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 Audience Générale de Benoît XVI : St Thomas d'Aquin

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Chrysostome



Masculin Messages : 28463
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MessageSujet: Audience Générale de Benoît XVI : St Thomas d'Aquin   Mer 02 Juin 2010, 22:59

Je suis certain qu'Arnaud aurait aimé être à cette audience. ;)

Citation :
Audience Générale de Benoît XVI : St Thomas d'Aquin

Synthèse

Le 02 juin 2010 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - A l'audience générale Place St. Pierre, Benoît XVI a repris son cycle catéchistique consacré aux grands théologiens médiévaux, traçant un portrait de saint Thomas d'Aquin, le Doctor Angelicus. Ce surnom lui fut donné en vertu de "la sublimité de sa pensée et de la pureté de sa vie". Thomas naquit dans une noble famille, vers 1225 près du Mont Cassin. Il fit de longues études à Naples où il découvrit Aristote et reçut l'appel à la vie religieuse. En 1245 il partit étudier la théologie à Paris, où son maître Albert Le Grand lui demanda de l'accompagner fonder un studium théologique à Cologne. "A l'école d'Albert, Thomas élabora une oeuvre capitale pour l'histoire de la philosophie et de la théologie, de l'histoire et de la culture. Il étudia à fond la pensée aristotélicienne en distinguant ce qui était valable de ce qui ne l'était plus, dégageant également la consonance existant avec la révélation chrétienne. Il utilisa largement l'œuvre et la méthode d'Aristote dans ses écrits théologiques. Thomas d'Aquin réussit à montrer une harmonie naturelle entre la raison et la foi chrétienne".

"Sa réputation, a poursuivi le Pape, ramena Thomas à Paris pour y enseigner la théologie. Parallèlement, il entreprit son abondante production littéraire, commentaires de l'Ecriture et de l'œuvre, puis la fameuse Summa Theologiae. Il fut secondé par des secrétaires, dont Reginald de Piperno auquel une fraternelle amitié le lia, fait de grande confiance et confidence. Les saints cultivent l'amitié qui est une des manifestations les plus nobles du cœur humain, et qui a quelque chose de divin". En 1259, il prit part à Valenciennes au chapitre général des Dominicains comme membre de la commission chargée de rédiger un plan d'études de l'ordre. De retour en Italie, Urbain IV lui confia la composition des textes liturgiques de la fête du Corpus Domini. "Son âme profondément eucharistique lui a dicté les beaux hymnes liturgiques célébrant la présence réelle. Ils sont le fruit de sa foi et de sa sagesse théologique". A Paris, où il était rentré n 1269, un foule d'étudiants suivait les cours du Docteur Angélique qui prêchait à un peuple attentif. "Les théologiens ont le grand don de savoir parler aux fidèles avec simplicité et ferveur, et ce ministère de la prédication encourage au réalisme pastoral les experts en théologie comme il stimule leurs recherches". En 1274, saint Thomas mourut à l'abbaye de Fossanova, au sud de Rome, alors qu'il se rendait au concile de Lyon. L'année précédente, il avait confié à Reginald de Piperno avoir eu une révélation en célébrant la messe. Son oeuvre n'était qu'un tas de paille, d'où sa décision de ne plus rien écrire. "Cet épisode mystérieux permet de saisir l'humilité de saint Thomas. Mais aussi doit-il nous aider à comprendre que tout nous réussissons à penser et à dire sur la foi, si élevé soit il, est infiniment dépassé par la grandeur et la beauté de Dieu, qui nous seront pleinement révélées au paradis".

Catéchèse du Saint-Père

Chers frères et sœurs,

Après quelques catéchèses sur le sacerdoce et mes derniers voyages, nous revenons aujourd'hui à notre thème principal, c'est-à-dire la méditation de certains grands penseurs du Moyen-âge. Nous avions vu dernièrement la grande figure de saint Bonaventure, franciscain, et je voudrais aujourd'hui parler de celui que l'Eglise appelle le Doctor communis : c'est-à-dire saint Thomas d'Aquin. Mon vénéré prédécesseur, le Pape Jean-Paul II, dans son encyclique Fides et ratio, a rappelé que saint Thomas « a toujours été proposé à juste titre par l'Eglise comme un maître de pensée et le modèle d'une façon correcte de faire de la théologie » (n. 43). Il n'est donc pas surprenant que, après saint Augustin, parmi les écrivains ecclésiastiques mentionnés dans le Catéchisme de l'Eglise catholique, saint Thomas soit cité plus que tout autre, pas moins de soixante et une fois ! Il a également été appelé Doctor Angelicus, sans doute en raison de ses vertus, en particulier le caractère sublime de sa pensée et la pureté de sa vie.

Thomas naquit entre 1224 et 1225 dans le château que sa famille, noble et riche, possédait à Roccasecca, près d'Aquin, à côté de la célèbre abbaye du Mont Cassin, où il fut envoyé par ses parents pour recevoir les premiers éléments de son instruction. Quelques années plus tard, il se rendit dans la capitale du Royaume de Sicile, Naples, où Frédéric II avait fondé une prestigieuse Université. On y enseignait, sans les limitations imposées ailleurs, la pensée du philosophe grec Aristote, auquel le jeune Thomas fut introduit, et dont il comprit immédiatement la grande valeur. Mais surtout, c'est au cours de ces années passées à Naples, que naquit sa vocation dominicaine. Thomas fut en effet attiré par l'idéal de l'Ordre fondé quelques années auparavant par saint Dominique. Toutefois, lorsqu'il revêtit l'habit dominicain, sa famille s'opposa à ce choix, et il fut contraint de quitter le couvent et de passer un certain temps auprès de sa famille.

