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 "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)

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Christophore



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MessageSujet: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Dim 06 Juin 2010, 13:40

L année sacerdotale se clôture en la fête du Sacré Coeur, comme l avait annoncé notre Saint Pere.

Pour nous y préparer, je propose d écouter, de prier, de méditer, de réfléchir... en nous ouvrant, ensemble, á ce que "l Esprit dit aux Eglises".

Ainsi, deviendrons-nous, de plus en plus, des terreaux de vocation en comprenant, á la suite du Saint Curé d Ars, bientôt Patron non seulement de tous les curés mais aussi de tous les Pretres, á quel point "le Sacerdoce, c est l Amour du Coeur de Jésus."

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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Dim 06 Juin 2010, 13:47

"En cette période pascale qui nous conduit à la Pentecôte et qui nous
amène également aux célébrations de clôture de l'Année sacerdotale,
en programme les 9, 10 et 11 juin prochains,
j'ai à cœur de consacrer encore certaines réflexions au thème du ministère ordonné,
en m'arrêtant sur la réalité féconde de la configuration du prêtre au Christ Tête,
dans l'exercice des tria munera qu'il reçoit,
c'est-à-dire des trois charges d'enseigner, de sanctifier et de gouverner.

Pour comprendre ce que signifie agir in persona Christi Capitis - dans
la personne du Christ Tête - de la part du prêtre,
et pour comprendre également quelles conséquences dérivent du devoir de représenter le
Seigneur,
en particulier dans l'exercice de ces trois fonctions,
il faut expliciter avant tout ce que l'on entend par « représentation ».

Le prêtre représente le Christ.
Qu'est-ce que cela veut dire, que signifie « représenter » quelqu'un ?
Dans le langage commun, cela veut dire - généralement - recevoir une délégation
de la part d'une personne pour être présente à sa place, parler et agir à sa place,
car celui qui est représenté est absent de l'action concrète.

Nous nous demandons : le prêtre représente-t-il le Seigneur de la même façon ?
La réponse est non, car dans l'Eglise, le Christ n'est jamais absent, l'Eglise est son
corps vivant
et le Chef de l'Eglise c'est lui, présent et œuvrant en elle.
Le Christ n'est jamais absent, il est même présent d'une façon totalement libérée
des limites de l'espace et du temps,
grâce à l'événement de la Résurrection,
que nous contemplons de façon spéciale en ce temps de Pâques."

Benoit XVI

sunny
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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Dim 06 Juin 2010, 19:51

C'est pourquoi, le prêtre qui agit in persona Christi Capitis et en
représentation du Seigneur,
n'agit jamais au nom d'un absent,
mais dans la Personne même du Christ ressuscité,
qui se rend présent à travers son action réellement concrète.

Il agit réellement et réalise ce que le prêtre ne pourrait pas faire : la consécration du vin et du pain,
afin qu'ils soient réellement présence du Seigneur, l'absolution des péchés.

Le Seigneur rend présente son action dans la personne qui accomplit ces gestes.

Ces trois devoirs du prêtre
- que la Tradition a identifiés
dans les diverses paroles de mission du Seigneur : enseigner,
sanctifier, et gouverner -
dans leur distinction et dans leur profonde unité, sont une spécification de cette représentation concrète.
Ils sont en réalité les trois actions du Christ ressuscité,
le même qui aujourd'hui, dans l'Eglise et dans le monde,
enseigne et ainsi crée la foi,
rassemble son peuple, crée une présence de la vérité et construit réellement la communion de l'Eglise universelle ;
et sanctifie et guide.

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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Lun 07 Juin 2010, 13:13

Le premier devoir dont je voudrais parler aujourd'hui est le munus docendi, c'est-à-dire celui d'enseigner.

Aujourd'hui, en pleine urgence éducative, le munus docendi de l'Eglise, exercé de façon concrète à travers le ministère de chaque prêtre, apparaît particulièrement important.
Nous vivons dans une grande confusion en ce qui concerne les choix fondamentaux de notre vie et les interrogations sur ce qu'est le monde, d'où il vient, où nous allons, ce que nous devons faire pour accomplir le bien, la façon dont nous devons vivre, quelles sont les valeurs réellement pertinentes. En relation à tout cela, il existe de nombreuses philosophies opposées, qui naissent et qui disparaissent, créant une confusion en ce qui concerne les décisions fondamentales, comme vivre, car nous ne savons plus, communément, par quoi et pour quoi nous avons été faits et où nous allons.

Dans cette situation se réalise la parole du Seigneur, qui eut compassion de la foule parce qu'elle était comme des brebis sans pasteur (cf. Mc 6, 34). Le Seigneur avait fait cette constatation lorsqu'il avait vu les milliers de personnes qui le suivaient dans le désert car, face à la diversité des courants de cette époque, elles ne savaient plus quel était le véritable sens de l'Ecriture, ce que disait Dieu.

Le Seigneur, animé par la compassion, a interprété la parole de Dieu, il est lui-même la parole de Dieu, et il a ainsi donné une orientation. Telle est la fonction in persona Christi du prêtre : rendre présente, dans la confusion et la désorientation de notre époque, la lumière de la parole de Dieu, la lumière qui est le Christ lui-même dans notre monde.

Le prêtre n'enseigne donc pas ses propres idées, une philosophie qu'il a lui-même inventée, qu'il a trouvée ou qui lui plaît ;
le prêtre ne parle pas de lui, il ne parle pas pour lui, pour se créer éventuellement des admirateurs ou son propre parti ;
il ne dit pas des choses qui viennent de lui, ses inventions,
mais, dans la confusion de toutes les philosophies,
le prêtre enseigne au nom du Christ présent, il propose la vérité qui est le Christ lui-même, sa parole, sa façon de vivre et d'aller de l'avant.
Pour le prêtre vaut ce que le Christ a dit de lui-même : « Mon enseignement n'est pas le mien » (Jn 7, 16) ;
c'est-à-dire que le Christ ne se propose pas lui-même, mais, en tant que Fils, il est la voix, la parole du Père.

Le prêtre doit lui aussi toujours parler et agir ainsi : « Ma doctrine n'est pas la mienne, je ne diffuse pas mes idées ou ce qui me plaît, mais je suis la bouche et le cœur du Christ et je rends présente cette doctrine unique et commune, qui a créé l'Eglise universelle et qui crée la vie éternelle ».

Ce fait, c'est-à-dire que le prêtre ne crée pas et ne proclame pas ses propres idées dans la mesure où la doctrine qu'il annonce n'est pas la sienne, mais du Christ, ne signifie pas, d'autre part, qu'il soit neutre, une sorte de porte-parole qui lit un texte dont il ne prend peut-être pas possession.

Dans ce cas aussi vaut le modèle du Christ, qui a dit : Je ne m'appartiens pas et je ne vis pas pour moi, mais je viens du Père et je vis pour le Père.

C'est pourquoi, dans cette profonde identification, la doctrine du Christ est celle du Père et il est lui-même un avec le Père.
Le prêtre qui annonce la parole du Christ, la foi de l'Eglise et non ses propres idées, doit aussi dire : Je ne m'appartiens pas et je ne vis pas pour moi, mais je vis avec le Christ et du Christ et ce qu'a dit le Christ devient donc ma parole, même si elle n'est pas la mienne.
La vie du prêtre doit s'identifier au Christ et, de cette manière, la parole qui n'est pas sienne, devient toutefois une parole profondément personnelle.
Saint Augustin, sur ce thème, a dit en parlant des prêtres : « Et nous, que sommes nous ? Des ministres (du Christ), ses serviteurs; car ce que nous vous distribuons n'est pas à nous, mais nous le tirons de Lui. Et nous aussi nous vivons de cela, car nous sommes des serviteurs, comme vous » (Discours 229/E, 4).

L'enseignement que le prêtre est appelé à offrir, les vérités de la foi, doivent être intériorisées et vécues dans un intense chemin
spirituel personnel, de manière à ce que le prêtre entre réellement en profonde communion intérieure avec le Christ lui-même.
Le prêtre croit, accueille et cherche à vivre, avant tout comme sien, ce que le Seigneur a enseigné et que l'Eglise a transmis, dans ce parcours d'identification avec le propre ministère dont saint Jean-Marie Vianney est le témoin exemplaire (cf. Lettre pour l'indiction de l'Année sacerdotale).
« Unis dans la même charité - affirme encore saint Augustin - nous sommes tous des auditeurs de celui qui est pour nous
dans le ciel l'unique Maître » (Enarr. in Ps. 131, 1. 7).

La voix du prêtre, par conséquent, pourrait souvent sembler la « voix de celui qui crie dans le désert » (Mc 1, 3) ; mais c'est précisément en cela que consiste sa force prophétique : dans le fait de ne jamais être homologué, ni homologable, à aucune culture ou mentalité dominante, mais de montrer l'unique nouveauté capable d'opérer un profond et authentique renouveau de l'homme, c'est-à-dire que le Christ est le Vivant, il est le Dieu proche, le Dieu qui œuvre dans la vie et pour la vie du monde et nous donne la vérité, la manière de vivre.

Dans la préparation attentive de la prédication festive, sans exclure celle des autres jours, dans l'effort de formation catéchétique, dans les écoles, dans les institutions académiques et, de manière particulière, à travers ce livre non écrit qu'est sa vie même, le
prêtre est toujours « professeur », il enseigne. Mais pas avec la présomption de qui impose ses propres vérités, avec l'humble et joyeuse certitude de celui qui a rencontré la Vérité, en a été saisi et transformé, et ne peut donc pas manquer de l'annoncer.

Le sacerdoce en effet, personne ne peut le choisir seul, ce n'est pas une manière de parvenir à une sécurité dans la vie, de conquérir une position sociale : personne ne peut se le donner, ni le rechercher seul.
Le sacerdoce est la réponse à l'appel du Seigneur, à sa volonté, pour devenir des annonciateurs non d'une vérité personnelle, mais de sa vérité.


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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Mar 08 Juin 2010, 14:06

Chers confrères prêtres,
le Peuple chrétien nous demande d'entendre dans nos enseignements la doctrine ecclésiale authentique,
à travers laquelle pouvoir renouveler la rencontre avec le Christ qui donne
la joie, la paix, le salut.

Les Saintes Ecritures, les écrits des Pères et des Docteurs de l'Eglise, le catéchisme de l'Eglise catholique
constituent à cet égard, des points de référence indispensables dans l'exercice du munus docendi,
si essentiel pour la conversion, le chemin de foi et le salut des hommes.
« Ordination sacerdotale, veut dire : être immergés [...] dans la Vérité »
(Homélie lors de la Messe chrismale, 9 avril 2009),
cette Vérité qui n'est pas simplement un concept ou un ensemble d'idées à transmettre et à assimiler,
mais qui est la Personne du Christ,
avec laquelle, pour laquelle et dans laquelle vivre et c'est ainsi, nécessairement,
que naît aussi l'actualité et le caractère compréhensible de l'annonce.
Seule cette conscience d'une Vérité faite Personne dans l'Incarnation du Fils justifie le mandat missionnaire :
« Allez dans le monde entier, proclamez l'Evangile à toute la création » (Mc 16, 15).
C'est uniquement s'il est la Vérité qu'il est destiné à toute créature,
et il n'est pas l'imposition de quelque chose,
mais l'ouverture du cœur à ce pour lequel il est créé.

Chers frères et sœurs,
le Seigneur a confié aux prêtres une grande tâche :
être des annonciateurs de Sa Parole, de la Vérité qui sauve ;
être sa voix dans le monde pour porter ce qui sert au vrai bien des âmes
et à l'authentique chemin de foi (cf. 1 Co 6, 12).

Que saint Jean-Marie Vianney soit un exemple pour tous les prêtres.
Il était un homme d'une grande sagesse et d'une force héroïque
pour résister aux pressions culturelles et sociales de son époque
afin de pouvoir conduire les hommes à Dieu :
simplicité, fidélité et immédiateté étaient les caractéristiques essentielles de sa prédication,
transparence de sa foi et de sa sainteté.

Le peuple chrétien en était édifié et, comme c'est le cas pour les maîtres authentiques de notre temps, il y reconnaissait la lumière de la Vérité.
Il y reconnaissait, en définitive, ce que l'on devrait toujours reconnaître chez un prêtre :
la voix du Bon Pasteur.


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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Mer 09 Juin 2010, 17:27

Le devoir des prêtres est de sanctifier

Chers frères et sœurs,

Dimanche dernier, au cours de ma visite pastorale à Turin, j'ai eu la
joie de m'arrêter pour prier devant le Saint-Suaire, en m'unissant aux
plus de deux millions de pèlerins qui ont pu le contempler au cours de
l'Ostension solennelle de ces jours-ci. Ce Linceul saint peut nourrir
et alimenter la foi et renforcer la piété chrétienne, car il pousse à
aller vers le Visage du Christ, vers le Corps du Christ crucifié et
ressuscité, à contempler le Mystère pascal, centre du Message chrétien.
Chers frères et sœurs, nous sommes des membres vivants du Corps du
Christ ressuscité, vivant et agissant dans l'histoire (cf. Rm 12, 5),
chacun selon notre propre fonction, c'est-à-dire avec le devoir que le
Seigneur a voulu nous confier. Aujourd'hui, dans cette catéchèse, je
voudrais revenir aux devoirs spécifiques des prêtres qui, selon la
tradition, sont essentiellement au nombre de trois : enseigner,
sanctifier et gouverner. Dans l'une des catéchèses précédentes, j'ai
parlé de la première de ces trois missions : l'enseignement, l'annonce
de la vérité, l'annonce du Dieu révélé dans le Christ, ou - en d'autres
termes - le devoir prophétique de mettre l'homme en contact avec la
vérité, de l'aider à connaître l'essentiel de sa vie, de la réalité
elle-même.

Aujourd'hui, je voudrais m'arrêter brièvement avec vous sur le deuxième
devoir du prêtre, celui de sanctifier les hommes, en particulier à
travers les sacrements et le culte de l'Eglise. Ici, nous devons nous
demander avant tout : que signifie le mot : « saint » ? La réponse est
: « saint » est la qualité spécifique de l'être de Dieu, c'est-à-dire
la vérité, la bonté, l'amour, la beauté absolus - la lumière pure.
Sanctifier une personne signifie donc la mettre en contact avec Dieu,
avec son être de lumière, de vérité, d'amour pur. Il est évident que ce
contact transforme la personne. Dans l'Antiquité, il existait cette
ferme conviction : personne ne peut voir Dieu sans mourir aussitôt. La
force de vérité et de lumière est trop grande ! Si l'homme touche ce
courant absolu, il ne survit pas. D'autre part, il existait également
la conviction suivante : sans aucun contact avec Dieu, l'homme ne peut
vivre. Vérité, bonté, amour sont les conditions fondamentales de son
être. La question est : comment l'homme peut-il trouver ce contact avec
Dieu, qui est fondamental, sans mourir écrasé par la grandeur de l'être
divin? La foi de l'Eglise nous dit que Dieu lui-même crée ce contact,
qui nous transforme au fur et à mesure en images véritables de Dieu.

