne produit rien pour l'exportation. Le défaut de compétitivité française par rapport aux Allemands est donc lié au poids de l'État. Comme la France semble incapable de dégraisser son État, il faudra, en cas de convergence, que les ordres viennent de Berlin. Je viens d'une famille qui a quitté l'Alsace en 1870 pour rester français et je ne perçois pas l'avantage pour la France de devenir un protectorat allemand. Et l'opinion ne l'acceptera pas.

Mais la France pourrait ainsi retrouver sa compétitivité...

C'est déjà ce que disait le maréchal Pétain, non ?

Nombre d'économistes mettent en garde sur les conséquences de la fin de l'euro. Qu'en pensez-vous ?

Je ne suis pas très inquiet. Ceux qui vous expliquaient que l'euro allait rendre les femmes plus belles et les oiseaux plus chantants, comme Alain Minc et Jacques Attali, nous expliquent à présent que, si l'on quitte l'euro, ce sera le désastre absolu. Ils se sont trompés. Ils n'ont rien vu, rien compris. Pourquoi leur donner de la crédibilité sur l'après-euro ? C'est comme demander au général Gamelin [chef des forces françaises en 1940, Ndlr] de diriger le débarquement en Normandie. Concrètement : le système bancaire européen est en faillite, le taux de chômage, Allemagne exceptée, est historiquement élevé, la moitié des États européens n'ont plus accès aux marchés financiers dans des conditions normales, la Bourse de Paris n'a pas cessé de reculer depuis la création de l'euro. En 2000, le niveau du CAC était deux fois plus élevé qu'aujourd'hui. Pourquoi ? Parce que l'euro conduit à une mauvaise allocation des capitaux et fait passer l'argent de ceux qui le gagnent à ceux qui ne le gagnent pas. Ceci conduit toujours à un marché vendeur qui, d'ordinaire, ne dure pas plus d'un an et demi. Mais ce marché vendeur dure en Europe depuis dix ans parce que le secteur public, la BCE et les politiques dépensent l'argent du futur pour maintenir une unité qui ne tient pas la route. Le désastre n'est-il pas suffisant pour que l'on passe à autre chose ?

Comment jugez-vous le quinquennat de Nicolas Sarkozy ?

Pour faire des réformes, il faut faire comme Madame Thatcher : être un gouvernement de conviction et pas de consensus. Nicolas Sarkozy a suivi une politique schizophrène : il tenait un discours de réformes et il a essayé de séduire ses ennemis naturels. Comme disait Pompidou : si vous essayez de gouverner avec vos opposants, vous allez perdre vos partisans. Ces cinq ans ont été un échec total, à part la réforme de l'université. Les impôts ont augmenté, les déficits et le poids de l'État aussi. Il n'y a pas eu de réformes.

On ne peut pas réformer la France ?

Les classes politiques grecques ou espagnoles ne voulaient pas non plus faire des réformes. Et puis, quand il n'y a plus eu d'argent et qu'on n'a plus voulu leur en prêter, ils ont été dans l'obligation de se réformer. C'est ce qui se passera en France. Parce que nous ne sommes pas face à une crise économique, mais bien face à une crise d'un État devenu obèse. L'État chinois réalise 30 % du PIB du pays. En France, c'est 55 %. Il faut que notre mur de Berlin tombe, l'État doit sortir des domaines où il n'a rien à faire. Sinon, c'est le FMI qui le fera pour nous. D'après mes calculs, le système français atteindra ses limites en 2013 ou 2014.

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20111229trib000674390/zone-euro-nous-vivons-une-tentative-de-coup-d-etat-larve.html
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MessageSujet: Re: l'Europe, un beau projet qui tourne en eau de boudin   Sam 31 Déc 2011, 12:32

Europe : Pas d'Avenir



Les récentes fêtes de Noël ont été une occasion de festoyer dans tous les pays chrétiens. Il a subsisté ici ou là quelques crèches. Certains ont fait comme le musulman Mahmoud Abbas à Bethléem et son allés à la messe de minuit. Fort peu ont pensé aux Chrétiens massacrés dans les terres d’islam, je l’ai déjà dit. Combien ont pensé que ce qui se trouvait fêté était une naissance. Le mot Noël vient du latin natalis. Le mot italien, natale, est explicite. Le mot anglais, Christmas vient de l’anglais ancien, Cristesmaesse, la messe du Christ. Ce qui est bien plus explicite encore, et explique pourquoi la gauche politiquement correcte aux Etats Unis fait la chasse à l’utilisation du mot Christmas, et préfère le voir remplacé par Holidays, mot qui un jour ou l’autre sera lui-même persécuté sans doute puisqu’il renvoie encore à la notion de sacré.

On parle de moins en moins de naissance, de fait, dans le monde chrétien. Et c’est particulièrement le cas en Europe.

On en parle de moins en moins parce que le christianisme se réduit et que les Juifs eux-mêmes s’en vont s’ils le peuvent.

On en parle de moins en moins parce que le vieillissement des populations vient jouer son rôle et le jouera toujours davantage dans les années à venir.

Les Européens vivent plus vieux. Ils ont aussi de moins en moins d’enfants. La natalité moyenne en Europe se situe aujourd’hui alentour de 1,5 enfant par femme. Le chiffre est plus bas dans les pays à faible population musulmane. Il est plus haut dans un pays à forte population musulmane, comme la France.

Le nombre d’habitants a déjà commencé à décroître dans les pays les plus sinistrés : l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne. Dans ce dernier pays, dans un sondage récent, on demandait quel était le nombre idéal d’enfants pour un couple : près de 17% ont répondu, zéro.