En 1245, désormais majeur, il put reprendre son chemin de réponse à l'appel de Dieu. Il fut envoyé à Paris pour étudier la théologie sous la direction d'un autre saint, Albert le Grand, dont j'ai récemment parlé. Albert et Thomas nouèrent une véritable et profonde amitié, et apprirent à s'estimer et à s'aimer, au point qu'Albert voulut que son disciple le suivît également à Cologne, où il avait été envoyé par les Supérieurs de l'Ordre pour fonder une école de théologie. Thomas se familiarisa alors avec toutes les œuvres d'Aristote et de ses commentateurs arabes, qu'Albert illustrait et expliquait.

A cette époque, la culture du monde latin avait été profondément stimulée par la rencontre avec les œuvres d'Aristote, qui étaient demeurées longtemps inconnues. Il s'agissait d'écrits sur la nature de la connaissance, sur les sciences naturelles, sur la métaphysique, sur l'âme et sur l'éthique, riches d'informations et d'intuitions, qui apparaissaient de grande valeur et convaincants. Il s'agissait d'une vision complète du monde, développée sans et avant le Christ, à travers la raison pure, et elle semblait s'imposer à la raison comme « la » vision elle-même : c'était donc une incroyable attraction pour les jeunes de voir et de connaître cette philosophie. De nombreuses personnes accueillirent avec enthousiasme, et même avec un enthousiasme acritique, cet immense bagage de savoir antique, qui semblait pouvoir renouveler avantageusement la culture, ouvrir des horizons entièrement nouveaux. D'autres, toutefois, craignaient que la pensée païenne d'Aristote fût en opposition avec la foi chrétienne, et se refusaient de l'étudier. Deux cultures se rencontrèrent : la culture pré-chrétienne d'Aristote, avec sa rationalité radicale, et la culture chrétienne classique. Certains milieux étaient conduits à rejeter Aristote également en raison de la présentation qui était faite de ce philosophe par les commentateurs arabes Avicenne et Averroès. En effet, c'était eux qui avaient transmis la philosophie d'Aristote au monde latin. Par exemple, ces commentateurs avaient enseigné que les hommes ne disposaient pas d'une intelligence personnelle, mais qu'il existe un unique esprit universel, une substance spirituelle commune à tous, qui œuvre en tous comme « unique » : par conséquent, une dépersonnalisation de l'homme. Un autre point discutable véhiculé par les commentateurs arabes était celui selon lequel le monde est éternel comme Dieu. De façon compréhensible, des discussions sans fin se déchaînèrent dans le monde universitaire et dans le monde ecclésiastique. La philosophie d'Aristote se diffusait même parmi les gens ordinaires.

A l'école d'Albert le Grand, Thomas d'Aquin fit une chose d'une importance fondamentale pour l'histoire de la philosophie et de la théologie, je dirais même pour l'histoire de la culture : il étudia à fond Aristote et ses interprètes, se procurant de nouvelles traductions latines des textes originaux en grec. Ainsi, il ne s'appuyait plus seulement sur les commentateurs arabes, mais il pouvait également lire personnellement les textes originaux, et commenta une grande partie des œuvres d'Aristote, en y distinguant ce qui était juste de ce qui était sujet au doute ou devant même être entièrement rejeté, en montrant la correspondance avec les données de la Révélation chrétienne et en faisant un usage ample et précis de la pensée d'Aristote dans l'exposition des écrits théologiques qu'il composa. En définitive, Thomas d'Aquin démontra qu'entre foi chrétienne et raison, subsiste une harmonie naturelle. Et ceci a été la grande œuvre de Thomas qui, à cette époque de conflit entre deux cultures - époque où il semblait que la foi devait capituler face à la raison - a montré que les deux vont de pair, que ce qui apparaissait comme de la raison non compatible avec la foi n'était pas raison, et que ce qui apparaissait comme de la foi ne l'était pas, si elle s'opposait à la véritable rationalité ; il a ainsi créé une nouvelle synthèse, qui a formé la culture des siècles qui ont suivi.

En raison de ses excellentes capacités intellectuelles, Thomas fut rappelé à Paris comme professeur de théologie sur la chaire dominicaine. C'est là aussi que débuta sa production littéraire, qui se poursuivit jusqu'à sa mort, et qui tient du prodige : commentaires des Saintes Ecritures, parce que le professeur de théologie était surtout un interprète de l'Ecriture, commentaires des écrits d'Aristote, œuvres systématiques volumineuses, parmi elles l'excellente Summa Theologiae, traités et discours sur divers sujets. Pour la composition de ses écrits, il était aidé par des secrétaires, au nombre desquels Réginald de Piperno, qui le suivit fidèlement et auquel il fut lié par une amitié sincère et fraternelle, caractérisée par une grande proximité et confiance. C'est là une caractéristique des saints : ils cultivent l'amitié, parce qu'elle est une des manifestations les plus nobles du cœur humain et elle a quelque chose de divin, comme Thomas l'a lui-même expliqué dans certaines quaestiones de la Summa Theologiae, où il écrit : « La charité est l'amitié de l'homme avec Dieu principalement, et avec les êtres qui lui appartiennent » (II, q. 23, a. 1).