Ainsi, nous sommes de nouveau parvenus au devoir du prêtre de «
sanctifier ». Aucun homme ne peut seul et avec ses propres forces
mettre l'autre en contact avec Dieu. Une partie essentielle de la grâce
du sacerdoce est le don, le devoir de créer ce contact. Cela se réalise
dans l'annonce de la parole de Dieu, dans laquelle sa lumière vient à
notre rencontre. Cela se réalise de façon particulièrement dense dans
les sacrements. L'immersion dans le mystère pascal de mort et de
résurrection du Christ a lieu dans le Baptême, et est renforcée dans la
Confirmation et dans la réconciliation, et elle est nourrie par
l'Eucharistie, sacrement qui édifie l'Eglise comme Peuple de Dieu,
Corps du Christ, Temple de l'Esprit Saint (cf. Jean-Paul II, Exhort.
past. Pastores gregis, n. 32). C'est donc le Christ lui-même qui rend
saints, c'est-à-dire qui nous attire dans la sphère de Dieu. Mais comme
acte de son infinie miséricorde, il appelle certaines personnes à « demeurer »
avec Lui (cf. Mc 3, 14) et à participer, à travers le sacrement de l'Ordre,
en dépit de la pauvreté humaine, à son Sacerdoce même, à devenir ministres
de cette sanctification, dispensateurs de ses mystères, « ponts »
de la rencontre avec Lui, de sa médiation entre Dieu et les hommes
et entre les hommes et Dieu (cf. PO n. 5).

Au cours des dernières décennies, certaines tendances ont conduit à
faire prévaloir, dans l'identité et la mission du prêtre, la dimension
de l'annonce, en la détachant de celle de la sanctification ; on a
souvent dit qu'il faudrait dépasser une pastorale purement
sacramentelle. Mais est-il possible d'exercer authentiquement le
ministère sacerdotal « en dépassant » la pastorale sacramentelle ?

Qu'est-ce que cela signifie précisément pour les prêtres d'évangéliser,
en quoi consiste ce que l'on appelle le primat de l'annonce ? Comme le
rapportent les Evangiles, Jésus affirme que l'annonce du Royaume de
Dieu est le but de sa mission ; cette annonce, toutefois, n'est pas
seulement un « discours », mais elle inclut en même temps, sa propre
action ; les signes, les miracles que Jésus accomplit indiquent que le
Royaume vient comme une réalité présente et que celle-ci coïncide en
fin de compte avec sa propre personne, avec le don de soi, comme nous
l'avons entendu aujourd'hui dans la lecture de l'Evangile.

Et il en est de même pour le ministre ordonné : celui-ci, le prêtre, représente le
Christ, l'Envoyé du Père, il en continue sa mission, à travers la « parole » et
le « sacrement », dans cette totalité de corps et d'âme, de signe et de parole.
Saint Augustin, dans une lettre à l'évêque Honoré de Tiabe, en se référant aux
prêtres, affirme : « Que les serviteurs du Christ, les ministres de Sa parole
et de Son sacrement fassent donc ce qu'il commanda ou permit » (Epist. 228, 2).

Il faut réfléchir si, dans certains cas, avoir sous-évalué l'exercice fidèle du munus
sanctificandi, n'a pas représenté un affaiblissement de la foi elle-même
dans l'efficacité salvifique des sacrements et, en définitive,
dans l'œuvre actuelle du Christ et de son Esprit, à travers l'Eglise, dans le monde.

Qui donc sauve le monde et l'homme ? La seule réponse que nous pouvons
donner est : Jésus de Nazareth, Seigneur et Christ, crucifié et
ressuscité.

Et où s'actualise le Mystère de la mort et de la résurrection du Christ, qui porte le salut ?
Dans l'action du Christ par l'intermédiaire de l'Eglise, en particulier dans le sacrement de
l'Eucharistie, qui rend présente l'offrande sacrificielle rédemptrice du Fils de Dieu,
dans le sacrement de la réconciliation, où de la mort du péché on retourne à la
vie nouvelle, et dans chaque acte sacramentel de sanctification (cf. PO, 5).

Il est important, par conséquent, de promouvoir une catéchèse adaptée pour
aider les fidèles à comprendre la valeur des sacrements,
mais il est tout aussi nécessaire, à l'exemple du saint Curé d'Ars,
d'être disponibles, généreux et attentifs pour donner
à nos frères les trésors de grâce que Dieu a placés entre nos mains,
et dont nous ne sommes pas les « maîtres », mais des gardiens et des administrateurs.

Surtout à notre époque, dans laquelle, d'un côté, il semble que la foi s'affaiblit et que,
de l'autre, émergent un profond besoin et une recherche diffuse de spiritualité,
il est nécessaire que chaque prêtre se rappelle que, dans sa mission,
l'annonce missionnaire et le culte des sacrements ne sont jamais séparés
et promeuve une saine pastorale sacramentelle, pour former le
Peuple de Dieu et l'aider à vivre en plénitude la Liturgie,
le culte de l'Eglise, les sacrements comme dons gratuits de Dieu,
actes libres et efficaces de son action de salut.

Comme je l'ai rappelé lors de la messe chrismale de cette année :
« Le sacrement est le centre du culte de l'Eglise. Sacrement signifie que,
en premier lieu, ce ne sont pas nous les hommes qui faisons quelque
chose, mais c'est d'abord Dieu, qui, par son agir, vient à notre
rencontre, nous regarde et nous conduit vers Lui. (...) Dieu nous
touche par le moyen des réalités matérielles (...) qu'Il met à son
service, en en faisant des instruments de la rencontre entre nous et
lui-même » (Messe chrismale, 1er avril 2010).

La vérité selon laquelle, dans le sacrement, « ce ne sont pas nous
les hommes qui faisons quelque chose »
concerne également, et doit concerner, la conscience sacerdotale :
chaque prêtre sait bien qu'il est l'instrument nécessaire à l'action salvifique de Dieu,
mais cependant toujours un instrument.

Cette conscience doit rendre humble et généreux dans l'administration
des sacrements, dans le respect des normes canoniques, mais également
dans la profonde conviction que sa propre mission est de faire en sorte
que tous les hommes, unis au Christ, peuvent s'offrir à Dieu comme
hostie vivante et sainte, agréable à Lui (cf. Rm 12, 1).

Saint Jean-Marie Vianney est encore exemplaire à propos du munus santificandi
et de la juste interprétation de la pastorale sacramentelle, lui qui, un jour,
face à un homme qui prétendait ne pas avoir la foi et qui désirait discuter avec lui, répondit :
« Oh ! mon ami, ce n'est pas à moi qu'il faut vous adresser,
je ne sais pas raisonner... mais si vous avez besoin de réconfort, mettez-vous là...
(il indiquait du doigt l'inexorable tabouret [du confessionnal])
et croyez-moi, beaucoup d'autres s'y sont assis avant vous et n'ont pas eu à s'en repentir »
(cf. Monnin A., Il curato d'Ars. Vita di Gian-Battista-Maria Vianney,
vol. I, Turin 1870, pp. 163-164).
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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Mer 09 Juin 2010, 17:31

Chers prêtres,
vivez avec joie et avec amour la liturgie et le culte :
c'est une action que le Ressuscité accomplit dans la puissance de l'Esprit Saint
en nous, avec nous et pour nous.
Je voudrais renouveler l'invitation faite récemment à « revenir au confessionnal, comme lieu dans lequel célébrer le sacrement de la réconciliation, mais aussi comme lieu où "habiter" plus souvent,
pour que le fidèle puisse trouver miséricorde, conseil et réconfort, se sentir aimé et compris de Dieu et ressentir la présence de la Miséricorde divine,
à côté de la présence réelle de l'Eucharistie » (Discours à la Pénitencerie apostolique, 11 mars 2010).

Et je voudrais également inviter chaque prêtre à célébrer et à vivre avec intensité l'Eucharistie, qui est au cœur de la tâche de sanctifier ; c'est Jésus qui veut être avec nous, vivre en nous, se donner lui-même à nous, nous montrer la miséricorde et la tendresse infinies de Dieu ; c'est l'unique Sacrifice d'amour du Christ qui se rend présent, se réalise parmi nous et parvient jusqu'au trône de la grâce, en présence de Dieu, embrasse l'humanité et nous unit à Lui (cf. Discours au clergé de Rome, 18 février 2010).

Et le prêtre est appelé à être ministre de ce grand Mystère, dans le sacrement et dans la vie. Si « la grande tradition ecclésiale a, à juste titre, séparé l'efficacité sacramentelle de la situation existentielle concrète du prêtre, et ainsi, les attentes légitimes des fidèles ont été sauvegardées de façon adéquate », cela n'ôte rien « à la tension nécessaire et même indispensable, vers la perfection morale, qui doit habiter tout cœur authentiquement sacerdotal » : le Peuple de Dieu attend également de ses pasteurs un exemple de foi et de témoignage de sainteté (cf. Benoît XVI, Discours à l'assemblée plénière de la Congrégation pour le clergé, 16 mars 2009). Et c'est dans la célébration des saints mystères que le prêtre trouve la racine de sa sanctification (cf. PO, 12-13).

Chers amis,
soyez conscients du grand don que les prêtres représentent pour l'Eglise et pour le monde ;
à travers leur ministère, le Seigneur continue à sauver les hommes, à être présent, à sanctifier.
Sachez remercier Dieu, et surtout soyez proches de vos prêtres à travers la prière et votre soutien,
en particulier dans les difficultés,
afin qu'ils soient toujours plus des pasteurs selon le cœur de Dieu.
Merci.



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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Jeu 10 Juin 2010, 09:42

La mission du prêtre de gouverner

Chers frères et sœurs,

L'Année sacerdotale touche à son terme ; c'est pourquoi j'avais
commencé dans les dernières catéchèses à parler des devoirs essentiels
du prêtre, à savoir : enseigner, sanctifier et gouverner. J'ai déjà
tenu deux catéchèses, une sur le ministère de la sanctification, les
sacrements notamment, et une sur celui de l'enseignement. Il me reste
donc aujourd'hui à parler de la mission du prêtre de gouverner, de
guider, avec l'autorité du Christ, non avec la sienne, la portion du
Peuple que Dieu lui a confiée.

Comment comprendre dans la culture contemporaine une telle dimension,
qui implique le concept d'autorité et qui trouve son origine dans le
mandat même du Seigneur de paître son troupeau ? Qu'est-ce réellement
pour nous chrétiens que l'autorité ?

Les expériences culturelles, politiques et historiques du passé récent,
notamment les dictatures en Europe de l'Est et de l'Ouest au XXe siècle,
ont rendu l'homme contemporain suspicieux à l'égard de ce concept.
Un soupçon qui, très souvent, se traduit par l'affirmation de la nécessité
d'abandonner toute autorité qui ne vienne pas exclusivement des hommes
et ne leur soit pas soumise, qui ne soit pas contrôlée par eux.

Mais précisément si l'on regarde les régimes qui, au siècle dernier,
ont semé la terreur et la mort, cela nous rappelle avec force que l'autorité,
dans tous les milieux, lorsqu'elle est exercée sans une référence au Transcendant,
se détache de l'Autorité suprême, qui est Dieu, et finit inévitablement
par se retourner contre l'homme. Il est alors important de reconnaître
que l'autorité humaine n'est jamais une fin, mais toujours et
uniquement un moyen et que, nécessairement et à toute époque, la fin
est toujours la personne, créée par Dieu avec sa dignité propre
intangible et appelée à être en relation avec son Créateur, sur le
chemin terrestre de l'existence, et dans la vie éternelle ; c'est une
autorité exercée dans la responsabilité devant Dieu, devant le Créateur.

Une autorité ainsi entendue, qui ait comme but unique de
servir le vrai bien des personnes et d'être la transparence sur
l'unique Bien suprême qui est Dieu, non seulement n'est pas étrangère
aux hommes mais au contraire est une aide précieuse sur le chemin vers
la pleine réalisation dans le Christ, vers le salut.

L'Eglise est appelée et s'engage à exercer ce type d'autorité qui est
service, et elle l'exerce non à son propre titre, mais au nom de Jésus
Christ, qui a reçu du Père tout pouvoir au Ciel et sur la terre (cf. Mt
28, 18). A travers les pasteurs de l'Eglise, en effet, le Christ paît
son troupeau : c'est Lui qui le guide, le protège, le corrige, parce
qu'il l'aime profondément. Mais le Seigneur Jésus, Pasteur suprême de
nos âmes, a voulu que le collège apostolique, aujourd'hui les évêques,
en communion avec le Successeur de Pierre, et les prêtres, leurs plus
précieux collaborateurs, participent à sa mission de prendre soin du
Peuple de Dieu, d'être des éducateurs dans la foi, en orientant, en
animant et en soutenant la communauté chrétienne, ou comme le dit le
Concile, en veillant « à ce que chaque chrétien parvienne, dans le
Saint-Esprit, à l'épanouissement de sa vocation personnelle selon
l'Evangile, à une charité sincère et active et à la liberté par
laquelle le Christ nous a libérés » (Presbyterorum ordinis, n. 6).

Chaque pasteur, par conséquent, est l'intermédiaire à travers lequel le
Christ lui-même aime les hommes : c'est à travers notre ministère -
chers prêtres -, c'est par notre intermédiaire que le Seigneur atteint
les âmes, les instruit, les protège, les guide. Saint Augustin, dans
son Commentaire à l'Evangile de saint Jean dit : « Que paître le
troupeau du Seigneur soit donc un engagement d'amour » (123, 5) ; telle
est la règle de conduite suprême des ministres de Dieu, un amour
inconditionnel, comme celui du Bon Pasteur, empli de joie, ouvert à
tous, attentif au prochain et plein d'attention pour ceux qui sont loin
(cf. Saint Augustin, Discours 340, 1 ; Discours 46, 15), délicat envers
les plus faibles, les petits, les simples, les pécheurs, pour
manifester l'infinie miséricorde de Dieu avec les paroles rassurantes
de l'espérance (cf. ibid, Lettre 95, 1)

Si cette tâche pastorale est fondée sur le Sacrement, son efficacité
n'est toutefois pas indépendante de la vie personnelle du prêtre. Pour
être un pasteur selon le cœur de Dieu (cf. Jr 3, 15), il faut un
profond enracinement dans l'amitié vivante avec le Christ, non
seulement de l'intelligence, mais également de la liberté et de la
volonté, une claire conscience de l'identité reçue dans l'ordination
sacerdotale, une disponibilité inconditionnée à conduire le troupeau
confié, là où le Seigneur veut et non dans la direction qui,
apparemment, semble le plus convenir ou la plus facile.