Ceux qui veulent comprendre le déclin économique de l’Europe ont raison de regarder la confiscation de la démocratie par le biais de la construction européenne, l’immense aberration que fut la mise en place de l’euro, les effets économiques cataclysmiques des systèmes d’Etat providence, mais ils ne peuvent ignorer les conséquences de la dénatalité européenne, qui atteint des proportions dignes d’un suicide collectif.

Quand une population vieillit au rythme où les populations d’Europe vieillissent, elle devient moins inventive, moins dynamique, moins entreprenante, et c’est exactement ce qui se passe.

Quand une population vieillit, elle a tendance à se replier, à avoir peur de l’avenir et d’un monde qui semble soudain devenir trop vaste. Elle a tendance à vivre sur ses acquis et, s’il n’y a plus d’acquis, à se recroqueviller davantage. Et c’est ce qui se passe encore.

Quand une population vieillit, le monde semble soudain aller trop vite pour elle. Et c’est ce qui se passe toujours.

Quand une population vieillit, on ne lui prête plus d’argent, car on craint à juste titre qu’elle ne rembourse pas l’argent qu’on lui aura prêté. L’endettement des pays européens repose sur le fait que les Etats providence coûtent de plus en plus cher, que les rentrées d’argent pour alimenter la redistribution viennent à manquer. Et s’endetter davantage va devenir de plus en plus difficile et de plus en plus onéreux.

L’avenir des jeunes gens qui ont vingt ans aujourd’hui en Europe est très sombre : quand ils auront quarante ans, ils vivront dans un grand asile de vieillards, les vieillards compteront sur les jeunes pour payer pour eux. L’argent manquera. Les prêteurs pratiqueront des taux très élevés correspondant à de très hauts risques.

Parce que beaucoup de jeunes gens discernent que l’avenir sera très sombre, nombre d’entre eux s’en vont ailleurs. D’autres gens les remplacent : ceux qui viennent de pays bien plus pauvres n’ont rien à perdre en montant à bord du navire européen, même s’il fait naufrage.

Ceux qui viennent sont souvent musulmans. Ils ne s’intègrent pas parce qu’il n’y a plus d’emplois et qu’il reste des Etats providence pour distribuer le peu qui reste dans un système en faillite. Ils ne s’intègrent pas parce qu’une civilisation qui ne croit plus en elle-même et qui ne croit en plus rien n’incite pas à s’intégrer, et parce qu’une population qui vieillit et se recroqueville n’incite pas à s’intégrer.

L’Europe coule et le monde musulman à côté d’elle est en train de s’effondrer dans le chaos.

Le discours dominant en Europe aujourd’hui est celui d’un politiquement correct qu’en son temps Louis Pauwels avait qualifié de « sida mental » : c’est un discours sans immunité, sans défense, soumis préventivement. C’est un discours xénophile où tout ce qui est anti-occidental est le bienvenu, et où tout ce qui est occidental doit se trouver rejeté.

C’est un discours qui semble avoir emprunté son slogan au mouvement punk, no future, pas de futur. Pas de futur donc pas d’enfants. Et si vous gardiez quelque espoir, on vous expliquera que les êtres humains polluent et dérèglent le climat qui sans eux marcherait comme le thermostat d’un four à micro-ondes.

C’est un discours porteur de ressentiment vis-à-vis des accomplissements de la civilisation occidentale, et dès lors très accueillant vis-à-vis de tout ce qui vient critiquer, détériorer ou détruire la civilisation occidentale.

Rien d’étonnant à ce que les immigrants musulmans ne s’intègrent pas, non. Rien d’étonnant à ce que se cultive en eux le ressentiment.

Rien d’étonnant à ce qu’en Europe on déteste Israël : une île de civilisation au milieu de la barbarie, c’est tout à fait anormal en ce contexte. Et l’île de civilisation prétend résister !

Rien d’étonnant à ce qu’en Europe, on aime passionnément Obama. Un homme qui veut conduire les Etats-Unis vers un naufrage à l’européenne est très séduisant vu du Titanic européen.

Rien d’étonnant à ce qu’en Europe on ait exécré George Walker Bush, et qu’on méprise les tea parties, et tous les conservateurs américains. Tous ces gens n’ont donc pas compris que le moment de mourir était venu ?

Oui, Israël résiste, et la natalité en Israël se porte bien. Et si elle se porte bien, c’est parce qu’Israël ne coule pas.

Non, le peuple américain ne semble pas penser que le moment de mourir est venu. Et si, malgré un taux d’endettement élevé, les Etats-Unis inspirent encore confiance aux investisseurs et aux financiers, c’est que la population n’y vieillit pas et que la natalité en reste au seuil de renouvellement des générations. Les populations qui vieillissent aux Etats-Unis sont celles qui sont imprégnées de discours à l’européenne et qui n’ont pas d’enfants. Les Etats-Unis ne sont pas tirés d’affaire, Israël non plus.
Mais lorsqu’on regarde Israël et les Etats-Unis depuis l’Europe, on mesure la différence.

Si on pense comme un Européen, on pose sur la différence un regard condescendant et porteur d’un mépris teinté d’un peu de haine.

Si on pense comme un être épris de liberté, on pose sur elle les yeux de l’espoir.
C’est cet espoir que je veux offrir à ceux qui me lisent pour achever l’année 2011 et amorcer l’année 2012.

Reproduction autorisée, et même vivement encouragée, avec la mention suivante et impérativement le lien html ci dessous :
© Guy Millière pour www.Dreuz.info

http://www.dreuz.info/2011/12/europe-no-future/
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