Il ne demeura pas longtemps ni de façon stable à Paris. En 1259, il participa au Chapitre général des Dominicains à Valenciennes où il fut membre d'une commission qui établit le programme des études dans l'Ordre. De 1261 à 1265, ensuite, Thomas était à Orvieto. Le pape Urbain IV, qui avait pour lui une grande estime, lui commanda la composition de textes liturgiques pour la fête du Corpus Domini, qui nous célébrons demain, instituée suite au miracle eucharistique de Bolsena. Thomas eut une âme d'une grande sensibilité eucharistique. Les très beaux hymnes que la liturgie de l'Eglise chante pour célébrer le mystère de la présence réelle du Corps et du Sang du Seigneur dans l'Eucharistie sont attribués à sa foi et à sa sagesse théologique. De 1265 à 1268 Thomas résida à Rome où, probablement, il dirigeait un Studium, c'est-à-dire une maison d'étude de l'Ordre, et où il commença à écrire sa Summa Theologiae (cf. Jean-Pierre Torell, Thomas d'Aquin. L'homme et le théologien, Casale Monf., 1994).

En 1269 il fut rappelé à Paris pour un second cycle d'enseignement. Les étudiants - on les comprend - étaient enthousiastes de ses leçons. L'un de ses anciens élèves déclara qu'une très grande foule d'étudiants suivaient les cours de Thomas, au point que les salles parvenaient à peine à tous les contenir et il ajoutait dans une remarque personnelle que « l'écouter était pour lui un profond bonheur ». L'interprétation d'Aristote donnée par Thomas n'était pas acceptée par tous, mais même ses adversaires dans le domaine académique, comme Godefroid de Fontaines, par exemple, admettaient que la doctrine du frère Thomas était supérieure à d'autres par son utilité et sa valeur et permettait de corriger celles de tous les autres docteurs. Peut-être aussi pour le soustraire aux vives discussions en cours, ses supérieurs l'envoyèrent encore une fois à Naples, pour être à mis à la disposition du roi Charles Ier, qui entendait réorganiser les études universitaires.

Outre les études et l'enseignement, Thomas se consacra également à la prédication au peuple. Et le peuple aussi venait volontiers l'écouter. Je dirais que c'est vraiment une grande grâce lorsque les théologiens savent parler avec simplicité et ferveur aux fidèles. Le ministère de la prédication, d'autre part, aide à son tour les chercheurs en théologie à faire preuve d'un sain réalisme pastoral, et enrichit leur recherche de vifs élans.

Les derniers mois de la vie terrestre de Thomas restent entourés d'un climat particulier, mystérieux dirais-je. En décembre 1273, il appela son ami et secrétaire Réginald pour lui communiquer sa décision d'interrompre tout travail, parce que, pendant la célébration de la messe, il avait compris, suite à une révélation surnaturelle, que tout ce qu'il avait écrit jusqu'alors n'était qu'« un tas de paille ». C'est un épisode mystérieux, qui nous aide à comprendre non seulement l'humilité personnelle de Thomas, mais aussi le fait que tout ce que nous réussissons à penser et à dire sur la foi, aussi élevé et pur que ce soit, est infiniment dépassé par la grandeur et par la beauté de Dieu, qui nous sera révélée en plénitude au Paradis. Quelques mois plus tard, absorbé toujours davantage dans une profonde méditation, Thomas mourut alors qu'il était en route vers Lyon, où il se rendait pour prendre part au Concile œcuménique convoqué par le pape Grégoire X. Il s'éteignit dans l'Abbaye cistercienne de Fossanova, après avoir reçu le Viatique avec des sentiments de grande piété.

La vie et l'enseignement de saint Thomas d'Aquin pourrait être résumés dans un épisode rapporté par les anciens biographes. Tandis que le saint, comme il en avait l'habitude, était en prière devant le crucifix, tôt le matin dans la chapelle « San Nicola » à Naples, Domenico da Caserta, le sacristain de l'Eglise, entendit un dialogue. Thomas demandait inquiet, si ce qu'il avait écrit sur les mystères de la foi chrétienne était juste. Et le Crucifié répondit : « Tu as bien parlé de moi, Thomas. Quelle sera ta récompense ? ». Et la réponse que Thomas donna est celle que nous aussi, amis et disciples de Jésus, nous voudrions toujours lui dire : « Rien d'autre que Toi, Seigneur ! » (Ibid., p. 320).