Cela demande, tout d'abord, la disponibilité continue et progressive
à laisser le Christ lui-même gouverner la vie sacerdotale des prêtres.
En effet, personne n'est réellement capable de paître le troupeau du Christ,
s'il ne vit pas une profonde et réelle obéissance au Christ et à l'Eglise,
et la docilité même du Peuple à ses prêtres dépend de la docilité des
prêtres envers le Christ ; c'est pourquoi, à la base du ministère
pastoral se trouve toujours la rencontre personnelle et constante avec
le Seigneur, la profonde connaissance de sa personne, la configuration
de sa propre volonté à la volonté du Christ.

Au cours des dernières décennies, on a souvent utilisé l'adjectif «
pastoral » presque en opposition avec le concept de « hiérarchique »,
et l'idée de « communion » a également été interprétée dans cette même
opposition. Il s'agit peut-être là d'un point où peut être utile une
brève observation sur le terme de « hiérarchie », qui est la
désignation traditionnelle de la structure d'autorité sacramentelle
dans l'Eglise, ordonnée selon les trois niveaux du sacrement de l'ordre
: épiscopat, prêtrise, diaconat.

Dans l'opinion publique prévaut, pour cette réalité « hiérarchique »,
l'élément de subordination et l'élément juridique ; c'est pourquoi,
à de nombreuses personnes, l'idée de hiérarchie apparaît en opposition
avec la flexibilité et la vitalité du sens pastoral et également
contraire à l'humilité de l'Evangile.

Mais il s'agit d'une mauvaise compréhension du sens de la hiérarchie,
également causée d'un point de vue historique par des abus d'autorité
et par le carriérisme, qui sont précisément des abus et qui ne dérivent
pas de l'être même de la réalité « hiérarchique ». L'opinion commune
est que la « hiérarchie » est toujours liée à la domination et qu'elle
ne correspond pas ainsi au véritable sens de l'Eglise, de l'unité dans
l'amour du Christ. Mais, comme je l'ai dit, il s'agit d'une mauvaise
interprétation, qui a pour origine des abus au cours de l'histoire,
mais qui ne répond pas à la véritable signification de ce qu'est la
hiérarchie.

Commençons par le mot. On dit généralement que la signification
du mot hiérarchie serait « domination sacrée », mais ce
n'est pas sa véritable signification, qui est « origine sacrée »,
c'est-à-dire que cette autorité ne provient pas de l'homme lui-même,
mais elle a son origine dans le sacré, dans le sacrement ; elle soumet
donc la personne à la vocation, au mystère du Christ ; elle fait de
l'individu un serviteur du Christ et ce n'est qu'en tant que serviteur
du Christ que celui-ci peut gouverner, guider pour le Christ et avec le
Christ. C'est pourquoi, pour celui qui entre dans le saint Ordre du
Sacrement, la « hiérarchie » n'est pas un autocrate ; il entre dans un
lien nouveau d'obéissance avec le Christ : il est lié à Lui en
communion avec les autres membres de l'Ordre sacré, du Sacerdoce.

Et le Pape lui-même - point de référence de tous les autres pasteurs et
de la communion de l'Eglise - ne peut pas faire ce qu'il veut ; au contraire,
le Pape est le gardien de l'obéissance au Christ, à sa parole résumée
dans la regula fidei, dans le Credo de l'Eglise, et il doit guider dans
l'obéissance au Christ et à son Eglise. La hiérarchie implique donc un
triple lien : tout d'abord, celui avec le Christ et l'ordre donné par
le Seigneur à son Eglise ; ensuite, le lien avec les autres pasteurs
dans l'unique communion de l'Eglise ; et enfin, le lien avec les
fidèles confiés à l'individu, dans l'ordre de l'Eglise.

On comprend donc que communion et hiérarchie ne sont pas contraires
l'une à l'autre, mais se conditionnent. Ensemble, elles forment une
seule chose (communion hiérarchique). Le Pasteur est donc tel en
guidant et en protégeant le troupeau, et en empêchant parfois qu'il se
perde. Le devoir de gouverner propre aux prêtres n'est pas
compréhensible en dehors d'une vision clairement et explicitement
surnaturelle. Au contraire, celui-ci, soutenu par le véritable amour
pour le salut de chaque fidèle, est particulièrement précieux et
nécessaire également à notre époque. Si l'objectif est d'apporter
l'annonce du Christ et de conduire les hommes à la rencontre salvifique
avec Lui afin qu'ils aient la vie, le devoir de guider se présente
comme un service vécu dans un don total pour l'édification du troupeau
dans la vérité et dans la sainteté, allant souvent à contre-courant et
en rappelant que celui qui est le plus grand doit devenir comme le plus
petit, et celui qui gouverne, comme celui qui sert (cf. Lumen gentium,
n. 27).

Où un prêtre peut-il puiser aujourd'hui la force pour cet exercice de
son propre ministère, dans la pleine fidélité au Christ et à l'Eglise,
avec un dévouement total au troupeau ? La réponse est une seule : dans
le Christ Seigneur. La façon de gouverner de Jésus n'est pas celle de
la domination, mais c'est le service humble et plein d'amour du
lavement des pieds, et la royauté du Christ sur l'univers n'est pas un
triomphe terrestre, mais trouve son point culminant sur le bois de la
Croix, qui devient jugement pour le monde et point de référence pour
l'exercice de l'autorité qui soit une véritable expression de la
charité pastorale.

Les saints, et parmi eux saint Jean-Marie Vianney, ont exercé avec amour
et dévouement leur devoir de prendre soin de la portion du Peuple de Dieu
qui leur a été confiée, se révélant également des hommes forts et déterminés,
animés de l'unique objectif de promouvoir le véritable bien des âmes,
capables de payer de leur personne, jusqu'au martyre, pour demeurer fidèles
à la vérité et à la justice de l'Evangile.
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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Ven 11 Juin 2010, 09:47

« J’ai confessé le diable... »

Témoignage d’un prêtre colombien

ROME, Jeudi 10 juin 2010 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous l'histoire racontée par un prêtre colombien, qui a gagné le concours « Anecdotes sacerdotales » organisé en mars dernier par le portail catholic.net. Sur les 820 histoires parvenues de 78 pays, un jury de 20 membres issus de 7 pays différents, a choisi celle du prêtre colombien Manuel Julián Quiceno Zapata, du diocèse de Carthage (Colombie).

J'ai confessé le « diable »

Mais avant d'entendre sa confession...

Curé d'un petit village, je sortais souvent dans la rue le dimanche après-midi pour saluer les gens, leur distribuer un texte de catéchèse, surtout à ceux qui n'avaient pas l'habitude d'aller à la messe. Dans cette paroisse dédiée à saint Joseph, beaucoup avaient en effet une autre coutume qu'ils observaient religieusement : celle d'aller « boire un coup » dans le café d'en face. Je savais donc aisément où les trouver.

Un jour, en terminant mon parcours, une dame vient me voir et me demande si j'ai bien reconnu le « diable ». « Si, si, le diablo est un des hommes auxquels vous avez dit bonjour ; vous lui avez même donné un de vos textes de catéchèse ». Mais je ne me souvenais pas avoir vu le « diable » ni qui que ce soit qui puisse lui ressembler.

Peu après, je devais me rendre au village voisin pour aider un frère prêtre, mais la voiture de la paroisse était en panne. Alors que je cherchais qui pouvait m'y amener, l'un des enfants de la paroisse me dit : « Si vous voulez, padre, j'appelle le diablo et je lui demande s'il peut vous conduire ». Pensant qu'il s'agissait d'une plaisanterie, j'acceptai et je pus donc faire sa connaissance...

Au début, je n'osais pas ouvrir la bouche car c'était la première fois que je faisais un voyage en telle compagnie. Je me disais : « Mais de quoi pourrais-je bien parler avec le diablo ? » Au bout d'un moment, j'entamai quand même le dialogue, mais cela ressemblait plus à un interrogatoire qu'à une conversation. Avant de sortir de la voiture, sans rien lui dire, je laissai dans la boîte à gants un scapulaire de la Vierge du Carmel.

À partir de ce jour-là, je le croisais partout. Chaque fois que je le voyais, je l'invitais à la messe, mais il me répondait toujours : « pas maintenant, un autre jour, j'ai mes raisons ».

Cela faisait longtemps que je ne l'avais plus revu quand un enfant m'arrêta à la porte de l'église pour me dire que quelqu'un de gravement malade avait besoin de me voir d'urgence. Je m'empressai d'aller chercher le nécessaire et de le suivre. Quelle ne fut pas ma surprise quand, en arrivant chez ce malade, je m'aperçus qu'il s'agissait justement de mon diablo, le paysan Ramón. Il ne se souvenait pas quand ni pourquoi on avait commencé à l'appeler comme cela, mais il s'y était fait.

Et il gisait sur son lit, touché par un terrible cancer en phase terminale. « Vous vous souvenez de moi, padre, je suis le diablo. Mais mon âme, c'est à Dieu que je veux la donner ! Padre, por favor, vous me confessez ? »

J'étais déjà en train de penser que c'était un des plus beaux moments de ma vie quand je vis entre ses mains tremblantes un scapulaire : celui que je lui avais laissé dans le vide-poche de la voiture. Il voulait l'apporter pour son voyage dans l'éternité ! Après sa mort, je trouvai aussi chez lui une des feuilles de catéchèse que je distribuais le dimanche après-midi, sur la confession.

Que Dieu est grand et mystérieux. Il agit dans le silence et la simplicité et il nous permet aussi de partager à tous le don dont il nous fait part. Ce jour-là, le village n'en revenait pas, et moi non plus : « Il a confessé le diablo ! »

P. Manuel Julián Quiceno Zapata
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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Ven 11 Juin 2010, 10:08

Résumé

(fait par le Saint Pere lui-meme, de ses catéchismes, á l intention des pelerins francophones).

Chers frères et sœurs,

A l'approche de la conclusion de l'Année sacerdotale, je voudrais consacrer quelques réflexions au ministère ordonné, particulièrement à la configuration du prêtre au Christ-Tête.

Le prêtre qui agit en représentant du Seigneur n'agit pas au nom d'un absent mais en la
Personne même du Christ Ressuscité.

Les trois charges du prêtre d'enseigner, de sanctifier et de gouverner sont en réalité les trois actions du Christ Ressuscité dans son Eglise.

La charge d'enseigner est particulièrement importante.
Le prêtre qui 'enseigne' ne propose jamais
sa propre pensée, il indique aux hommes la réalité et la présence de
Dieu, vivant et agissant dans le monde. Il annonce tout ce que Dieu a
révélé de lui-même, que la Tradition a consigné et que le Magistère
authentique a interprété depuis deux mille ans. Le prêtre doit
intérioriser et vivre cet enseignement et ces vérités de la foi dans un
intense cheminement spirituel. Il croit, accueille et cherche à vivre
avant tout ce que le Seigneur a enseigné et que l'Eglise a transmis. Il
est toujours un 'enseignant', avec l'humble et joyeuse certitude de
celui qui a rencontré la Vérité, qui en a été saisi et transformé, et
qui ne peut rien faire d'autre que de l'annoncer. Chers frères et
sœurs, le Seigneur a confié aux prêtres la tâche d'être des
annonciateurs de Sa Parole, de la Vérité qui sauve. Que la simplicité
et la fidélité de saint Jean Marie Vianney dans cette annonce soient
des exemples pour tous les prêtres !

Le prêtre a reçu mission de sanctifier les hommes, surtout par les
sacrements et par le culte de l'Eglise. Sanctifier une personne
signifie la mettre en contact avec Dieu, avec son être de lumière, de
vérité et de pur amour. Et ce contact transforme la personne. Les
prêtres doivent être comme des ponts qui favorisent la rencontre avec
Dieu. Ils doivent être disponibles, généreux et attentifs à offrir à
leurs frères les trésors de la grâce de Dieu dont ils ne sont pas les
propriétaires mais les gardiens et les administrateurs. Se rappelant
que l'annonce missionnaire et le culte sont inséparables, le prêtre,
comme le Curé d'Ars, doit donner la primauté au munus sanctificandi.
Puissiez-vous vivre, chers prêtres, avec joie et avec amour la Liturgie
et le culte! Puissiez-vous aussi faire du confessionnal le lieu de la
réconciliation et y être plus présents! Puissiez-vous enfin célébrer et
vivre avec intensité l'Eucharistie qui est le centre de la mission de
sanctification! Quant à vous chers frères et sœurs, priez pour vos
prêtres afin qu'ils soient toujours des pasteurs selon le cœur de Dieu.

Chers frères et sœurs, je conclue aujourd'hui la catéchèse sur les
trois fonctions spécifiques du prêtre en parlant du pouvoir de
gouvernement.
Exercée en référence au Transcendant, l'autorité pour les
chrétiens est le reflet de l'Unique Bien suprême qui est Dieu. Paître
le troupeau du Seigneur doit être un service d'amour, affirme Saint
Augustin ! Voilà la loi suprême pour tout ministre de Dieu ! Etre
pasteur selon le cœur de Dieu requiert une rencontre personnelle et
constante avec le Seigneur, une connaissance profonde de sa Personne,
une adhésion à sa volonté. De la docilité du prêtre au Christ dépend la
docilité du troupeau au Pasteur. L'autorité est un service vécu dans
l'Eglise par le don total de soi-même pour la sanctification du
troupeau. Pour remplir ce ministère, le prêtre doit puiser ses forces
dans le Christ seul, le vrai modèle par son humble service d'amour
exprimé dans le lavement des pieds et par sa royauté qui culmine sur la
Croix. Chers prêtres, gouverner c'est former le Christ dans les cœurs
des chrétiens. N'ayez pas peur de conduire au Christ le troupeau qui
vous est confié en étant vous-mêmes des modèles pour tous. Je vous
invite cordialement aux prochaines célébrations qui concluront l'Année
sacerdotale ! Quant à vous chers frères et sœurs, puissiez-vous prier
pour le Successeur de Pierre qui a la mission spécifique de gouverner
l'Eglise, ainsi que pour vous évêques et vos prêtres.

© Copyright du texte original plurilingue : Libreria Editrice Vaticana
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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Ven 11 Juin 2010, 15:51

De l'HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI en la
Solennité du Sacré Cœur de Jésus
le Vendredi 11 juin 2010, Place Saint-Pierre


Chers confrères dans le ministère sacerdotal,
Chers frères et sœurs,

L’Année sacerdotale que nous avons célébrée, 150 ans après la mort du
saint Curé d’Ars, modèle du ministère sacerdotal dans notre monde,
arrive à son terme.

Par le Curé d’Ars, nous nous sommes laissé guider,
pour saisir à nouveau la grandeur et la beauté du ministère sacerdotal.

Le prêtre n’est pas simplement le détenteur d’une charge, comme celles
dont toute société a besoin afin qu’en son sein certaines fonctions
puissent être remplies.

Il fait en revanche quelque chose qu’aucun être
humain ne peut faire de lui-même : il prononce au nom du Christ la
parole de l’absolution de nos péchés et il transforme ainsi, à partir
de Dieu, la situation de notre existence.

Il prononce sur les offrandes du pain et du vin les paroles
d’action de grâce du Christ qui sont paroles de transsubstantiation
– des paroles qui le rendent présent, Lui, le Ressuscité,
son Corps et son Sang, et transforment ainsi les éléments du monde :
des paroles qui ouvrent le monde à Dieu et l’unissent à Lui.

Le sacerdoce n’est donc pas seulement une « charge », mais un
sacrement : Dieu se sert d’un pauvre homme pour être, à travers
lui, présent pour les hommes et agir en leur faveur. Cette audace de
Dieu qui se confie à des êtres humains et qui, tout en connaissant nos
faiblesses, considère les hommes capables d’agir et d’être présents à
sa place – cette audace de Dieu est la réalité vraiment grande qui se
cache dans le mot « sacerdoce ».

Que Dieu nous considère capables de cela, que de cette manière
il appelle les hommes à son service et qu’ainsi de l’intérieur
il se lie à eux : c’est ce que, en cette année, nous voulions
considérer et comprendre à nouveau.

Nous voulions réveiller la joie que Dieu nous soit si proche,
et la gratitude pour le fait qu’il se confie à notre faiblesse ;
qu’il nous conduise et nous soutienne jour après jour.

Nous voulions aussi ainsi montrer à nouveau aux jeunes que
cette vocation, cette communion de service pour Dieu et avec Dieu,
existe – et plus encore, que Dieu est en attente de notre « oui ».

Avec l’Église, nous voulions à nouveau faire noter que cette
vocation nous devons la demander à Dieu. Nous demandons des ouvriers
pour la moisson de Dieu, et cette requête faite à Dieu c’est, en même
temps, Dieu qui frappe à la porte du cœur des jeunes qui se considèrent
capables de ce dont Dieu les considère capables.

On pouvait s’attendre à ce que cette nouvelle mise en lumière
du sacerdoce déplaise à « l’ennemi » ; il aurait préféré le voir
disparaître, pour qu’en fin de compte Dieu soit repoussé hors du monde.
Et il est ainsi arrivé que, proprement au cours de cette année
de joie pour le sacrement du sacerdoce, sont venus à la lumière
les péchés des prêtres – en particulier l’abus à l’égard des petits,
où le sacerdoce chargé de témoigner de la prévenance de Dieu
à l’égard de l’homme se trouve retourné en son contraire.

Nous aussi nous demandons avec insistance pardon à Dieu
et aux personnes impliquées, alors que nous entendons
promettre de faire tout ce qui est possible pour que de tels abus ne
puissent jamais plus survenir ; promettre que dans l’admission au
ministère sacerdotal et dans la formation délivrée au cours du parcours
qui y prépare, nous ferons tout ce qui est possible pour examiner
attentivement l’authenticité de la vocation et que nous voulons mieux
encore accompagner les prêtres sur leur chemin, afin que le Seigneur
les protège et les garde dans les situations difficiles et
face aux dangers de la vie.

Si l’Année sacerdotale avait du être une glorification de notre
prestation humaine personnelle, elle aurait été détruite par ces
événements. Mais il s’agissait pour nous exactement du contraire :
devenir reconnaissant pour le don de Dieu, un don qui se
cache « dans des vases d’argile » et qui toujours de nouveau, à travers
toute la faiblesse humaine, rend concret son amour en ce monde.

Nous considérons ainsi que ce qui est arrivé est un devoir de purification,
un devoir qui nous porte vers l’avenir et qui, d’autant plus, nous fait
reconnaître et aimer le grand don de Dieu. De cette façon, le don
devient l’engagement de répondre au courage et à l’humilité de Dieu par
notre courage et notre humilité. La parole du Christ, que nous avons
chanté comme chant d’entrée dans la liturgie de ce jour, peut nous
suggérer en cette heure ce que signifie devenir et être prêtre :

« Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et
humble de cœur » (Mt 11, 29).



Nous célébrons la fête du Sacré Cœur de Jésus et nous jetons avec la
liturgie, pour ainsi dire, un regard dans le cœur de Jésus qui, dans la
mort, fut ouvert par la lance du soldat romain. Oui, son cœur est
ouvert pour nous et devant nous – et ainsi, le cœur de Dieu lui-même
nous est ouvert. La liturgie interprète pour nous le langage du cœur de
Jésus, qui parle surtout de Dieu en tant que pasteur des hommes et nous
présente de cette façon le sacerdoce de Jésus, qui est enraciné dans
les profondeurs de son cœur ;
elle nous indique ainsi le fondement durable, tout autant que le critère valable,
de tout ministère sacerdotal,
qui doit être ancré dans le cœur de Jésus
et être vécu à
partir de lui.


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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Sam 12 Juin 2010, 01:34

suite de cette homélie sur le fil : "Affermis tes freres !", pour la lire, cliquez ici :

http://docteurangelique.forumactif.com/temoignages-discernement-cas-concrets-f3/affermis-tes-freres-t10139.htm#327494
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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Dim 13 Juin 2010, 10:31

Comment susciter des vocations sacerdotales

Benoît XVI invite à prier avec conviction


ROME, Vendredi 11 juin 2009 (ZENIT.org) - Benoît XVI invite à prier avec conviction pour que Dieu suscite de nouvelles vocations sacerdotales.

Au cours de la veillée, place Saint-Pierre, jeudi soir, un prêtre d'Australie lui a posé la question : comment remédier au manque de prêtres et de vocations.

Le pape a diagnostiqué « la tentation de transformer le sacerdoce en un « job » normal, une profession » : cette tentation « ne résoud rien » a fait observer le pape. Il a proposé l'exemple du roi Saul, qui, avant la bataille, en l'absence du prophète Samuel, décide d'offrir lui-même le sacrifice et « pense résoudre le problème ». En quelque sorte, il « se fait Dieu » mais il « ne peut pas faire les choses à la façon de Dieu ».

Appliquant cet épisode biblique au manque de prêtres, le pape a expliqué que « renoncer au caractère sacré » du sacerdoce n'est pas la solution : « seul Dieu » peut agir. Il faut donc, dit le pape aux prêtres, « prier pour que Dieu nous donne les vocations, prier avec insistance et détermination, avec conviction, car Dieu ne s'enferme pas dans les temps que nous avons prévus ».

Benoît XVI invite à « l'humilité » et la « confiance » mais aussi au « courage » de « prier avec insistance pour les vocations, qu'il nous donne des prêtres ».

Et puis Benoît XVI insiste sur le témoignage personnel : « Chacun devrait faire le maximum pour vivre le sacerdoce de façon convaincante, pour les jeunes. Nous avons connnu des prêtres convaincants en qui brûlait l'amour pour le Christ ». Cette remarque a éveillé des souvenirs dans l'assemlée qui a applaudi. Le pape a repris : « Nous mêmes devons être convaincants ».

Comme troisième remède, le pape a suggéré « des initiatives de prière, avec confiance et humilité pour parler avec Dieu ».

Le quatrième remède est de ne pas avoir peur de « parler avec les jeunes : une parole humaine est aussi nécessaire pour ouvrir les coeurs à l'écoute de l'appel divin, pour aider à trouver ce contact vital qui permet la maturation d'une vocation sacerdotale ».

Les prêtres doivent aider les jeunes à touver les mouvements, la paroisse, un contexte où ils soient entourés de foi et d'amour et puissent être ouverts pour que la vocation » s'épanouisse.

Enfin, le pape a tenu à « remercier les séminaristes et les jeunes prêtres en disant sa conviction : « le Seigneur nous aidera ».

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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Dim 13 Juin 2010, 20:54



Angelus du 13 juin 2010 (Extraits)


L'Année sacerdotale vient de se conclure.
Ici, à Rome, nous avons vécu des journées inoubliables,
avec la présence de plus de quinze mille prêtres de partout dans le monde.

C'est pourquoi aujourd'hui, je tiens à remercier Dieu
pour tous les bénéfices que l'Eglise universelle a tirés de cette année.
Personne ne pourra jamais les mesurer, mais certainement, on en voit,
et davantage encore on en verra les fruits.
(..)
Le prêtre est façonné par l'amour même du Christ,
cet amour qui L'a poussé à donner sa vie pour ses amis
et même à pardonner à ses ennemis.

C'est pourquoi les prêtres sont les premiers travailleurs de la civilisation de l'amour.

Et là, je pense à tant de figures de prêtres, connus et inconnus,
certains élevés à l'honneur des autels,
d'autres dont le souvenir reste indélébile parmi les fidèles,
même dans une petite communauté paroissiale.

Comme cela s'est passé à Ars, un village en France où a exercé son ministère
Saint Jean-Marie Vianney.

Il n'y a pas besoin d'ajouter de mots à ce qui a été dit sur lui ces
derniers mois.
Mais son intercession doit nous accompagner encore plus à partir de maintenant.
Puisse sa prière, son «acte d'amour»
que nous avons si souvent récité pendant l'Année Sacerdotale,
continuer d'alimenter notre conversation avec Dieu.


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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Dim 13 Juin 2010, 20:58

Acte d'amour du Saint Curé d'Ars

Je vous aime,
ô mon Dieu,
et mon seul désir
est de vous aimer
jusqu'au dernier soupir de ma vie.

Je vous aime,
ô Dieu infiniment aimable,
et j'aimerais mieux
mourir en vous aimant
que de vivre un seul instant
sans vous aimer.

Je vous aime,
ô mon Dieu,
et je ne désire le ciel
que pour avoir le bonheur
de vous aimer parfaitement.

Je vous aime,
ô mon Dieu,
et je n'appréhende l'enfer
que parce qu'on n'y aura jamais
la douce consolation de vous aimer.

O mon Dieu,
si ma langue ne peut dire
à tout moment que je vous aime,
du moins je veux
que mon cœur vous le répète
autant de fois que je respire.

Ah, faites-moi la grâce
de souffrir en vous aimant,
de vous aimer en souffrant
et d'expirer un jour
en vous aimant
et en se sentant
que je vous aime.

Et plus j'approche de ma fin,
plus je vous conjure
d'accroître mon amour
et de le perfectionner.

Ainsi soit-il !


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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Lun 14 Juin 2010, 21:58

Le pape répond aux questions des prêtres en la veillée du jeudi 10 juin (1ere partie)

ROME, Lundi 14 juin 2010 (ZENIT.org) - Nous publions ci-dessous le texte intégral des questions posées à Benoît XVI par cinq prêtres des différents continents ainsi que les réponses données par le pape au cours de la veillée de clôture de l'Année sacerdotale, jeudi 10 juin, place Saint-Pierre.
La première question porte sur l'emploi du temps particulièrement chargé des curés de paroisse ; la deuxième sur la théologie, quelle est la vraie théologie ; la troisième sur le célibat sacerdotal ; la quatrième sur l'Eucharistie et le monde ; la cinquième sur la baisse des vocations et comment y faire face.


1. Question d'Amérique

Très Saint-Père, je m'appelle José Eduardo de Oliveira y Silva et je viens d'Amérique, du Brésil plus précisément. La plus grande partie d'entre nous ici présents sommes engagés dans la pastorale directe, en paroisse, et non seulement avec une communauté, mais parfois nous sommes désormais des curés de plusieurs paroisses, ou de communautés particulièrement étendues. Avec toute la bonne volonté, nous essayons de subvenir aux nécessités d'une société qui a beaucoup changé, qui n'est plus entièrement chrétienne, mais nous nous rendons compte que notre « action » ne suffit pas. Où aller, Votre Sainteté ? Dans quelle direction ?

Benoît XVI - Chers amis, tout d'abord, je voudrais exprimer ma grande joie parce que des prêtres de toutes les régions du monde sont réunis ici, dans la joie de notre vocation et dans la disponibilité à servir de toutes nos forces le Seigneur à cette époque qui est la nôtre.

Pour répondre à la question, je suis bien conscient qu'aujourd'hui il est très difficile d'être curé même et surtout dans les pays d'ancienne chrétienté ; les paroisses deviennent de plus en plus étendues, des unités pastorales... il est impossible de connaître tout le monde, il est impossible de faire toutes les tâches que l'on pourrait attendre d'un curé. Et ainsi nous nous demandons réellement comment aller de l'avant, comme vous l'avez dit.

Mais je voudrais dire tout d'abord : je sais qu'il y a de très nombreux prêtres dans le monde qui donnent réellement toute leur force pour l'évangélisation, pour la présence du Seigneur et de ses sacrements. Et à ces curés fidèles, avec toute la force de leur vie, de leur passion pour le Christ, je voudrais dire un grand « merci » en ce moment.

J'ai dit qu'il n'est pas possible de faire tout ce que l'on souhaite, tout ce qu'il faudrait peut-être faire, parce que nos forces sont limitées et les situations sont difficiles dans une société toujours plus diversifiée, plus compliquée. Je pense qu'il est surtout important que les fidèles puissent voir qu'un prêtre ne fait pas seulement son « job », son horaire de travail et puis qu'il est libre et vit uniquement pour lui-même, mais que c'est un homme passionné par le Christ, qui porte en lui le feu de l'amour du Christ. Si les fidèles voient que le curé est plein de la joie du Seigneur, ils comprennent aussi qu'il ne peut pas tout faire, ils acceptent ses limites et ils l'aident.

C'est donc là qu'est le point le plus important : que l'on puisse voir et ressentir que le curé se sent réellement un appelé du Seigneur ; et qu'il est rempli de l'amour du Seigneur et des siens. S'il en est ainsi, on comprend, on peut aussi voir l'impossibilité de tout faire. Par conséquent, la première condition est d'être remplis de la joie de l'Evangile de tout notre être. Et puis il faut faire des choix, avoir des priorités, voir ce qui est possible et ce qui ne l'est pas.

Et je dirais que les trois priorités fondamentales, nous les connaissons : ce sont les trois piliers de notre existence sacerdotale.