APPEL DE BENOIT XVI

A la fin de l'audience générale, Benoît XVI a évoqué les graves évènements survenu au large de la Bande de Gaza:
C'est avec une anxiété profonde que je suis les événements tragiques survenus près de la Bande de Gaza. Je ressens le besoin d'exprimer mes sincères condoléances pour les victimes de ces événements très douloureux qui préoccupent ceux qui ont à cœur la paix dans la région. Je répète une fois encore, du fond du cœur, que la violence ne résout pas les conflits, mais en attise les conséquences dramatiques et engendre une autre violence. Je lance un appel à ceux qui ont des responsabilités politiques au niveau local et international afin qu'ils recherchent sans cesse des solutions justes par le dialogue, de façon à garantir aux populations de la région des conditions de vie meilleures, dans la concorde et la sérénité. Je vous invite à vous unir à moi dans la prière pour les victimes, pour leurs familles et ceux qui souffrent. Que le Seigneur soutienne les efforts de ceux qui ne se lassent pas de travailler à la réconciliation et à la paix. (ZF10060214 )

Synthèse de la catéchèse lue par le Saint-Père en français

Sœurs et frères, je poursuis ma catéchèse sur les grands théologiens du Moyen-âge. Surnommé le Docteur Angélique à cause de la sublimité de sa pensée et de la pureté de sa vie, Thomas est né vers 1224 à Aquin, près du Mont Cassin. Désireux très tôt d’embrasser l’idéal dominicain, il connut l’opposition de sa famille. Une fois majeur, il se mit sous la conduite de Saint Albert le Grand qui devint son maître et son grand ami. En étudiant Aristote, il démontra l’harmonie naturelle entre la foi chrétienne et la raison. Il enseigna la dogmatique à Paris, qui vit le début de sa prodigieuse production littéraire qui culmine dans la Summa Theologiae, la Somme théologique avec ses célèbres quaestiones. Pour Thomas, la charité est principalement l’amitié de l’homme pour Dieu, et pour les êtres qui lui appartiennent. Il composa aussi des hymnes liturgiques au Saint Sacrement. Sa grande humilité l’entraînait à considérer la grandeur et la beauté de Dieu infiniment supérieures à toute pensée sur la foi. Il encouragea les prédicateurs à parler avec simplicité et ferveur. Préoccupé jusqu’à la fin par la justesse de sa doctrine, Thomas eut un dialogue émouvant avec le Crucifié qui lui dit : « Tu as bien parlé de moi, Thomas ! Quelle sera ta récompense ? », le Saint répondit d’une manière exemplaire pour nous tous : « rien d’autre que toi, Seigneur » !

Je confie à votre prière, chers pèlerins francophones, mon Voyage Apostolique à Chypre et tous les Chrétiens du Moyen Orient. Priez aussi pour les prêtres et les séminaristes. Puisse le Seigneur Jésus vous accompagner dans votre vie ! Que Dieu vous bénisse !

http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=0206101_audience
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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Audience Générale de Benoît XVI : St Thomas d'Aquin   Jeu 17 Juin 2010, 00:02

Audience générale de Benoît XVI : saint Thomas d'Aquin (2)

Synthèse : LIEN ENTRE PHILOSOPHIE ET THEOLOGIE

Le 16 juin 2010 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - La catéchèse de Benoît XVI pour l'audience générale Place St. Pierre a continué de présenter saint Thomas d'Aquin, "un théologien d'une valeur telle que l'étude de sa pensée a été vivement recommandée par le Concile Vatican II", après que Léon XIII l'ait déclaré en 1880 patron des universités catholiques. Thomas d'Aquin, a-t-il dit, est le point de rencontre entre philosophie et théologie. De son temps, selon la philosophie aristotélicienne et platonicienne d'une part, et selon la réflexion des Pères de l'Eglise de l'autre, la question fondamentale était de savoir si la philosophie rationnelle élaborée sans le Christ était compatible avec celle élaborée selon le Christ et la foi. Ou si elles s'excluaient... Thomas était convaincu de leur compatibilité. Pour lui, la philosophie élaborée sans la connaissance du Christ annonçait la lumière de Jésus qui la complétait. Thomas innova en montrant à la fois l'indépendance des deux pensées mais aussi la relation entre la philosophie et la théologie".

Pour le Docteur angélique, a affirmé le Saint-Père, "la foi consolide, intègre et éclaire la part de vérité acquise par la pensée humaine. La confiance qu'il accorda aux deux instruments de connaissance que sont la foi et la raison, démontre qu'elles découlent d'une même source de vérité absolue, le Logos divin qui opère dans la création comme dans la rédemption". Une foi fixé ce double principe, saint Thomas a établi les principes de deux démarches cognitives. "La raison admet une vérité en vertu de son évidence intrinsèque, tandis que la foi accepte une vérité sur la base de la seule Parole révélée. La distinction garantie l'autonomie des sciences humaines comme des sciences théologiques. Mais il ne s'agit pas d'une séparation mais d'une coopération. De fait, la foi protège la raison de toute tentation de douter de sa capacité. Elle la stimule pour s'ouvrir à de plus vastes horizons... D'autre part, la raison et ses méthodes d'approche peut rendre un triple service à la foi, que Thomas résume ainsi: Démontrer les fondements de la foi, expliquer par comparaisons les vérités de la foi, repousser les objections contre la foi. Toute l'histoire de la théologie réside dans l'exercice de cette démarche de l'intelligence, qui montre l'intelligibilité de la foi, son articulation et son harmonie interne, sa rationalité et sa capacité de développer le bien de l'homme. La justesse des raisonnements théologiques et leur signification réelle se fondent sur le langage théologique qui pour Thomas est avant tout analogique. L'analogie reconnaît des perfections communes en Dieu et dans le monde créé". Saint Thomas d'Aquin a fondé sa doctrine de l'analogie "sur une argumentation strictement philosophique, et sur le fait que Dieu a parlé lui même dans la Révélation, qu'il nous a parlé et nous a autorisé à parler de lui", Elle nous aide à dépasser certaines des objections de l'athéisme contemporain pour qui le langage religieux est dénué d'objectivité, et qui soutient qu'il n'a qu'une valeur subjective, voire simplement émotive. Avec l'enseignement de saint Thomas, la théologie affirme que le langage religieux, si limité soit-il, a un sens qui, à l'instar d'une flèche, tend vers la réalité signifiante".

La théologie morale est elle aussi de grande actualité, a affirmé Benoît XVI: "Les vertus de l'homme, théologales et morales, sont enracinées dans la nature humaine. La grâce accompagne, soutient et pousse l'engagement éthique, mais saint Thomas estime que tous les hommes, croyants et non croyants, sont appelés à reconnaître les exigences de la nature humaine, exprimées par la loi naturelle. Il sont appelés à s'en inspirer dans la formulation des lois émanant des autorités civiles pour régler la vie sociale. Lorsque la loi naturelle et la responsabilité qui en découle sont niées, la voie est ouverte au relativisme éthique individuel comme au totalitarisme politique. La défense des droits de l'homme est l'affirmation de la valeur absolue de la personnes impliquent un fondement qui est la loi naturelle, dotée de valeurs non négociables". Thomas, a conclu le Pape, "nous propose une conception de la raison humaine large et confiante. Large car non limitée à la dite raison empirique et scientifique, et ouverte à l'être tout entier comme aux questions de fond de la vie humaine. Confiante car la raison humaine, éclairée par la foi chrétienne, est promotrice d'une civilisation qui reconnaît la dignité personnelle, l'intangibilité des droits et des devoirs de la personne".

Catéchèse du Saint-Père

Chers frères et sœurs !

Je voudrais aujourd'hui continuer la présentation de saint Thomas d'Aquin, un théologien d'une telle valeur que l'étude de sa pensée a été explicitement recommandée par le Concile Vatican II dans deux documents, le décret Optatam totius, sur la formation au sacerdoce, et la déclaration Gravissimum educationis, qui traite de l'éducation chrétienne. Du reste, déjà en 1880, le Pape Léon XIII, un grand amateur et promoteur des études thomistes, voulut déclarer saint Thomas Patron des écoles et des universités catholiques.

La principale raison de cette estime réside non seulement dans le contenu de son enseignement, mais aussi dans la méthode qu'il a adoptée, notamment sa nouvelle synthèse et distinction entre philosophie et théologie. Les Pères de l'Église se trouvaient confrontés à diverses philosophies de type platonicien, dans lesquelles était présentée une vision complète du monde et de la vie, y compris la question de Dieu et de la religion. En se confrontant avec ces philosophies, eux-mêmes avaient élaboré une vision complète de la réalité, en partant de la foi et en utilisant des éléments du platonisme, pour répondre aux questions essentielles des hommes. Cette vision, basée sur la révélation biblique et élaborée avec un platonisme corrigé à la lumière de la foi, ils l'appelaient, « notre philosophie ». Le terme « philosophie » n'était donc pas l'expression d'un système purement rationnel et, en tant que tel, distinct de la foi, mais indiquait une vision d'ensemble de la réalité, construite à la lumière de la foi, mais faite sienne et pensée par la raison ; une vision qui, bien sûr, allait au-delà des capacités propres de la raison, mais qui, en tant que telle, était aussi satisfaisante pour celle-ci. Pour saint Thomas, la rencontre avec la philosophie pré-chrétienne d'Aristote (mort vers 322 av. J.C.) ouvrait une perspective nouvelle. La philosophie aristotélicienne était, évidemment, une philosophie élaborée sans connaissance de l'Ancien et du Nouveau Testament, une explication du monde sans révélation, par la raison seule. Et cette rationalité conséquente était convaincante. Ainsi l'ancienne formule de « notre philosophie » des Pères ne fonctionnait plus. La relation entre philosophie et théologie, entre foi et raison, était à repenser. Il existait une « philosophie » complète et convaincante en elle-même, une rationalité précédant la foi, et puis la « théologie », une pensée avec la foi et dans la foi. La question pressante était la suivante : le monde de la rationalité, la philosophie pensée sans le Christ, et le monde de la foi sont-ils compatibles ? Ou bien s'excluent-ils ? Il ne manquait pas d'éléments qui affirmaient l'incompatibilité entre les deux mondes, mais saint Thomas était fermement convaincu de leur compatibilité - et même que la philosophie élaborée sans la connaissance du Christ attendait en quelque sorte la lumière de Jésus pour être complète. Telle a été la grande « surprise » de saint Thomas, qui a déterminé son parcours de penseur. Montrer cette indépendance entre la philosophie et la théologie et, dans le même temps, leur relation réciproque a été la mission historique du grand maître. Et on comprend ainsi que, au XIXe siècle, alors que l'on déclarait avec force l'incompatibilité entre la raison moderne et la foi, le Pape Léon XIII indiqua saint Thomas comme guide dans le dialogue entre l'une et l'autre. Dans son travail théologique, saint Thomas suppose et concrétise cette relation. La foi consolide, intègre et illumine le patrimoine de vérité que la raison humaine acquiert. La confiance que saint Thomas accorde à ces deux instruments de la connaissance - la foi et la raison - peut être reconduite à la conviction que toutes deux proviennent de l'unique source de toute vérité, le Logos divin, qui est à l'œuvre aussi bien dans le domaine de la création que dans celui de la rédemption.