Premièrement, l'Eucharistie et les sacrements : rendre possible et présente l'Eucharistie, surtout le dimanche, et autant que possible pour tous, et la célébrer de manière à ce qu'elle devienne réellement l'acte visible d'amour du Seigneur pour nous.

Puis, l'annonce de la Parole dans toutes ses dimensions : du dialogue personnel jusqu'à l'homélie.

Et le troisième point est la « caritas », l'amour du Christ : être présents pour ceux qui souffrent, pour les petits, les enfants, pour les personnes en difficulté, pour les exclus ; rendre réellement présent l'amour du Bon Pasteur.

Et puis une priorité très importante est aussi la relation personnelle avec le Christ. Dans le bréviaire, le 4 novembre, nous lisons une belle homélie, un texte de saint Charles Borromée, un grand pasteur qui s'est vraiment donné totalement, et qui nous dit, à tous les prêtres : « Ne néglige pas ta propre âme : si ton âme est négligée tu ne peux pas donner aux autres tout ce que tu devrais donner. Donc pour toi-même également, pour ton âme tu dois avoir du temps ». En d'autres termes, la relation avec le Christ, le dialogue personnel avec le Christ est une priorité pastorale fondamentale, c'est la condition pour notre travail pour les autres !

Et la prière n'est pas une chose marginale : c'est réellement une « profession » pour le prêtre de prier, également comme représentant des personnes qui ne savent pas prier ou qui ne trouvent pas le temps de prier.

La prière personnelle surtout, la prière des Heures, est la nourriture fondamentale pour notre âme, pour toute notre action.

Et enfin, reconnaître nos limites, s'ouvrir aussi à cette humilité. Nous nous rappelons la scène de Marc, au chapitre 6, où les disciples sont « anxieux », ils veulent tout faire et le Seigneur leur dit : « Venez à l'écart et reposez-vous un peu » (cf. Mc 6, 31). Cela aussi est un travail pastoral, dirais-je : trouver et avoir l'humilité, le courage de se reposer.

Et donc, je pense que la passion pour le Seigneur, l'amour pour le Seigneur, nous montre les priorités, les choix, nous aide à trouver la route. Et le Seigneur nous aidera. Merci à vous tous !




© Copyright du texte original en italien : Libreria Editrice Vaticana

Traduction : Zenit
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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Mar 15 Juin 2010, 12:58

2. Question d'Afrique

Votre Sainteté, je m'appelle Mathias Agnero, et je viens d'Afrique, de Côte-d'Ivoire précisément. Vous êtes un Pape-théologien, tandis que nous, lorsque nous y parvenons, à peine lisons-nous quelques livres de théologie pour la formation. Il nous semble toutefois qu'une fracture s'est créée entre théologie et doctrine et, plus encore, entre théologie et spiritualité. On sent la nécessité que l'étude ne soit pas seulement académique, mais alimente notre spiritualité. Nous en ressentons le besoin dans notre propre ministère pastoral. Parfois la théologie ne semble pas avoir Dieu au centre et Jésus Christ comme premier « lieu théologique », mais elle a en revanche des goûts et des tendances diffuses ; et cela a pour conséquence la prolifération d'opinions subjectives qui permettent l'introduction, même dans l'Eglise, d'une pensée non-catholique. Comment ne pas être désorientés dans notre vie et dans notre ministère, lorsque c'est le monde qui juge la foi et non l'inverse ? Nous nous sentons en « décalage » !

Benoît XVI - Merci, vous touchez là un problème très difficile et douloureux.

Il existe réellement une théologie qui se veut avant tout académique, qui veut apparaître scientifique, et oublie la réalité vitale, la présence de Dieu, sa présence parmi nous, sa parole prononcée aujourd'hui, et pas seulement dans le passé.

Saint Bonaventure, à son époque, distinguait déjà deux formes de théologie. Il a dit : « il y a une théologie qui vient de l'arrogance de la raison, qui veut tout dominer, qui transforme Dieu de sujet en objet que nous étudions, alors qu'il devrait être le sujet qui nous parle et nous guide ». Cet abus de la théologie existe vraiment, cette arrogance de la raison qui ne nourrit pas la foi, mais voile la présence de Dieu dans le monde.

Puis il y a une théologie qui veut connaître plus par amour de l'aimé, qui est stimulée par l'amour et guidée par l'amour, qui veut mieux connaître l'aimé. Et celle-ci est la vraie théologie qui vient de l'amour de Dieu, du Christ, et veut entrer plus profondément en communion avec le Christ.

En réalité, les tentations aujourd'hui, sont grandes ; c'est surtout la fameuse « vision moderne du monde » (Bultmann, « modernes Weltbild ») qui s'impose, en devenant le critère de ce qui est possible ou impossible. Et ainsi, avec ce critère selon lequel rien ne change, selon lequel tous les événements historiques sont du même genre, on exclut précisément la nouveauté de l'Evangile, on exclut l'irruption de Dieu, la vraie nouveauté qui est la joie de notre foi.

Que faire ? Je dirais d'abord aux théologiens : soyez courageux.

Et je voudrais dire un grand merci aussi aux nombreux théologiens qui font du bon travail. Il y a des abus nous le savons, mais il y a dans toutes les parties du monde beaucoup de théologiens qui vivent réellement de la Parole de Dieu, qui se nourrissent de la méditation, qui vivent la foi de l'Eglise et veulent contribuer à rendre la foi présente dans notre monde d'aujourd'hui. A ces théologiens, je voudrais dire un grand « merci ». Et je dirais aux théologiens en général : « n'ayez pas peur de ce fantasme de la scientificité ! ».

Je suis la théologie depuis 1946. J'ai commencé à étudier la théologie en janvier 1946. J'ai donc vu près de trois générations de théologiens. Et je peux dire que les hypothèses qui à cette époque-là, puis dans les années soixante-dix et quatre-vingts, étaient les plus nouvelles, absolument scientifiques, absolument presque dogmatiques, ont vieilli entre-temps et n'ont plus de valeur ! Beaucoup d'entre elles apparaissent presque ridicules. Il faut donc avoir le courage de résister à l'apparente scientificité, ne pas se soumettre à toutes les hypothèses du moment, mais penser réellement à partir de la grande foi de l'Eglise, qui est présente en tous temps et nous ouvre l'accès à la vérité.

Surtout aussi ne pas penser que la raison positiviste qui exclut le transcendant - qui ne peut pas être accessible -, serait la vraie raison ! Cette raison faible, qui présente seulement les choses dont on peut faire l'expérience, est vraiment une raison insuffisante. Nous théologiens devons utiliser la grande raison, qui est ouverte à la grandeur de Dieu. Nous devons avoir le courage d'aller au-delà du positivisme jusqu'à la question des racines de l'être. Cela me semble d'une grande importance. Il faut donc avoir le courage de la grande, vaste raison, avoir l'humilité de ne pas se soumettre à toutes les hypothèses du moment, vivre de la grande foi de l'Eglise de tous les temps.

Il n'y a pas une majorité contre la majorité des saints : la vraie majorité sont les saints dans l'Eglise et ce sont les saints qui doivent nous orienter ! Puis aux séminaristes et aux prêtres, je dis le même chose : pensez que les Saintes Ecritures ne sont pas un Livre isolé. Elles sont vivantes dans la communauté vivante de l'Eglise, qui est le même sujet dans tous les siècles et garantit la présence de la Parole de Dieu.

Le Seigneur nous a donné l'Eglise comme sujet vivant, avec la structure des évêques en communion avec le Pape. Et cette grande réalité des évêques du monde en communion avec le Pape nous garantit le témoignage de la vérité permanente. Nous avons confiance dans ce magistère permanent de la communion des évêques avec le Pape qui représente la présence de la Parole. Et puis nous avons aussi confiance dans la vie de l'Eglise. Surtout, nous devons être critiques.

La formation théologique, je voudrais m'adresser ici aux séminaristes, est certes très importante à notre époque. Nous devons bien connaître les Saintes Ecritures également contre les attaques des sectes ; nous devons être réellement des amis de la Parole. Nous devons aussi connaître les courants de notre époque pour pouvoir répondre de manière raisonnable, pour pouvoir rendre - comme le dit saint Pierre - « raison de notre foi ». La formation est très importante.

Mais nous devons aussi être critiques. Le critère de la foi est le critère avec lequel il faut aussi voir les théologiens et les théologies. Le Pape Jean-Paul II nous a donné un point de référence absolument sûr dans le « Catéchisme de l'Eglise catholique » : nous y voyons la synthèse de notre foi et ce catéchisme est vraiment le critère pour voir où va une théologie acceptable ou non.

Je recommande donc la lecture, l'étude de ce texte, et nous pouvons ainsi aller de l'avant avec une théologie critique au sens positif, c'est-à-dire critique contre les tendances de la mode et ouverte aux vraies nouveautés, à la profondeur inépuisable de la Parole de Dieu, qui se révèle nouvelle à toutes les époques, y compris la nôtre.
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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Mer 16 Juin 2010, 07:59

3. Question d'Europe

Très Saint-Père, je suis le père Karol Miklosko et je viens de l'Europe, de Slovaquie précisément, et je suis missionnaire en Russie. Quand je célèbre la messe je me trouve moi-même et je comprends que je rencontre là mon identité, la racine et l'énergie de mon ministère. Le sacrifice de la Croix me révèle le bon Pasteur, qui donne tout pour son troupeau, pour chacune de ses brebis.

Et quand je dis : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang », donné et versé en sacrifice pour vous, alors je comprends la beauté du célibat et de l'obéissance, que j'ai librement promis au moment de l'ordination. Malgré les difficultés naturelles, le célibat me semble évident si l'on regarde le Christ, mais je suis bouleversé lorsque je lis tant de critiques du monde sur ce don.

Je vous demande humblement, Très Saint-Père, de nous éclairer sur la profondeur et sur le sens authentique du célibat ecclésiastique.

Benoît XVI - Merci pour les deux parties de votre question. La première, où vous montrez le fondement permanent et vivant de notre célibat ; la seconde qui montre toutes les difficultés dans lesquelles nous nous trouvons à notre époque.

La première partie est importante parce que le centre de notre vie doit être réellement la célébration quotidienne de la sainte Eucharistie. Les paroles de la consécration sont ici centrales : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang ». Nous parlons donc in persona Christi. Le Christ nous permet d'utiliser son « moi », nous parlons avec le « moi » du Christ, le Christ nous « attire en lui » et nous permet de nous unir, il nous unit avec son « moi ». Et ainsi à travers cette action, le fait qu'Il nous « attire » à lui de telle façon que notre « moi » s'unisse au sien, réalise la permanence, l'unicité de son sacerdoce. Ainsi il est réellement l'unique Prêtre, et toutefois il est très présent dans le monde, parce qu'il nous « attire » en lui et rend ainsi présente sa mission sacerdotale. Cela veut dire que nous sommes « attirés » dans le Dieu du Christ. C'est cette union avec son « moi » qui se réalise dans les paroles de la consécration. Même dans le « je t'absous » - parce que personne d'entre nous ne pourrait absoudre des péchés - c'est le « moi » du Christ, de Dieu, qui seul peut absoudre.

Cette unification de son « moi » avec le nôtre implique que nous sommes « attirés » aussi dans sa réalité de Ressuscité. Nous allons de l'avant vers la vie pleine de la résurrection, dont Jésus parle aux Sadducéens, dans le chapitre 22 de Matthieu. C'est une vie « nouvelle » dans laquelle nous sommes déjà au-delà du mariage (cf. Mt 22, 23-32). L'important est que nous nous laissions toujours à nouveau pénétrer par cette identification du « moi » du Christ avec nous, par cette manière d'être « attirés vers l'extérieur » vers le monde de la résurrection. En ce sens, le célibat est une anticipation. Nous transcendons ce temps et nous allons de l'avant, en « attirant » ainsi nous-mêmes et notre temps vers le monde de la résurrection, vers la nouveauté du Christ, vers la vie nouvelle et vraie.

Le célibat est donc une anticipation rendue possible par la grâce du Seigneur qui nous « attire » à lui, vers le monde de la résurrection ; il nous invite toujours à nouveau à nous transcender nous-mêmes, à transcender ce présent, vers le vrai présent de l'avenir qui devient présent aujourd'hui.

Et nous sommes ici à un point très important. Un grand problème de la chrétienté, du monde d'aujourd'hui, est que l'on ne pense plus à l'avenir de Dieu : seul le présent de ce monde semble suffisant. Nous voulons avoir seulement ce monde, vivre seul dans ce monde. Et nous fermons ainsi les portes à la vraie grandeur de notre existence. Le sens du célibat comme anticipation de l'avenir est précisément d'ouvrir ces portes, de rendre le monde plus grand, de montrer la réalité de l'avenir qui doit être vécu par nous comme déjà présent. Vivre donc ainsi dans un témoignage de la foi : nous croyons réellement que Dieu existe, que Dieu a quelque chose à voir avec ma vie, que je peux fonder ma vie sur le Christ, sur la vie future.

Et nous connaissons à présent les critiques du monde dont vous avez parlé. Il est vrai que pour le monde agnostique, le monde où Dieu n'a rien à voir, le célibat est un grand scandale, parce qu'il montre précisément que Dieu est considéré et vécu comme une réalité. Avec la vie eschatologique du célibat, le monde futur de Dieu entre dans la réalité de notre temps. Et cela devrait disparaître ! En un certain sens la critique permanente contre le célibat à une époque où il devient toujours plus à la mode de ne pas se marier pourrait surprendre. Mais ce non mariage est une chose totalement, fondamentalement différente du célibat, parce que le non mariage est basé sur la volonté de vivre uniquement pour soi-même, de ne pas accepter de lien définitif, de posséder la vie à chaque instant en pleine autonomie, de décider à chaque instant que faire, ce que prendre de la vie ; et donc un « non » au lien, un « non » au caractère définitif, une manière de posséder la vie seulement pour soi-même. Tandis que le célibat est précisément le contraire : c'est un « oui » définitif, c'est laisser Dieu nous prendre par la main, s'offrir entre les mains du Seigneur, dans son « moi » et donc c'est un acte de fidélité et de confiance, un acte qui suppose aussi la fidélité du mariage ; c'est précisément le contraire de ce « non », de cette autonomie qui ne veut pas se donner d'obligations, ne veut pas entrer dans un lien ; c'est précisément le « oui » définitif qui suppose, confirme le « oui » définitif du mariage. Et ce mariage est la forme biblique, la forme naturelle de l'être homme et femme, fondement de la grande culture chrétienne, des grandes cultures du monde. Et si cela disparaît, la racine de notre culture est détruite. C'est pourquoi le célibat confirme le « oui » du mariage avec son « oui » au monde futur, et nous voulons ainsi aller de l'avant et rendre présent ce scandale d'une foi qui fait reposer toute l'existence sur Dieu.