En plus de l'accord entre la raison et la foi, il faut reconnaître, d'autre part, que celles-ci font appel à des processus de connaissance différents. La raison accueille une vérité en vertu de son évidence intrinsèque, médiate ou immédiate ; la foi, en revanche, accepte une vérité sur la base de l'autorité de la Parole de Dieu qui est révélée. Saint Thomas écrit au début de sa Summa Theologiae : « L'ordre des sciences est double ; certaines procèdent de principes connus à travers la lumière naturelle de la raison, comme la mathématique, la géométrie et équivalents ; d'autres procèdent de principes connus à travers une science supérieure, c'est-à-dire la science de Dieu et des saints » (I, q. 1, a. 2).

Cette distinction assure l'autonomie autant des sciences humaines que des sciences théologiques. Celle-ci n'équivaut pas toutefois à une séparation, mais implique plutôt une collaboration réciproque et bénéfique. La foi, en effet, protège la raison de toute tentation de manquer de confiance en ses propres capacités, elle l'encourage à s'ouvrir à des horizons toujours plus vastes, elle garde vivante en elle la recherche des fondements et, quand la raison elle-même s'applique à la sphère surnaturelle du rapport entre Dieu et l'homme, elle enrichit son travail. Selon saint Thomas, par exemple, la raison humaine peut sans aucun doute parvenir à l'affirmation de l'existence d'un Dieu unique, mais seule la foi, qui accueille la Révélation divine, est en mesure de puiser au mystère de l'Amour du Dieu Un et Trine.

Par ailleurs, ce n'est pas seulement la foi qui aide la raison. La raison elle aussi, avec ses moyens, peut faire quelque chose d'important pour la foi, en lui rendant un triple service que saint Thomas résume dans le préambule de son commentaire au De Trinitate de Boèce : « Démontrer les fondements de la foi ; expliquer à travers des similitudes les vérités de la foi ; repousser les objections qui sont soulevées contre la foi » (q. 2, a. 2). Toute l'histoire de la théologie est, au fond, l'exercice de cet engagement de l'intelligence, qui montre l'intelligibilité de la foi, son articulation et son harmonie interne, son caractère raisonnable, sa capacité à promouvoir le bien de l'homme. La justesse des raisonnements théologiques et leur signification réelle de connaissance se basent sur la valeur du langage théologique, qui est, selon saint Thomas, principalement un langage analogique. La distance entre Dieu, le Créateur, et l'être de ses créatures est infinie ; la dissimilitude est toujours plus grande que la similitude (cf. DS 806). Malgré tout, dans toute la différence entre le Créateur et la créature, il existe une analogie entre l'être créé et l'être du Créateur, qui nous permet de parler avec des paroles humaines sur Dieu.

Saint Thomas a fondé la doctrine de l'analogie, non seulement sur des thèmes spécifiquement philosophiques, mais également sur le fait qu'à travers la Révélation, Dieu lui-même nous a parlé et nous a donc autorisés à parler de Lui. Je considère qu'il est important de rappeler cette doctrine. En effet, celle-ci nous aide à surmonter certaines objections de l'athéisme contemporain, qui nie que le langage religieux soit pourvu d'une signification objective, et soutient au contraire qu'il a uniquement une valeur subjective ou simplement émotive. Cette objection découle du fait que la pensée positiviste est convaincue que l'homme ne connaît pas l'être, mais uniquement les fonctions qui peuvent être expérimentées par la réalité. Avec saint Thomas et avec la grande tradition philosophique, nous sommes convaincus qu'en réalité, l'homme ne connaît pas seulement les fonctions, objet des sciences naturelles, mais connaît quelque chose de l'être lui-même, par exemple, il connaît la personne, le Toi de l'autre, et non seulement l'aspect physique et biologique de son être.

A la lumière de cet enseignement de saint Thomas, la théologie affirme que, bien que limité, le langage religieux est doté de sens - car nous touchons l'être - comme une flèche qui se dirige vers la réalité qu'elle signifie. Cet accord fondamental entre raison humaine et foi chrétienne est présent dans un autre principe fondamental de la pensée de saint Thomas d'Aquin ; la Grâce divine n'annule pas, mais suppose et perfectionne la nature humaine. En effet, cette dernière, même après le péché, n'est pas complètement corrompue, mais blessée et affaiblie. La grâce, élargie par Dieu et communiquée à travers le Mystère du Verbe incarné, est un don absolument gratuit avec lequel la nature est guérie, renforcée et aidée à poursuivre le désir inné dans le cœur de chaque homme et de chaque femme : le bonheur. Toutes les facultés de l'être humain sont purifiées, transformées et élevées dans la Grâce divine.