Nous savons qu'à côté de ce grand scandale que le monde ne veut pas voir, il y a aussi des scandales secondaires de nos insuffisances, de nos péchés, qui cachent le vrai et grand scandale, et laissent penser : « Mais ils ne vivent pas réellement sur le fondement de Dieu ! ». Mais il y a une si grande fidélité !

Le célibat, et ce sont précisément les critiques qui le montrent, est un grand signe de la foi, de la présence de Dieu dans le monde.

Prions le Seigneur pour qu'il nous aide à nous libérer des scandales secondaires, pour qu'il rende présent le grand scandale de notre foi : la confiance, la force de notre vie qui se fonde en Dieu et en Jésus Christ !


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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Jeu 17 Juin 2010, 22:17

4. Question d'Asie

Très Saint-Père, je m'appelle Atsushi Yamashita et je viens de l'Asie, plus précisément du Japon. Le modèle sacerdotal que Votre Sainteté nous a proposé cette année, le curé d'Ars, voit au centre de l'existence et du ministère l'Eucharistie, la pénitence sacramentelle et personnelle et l'amour pour le culte, dignement célébré. J'ai devant les yeux les signes de la pauvreté austère de saint Jean-Marie Vianney, ainsi que sa passion pour les choses précieuses, pour le culte. Comment vivre ces dimensions fondamentales de notre existence sacerdotale sans tomber dans le cléricalisme ou dans un éloignement de la réalité, que le monde actuel ne nous permet pas ?

Benoît XVI - Merci. La question est donc comment vivre le caractère central de l'Eucharistie sans se perdre dans une vie purement cultuelle, éloignée de la vie de tous les jours des autres personnes. Nous savons que le cléricalisme a dans tous les siècles été une tentation des prêtres et il l'est encore aujourd'hui. Il est d'autant plus important de trouver la vraie façon de vivre l'Eucharistie, qui n'est pas une fermeture au monde, mais précisément l'ouverture aux besoins du monde. Nous devons garder à l'esprit le fait que dans l'Eucharistie se réalise ce grand drame de Dieu qui sort de lui-même, quitte - comme le dit la Lettre aux Philippiens - sa gloire, sort et s'abaisse jusqu'à devenir l'un de nous, s'abaisse jusqu'à la mort sur la croix (cf. Ph 2).

L'aventure de l'amour de Dieu qui s'abandonne lui-même pour être avec nous - et cela devient présent dans l'Eucharistie ; le grand acte, la grande aventure de l'amour de Dieu est l'humilité de Dieu qui se donne à nous. Dans ce sens, il faut considérer l'Eucharistie comme l'entrée dans ce chemin de Dieu. Saint Augustin dit dans le livre X du De Civitate Dei : « Hoc est sacrificium Christianorum : multi unum corpus in Christo », c'est-à-dire : le sacrifice des chrétiens est d'être unis par l'amour du Christ dans l'unité de l'unique corps du Christ. Le sacrifice consiste précisément à sortir de nous-mêmes, à nous laisser attirer dans la communion de l'unique pain et de l'unique corps, et entrer ainsi dans la grande aventure de l'amour de Dieu. Nous devons ainsi toujours célébrer, vivre, méditer l'Eucharistie comme l'école de la libération de notre « moi » : entrer dans l'unique pain qui est le pain de tous, qui nous unit dans l'unique Corps du Christ. C'est pourquoi l'Eucharistie est donc, en soi, un acte d'amour, elle nous oblige à cette réalité de l'amour pour les autres : que le sacrifice du Christ est la communion de tous dans son Corps.

C'est donc de cette façon que nous devons apprendre l'Eucharistie, qui est précisément le contraire du cléricalisme, de la fermeture sur soi. Pensons également à Mère Teresa, qui est vraiment le grand exemple dans ce siècle, à notre époque, d'un amour qui s'abandonne, qui laisse derrière lui toute sorte de cléricalisme, d'éloignement du monde, et qui va vers les plus marginalisés, les plus pauvres, les personnes proches de la mort, et qui se donne totalement à l'amour pour les pauvres, les exclus. Mais Mère Teresa, qui nous a donné cet exemple, et la communauté qui suit ses traces, plaçait toujours comme première condition de ses fondations la présence d'un tabernacle. Sans la présence de l'amour de Dieu qui se donne, il n'aurait pas été possible de réaliser cet apostolat, il n'aurait pas été possible de vivre dans cet abandon de soi ; ce n'est qu'en s'insérant dans cet abandon de soi en Dieu, dans cette aventure de Dieu, dans cette humilité de Dieu, qu'elles pouvaient et qu'elles peuvent réaliser aujourd'hui ce grand acte d'amour, cette ouverture à tous. Dans ce sens, je dirais que vivre l'Eucharistie dans son sens originel, dans sa véritable profondeur, est une école de vie, et la protection la plus sûre contre toute tentation de cléricalisme.

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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Ven 18 Juin 2010, 18:19

5. Question d'Océanie

Très Saint-Père, je m'appelle don Anthony Denton et je viens de l'Océanie, d'Australie. Nous sommes ici ce soir très nombreux. Mais nous savons que nos séminaires ne sont pas remplis de prêtres et qu'à l'avenir, dans diverses parties du monde, nous attend une baisse, même brutale. Que pouvons-nous faire de véritablement efficace pour les vocations ? Comment proposer notre vie, dans ce qu'elle a de grand et de beau, à un jeune de notre temps ?

Benoît XVI - Merci.
Vous évoquez de nouveau un problème réellement important et douloureux de notre temps : le manque de vocations, à cause duquel les Eglises locales courent le risque de devenir arides car elle n'auront pas la Parole de vie, la présence du sacrement de l'Eucharistie et des autres sacrements.

Que faire ? La tentation est grande de prendre nous-mêmes les choses en main, de transformer le sacerdoce - le sacrement du Christ, le fait d'être élu en lui - en une profession normale, en un job à heures fixes, et le reste du temps, n'appartenir qu'à soi-même ; le faisant ainsi devenir semblable à n'importe quelle autre vocation : le rendre accessible et facile.

Mais il s'agit d'une tentation qui ne résout pas le problème. Cela me fait penser à l'histoire de Saül, le roi d'Israël qui avant la bataille contre les Philistins, attend Samuel pour le sacrifice nécessaire à Dieu. Et lorsque Samuel, le moment venu, ne vient pas, il accomplit lui-même le sacrifice, bien que n'étant pas prêtre (cf. 1 Sm 13) ; il pense ainsi résoudre le problème, mais naturellement, il ne le résout pas, car s'il prend lui-même en main ce qu'il ne peut pas faire, il se fait lui-même Dieu, ou presque, et il ne peut pas s'attendre à ce que les choses aillent vraiment dans le sens de Dieu.

Et ainsi, si nous n'exercions nous-mêmes qu'une profession comme d'autres, en renonçant au caractère sacré, à la nouveauté, à la diversité du sacrement que seul Dieu donne, qui ne peut venir que de sa vocation et pas de notre « action », nous ne résoudrions rien.

Nous devons d'autant plus - comme le Seigneur nous y invite -, prier Dieu, frapper à la porte, au cœur de Dieu, afin qu'il nous donne des vocations ; prier avec une grande insistance, avec une grande détermination, avec une grande conviction également, car Dieu ne se dérobe pas devant une prière insistante, permanente, confiante, même s'il laisse faire, attendre, comme dans le cas de Saul, au-delà des temps que nous avions prévus.

Cela me semble le premier point : encourager les fidèles à avoir cette humilité, cette confiance, ce courage de prier avec insistance pour les vocations, de frapper au cœur de Dieu, afin qu'il nous donne des prêtres.

J'ajouterais peut-être trois autres points à cela.

Le premier : chacun de nous devrait faire de son mieux pour vivre son sacerdoce de façon à être convaincant, de façon à ce que les jeunes puissent dire : ça c'est une véritable vocation, on peut vivre comme ça, on fait ainsi quelque chose d'essentiel pour le monde. Je pense qu'aucun d'entre nous ne serait devenu prêtre s'il n'avait pas connu des prêtres convaincants dans lesquels brûlait le feu de l'amour du Christ. Ceci est donc le premier point : essayons nous-mêmes d'être des prêtres convaincants.

Le deuxième point est que nous devons inviter, comme je l'ai déjà dit, à prendre l'initiative de la prière, à avoir cette humilité, cette confiance de parler avec Dieu avec force, avec décision.

Et le troisième point : avoir le courage de parler avec les jeunes pour savoir s'ils peuvent penser que Dieu les appelle, car souvent, une parole humaine est nécessaire pour s'ouvrir à l'écoute de la vocation divine ; parler avec les jeunes et surtout également les aider à trouver un contexte vital dans lequel ils puissent vivre.

Le monde d'aujourd'hui est tel qu'il semble presque exclu qu'une vocation sacerdotale puisse y mûrir. Les jeunes ont besoin de milieux dans lesquels on vit la foi, dans lesquels apparaît la beauté de la foi, dans lesquels cela apparaît comme un modèle de vie, « le » modèle de vie, et donc ils ont besoin qu'on les aide à trouver des mouvements ou une paroisse - la communauté au sein d'une paroisse -, ou d'autres contextes dans lesquels ils soient véritablement entourés de la foi, de l'amour de Dieu, et où ils puissent donc être ouverts afin que la vocation de Dieu arrive et les aide.

Du reste, rendons grâces au Seigneur pour tous les séminaristes de notre temps, pour les jeunes prêtres, et prions.

Le Seigneur nous aidera !

Merci à vous tous !




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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Sam 19 Juin 2010, 12:00

LE PRETRE EST UN AUTRE CHRIST


Le cardinal Bernardin accusé à tort d'abus sexuels

Il fut archevêque de Chicago de 1982 à 1996. Son cas est-il isolé?

Un texte très fort, et bouleversant du F. Jorge Enrique Mújica, LC

C’est au mois de novembre 1993 que commencèrent les rumeurs selon
lesquelles un cardinal nord-américain serait accusé devant la justice
civile d’abus sexuels. Le 11 novembre, son nom fut rendu public : il
s’agissait du cardinal Joseph Bernardin, alors archevêque, et âgé de 65
ans. « L’accusation me laissa perplexe et abasourdi. J’ai essayé ne pas
prendre en compte les rumeurs non confirmées et je me suis remis au
travail, mais une accusation aussi extravagante contre mes idéaux et
mes engagements les plus profonds a continué à accaparer mon
attention», a raconté par la suite dans son célèbre livre de mémoire, «
Le don de Dieu » (ndt : Paru sous le titre original The Gift of Peace:
Personal Reflection, Doubleday, 1998).

Le nom de l’accusateur fut également révélé : il s’agissait de Steven
Cook, qui avait alors 35 ans et était atteint du SIDA (contracté dans
sa jeunesse des suites d’une vie sexuelle active avec différents
partenaires). Il affirmait avoir été conduit à la chambre du Père
Bernardin en 1975, quand il était étudiant au séminaire de Saint
Grégoire à Cincinnati, et avoir été soumis à des abus.

Immédiatement, les médias ont commencé à donner le fait pour avéré et à
en faire de larges développements dans les journaux et programmes, et
même à y consacrer des émissions spéciales. La CNN, (ndt pour Cable
News Network, fondé en 1980 par Ted Turner, - accessoirement époux de
Jane Fonda. Principale chaîne télévision des Etats-Unis, avec une
orientation très mondialiste et onusienne. Sans commentaire !), par
exemple et comme d’habitude, en profita pour faire une émission
intitulée « La chute de la grâce ». Il n’y eut qu’un seul journaliste,
Bill Kurtis, qui suggéra la possibilité que cette affaire en cachait
une autre, sur une chaîne locale affilié à CBS (ndt Columbia
Broadcasting System, premier réseau radio en 1927 puis télévisé
nord-américain en 1939).
Des années après le cardinal lui-même faisait part de la même intuition :
« Je ne disposais pas des faits qui confirmaient ma sensation de ce
qu’il s’agissait d’un simple pion, - faisant référence à l’accusateur,
- pion par rapport à la partie terrible qui se jouait, ce dont j’avais
la vive conviction ».

L’équipe du cardinal Bernardin prépara une stratégie face à la presse,
mais l’archevêque de Chicago décida que le mieux, ce serait sa
stratégie : « Je dirai simplement la vérité ».

À la première conférence de presse, presque soixante-dix journalistes
se sont précipités. En reparlant de cet fait, le cardinal Bernardin
dira : « Ce moment d’accusation publique et d’inquisition était aussi
un moment de grâce […]. Par-dessus tout c’était un moment de croissance
spirituelle ».

Presque à la fin de la conférence de presse un journaliste goguenard
(ndt en espagnol a aussi le sens de sournois) interpela le cardinal : «
Êtes-vous sexuellement actif ? ».

Joseph Bernardin sentit l’abîme qui séparait le monde du journaliste du
sien. Et il lui a répondu : « J’ai toujours vécu une vie chaste de
célibat ». Quelques instants après, et pas qu’un petit nombre de
journalistes s’approcheront pour lui dire : « Maintenant nous savons
que vous dites la vérité, mais nous devons poser ces questions. Notre
travail en dépend ». Le lendemain le Chicago Tribune titrait: « Il a
mené une vie chaste ».

100 jours plus tard, l’affaire était résolue en faveur du cardinal
Bernardin. Nous étions déjà en 1994. Les « preuves » mises en avant se
limitaient à une photo de groupe et à un livre qui ne portait même pas
la signature du cardinal. Paradoxalement l’archevêque d’origine
italienne ne voulut pas poursuivre Steven Cook: « J’ai fait savoir à
mes avocats que je ne voulais par poursuivre »

Mais tout ne s’est pas terminé ainsi. « Je pensais souvent à Steven et
à sa solitude, à son exil, assombri par la maladie, tant de la maison
de ses parents que de l’Église ». Bernardin prit contact avec Mary, la
mère de Steven. Le 30 décembre 1994 il s’envolait vers Philadelphie,
accompagné d’un groupe de prêtres, pour rencontrer son accusateur.

«Nous nous sommes donnés la main et je me suis assis à côté de Steven
sur un canapé […]. Je lui ai expliqué que l’unique raison de la
rencontre c’était de mettre fin aux faits traumatisants de l’hiver
passé en lui faisant savoir que personnellement je n’avais en moi aucun
ressentiment à son égard. Je lui ai dit que je souhaitais prier pour
lui, pour son bien être physique et spirituel. Et Steven a répondu
qu’il avait décidé de me rencontrer pour pouvoir pour demander pardon
pour l’ennui et le mal qu’il m’avait causé. Dans ces mots, tous les
deux nous cherchions la réconciliation ».