Une application importante de cette relation entre la nature et la Grâce se retrouve dans la théologie morale de saint Thomas d'Aquin, qui apparaît d'une grande actualité. Au centre de son enseignement dans ce domaine, il place la loi nouvelle, qui est la loi de l'Esprit Saint. Avec un regard profondément évangélique, il insiste sur le fait que cette loi est la Grâce de l'Esprit Saint donnée à tous ceux qui croient dans le Christ. A cette grâce s'unit l'enseignement écrit et oral des vérités doctrinales et morales, transmises par l'Église. Saint Thomas, en soulignant le rôle fondamental, dans la vie morale, de l'action de l'Esprit Saint, de la Grâce, dont jaillissent les vertus théologales et morales, fait comprendre que chaque chrétien peut atteindre les autres perspectives du « Sermon sur la montagne » s'il vit un rapport authentique de foi dans le Christ, s'il s'ouvre à l'action de son Saint Esprit. Mais - ajoute saint Thomas d'Aquin - « même si la grâce est plus efficace que la nature, la nature est plus essentielle pour l'homme » (Summa Theologiae, ia, q. 29. a. 3), c'est pourquoi, dans la perspective morale chrétienne, il existe une place pour la raison, qui est capable de discerner la loi morale naturelle. La raison peut la reconnaître en considérant ce qu'il est bon de faire et ce qu'il est bon d'éviter pour atteindre le bonheur qui tient au cœur de chacun, et qui impose également une responsabilité envers les autres, et donc, la recherche du bien commun. En d'autres termes, les vertus de l'homme, théologales et morales, sont enracinées dans la nature humaine. La Grâce divine accompagne, soutient et pousse l'engagement éthique, mais, en soi, selon saint Thomas, tous les hommes, croyants et non croyants, sont appelés à reconnaître les exigences de la nature humaine exprimées dans la loi naturelle et à s'inspirer d'elle dans la formulation des lois positives, c'est-à-dire de celles émanant des autorités civiles et politiques pour réglementer la coexistence humaine.

Lorsque la loi naturelle et la responsabilité qu'elle implique sont niées, on ouvre de façon dramatique la voie au relativisme éthique sur le plan individuel et au totalitarisme de l'État sur le plan politique. La défense des droits universels de l'homme et l'affirmation de la valeur absolue de la dignité de la personne présupposent un fondement. Ce fondement n'est-il pas la loi naturelle, avec les valeurs non négociables qu'elle indique ? Le vénérable Jean-Paul II écrivait dans son encyclique Evangelium vitae des paroles qui demeurent d'une grande actualité ; « Pour l'avenir de la société et pour le développement d'une saine démocratie, il est donc urgent de redécouvrir l'existence de valeurs humaines et morales essentielles et originelles, qui découlent de la vérité même de l'être humain et qui expriment et protègent la dignité de la personne ; ce sont donc des valeurs qu'aucune personne, aucune majorité ni aucun État ne pourront jamais créer, modifier ou abolir, mais que l'on est tenu de reconnaître, respecter et promouvoir » (n. 71).

En conclusion, Thomas nous propose un concept de la raison humaine ample et confiant : ample, car il ne se limite pas aux espaces de la soi-disant raison empirique-scientifique, mais il est ouvert à tout l'être et donc également aux questions fondamentales et auxquelles on ne peut renoncer de la vie humaine ; et confiant, car la raison humaine, surtout si elle accueille les inspirations de la foi chrétienne, est promotrice d'une civilisation qui reconnaît la dignité de la personne, le caractère intangible de ses droits et le caractère coercitif de ses devoirs. Il n'est pas surprenant que la doctrine sur la dignité de la personne, fondamentale pour la reconnaissance du caractère inviolable de l'homme, se soit développée dans des domaines de pensée qui ont recueilli l'héritage de saint Thomas d'Aquin, qui avait une conception très élevée de la créature humaine. Il la définit, à travers son langage rigoureusement philosophique, comme « ce qui se trouve de plus parfait dans toute la nature, c'est-à-dire un sujet subsistant dans une nature rationnelle » (Summa Theologiae, ia, q. 29, a. 3).

La profondeur de la pensée de saint Thomas d'Aquin découle - ne l'oublions jamais - de sa foi vivante et de sa piété fervente, qu'il exprimait dans des prières inspirées, comme celle où il demande à Dieu : « Accorde-moi, je t'en prie, une volonté qui te recherche, une sagesse qui te trouve, une vie qui te plaît, une persévérance qui t'attend avec patience et une confiance qui parvienne à la fin à te posséder ». (ZF10061601)

Puis le pape s'est adressé aux pèlerins dans différentes langues. Voici ce qu'il a dit en français :