Steven a raconté au cardinal Bernardin que lorsqu’il était jeune
séminariste il avait été l’objet d’un abus de la part d’un prêtre qu’il
considérait comme un ami. Au début Steven n’aspirait qu’à un jugement
contre cette personne mais on lui avait conseillé de taper directement
sur le cardinal Bernardin. Et les « conseils » venaient d’un autre
prêtre et de l’avocat qui lui a donné les éléments pour porter
l’accusation. Or le cardinal Bernadin a écrit au moins une lettre à
Steven durant le procès, mais la lettre ne a jamais été remis par
l’intermédiaire de son avocat.

«J’ai regardé en face Steven qui était assis à quelques mètres de moi.
- Tu sais, ai-je dit, que je n’ai jamais abusé de toi.
- Je le sais, a-t-il répondu doucement. Pouvez-vous me le répéter ?
- Je n’ai jamais abusé de toi. Tu le sais, n’est-ce pas ?, ai-je dit en
le regardant dans les yeux.
Steven a acquiescé de la tête et a répondu:
- Oui, je le sais et je désire demander pardon pour avoir dit que vous
l’avez fait.

[…] Je lui ai dit que j’avais prié pour lui tous les jours et que je
continuerais à le faire pour sa santé et sa paix spirituelle».
Le cardinal Bernardin a donné une Bible à Steven, et lui l’a embrassée
alors que ses yeux se remplissaient de larmes. Il a sorti un vieux
calice et il lui dit qu’un homme inconnu lui avait fait ce cadeau pour
qu’il célèbre une messe pour lui. Et Steven lui a demandé de célébrer
la messe là, maintenant. Dans l’accolade de paix, le cardinal donna à
Steven un signe émouvant de pardon et de charité et puis il l’ondoyé de
l’huile des malades.

Steven est mort le 22 septembre 1995 complètement réconcilié avec
l’Église.

Six mois après la rencontre entre le cardinal et son
accusateur, on diagnostiqua un cancer du pancréas à l’Archevêque de
Chicago.

Le cardinal Bernardin mourra en odeur de sainteté en novembre 1996.

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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Sam 19 Juin 2010, 22:23

"La crédibilité de l'Eglise dépend de la sainteté de vie de ses pasteurs"

Benoît XVI, aux évêque du Brésil


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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Dim 20 Juin 2010, 14:47



Le Saint-Père pendant la veillée avec les prêtres, en la vigile de la Fête du Sacré Coeur 2010
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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Dim 20 Juin 2010, 15:33

Merci Christophore, pour cette belle image et les propos tenus par le Pontif :bravo:
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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Lun 21 Juin 2010, 09:42

Via Crucis 2005

IXème station : la troisieme chute de Jésus

Méditation du Cardinal Razinger

Que peut nous dire la troisième chute de Jésus sous le poids de la croix ?
Peut-être nous fait-elle penser plus généralement à la chute de l’homme,
au fait que beaucoup s’éloignent du Christ,
dans une dérive vers un sécularisme sans Dieu.

Mais ne devons-nous pas penser également
à ce que le Christ doit souffrir dans son Église elle-même ?

Combien de fois
abusons-nous du Saint-Sacrement de sa présence,
dans quel coeur
vide et mauvais entre-t-il souvent !

Combien de fois
ne célébrons-nous que nous-mêmes,
et ne prenons-nous même pas conscience de sa présence !

Combien de fois
sa Parole est-elle déformée et galvaudée !

Quel manque de foi
dans de très nombreuses théories,
combien de paroles creuses !

Que de souillures dans l’Église,
et particulièrement parmi ceux qui, dans le sacerdoce, devraient lui appartenir totalement !

Combien d’orgueil et d’autosuffisance !

Que de manques d’attention
au sacrement de la réconciliation,
où le Christ nous attend pour nous relever de nos chutes !

Tout cela est présent dans sa passion.
La trahison des disciples,
la réception indigne de son Corps et de son Sang sont
certainement les plus grandes souffrances du Rédempteur,
celles qui lui transpercent le coeur.

Il ne nous reste plus
qu’à lui adresser, du plus profond de notre âme, ce cri :
Kyrie, eleison – Seigneur, sauve-nous
(cf. Mt 8, 25).

PRIÈRE

Souvent, Seigneur, ton Église
nous semble une barque prête à couler,
une barque qui prend l’eau de toute part.

Et dans ton champ,
nous voyons plus d’ivraie que de bon grain.
Les vêtements et le visage si sales de ton Église nous effraient.

Mais c’est nous-mêmes qui les salissons !
C’est nous-mêmes qui te trahissons chaque fois,
après toutes nos belles paroles et nos beaux gestes.

Prends pitié de ton Église :
en elle aussi, Adam chute toujours de nouveau.

Par notre chute, nous te traînons à terre,
et Satan s’en réjouit,
parce qu’il espère que tu ne pourras plus te relever de cette chute ;
il espère que toi, ayant été entraîné dans la chute de ton Église,
tu resteras à terre, vaincu.

Mais toi, tu te relèveras.
Tu t’es relevé, tu es ressuscité
et tu peux aussi nous relever.

Sauve ton Église et sanctifie-la.
Sauve-nous tous et sanctifie-nous.



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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Lun 21 Juin 2010, 12:29

Le moine a écrit:
Merci Christophore, pour cette belle image et les propos tenus par le Pontif :bravo:

Ah, cher "Le moine", merci de cet encouragement... !

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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Mer 23 Juin 2010, 10:33

« L'Eglise compte énormément sur vous ! », rappelle le pape aux prêtres

Benoît XVI ordonne 14 diacres du diocèse de Rome à Saint-Pierre

L'Eglise sait que rencontrer le Christ est une nécessité absolue pour toute personne car Il est l'unique sauveur du monde. Le rôle du prêtre est capital dans cette rencontre. C'est pourquoi l'Eglise a tant besoin de lui.

C'est en substance ce qu'a expliqué Benoît XVI ce dimanche matin, avant d'ordonner 14 diacres du diocèse de Rome, en la basilique Saint-Pierre.

« L'Eglise compte sur vous, elle compte énormément sur vous ! L'Eglise a besoin de chacun de vous », car elle est « consciente de l'absolue nécessité du coeur de chaque homme de rencontrer le Christ, sauveur unique et universel du monde, pour recevoir de lui la vie nouvelle et éternelle, la vraie liberté et la pleine joie », a dit le pape.

Puis, citant l'Evangile, Benoît XVI a expliqué quelle est la spécificité du prêtre.

Il a souligné que l'Evangile de ce dimanche nous rapporte l'épisode où Jésus demande à ses disciples ce que les gens pensent de lui et ce qu'eux-mêmes pensent de lui. Pierre répond au nom des douze en disant qu'il est « le Messie de Dieu ». Mais « d'où naît cet acte de foi ? » s'est interrogé le pape.

« Si nous nous reportons au début du passage évangélique, nous constatons que la profession de Pierre est liée à un moment de prière », a expliqué Benoît XVI, car Jésus s'était retiré pour prier, et ses disciples étaient présents à ses côtés.

Il est ainsi donné aux disciples de comprendre la relation unique qui existe entre Jésus et son père.

« Il leur est accordé de voir le Maître au plus profond de sa condition de Fils, il leur est accordé de voir ce que les autres ne voient pas », a expliqué le pape, en ajoutant que « dans la prière » le prêtre « est appelé à redécouvrir le visage toujours nouveau de son Seigneur et le contenu le plus authentique de sa mission ».

« Où que nous soyons, quoi que nous fassions, nous devons toujours 'demeurer avec Lui' », a-t-il insisté.

Benoît XVI a souligné un deuxième élément. Jésus explique en effet qu'être disciple signifie porter sa croix « se perdre soi-même » mais pour se retrouver pleinement.

« Que signifie cela pour tout chrétien mais surtout pour un prêtre ? » s'est interrogé le pape.

« Le sacerdoce ne peut jamais représenter un moyen pour parvenir à la sécurité dans la vie ou pour conquérir une position sociale, a-t-il affirmé. Celui qui aspire au sacerdoce pour un accroissement de son propre prestige et de son pouvoir a mal compris à la racine le sens de ce ministère. Celui qui veut avant tout réaliser une ambition, parvenir à un succès personnel, sera toujours esclave de lui-même et de l'opinion publique. Pour être considéré (...) il devra dire ce qui plaît aux gens ; il devra s'adapter aux changements des modes et des opinions et ainsi il se privera du rapport vital avec la vérité ».

« Un prêtre qui voit son ministère ainsi n'aime pas vraiment Dieu et les autres mais seulement lui-même, et, paradoxalement, il finit par se perdre lui-même », a ajouté le pape.

Le sacerdoce « est fondé sur le courage de dire oui à une autre volonté » conscients que « si nous nous conformons à la volonté de Dieu, en 'nous immergeant' dans cette volonté, non seulement notre originalité ne sera pas effacée mais au contraire, nous entrerons toujours davantage dans la vérité de notre être et de notre ministère », a-t-il expliqué.

Le pape a proposé une troisième réflexion liée à l'invitation de Jésus à « se perdre soi-même », et à porter sa croix, en expliquant que ceci rappelle le mystère de l'Eucharistie.

« Quand nous célébrons la messe, nous tenons dans nos mains le pain du Ciel, le pain de Dieu, qui est le Christ », a-t-il dit. « Désormais l'amour et le don du Christ crucifié et glorieux passent par vos mains, votre voix, votre coeur ! C'est une expérience toujours nouvelle de stupeur que de voir que dans mes mains, dans ma voix le Seigneur réalise ce mystère de sa présence ».

La grâce du sacerdoce « vous reliera intimement, et même structurellement, à l'Eucharistie. Pour cette raison, elle vous reliera, au plus profond de votre coeur, aux sentiments de Jésus qui aime jusqu'au bout, jusqu'au don total de lui-même », a souligné le pape.

ROME, Dimanche 20 juin 2010 (ZENIT.org)
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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Jeu 24 Juin 2010, 11:26

Ordination de 14 nouveaux prêtres du diocèse de Rome, en la basilique Saint-Pierre le Dimanche 20 juin
Homélie de Benoît XVI (texte intégral)


Chers frères dans l'épiscopat

et dans le sacerdoce,

Chers ordinands,

Chers frères et sœurs !

En tant qu'Evêque de ce diocèse, je suis particulièrement heureux
d'accueillir au sein du « presbyterium » romain quatorze nouveaux
prêtres. Avec le cardinal-vicaire, les évêques auxiliaires et tous les
prêtres, je rends grâce au Seigneur pour le don de ces nouveaux
pasteurs du Peuple de Dieu. Je voudrais vous adresser un salut
particulier, très chers ordinands : aujourd'hui, vous êtes au centre de
l'attention du Peuple de Dieu, un peuple symboliquement représenté par
les personnes qui remplissent cette basilique vaticane : elles la
remplissent de prières et de chants, d'affection sincère et profonde,
d'émotion authentique, de joie humaine et spirituelle. Au sein de ce
Peuple de Dieu occupent une place particulière vos parents et vos
familles, vos amis et vos camarades, les supérieurs et les éducateurs
du séminaire, les différentes communautés paroissiales et les
différentes institutions de l'Eglise dont vous êtes issus et qui vous
ont accompagnés sur votre chemin, ainsi que celles auxquelles vous avez
déjà offert un service pastoral. Sans oublier la proximité
particulière, en ce moment, de très nombreuses personnes, humbles et
simples, mais grandes devant Dieu, comme, par exemple, les religieuses
de clôture, les enfants, les malades et les porteurs de handicap.
Celles-ci vous accompagnent par le don très précieux de leur prière, de
leur innocence et de leur souffrance. C'est donc l'Eglise de Rome tout
entière qui rend grâce aujourd'hui à Dieu et prie pour vous, qui place
tant d'espérance et de confiance dans votre avenir, qui attend des
fruits abondants de sainteté et de bien de votre ministère sacerdotal.
Oui, l'Eglise compte sur vous, elle compte beaucoup sur vous ! L'Eglise
a besoin de chacun de vous, étant consciente des dons que Dieu vous
offre et, en même temps, de la nécessité absolue du cœur de chaque
homme de rencontrer le Christ, sauveur unique et universel du monde,
pour recevoir de lui la vie nouvelle et éternelle, la véritable liberté
et la pleine joie. Nous nous sentons alors tous invités à entrer dans
le « mystère », dans l'événement de grâce qui se réalise dans vos cœurs
avec l'ordination sacerdotale, en nous laissant illuminer par la Parole
de Dieu qui a été proclamée.

L'Evangile que nous avons écouté nous présente un moment significatif
du chemin de Jésus, où il demande à ses disciples ce que les gens
pensent de lui et comment eux-mêmes le jugent. Pierre répond au nom des
Douze par une profession de foi, qui se différencie de manière
substantielle de l'opinion que les personnes ont sur Jésus ; il affirme
en effet : Tu es le Messie de Dieu (cf. 9, 20). D'où naît cet acte de
foi ? Si nous revenons au début du passage évangélique, nous constatons
que la confession de Pierre est liée à un moment de prière : « Un jour
Jésus priait à l'écart. Ses disciples étaient là » dit saint Luc (9,
18). C'est-à-dire que les disciples participent à la manière d'être et
de parler absolument unique de Jésus avec le Père. Et ainsi, il leur
est permis de voir le Maître au plus profond de sa condition de Fils,
il leur est permis de voir ce que les autres ne voient pas ; du fait
d'« être avec Lui », de « se trouver avec Lui » en prière, découle une
connaissance qui va au-delà des opinions des personnes, pour parvenir à
l'identité profonde de Jésus, à la vérité. Il nous est ici fournie une
indication bien précise pour la vie et la mission du prêtre : dans la
prière, il est appelé a redécouvrir le visage toujours nouveau de son
Seigneur et le contenu le plus authentique de sa mission. Seul celui
qui a une relation profonde avec le Seigneur est saisi par Lui, peut
l'apporter aux autres, peut être envoyé. Il s'agit d'une façon de «
demeurer avec Lui » qui doit toujours accompagner l'exercice du
ministère sacerdotal ; elle doit en être la partie centrale, également
et surtout lors des moments difficiles, lorsqu'il semble que les «
choses à faire » doivent avoir la priorité. Où que nous nous trouvions,
quoi que nous fassions, nous devons toujours « demeurer avec Lui ».

Je voudrais souligner un deuxième élément de l'Evangile d'aujourd'hui.
Immédiatement après la profession de Pierre, Jésus annonce sa passion
et sa résurrection et il fait suivre cette annonce par un enseignement
qui concerne le chemin des disciples, qui est de le suivre, Lui le
Crucifié, de le suivre sur le chemin de la croix. Et il ajoute ensuite
- avec une expression paradoxale - qu'être un disciple signifie « se
perdre soi-même », mais pour se retrouver pleinement soi-même (cf. Lc
9, 22-24). Qu'est-ce que cela signifie pour chaque chrétien, mais
surtout qu'est-ce que cela signifie pour un prêtre ? La « sequela »,
mais nous pourrions tranquillement dire : le sacerdoce, ne peut jamais
représenter un moyen pour atteindre la sécurité dans la vie ou pour
parvenir à une position sociale. Celui qui aspire au sacerdoce pour
accroître son prestige personnel et son pouvoir personnel a mal compris
à sa racine le sens de ce ministère. Celui qui veut surtout réaliser sa
propre ambition, atteindre son propre succès sera toujours l'esclave de
lui-même et de l'opinion publique. Pour être considéré, il devra aduler
; il devra dire ce qui plaît au gens ; il devra s'adapter aux
changements des modes et des opinions et ainsi, il se privera du
rapport vital avec la vérité, se réduisant à condamner demain ce qu'il
aura loué aujourd'hui. Un homme qui conçoit ainsi sa vie, un prêtre qui
voit son ministère en ces termes, n'aime pas vraiment Dieu et les
autres, mais seulement lui-même et, paradoxalement, il finit par se
perdre lui-même. Le sacerdoce - rappelons-le toujours - se fonde sur le
courage de dire oui à une autre volonté, dans la conscience, qu'il faut
faire croître chaque jour, que c'est précisément en se conformant à la
vérité de Dieu, « plongés » dans cette volonté, que non seulement notre
originalité ne sera pas effacée, mais, au contraire, que nous entrerons
toujours davantage dans la vérité de notre être et de notre ministère.

Très chers ordinands, je voudrais proposer à votre réflexion une
troisième pensée, étroitement liée à celle que je viens de présenter :
l'invitation de Jésus à se « perdre soi-même », à prendre sa croix,
rappelle le mystère que nous célébrons : l'Eucharistie. Aujourd'hui,
avec le sacrement de l'Ordre, il vous est donné de présider
l'Eucharistie ! C'est à vous qu'est confié le sacrifice rédempteur du
Christ, c'est à vous qu'est confié son corps donné et son sang versé.
Jésus offre bien sûr son sacrifice, son don d'amour humble et total à
l'Eglise son Epouse, sur la Croix. C'est sur ce bois que le grain de
blé que le Père a laissé tomber dans le champ du monde meurt pour
devenir fruit mûr, dispensateur de vie. Mais, dans le dessein de Dieu,
ce don du Christ est rendu présent dans l'Eucharistie grâce à cette
potestas sacra que le sacrement de l'Ordre confère à vous qui êtes
prêtres. Lorsque nous célébrons la Messe, nous tenons entre nos mains
le pain du Ciel, le pain de Dieu, qui est le Christ, le grain de blé
rompu pour se multiplier et devenir la véritable nourriture de la vie
pour le monde. Il s'agit de quelque chose qui ne peut que vous remplir
d'un profond émerveillement, d'une vive joie et d'une immense gratitude
: désormais l'amour et le don du Christ crucifié et glorieux passent à
travers vos mains, votre voix, votre cœur ! Il s'agit d'une nouvelle et
merveilleuse expérience que de voir que dans mes mains, à travers ma
voix, le Seigneur accomplit le mystère de sa présence !

Comment alors ne pas prier le Seigneur pour qu'il vous donne une
conscience toujours attentive et enthousiaste de ce don, qui est placé
au centre de votre être de prêtre ! Pour qu'il vous donne la grâce de
savoir faire l'expérience, en profondeur, de toute la beauté et de la
force de votre service sacerdotal et, dans le même temps, la grâce de
pouvoir vivre ce ministère avec cohérence et générosité chaque jour. La
grâce du sacerdoce, qui vous sera donnée dans quelques instants, vous
reliera intimement, et même structurellement, à l'Eucharistie. C'est
pourquoi elle vous reliera au plus profond de votre cœur aux sentiments
de Jésus qui aime jusqu'au bout, jusqu'au don total de soi, à son être
pain multiplié pour le saint banquet de l'unité et de la communion.
Telle est l'effusion de Pentecôte de l'Esprit Saint, destinée à
enflammer votre âme avec l'amour même du Seigneur Jésus. C'est une
effusion qui, alors qu'elle manifeste l'absolue gratuité du don, grave
dans votre être une loi indélébile - la loi nouvelle, une loi qui vous
pousse à insérer et à faire refleurir dans le tissu concret des
attitudes et des gestes de votre vie de chaque jour l'amour même du don
du Christ crucifié. Écoutons à nouveau la voix de l'apôtre Paul, ou
plutôt reconnaissons même dans cette voix la voix puissante de l'Esprit
Saint : « En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous
avez revêtu le Christ » (Ga 3, 27). Déjà par le Baptême, et à présent
en vertu du sacrement de l'Ordre, vous vous revêtez du Christ. Que le
soin pour la célébration eucharistique soit toujours accompagné par
l'engagement pour une vie eucharistique, c'est-à-dire vécue dans
l'obéissance à une unique grande loi, celle de l'amour qui se donne
dans sa totalité et qui sert avec humilité, une vie que la grâce de
l'Esprit Saint rend toujours plus ressemblante à celle de Jésus Christ,
Prêtre suprême et éternel, serviteur de Dieu et des hommes.

Très chers amis, la route que nous indique l'Evangile d'aujourd'hui est
la route de votre spiritualité et de votre action pastorale, de son
efficacité et de sa force, même dans les situations les plus difficiles
et arides. De plus, il s'agit de la route sûre pour trouver la joie
véritable. Que Marie, la servante du Seigneur, qui a conformé sa
volonté à celle de Dieu, qui a engendré le Christ en le donnant au
monde, qui a suivi son Fils jusqu'au pied de la Croix dans l'acte
d'amour suprême, vous accompagne chaque jour de votre vie et de votre
ministère. Grâce à l'affection de cette Mère tendre et forte, vous
pourrez être joyeusement fidèles à la consigne qui, en tant que
prêtres, vous est donnée aujourd'hui : celle de vous conformer au
Christ Prêtre, qui a su obéir à la volonté du Père et aimer l'homme
jusqu'au bout.

Amen !

© Copyright du texte original en italien : Libreria Editrice Vaticana



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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Ven 25 Juin 2010, 15:27

Marie, mère de tous les prêtres (I)
Lorsque Dieu décida de se faire homme dans son Fils, il avait besoin du "oui" libre de l'une de ses créatures. Dieu n'agit pas contre notre liberté. Et une chose véritablement extraordinaire a lieu: Dieu devient dépendant de la liberté, du "oui" de l'une de ses créatures; il attend ce "oui". Saint Bernard de Clairvaux, dans l'une de ses homélies, a expliqué de façon dramatique ce moment décisif de l'histoire universelle, où le ciel, la terre et Dieu lui-même attendent ce que dira cette créature.

Le "oui" de Marie est donc la porte à travers laquelle Dieu a pu entrer dans le monde, se faire homme. Ainsi, Marie participe réellement et profondément au mystère de l'incarnation, de notre salut. Et l'incarnation, le fait que le Fils s'est fait homme, était dès le début finalisée au don de soi; au don de soi avec beaucoup d'amour dans la Croix, pour se faire pain pour la vie du monde. Ainsi, sacrifice, sacerdoce et Incarnation vont de pair et Marie est au centre de ce mystère.



Benoît XVI,
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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Ven 02 Juil 2010, 16:22

Marie, mère de tous les prêtres (II)

Allons à présent à la Croix. Avant de mourir, Jésus voit sa Mère au pied de la Croix; et il voit le fils bien-aimé et ce fils bien-aimé est certainement une personne, un individu très important, mais il est davantage: c'est un exemple, une préfiguration de tous les disciples bien-aimés, de toutes les personnes appelées par le Seigneur à être "le disciple qu'il aimait" et par conséquent, de façon particulière, également des prêtres. Jésus dit à Marie: "Mère, voici ton fils" (Jn 19, 26). Il s'agit d'une sorte de testament: il confie sa Mère au soin du fils, du disciple. Mais il dit également au disciple: "Voici ta mère" (Jn 19, 27).

L'Evangile nous dit qu'à partir de ce moment, saint Jean, le fils bien-aimé, accueillit la mère, Marie, "chez lui". C'est ce que dit la traduction française; mais le texte grec est beaucoup plus profond, beaucoup plus riche. Nous pourrions le traduire de la façon suivante: il prit Marie dans l'intimité de sa vie, de son être, "eis tà ìdia", dans la profondeur de son être. Prendre avec soi Marie, signifie l'introduire dans le dynamisme de son existence tout entière - il ne s'agit pas d'une chose extérieure - et dans tout ce qui constitue l'horizon de son apostolat.

Il me semble que l'on comprend donc que le rapport particulier de maternité existant entre Marie et les prêtres constitue la source primaire, le motif fondamental de la prédilection qu'elle nourrit pour chacun d'eux. Marie les aime en effet pour deux raisons: car ils sont davantage semblables à Jésus, amour suprême de son coeur et parce qu'eux aussi, comme Elle, sont engagés dans la mission de proclamer, témoigner et apporter le Christ au monde. En vertu de son identification et conformation sacramentelle à Jésus, Fils de Dieu et Fils de Marie, chaque prêtre peut et doit se sentir véritablement le fils bien-aimé de cette très noble et très humble Mère.

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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Lun 05 Juil 2010, 16:11

UN BEL EXEMPLE DE PLÉNITUDE DU SACERDOCE : CÉLESTIN V !

Benoît XVI exhorte à retrouver le sens du péché et du pardon de Dieu pour faire l'expérience d'une joie surabondante

Benoît XVI s'est rendu ce matin en visite pastorale à Sulmona, petite ville située dans les Abbruzes, non loin de L'Aquila, en Italie, et dévastée par le tremblement de terre du 6 avril 2009. Le pape effectuait cette visite à l'occasion de l'Année jubilaire convoquée par l'évêque du lieu, Mgr Angelo Spina, pour le 800ème anniversaire de la naissance de Pietro Angelerio, devenu Célestin V. Avant de devenir pape, Pietro Angelerio vécut en ermite sur le Mont Morrone près de Sulmona. Il fut pour cette raison également appelé « Pietro da Morrone ». L'Année jubilaire se terminera le 29 août.

Le pape a célébré la messe sur la place Garibaldi, à Sulmona. Dans son homélie il a souligné le sens de la croix en rappelant que
la croix était « au centre » de la vie du pape Célestin V.

« Elle lui a donné la force d'affronter les dures pénitences et les moments les plus difficiles », a commenté Benoît XVI.

« Il a toujours été conscient du fait que de la croix vient le salut », a-t-il ajouté.

« La Croix a aussi donné à saint Pierre Célestin une claire conscience du péché, toujours accompagnée par une conscience aussi claire de l'infinie miséricorde de Dieu envers ses créatures. En voyant les bras du Dieu crucifié, grands ouverts, il s'est senti porté sur l'océan infini de l'amour de Dieu », a affirmé le pape.


« Comme prêtre, il a fait l'expérience de la beauté d'être administrateur de cette miséricorde en remettant le péché aux pécheurs », a-t-il ajouté.

Benoît XVI a expliqué que quand Célestin V fut élu pape « il voulut accorder une indulgence particulière ».

Après le tremblement de terre de 2009, la bulle pontificale de Célestin V dite « du Pardon », de 1294, par laquelle il avait attaché une indulgence plénière au pèlerinage de Collemaggio, chaque année les 28 et 29 août, a été retrouvée, sous les décombres de la basilique Notre-Dame du Collemaggio, à L'Aquila.
On y a également retrouvé la dépouille, intacte, de saint Célestin.

« Je voudrais exhorter les prêtres - a poursuivi Benoît XVI dans son homélie - à être des témoins clairs et crédibles de la bonne nouvelle de la réconciliation avec Dieu, en aidant l'homme d'aujourd'hui à retrouver le sens du péché et du pardon de Dieu, pour faire l'expérience de cette joie surabondante dont parle le prophète Isaïe (Is 66, 10-14) ».

Même s'il menait une vie d'ermite, a commenté le pape, saint Pierre Célestin n'était « pas
fermé sur lui-même », mais
« il était était animé par la passion de porter la bonne nouvelle de l'Evangile à ses frères ».

« Le secret de sa fécondité pastorale était justement dans le fait de 'demeurer' avec le Seigneur, dans la prière », a-t-il ajouté.


Benoît XVI a expliqué que
c'est seulement après avoir invité ses disciples à prier que Jésus définit leurs « engagements essentiels », qui sont
« l'annonce sereine, claire et courageuse du message évangélique, même dans les
moments de persécution - sans céder ni à la fascination de la mode, ni à celle de la
violence ou de l'imposition ;
le détachement des préoccupations pour les choses - l'argent et le vêtement - en
s'abandonnant à la Providence du Père ;
l'attention et le soin en particulier envers les malades dans le corps et l'esprit ».


Le pape a conclu que ce sont aussi « les caractéristiques du pontificat bref et empreint de souffrance de Célestin V », sans entrer dans les détails.

Les projets de Célestin V furent contrecarrés et ses efforts rendus vains par ses opposants.
La souffrance et la déception le conduisirent à « renoncer » au pontificat.
Il fut éloigné et assigné à résidence par son successeur, par crainte peut-être qu'il ne revienne sur sa décision.

ROME, Dimanche 4 juillet 2010 (ZENIT.org)
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MessageSujet: Re: "Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)   Jeu 29 Juil 2010, 18:16

Tout prêtre,
tout consacré,
toute consacrée
qui est fidèle à sa vocation
communique la joie de servir le Christ
et invite les chrétiens à répondre à l’appel universel à la sainteté.

Par conséquent,
l’exemple de ceux qui ont déjà dit leur «oui» à Dieu
et au projet de vie qu’Il a sur chacun,
est indispensable pour promouvoir les vocations spécifiques
au ministère sacerdotal et à la vie consacrée,
pour rendre plus fort et plus incisif l’appel vocationnel.

Le témoignage personnel,
fait de choix existentiels et concrets,
encouragera les jeunes à prendre, à leur tour, des décisions exigeantes
qui engagent leur avenir.

Pour les aider,
il faut cet art de la rencontre et du dialogue
capable de les éclairer et de les accompagner,
grâce surtout à l’exemplarité d’une existence vécue comme une vocation.


:sts:

Extrait de la Lettre du Saint Père pour la journée mondiale de prière pour les vocations 2010
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"Le sacerdoce, c'est l'amour du Coeur de Jésus" (St JM Vianney)
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