Chers frères et sœurs,

Pour l'éminent théologien Thomas d'Aquin, la vérité est accessible à la raison humaine. Comme la foi, la raison dérive de l'unique source de toute vérité : le Logos divin. Mais la raison accueille une vérité en vertu de son évidence intrinsèque, alors que la foi accepte une vérité sur la base de l'autorité de la Parole de Dieu. La raison peut rendre un triple service à la foi : démontrer ses fondements, expliquer ses vérités, et repousser les objections contre elle. Thomas affirme que le langage religieux a un sens comme une flèche qui se dirige vers la réalité signifiée. D'autre part, la grâce divine n'annule pas mais suppose et perfectionne la nature humaine, montrant ainsi l'harmonie entre raison et foi. Basée sur la loi de l'Esprit Saint, la théologie morale de Thomas est d'actualité ! Tous les hommes sont appelés à reconnaître les exigences de la nature humaine inscrites dans la loi naturelle, et à s'en inspirer pour formuler des lois positives qui régissent la vie en société. La profondeur la pensée de Thomas provient de sa foi vivante. Puissions-nous prier comme lui : « Donne-moi, Seigneur mon Dieu, une volonté qui te cherche, une sagesse qui te trouve, une vie qui te plaise, une persévérance qui t'attende avec confiance, et une confiance qui finalement parvient à te posséder ».

Je suis heureux de vous accueillir, chers pèlerins de langue française, venus particulièrement de France et de Belgique. Que votre pèlerinage à Rome soit pour vous l'occasion de découvrir toujours plus profondément le visage du Seigneur. Que Dieu vous bénisse !

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Chrysostome



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MessageSujet: Re: Audience Générale de Benoît XVI : St Thomas d'Aquin   Mer 23 Juin 2010, 17:55

Audience Générale de Benoît XVI : Saint Thomas d'Aquin (3)

Synthèse

Le 23 juin 2010 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - L'Audience générale, tenue Salle Paul VI, a constitué en une troisième catéchèse sur saint Thomas d'Aquin, consacrée à la Summa Theologiae, l'apogée de son œuvre en 512 questions et 2.669 articles. Le Docteur Angélique y expose avec précision et pertinence les vérités de la foi découlant de l'Ecriture et des Pères, principalement de saint Augustin. "Comme la vie entière, rappelle Thomas, l'esprit humain doit être sans cesse éclairé par la prière et par la lumière qui vient du Ciel". Dans la Somme, a dit Benoît XVI, saint Thomas décrit les trois modes d'existence de Dieu: Dieu existe en lui même, il est principe et fin de toute chose, tout vient de lui et en dépend. Ensuite, Dieu se manifeste par la grâce dans la vie et l'action du chrétien et des saints. Enfin il est tout particulièrement présent en la personne du Christ et dans les sacrements découlant de sa mission rédemptrice".

Puis le Pape a rappelé que saint Thomas s'est tout spécialement intéressé au mystère eucharistique, pour lequel il avait une grande dévotion. A la suite des saints, attachons-nous à ce sacrement. Participons avec ferveur à la messe afin d'en retirer des fruits spirituels. Nourrissons nous du corps et du sang du Seigneur afin de recevoir continuellement la grâce divine. Arrêtons nous souvent devant le Saint Sacrement! Ce que Thomas d'Aquin a exposé avec rigueur dans son œuvre, et en particulier dans la Somme, il l'a également transmis dans sa prédication. Son contenu...correspond pratiquement entièrement à la structure du Catéchisme de l'Eglise Catholique... Dans une époque marquée par un fort souci de reévangélisation, ces thèmes fondamentaux ne doivent pas manquer car ils sont ce en quoi nous croyons, le symbole de la foi, ce que nous récitons comme le Pater et l'Ave Maria, ce que nous vivons en vertu de la révélation biblique, ainsi que la loi d l'amour...de -Dieu et du prochain".

Dans son "opuscule sur le Symbole des Apôtres", Thomas explique la valeur de la foi. Grâce à elle les âmes s'unissent à Dieu..., la vie trouve sa juste voie et nous le moyen d'éviter les tentations. A qui pense que la foi est obtuse car on ne peut la prouver par nos sens, il offre une réponse complète. Ce doute est sans consistance car l'intelligence est limité et ne saurait tout connaître. Seulement si nous pouvions tout connaître du visible comme de l'invisible, ce serait une véritable faute d'accepter des vérités sur la simple base de la foi. Il est d'ailleurs impossible de vivre sans l'expérience de l'autre, là où la connaissance personnelle n'arrive pas. Il est donc raisonnable de croire en un Dieu qui se révèle, et dans le témoignage des apôtres".

Revenons sur l'article de la Somme consacré à l'incarnation du Verbe de Dieu, le Saint-Père a rappelé que pour saint Thomas la foi chrétienne doit être renforcée par le mystère de l'incarnation. L'espérance s'accroît et se renforce en pensant que le Fils de Dieu est venu parmi nous, comme un de noud, pour communiquer sa divinité aux hommes. La charité est renforcée car il n'y a pas de signe plus évident de l'amour que nous porte Dieu, ni de voir le Créateur se faire créature". Saint Thomas d'Aquin, a conclu Benoît XVI, "fut comme tous les saints un grand dévot de Marie, qu'il a magnifiquement baptisée trône de la Trinité, lieu où elle trouve son repos. Par l'incarnation, dans aucune créature autre qu'elle les trois personnes divines ne séjournent en plénitude de grâce et n'accordent d'aide par l'intercession de la prière".

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